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Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended

 
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 Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Nombre de messages : 2744
Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
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MessageSujet: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Lun 30 Jan - 21:52

Je posai une dernière fois mes lèvres sur les siennes, sans pouvoir m'empêcher toutefois de faire durer ce baiser plus longtemps qu'initialement prévu. La demie journée était bien entamée déjà, alors je faisais un sourire à Chuck avant de sortir de la pièce sans me retourner, de passer la tapisserie derrière laquelle elle se trouvait, et de traverser le couloir d'un pas rapide avant qu'il ne me prenne l'envie de faire volte face. Je trouvais que c'était toujours ce moment là le plus compliqué, parce que sitôt que je quittais l'endroit je pensais déjà à la prochaine fois que j'y retournerai et c'était un cycle sans fin un peu dur à rompre. On l'avait d'ailleurs découvert un peu par hasard, alors qu'on « trainait » dans le coin – mais surtout parce qu'il n'y avait certainement personne au bout du couloir, super sombre et donc par définition pas très accueillant, ce qui faisait amplement l'affaire – et très honnêtement, c'était le genre de surprise qui avait tout pour me plaire : ça ressemblait, non en fait, ça ne ressemblait pas, c'était une ancienne salle des profs ou alors un truc dans ce goût là, et même si pour le moment c'était un peu poussiéreux, on pouvait dire que ça tombait à point nommé. Je me demandais depuis combien de temps elle était restée inoccupée et même si elle était bien cachée je comprenais pourquoi les professeurs avaient décidé d'aller en chercher une autre un peu mieux protégée, parce que la preuve qu'on était tombé dessus tout à fait « innocemment »...
Bref.

Je montai un peu plus haut pour rejoindre la salle commune à moitié pleine car sans doute que de nombreux élèves de Gryffondor étaient encore en train de manger dans la grande salle, ce qui me faisait penser que je n'avais non seulement pas pris de petit dej' parce que je devais être en tout et pour tout réveillée depuis moins d'une heure, mais pas de déjeuner tout court puisque l'heure du repas était passée. J'allais me changer dans les dortoirs rapidement parce que je portai toujours les vêtements de la veille du coup, après une bonne douche, mais qui, malgré la vigueur de l'eau qui sortait du pommeau, ne me réveilla pas complètement.

En fait, c'était souvent comme ça ces derniers temps. Ou plutôt dès que je n'étais plus avec Chuck et que je mettais un pas hors de cette même pièce où nous nous retrouvions. Là bas ça allait, parce que j'avais tout le temps envie de lui parler, de lui sourire et tout un tas d'autres trucs qu'il était inutile de citer parce que la liste était trop longue, et donc ça me permettait d'oublier le reste, mais ce n'était que provisoire et je ne pouvais pas me voiler indéfiniment la face. Même si dans un sens cela m'aurait bien arrangé, tout comme éviter de me faire des cheveux blancs, qui, à l'allure où ça allait, n'allaient pas tarder à arriver plus rapidement que prévu...

J'ébouriffai ces mêmes cheveux à l'aide de ma serviette pour les essuyer un peu et surtout pour éviter qu'ils ne dégoulinent, et passai un coup de brosse au milieu de tout les nœuds dans l'optique de les démêler. Ce n'était pas une bonne idée de sortir errer dans le château la tignasse trempée à cette période de l'année mais comme ces derniers temps je me contentais du strict minimum, je me disais que c'était tout aussi bien s'ils séchaient à l'air libre. Et puis pour là où j'allais me rendre de toute façon, ce n'était pas comme si j'allais avoir froid... La bibliothèque était toujours surchauffée, sûrement parce que Mme Pince commençait à se faire décidément très vieille et que si au départ, au vu de toutes ses rides qui marquaient son visage, j'avais pensé qu'elle était proche de la retraite – et ça remontait à la première année, c'est pour dire – maintenant j'étais certaine qu'on allait la retrouver un beau matin, la tête écrasée contre un livre et attablée derrière son bureau, là où elle aurait rendu son dernier souffle.
On avait déjà vu plus cool comme ambiance, mais bon.

Je fourrai sans vraiment prendre attention à ce que je faisais deux trois livres dans mon sac avant de le jeter sur mon épaule et de disparaître une nouvelle fois de la salle commune en gardant la tête baissée, pour ne croiser le regard de personne, pour ne pas être arrêtée dans mon élan. Et tout simplement parce qu'il y avait des regards que je voulais éviter de croiser... Je commençais à connaître le chemin ainsi que deux ou trois passages secrets pour me retrouver plus vite au quatrième étage et pénétrai dans la bibliothèque quelques minutes plus tard, et qui elle aussi était bien occupée. On était samedi, pour ne pas changer, il ne faisait pas beau, et comme moi, il y en avait qui avait besoin de toute la concentration nécessaire pour venir à bout de leur devoirs. J'allais d'ailleurs devoir m'y mettre avec mauvaise grâce, parce que j'avais tout un tas de choses en tête mais certainement pas celle de me pencher sur l'Arithmancie. J'avais un peu baissé d'intensité depuis ces dernières semaines, surtout depuis le bal de Noël et je savais que je n'avais pas d'autre choix que de m'y remettre, parce que ça n'allait pas se faire tout seul, et puis surtout... Non, je ne voulais pas en parler, ou du moins pas tout de suite, parce que tout restait flou dans ma tête, mais parallèlement – ce qui était en fait plus que contradictoire même – c'était très clair, le truc, c'est qu'exprimer le fond de ma pensée ne risquait pas de plaire à tout le monde, surtout une personne en particulier... J'avais déjà assez peur comme ça qu'elle ne découvre le fond de ma pensée, pour en plus oser lui poser la question...
Pas maintenant.

J'allais me terrer un peu plus loin, au fond de l'immense salle, et jetai mon dévolu sur une table plus petite que les autres – elle permettait à moins d'élèves de s'asseoir et comme la plupart bossaient ensemble, elle restait inoccupée. Il y avait quand même de la place sur deux, et je finis par m'installer, parce qu'au contraire, moi je trouvais que c'était car c'était clair que ce n'était pas le premier glandu du coin qui allait s'aventurer jusque ici. Seulement, il s'avéra bien vite que je n'avais absolument pas envie de mettre au travail, et je regardai les lignes de mon livre d'Arithmancie sans les voir ni les comprendre; c'était mal barré pour la suite, et à présent je regrettai de m'être mise ici, sans avoir la force de bouger. C'était ça le truc. Je n'avais l'énergie de rien aujourd'hui, et je me voyais déjà à rester affalée sur ma chaise jusqu'à ce que la nuit tombe en lisant un livre qui n'avait rien à voir avec ce que j'avais prévu dans mon programme, pour retrouver Chuck ensuite et n'ayant rien fait de plus de ma journée que de me déplacer d'un point a à un point b, sans but précis en tête.

Je passai mes mains sur mon visage pour tenter de me secouer un peu, sans succès; s'il y avait bien un truc que je détestais c'était cet état de léthargie duquel je n'arrivais pas à me sortir. C'était comme durant ces soirées d'été trop chaudes, alors que le soleil quittait doucement l'horizon mais que la chaleur restait toujours bien présentes et qu'on se sentait tout poisseux parce qu'on avait passé la journée à faire du cheval en plein cagnard, et à cause de la poussière qui avait l'air de s'être incrustée dans la peau et qu'il faudrait bien deux ou trois bains pour réussir à l'enlever... à la différence près que là, je n'avais fourni aucun effort notable, ce qui était d'autant plus exaspérant. Et voilà qu'en plus, mon estomac s'y mettait lui aussi en grognant, parce qu'il n'avait rien mangé depuis la veille et qu'il trouvait que ce serait bien de se mettre quelque chose sous la dent ! A la réflexion, ce n'était peut être pas une si mauvaise idée que ça, mais là encore, le même problème se répétait parce que je ne voulais toujours pas me bouger de ma chaise.

On était dans une école de magie, oui ou non ? Je n'avais plus qu'à ordonner par la pensée à deux bons gros morceaux de pain bien tendre, avec du chocolat en prime, remontent des cuisines jusqu'à à la bibliothèque tout en espérant que personne ne me chipe mon repas au passage. En supposant qu'il arrive jusqu'à destination, ce qui semblait aussi probable que si on m'annonçait demain que je pouvais me pointer l'année prochaine les mains dans les poches, et que j'aurai quand même mes ASPIC haut la main...

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Dernière édition par Taylord Reegan le Jeu 8 Mar - 22:25, édité 1 fois
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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Mar 31 Jan - 21:36



Jamais je n’aurais pensé développer un tel talent pour la discrétion ; c’était tout en subtilité, un assemblage d’éléments qui faisait que peu à peu, je devenais invisible. C’était comme une image, avec des contours tracés à la perfection au départ, comme encrée dans le papier, puis un infime coup de baguette dessus et un sort plus tard, le dessin commençait à se dissoudre, les traits étaient beaucoup plus flous, on finissait par ne plus arriver à distinguer les couleurs, et fatalement, tout disparaissait sans un froissement, comme si rien n’avait existé. On me remarquait de moins en moins, mes camarades de cours peinaient désormais à se souvenir du son de ma voix. Le doute se semait peu à peu dans les esprits de mes amis, mais chez les autres, le néant total, même pas un petit regard suspicieux, rien. J’aurais presque préféré sentir leurs prunelles avides d’explications sur moi, même si elles m’auraient embarrassée, elles auraient été la preuve qu’il y avait quelque chose qui clochait. Mais non, c’était comme si j’avais toujours été comme ça. Transparente. J’étais ridicule ; parce au fond, ceux dont je voulais me cacher, c’était ceux qui voyaient, et avec clarté, que je n’étais pas comme avant. Mes mensonges, mes sourires ne servaient à rien, puisque ils ne parvenaient à convaincre que ceux qui m’étaient indifférents.

