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She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.

 
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 She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.

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Ophelia Ivanova
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MessageSujet: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Jeu 16 Fév - 21:14

Le bal de Noël s'était fini, le drame avec. Vous connaissez ces gens qui ne peuvent être heureux dans le bonheur, et qui cherchent sans cesse à trouver quelque chose de dramatique dans leur vie, parce qu'ils leur manquent quelque chose, un petit truc qui fera que ? Je ne faisais pas partie de ces personnes là, ainsi je ne pouvais pas vraiment vous décrire pourquoi certaines personnes avaient se besoin d'être triste lorsque tout allait bien, et j'avais fini par en conclure que c'était comme ça et puis c'est tout. J'avais eu grandement le temps d'y réfléchir lorsque j'avais grandi, mais je n'avais jamais vraiment compris ; Il fallait dire que je n'avais jamais fait parti de ces gens là : J'avais longtemps vécu dans la tranquillité, de ces rares existences qui n'ont même aucun sens. Parmi quelques étoiles, tombées sur la Terre pour une raison, pour un but, il y en avait toujours une qui échappait aux contrôles et qui attérisaient on ne savait pas trop pourquoi. Elle se glissait entre les autres, échappant au jugement du « Alors, cette étoile là, elle va naître pour ceci et cela. » Moi j'avais été la petite étoile tombée au milieu de la mer : Je m'étais noyée depuis mon arrivée, j'avais été sourde et aveugle. Dans l'eau, tout se trouble, mais moi j'avais vu plus loin : J'avais été dans les profondeurs, me prenant pour une sirène, jusqu'à ce qu'on me pèche pour me remettre à ma place. J'étais née comme ça : Destinée à être cette petite étoile qui n'aurait aucun but dans la vie, qui serait née parce que c'était la malchance qui l'avait frappée, se trompant de panier, passant « d'inutile » à « utile » à cause d'une légère seconde d’inattention. J'étais là, insignifiante et inutile, parce que ma vie n'avait aucun sens.

En tout cas, c'est ce qu'elle était au début.

Dans la logique des choses, j'aurais du vivre comme une aveugle. Le ciel aurait été bleuâtre à travers mon regard, le début de l'automne limite passade, et je ne m'en serais pas aperçu. J'aurais trouvé ça merveilleux, mais merveilleux aurait signifié banal. Et puis, tout ça aurait commencé à faillir, et je n'aurais plus vu aucun sens à tout ça, je me serais découverte comme l'étoile tombée dans le mauvais panier. J'en serais morte. Mais il se trouvait qu'il y avait quelque chose au fond de moi, quelque chose qui avait finalement fait que je n'étais pas dans le panier par hasard, quelque chose qui faisait que oui, j'allais en baver à cause de mes illusions, mais que non, je n'étais pas « inutile ». Ma vie avait un sens finalement. Je continuais à être la toute petite chose qui trouve tout merveilleux, mais ce n'étaient que des apparences désormais. Je papillonnais dans les couloirs ou je lisais un livre que la moitié de mes camarades n'étaient pas capable de comprendre sans m'en rendre compte, je me languissais de ma maison, je gloussais pour un rien et me prenait pour une hirondelle, mais au fond, je hurlais.

J'avais tout faux, tout avait un goût fade, comme si on avait enlevé tout le sucré d'une mandarine, tout ton à une couleur. Il n'y avait rien qui illuminait tout ça, mais je refusais de m'en rendre compte. Je sentais une douleur sourde naître au fond de moi, celle qui me donnait envie de faire des choses qui m'avaient paru impensables, des choses qui étaient en fait ce que j'étais vraiment. Le problème c'est que je croyais savoir qui j'étais. Je ne me posais même pas la question, j'étais Ophelia Ivanova, la fille de mes parents. Voilà. Mon paradis aurait été une salle remplie de livres, avec mes parents et Scott, quelques papillons et j'aurais été heureuse. J'avais toujours saisi la profondeur des livres que j'avalais, mais je n'avais jamais su le faire dans la réalité. J'étais comme droguée, je confondais tout : Poudlard, je l'avais lu, non ?
Je n'étais personne d'autre qu'elle, je n'avais jamais imaginé pouvoir l'être, jamais pensé qu'il pouvait y avoir quelque chose, un sens au milieu de tout ça. Tout ce qui aurait du me faire hurler comme le départ de ma mère ou le baiser de Scott et Lilian sous mon nez me rendaient encore plus niaise et futile, parce que j'entassais tout ça dans mon besoin insoupçonné de hurler à en perdre la voix. Je ne pensais même plus à rentrer chez moi, je ne pensais plus à rien. Je devenais un légume sans cervelle -enfin, façon de parler, parce qu'un légume n'a pas de cerveau, nous le savons tous.


Le frôlement d'un parchemin qu'on froisse avant de le jeter avec un soupir : On l'a tâché. Celui d'une page de livre qu'on tourne : On a pas ce qu'on cherchait. Les bruits de pas : Soupir de Madame Pince.

Et je demandais « Au fait, qu'est ce que tu as senti toi ? », sans vraiment m'être faite aucune réflexion avant. Je laissais ma plume glisser sur le papier : « L'Amortentia a une odeur différente pour chacun. En effet, ... »

ça, c'était à cause des deux Serpentards du fond de la salle qui avaient passé leur heure à ricaner, ou bien à cause de l'élève qui avait fait renverser tout le chaudron, j'avais oublié, mais en tout cas, le cours avait été réellement catastrophique et Nakamura n'avait pas tellement aimé puisque nous avions écopé d'un devoir à rendre pour le cours suivant. Vous savez, le genre de devoir qui fait blêmir les éléments perturbateurs parce qu'il s'agit d'un compte rendu du cours qu'ils ont arrêté de suivre dès l'instant où le professeur est entré dans la salle de classe... J'avais déjà commencé à retracer tous les éléments de cette passionnante potion qu'était l'Amortentia lorsque j'avais décidé de proposer à Scarlett d'être mon binôme.
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Scarlett Dawbson
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Ven 17 Fév - 19:29


« Les heures pendant lesquelles notre esprit contemple la beauté sont les seules que nous vivons vraiment »



****



En ce matin de février, il avait neigé, et je n'avais pu résister à l'envie d'aller mettre le nez dehors à l'heure du déjeuner. Une pellicule déjà conséquente recouvrait l'herbe du parc, et les branches des pins se faisaient lourdes au loin, tassées des flocons qui voletaient. Le ciel était blanc et lumineux et je renversai la tête en arrière pour boire cette lumière qui m’apparaissait purificatrice; l'air sentait le frais, la terre, l'eau claire, jamais parfum ne m'avait paru aussi apaisant. Certains élèves étaient partis plus loin dans le parc pour se lancer des boules de neige ou simplement fouler les flocons crissant sous les pieds, pour le plaisir. Je fis quelques pas mais ne m'aventurai pas trop : j'aimais tout particulièrement ce bruit sourd et unique, un peu comme un gâteau que l'on croque, mais j'aimais aussi préserver la virginité de l'étendue de neige. Peu après, Haruhi me rejoignit et nous nous amusâmes à souffler vers le ciel et à tirer la langue pour attraper des flocons : ils picotaient la peau et faisaient tout froid avant de fondre, et nous nous amusions, tout simplement, égayées comme tout le monde par la féérie qui émanait de ces petits flocons tombés du ciel.

Depuis le bal, et le début de la nouvelle année, j'avais décidé de repartir d'un nouveau pied. En réalité... On m'y avait aidée. Et ce on avait de jolis yeux bleus-gris et de longs cheveux blonds.

Une page s'était tournée. Pouvais-je le dire sans m'attirer de malchance? Je n'avais pas envie de croire en une mauvaise étoile, car ces derniers temps, la vie semblait se remettre à me sourire, peu à peu. Margaret Winter, comme un ange resurgi des cendres de mon passé, était aujourd'hui la mère que je n'avais jamais eue, et petit à petit, nous apprenions à nous apprivoiser, pour notre plus grand bonheur. A chaque fois que je voyais Nelly, mon petit chat gris offert par ma mère, mon cœur se réchauffait un petit peu, en souvenir de notre première vraie après-midi entre mère et fille. Elle me manquait atrocement, mais j'apprenais à faire avec. Je la savais peu loin de mois, nous nous écrivions souvent, et puis, après 13 ans d'absence, que signifiaient quelques petits jours, quelques petits mois? J'avais pris confiance et j'avais l'assurance qu'elle ne partirait jamais. Cela aussi, c'était tout nouveau.

