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After all... you're my wonderwall (pv)

 

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 After all... you're my wonderwall (pv)

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
Date d'inscription : 03/03/2010

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Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: After all... you're my wonderwall (pv)   Jeu 9 Fév - 0:06

http://www.youtube.com/watch?v=6hzrDeceEKc

J'avais une dalle, mais une dalle! Du genre de la dalle de quatre heures du matin de retour après une bonne grosse soirée, à en avaler des parpaings ou bien n'importe quoi qui se trouvait sur la chaussée. J'avais un trou dans le bide et je ne pensais qu'au repas de ce soir, pendant que la prof nous blablatait sur les Acromentules, ce dont je n'avais strictement rien à foutre car 1) je n'avais pas une passion particulière pour les araignées et encore moins géantes et 2) je me baladais rarement dans les profondeurs de forêts sauvages, là où habitaient les Acromentules, ce qui fait que l'un dans l'autre l'utilité de ce cours dans ma vie s'approchait dangereusement et sûrement du zéro absolu. Chier. Heureusement, mes potes partageaient mon état d'esprit, et on s'était installé derrière tout le monde, assis sur des vieux troncs à l'orée de la forêt. C'était malin de nous faire cours dehors : on se les caillait, et ça plus la faim, j'étais aussi concentré qu'une mouche. Et puis, j'étais sur les nerfs, parce que la faim et moi, ça fait plutôt 15000. Coop en connaissait un rayon : c'était toujours sur lui que je me défoulais quand j'avais envie de bouffer, qu'il n'y avait plus rien dans le frigo, et que lui il était là tout tranquillement à lire son bouquin. Insupportable, ce gosse. Bref, j'avais faim, j'en avais marre et j'en avais rien à foutre des cousines moches de spider-man.

- Eh ben, elle est où Taylord?

Ouais, riche idée. Riche idée alors que j'avais déjà les nerfs en pelote de me lancer sur se sujet. Je tournai la tête en balayant la classe du regard, devant nous, qui nous tournait le dos, et dis le plus nonchalamment du monde :

- Ben j'sais pas, elle est devant nous, pourquoi?

Oui bon d'accord, je savais très bien pourquoi, mais ils me prenaient pour un con et je n'aimais pas trop qu'on me prenne pour un con du coup je les prenais pour des cons. Bingo : ils se regardèrent du coin de l'oeil en ricanant.

- Quoi? lançai-je sur un ton plus agressif. Putain mais ça m'énervait ça, ils ne pouvaient pas me laisser vivre un peu?! Qu'est-ce que ça pouvait leur foutre si je me tapais Taylord, Nakamura, Sara Wayland ou la Mère Michel?! Ils étaient bien sympa, et encore heureux parce que ça faisait six ans qu'on traînait ensemble, mais je ne savais pas trop pourquoi mais dès qu'il s'agissait de ma meuf ils ne se sentaient plus pisser. Déjà quand j'étais avec Lilian, j'avais eu le droit aux interrogatoires de police, comme s'ils s'imaginaient que j'allais leur raconter les détails pour qu'ils puissent croire qu'ils avaient participé à l'affaire. Et maintenant que je passais du temps avec Taylord, hop, ni une ni deux, ils s'imaginaient des trucs.... bon ok ils n'avaient pas tort, mais je m'en foutais, si on se cachait il y avait bien une raison, alors qu'ils me foutent la paix, point barre. Il n'y avait que Coop qui savait, mais à mon sujet, Coop devinait généralement beaucoup de choses avant même que j'ai eu le temps de me demander ce que j'allais bien pouvoir lui sortir comme douille.

Il y a des journées comme ça où je me disais qu'il aurait été plus malin de faire le tour du cadran. D'ailleurs, ça m'arrivait. En vacances. Evidemment, à Poudlard, c'était une autre histoire. Je soupirai et m'adossai au tronc tout en soufflant dans mes mains gelées et en priant je ne sais pas qui que ce putain de cours arrive à sa fin et qu'ils ferment leurs gueules et que les Acromentules s'étouffent avec leurs pattes et voilà. Et là, alors que je faisais bien exprès de ne rien écouter à ce qu'ils disaient, j'entendis entre deux rires gras, alors que mon pote le plus proche commençaient à lancer des brindilles dans les cheveux des deux blondes devant nous :

- ... parce que j'aurais bien voulu savoir si elle s'est tapé Scott!...
- Non tu déconnes, il est bien trop coincé pour ça...


Ok. Ok! Je faillis m'étouffer en les entendant parler comme ça de Taylord et tout autant en les étendant parler de la vie sexuelle de Scott - au secours - mais surtout de la vie sexuelle de Scott ET Taylord - que quelqu'un me pende - et sur le coup j'hésitai à leur casser tous la tête un par un ou bien à me lever et à lancer une armée d'acromentules en furie en direction de Scott ou bien juste d'aller me noyer dans le lac. Quand je vous disais que cette journée...

Je mis fin à la conversation en répondant à l'intéressé que c'était sa mère qui se tapait Scott et, comme il y a parfois une justice dans ce bas monde, la classe se leva au même moment : le cours était fini. ENFIN. On avait convenu avec Taylord - eh oui, encore elle - de se retrouver au déjeuner d'une manière tout à fait hasardeusement calculée et je la laissais prendre les devants, sans pouvoir retenir un petit sourire de satisfaction. Depuis les vacances de Noël, je ne sais pas trop pourquoi mais cette histoire m'obsédait carrément, il fallait bien le dire. C'était drôle, et ça me changeait, et l'inconnu avait quelque chose de super excitant. Bon je n'étais pas dupe et je savais que le retour à la réalité se ferait un jour ou l'autre, mais en attendant je passais le plus clair de mon temps avec Taylord, en secret ou pas, et je devais dire que j'y prenais bien goût. Le soir quand on faisait la fête en salle commune, j'avais juste peur, avec un coup dans le nez, de me mettre à lui rouler des pelles devant tout le monde ou bien de dire des conneries à notre sujet, mais pour l'instant on gérait bien le mystère, même si je me doutais bien que les gens se posaient des questions. Moi, ça me faisait bien marrer, et je nous trouvais très bien comme ça : pas besoin de s'étaler au grand jour.