Comme ce garçon dont j’avais accepté l’invitation au bal, qui persistait à croire en une illusion. Il ne cessait d’essayer de m’approcher, persuadé que nous avions vécu quelque chose ensemble. Franchement, ça me donnait presque envie de ricaner, ce qui s’était passé là-bas, ce n’était rien. Une danse. Des verres. Une étreinte brève et sans aucune chaleur. Il ne représentait rien. Il s’ajoutait à la liste des idiots qui n’y voyaient que du feu dans mon mensonge. Et pour continuer dans ma lancée de ce mensonge qui grossissait progressivement, je rajustais ma cravate rouge et or de façon à qu’elle soit parfaitement serrée. Et que je ressemble à une fade jolie étudiante consciencieuse. Mes livres sous le bras, je me dirigeais vers la bibliothèque, dans l’optique de terminer mon devoir d’histoire de la magie. « Recapitulez en un paragraphe le statut des sorciers avant l’instauration du Code International du Secret Magique » C’était toujours le même constat déplorable ; les Moldus persécutaient les sorciers parce qu’ils étaient étranges et donc potentiellement dangereux. Cela avait beau dater d’avant 1692, le conflit n’avait toujours pas pris fin. Et les conséquences avaient été désastreuses ; des victimes en nombre et des âmes blessées à jamais.

Dans un craquement, la porte s’ouvrit difficilement. Pince me regarda avec son air agressif caractéristique. Cette femme, qui pourtant après tant d’années aurait dû s’adoucir, ne faisait que régresser, plus le temps passait, plus elle était renfrognée. Elle avait scruté de son regard menaçant des générations d’élèves, et il ne me semblait avoir jamais vu l’aube d’un sourire se dessiner sur son visage. Un faible rayon de lumière colorait l’intérieur de la bibliothèque, lui conférant une allure solennelle. Au fond, tout près d’une étagère, je n’eus pas de mal à reconnaître cette brune gracile qui semblait plongée dans ses pensées.

Je m’approchais calmement de Taylord, qui ne m’avait toujours pas vue, et passais une main sur son épaule ; nous étions trop amies pour nous faire une bise comme si nous étions des copines de classe, mais je gardais encore trop de réserve pour la serrer dans mes bras comme avec Scarlett. Pourtant Taylord m’était chère, mais d’une manière différente que ma meilleure amie. Je ne m’étonnais pas de la trouver ici, j’y passais souvent du temps avec elle, quand j’avais du mal à me motiver pour mes devoirs. C’était toujours plus agréable de le faire avec elle ; déjà tout s’éclairait soudain dans ma tête, je comprenais et puis ça nous permettait d’avoir des petits moments privilégiés. Je n’avais pas parlé à mon amie depuis le bal, mine de rien ça fait longtemps, et si avant je n’aurais eu aucun mal à discuter à elle du déroulement de la soirée, des moments à retenir et des robes des autres filles, là, j’étais muette. De toute façon ni elle ni moi n’avions envie d’en parler. Pour de différentes raisons ; mais le fait est qu’il fallait mieux s’abstenir.

Elle paraissait quelque peu préoccupée, mais je ne voulais pas la questionner. C’était étrange, mais Taylord et moi étions très secrètes l’une envers l’autre. De mon histoire et de ma situation familiale, elle ne savait pratiquement rien, et je préférais. Encore une fois la seule à qui je me confiais entièrement était Scarlett, la seule à qui je pouvais parler de ce père qui nous avait abandonné et de cette mère qui ne me comprenait plus. Peu à peu, Taylord commençait à entrevoir des bribes de cette relation difficile, voire au point-mort que j’avais avec ma génitrice. Quant à moi, j’avais dû attendre une traîtrise de cette dernière pour réaliser combien Taylord avait eu un passé lourd. En somme, nous avions chacune des éléments, et nous construisions des hypothèses dans notre tête mais nous étions sûrement loin de la réalité. Je tripotais nerveusement ma baguette dans ma main, espérant ne pas me trahir. Je savais que j’étais capable de lui mentir. Encore un peu.


-C’est moi ou Pince a une dent contre nous ? En effet, elle ne détachait pas ses yeux de nos personnes. J’adressais un sourire de façade à mon amie. Ma voix était enjouée et sûre, tout le contraire de ce qui se tramait réellement en moi. J’étais tristement fière de mon jeu d’actrice. Moi qui avais adoré le théâtre durant mon enfance, même si j’étais une bien piètre comédienne, ironie était de constater que c’était dans les moments de douleur et de faiblesse que j’excellais le plus dans cet art. Tu penses qu’un innocent Oppugno la dissuaderait de nous fixer ? Un rire faux s’échappa de ma gorge, mais je rattrapais le coup en me forçant à rire sincèrement. C’était tellement plus simple de déguiser la réalité !Je voulais qu’elle voie en moi la jeune femme enthousiaste qui s’amusait comme une enfant durant les préparatifs du bal de Noël, c’était cette fille-là qui me plaisait. Celle qui ressemblait à une âme en peine, celle qui avait laissé les choses s’empirer entre elle et Lilian Easter, celle qui ne supportait plus de penser toujours au même visage avec d’immenses remords, je ne l’aimais pas. Je la haïssais. Je voulais qu’elle disparaisse, mais comme une tâche coriace, elle restait là et refusait de s’en aller. On ne pouvait pas me blâmer de vouloir empêcher l’inquiétude de ceux que j’aimais. Je le faisais pour eux. Ou du moins c’était ce que je croyais. Sauf que ce petit jeu de faux-semblant, en plus de devenir lassant, n’allait pas tarder à s’effondrer. Pour de bon. Et cette fois, je ne pourrais plus embellir la réalité. Elle serait en face de moi, plus tenace que jamais, et il faudrait que j’accepte de nouveau la confrontation. Je voulais juste un peu de répit. Etait-ce trop demander ?

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~~~~~~~~~~


Merci Hannah <3


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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Ven 3 Fév - 16:54

♪ Stairway To Heaven ♫

There's a sign on the wall but she wants to be sure
'Cause you know sometimes words have two meanings
In a tree by the brook, there's a songbird who sings
Sometimes all of our thoughts are misgiven
Ooh, it makes me wonder
Ooh, it makes me wonder



Je fixai sans le voir le groupe qui se trouvait devant ma table. Ils n'avaient pas l'air très âgés et c'était presque marrant, car certains étaient si petits que je ne remarquai qu'après, qu'il y en avait un ou deux de plus que ce que j'avais évalué, et cela parce qu'ils s'étaient retrouvés cachés par la pile de livres qu'ils avaient emmené avec eux et qu'ils étaient partis chercher en plus dans les rayons de la bibliothèque. Par moments, les chuchotements devenaient plus forts, il y avait des éclats de voix et de ce que j'en compris, certains n'étaient pas d'accord entre eux à propos d'un sujet. L'échange musclé ne durait pas longtemps car Pince venait justement rôder par ici, pour leur dire que si c'était pour se disputer, autant qu'ils le fassent ailleurs. Certains grognèrent, puis le silence se fit à nouveau dans l'enceinte.

Je réprimai un frisson lorsque je sentis qu'on me touchait l'épaule, et crus un instant qu'il s'agissait de la bibliothécaire qui voulait me mettre dehors parce qu'elle avait remarqué que je ne foutais rien. C'était entre autre pour cela que l'image d'Haruhi qui était à présent en train de se dessiner m'étonna un peu et je l'observai prendre place sans faire de commentaires. En réalité, en l'apercevant, mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine sans que je ne puisse en expliquer la véritable raison.

C'était faux, je savais parfaitement pourquoi, mais devoir poser la réalité en face, à l'instar de mon amie qui s'était assise, je n'en avais pas envie. Mais à présent, dès lors qu'elle était ici, je ne pouvais plus faire autrement, je ne pouvais plus faire comme si de rien était. Je ne savais pas faire ces choses là et c'était ça qui me jouait le plus souvent des tours.

A défaut de savoir comment réagir pour le moment, je la dévisageai – peut être un peu trop intensément – pour savoir quelle allait justement être sa réaction. Je ne le faisais pas exprès, mais c'était presque devenu une habitude depuis que nous nous étions disputées avec Lilian. A la pensée de cette dernière, ma gorge se serra, car là aussi, je mettais beaucoup d'efforts dans le but d'y songer le moins possible, même si c'était beaucoup moins évident dans la théorie que la pratique. Mais les faits restaient cependant les mêmes, et j'étais un peu restée en retrait ces derniers temps – enfin, si c'était possible parce qu'il ne m'avait jamais semblé autant que maintenant que tout les projecteurs étaient braqués sur moi – surtout parce que je passais la plupart de mon temps libre avec Chuck, alors, il n'en restait pas pour les autres. Ça, c'était la première raison, mais c'était surtout pour me donner bonne conscience. Car le problème était ailleurs. Le problème, c'était qu'il s'était passé beaucoup de trucs, depuis le bal de Noël, et je n'avais pas plus parlé que ça à Haruhi depuis. Si en temps normal cela ne m'aurait pas inquiété, car comme nous étions très occupés, nous n'avions pas toujours l'occasion de se poser devant un bon feu en salle commune. Et bien là, j'avais l'impression que plus les jours passaient, plus ça me mettait mal à l'aise et je ne trouvais pas ça de très bon augure. Et le pire c'était que j'avais laissé faire, sans tenter d'enrailler la machine.

Depuis l'autre matin où nous avions eu tout le loisir de nous balancer des politesses en pleine gueule entre Lilian et moi, je devais bien admettre que j'étais systématiquement sur la défensive dès qu'on m'adressait la parole, même si ce n'était que pour me demander une plume en cours, par crainte que justement, on me saute dessus pour me reprocher je ne sais quoi encore. Je savais bien qu'Haruhi n'était pas comme toutes ces personnes, ces filles superficielles qui ne s'intéressaient qu'aux apparences et à la couleur de rouge à lèvres qu'elles mettraient le lendemain matin, mais Lilian aussi, j'avais pensé la connaître pour réaliser qu'au final, je m'étais peut être trompée. Peut être, parce que je n'arrivais pas à me résoudre à la situation actuelle des choses tout comme je savais que ce n'était pas moi qui irait faire le premier pas pour l'arranger. Alors ça restait comme c'était, autant dire le néant total.

-C’est moi ou Pince a une dent contre nous ?

Je ne jetai qu'à peine un coup d'œil à l'oiseau en furie qui avait l'air de s'intéresser à nos personnes à présent, avant de reporter immédiatement mon attention sur mon amie, sans lui rendre son sourire. Je m'en voulais presque, mais n'arrivai pas à faire mieux. C'était sans doute de la parano de ma part, mais je m'attendais presque, à ce qu'elle aussi, elle s'énerve, sans prévenir.