Un bonheur en entraine toujours un autre, semble-t-il, et après cet épisode merveilleux, Ophelia Ivanova était entrée dans ma vie, ne se doutant de rien, me faisant d'un coup douter de tout. Kelsy, contre toutes attentes, s'était envolée un peu plus loin, laissant une nouvelle liberté à mon cœur. Elle était encore là - et je le sentais bien en regardant, parfois, mes carnets de croquis. Je l'avais si souvent dessinée! Mais voilà que je la contemplais avec un recul nouveau, avec une certaine mélancolie, oui, mais sans cette douleur lancinante qui me vrillait la chair à chaque fois. Les larmes ne montaient plus instantanément à mes yeux et je me figurais, lors de ces instants, que je parvenais à imaginer le futur sans elle, la vie, l'amour, peut-être? Elle serait toujours quelque part en moi et je le savais, parce que je l'avais trop aimée pour m'en détacher à tout jamais. Mais un miracle nommé Ophelia me donnait la force de la repousser, doucement, lentement, vers le plus profond de mes souvenirs douloureux...

J'avais revu plusieurs fois Ophelia depuis le bal, parce que nous nous entendions bien, parce que je voyais qu'elle appréciait ma compagnie. Je prenais jour en jour un peu plus d'assurance, même si je partais de très loin. J'évitais encore de trop évoquer sa famille, car je savais qu'elle vivait plus ou moins un drame, et d'ailleurs je la trouvais un peu triste, mais je ne la connaissais pas encore assez pour savoir comment la prendre; peut-être préférait-elle ne pas en parler? Au fond cela me faisait de la peine, parce que j'aurais aimé lui ramener le sourire, et pour toujours, mais je n'étais qu'une pauvre petite gamine qui l'aimait un peu trop, et si j'avais, hélas, des pouvoirs magiques, aucun ne réparait ce genre de choses... C'était bien inutile. En tout cas, nous nous étions baladées plusieurs fois et nous suivions souvent le cours de potions ensemble. Elle m'était d'ailleurs un véritable soutien - ce cours que je haïssais me paraissait nettement plus coloré, à ses côtés. Et justement, au précédent cours, un groupe d'agités avait semé la zizanie au fond de la classe, ce qui avait valu à Nakamura, déjà mal lunée, de nous donner des devoirs supplémentaires. Ophelia avait proposé qu'on se mette en binôme et mon cœur avait bondi de joie; si seulement elle avait su à quel point ses jolis sourires et ses paroles douces me faisaient aimer d'avantage et de jour en jour les potions! Je ne me lassais pas de l'écouter parler - sa voix était douce et sucrée comme du miel - de la voir bouger - ses gestes dégageaient une étonnante force, alors qu'elle était d'apparence si fragile, comme si une énergie insoupçonnée brûlait en elle - et de l'observer - ses cheveux fins, légers et dorés me faisaient penser aux cheveux d'ange dont nous décorions le sapin de Noël au foyer, le bleu de ses yeux me faisait rêver et ses lèvres roses me semblaient avoir un goût de bonbon. Parfois je perdais même le fil de la conversation, perdue dans ma contemplation, comme hypnotisée. Parfois aussi je me sentais bête, parce que je me trouvais inintéressante et qu'elle connaissait plein de choses, et qu'elle me charmait. J'avais tellement peur qu'elle me trouve nulle, insignifiante! Mais elle continuait à trainer avec moi, et moi je me nourrissais d'espoir, de cet espoir au goût de paradis...

« Au fait, qu'est ce que tu as senti toi ? »

J'avais perdu le fil de la discussion. Je scrutai ma feuille un instant, le livre ouvert entre nous deux. Puis je relevai le regard vers elle : elle était là en paraissant un peu ailleurs en même temps, un air que je lui connaissais bien, depuis le bal.

- Les fleurs de coton, l'amande, le... Je me tus attendant, coupant court à mes paroles qui encore une fois étaient allées plus vite que ma pensée. Le chèvrefeuille aussi, un peu de rose, et l'air frais qui souffle sur un champ de blé au printemps. Ton odeur, ajoutai-je pour moi. Mais je n'ajoutais rien, de peur de me dévoiler.

- Et... Et toi? repris-je. Mais déjà un pincement au cœur se fit ressentir : je savais ce qu'elle allait sentir - le parfum de celui dont elle parlait souvent, ce garçon de Serdaigle, son prince de charmant. Son prince charmant qui n'était pas moi.

Gênée, je reportai mon attention sur ce que j'écrivais en essayant de ne pas penser à lui, de ne penser qu'à elle... Nous nous entendions bien, peut-être que... Peut-être qu'il lui fallait juste un peu de temps?

Est-ce que je n'espérais pas à tort?
Est-ce que ce n'était pas déjà trop tard?

"C'est une potion identifiable par sa couleur nacrée caractéristique et sa vapeur qui s'élève en spirales très reconnaissables,..." écrivis-je avec application. Ne pas y penser. Il y avait une ombre au tableau - à ce tableau trop beau, évidemment. Ce que je pouvais être bête!...

Je sursautai quand trois garçons de quatrième année passèrent près de notre table, si près que le sac de l'un d'entre eux attrapa notre livre qui dépassait un peu de la table. Il glissa et tomba au sol, et je tendis le bras pour le rattraper, leur jetant un coup d'oeil peu aimable. Le garçon en question se retourna et croisa un regard; il lança un coup de coude à son camarade qui me regarda aussi et ils s'esclaffèrent. Je tournai la tête en même temps qu'ils me lancèrent "sale gouine" et s'en allèrent. Pinçant les lèvres, j'entrepris de retrouver notre page, les yeux rivés sur le bouquin : de toute façon, je commençais à avoir l'habitude.

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Ophelia Ivanova
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Sam 18 Fév - 0:04

Et voilà c'était dit. Ophelia fixa des yeux sa mère, sans lâcher prise, attendant une réaction, un infime mouvement qui pourrait trahir chez elle le fond de sa pensée. Mais Ophelia avait peur au fond, une peur terrible d'être jugée par celle qui l'avait mise au monde, même si elle l'avait abandonnée, oui on pouvait dire abandonnée, d'être jugée alors qu'elle venait à peine de la retrouver. Mais est-ce qu'on pouvait dire qu'elle l'avait retrouvée ? Pour cela, il faudrait qu'elles s'expliquent, qu'Ophelia lui pardonne et la comprenne, et qu'Esfir arrive à expliquer à sa fille comme son cœur s'était brisé lorsqu'elle était partie sans elle.

Néanmoins, Esfir n'avait pas changé de regard. Elle avait toujours ce même regard qu'elle arborait depuis son entrée dans le Chaudron Baveur : Un regard qu'on ne croise pas tous les jours parce que les mères ne quittent pas leurs enfants. Un regard qui veut dire « J'ai laissé ma fille enfant, et je la retrouve adulte. Comment me résigner à accepter le fait que je ne peux plus dire que je connais ma fille dans les moindres recoins ? » Ophelia sentit tout son corps se crisper, alors qu'elle ne le voulait pas. Elle ne voulait pas s'en inquiéter, elle aurait voulu toiser sa mère et lui dire les choses avec un point final, d'un ton sec et une voix déterminée, pour lui indiquer que c'était comme ça et qu'elle n'avait plus aucun droit sur elle, y comprit celui d'exprimer son désaccord.