Comme je n'avais pas pris d'affaires de cours - la flemme - je pris directement le chemin de la grande salle pour aller dîner. Ils avaient intérêt d'avoir cuisiné pour un régiment, parce que j'avais les crocs. Il y avait déjà pas mal de monde à la table des Gryffondors et je me fondis dans la masse telle la hyène moyenne - enfin, je l'espérai - et me posai sur le banc à côté de...


- Oh, Tay-Tay! Je ne retins pas un petit sourire et un regard complice avant de m'installer confortablement et de remplir mon assiette avec à peu près tout ce qui me passait sous la main. J'avais envie de l'embrasser comme il se devait, mais voilà, l'inconvénient, le groooos gros gros inconvénient de cette relation cachée : se cacher. Ca me faisait rire et je trouvais ça cool dans les moments comme tout à l'heure où je n'étais pas directement à côté d'elle, mais là, je sentais son parfum, je voyais son cou, sa nuque, ses cheveux; j'avais envie de me jeter sur elle et de la dévorer toute crue, et de me servir de la table d'une toute autre manière que sa vocation première.

... Breeeeef.

Surtout que ce n'était pas le moment de faire le malin parce que je voulais lui parler d'un truc qui avait bien fait parler en salle commune hier, et autant dissiper le malaise tout de suite. Mais bon, je n'étais pas très à l'aise. Heureusement, il n'y avait personne autour de nous et je commençais comme si j'allais simplement lui parler de la pluie et du beau temps :


- Dis euh... Tu as parlé avec Lilian, y'a pas longtemps?

C'était la première fois que je prononçais son nom devant Taylord depuis qu'on était ensemble. Bon ok, je n'étais pas très fier. J'avais quitté Lilian en clamant haut et fort que non je ne voulais pas me taper Taylord et que je voulais ma liberté et voilà que ma seule liberté aujourd'hui consistait à me retenir pour ne pas me taper Taylord devant tout le monde. J'attaquai mon assiette après avoir jeté un bref coup d'oeil à Taylord et après m'être fait la réflexion que je détestais le fait que parfois, elle me regarde et lise en moi comme dans un livre ouvert, avec son regard tout tranquille, comme si je n'étais qu'un sale mioche mais qu'elle connaissait sur le bout des doigts...

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: After all... you're my wonderwall (pv)   Mer 15 Fév - 22:52

C'était bien ça l'ennui avec les rumeurs, car comme leur nom l'indiquait, c'était des rumeurs. C'était comme des virus ces bêtes là, une fois qu'elles étaient lancées, le seul moyen de les arrêter, c'était soit de les confirmer et ça ne se propageait pas plus loin, soit il fallait les démentir et ça devenait plus complexe car le tout était de convaincre l'interlocuteur en face, toujours avide de renseignements et des derniers potins du coin. Et il y avait le dernier cas, l'ultime recours qui n'en était pas un parce qu'on courrait droit dans l'impasse et ce n'était rien d'autre que de justement...
Ne rien faire.

J'étais passée maître dans l'art du haussement négligent dans épaules, ce qui, une fois n'est pas coutume, avait eu le don d'énerver les autres filles qui avaient décidé – sous je ne sais quelle mystérieuse conspiration – de me « tirer les vers du nez » comme elles aimaient bien dire et moi que j'aimais bien répondre qu'il n'y avait aucun vers à tirer, puisque justement, il n'y en avait pas. Ou presque. Mais elles n'avaient pas besoin de savoir. Je n'étais malgré tout pas à l'aise sur leur terrain de jeu ; je pouvais bien rester évasive autant que je le voulais, et comme je pouvais si bien le faire, mais tout ce qui s'était passé au bal de Noël dont on n'énumérera pas une énième fois les détails – parce que je les connaissais par cœur et pour cause étant donnée que je tenais le rôle principal – avait fait tout le tour de Poudlard au moins deux ou trois fois. Le seul point qui pouvait jouer en ma faveur c'était ma réaction, qui était identique à toutes les autres dès lors qu'on évoquait ma vie privé : autant dire que je me braquais immédiatement et prenais le parti de rester muette comme une tombe jusqu'à ce qu'on daigne enfin changer de sujet.

J'accélérai le pas alors qu'on descendait plus bas dans le parc pour aller en cours de Soins aux Créatures Magiques. J'avais de la chance. Elles s'avouaient vaincue. Pour l'instant. Je savais qu'elles allaient remettre le sujet sur le tapis dès qu'elles en auraient l'occasion, aussi prenais-je un soin tout particulier pour ignorer Chuck, ce qui en soit n'était pas bien compliqué étant donné que j'étais quasiment en tête de groupe, prétextant avoir trop froid – ce qui n'était qu'un demi mensonge, car il y avait un affreux vent, et c'était l'hiver ; heureusement, il n pleuvait pas, c'était déjà ça – pour avoir envie de lambiner tout en parlant de la vie et du beau temps. Et puis m'occuper des animaux, c'était encore ce que je préférais le plus dans tout ce qu'on apprenait au château, il n'y avait donc rien d'étrange à mon comportement.
Dans les faits.

Enfin, jusqu'à ce que j'apprenne que le sujet du jour, n'était autre le spécimen des acromentules. Fait plutôt marrant cependant parce que la prof n'eut seulement qu'à prononcer leur nom pour que plusieurs petits cris aiguës se fasse vers l'assemblée et que la plupart des filles exigent une dispense pour remonter fissa dans l'école – bien sûr, elles n'obtinrent pas gain de cause et ne tardèrent pas se pelotonner les unes contre les autres en signe à la fois de défense, mais aussi de protection. Ce n'était pas les acromentules qu'il fallait observer ; le comportement féminin, dans des cas extrêmes comme celui ci, était tellement plus intéressant !

Bon ; ceci dit ce n'était pas franchement mon tripe non plus de faire des mamours à une araignée, donc, très peu pour moi. Non s'il s'agissait de bisous, j'avais plutôt une autre personne en tête... En parlant de ça, a la place, je préférais laisser vagabonder mon esprit à d'autres occupations hautement plus intéressantes, en rassemblant toutes les forces dont j'étais capable pour ne pas céder à irrésistible envie de jeter un coup d’œil en arrière, là où venaient les jacassement car je pouvais mettre ma main à couper que Chuck en faisait partie. Toutefois mes ardeurs se refroidirent lorsque je croisai celui de celle qui était le plus désireuse de me soutirer des informations – j'étais certaine qu'elle m'en voulait d'une certaine manière puisqu'elle passait son temps à parler de Chuck, et son amabilité lorsqu'elle m'adressait la parole était bien trop prononcée pour être honnête, alors la simple idée que ses hypothèses soient fondées, ça devait mettre tout ses sens en émoi. Je fis mine de l'ignorer, mais sentis ses yeux sur moi au moindre de mes mouvements, alors que la seule chose que je m'étais contentée de faire, précisons le, c'était de croiser mes bras sur ma poitrine pour me protéger du froid, la belle affaire ! C'en fut trop lorsqu'elle m'indiqua avec un sourire mystérieux la direction dans laquelle se trouvait Chuck et ne je pus m'empêcher de lui adresser un « t'occupes ! » excédé. Elle arrêta finalement de me harceler lorsque je lui dis le plus naturellement du monde qu'il y avait une acromentule juste derrière elle. Elle avait bondit et s'était éloignée. Enfin la paix !