-Tu penses qu’un innocent Oppugno la dissuaderait de nous fixer ?

Je haussai d'abord les épaules d'un air indifférent avant d'aussitôt le regretter. J'étais conne de m'imaginer toutes ces choses et de reprocher à Haruhi ce qui n'avait pas lieu d'être. Finalement, le problème, ce n'était peut être pas les autres, pas Lilian, mais moi qui n'avais plus les yeux en face des trous et qui répondais toujours à côté. Honteuse à l'idée qu'elle devine tout ce que j'avais imaginé quelques secondes plus tôt, je baissai enfin les yeux en me mordant les joues.

- Peut être, mais ça risque de l'énerver encore plus...
réussis-je à répondre, lorsque son rire s'arrêta. C'est mieux d'éviter.

Il n'y avait aucun entrain dans ma voix. Aujourd'hui était un jour bizarre où j'avais la sensation d'être une autre personne qui ne ressemblait en rien à Taylord Reegan, qui n'avait pas envie d'être forte et tout ce qui allait avec, qui n'avait envie de rien et surtout pas de se disputer avec la japonaise. Je souhaitais seulement que cette journée passe vite pour que ce ne soit plus qu'un mauvais souvenir. Seulement voilà, c'était loin d'être le cas, j'avais le cœur au bord des lèvres et au moment de la fixer de nouveau je savais que là, maintenant, tout de suite j'étais incapable de lui demander d'un ton badin quelles informations pour quel devoir elle venait chercher à la bibliothèque.

- Tu... mon timbre avait une consonance un peu plus aiguë que je ne l'avais voulu. Je marchai sur des oeufs, en cherchant des mots parce que j'avais peur de déclencher un incendie si cette fois encore, je ne trouvais pas les bonnes paroles. En fin de compte, peut être aurais-je préféré qu'Haruhi puisse lire dans mes pensées, car ma phrase n'arrivait pas à franchir la barrière de ma bouche. Tu vas me sauter à la gorge toi aussi ? Finis-je, hésitante.

Voilà. C'était dit. Mieux valait-il pour moi de savoir tout de suite à quoi m'en tenir car je n'avais pas le courage nécessaire pour faire comme si de rien était. Je n'avais aucune idée si elle était au courant de ce qui s'était produit quelques jours plus tôt, et peut être n'allait-elle pas comprendre, mais au moins, il n'y avait plus de suspens. Les regards inquisiteurs des sois disant copines de Lilian, je faisais abstraction sans trop me soucier de ce qu'on avait pu leur dire à mon sujet. Elles, ça m'était complètement égal de ce qu'elles pouvaient croire, je n'avais pas de comptes à leur rendre et si ça leur plaisait de vivre dans l'erreur, tant mieux pour elles. Mais les gens qui m'étaient chers qui étaient proches, ce n'était pas pareil, je me sentais tellement mal à la simple idée qu'ils puissent se méprendre à propos de la vérité...

Sans attendre sa réponse, j'avais détournée le regard, anxieuse finalement, de savoir vraiment le point de vue de la rouge et or. A la place, je triturai du bout des doigts la pointe de mes cheveux mouillés qui commençaient lentement à sécher. Je devais me préparer à chacun des deux éventualités, et il y en avait bien évidement une qui ne me plaisait pas du tout et me dire qu'elle pouvait à tout moment se mettre en colère n'ôta en rien le poids qui s'était formé au fond de mon estomac.

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Mar 7 Fév - 21:52

Je n’osais plus regarder en face. Cela pouvait paraître être un détail infime, un atome dans l’univers, une poussière dans l’infini, mais je savais que ça avait une ampleur bien plus grande. Mes iris refusaient de regarder plus longtemps Taylord, ou plutôt de les braver. Je craignais qu’elle comprenne, qu’elle comprenne tout et qu’elle me prenne en pitié – même si elle n’était pas ce genre de personne- je voulais rester la même pour elle. Son regard me pesait, parce que je savais qu’il suffisait d’une parcelle, d’un instant pour que les choses se relient entre elles et qu’elle détecte que quelque chose n’allait pas. Parce que j’étais idiote d’essayer de me convaincre du contraire ; je ne me comportais pas normalement. Je ne comprenais pas comment le retour d’Elliott ait pu autant changer la donne, en une soirée, tout s’était teinté d’une autre couleur, sombre et énigmatique. J’errais à travers ce voile, dans l’obscurité la plus totale et j’avais la pensée stupide et irrationnelle de croire qu’il y avait une lumière qui m’éclairait. C’était un mirage dans lequel je me réfugiais. Je commençais à réaliser pas à pas que je ne pouvais pas continuer ainsi, mais tant que Taylord ne verrait rien, ça pouvait durer encore un peu.

- Peut être, mais ça risque de l'énerver encore plus... C'est mieux d'éviter.

La manière détachée dont elle répondit, dénuée de toute dynamique et intonation m’étonna au plus haut point. Je n’étais pas habituée à si peu d’attention de sa part, elle, qui d’habitude était la première à m’écouter. J’attribuais cependant ce changement à un mauvais jour. J’avais tort…et comment.

Un moment de trouble et de battement, et mes yeux n’obéirent pas et se dirigèrent brièvement vers mon amie. Ce que j’avais pris pour de la rêverie était une tentative de m’éviter. Je discernais désormais complètement son regard fuyant. Comment pouvais-je prétendre lui mentir alors qu’elle était incapable de le faire ? Nos regards traduisaient trop nos sentiments. Ma tentative de me cacher d’elle se retournait contre moi ; au contraire, elle était ostensible, apparente et impossible à ne pas remarquer. Taylord ne m’adressait même pas un de ses sourires amicaux, il y avait seulement ce silence, tranchant et qui nous divisait. J’avais espéré passer une après-midi calme en sa compagnie, pour tout simplement oublier. La vie avait envie de jouer, parce qu’elle venait de m’offrir une nouvelle confrontation.

J’ignorais pourquoi Taylord semblait aussi distante. Je m’étais déjà hélas prouvé que je pouvais perdre une amie en un rien de temps. Et même si Taylord était particulière et que c’était une de mes meilleures amies, il fallait croire que ça ne suffisait pas. Parce que je n’aurais pas cru en arriver là avec Lilian. Pourquoi Taylord serait-elle l’exception ? Je m’obligeais à la fixer avec un peu d’intensité, elle voyait sûrement dans mes prunelles que je devenais implorante. Je ne pouvais pas rester sans aucuns éléments. Mais nous restions toutes deux murées dans notre silence ; à croire qu’aucune de nous avait le courage d’exposer ses sentiments. Dans cet étrange malaise, il y avait une sorte d’harmonie ; à nous construire des façades pour rendre nos illusions plus réelles, elles revenaient au visage tel un boomerang pour nous rappeler que le mensonge ne sert à rien.


-Tu vas me sauter à la gorge toi aussi ?

Elle avait parlé d’une voix un peu déchirée, mal assurée, qui ne lui ressemblait pas. Je sentis un petit tremblement imperceptible, tout simplement parce que je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas comment elle pouvait avoir monté ça dans sa tête. Que lui avais-je fait pour qu’elle me pense ainsi ? A l’intérieur, je n’étais pas vexée, mais blessée qu’elle puisse penser ça de moi. Il me semblait que nous avions vécu suffisamment de choses ensemble pour qu’elle sache que je tienne à elle…Certes, j’étais bien plus tactile et expressive avec Scarlett, mais c’était différent, et ça l’avait toujours été. Je ne voyais pas Taylord me le reprocher.

-Pardon ? fis-je difficilement, avalant ma salive et cherchant une contenance. Tu vas me dire ce qui te fait croire ça ? Plus sèche que je ne l’aurais voulu, on lisait dans ma voix de l’incompréhension mais aussi de la lassitude. Si avec Lilian, j’acceptais mes torts, j’avais la méchante impression d’être piégée que ce soit avec Taylord ou Elliott. J’avais fait de mon mieux avec la première, me comportant comme une amie devait le faire. Quant au second, je l’avais laissé m’abandonner, oubliant ma rancœur par la suite. C’était difficile à avaler. Être parfaite et panser les plaies ne servait à rien. Il n’y avait rien en retour.

Et c’est une fois de plus en la regardant que je compris- un regard désolé- il ne pouvait s’agir que de Lilian. Je regrettais aussitôt d’avoir élevé la voix. Impétueuse et irascible, je savais qu’elle était capable de toucher là ou ça faisait mal. Si ces mots acides et agressifs m’avaient heurté à la fois le cœur et l’orgueil, je n’osais même pas imaginer le sort qu’elle avait réservé à Taylord. Et je ne savais que trop bien que Taylord était incapable de rester de marbre dans ce cas-là. Si mon amie était quelque qu’un de fort et de solide, elle était assez pourvue d’une grande sensibilité, et quelque part, il y avait une faille qui n’était pas cautérisée.

J’avais défendu Taylord bec et ongles devant Lilian, et je continuais à la soutenir. Mais ce conflit nous faisait du mal à toutes les trois. Il m’avait séparé de Lilian, coupé les liens entre cette dernière et Taylord, et voilà que mon amie commençait à être incertaine, et douter de la validité de notre amitié. C’était un engrenage ; et je ne voulais pas qu’il se finalise, je ne voulais pas. Les deux premières étapes étaient déjà enclenchées et il ne restait plus que mon lien avec Taylord qui subsistait. Je n’arrivais étrangement ni en à vouloir à Chuck, Lilian ou à Taylord, mais à ce cercle vicieux qui marchait de façon à que l’une de nous souffre forcément. Le pire était de se dire que dans le passé, nous étions toutes les trois unies. Nos faiblesses à chacune nous rendaient plus vulnérables désormais.