__

Il y avait eu quelque chose de brutal dans le départ de ma mère, une cassure au fin fond de moi qui m'avait réveillée lentement mais douloureusement. Pour se faire, j'avais du perdre quelqu'un, et pas n'importe qui ; Ma mère. L'avait-elle calculé ? A vrai dire, j'étais plus occupée à me concentrer sur l'objectif nouveau de ne pas y penser, ni à elle ni à Scott, pour me l'être demandé à ce moment là. Je sentais quelque chose au fond de moi bouger, et croyez moi, ça n'avait rien de féerique. Vous croyez vraiment l'auteur lorsqu'il écrit « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » genre « Oooooh mon dieu, on s'y attendait paaaaaaaaaas ! » ? Non. La vérité, c'est que la princesse, elle sait qu'elle va le rencontrer, son prince. Ou au mieux, elle doute cinq minutes, lorsque la roue de son carrosse se casse en chemin. Mais c'est sans compter la marraine la bonne fée qui arrive pour tout arranger. Mais elle naît pour ça, pour l'amour de sa vie, parce que rien, rien ne compte sinon, même pas les engueulades avec sa méchante ô méchante belle maman (pas si belle que ça d'ailleurs, mais ça aussi, c'était trop en demander niveau originalité). C'est comme ça : Elle naît dans un palais d'or, elle fait le ménage jour et nuit sans se souvenir une minute que l'esclavage est aboli, elle est ô frappée par un coup de chance (qu'est ce que la chance si la situation est répétitive?), elle rencontre un garçon qui comme par hasard n'est ni marié, ni macho, ni Dieu sait quoi encore -Ben non, il est beau, il est riche, il a un cheval blanc, et il l'aime autant que sa propre vie dès qu'il l'entend chanter-, elle l'épouse grâce à cette chance « inouïe », elle a des enfants têtes blondes qui finissent comme elle par avec la Ô grande et originale chance de rencontrer quelqu'un de riche, beau, célèbre, amoureux, blablablabla et... Bla. Le moi qui hurlait au fond de moi s'était rendu compte que je ne voulais pas « aimer pour de faux », ni « aimer en vrai comme les adultes », je voulais aimer. Aimer quelqu'un pour ce qu'il était, pour ce qu'il m'apportait, pour la sensation que l'on ressent lorsqu'on croise ce regard, qu'on entend cette voix qui paraît être la voix du monde en murmures comme en hurlements.

- Les fleurs de coton, l'amande, le...

Et j'avais bêtement souri comme pour la remercier d'avoir répondu à ma question qui paraissait plutôt indiscrète, et parce que je m'en étais rendu compte seulement lorsqu'elle m'avait répondu. J'avais souri parce que je n'avais pas saisi, parce que je n'avais encore une fois pas perçu la profondeur dans la réalité.

- Et... Et toi ?

J'avais fait claquer mon livre entre mes mains, et Madame Pince m'avait regardé avec un méchant regard qui m'avait fait me ratatiner sur place, voulant disparaître comme à chaque fois qu'on me frôlait. Je ne savais pas ce qui était le plus désagréable dans le fait qu'elle me pose la question : Le fait que sa question me faisait penser à Scott, ou bien le fait que je n'avais étrangement rien senti qui m'aurait rappelé la moindre parcelle de sa personne. Je me souvenais encore de ce cours : Je m'étais précipitée, doublant tout le monde, ne craignant même pas qu'on se moque de moi, comme je le faisais uniquement lorsque quelque chose me passionnait et que je ressentais le besoin absolu d'en savoir plus. J'en étais presque tombée dans le chaudron, et je me serais transformée en un Obélix chantonnant, j'aurais aimé tout le monde aveuglément et j'aurais pris toutes les moqueries qu'on m'aurait rendu en échange pour des déclarations d'amour enflammées. Si si, je vous assure... Sauf que ça s'était passé différemment que je l'avais souhaité. Je m'étais presque jetée sur la potion parce que 1) Elle était vraiment intéressante et 2) je voulais y sentir Scott, exprès pour aller le lui chanter en mode subtil « Oh et puis tu sais quoi Scott ? Hier on avait cours de potion, et j'ai senti la vapeur d'Amortentia... Hihihihi, je ne t'ai pas du tout senti hein, mais noooon hihihihi. » Mais bon, pour ce genre de finesse, on repassera, parce que lorsque je m'étais penchée eh bien j'avais trébuché (je crois que si Nakamura n'avait pas des obligations de professeur et la flemme de recommencer un chaudron, elle m'aurait laissé tomber dedans). Lorsque Nakamura m'avait saisi par l'épaule pour me jeter en arrière et que j'avais entendu des rires fuser, ça m'avait fait mal, mais pas autant que le fait d'avoir eu le temps de sentir la potion.

- La vanille et la framboise, chuchotais-je. Ah et puis les vieux livres et l'odeur des pommes de mon jardin.

J'allais entamer toute une analyse de la différence entre la Haine et l'Amour dans cet ordre là, en rassemblant les divertes courtes études que j'avais lu dans mes livres, rien que pour parler à Scarlett qui était pour le moment ma seule amie avec Scott, et que mélanger la vérité de mes livres dans la réalité semblait aussi naturel que parler de la pluie et du beau temps. Comme si tout allait s'assembler logiquement, mais je n'allais en saisir que ce que les auteurs avaient étalé dans des moments d'imagination et pas le vrai sens des mots. Mais c'était sans compter le fait que c'était le jour où j'allais découvrir que Scarlett elle aussi était victime de moqueries, des moqueries plus profondes et peut-être plus blessantes encore que les miennes. La cause était absurde, impensable, parce que je ne m'étais pas doutée une seconde que Scarlett puisse aimer des filles, d'un amour différent, d'un amour comme j'avais aimé Scott, comme ceux qui s'embrassent sur la bouche « comme les grands ».

- Sale gouine ! Avait lancé les garçons.

Je les avais observé cinq secondes les garçons sans comprendre le sens du mot « gouine ». Je cherchais, je cherchais, mais je ne comprenais pas. Et puis soudain, je m'étais souvenue. Une des rares fois où j'avais quitté mon chez moi pour accompagner mon père au théâtre le jour de mon dixième anniversaire, j'avais entendu ce mot là dans une rue près d'un collège. Étonnée, j'avais demandé son sens à mon père, qui avait tenté de m'expliquer avec ses mots -c'est à dire pas les bons car c'était presque si le mot « gouine » était neutre, parce que tout était neutre ou beau dans mon existence, c'est ce qu'il voulait, le mal n'existait pas- qu'il existait des personnes qui aimaient d'amour des gens du même sexe qu'eux. J'avais demandé pourquoi l'adolescente s'était mise à pleurer lorsque ses camarades lui avaient dit ça, et il m'avait répondu d'un ton paisible qu'elle devait sûrement être triste pour autre chose, que « je ne devais pas m'inquiéter ».
Je ne devais pas m'inquiéter.

Par la suite, j'avais presque oublié qu'il était possible d'aimer quelqu'un du même sexe que nous. Il était étrange d'oublier des choses aussi naturelles, c'est vrai, mais je n'avais jamais vraiment du m'occuper de quelqu'un d'autre que de mes poneys. J'avais été sûre et certaine de ce que m'avait dit mon père parce que j'avais tendance à avaler chacune des paroles de mon père comme s'il était Merlin, mais ça ne dépassait pas le savoir : J'étais incapable d'imaginer quelque chose que je ne connaissais pas. Les garçons avaient quitté la bibliothèque, et mon regard passa de la porte en bois au visage crispé de Scarlett.

- Qu'est ce que tu as ? Lui avais-je demandé. Pourquoi ils ont dit ça ?

Bizarrement, j'avais imaginé Scarlett comme une princesse, parce qu'on était toujours amis qu'avec des princesses, des princes ou des nains, et que Scarlett n'avait rien d'une naine. Le fait étant que mon père ne m'avait pas précisé, ne m'avait jamais montré un livre où Cendrillon aime Blanche Neige. J'attendais qu'elle lève son regard vers moi, comme si je m'attendais à y déceler quelque chose, un malaise. Pourquoi l'adolescente avait vraiment pleuré, parce que son papa l'avait grondé ?

- Pourquoi es-tu triste ? Avais-je chuchoté, comme si je m'apprêtais à recevoir une confidence.

« Amortentia est le plus puissant filtre d'amour au monde. »
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Scarlett Dawbson
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Sam 18 Fév - 15:38



I swear you emerge blinking into
To tell me it's alright
As we soar walls
Every siren is a symphony
And every tears a waterfall
Every teardrop is a waterfall...


****




- La vanille et la framboise. Ah et puis les vieux livres et l'odeur des pommes de mon jardin.