Mais d'un autre côté, c'était vrai que la situation était loin d'être aussi évidente. Comme on passait la plupart de notre temps ensemble, nous en étions arrivés à la même conclusion avec Chuck qui était d'en garder un peu – de temps – pour les autres, mais du coup, on se retrouvait parfois confronté à des cas de figure comme celui-ci où l'on en devenait presque trop aimable l'un avec l'autre, ce qui il fallait l'avouer, dépassait toutes les normes de la logique. Par contre, ça ne marchait jamais très longtemps, parce qu'il y avait toujours un moment où il m'énervait, où je l'énervais, où parfois on s'énervait l'un et l'autre au même moment, donc toutes les règles de notre fonctionnement habituel se remettait en place. Il y avait juste un truc qui avait changé, et en bien pour le coup, parce que pour la première fois, j'avais l'impression que tout était simple. Il y avait bien entendu tout les aléas extérieurs qui pullulaient dans tout les sens, mais au moins, nous n'avions de comptes à rendre à personne. Ils ne pouvaient ni prendre, ni toucher, ce qu'il n'était seulement possible de supposer.
Alors qu'ils supposent, c'était bien comme ça.

La prof annonça cérémonieusement la fin du cours et cette fois ci personne ne se fit prier pour sortir hors de la forêt interdite, surtout qu'il commençait à faire nuit et que ce n'était pas franchement top niveau ambiance. Sur le chemin du retour, elles se contentèrent toutes de pester contre Lance et ses sujets « à la con », ce qui était parfait, parce qu'on ne s'intéressait plus à moi et je retrouvais par la même occasion ce rôle que j'affectionnais tant qui n'était autre que d'opiner du chef de temps à autre pour signifier que j'étais d'accord avec elles, alors que la seule chose dont j'étais capable de penser pour le moment, c'était mon repas dans la grande salle, parce que je savais pertinemment avec qui j'allais le partager... Bon d'accord, j'y avais songé une bonne partie de la journée, mais ça ce n'était qu'un détail qu'il n'était même pas utile d'évoquer ! Et là où nous étions vraiment sur la même longueur d'ondes, c'était sur le timing. Mais bon, en même temps dès qu'il s'agissait des repas, Chuck n'était jamais en retard.


- Oh, Tay-Tay!

- Hmmm y'a pas des courants d'air ici, je crois que j'ai entendu le vent me parler... répliquai-je sarcastique en tournant la tête vers Chuck pour connaître son avis. Je ne pus me retenir plus longtemps et finis par sourire.

C'était nouveau ça. Enfin, non, pas vraiment mais disons que l'idée stupide de ce sobriquet idiot, je pensais que ça lui était passé, mais apparemment pas, et le pire, c'était que ça arrivait de plus en plus souvent. Et est-ce que je l'appelais Charles moi ? Non ; et je savais que si je le faisais j'allais me retrouver en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « purée » pour en avoir plein les cheveux. Non, mais d'ailleurs, pourquoi est-ce que ça devait être moi qui devait en avoir plein les cheveux ?! Joignant le geste à la parole, j'en attrapai dans mon assiette avec le bout des doigts pour m'en servir comme fourchette, et sans prévenir je lui en étalai plein sur la joue.

- Voilà. T'es bien plus beau comme ça, instinctivement je me reculai un peu, en riant, prête à parer la prochaine offensive qui n'allait pas tarder à arriver...

...Mais ce n'était pas de la même manière que je l'imaginais. Et lorsque Chuck poursuivit, j'arrêtai un instant mon geste, en suspens, au dessus de la tranche de pain que je m’apprêtai à prendre.


- Dis euh... Tu as parlé avec Lilian, y'a pas longtemps?


Lentement, je saisis mon morceau, avant de le plonger lui aussi dans la purée. Je pris le temps ensuite de mâcher chaque bouchée, tout en réfléchissant à ma réponse. Mais qu'est-ce que je devais dire au juste, ou même faire ? Ce dont j'étais certaine, c'était que là aussi, je ne voulais pas disserter sur la question...

- « Parler » ? sans le vouloir, je m'étais raidie. Depuis quand tu utilises les euphémismes ? J'essayai de blaguer à présent, mais sans succès, alors à la place je préférai couper directement cours à ce sujet de conversation qui lui non plus ne me plaisait pas. Tu me donnes le jus de citrouille ? Je tendis le bras vers la carafe et sous son nez pour l'inciter à m'obéir, tout en détournant le regard. Je savais d'avance à quoi ressemblait le sien. Je n'avais pas besoin de le croiser pour deviner qu'il signifiait qu'il était loin d'en avoir terminé avec moi.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: After all... you're my wonderwall (pv)   Sam 18 Fév - 18:04

En fait je crois que le plus drôle c'était de jouer avec ça : on avait beau être tout le temps ensemble, on ne faisait jamais rien de trop suspect pour se faire griller, et pourtant plusieurs fois j'avais capté les regards des autres qui essayaient de nous observer pour voir si on allait tout d'un coup se tripoter sous la table sans faire gaffe. Qu'est-ce qu'ils croyaient, on assurait nos arrières, voyons! Je savais qu'on en frustrait plus d'un avec ce petit jeu, et honnêtement, ça me faisait bien marrer. C'était ma première expérience dans le genre - avec Ilaya on ne s'était jamais cachés, avec Lilian au début si mais on ne passait pas autant de temps ensemble qu'avec Taylord. On va dire qu'avec Taylord, on passait encore plus de temps ensemble qu'avant, mais le truc qui changeait fondamentalement, c'est qu'on se prenait carrément moins la tête. Comme quoi ça avait du bon et, comme je l'avais toujours dit, je savais que sa colère et ses baffes contre moi n'étaient que le reflet de sa frustration. Bon je me gardais bien de lui dire, on la connaissait tous, et c'était sûr qu'elle allait me regarder de haut et bouder si je lui disais ça. Or, ce n'était pas mon objectif. Pas du tout du tout, voyez-vous. Parce qu'après le dîner vient la soirée et après la soirée vient la nuit,et voilà, j'avais d'autres projets en tête pour nous deux qu'une bonne petite dispute. Ou bien alors on sautait directement à l'étape réconciliations...