-Rassure-toi... Lilian traverse une mauvaise passe, c’est tout murmurais-je en essayant de garder une voix neutre alors que je savais que c’était bien plus grave que ça. Je préférais encore me noyer dans mes illusions. Et j’étais trop lâche pour avouer qu’il en était de même pour moi, je ne suis pas en colère, on est des êtres humains, c’est normal de douter. Je veux juste que tu saches que tu peux me faire confiance. Je n’avais pas ajouté que tout allait rentrer dans l’ordre, parce que moi-même j’en doutais franchement. Je ne voulais pas que Taylord prenne pour argent comptant des hypothèses. Quand cela allait-il prendre fin?

Nous étions incapables de trouver la réponse.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Jeu 9 Fév - 20:36

Je devais admettre que j'étais un peu perdue, face à Haruhi. C'était à présent que je comprenais que cette confrontation avec Lilian avait été plus que troublante et que pour une fois, me cacher sous des traits sûrs et rassurants ne m'aideraient en rien à y voir plus clair. J'essayais de me convaincre qu'il n'y avait pas eu d'autres d'issues possibles que celle que nous avions choisi d'emprunter et que ce qui avait dû arriver était arrivé. Malgré ça, il y avait encore toutes ces choses que je ne parvenais pas – encore ? - à comprendre ni pourquoi nous en étions venue à de telles extrêmes pour mettre les choses au clair. A l'heure actuelle, je savais que j'avais perdue mon amie et que faire machine arrière était fort compromis et cela parce qu'elle était restée sourde aux explications que j'avais tenté de lui donner.
Alors n'était-ce pas légitime de penser que la même chose pouvait se produire avec Haruhi ?

-Pardon ? Tu vas me dire ce qui te fait croire ça ?

Cependant, depuis qu'elle était venue s'asseoir à ma table, rien ne se passait comme avec Lilian, qui à l'inverse avait lancé l'assaut la première d'une manière si brutale, qu'impulsive comme j'étais, je n'avais pas eu d'autre choix que de riposter. Et dans le feu de l'action, je n'avais pas trop eu le loisir de penser aux conséquences. Mais les retombées étaient bien présentes et même si j'étais encore trop fière pour admettre que Lilian avait touché quelques points sensibles, le sentiment était bien réel. Je ne savais pas ce qui était le pire. S'énerver d'un coup et réfléchir ensuite, ou évoquer le sujet de façon tranchée mais sans élever un mot plus haut que l'autre. Le ton qu'elle employa, presque sur le reproche que je puisse avoir eu l'audace de penser de telles choses, me peina. Je fixai bêtement l'un des mots que j'avais écrit, sur les quelques lignes dont était composé mon parchemin, et me concentrai dessus comme si j'avais soudain trouvé que c'était une activité très intéressante. Il y avait quelques gouttes de mes cheveux mouillés qui tombaient sur le papier, mais ça, au contraire, je n'y prêtai guère attention.

Je voyais surtout que j'étais petit à petit en train de m'enfoncer et sa phrase fut un réel électrochoc. Je n'avais pas le droit de lui faire subir ça, je n'avais pas le droit de l'emmener dans cette crise de paranoïa, qui, du peu qu'elle m'en disait, n'avait pas lieu d'être. Je fermai les yeux durant quelques instants pour remettre le peu d'idées claires qu'il me restait en place; j'étais bien déterminée, lorsque je les rouvrirai, de faire les choses correctement, puisque j'avais tant envie de le faire depuis tout à l'heure – voir la vérité en face – au lieu de me lancer dans une aquarelle fade qui ne me ressemblait pas et de ne prendre que les éléments qui m'arrangeaient. Rien que pour Haruhi.
Je lui devais bien ça.

- Je sais pas ce qu'il y a à croire. Je ne cherchais pas à me défendre, parce que je me sentais mal à l'aise, ni à lui expliquer les raisons des conclusions que j'avais faite sans consulter personne. Et pourtant, à travers cet échange, je recherchais son aide – mais j'en avais conscience si je voulais trouver ce que je cherchais, j'allais devoir faire quelques concessions.

Je m'étais trompée en songeant que tout irait mieux et que je pourrai anticiper ses réactions et ainsi pouvoir réagir si je l'observai elle, plutôt que tout les autres éléments dont était composée la table. L'effet désiré fut l'inverse, car je ne pouvais pas faire semblant de ne pas voir que, moi qui avait été touchée, je l'écorchai à mon tour en portant de telles hypothèses. Pourquoi ? Pourquoi tout ce que je j'effleurais ces derniers temps se transformait en cendres ? Enfin, tout; au contraire il n'y avait qu'avec Chuck où pour une fois j'avais l'impression que ça se passait bien parce que lui comme moi savions que même si tout n'avait pas toujours été au beau fixe, ça ne pourrait pas être pire, et que demain serait mieux parce que c'était un autre jour.

- Et eux ils prétendent savoir à ma place, finis-je par lâcher, me répétant, désemparée et presque en colère, pas contre mon amie, mais contre les autres qui m'empêchaient d'être heureuse comme j'en avais envie. Comment faisaient-ils pour connaître mieux que moi ce que j'avais du mal à saisir ?

J'étais toujours en train de la dévisager, et je compris que toute cette mascarade , ce n'était pas nous. Ce n'était pas le jugement des élèves de l'école qui m'importait, mais celui d'Haruhi car je savais que son point de vue m'était cher, alors que ce n'était pas le cas du reste. Tout comme elle, que j'imaginais me dire que tant que c'était mon choix, quoi qu'il arrive ce serait la bon. J'eus l'impression qu'elle avait lu dans mes pensées, quand elle ajouta :

-Rassure-toi... Lilian traverse une mauvaise passe, c’est tout. Je ne suis pas en colère, on est des êtres humains, c’est normal de douter. Je veux juste que tu saches que tu peux me faire confiance.

Je sentis soudain le nœud de mon estomac se défaire tout naturellement. Je me doutai que la japonaise essayait avant tout de me tranquilliser, pourtant, cette fois encore, je constatai qu'un truc venait de se produire, que si dans les moments difficiles si je m'en étais parfois remise à elle, ce n'était pas par dépit mais parce que je pouvais compter sur ses épaules pour me reposer. J'étais toujours un peu honteuse de tout ce que j'avais pensé un peu plu tôt, mais justement, choisis quand même de l'écouter. Lilian me manquait, mais elle n'était pas le centre de la terre, ça ne voulait pas dire que tout le monde allait avoir la même réaction. Si c'était ce que Haruhi disait, c'était que c'était vrai, non ? Je ne comprenais pas ce qui avait changé ces dernières semaines pour qu'à la fois je cède devant Chuck et à présent avec Haruhi – peut être que j'avais été forte seule et pendant trop longtemps et qu'à présent j'en avais assez. Et pourtant, c'était lorsque je me livrais et partageais enfin, que je me sentais plus vulnérable que jamais. C'était comme pour faire le premier pas – avec Chuck, c'était facile, parce qu'il avait ce pouvoir particulier d'insister sans relâche jusqu'à obtenir ce qu'il voulait, mais je campais rapidement sur mes positions dès lors qu'on ne me forçait pas. Pourtant, aujourd'hui, je tentais une approche; lorsqu'elle avait parlé, j'avais tendu ma main vers la sienne pour y emmêler nos doigts, et de sourire. Un peu timide, certes, mais sincère.

- Tu me fais confiance aussi, hein ? Je ne voulais plus de sous entendus, mais des mots sur lesquels je pourrai m'appuyer.

Parce que j'avais tant de choses à lui raconter, que j'avais envie de lui raconter même, sans pour autant en avoir la possibilité parce que je m'en tenais à ma promesse, même si je voulais lui parler de Chuck et des détails qui allaient avec. Mais c'était trop tôt, parce qu'on ne savait pas nous-même où on mettait les pieds et qu'il allait falloir un peu de temps pour ça, mais je savais que viendrait un jour où l'opportunité se ferait pour que je lui explique enfin. Ce secret ne me pesait cependant pas comme d'autres, que j'avais pu accumuler au fil des années; je ne regrettais pas cette décision et comme en plus, ça se passait bien, cela ne faisait que l'appuyer. Alors même si je ne lui disais pas tout, même si je ne confirmais pas ce dont elle pouvait se douter, comme la plupart des gens de Poudlard, je voulais qu'elle sache que là dessus, je savais ce que je faisais, et que j'allais tout faire pour éviter le moindre faux pas.

- Mais toi Haruhi, pourquoi est-ce que tu doutes ? Lui demandai-je doucement, saisissant l'occasion pour lui renvoyer ses paroles. Là aussi, il y avait peu de chances que j'obtienne une réponse claire et détaillée, car malheureusement tout ne pouvait pas s'obtenir en coup de baguette magique et même si un obstacle venait d'être franchi, il en restait de nombreux autres derrière. Quoi que voulaient dire les traits tirés qu'arborait son visage, cela ne voulait pas dire qu'ils ne signifiaient rien; je ne les connaissais que trop bien pour les avoir vu pendant tellement longtemps sur le mien dont l'image m'était renvoyée par un miroir. Certaines fois avaient été plus flagrantes que d'autres et pour l'illustrer, j'avais encore le souvenir de ma rencontre avec Ambre Serana dans une pièce remplie de glaces dans la salle sur demande... Là, c'était pareil. Je ne l'avais pas remarqué tout de suite, parce que j'avais cherchée à fuir mon amie. Et à présent, plus je la regardais plus, il me semblait ne voir que cela...

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Mar 14 Fév - 22:15

Si cette impression de sombrer sans avoir la moindre chance d’éviter le naufrage ne suffisait pas ; on m’y ajoutait ce sentiment que je ne pouvais plus compter sur personne. Quand même aurais-je voulu faire l’aveugle ; je ne pouvais rien contre les faits. J’avais placé ma confiance entière en ma mère, elle avait joué avec et nous avions toutes deux perdu à ce jeu dangereux. Elliott avait trahi la mienne, j’avais bafoué celle que plaçait Lilian en moi. Et maintenant il y avait Taylord, si compréhensive, qui doutait de moi ? Elle ? Je devais me rendre à l’évidence ; bien sûr que oui, elle, comme les autres, elle ne constituait pas une exception. Cette sensation que personne ne vous est fiable, je la sentais dans mon esprit, mon cœur, mon corps et mes veines ; et elle était elle aussi en train se s’infiltrer chez elle. Immanquablement, le visage de Scarlett apparut comme une ombre ; et je me disais que finalement, avec elle, il s’était passé quelque chose que je n’avais pas pu contrôler, qui avait dépassé l’entendement, qui nous avait conduit à nous séparer de façon certes brève, mais bien réelle. La confiance était rassurante lorsqu’on savait que l’autre avait totale foi en vous, mais ça faisait nettement plus mal à l’instant où l’on se rendait compte qu’elle s’était envolée, et que peut-être, elle était éphémère.