J'avais eu ce sourire forcé qu'on connaît tous, qu'on se doit de servir à notre interlocuteur en lui faisant croire que tout va bien alors derrière le masque de notre visage, tout s'effondre. Tout part en lambeaux. J'avais mal au coeur de constater qu'elle ne percutait même pas - qu'elle ne comprenait même pas. Je ne lui demandais pas de m'aimer en retour, là, maintenant, tout de suite, parce que je savais que c'était impossible. Elle avait bien d'autre problèmes en tête, sa mère les avait laissé son père et elle il y a deux mois, qui étais-je pour lui demander un peu d'amour en retour? C'était elle qui avait besoin qu'on l'entoure, qu'on soit là pour elle. J'étais là. Après, tout ce que je ressentais, aussi doux que cela pouvait être pour moi, ce n'était que l'étendue secrète de mes fantasmes, rien de plus. Rien ne m'assurait qu'ils s'exauceraient un jour. Oui mais ils me faisaient tellement de bien... Et je n'avais certainement pas le courage de leur faire face, de leur ordonner de disparaître, car Ophelia m'avait charmée et il était bien trop tard pour faire demi-tour. Mais il y avait cette étincelle d'espoir qui brillait en moi : puisque tout allait mieux, puisque des ombres de mon passé avaient ressurgi ma mère, celle que je n'espérais plus, puisque que tout s'était arrangé à Poudlard, que les Mangemorts étaient partis, que nous étions libres à nouveau... Puisque qu'Ophelia gommait doucement Kelsy dans mes pensées, pourquoi aurais-je fermé cette porte que la destinée semblait avoir placée là sur ma route?

Mais tout cela avait un prix, et je le savais. Le prix du risque.

Comme c'était étonnant, la vie, finalement... Voilà que j'étais prête à tout recommencer, à mettre le doigt dans l'engrenage qui avait failli causer ma perte. Il s'en était fallu de peu. Ce soir là, si Haruhi n'avait pas eu la bonne idée de me chercher, la ténacité de me convaincre, je n'aurais été aujourd'hui qu'un souvenir de Poudlard, une petite particule dans l'atmosphère, à laquelle on pense une seconde mais qu'on oublie ensuite bien vite. Aurait-ce été mieux? Moins douloureux, certainement. Mais il y avait de nouvelles inconnues ajoutées à l'équation que je ne pouvais plus écarter : je n'aurais pas connu ma mère, et elle aurait sans doute été brisée de chagrin en apprenant que sa fille avait préféré choisir la mort. Et puis, je n'aurais pas connu Ophelia. Pour moi, cela changeait tout; pour elle, pas grand chose dans le cours de sa vie, probablement. Si j'étais prête à recommencer, c'était à la fois bien malgré moi, mais en même temps parce que je savais que j'allais pas m'y prendre de la même façon. Je n'allais plus jamais donner à quiconque ce pouvoir de me détruire. Comment allais-je procéder, ça, c'était une autre histoire... Mais quelque chose me disait qu'Ophelia, qui pour l'instant ne semblait pas deviner un traître mot de ce que je pensais, était à des lieues de pouvoir un jour me briser le cœur.
Et pourtant, il était tout à elle...

Je feignis d'être ravie de la confidence, ainsi Scott sentait la vanille, la framboise, les vieux livres et l'odeur des pommes de son jardin. Je me demandais bien si Scott sentait Ophelia dans les vapeurs de l'Amortentia, lui qui au bal avait embrassé Lilian et qui semblait plutôt triste de ne plus être avec Taylord... Mais cela je ne le fis pas remarquer, trop contente d'avoir quelque chose à me raccrocher, peu fière aussi de m'en réjouir, car cela devait peiner Ophelia.

Elle allait sans doute me parler des dernières nouvelles concernant Scott, et comme je savais que cela lui faisait plaisir, j'allai pour la questionner à son sujet mais le livre qui tomba et les garçons qui passèrent me coupèrent dans mon élan. Je serrai les dents à leur insulte, reportai mon attention sur le livre. Ils s'en allèrent.


- Qu'est ce que tu as ? Pourquoi ils ont dit ça ?

Je ne pus retenir un malheureux petit sourire, devant l'air parfaitement étonné et candide d'Ophelia. Elle n'avait vraiment rien compris... Ce que j'avais? Cela sonnait comme si j'étais infectée d'un virus inconnu. Peut-être était-ce ça, après tout, puisque tant de gens aimaient à le penser? Je voulus répondre un peu sèchement mais en fus incapable, car je savais Ophelia dénuée de tout jugement négatif, de tout à priori; elle ne savait juste pas. Alors je répondis doucement:

- Ce que j'ai? Ils l'ont dit. J'aime les filles. J'haussai les épaules, lui offrant un petit sourire, comme si je voulais m'excuser. Je suis déjà sortie avec une fille, l'année dernière... Je faillis dire son nom mais changeai d'avis à la dernière seconde. Ophelia n'avait pas besoin d'appartenir à cette histoire.

C'était comme quand je l'avais dit à ma mère et que j'avais obtenu, finalement, sa bénédiction : je l'assumai, mais au fond de moi, j'avais peur, tellement peur, de lire de la déception dans les yeux d'Ophelia, qu'elle me trouve bizarre, monstrueuse, contre-nature. C'était un sujet trop sensible pour qu'il laisse neutre, et je savais que malheureusement, tout le monde n'avait pas la même capacité d'acceptation que Haruhi ou Margaret Winter. Je sentais l'épée de Damoclès osciller doucement au-dessus de ma tête. Ophelia couperait-elle le fil? Ou pas?

- Pourquoi es-tu triste ? chuchota-t-elle, en se penchant un peu en avant. Elle avait l'air tellement inquiète tout d'un coup, tellement concernée par ce qui m'arrivais, tellement douce, que je me sentis fondre : j'avais envie de la prendre dans mes bras et de la serrer contre moi.

Je répondis plus bas, les yeux un peu baissés :


- Parce qu'il y a des gens qui trouvent ça bizarre, que les filles qui aiment les filles, ça ne devrait pas exister, et qui s'en moquent. Mais moi tu sais je n'y suis pour rien... C'est comme ça, un point c'est tout. Alors parfois ça fait un peu mal. Mais ça va. Je relevai les yeux vers elle, vers ses grands yeux en amande clairs et vifs, tellement magnifiques qu'ils me redonnaient le sourire à chaque fois qu'elle me regardait. Ca te choque? demandai-je plus légèrement.

Pitié, faites qu'elle dise non, me dis-je tout bas.

Pour me donner une contenance, je mis le doigt sur un paragraphe, les effets de l'Amortentia, pour qu'elle le voit, et recopiai sur notre feuille :
"L'Amortentia ne créé pas l'amour véritable, au sens propre, ce qui est impossible. Mais la potion fait naître chez celui qui la boit une très forte obsession." Voilà qui était bien dommage...

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Ophelia Ivanova
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Dim 18 Mar - 23:16

Un geste, un seul geste et Ophelia s'en allait pour ne jamais plus se retourner, Esfir le savait. Il n'y avait pas de malaise de son côté : Elle n'y voyait aucun inconvénient même si le contraste entre l'Ophelia qui rêvait d'un prince charmant et l'Ophelia indépendante et changée de maintenant la déboussolait un peu ; Mais elle savait qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle même d'être plongée dans ses erreurs comme on plonge dans de l'eau gelée. Elle ressentait la même chose : Des piques la transperçaient de toutes parts, car l'eau était si froide, était si vite entrée en contact avec son épiderme qu'elle lui faisait l'effet d'une brûlure gelée, plus douloureuse que le feu, plus acide que la soude.

Non, ce n'était vraiment pas qu'elle était désapprobatrice – ou bien qu'elle pensait encore pouvoir se permettre une quelconque réflexion. Elle avait peur de ses propres gestes, de ses propres paroles. Un mot de travers qui n'exprimerait pas ce qu'elle pensait et Ophelia se raidirait, la regarderait comme une étrangère et s'en irait. Rien qu'à l'imaginer, elle se sentait mal et aurait voulu fuir le regard de sa fille. Les rôles étaient inversées : Elle était l'enfant, et elle l'adulte. Mais elle n'avait pas le droit, elle devait regarder son enfant dans les yeux et lui dire à quel point elle était fière de ce qu'elle était devenue, à quel point elle voulait connaître tout ce qui avait de l'importance pour elle.

- Parle moi d'elle, avait-elle dit. Ophelia avait souri.