Bref! Soit dit en passant je mettais presque ma main au feu que si quelqu'un avait plus que la puce à l'oreille au sujet de Taylord et moi, c'était Fray - encore lui, toujours lui!... - parce que vu ce qui s'était passé pendant les vacances et ses questions à la con, j'étais quasiment sûr. Mais bon, j'en avais rien dit à Taylord, parce que si je lui racontais tout ça, il fallait que je lui dise clairement que j'étais aller me défoncer seul dans un pub, que Fray aussi, tout ça tout ça, et qu'on avait failli s'étriper, et jamais elle me croirait quand je lui dirais que je nous avais sauvé la mise ou bien elle me jetterait ses regards suspicieux qui me faisaient douter moi-même de ma propre vérité, alors zut. Stephen lui en parlerait puisqu'ils étaient si AMIS, et qu'on me foute la paix. Voilà.


- Hmmm y'a pas des courants d'air ici, je crois que j'ai entendu le vent me parler...

Gnagnagna.

- Hmmm fais attention alors, épaisse comme tu es tu vas t'envoler...

1) elle m'avait cherché, 2) ce n'était pas méchant c'était pour rire, 3) c'est vrai qu'elle n'était pas grosse et 4) penser à Fray m'avait agacé, alors zut, hein!

Je répondis à son sourire par une grimace et commençai à me servir de tout en m'imaginant - comme je pouvais être naïf parfois, mes petits! - que tout allait passer comme sur des roulettes. Mais il faut savoir une chose avec des espèces comme Taylord : TOUJOURS rester sur ses gardes. Par exemple, rappelons-le, si moi ça faisait des mois que je me tuais à la tâche pour qu'elle tombe enfin dans mes filets et qu'elle me repoussait, c'était elle, finalement, qui m'avait embrassée la première au bal! Ne l'oublions pas! Bref, il fallait se méfier, quoi qu'il arrive, car c'était souvent quand on s'y attendait le moins qu'on se retrouvait, avec, au hasard, par exemple, je vous le donne en mille, de la purée étalée sur la gueule.

Malin. Mature. Sympathique.

Vous me direz - ça m'apprendra.


- Voilà. T'es bien plus beau comme ça!

Et elle était toute contente d'elle, se trémoussant un peu sur le banc pour se décaler, comme si j'allais me transformer en Hulk après sa petite attaque à la purée. Reposant mes couverts en soupirant - elle ne perdait rien pour attendre - je lui répondis en feignant la compassion :

- T'as tellement de mal à te retenir devant mon corps de rêve qu'il faut que tu me barbouilles la gueule? Et puis, je lui attrapai le bras de manière à ce qu'elle ne puisse pas se reculer et me penchai un peu, la regardant bien droit dans ses yeux noisette. Je lui soufflai en ricanant : T'as de la chance qu'il y a du monde, sinon je te l'aurais fait lécher, conclus-je en pointant ma joue pleine de purée du bout de ma baguette que j'avais tirée de ma poche. Ajoutant un petit sourire, je la lâchai et me remis à ma place après avoir fait disparaître la purée de ma tronche. Je posai ma baguette et commençai à manger - mon ventre criait famine - en engageant le sujet, plus ou moins délicat.


- « Parler » ? Depuis quand tu utilises les euphémismes ?

Evidemment, euh, parler n'était sans doute pas le mot le plus juste. Mais bon je me voyais mal lui expliquer calmement que j'avais, comme tout le monde, entendu les bruits qui courraient que Taylord et Lilian avaient eu une grosse prise de bec en salle commune et qu'elles s'étaient balancé les pires insanités, comme ça, en plat d'entrée. Bon, connaissant les deux, je savais que c'était fort possible, ni l'une ni l'autre avait sa langue dans sa poche et plutôt un tempérament de battante, mais je préférais entendre la version de Taylord avant tout. Je voulus répondre mais j'avais la bouche pleine, et elle crut m'avoir comme un bleu en continuant d'une voix légère :

- Tu me donnes le jus de citrouille ?

C'est drôle, ça. Elle était comme Coop, par moments. Elle croyait honnêtement que j'allais lui répondre "mais bien sûr! et d'ailleurs parlons-en de ce jus de citrouille, n'est-il pas délicieux?!..." et continuer comme ça sur tout autre chose? Souvent quand je demandais à Coop comment il se sentait, parce que je voyais qu'il était plus faible que d'habitude ou bien qu'il respirait avec un peu de difficulté, il me disait "oui oui" et me balançait son livre sous le nez pour que je vois combien la vie de Spider-Man était cool ou qu'il avait découvert un nouveau truc dans l'histoire de Poudlard. Parfois je faisais semblant et je ne relançais pas, parce que je ne voulais pas le mettre mal à l'aise. Mais parfois, je m'énervais, et ça se finissait toujours en engueulade, et je me barrais dans ma chambre en lui souhaitant de crever étouffé dans ses potions. Je savais que je ne devrais pas, mais voilà : ça lui coûtait quoi à lui d'être honnête avec moi? Je savais qu'il était malade, qu'il se sentait mal. J'étais là la nuit dès qu'il se réveillait et qu'il tremblait; c'était moi qui lui donnais sa potion, et c'était avec moi qu'il dormait quand il avait peur. Alors, il me devait bien ça, non? Je n'allais certainement pas m'énerver contre lui quand il se sentait mal, si c'était de ça dont il avait peur...