Mais sur le visage de Taylord, il y avait bien plus qu’une accusation que je trouvais infondée, je voyais dans sa façon de me jeter des coups d’œil furtifs ou même dans la manière de se mouvoir qu’il y avait de la culpabilité. Elle semblait avoir regretté ses mots à l’instant où elles les avaient prononcés. Quant à moi, j’avais déjà des remords d’avoir parlé si froidement, parce qu’en fait, après Lilian, je n’avais plus aucune envie de blesser, de quelque manière que ce soit. Si mes souvenirs avec Lilian étaient trop loin derrière moi pour qu’ils m’empêchent de répondre méchamment à ses attaques, ceux avec Taylord étaient frais, beaucoup trop proches de moi pour que je les balaye comme je l’avais fait avec Lilian. Contrairement à cette dernière, il y avait une sorte de limite avec Taylord, étroite, mais que je ne pouvais pas franchir. Cette barrière tout fine, presque immatérielle, mais qui soudain prenait réellement forme lorsque je me souvenais de ce qui se passerait si je tentais de passer au dessus.

Taylord, à l’instar de Lilian, était tremblante et paraissait ne plus savoir ce qu’elle devait faire. J’avais une petite voix qui me chuchotait que j’avais enfoncé Lilian alors qu’elle était déjà à la limite du gouffre. Bien sûr qu’il n’y avait pas que moi en jeu, mais pourtant, je portais comme Taylord le lourd poids de la culpabilité.


- Je sais pas ce qu'il y a à croire.

Cette phrase matérialisait tout ce que je craignais. Cependant je ne comprenais pas. C’était une Taylord pétillante que j’avais entrevue au bal de Noël, pas cette fille que j’avais en face de moi qui vacillait dangereusement. J’avais vu de loin mon amie additionner les verres de champagne, jusqu’à en perdre un peu sa conscience, mais je ne m’en étais pas inquiétée, contrairement à moi l’alcool ne lui avait pas servi d’échappatoire. C’était juste une façon de briser un peu les limites qu’elle s’imposait, de se sentir un peu plus libre, comme toute fille de seize ans l’aurait fait. J’aurais voulu que mon amie me rassure ; mais je réalisais qu’elle était dans l’incapacité de le faire puisque les mêmes doutes la tenaillaient. Je ne pouvais même pas me raccrocher à ses conseils qui étaient précieux et toujours sincères, elle non plus n’avait aucun antidote à cette paranoïa dont nous étions les victimes collatérales. Nous étions toutes les deux venu chercher chez l’autre un remède, y mettant tout notre espoir parce qu’on savait que celle qui était en face de nous aurait les mots justes. Nous avions omis l’éventualité que l’autre puisse être tout aussi désemparée. C’était bien simple ; nous étions dans l’impasse.

- Et eux ils prétendent savoir à ma place.

Nous parlions toutes deux par allusions, craignant d’en révéler trop. Alors qu’avant cette réserve m’avait toujours convenue, aujourd’hui elle m’agaçait. Tout ces secrets, ces choses qu’on gardait pour nous croyant que c’était mieux alors qu’elles ne demandaient qu’à être libérées. On s’était imposée la règle idiote, par habitude mais peut-être aussi par lâcheté, qu’on était censées régler nos problèmes nous-mêmes. Je voyais que peu à peu ça se craquelait, que nous étions chacune à la limite de céder et tout dévoiler, parce qu’au fond, c’est ce que l’on désirait. Au fond, je voulais entendre ce qu’elle avait sur le cœur et me confier à elle en retour. Même si j’en venais aujourd’hui à douter de sa confiance, elle l’avait en fait gagné amplement, et j’avais toujours cru en elle. Ce qu’elle pouvait entreprendre. Ce qu’elle pouvait faire pour les autres. En ce moment, j’avais besoin d’elle, de sa main amie qu’elle commençait à tendre. Bien sûr que j’accepterais ; en théorie. Mais en réalité, je savais que j’étais absolument incapable de lui dire. Ce n’était même pas envisageable.

-Tu es Taylord Reegan, tu t’en fiches de ce que disent les autres, murmurais-je avec conviction. Ceux qui connaissaient Taylord connaissaient son audace et son refus d’entrer dans les normes. Ce que je faisais était une piqûre de rappel pour qu’elle souvienne de qui elle était réellement, la Taylord que j’admirais, et que parfois, oui, j’enviais.

Sans même la regarder, je savais que ce que j’avais dit par la suite au sujet de Lilian l’avait convaincue de mes intentions.
Sa main glissa sur la table, parsemée de quelques petites gouttes d’eau. Elle était là cette preuve de confiance. Je ne pourrais pas lui demander d’arrêter les secrets entre nous. Je ne pouvais pas lui demander de jurer un serment que jamais je ne tiendrais. Je ne réfléchis pas et joignis ma main à la sienne. Ce geste, pourtant anodin, m’avait toujours donné de la force quand j’en avais besoin, comme mes étreintes avec Scarlett. C’était sa main que j’avais serrée jusqu’à la briser lorsque Nottingham nous avait torturé. C’était nos mains entrelacées qui m’avaient guidée lors de la libération de Poudlard. Ce simple geste était une promesse de choses meilleures par la suite. J’avais envie, si envie d’y croire ; mais je savais que les choses meilleures arriveraient quand je ferais ce qu’il fallait pour les enclencher.


- Tu me fais confiance aussi, hein ?

Peut-être la plaçai-je sur un piédestal parce qu’elle était mon amie, mais j’avais su, et toujours su qu’elle avait un courage à toute épreuve. Même en cet instant, où elle semblait perdue et hésitante, je la voyais forte. Elle posait les questions qu’il fallait. J’avais désormais compris qu’à elle, je pouvais lui faire entièrement confiance. Je lui pardonnais cette hésitation qu’elle avait eu à mon sujet, c’était humain ; et je ne pouvais pas la juger. Taylord était tout sauf une hypocrite, les coups de couteau dans le dos, ça n’existait pas chez elle. Parfois je me demandais comment elle faisait pour être aussi solide alors que dans mon cas, il suffisait d’une bourrasque trop intense pour que je me noie.

-Bien plus que tu ne le penses, je souriais, souhaitant qu’elle me croie sur parole.


- Mais toi Haruhi, pourquoi est-ce que tu doutes ?

La question avait fusé, tranchante et directe, et surtout impossible à contourner. Ce que je ressentais était-il aussi visible ? Lilian, puis elle, j’en venais à la conclusion que je ne trompais plus personne. Pourquoi fallait-il qu’elles m’observent, déduisent et comprennent tout, alors qu’Elliott, lui n’y voyait que très flou ? Il y avait le sourire engageant de Taylord en face de moi, Taylord tout court, et tout m’invitait à baisser ma garde et à me débarrasser de ce poids que j’avais sur le cœur. Je savais qu’elle comprendrait. « Parce que tout est réuni pour « avais-je envie de répondre, en restant évasive. Je refusais de lui dire ; mais je voulais faire un pas, même infime. J’avais continué à nier auprès de Lilian, alors avec elle, je voulais faire les choses bien.

-Je ne suis pas prête, sous entendu à lui dire, ce n’était pas toi, c’est moi qui est en cause, et encore une fois ma lâcheté avait eu raison de moi. Et le pire c’était de me rendre compte que je savais que ça allait se terminer comme ça. Par des non-dits. Depuis le début.

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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Sam 18 Fév - 22:08

Nous étions toutes les deux dans la même maison, et il y avait cependant des points de notre caractère qui ne s'assemblaient pas. Je m'emportais vite et ne gardais pas ma langue dans ma poche quand quelque chose ne me plaisait pas. Je n'avais pas peur de cogner ou à menacer de cogner lorsque je jugeais que c'était nécessaire, même si je n'avais pas eu à le faire depuis longtemps... Enfin, longtemps, c'était vite dit, parce qu'il n'y avait plus eu qu'une toute petite ligne à franchir avant que Lilian et moi, on se mette toutes les deux à se taper dessus. Et puis je parlais au fil de mes pensées sans m'inquiéter de savoir si j'allais blesser mon interlocuteur et pas, et souvent ensuite, j'avais des regrets.
Comme là.

Mais les regrets, ça ne servaient à rien, parce que lorsqu'on en avait ça voulait dire que c'était déjà trop tard et à chaque fois je me disais que j'aurais dû faire plus attention. Et à chaque fois, je recommençais quand même.

Je n'avais pas le souvenir d'avoir déjà vu Haruhi en colère. Quand elle n'était pas d'accord, son regard s'assombrissait. Elle aussi disait ce qu'elle avait sur le cœur, mais pas de la même manière. Le poids de ses mots avaient toujours un impact fort qui laissait entendre que derrière le sourire avenant qu'elle portait avec ses amis, cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle n'avait aucune personnalité. Les mots qu'elle apportaient elle, je leur accordais beaucoup plus d'importance qu'à ceux d'autres personnes avec qui il m'arrivait de traîner, parce que même si je rigolais bien avec elles, je n'arrivais pas à pousser plus d'affinités. Lorsque c'était Haruhi, je savais que tout avait un sens. Mais j'étais bien trop pudique pour le lui avouer...

Donc forcément, quand c'était moi qui disais des conneries, ça me dérangeait beaucoup plus si c'était elle qui était concernée. Ce n'était pas comme avec Lilian, je ne pouvais pas prétendre ne pas m'y être plus ou moins attendue parce que son comportement des semaines précédentes, je continuais de penser que sa réaction était complètement démesurée. J'avais la désagréable impression que j'étais en train de faire exactement pareil en ce moment même avec mon amie et cette simple pensée me serra de nouveau la gorge. Je voulais faire les choses bien. Je ne voulais pas que cela se termine comme ça.

-Tu es Taylord Reegan, tu t’en fiches de ce que disent les autres.