__

Grandir. C'était ce qui m'arrivait à ce moment là, je grandissais. Je n'y avais véritablement jamais pensé, dans ma tête il n'y avait aucune différence entre le Chaperon Rouge et Amata, cette femme qui avait rencontré l'homme de sa vie par hasard. Enfant à adulte. Quelle différence ça faisait ? Et bien une grande différence justement, et je ne l'avais pas mesurée. C'était comme si mon entrée à Poudlard -encore ce château- avait signifié qu'il était temps de faire la différence entre la responsabilité de s'occuper de son poney et la responsabilité de faire face avec maturité. Parlons donc d'Amata. Cette femme m'avait fasciné lorsque j'avais lu ses aventures : Elle avait été capable d'aimer deux fois, et je m'étais toujours demandé si le second amour était plus fort que le premier. Mais oui, réfléchissez : Si il était capable de lui faire assez oublier son premier amour, c'est qu'il était plus fort, non ? Sinon, ça ne rimait à rien, c'était prendre le risque d'être à nouveau trahi parce que le second amour, si il ressemblait au premier, pourrait très bien nous annoncer demain qu'il préfère Asha, et c'était trop triste. Et c'était là que je m'étais demandée : Est-ce qu'on devait aimer deux fois avant de tomber sur le Prince Charmant ? Si c'était ça, j'avais du sacrément aimer cette chaise rose que m'avait faite papa avant de rencontrer Scott...

- Ce que j'ai? Ils l'ont dit. J'aime les filles. Je suis déjà sortie avec une fille, l'année dernière...

Ma première réaction avait été de hausser les épaules. Je l'avais dévisagée en souriant, un peu triste, parce que j'avais bien senti que son « Je suis sortie avec une fille, l'année dernière » avait un fond d'histoire triste, de celles qui ne finissent pas par « Et ils vécurent ensemble et eurent beaucoup d'enfants ». Et dire que quelques mois avant cette journée là, je n'aurais pas été capable de comprendre que c'est possible... Mais je n'étais pas assez triste ; J'étais persuadée, à cause de la tonne d'espoir que je m'efforçais de m'enfoncer dans le crâne, que cette fille avait été la même chose que la chaise rose que m'avait offerte Papa et que j'avais aimé à lui en faire dix câlins par jour plutôt que de m'asseoir dessus. Alors, je me disais que bientôt, un Scott viendrait, et elle pourrait lui faire autant de câlins qu'elle le voudrait, sans que jamais la chaise devienne trop petite pour qu'elle s’assoit dessus. Et puis j'avais réalisé que Scott n'était pas là, je m'étais rappelée cette fille dans ses bras au bal et je m'étais dit que je ne pouvais pas considérer Scott comme mon deuxième amour si lui n'était qu'au premier, et quelque chose s'était brisé en moi.

- Tu veux en parler ? Lui avais-je proposé en lui souriant.

Avais-je loupé mon deuxième amour ? Ou bien Scott avait-il était mon premier amour ? J'avais commencé toute une dissertation dans ma tête tout en continuant de sourire à Scarlett parce que je trouvais que sa robe lui allait bien. J'avais décidé de faire une censure sur ce qui ne me plaisait pas, voilà. Hop. Je voulais me concentrer sur le sourire triste de Scarlett. J'avais compris qu'elle était sans doute encore triste à cause de cette fille, et je cherchais comment lui faire comprendre que la vie ne finissait jamais aussi tristement... Pour ce que j'en savais, ahah.


- Tu connais l'histoire de La Fontaine de la Bonne Fortune ? lui avais-je demandé en me souvenant qu'elle avait été élevée par des moldus et que donc elle n'avait peut-être pas entendu parler des contes des enfants sorciers.

Je me souvenais avoir senti que je lisais en Scarlett, mais c'était faux : Je ne pouvais alors pas mesurer la douleur qu'elle avait ressenti, même si j'avais compris qu'une partie de sa tristesse était due à la fille. J'aurais sans doute pu le comprendre, et j'aurais alors voulu l'aider, mais je n'aurais pas saisi que Scarlett commençait à tourner la page et que j'avais aidé à cela sans que je lève le petit doigt... Persuadée d'avoir compris la bonne morale de l'histoire par rapport à Amata, j'ajoutais alors:
Dedans, il y a une femme, Amata, et elle te ressemble un peu. Je ne connais pas ton histoire, mais tout ce que je peux te dire, c'est qu'Amata pensait de jamais pouvoir se remettre de sa triste histoire d'amour. Alors, elle a essayé d'oublier grâce à la magie, par le seul moyen qu'elle connaissait. Mais finalement, il n'y a que le temps qui arrive à cicatriser les blessures, et alors, à ce moment là, tu rencontres quelqu'un d'autre, et le deuxième amour bah... C'est toujours le bon ! M'étais écrié, enjouée.

Scarlett avait baissé les yeux et je n'avais pas compris. J'avais juste jeté un regard digne du grand méchant Loup dans le Petit Chaperon Rouge en direction de la porte de la bibliothèque, en colère contre les garçons qui avaient soudain rendu Scarlett si triste.


- Parce qu'il y a des gens qui trouvent ça bizarre, que les filles qui aiment les filles, ça ne devrait pas exister, et qui s'en moquent. Mais moi tu sais je n'y suis pour rien... C'est comme ça, un point c'est tout. Alors parfois ça fait un peu mal. Mais ça va. Ça te choque ?

Alors, ça avait fait ding ding dans ma tête – si, si -, et je l'avais regardé avec des yeux ronds comme des secoupes. Pourquoi me choquer ? Gens qui trouvent bizarres ? Ne pas connaître le mépris, encore et toujours, ça portait des avantages, mais aussi le contraire... Pensant que Scarlett avait en fait peur que je me mette à la pointer du doigt comme ces méchants garçons pour me moquer d'elle, je fis un bond sur ma chaise, voulant m'empresser de la rassurer :

- Mais non, pas du tout ! Tu aimes qui tu veux ! Je ne savais pas que les gens trouvaient ça bizarre, avais-je ajouté pour moi même. Je ne connaissais encore personne -enfin si, j'ai vu quelqu'un, une fois- qui aimait les filles en étant une fille, mais je ne crois pas que ce soit interdit, si ?

Dans ma tête était alors revenu la scène de l'école, et je m'étais dit à tort que mon père ne savait juste pas lui non plus que les gens trouvaient ça bizarre, et que c'était pour ça qu'il m'avait dit ce qui lui semblait vrai... Faux, encore.
Je trempais à nouveau ma plume dans l'encre, prête à commencer un nouveau parchemin.
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Scarlett Dawbson
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Ven 30 Mar - 15:38



I'd like to make myself believe
That planet Earth turns slowly
It's hard to say that I'd rather stay
Awake when I'm asleep
'Cause everything is never as it seems
When I fall asleep

Firfeflies - Owl City

J'aurais pu en fermer les yeux de bonheur. Comme Nelly quand je la caressais et qu'elle se roulait doucement en boule, fermant ses paupières et se mettant lentement à ronronner, comme un léger moteur qui démarre. Les chats avaient cette étrange particularité : une bouche qui semblait toujours rire ou sourire, quoi qu'ils fassent. Je crois que quand j'étais avec Ophelia, ma bouche aussi souriait sans cesse, de ce sourire tendre et mystérieux. Ophelia était un rayon de soleil à elle toute seule, un courant d'air frais un jour d'été, une valse douce mais entraînante qui me donnait envie de me laisser bercer, pour toujours. Ses yeux semblaient pétiller sans arrêt et je rêvais de compter les trésors qui s'y cachaient, tout comme je rêvais de sentir de plus près l'odeur de ses cheveux blonds et brillants. Je faisais souvent ce rêve flou et impalpable d'elle qui marchait dans un champ écrasé de soleil avec une couronne de fleurs dans les cheveux; elle chantait, elle riait et elle sautillait et cette image même suffisait à me remplir d'une joie intense. Magnanime sans le savoir elle avait fait s'envoler cette menace qui planait au-dessus de ma tête d'un simple haussement d'épaule, faisant disparaître l'épée de Damoclès et son filin fin et tendu. Un poids s'ôta de mes poumons alors que je compris qu'elle n'appartenait pas à ces gens qui n'approuvaient pas les gens comme moi. Une petite voix dans ma tête me murmura à l'oreille que ce n'était pas pour autant qu'elle les aimait, mais je chassai bien vite cette idée, remuant la tête et faisant mine de rabattre une des mes mèches de cheveux derrière mon oreille.

- Tu veux en parler ?
me demanda-t-elle, pleine de cette candeur qui la rendait si vraie.