Avec Taylord c'était pareil : je n'aimais pas quand elle reprenait ses vieilles habitudes, celles du début, quand on ne se connaissait pas. C'était elle qui m'avait reproché de paraître ce que je n'étais pas, et j'avais fait des efforts. Alors, elle ne pouvait pas faire pareil avec moi, juste cinq minutes? Elle ne pouvait pas cracher le morceau au lieu de me pousser à lui tirer les vers du nez? Je sais que je n'étais pas parfait dans le domaine non plus, mais au moins j'essayais, et parfois, j'avais l'impression qu'elle ne se rendait même pas compte. Et puis c'est bon quoi, je n'abordais pas des sujets sensibles comme sa famille ou je ne sais quoi; juste une histoire qui nous concernait tous les deux au fond, puisque Lilian était son amie et je le savais, et c'était en partie ma faute si elles s'étaient disputées...

J'attrapai la carafe de jus de citrouille, lui servis un verre, reposai le tout sèchement sur la table.


- J'arrêterais les euphémismes quand tu arrêteras de répondre à côté, répondis-je, bien plus énervé que je ne le pensais.

Zut; je ne voulais pas qu'on se fâche pour autant. J'enfournai quelques bouchées dans ma bouche, me forçai à me calmer. Je ne voulais juste pas qu'elle croit que j'en avais rien à foutre de cette histoire, alors que j'étais désolé qu'elle s'embrouille avec Lilian à cause de moi, et désolé aussi pour Lilian - mais ça, je n'osais pas trop le dire à Taylord - qui finalement avait eu raison : ce n'était pas ma liberté que j'avais voulu en la quittant, mais bien Taylord, et elle l'avait compris avant moi.


- C'est juste que... Vous vous disputez à cause de moi, et ce n'était pas ce que je voulais. Haussant les épaules, je la regardai à nouveau, et je m'en voulus à mort de m'être emporté alors que rien n'était de sa faute. Je savais son regard quand elle était un peu blessée mais qu'elle le cachait, et elle avait ce regard-là, tout en ne laissant rien paraître. J'avais envie de la prendre sur mes genoux et de l'embrasser pour me faire pardonner. Désolé, pus-je simplement faire, souriant lamentablement.

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CHUCK CARLTON
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MessageSujet: Re: After all... you're my wonderwall (pv)   Lun 20 Fév - 22:13

- Hmmm fais attention alors, épaisse comme tu es tu vas t'envoler...

- Ah...
commentai-je tout juste. Je ne savais jamais vraiment comment prendre ce genre de remarque, parce que si les années avaient passés, laissant derrière elles tout un tas de souvenirs plus ou moins agréables, c'était toujours une pente glissante que je me gardais bien de prendre. D'abord par habitude, parce que j'étais restée dans le déni pendant tellement de temps que j'avais reçu un véritable électrochoc le jour où j'avais bien voulu avouer que, peut être, j'étais malade. Et même là, je n'en avais parlé qu'avec Scarlett, ce qui avait été un fruit du hasard plus qu'autre chose, car il s'était avéré qu'elle s'était trouvée au même endroit que moi à ce moment. Et je ne le regrettais pas. Là aussi, j'avais du faire beaucoup d'efforts ; ça n'avait l'air de rien comme ça, mais manger était en fait beaucoup plus difficile que de ne pas manger, l'un comme l'autre était un calvaire, alors quand finalement ça avait été mieux, j'avais préféré faire comme si de rien était.
Dossier clos, affaire classé.

Et puis c'était d'autant plus simple que d'arriver à la constatation qu'il n'était pas compliqué en fin de compte d'avoir confiance en soi quand on portait des jolis vêtements à sa taille. Je faisais attention maintenant, et même moi je m'étais rendue compte que je savais enfin faire la différence entre des escarpins et des chaussures compensées, alors que je n'avais connu que les baskets et les bottes.
Je faisais attention. Voilà.
C'était sûrement anodins pour les autres filles, et c'était d'ailleurs pour ça que je ne leur en avait jamais parlé, mais si les limites, on pouvait les franchir dans un sens, on pouvait également faire marche arrière. Parce que ça ne me venait pas naturellement de me dire que même si les tee shirt trop grands étaient plus confortables, et bien une jupe en jeans, c'était plus sympa à regarder. Parce que je prenais garde à manger les mêmes plâtrées que les autres même si parfois j'estimais que c'était beaucoup trop, parce que si je sautais par hasard un repas, il ne fallait surtout pas que je loupe le suivant. L'engrenage était là, il attendait bien sagement que je l'enclenche nouveau. J'y arrivais plutôt bien dans l'ensemble.
Il ne s'enclencherait pas. Il ne s'enclencherait plus.

Il se passait un truc étrange depuis que j'étais avec Chuck. Avant, je faisais gaffe à tout ce genre de petits détails, soit parce que c'était cette nouvelle routine qui s'était installée depuis de longs mois, et parfois de mauvaise grâce. A présent, ces petits détails, j'avais envie de les voir. Je voulais être jolie sur tout ces points, mais je savais aussi que ce n'était pas mon élément naturel et que j'étais bien trop fière pour aller demander de l'aide à l'une des nanas des dortoirs, qui en plus devaient m'attendre au tournant et sauterait sur l'occasion pour savoir pourquoi est-ce que je faisais encore plus d'efforts que d'habitude. Donc forcément, on en arrivait là ; je m'ordonnais d'arrêter de psychoter immédiatement, parce que sa remarque ne voulait rien dire, mais au moment même où j'étais satisfaite de ma conclusion je le surprenais en train de tirer une drôle de tête.
Mais non, ça ne voulait rien dire tout ça. J'étais normale, point barre.

Et puis c'était la fin de la journée et je n'avais pas envie de me prendre la tête pour si peu. Là, c'était seulement le moment de décompresser donc pour couper court au malaise je lui peinturlurai le visage à la purée, devinant par avance que la contre attaque allait se faire sans attendre. Mais pas tout à fait comme je l'imaginais.


- T'as tellement de mal à te retenir devant mon corps de rêve qu'il faut que tu me barbouilles la gueule? T'as de la chance qu'il y a du monde, sinon je te l'aurais fait lécher.


Je passai mon index sur sa joue, avant qu'il n'enlève le reste avec sa baguette magique.

- Dommage alors... répliquai-je sur le même ton que la provocation, ignorant les menaces.

Je portai mon doigt à la bouche puis essuyai ma main dans la serviette posée à côté. Donc à partir de là, pour ce qui suivit, soit il avait prévu son coup depuis le début et il n'avait plus qu'à me prendre dans ses filets, soit il allait falloir qu'on m'explique comment l'idée lui était venu de parler de Lilian, ce dont moi je n'avais absolument pas envie au passage. C'était la purée qui l'avait inspiré ? Quoi qu'il en soit, ça m'avait donné soif tout ça, je voulais juste le jus de citrouille et on en parlait plus !