C'était si simple en fin de compte, d'écouter et de faire confiance aux autres. Bon, peut être pas à n'importe qui, mais on pouvait encore tourner comme ça durant des heures sans que rien ne se passe à se dire « mais qu'est-ce que va faire de tout ça, de mes gestes,de mes sentiments, de ce que je raconte ». J'étais fatiguée de tout ça, cela faisait trop longtemps que ça durait. J'avais été déçue et au fond, il y avait encore cette petite crainte de l'être à nouveau, mais je ne pouvais pas savoir sans avoir essayé. Et puis peut être que Lilian pensait la même chose de moi, que je l'avais déçue et que plus rien ne pourrait rien y changer. Tout comme j'avais sûrement – non c'était même sûr – déçue Scott.
Forcément, ça me blessait.

Non, non, moi ne ne m'en fiche pas de ce que toi tu dis, de ce que toi tu penses.
J'eus une sensation étrange lorsqu'elle prononça mon nom, comme si je l'entendais pour la première fois, comme si j'étais une personne extérieur qui justement ne voyait également ce que je voulais bien laisser paraître. Je plongeai mes yeux dans les siens pendant un long moment sans parler, tout en sentant de nouveau la fatigue m'assaillir, comme si mon corps était devenu trop lourd pour que je puisse le porter sur mes deux épaules.

- J'ai pas envie de te tromper à mon sujet, tu sais.

J'étais soudain inquiète qu'elle se méprenne. J'avais encore en mémoire ma rupture avec Scott, et je lui avais plus ou moins sorti le même topo, mais je n'aurais trop su dire si à ce moment là il avait compris ou non, car je lui avais quand même balancé une bombe juste avant. Lui aussi ne me parlait plus. Au début, je ne m'étais pas trop inquiétée, en me disant que c'était normal et que c'était égoïste de ma part de tout vouloir à la fois, mais les semaines passaient et il refusait toujours de me parler, et je ne savais plus quoi faire pour arranger les choses. Alors c'était bien simple, je ne faisais rien. Et quand je me disais qu'il était allé au bal avec Lilian, cela me laissait seulement penser à une union pour me prouver à quel point ils me détestaient tout les deux, et je me sentais toute petite, encore plus que je ne l'étais à la base. Haruhi semblait convaincue et tentait de m'ouvrir les yeux par la même occasion, mais j'avais ici bien la preuve avec Scott et Lilian que ce n'était pas le cas, que si l'extérieur brillait, à l'intérieur, c'était loin d'être le cas.

Mais pour ça aussi finalement, c'était de ma faute puisque c'était moi qui contrôlait tout, puisque c'était moi qui laissait voir ce que je voulais bien montrer.

- Tu penses que j'ai eu raison de faire tout ça ?


J'attendais son dernier accord, cet ultime feu vert. Elle aussi, je n'avais pas envie de la décevoir.
Alors je laissais tomber les apparences.

- Je peux pas les ignorer. Je peux pas oublier Scarlett qui m'a réappris à manger, alors qu'elle m'avait récupéré toute tremblante dans les toilettes alors qu'elle même essuyait un gros chagrin d'amour, et c'était d'ailleurs la première fois que je revenais là dessus parce que c'était toujours un peu difficile d'en parler, tout comme de la suite. Je peux pas oublier Stephen qui me faisait rire sans rien me demander en retour, parce qu'il avait subtilement essayé, mais sans jamais insister, ni Scott qui me rassurait quand je n'y croyais plus, parce que les mangemorts m'avaient affecté, c'était indéniable, ni Lilian qui est venue chez moi, et avec qui j'avais partagé la passion que j'avais le plus à cœur, et encore moins Chuck... finis-je dans un tout petit murmure parce que là, il y avait trop à dire et que je ne savais pas du tout par où commencer...

Je m'étais tant refermée durant toutes ces années que tout commençait à me tomber dessus petit à petit, sans savoir quel bout en premier je devais prendre pour arranger les choses. Je ne savais pas faire toutes ces trucs là, exprimer clairement mes sentiments, où alors je le faisais de travers. C'était exactement ce qu'il s'était produit la dernière fois qu'on s'était disputé avec Chuck – dernière fois, dernière fois... comme on se prenait le chou le plus souvent possible il était plus juste de dire, la dernière fois qu'on s'était engueulé pour arriver à ne plus se parler durant plusieurs semaines – quand j'avais maladroitement tenté de lui faire comprendre que j'avais eu peur qu'il lui soit arrivé quelque chose après la prise d'otages. Là, j'étais en train de retomber dans ce pièce, parce que j'étais incapable de dire à Haruhi, que tout simplement, je tenais à elle. Elle, est-ce qu'elle se rendait compte à quel point elle pouvait être exceptionnelle, alors qu'elle m'affirmait que je n'avais aucun souci à me faire, que quoi qu'il arrive, elle avait confiance en moi ?
Alors, je voulais à tout prix le lui prouver.

-Je ne suis pas prête, ce n’était pas toi, c’est moi qui est en cause.

Je gardai le sourire que j'avais peint sur mon visage, pour la rassurer. Je ne pouvais pas faire grand chose pour l'aider si elle non plus ne disait rien, si ce n'est essayer de la soutenir, comme je tentai de le faire, sachant qu'en plus j'étais bien mal placée pour lui faire le moindre reproche.
Là dessus, nous étions les mêmes.

- Attends le bon moment alors,
je ne pouvais pas la forcer, même si j'avais secrètement espéré l'espace d'un instant qu'elle se confie. Ce n'était pas encore pour aujourd'hui. Je ne partirai pas, lui rappelai-je doucement, tout en serrant encore un peu plus sa main. Et puis, tu sais, dans la plupart des cas, les tords sont partagés... je n'avais aucun idée de quoi il retournait et ce qui la turlupinait, pourquoi elle s'accusait, mais essayait quand même et malgré tout de lui apporter mon aide comme je le pouvais, même si dans l'obscurité, j'étais totalement aveugle.
Je ne pouvais que tâtonner.

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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Mer 22 Fév - 20:38

Je prenais conscience, pleinement ; que ce système ne me convenait plus. Pourtant entre Taylord et moi ça avait toujours fonctionné ainsi, peu de mots, peu de démonstrations mais des sentiments bien réels. Ceux autour de nous savaient que nous étions amies ; mais à part nous, personne ne saisissait vraiment que ça allait plus loin qu’une simple amitié. Taylord était un de ces visages qui restaient ancrés, et pas seulement dans le présent, mais aussi dans le futur ; je savais que notre lien perdurerait après Poudlard. Ce n’était pas une de ces amitiés d’adolescence qui se fanent et qu’on oublie. Un jour, on vous demande qui est la jeune femme à côté de vous sur une photographie jaunie et un peu déchirée, et vous êtes incapable de répondre. Le visage vous parle ; mais savoir qui c’est, ce que vous avez partagé, ce n’est pas possible. Plus possible. En moi, c’était évident que nos chemins ne se sépareraient pas. Les autres ignoraient ça. Le fait qu’ils n’aient pas compris ne me dérangeait pas ; ce que je craignais, c’est qu’elle ne l’ait pas compris. Prendre Taylord dans mes bras n’était jamais venu à l’esprit, parce que ça semblait superflu. Mais aujourd’hui, j’avais besoin de lui dire clairement qu’elle comptait pour moi, et je voulais l’entendre dire. Nos non-dits devenaient un obstacle grandissant.

Je ne pouvais pas comparer Taylord à Lilian. Mais un caractère les réunissait ; toutes les deux je les voyais idéales. J’avais idéalisé Lilian bien plus que Taylord certes, mais je me rendais compte aujourd’hui que j’avais peut-être toujours vu Taylord comme celle qu’elle n’était pas. Forte, déterminée, voire brutale dans ses propos, mais jamais faible. Je savais qu’elle avait souffert. Je savais pour les larmes versées. Mais je n’avais jamais compris, jusqu’à aujourd’hui, combien elle pouvait être fragile. Mon amie , à mes yeux, surmontait les épreuves comme personne. Et là, je découvrais que non seulement elle n’avait pas de facilité à les surmonter, mais aussi, parfois, qu’elle n’y arrivait tout simplement pas.


- J'ai pas envie de te tromper à mon sujet, tu sais.

Aussitôt, un sentiment de culpabilité m’assaillit ; parce que j’avais fait une erreur. Une erreur que je réalisais trop tard. J’avais vu la Taylord qu’elle montrait à la face du monde ; et ces gens que je critiquais parce qu’ils n’allaient pas plus loin que les apparences, j’avais l’impression d’en faire partie. Je m’étais limitée à voir la façade. Son ton était inquiet, comme si elle m’avait fait du tort. Alors que c’était moi qui avais fauté. Je ne tarissais pas d’éloges sur cette Taylord incroyablement courageuse et solide ; je jalousais cette force mentale, et tout ça, je l’avais grossi. Taylord était courageuse et solide, c’était avéré. Je voyais mon amie d’un œil différent désormais, mais ce point de vue, j’aurais dû le saisir avant. Que les autres ne vous perçoivent pas comme vous êtes réellement, c’était désagréable, mais quand c’était les êtres les plus proches de vous, c’était blessant. Tout était troublé dans mon esprit ; comme si j’avais perdu mes repères.

-C’est moi qui n’ai rien compris, fis-je d’une voix désolée. Je n’ai vu que ce qui me plaisait. Mes paroles étaient confuses, parce qu’à l’intérieur je l’étais aussi. Mon amie devait à peine comprendre de quoi je parlais ; mais moi je ressentais, je comprenais tout. J’avais été lâche. Au fond de moi, j’avais toujours su qui était vraiment Taylord. Je ne la découvrais pas. Mais j’avais préféré me concentrer sur les belles qualités qu’elle possédait ; parce que c’était rassurant.

- Tu penses que j'ai eu raison de faire tout ça ?