Lui parler de Kelsy? Qu'avais-je à dire, en vérité? Il n'y avait plus rien. Cette histoire appartenait à mon passé, certes, mais s'inscrivait de plus en plus dans mes souvenirs lointains qui n'avaient plus rien à faire avec mon présent. Et puis, comment en parler? Ce qui m'était arrivé n'était pas des ces choses que l'on peut raconter. Kelsy était apparue dans ma vie aussi soudainement qu'une colombe qui se pose sur un balcon, m'éclairant, m'éblouissant même, jusqu'à l'aveuglement. Elle avait fait non seulement naître en moi des sentiments que je croyais fictifs, de ceux que l'on trouve dans les romans, mais en plus elle avait chamboulé tout mon ordre naturel, à moi qui me croyais si normal. J'avais éprouvé de l'amour, et pour une fille qui plus est - la suite s'était déroulée en toute logique. Depuis ce soir du bal, j'avais accepté qu'elle m'aime en retour, je lui avais accordé ma confiance, bien trop d'ailleurs. En y repensant, je constatai qu'elle avait mené les rênes depuis le début, me forçant - doucement - la main pour notre premier bal, notre premier baiser, nos premières vacances. Sans doute était-ce dans cet esprit de continuité qu'elle avait mis fin à cette belle histoire, me prenant de court, arrachant par là même occasions tous ces fils que nous avions tissés ensemble. Ensuite, la chute, la lente et terrible descente aux enfers - Oh, comme mon cœur avait souffert alors! Cette époque me paraissait révolue mais surtout, elle me semblait appartenir à un autre temps. Ces pensées mornes et sombres, combien elles m'avaient malmenées, mais combien j'étais fière aussi de les avoir mises de côté. Sans l'aide d'Haruhi je n'y serais sans doute pas parvenu, car c'était ce soir-là en haut de la tour que tout s'était joué, quand finalement j'avais accepté sa main et renoncé à la fin. Mais de cela j'avais trop honte, et jamais au grand jamais je n'aurais pu l'avouer à Ophelia. J'avais encore le secret espoir qu'elle me voit comme quelqu'un digne d'être aimé, et tous ces détails la dégoûteraient de moi comme je l'avais été, à n'en pas douter.

Alors, non, je ne voulais pas en parler. Et puis parler de Kelsy à Ophelia me paraissait déplacé, Kelsy était mon passé et je voyais, j'espérais, mon avenir en Ophelia et c'était comme si j'allais la souiller de cette histoire malchanceuse. Ophelia était un trésor que je venais de découvrir et je voulais le garder intact. Beau, rare, rayonnant, à m'en faire battre le coeur si fort qu'il cognait ma poitrine. Ophelia. Son simple prénom était une mélodie.

Je fis non de la tête, chassant cette histoire d'un petit signe de la main. Délicate comme elle était elle rebondit sur un autre sujet, m'épargnant ainsi d'être gênée par ce refus plus ou moins avoué de communiquer.

- Tu connais l'histoire de La Fontaine de la Bonne Fortune ?

La simple manière dont elle me le demanda éveilla ma curiosité, même si ces mots ne résonnaient pas en moi. Je devinai que ce devait s'apparenter d'une manière ou d'une autre à la sorcellerie, car nous n'avions pas reçu la même éducation, mais je tus mes pensées et l'incitai du regard à poursuivre.

- Dedans, reprit-elle, il y a une femme, Amata, et elle te ressemble un peu. Je ne connais pas ton histoire, mais tout ce que je peux te dire, c'est qu'Amata pensait de jamais pouvoir se remettre de sa triste histoire d'amour. J'eus un petit sourire gêné, baissant bien vite le regard. Je ne voulais pas qu'elle croie que j'aimais encore - que j'aimais cette personne oubliée alors que je n'avais plus d'yeux que pour elle. Alors, elle a essayé d'oublier grâce à la magie, - ce fut plus fort que moi, je fis la grimace - par le seul moyen qu'elle connaissait. Mais finalement, il n'y a que le temps qui arrive à cicatriser les blessures, et alors, à ce moment là, tu rencontres quelqu'un d'autre, et le deuxième amour bah... C'est toujours le bon !

Avait-elle idée de l'espoir qu'elle m'insufflait un peu plus chaque instant? Je ne pouvais pas rêver. Ca ne pouvait pas être faux. Si Ophelia me touchait le coeur d'une telle façon, c'est qu'il devait y avoir une raison, non?... "Le deuxième amour", j'en avais presque les larmes aux yeux, alors que je souris en l'entendant terminer son histoire. Etait-ce possible que je classe Kelsy un jour dans les amours oubliés, mon premier amour, qui un jour fini n'aurait plus aucune incidence sur ma vie? J'en avais envie, mais plus encore j'avais envie que ce soit Ophelia qui prenne la relève et confirme ce qu'elle venait de me raconter. Elle semblait y croire, tellement. Même quand elle racontait une histoire, elle avait cet air émerveillé et sûr d'elle, qui me fascinait.

- C'est une belle histoire, réussis-je à dire malgré toute l'émotion qui me faisait légèrement trembler. Ça me redonne de l'espoir, fis-je plus doucement, alors que j'avais envie de lui dire combien j'espérais en elle, combien elle me rendait heureuse et combien j'étais prête à le connaître, ce deuxième amour.

Mais encore une fois, au même moment que précédemment, alors que tous mes muscles se décontractaient tant je me sentais de plus en plus confiante, il y eut cette petite voix pour me rappeler que je me lançais tête baissée dans un brouillard qui pourrait bien, cette fois, m'étouffer pour de bon. Qu'Ophelia aimait Scott, apparemment. Qu'Ophelia était très gentille avec moi, mais qu'elle ne s'était jamais comportée autrement que comme une amie. Une amie.


- Mais non, pas du tout ! Tu aimes qui tu veux ! Je ne savais pas que les gens trouvaient ça bizarre. Je ne connaissais encore personne -enfin si, j'ai vu quelqu'un, une fois- qui aimait les filles en étant une fille, mais je ne crois pas que ce soit interdit, si ?

J'eus un sourire amer. Interdit... Ce mot était ironiquement bien choisi. Non, il n'y avait rien qui interdisait de telles choses, pas chez nous du moins. Mais interdit pour l'opinion publique prenait bien des sens et je savais que pour certaines personnes, oui, c'était plus qu'interdit...

- Non, ce n'est pas interdit, soupirai-je, un peu lasse. Mais il y en a qui le croit, on va dire.

Sans le savoir, Ophelia jouait aux yo-yo avec mes sentiments, et c'était bien cela qui m'effrayait le plus : me retrouver dans ce même état que j'avais si bien connu. Oh, Ophelia n'avait rien de Kelsy, je le savais. Mais je me connaissais assez et ces émotions me jouaient à chaque fois les mêmes tours. Aussi fort que j'espérais et que je me laissais éblouir, il y avait toujours un moment de cette désagréable lucidité qui me faisait voir la réalité en place et revenir chaque fois un peu plus en arrière. Ophelia était mon amie - je pouvais au moins me rassurer de ça. Pour le reste, rien n'était moins sûr. J'aurais pu le savoir, j'aurais pu mettre un terme à cette torture psychologique, si je l'avais osé. Mais risque de savoir c'était risque de voir s'effondrer toutes mes belles illusions et à cela ne j'étais pas prête. Je préférais encore rêver que de me confronter à la réalité de cette incertitude. Bien que je n'étais pas vraiment certaine de savoir jusqu'à quel point c'était préférable.

La mort dans l'âme, je me focalisai sur notre devoir, haïssant ces mots couchés sur le papier, "philtre d'amour". Amour. Ce mot semblait me narguer, jusque sur le papier. Moi qui n'avais pourtant rien demandé... Je n'étais pas de ce genre de filles qui se prenaient pour des princesses depuis sur la plus tendre enfance et qui ne pensait qu'à une chose, au beau prince qui viendrait les cueillir dans leur sommeil et les emporterait sur leur cheval blanc pour une vie longue et heureuse. Non, très vite j'avais été confrontée à la réalité, et l'amour, eh bien l'amour, c'était beau, mais imaginaire.

Mais, non. Bien réel. Et il s'amusait en plus avec moi comme un chat joue avec une souris. Je griffonnai encore quelques mots sur la feuille, mais ma concentration s'évaporait - et pourtant, je voulais bien faire, pour elle. Ma vue se brouillait un peu. Je m'en fichais, de ces satanés potions. De ces satanés trucs de sorciers.


- Comment ça se passe avec Scott, alors?
lâchai-je, m'enfonçant un peu plus la lame sous la peau. Je renonçai. Si au moins elle pouvait être heureuse, ce serait ma seule consolation.