- J'arrêterais les euphémismes quand tu arrêteras de répondre à côté.

Surprise, je sursautai légèrement lorsqu'il reposa la carafe sur la table et le dévisageai, étonnée, sans comprendre ce qui l'énervait vraiment, la bouche entrouverte par perte momentanée de la parole. Je venais juste de me faire rembarrer trois fois en l'espace de quelques minutes, mais sinon ouais, c'était l'éclate totale.
Génial même.

L'espace d'un instant, je fus tentée de m'énerver, de le planter là en lui disant de se démerder avec Lilian puisque ça lui tenait tant à cœur et de passer le reste de la soirée dans mon dortoir. Mais pour une fois, j'envisageais toutes les options possibles avant de faire quoi que ce soit, alors que c'était toujours l'inverse, mais ça par contre, il ne l'avait sûrement pas remarqué. Une chose était sûre, je n'avais plus du tout envie de rigoler.

- Okay... répondis-je timidement à la place, accusant encore le coup. C'était certain que vu les réactions qu'il avait l'air d'avoir ce soir dès que j'ouvrai la bouche ou faisait quelque chose, ça me donnait vachement envie de parler ! Ayant conscience d'avoir soudain les bras beaucoup trop lourds, j'attrapai ma fourchette pour faire quelque chose et je devins tout à coup un peu trop concentrée à touiller ma purée avec et de l'étaler de temps à autre sur la tranche de viande qui trônait à côté.

Sans parler du jus de citrouille. Je m'étais renfermée en position de sécurité, c'est à dire en faisant le moins de mouvements possible, donc il était exclu que je tende le bras pour saisir mon verre. Ca n'avait été qu'une demie excuse en plus, parce que maintenant, c'était vrai, j'avais soif, mais je préférais encore faire abstraction et rester bien gentiment à ma place. Ce n'était pas le cas, mais j'imaginais tout les regards braqués sur nous, comme de gros projecteurs. Le silence s'installa – entre nous du moins – mais je ne tardai pas à le rompre en laissant finalement retomber ma fourchette sans précaution, produisant un bruit de couvert contre le bord de l'assiette, Inox VS Arcopal. J'avais la gorge nouée de toute façon et il ne me semblait plus avoir aussi faim que ça, alors que j'avais tout juste touché à mon assiette.

- Vas-y, qu'est-ce que tu m'reproches, toi ? Finis-je par lâcher un peu froidement malgré tout. Je sentis la tension monter d'un cran entre nous deux. J'ai fait quoi cette fois ?

Non parce qu'autant que ce soit clair, hein. Je ne voulais pas retomber dans le même schéma qui s'était produit avec Lilian – apparemment on en revenait systématiquement à elle ce soir – où elle avait lancé d'abord les hostilités officieusement, en ne m'adressant plus la parole et en me jetant des regards noirs, pour attendre le moment le plus propice, dans la salle commune donc en les rendant officielles. J'en venais à croire que ma première intuition avait été la bonne et que les remarques de Chuck un peu plus tôt n'étaient pas si innocentes que ça et qu'il y avait réellement anguille sous roche.

Donc tout de suite, ça me plaisait moins ; j'avais mal encaissé cette trop récente dispute avec Lilian, mais discuter avec Haruhi à la bibliothèque m'avait rassuré alors j'avais fait en sorte de ne plus trop y penser, ou plutôt d'y penser le moins possible, de ne pas prendre tout çà trop à cœur, parce que je m'étais dit que de toute façon, sur ce coup Chuck était avec moi. Parce que j'avais voulu lui en parler. Bon, je ne l'avais pas encore fait certes ; c'était juste que je cherchais encore les bons mots à utiliser comme le bon moment et comme je n'avais trouvé ni l'un ni l'autre, c'était resté en stand by. Et puis surtout, je ne voulais pas qu'il me voit comme la pleurnicharde qui venait chouiner à la moindre difficulté. J'avais toujours appris à me débrouiller comme une grande dans ce genre de situation et je savais aussi que se plaindre ça ne changeait rien mais pour le coup je me sentis abandonnée par la seule personne avec qui je n'éprouvai pas encore trop de honte à évoquer le sujet. Je n'étais même pas certaine que Chuck ait la perception de l'énergie dont je faisais preuve pour ne pas tout envoyer péter d'un coup et lui dire que si j'étais trop maigre à son goût, il n'avait qu'à en trouver une autre avec des seins plus gonflés, que c'était lui qui avait pourtant dit plus souvent que moi que je ne savais pas m'amuser, et que ce n'était pas de ma faute si son ex avait encore des sentiments pour lui.
Abandonnée et démunie.

- On va dire qu'elle avait besoin d'une pétasse dans le collimateur pour pallier son tout nouveau manque, consentis-je enfin à expliquer. J'en avais eu ma dose ces derniers jours de l'électricité qui régnait dans l'air, et c'était tout juste si la mine n'avait pas menacé d'exploser lorsque je m'étais retrouvée confrontée à Haruhi. Heureusement, cette fois ci, elle s'était désamorcée d'elle-même. Et un nouveau bombardement avec Chuck, franchement, ça ne me disait rien. Et moi de lui dire que c'est sa connerie qui la rend aveugle. Alors t'étonne pas si bientôt t'entend que je suis la nouvelle pute du coin avec qui tu t'es envoyé en l'air dans la salle commune.

J'avais baissé d'un ton pour que lui seul puisse m'entendre, ce qui n'était pas très compliqué vu le bruit ambiant qui régnait dans la salle, en parlant d'une traite, avec un ton neutre pour lui signifier que je lui expliquais juste les faits et qu'il n'y avait pas de quoi en faire tout un drame. Mais j'y étais allée de manière un peu abrupte et trop rapidement pour que ça paraisse complètement naturel. Ça m'embêtait un peu parce que je n'avais pas envie de le mêler à tout ça et j'étais la première à trouver que c'était complètement puéril, tout comme au fond, ça m'embêtait un peu de parler de Lilian de la sorte – mais après tout, pour le dernier point, je n'avais fait que reprendre ce qu'elle m'avait dit, et elle ne devait sûrement pas se gêner pour me casser du sucre sur le dos avec ses soi disantes grandes copines qu'elle préférait à moi.


- C'est juste que... Vous vous disputez à cause de moi, et ce n'était pas ce que je voulais. Désolé.