Je ne pouvais pas être objective, avoir un jugement impartial…Elle n’avait pas à payer pour les souffrances, l’histoire, le passé de Lilian. Je restais intimement convaincue que la racine de sa douleur, ce n’était pas la rupture avec Chuck. Elle avait été la goutte de trop, la pointe du couteau qui frôle la plaie doucement, mais suffisamment pour la réveiller. Taylord, malgré ses failles ; n’était pas de ces filles qui se laissaient écraser par l’adversaire. Elle avait trop d’orgueil pour ça. Connaissait Lilian et Taylord, il était évident ; même si ce constat me faisait mal au cœur, qu’il n’y a pas d’autre alternative. Maintenant les liens étaient rompus, leurs souvenirs communs étaient dans leur cœur et leurs esprits, mais ça ne suffisait pas pour retenir l’autre. Immanquablement, je fis le parallèle avec Elliott. Lilian, Taylord, ma mère, Elliott, à croire que tout ça était enchevêtré ensemble, et que tout, finalement se rejoignait. Les similitudes se multipliaient, et le hasard, je n’y croyais plus.

-Dans la vie il faut faire des choix, c’était le seul…et le bon. Je comprends que tu doutes, mais crois-moi, ça ne se résume pas qu’à toi. Je parlais avec aplomb ; essayant de la convaincre de choses dont moi-même je n’étais pas encore sûre.

-Je peux pas les ignorer. Je peux pas oublier Scarlett qui m'a réappris à manger, Je peux pas oublier Stephen qui me faisait rire sans rien me demander en retour, ni Scott qui me rassurait quand je n'y croyais plus, ni Lilian qui est venue chez moi, et encore moins Chuck...

Je tombais des nues. Littéralement.

Les informations arrivaient en masse, mais mon cerveau ne réagissait plus. Je restais figée, incapable ne serait-ce que de faire un geste. Cela confirmait on ne peut plus clairement mes inquiétudes ; j’avais-tout le long- été complètement aveugle. Pendant nos premières années, Taylord n’était pas physiquement la même. Evidemment, puisque l’âge avait affiné ses traits, changé son corps. Elle avait toujours été mince ; à l’époque elle était maigre. Au fur et à mesure, elle avait changé, j’avais attribué ça aux années, qui en effet l’avaient embellie. Malgré sa maigreur, jamais je n’aurais pu penser que Taylord puisse être malade ; parce qu’elle l’avait été, allant jusqu’à ne plus s’alimenter. C’était des mots graves et lourds de sens que j’aurais du connaître bien avant. C’était à cause des gens comme moi qui ne voyaient rien qu’elle avait mis du temps à s’en sortir. J’avais envie de me pincer, de me dire que ce n’était pas possible, que je n’avais pas pu être aussi naïve. Pourtant si. Je n’avais rien vu. Je n’avais pas vu non plus que Scott et Stephen avaient pris soin d’elle parce que je ne répondais pas présente. Parce que je n’avais rien fait.

Je n’avais rien fait pour l’aider.

Parce que j’avais préféré me concentrer sur ma petite personne ; et que j’étais en train de refaire la même erreur. Tout était si soudainement inversé, elle que j’avais toujours prise pour celle qui résistait envers et contre tout, elle était aussi humaine que moi ; elle avait autant douté, caché, eu besoin de soutien parce qu’elle ne pouvait plus assumer le poids qu’elle portait sur ses épaules toute seule.


-Je te parlais de ceux qui ne comptent pas pour toi, ceux qui te jugent alors qu’ils ne t’ont jamais approchée, j’étais tremblante. Je ne réagis même pas sur Chuck, sur personne d’autre, parce que j’étais bouleversée. J’étais venue ici pour trouver des réponses, et mon esprit était rempli d’interrogations. Tout ça avait pris une ampleur folle ; que je ne contrôlais même plus.


- Attends le bon moment alors. Je ne partirai pas. Et puis, tu sais, dans la plupart des cas, les tords sont partagés...

J’avais envie de lui dire de se taire ; parce qu’elle ne pouvait pas être aussi compatissante. Et pourtant elle l’était, fidèle à elle-même ; et ça me faisait mal au cœur parce qu’au final, moi qui accusait Elliott de n’avoir rien donné en retour de mon amitié, je m’étais comportée pareil avec Taylord. Le ton de sa voix était doux ; comme si elle avait quelque chose à se reprocher. Elle se trompait totalement.

-Tu aurais le droit de partir ; au fond, je ne t’ai jamais aidée comme une amie aurait dû le faire, Elliott, le mal-être dont je ne parvenais pas à me débarrasser, tout ça était loin, il n’était plus que question que d’elle et moi. Nos mains entrelacées me semblait être la seule chose capable de ne pas craquer. Je ne te le reprocherais pas. Mais tu me manquerais, soufflais-je avec une voix peu assurée. Je ne veux pas que tu sortes de ma vie, ni maintenant, ni plus tard, tu comptes trop pour moi.

Cette réserve entre nous m’avait toujours empêchée de dévoiler autant mes sentiments, il me semblait qu’elle avait le droit de les connaître désormais. Mais si aujourd’hui cette barrière s’était effritée, je savais que ça ne suffisait pas.

Je pouvais tout aussi bien refaire les mêmes erreurs.


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Merci Hannah <3


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Dernière édition par Haruhi Michiko le Jeu 8 Mar - 16:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Dim 26 Fév - 19:04

Je pensais ne faire ça qu'avec Chuck, mais en fait, c'était une erreur. Je ne me débrouillais pas encore trop mal pour parler de la pluie et du beau temps, pourvu que la personne en face de moi soit un minimum bavarde. Mais dès que ça devenait plus sérieux, trop difficile, j'étais incapable de trouver les bons mots et préférais me terrer dans mon silence. Ce n'était pas tant par mépris, mais c'était comme si tout les mots que j'avais appris en apprenant à parler ou en lisant des livres, je ne les connaissais plus. Comme si on formatait peu à peu ma mémoire et que je ne savais plus quel mot mettre l'un après l'autre pur m'expliquer. Je préférais me dérober, me dire que ce n'était que des discussions qu'on pouvait mettre plus tard, qu'on avait du temps, beaucoup de temps et qu'il y avait des sujets qu'ils étaient plus facile d'éviter plutôt que d'exprimer.
C'était lâche ? C'était de la protection ?

Il me semblait tanguer entre les deux, mais plus les minutes étaient en train de s'écouler, plus c'était le cas pour le reste ; je ne pouvais plus échapper à tout cela, et peut être qu'au fond, je n'en avais plus envie. Le silence, c'était ce que je savais le mieux pratiquer, mais c'était aussi quelque chose qui m'inquiétait – il pouvait à la fois tout dire être lourd de sens, tout comme être profondément insignifiant et l'un comme l'autre, ce n'était pas toujours de très bon augure.

-C’est moi qui n’ai rien compris. Je n’ai vu que ce qui me plaisait.

Voilà. J'avais cette sensation que je pouvais dire tout ce que je voulais et le plus sincèrement du monde, que je tomberais toujours à côté. Je voulais tenter d'ouvrir les yeux à mon amie, mais avec mes paroles, avec sa réponse, ça prouvait que je l'aveuglais encore plus. Le but n'était pas de l'accabler d'avantage et pourtant c'était tout comme. Je hochai négativement la tête pour lui affirmer le contraire. Nous ne pouvions plus parler que par à coups en comptant sur l'autre pour qu'elle devine quel était le fond du problème, quel était ce qui n'allait pas.

- Ce n'est pas vrai. Tu n'as vu que ce que je t'ai montré. C'est tout. C'était loin d'être un reproche ; c'était juste moi qui était en train de me rendre compte que tout mes actes qui m'avaient semblé être anodins, devenaient de plus en plus gros et imposants au fil des années au point de blesser les autres.

Mais avoir la volonté que tout cela cesse, apparemment, ça ne suffisait pas. J'allais devoir m'expliquer, lui donner ces quelques parcelles, ces quelques éléments qui permettraient de remettre le puzzle en place. Les pièces manquantes, je les avais.
Depuis le début.

Peut être que tout s'était enchaîné trop vite ? Je n'avais pas vu les derniers mois passer depuis la rentrée ; aucune pause ne m'avait été accordée. Il y avait eu la rentrée, puis je m'étais disputée avec Chuck, ensuite j'avais rompu avec Scott, il y avait eu la chute des mangemorts, ce qui pour la énième fois m'avait rabiboché avec Chuck. Enfin il y avait eu le résultat des élections des Miss & Mister, et le bal de Noël où nous avions pris la décision de passer au cran supérieur, et Lilian, qui même si elle ne pouvait que le supposer, ne trouvait pas tout ce remue ménage de très bon augure. Et voilà qu'à présent, nous étions toutes les deux dans la bibliothèque à tenter vainement de remettre de l'ordre dans ce fouillis sans nom.
Peut être qu'elle était là la solution, juste sous mon nez ?

-Je te parlais de ceux qui ne comptent pas pour toi, ceux qui te jugent alors qu’ils ne t’ont jamais approchée.


Haruhi qui ne faisait que me répéter ce que je ne cessais de me dire inlassablement, au fil du temps et depuis toujours. Et pourtant, peut être qu'elle avait raison de ne pas faire plus, simplement parce qu'il n'y avait pas à faire plus et que ça ne servait à rien d'ajouter des fioritures à cette évidence qui n'en avait décidément pas besoin.

-Tu aurais le droit de partir ; au fond, je ne t’ai jamais aidée comme une amie aurait dû le faire, je ne te le reprocherais pas. Mais tu me manquerais. Je ne veux pas que tu sortes de ma vie, ni maintenant, ni plus tard, tu comptes trop pour moi.

Je sentis mon visage se décomposer l'espace de quelques secondes. Je ne pus empêcher le poids de la culpabilité assaillir mes épaules, comme un gros manteau qui n'aurait pas été à ma taille. On y revenait. Même lorsque je ne le voulais pas, je produisais encore plus de ravages ; j'essayais de tout tenter pour l'apaiser à mon tour, alors pourquoi est-ce que c'était l'inverse qui était en train de se produire ? Je me demandais si Haruhi avais conscience des paroles s'échappaient de sa bouche... Je ne comprenais pas pourquoi elle s'accablait autant de tout les maux, alors que c'était moi qui n'était même pas foutue de lui exprimer tout les sentiments que j'avais à son égard.
Nouveau formatage.