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Ophelia Ivanova
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MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Ven 27 Avr - 18:15

Ophelia se redressa et parla d'une voix forte qui trahissait toute la confiance qu'elle avait acquise en quelques années. Il était bien loin maintenant le temps où elle sautillait dans les couloirs de Poudlard à la recherche de Scott pour lui parler de la couleur du papier peint de leur future chambre. Elle avait dans le regard tout ce qu'elle avait enduré pour en arriver là, mais aucun éclair de regret ne pouvait l'atteindre ; Elle était fière de toutes les étapes qui avaient participé à son changement, même si dans la course, elle avait perdu une des personnes qu'elle aimait le plus au monde... Définitivement.

__

J'étais comme prisonnière : Je me trouvais là, derrière une porte qui ne demandait qu'à s'ouvrir, et moi j'avais peur de l'ouvrir. Je ne voulais pas me retrouver dans une pièce et rétrécir ou grandir si vite, si vite que j'en oublierai la potion qui me sauverait sur la table. Je ne voulais pas être Alice au Pays des Merveilles : Moi le Pays des Merveilles, je l'aimais seulement dans les livres, car ma vie à moi ne l'était peut-être pas mais je ne pouvais pas m'en rendre compte puisque je vivais à travers l'illusion qu'elle l'était. Alice avait suivi le lapin par curiosité ou par bêtise, ou bien n'avait-elle pas eu le choix. Moi, assise là en face de Scarlett, je me disais que j'avais encore le choix : Je pensais pouvoir rester l'enfant que j'avais été, protégée par les murs dorés qu'étaient mes parents et ma maison, que rien ne pourrait perturber tout ça. Je voulais suivre le lapin uniquement s'il s'agissait de Scott, et même de ce côté là je n'avais pas conscience de ce que ça pouvait impliquer. Je me disais que, au pire, je me ferais enlevée par une bande de pirates avides de ma fortune, et même avec ces pensées je n'avais pas peur car j'étais persuadée que Scott me sauverait. J'avais été persuadée de ce que j'aurais pu avancer à qui aurait voulu l'entendre jusqu'au soir du bal. Ce bal avait été tout ce que je n'attendais pas en tout points : Maman était partie même si je refusais de l'admettre, Scott avait dansé avec ce qui m'avait semblé être toutes les filles du royaume sauf avec moi, et j'avais reçu un énorme coup dans ma carapace d'innocence qui s'était déjà éméchée à mon arrivée à Poudlard. Assise là, à écouter des choses que je ne voulais pas pouvoir comprendre, j'étais plus fragile que jamais. Aujourd'hui, je me souvenais de l'éclair du regard de Scarlett ce jour-là, et j'avais été tellement loin de comprendre ce qu'elle endurait, trop occupée que j'étais à lutter contre moi-même. C'était ça, j'avais peur de moi-même, car je commençais à comprendre que j'étais l'anti-moi-même depuis bien trop longtemps. Mais tout ce que je craignais commencer à ronger le mur d'or.

En observant Scarlett réagir à mon histoire, j'avais commencé à m'apercevoir que raconter les histoires étaient aussi amusant que de les lire. C'était étrange de voir de quelle façon les gens pouvaient réagir aux mots, de comparer. Pourtant, je ne jouais qu'avec les mots, et je ne faisais rien de bien, non ? Je ramenais, comme d'habitude, la vie à des histoires, la comparant pour la rendre compréhensive... Enfin, c'est ce que je croyais. Mais ce que j'avais vu ce jour-là était bien différent de d'habitude : Je comparais la vie aux histoires pour la rendre plus agréable à vivre, pour la rendre plus belle. Et c'était là que se cachait toute la différence...


- C'est une belle histoire, ça me redonne de l'espoir. Et elle n'avait pu se rendre compte comme c'était ses mots qui donnaient de l'espoir. J'avais simplement souri, et le fait qu'elle aime mes histoires m'avaient donné la même fierté que lorsque je la faisais rire : J'étais capable d'illuminer son visage, et j'avais l'impression qu'elle me rendait forte. Je ne me sentais plus insignifiante lorsqu'elle me regardait avec un regard franc, sans sous entendu qui aurait pu me ridiculiser comme les autres élèves le faisaient parfois. Lorsqu'elle riait, elle riait vraiment, son rire n'avait rien de rude, de piquant, de volontairement exagéré, et je me sentais alors tout sauf la petite Ophelia niaise à côté de qui on ne s’assoit jamais.

- Je suis sûre qu'elle ne vaut pas la peine que tu sois triste, lui annonçais-je, d'une voix forte et déterminée, affichant un sourire qui se voulait compatissant et joyeux. J'avais encore une fois tout faux, mais je ne pouvais pas vraiment le savoir, ou même le deviner. Je n'avais pas tort à propos du fait que Kelsy – j'avais appris son prénom plus tard à mes dépends – ne méritait pas que Scarlett soit triste, mais plutôt parce que je tentais de l'encourager de toutes mes forces à retrouver ce sourire que j'aimais tant à propos d'une chose qu'elle avait déjà commencé à enterrer. Mais il s'agissait là enfin de quelque chose que j'ignorais non pas par aveuglement mais par manque d'informations. Et puis, elle avait eu l'air lasse d'un coup, et j'avais froncé les sourcils, perdant ma joie.

- Non, ce n'est pas interdit, mais il y en a qui le croit, on va dire.

C'était ça qu'il y avait eu d'étrange rapidement dans ma relation avec Scarlett par rapport au fait que j'éprouvais le besoin de la faire rire et sourire. J'avais longtemps cru qu'il s'agissait là d'un besoin de reconnaissance, parce que j'étais loin de faire véritablement rire mes camarades si on excluait Scott, et encore, je ne le comptais pas puisque je le connaissais depuis pour ainsi dire toujours. Je pensais que faire rire Scarlett était une victoire, une marche vers le seuil de la « normalité » que les élèves cherchaient chez moi. Mais c'était tout autre ; Ce n'était pas ce sentiment là qui se glissait en moi lorsqu'elle riait ou que je voyais qu'elle était bien. Je n'avais pas pu directement l'identifier, mais ce que je ressentais dans mon cœur lorsqu'elle le faisait n'avait rien d'un sentiment égoïste, ce n'était pas une question de reconnaissance ou de fierté. Ainsi, lorsqu'elle eut l'air soudain triste, je l'avais ressenti à l'intérieur de moi, sans vraiment comprendre pourquoi ou m'en rendre compte. Je n'avais pas été capable de sentir tout ça à ce moment là, car à cette époque je pensais que Scarlett n'était... Pratiquement rien pour moi. Je la voyais comme une bonne copine, une fille chouette, mais j'étais trop obsédée par ma relation avec Scott ou avec Evodie pour me sentir capable de me soucier d'autre chose. Je ne voyais rien d'autre, pas plus loin que le bout de mon nez. Je ne pouvais donc pas comprendre notre relation lorsque j'y pensais, alors je me contentais de ne pas y penser. Je lui lançais un simple regard désolé, et quand j'y pensais aujourd'hui j'aurais bien voulu utiliser un retourneur de temps pour aller me secouer comme un arbuste.

- Comme ces garçons ? Je vois. Il y a des gens qui n'arrivent pas à accepter les personnes qui se comportent différemment... Ou qui sont différents d'eux, mais... Il faut les laisser, c'est tout, lui affirmais-je alors que je n'étais même pas capable de le faire pour moi-même. Personnellement, je trouve ça triste, que certaines personnes soient aussi étroites d'esprit. J'hochais la tête pour confirmer bêtement mes propres paroles. Tu devrais être contente de ne pas en faire partie, ils devraient t'envier. Tu es toi-même au moins, ajoutais-je.

D'un coup, je m'arrêtais. Je sentais monter en moi quelque chose d'acide, qui devenait habituel mais pas avec Scarlett. Je détournais vite mon regard, prise d'une sensation étrange. Je venais de débiter des paroles auxquelles je n'aurais même jamais pensé avant d'entrer dans la bibliothèque, je n'avais jamais été voisine de la méchanceté jusqu'à mon arrivée à Poudlard et donc je n'avais pas pu la voir, mais ce n'était pas parce que ma vision commençait à changer que je me sentais étrange. On ne s'en rend pas tellement compte lorsqu'on change, si ? Je me sentais étrange parce que j'avais un peu peur de comment allait réagir Scarlett. C'était stupide parce que je commençais tout juste à lui faire confiance, elle s'était montré tellement différente de mes autres camarades. Je m'étais soudain penchée vers mon parchemin, persuadée que ce que je venais de lui dire était ridicule.