Toujours mal à l'aise, je ne relevai pas. Pourtant il y avait tout un tas de choses qui me traversait l'esprit dont je voulais lui faire part, comme de poser ma main sur son genou pour lui expliquer en souriant que ce n'était pas si grave et que cette histoire allait bien finir par se tasser. Mais vu qu'il avait l'air d'être d'aussi bonne humeur qu'un ours qu'on aurait sorti de sa grotte pendant son hibernation pour le forcer à faire du patin à roulettes, je préférais regarder obstinément dans la direction opposée, en fixant le dos d'une fille brune qui était installée à la table d'en face. La mâchoire crispée pour ne pas trembler, j'avais posé les coudes sur la table et croisée les bras pour me donner une contenance. Peut être que c'était Lilian qui avait raison depuis le début.
Peut être que je n'étais pas faite pour toutes ces choses là.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: After all... you're my wonderwall (pv)   Sam 25 Fév - 14:25

Quand je la regardais parfois, je me disais qu'on était aussi bêtes l'un que l'autre. Parce qu'on jouait à quoi, finalement? Ok, moi ça faisait six ans que je lui courrais après, parce qu'elle avait eu la mauvaise idée - ou la bonne? - de me résister au tout début et qu'elle avait été donc la seule à m'imposer un challenge que j'avais bien entendu relever. Ça faisait six ans qu'on se renvoyait la balle et que, avec nos caractères de cochon, on s'engueulait, on se cherchait, mais au fond on s'amusait bien. Il n'y avait pas à dire, Taylord était la personne de qui j'étais le plus proche à Poudlard, et ça me faisait un peu bizarre d'ailleurs, parce que c'était arrivé tout seul, comme ça, sans que j'ai le temps d'y réfléchir. Il y avait peu de personnes à qui je me confiais - sans doute seulement mon meilleure pote à Bristol, mais bon, c'était un ami d'enfance - et puis Coop évidemment. Mais Taylord? Taylord c'était arrivé comme ça, entre deux disputes, et si ça me faisait bizarre sur le coup, c'était pas trop illogique au fond, parce qu'on avait la même manière d'être et qu'il y avait toujours eu un petit truc qui passait. Bon ok, il y avait eu aussi beaucoup de moments où rien ne passait, mais j'avais l'impression d'avoir un peu évolué depuis le jour où elle m'avait foutu une baffe et vidé sa bouteille de bièraubeurre sur la tête. Aujourd'hui d'ailleurs, ces souvenirs me faisaient plutôt rire, alors c'était bien la preuve qu'on était passé à autre chose!

N'empêche que tout ça, c'était un jeu dangereux. C'était tout ce que j'arrivais à me dire. Mais pourtant je kiffais passer du temps avec elle et d'ailleurs c'était le moment de la journée que je préférais, alors je faisais quoi avec ça, moi?! Je n'avais jamais eu l'habitude de me poser trop de questions et c'est bien pour ça que je disais merde, tant pis, et que je profitais en m'éclatant avec elle. Mais n'empêche... N'empêche qu'au fond, je savais.


- Dommage alors...

Il fallait bien reconnaître qu'elle avait du style, cette petite!... Je la regardai du coin de l'oeil lécher son doigt en empêchant mes pensées d'aller vers des endroits qui ne ressemblaient en rien du tout à la salle commune. D'ailleurs, ça faisait plusieurs jours que ça me démangeait, et ça devenait tellement une obsession que ça allait finir par sortir tout seul : est-ce qu'elle s'était tapé Scott? Non parce que, euh je veux dire, tant mieux pour elle hein, mais bon, ça me foutait un peu en l'air d'imaginer qu'elle s'était fait le Serdaigle, mais après tout, je n'y pouvais pas grand chose.

De toute façon, à ce moment là on ne se parlait plus trop et puis moi j'étais avec Lilian, et je savais pertinemment que je n'avais aucun droit pour dire quelque chose, mais n'empêche que je le pensais quand même : ça me faisait bien chier. Ok je ne connaissais pas Scott plus que ça et ça partait d'un à priori, mais je connaissais assez les Serdaigles de manière générale et je faisais confiance à mon instinct. Taylord valait mille fois mieux que Scott, et ça me faisait un peu chier cette petite histoire, voyez-vous. Bon, je me disais qu'en même temps il était tellement coincé qu'il avait du seulement lui tenir la main, mais d'un autre côté, je pouvais aussi envisager que le fait de se retrouver avec Taylord donnait des envies qui auraient décoincé n'importe quel balai de son placard.

Et donc je voulais un dîner cool avant une petite soirée sympathique, et voilà qu'on se retrouvait à se tirer la gueule par-dessus du jus de citrouille et de la purée - enfin, par-dessus; quand elle n'était pas sur ma tronche, la purée. Rien d'inhabituel. C'était quand on était dans les meilleures prédispositions que ça se barrait en couille, souvent. Je pouvais les compter sur les doigts de la main, les fois où on avait passé du temps ensemble sans se chamailler. Mais bon... Je crois qu'on aimait ça, aussi. En tout cas cette fois, ce n'était pas moi qui allais me dérider tout de suite, étant donné qu'elle choisissait d'agir comme si on était encore trois ans en arrière. Ça me gonflait, je n'avais pas envie que ça continue, et c'était d'ailleurs sans doute une des raisons pour laquelle on était passé à la vitesse supérieure. Il ne fallait pas me provoquer et me choper sous le gui, si c'était pour après revenir sur ses pas! Je lui jetai un coup d'oeil en coin alors qu'on avalait notre purée et notre énervement en silence. Elle avait les sourcils froncés et son air de je-me-transforme-en-huître-bien-à-l'abri-dans-ma-coquille, ce qui n'avait rien pour me calmer. Une fois je m'étais demandé si, dans l'hypothèse qu'on passe un jour du temps ensemble en dehors de Poudlard, si ce ne serait pas un peu différent. J'avais l'espoir qu'on parte toujours au quart de tour parce que c'était toujours comme ça qu'on avait fait, et que dans un lieu nouveau et neutre, ce soit différent. L'espoir fait vivre, comme on dit.


- Vas-y, qu'est-ce que tu m'reproches, toi ? J'ai fait quoi cette fois ?