- Mais Haruhi, commençai-je en souriant franchement, parce que c'était encore ce que je savais faire de mieux, pour sauver les apparences. Mais moi même je fus surprise de mon ton aussi calme, alors que c'était tout comme si une bombe venait d'exploser dans ma tête et qu'une autre s'apprêtait à faire de même dans les secondes à suivre. Pourquoi est-ce que je ferais ça ?

Oui, pourquoi est-ce que je ferais ça ?
Je n'avais pas envie de sortir de sa vie moi.

Je savais ce que j'avais à faire à présent. C'était aussi limpide que de l'eau de roche, pourtant cela ne m'avait jamais paru être aussi difficile. Et dire qu'il y avait des gens qui faisaient ça tout les jours. Aussi naturellement que le fait de respirer.

- Toi tu... je vacillai un peu, j'avais de la chance d'être déjà assise, tu m'as serré la main tellement fort, que je savais, qu'on était encore là. Il ne fallait pas parler fort dans la bibliothèque, d'accord, mais là, moi voix était tout juste audible. Toutes les deux.

Cette même main que j'étais en train de serrer avec la même vigueur que le soir de la prise d'otages, incapable d'en dire plus. Ça ne sortait pas. Elle allait peut être m'en vouloir un peu. Mais ça ne sortait pas. Mais je savais qu'elle ressentait la même chose. Qu'elle pensait à la même chose.

- J'en ai marre d'être ici, dis-je soudain. Il n'était jamais trop tard pour une collation et c'est ce moment que mon ventre choisit pour me rappeler que lui aussi il avait faim, mais qu'il avait bien voulu se taire et se suspendre, tout comme le temps, pendant ces dernières longues, longues minutes.

Je ne l'interrogeai même pas du regard pour savoir si Haruhi voulait me suivre ou non. Je remballai mes affaires, avant de quitter toutes les deux la bibliothèque. Les couloirs étaient déserts et je profitai de l'occasion pour laisser parler mon impulsion ; doucement je passai mes bras autour de son cou pour la prendre dans les miens pendant un moment. Les gestes eux aussi savaient parler, et parfois plus que les mots, j'en étais certaine. C'était ma façon à moi de la remercier. Après un autre sourire échangé, je laissai l'un de mes bras autour de ses épaules pour l'entraîner avec moi dans la grande salle.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended   Jeu 8 Mar - 21:54



♥ Oh you feel it comin' down, you feel it fallin' down

You gotta keep yourself together ♥

Je ne comptais plus le nombre de fois où on m’avait dit que l’amour n’était pas éternel ; que la passion était éphémère. Selon les dires, les sentiments finissaient par s’éteindre, comme ça un beau jour. Bien sûr il y avait eu les symptômes, qu’on ne voyait pas ou que l’on refusait de voir, cette distance, ce malaise étranger à deux personnes qui s’étaient pourtant aimées ; à une époque qui leur paraissait lointaine. Je ne pouvais rien dire sur ce sujet, tout simplement parce que je n’avais jamais connu ce feu qui vous consume, cet être qu’il fait ce qu’il veut de vous, parce qu’il peut vous détruire comme vous reconstruire. Mais l’amitié…Certaines disparaissaient. Certaines se délitaient.

Avec Taylord, c’était particulier ; parce plus les années passant, elles ne faisaient qu’amplifier l’affection que je lui portais. Quand je retournais en arrière ; à l’aube de notre première rencontre, je me rendais compte que j’avais cru que je me devais d’être l’amie de Taylord, parce que Scarlett l’aimait et que c’était la suite logique des choses. Et la Salle sur Demande ; ou je lui avais confié que Scarlett et elles étaient comme des sœurs pour moi. Si ce jour-là, c’était la vérité pour Scarlett, pour Taylord, c’était une illusion. Je ne sais pas pourquoi je m’étais raccrochée à cette affirmation ; ni comment j’avais pu me convaincre qu’elle était valide. Je ne connaissais rien d’elle ; et j’avais fait la bêtise de l’associer avec les choses que tout le monde voyait, au lieu d’essayer de lever la voile. Mais maintenant, c’était différent ; je ne voulais plus de secrets, plus de faux semblants. Taylord méritait mieux que ça.

Finalement, c’était un mal pour un bien. J’étais venue rejoindre Taylord pour oublier Elliott, le bal et les doutes qui allaient avec. Je n’avais reçu ce que je souhaitais recevoir, mais j’étais quelque part heureuse ; car tout était plus clair maintenant : elle et moi voulions les mêmes choses. Je voyais qu’elle tenait à moi comme je tenais à elle, même si nos mots restaient timides et maladroits. Que pouvais-je bien lui apporter ? Stephen, Scott, Chuck, Scarlett ; ils l’avaient tous soulagée de ses maux, ils avaient été observateurs et attentionnées là ou j’avais été aveugle.

L’amitié devait marcher dans les deux sens ; et mon esprit ne cessait de me souffler que je n’avais pas le droit de juger Elliott, alors que j’avais agi de la même manière. Peut-être qu’elle était là, la réponse que je cherchais, et que je croyais être dans l’obscurité, alors que j’avais les clés pour avoir la lumière. Mais ça, pour en être sûre, il fallait que je parle à Scarlett. Perdre quelqu’un, Taylord connaissait ça comme je le connaîtrais jamais, mais je trouvais ma situation, si on pouvait faire des comparaisons, davantage ressemblante à celle qu’avait subie ma meilleure amie. Ces temps-ci, j’avais appris à réviser mes positions en matière d’amitié. Lilian. Elliott. J’avais abandonné-plus au moins volontairement la première- et le second avait fait pareil. Les parallèles ne cessaient de se multiplier, étions-nous condamnés à faire les mêmes erreurs ?


- Ce n'est pas vrai. Tu n'as vu que ce que je t'ai montré. C'est tout.

Et le voile dont je parlais ; il était tombé. Tout paraissait être désormais une évidence, comment avais-je pu manquer tout ça ? Dans ma tête, je formulais le souhait (sans doute utopique) que jamais plus il n’y aurait de barrière entre nous, quelque chose de mince mais qui nous séparait comme avant. Je décidais dès maintenant de changer- un peu, car ma nature restait la même- à l’avenir, je me confierais, ne craignant pas sa réaction, qui évidemment saurait me satisfaire.

Celle que j’avais toujours considéré comme un roc sur lequel pouvait s’abattre les flots mais qui survivait, au même titre que Lilian, m’apparaissait bien plus fragile. J’avais déjà entrevu cette facette, mais j’avais préféré la contourner.
J’allais être là pour elle, pleinement, et je sentais que j’avais une dette envers elle. La façon dont ma mère avait éjecté les Reegan de sa vie sans remords (sans doute un peu), c’était une erreur que je voulais réparer en étant aux côtés de Taylord. Sans les connaître ; je devinais qu’ils auraient voulu qu’elle trouve à Poudlard des personnes qui lui seraient chères, et la soutiendraient lors des moments les plus durs. Je n’avais pas vraiment de repère auquel me référer, mais j’imaginais que c’était ce qu’avait souhaité mon père lorsqu’il avait rompu avec ma mère. En général, c’est ce que désiraient les parents, le meilleur pour les enfants. Sauf lorsque dans mon cas le parent préférait décider de ce que voulait son enfant.


-Disons qu’on est quittes, concluais-je avec un demi-sourire même si je pensais que la faute n’était pas partagée. Je n’avais pas envie de débattre, de m’étendre, je voulais seulement me rattraper et recommencer. En faisant mieux cette fois. Du moins avec Taylord. C’est pour cette raison que bientôt, lorsque je me sentirais plus confiante, que je parlerais à Scarlett. Je ne voulais plus de mes mensonges qui me tuaient autant qu’ils tuaient les autres.

- Mais Haruhi, elle m’offrit un sourire radieux, Pourquoi est-ce que je ferais ça ?

La phrase résonna dans l’enceinte de la bibliothèque, donnant un côté presque solennel à son discours. Son ton interrogateur me soulagea grandement ; c’était compris : nous resterions ensemble quoi qu’il arrive.

- Toi tu..., tu m'as serré la main tellement fort, que je savais, qu'on était encore là. Toutes les deux.

L’évocation de ce soir où tout avait basculé m’arracha un frisson que je ne pus contrôler. Nos corps et nos esprits avant tant souffert, la douleur perçant toutes nos pores, et pour moi aussi, c’était la main de Taylord qui m’avait aidée à me battre, juste un peu. Il y avait eu bien sûr le visage de Scarlett en filigrane, et puis celui de tous les autres otages, mais c’était de broyer la main de mon amie qui m’avait maintenue en vie. « Est-ce que Taylord est morte ? » avais-je demandé dans un instant de lucidité à ma meilleure amie, et maintenant, comment pourrais-je imaginer qu’elle ne soit pas là en face de moi ? Comment pourrais-je imaginer mon futur sans elle, celui de Chuck sans elle ? Je n’aurais pu m’y résoudre. Taylord et moi avions failli y rester, et nous avions survécu. Grâce à l’autre. Je n’avais aucun mérite, et elle ne me devait rien.

-Sans la tienne, je n’aurais pas survécu, et je le sais, j’avais l’impression que quelque chose se glaçait en moi tant je détestais ressasser ces souvenirs. Nous avions besoin l’une de l’autre pour ne pas lâcher.

Soudain sa main m’entraîna, et lorsque nous fûmes à l’extérieur de la bibliothèque, je sentais ses bras m’entourer. Je ne réfléchis pas et répondis à son étreinte. Naturellement. Elle avait une signification toute particulière, car aujourd’hui elle voulait dire que nous étions liées, et pour de nombreuses années encore. Nous suivîmes le chemin jusqu’à la Grande Salle, son bras sagement reposé sur mon épaule, tandis que je lui adressais des sourires amicaux. Nous mangeâmes notre repas en discutant de tout et rien, et j’eux presque l’impression de retrouver l’atmosphère détendue juste avant le bal de Noël. Tant de choses avaient changé ce soir-là ; je savais que demain les doutes, les incertitudes, les insomnies allaient revenir. Mais cette fois le fardeau paraissait moins lourd à porter, car je savais qu’elle était là.

Et qu’elle ne partait pas.


THE END <3


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Merci Hannah <3


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Can you hear this deafening silence ? [H.M] Ended
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