- Comment ça se passe avec Scott, alors?

- Je...

Soudain, je battais des paupières, et je sentis avec désolation les larmes me monter aux yeux. Je continuais à fixer mon parchemin sur lequel je me contentais de retracer certaines lettres par-ci par là qui étaient mal formées, et je m'obstinais, souhaitant qu'elles soient parfaites, me concentrant jusqu'à l'obsession pour ne pas penser à ce que Scarlett venait de me demander. Au bout d'un moment, rattrapée par la politesse, je levais mes yeux humides vers elle, et décidais de jouer la carte de celle qui n'a pas compris. Je me frottais la tête avec ma main droite – celle qui ne tenait pas la plume, puis je lui demandais :

- Il va bien je pense, et je me forçais à sourire. Je n'avais pas voulu flancher de suite, et puis, persuadée que Scarlett sortait tout juste d'un chagrin d'amour, j'étais également soucieuse de ne pas me reposer sur elle.
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Scarlett Dawbson
Élève de 6ème année



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Particularités: Mes cheveux rouges, c'est ce que les gens remarquent en premier. Pour le reste... Cela ne regarde que moi.
Ami(e)s: Haruhi, Ophelia, Rose
Âme soeur: Into the stormy sea, will you remember me ?

MessageSujet: Re: She is everything I need that I never knew I wanted. |Scarlett.   Lun 4 Juin - 14:56

- Je suis sûre qu'elle ne vaut pas la peine que tu sois triste.

Ophelia paraissait si convaincue. Je ne pus que lui offrir un maigre sourire en retour, même si je n'en pensais pas moins. Je n'étais pas certaine d'une telle affirmation. A vrai dire, je la pensais fausse. Et puis, à quel degré pouvais-je affirmer cela? Pourquoi serait-ce Kelsy qui ne serait pas à ma hauteur, et pas l'inverse? C'était elle qui m'avait quittée, et pour une autre, non? Alors... Alors c'était bien la preuve que de son côté, c'était moi qui n'en valait pas la peine. Du mien... Du mien c'était bien différent puisque j'étais restée seule avec mon désespoir, sans rien ni personne pour me montrer que j'avais quelqu'un qui en valait bien plus la peine. D'une certaine manière, j'étais contente que Kelsy soit rentrée chez elle en Australie, car elle était sortie définitivement de ma vie - sur le papier tout du moins. Il ne me restait plus qu'à enlever chaque petit fragment d'elle en moi. Le problème était qu'ils étaient bien souvent accrochés à mes souvenirs et que mes souvenirs... Mes souvenirs c'était moi et pour rien au monde je ne voulais les abandonner là, à cause d'une personne qui m'avait fait tant souffrir. Il me fallait faire un choix, et j'avais gardé ma mémoire, prenant sur moi pour oublier celle qui en ternissait les beaux moments. Mais je ne pouvais me résoudre à dire qu'elle n'en valait pas la peine, car elle avait été trop pour moi pour que je lui fasse cet affront. Je l'avais aimée. Pouvais-je dire à mon coeur qu'il s'était trompé sur toute la ligne? Je crois que je n'en avais pas le courage.

Je ne savais plus quoi penser de cette session devoirs qui passait tour à tour du moment le plus agréable au moment le plus... embarrassant. Je n'avais pas voulu mélanger Kelsy et Ophelia, et voilà que j'en avais dit à la Serdaigle bien plus que prévu. Et puis... Et puis il y avait eu ces garçons, mon aveu qui d'un côté me soulageait, sa réaction aussi, mais d'un autre côté son étonnement provoquait en moi un léger désespoir car je voyais bien que... ce n'était pas son truc. Comment pouvais-je espérer qu'elle m'aime à son tour? Elle ne se préoccupait pas d'avantage des filles comme moi, alors... Ce n'était pas parce qu'elle acceptait qu'elle partageait mes idées. Il y avait là une grande différence. J'avais envie de pleurer d'être si bête, tout comme d'être incapable de m'empêcher d'espérer.

Pourquoi les sentiments avaient besoin d'être si sinueux, si traîtres? Et pourtant quand je regardais Ophelia tout en moi était si pur, parce que la voyais si belle, parce que je buvais chacune de ses paroles et chacun de ses sourires. Ce n'était pas de l'aveuglement ou de l'idéalisation, il y avait réellement quelque chose qu'elle dégageait et qui me touchait en plein coeur, et j'avais l'impression d'être illuminée un peu plus à chaque instant par la clarté ténue de ses cheveux et le gris pâle et discret de ses yeux qui resplendissait en moi accompagné d'une douce chaleur. Je ne voulais juste pas que ce rêve prometteur se termine, ou qu'il ne soit qu'illusion. Car je sentais que ça allait bien au-delà, et que quelque part Ophelia détenait des clés qui n'ouvraient des portes que pour moi.


- Comme ces garçons ? Je vois. Il y a des gens qui n'arrivent pas à accepter les personnes qui se comportent différemment... Ou qui sont différents d'eux, mais... Il faut les laisser, c'est tout. Personnellement, je trouve ça triste, que certaines personnes soient aussi étroites d'esprit. Tu devrais être contente de ne pas en faire partie, ils devraient t'envier. Tu es toi-même au moins.

- Peut-être, conclus-je avec un petit sourire un peu triste. Etre moi-même, je pouvais me vanter de l'avoir été, et depuis le début. J'avais refusé la magie même à Poudlard, j'avais dit à qui voulais l'entendre qu'être orpheline ne nécessitait pas être malheureuse, je ne m'étais jamais cachée de ma relation avec Kelsy, de mes différences... Jamais.

Mais au fond, à quoi cela servait d'être soi-même quand on était seule?

Je ne savais pas trop comment me placer - Ophelia avait-elle ce sentiment aussi ou bien était-elle réellement bien entourée? Je savais qu'elle avait Scott, mais en dehors de cela je ne lui connaissais pas énormément d'amis à proprement parler, et sa famille battait de l'aile... Quelque chose me soufflait à l'oreille qu'elle comprenait, mais comment en être certaine alors que nous n'étions pas encore à un stade où l'on se permet ce genre de confidences? Je ne voulais surtout pas brusquer les choses et j'étais bien trop timide pour oser quoi que ce soit, de toute façon.

Ma tentative de dévier la conversation vers un sujet plus léger fut un échec. Instantanément je la vis se tendre et baisser les yeux vers sa feuille et j'aurais juré que ses yeux s'étaient humidifiés; sous la table, je crispai ma main sur mon uniforme que j'entrepris de presque déchiqueter entre mes mains, n'eut été la solidité du tissu. Quelle pauvre andouille je faisais! Incapable de montrer ce que je voulais, ce que je ressentais, incapable d'être l'amie dont elle a besoin, à défaut du reste. Je pensais que parler de Scott lui aurait fait plaisir, mais d'ailleurs... D'ailleurs... Avais-je raté un épisode? Ce soir du bal, s'était-il réellement passé quelque chose?


- Il va bien je pense.

Elle s'était re concentrée sur le devoir et je me sentis impuissante. Elle n'avait apparemment pas envie de parler de lui, ce qui d'un côté m'arrangeait car il était son prétendant numéro 1, mais de l'autre côté cela la rendait triste et j'aurais aimé qu'elle se confie... Encore une fois, je n'étais sûrement pas assez importante à ses yeux. La mort dans l'âme, j'attrapai le livre à nouveau. De toute façon, nous devions terminé ce devoir ce soir-là, alors nous n'avions pas non plus toute la soirée de libre pour discuter de tout et de rien. J'eus un léger soupir. Puis elle leva ses yeux vers moi et me sourit, de ce même sourire que je lui avais servi un peu plus tôt et qui sonnait faux.

- Je suis sûre que ça va s'arranger, tu sais, dis-je alors d'une voix douce au prix d'un immense effort.

Que faire d'autre? Je voulais qu'Ophelia soit heureuse, avant toute chose. Avec ou sans moi... C'était une autre histoire. Jamais le mot philtre d'Amour ne me parut aussi douloureusement ironique que ce soir-là, alors que j'étais obligée de l'étudier en long, en large et en travers et que mon coeur ne cessait de se crisper douloureusement de solitude.



Fin ♥

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