Je vidai mon verre de jus de citrouille après avoir levé les yeux au ciel en signe d'agacement, mais en lui souriant quand même pour lui montrer que je n'en avais rien à faire de ses petits caprices. Ce que je lui reprochais? Qu'elle ne s'ouvre pas, jamais. Qu'elle fasse comme moi, finalement. Une attitude de défense que j'avais toujours pratiquée depuis le début. Je m'en rendais compte avec elle : c'était particulièrement pénible pour celui en face qui essayait de voir sous la carapace. Manque de pot, j'avais une carapace moi aussi, et j'étais donc le dernier à pouvoir lui reprocher. Je savais qu'elle serait là, notre limite : à cette carapace.

- Mais rien, mentis-je l'air de rien. Je ne vais quand même pas de reprocher d'être toi-même, conclus-je d'un ton charmeur, et c'était bien là tout le contraire de ce que je pensais évidement; moi j'en avais assez, mais on en pouvait pas changer, ni elle ni moi, parce que c'était comme ça, et que ça finirait comme ça.

De toute façon à quoi penser à l'après : dès je me disais un truc je changeais d'avis, parce que voilà, je me rendais tout d'un compte de sa bouche, de sa petite moue boudeuse, de ses regards en dessous un peu courroucés, des efforts qu'elle faisait de plus en plus pour être toute apprêtée, de ses cheveux bien coiffés... Et là je ne pensais plus qu'à elle et aux moments qu'on allait passer tous les deux. Manque de pot, on était souvent en compagnie de plein plein d'autres gens au moment où je me disais ça, ce qui fait petit à petit je me transformais en gros frustré, ce qui me dérangeait d'ailleurs beaucoup. Je ne voulais pas la brusquer et ça je l'avais compris le soir du bal, me découvrant par la même occasion des allures de gentleman insoupçonnées, mais n'empêche que plus ça allait et plus je fantasmais sur elle et j'allais finir par avoir des ulcères, mais oui, parfaitement!

Je laissai retomber ma fourchette, le ventre un peu plein, mais finalement je n'avais plus trop faim, partagé entre l'agacement et l'attirance folle de Taylord. Décidément, pour une seule et même petite personne, ça faisait beaucoup.


- On va dire qu'elle avait besoin d'une pétasse dans le collimateur pour pallier son tout nouveau manque. Ah, enfin, elle lâchait le morceau! Je l'écoutai, un peu surpris de la voir parler d'une de ses amies avec autant de rancoeur - cela ne lui ressemblait pas. J'étais sûre que dans sa tête elle disait des tas de gros mots, mais en vrai, elle faisait plutôt attention... Pas là, apparemment!

- Classe! commentai-je, en levant ma fourchette pour la lécher. Je ne relevai pas le "tout nouveau manque" qui malgré les airs que je me donnais me mettait un peu mal à l'aise. On va dire que j'aurais sans doute pu mieux mettre un terme à cette histoire, ok.


- Et moi de lui dire que c'est sa connerie qui la rend aveugle. Alors t'étonne pas si bientôt t'entend que je suis la nouvelle pute du coin avec qui tu t'es envoyé en l'air dans la salle commune.

Je fixai le plafond magique quelques secondes, méditant ces dernières paroles. Les nuages bougeaient mollement dans le ciel gris qui devenait un peu terne, signe que le soir tombait.

- Chose que l'on n'a pas faite, d'ailleurs, commentai-je avec un petit sourire, camouflant mes regrets derrière de l'ironie.

Sinon, à part faire le malin, je devais bien avouer que cette histoire m'embêtait un peu. Parce que j'imaginais comment elles avaient du bien se prendre le choux, j'imaginais bien comment elles avaient du se dire des trucs désagréables, comment elles avaient du me maudire toutes les deux, et repartir aussi énervées qu'auparavant. Ca m'embêtait fortement que Lilian croit que je me sois foutu de sa gueule tout comme ça m'embêtait, et encore plus d'ailleurs, qu'elle se venge sur Taylord qui honnêtement n'y était pour rien, la cerise sur le gâteau étant qu'elle sous-entende que Taylord était une pute. Une emmerdeuse, oui, une pute, non.

- Une pute, répétai-je, passablement énervé. C'est sympa, ça. J'eus un petit sifflement, entre mes dents, d'énervement. De toute façon, personne n'a la preuve de rien, dis-je en haussant les épaules. Du coup, ça devenait encore plus nécessaire qu'on se cache, parce que je n'étais pas certain de réagir très sereinement si j'entendais les remarques sur Taylord si on s'affichait ensemble.

Du coup je me sentis obligé de m'excuser, tout en pensant le pour et le contre : je crois que je devais à Taylord la vérité, parce qu'elle était dans cette histoire jusqu'au coup avec moi, maintenant.

Alors que je massacrais du bout de ma fourchette les derniers morceaux de bouffe qui restaient dans mon assiette, je finis par briser le silence qui s'était une nouvelle fois installé, en croisant son regard et en disant péniblement :


- On va dire que, euh... Il se peut que quand j'ai dit à Lilian que c'était fini, je lui ai servi comme excuse le fait que je voulais être tout seul. Et qu'il se peut que... qu'elle m'ait dit que c'était faux et que je voulais me taper toi, tout comme il se peut que j'ai dit non pas du tout... Mais bon, je ne pouvais pas savoir que tu me mettrais le grapin dessus au bal, aussi! tentai-je de finir en faisant une petite pirouette, un peu désespérée je le reconnais.

Elle regardait au loin et ses lèvres étaient pincées, et je ressentis le brusque besoin de la serrer fort dans mes bras, pour m'excuser. Non seulement elle se prenait tout ça dans la gueule alors qu'elle n'avait rien demandé, mais en plus je lui parlais de mon ex en long en large et en travers alors que pourtant je ne regrettais rien, si ce n'est d'avoir été un peu plus lucide sur ce coup. Je crois qu'à partir du moment où j'avais compris que Taylord avait été trop triste dans sa vie, je ne supportais plus qu'elle le soit un seul instant. Ce qui fait que je me rapprochai d'elle sans réfléchir et posai ma main sur ses bras croisés, tout contre elle, comme si elle avait voulu se protéger de tout. Je jetai un coup d'oeil : personne ne regardait. Je l'obligeai à croiser mon regard, et ses yeux étaient tellement beaux et profonds que je faillis l'embrasser sur le champ, mais je dis seulement :

- Viens, on s'en va.

Il nous fallait notre endroit à nous; le temps des faux-semblants était bien plus que dépassé.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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