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"You fall away." |PV A.|

 
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 "You fall away." |PV A.|

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
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Date d'inscription : 03/09/2011

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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
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MessageSujet: "You fall away." |PV A.|   Dim 22 Jan - 22:33



"You swear you recall nothing at all
That could make you come back down
You made up your mind to leave it all behind
Now you're forced to fight it out
You fall away from your past
But it's following you."

Fall away - The Fray


Ruby se réveilla en sursaut, le corps tremblant. Elle sentit une goutte de sueur perler le long de son front, et s’échouer sur sa joue humide. Avait-elle pleuré ? Probablement. Elle regarda autour d’elle, s’assurant qu’elle n’avait réveillé personne dans le dortoir. Les respirations calmes et régulières de ses camarades lui confirmèrent que ces dernières dormaient toute paisiblement, surement occupées à rêver. La Serdaigle elle, ne referma pas les yeux. Il n’était pas question qu’elle se rendorme. Et qu’elle fasse de nouveau de rêve, ou plutôt ce cauchemar. S’il y avait bien une chose dont elle se félicitait, c’est qu’elle n’avait jamais parlé dans son sommeil. Si tel avait été le cas, elle se serait retrouvée dans des situations plutôt fâcheuses, à devoir expliquer à quoi rimait tous gémissements et ces supplications qu’elle aurait murmurées une fois endormie. Car elle savait de quoi elle rêvait la nuit, lorsqu’elle trouvait le sommeil bien sûr. Chaque fois, c’était la même chose. La jeune fille s’assit dans son lit, la tête sur ses genoux qu’elle tenait entre ses bras. Elle tenta de calmer sa respiration saccadée, mais elle sentait son cœur battre un rythme effréné. Ruby ferma ses pupilles azurs, sentant les larmes lui monter. Cela faisait exactement 7 ans.

Les matins habituels, se réveillant plus tôt que tout le monde à chaque fois, elle avait le temps de se calmer de ses cauchemars nocturnes. Elle vidait son esprit de tous ces souvenirs si distincts dans sa mémoire, et s’apprêtait à affronter la journée à venir avec son sourire habituel sur le visage. Tout le monde n’y voyait que du feu, et parfois, elle arrivait à se convaincre elle-même de l’illusion. Mais au fond, elle se savait, rien ne pourrait lui arracher ses souvenirs de sa mémoire. Chaque détail du visage de son père, chaque expression qu’il avait prise dans la grange ce jour, tout ceci était gravé en elle, comme au fer rouge. « Tu es vraiment une petite fille merveilleuse, ma Ruby. » La voix claqua dans son cerveau, et elle sentit son corps se secouer d’une nausée violente. Oui, chaque jour elle mentait, chaque jour elle arrivait à oublier un peu plus. Mais aujourd’hui, elle ne pouvait pas. Chaque année, à cette date précise, tout revenait vers elle, comme un tsunami immense qui déferlait sur elle. La première année, elle avait vomit toute la journée. La seconde, elle était restée au lit, prétextant un mal de crâne. Qu’allait-elle inventée aujourd’hui, pour ne pas se lever ?

Mentir était pourtant simple chez elle. Personne ne pensait qu’un si jolie fille pouvait avoir un passé si triste, si dur ! Par contre, si elle battait correctement des paupières, elle arriverait probablement à faire avaler aux filles qu’elle avait mal au ventre, terriblement mal au ventre, et qu’elle ne pouvait pas bouger de son lit. Et puis finalement, Ruby songea qu’elle voulait se lever. Mais pas pour aller prétendre que tout aller bien, elle voulait aller se cacher. Loin de tout le monde, disparaitre pour la journée, rentrer très tard, et raconter qu’elle était allée à Pré-au-Lard. Ou un mensonge du genre. Mais la Serdaigle n’avait pas la force d’aller si loin. Une idée germa alors dans son esprit, d’abord flou, puis elle se concrétisa. La jolie blonde savait ce qu’elle voulait faire. Une trace de sourire naquit sur ses lèvres, bien vite effacé par les souvenirs qui l’assaillaient de toute part. Doucement, elle se leva, et enfila un jean et un gros pull très épais. Saisissant sa besace, Ruby y glissa quelques livres, son Ipod. Elle s’arrêta un instant, puis fourra une énorme boite de mouchoir. Probablement en aurait-elle besoin. Elle jeta un dernier regard au dortoir, et en sortit sans faire de bruit. Première étape : les cuisines. Il lui fallait de quoi tenir la journée.

Elle descendit les escaliers vides jusqu’au sous-sol, et poussa la porte des cuisines. Celles-ci n’étaient pas désertes, au contraire, mais remplie d’elfes de maisons qui préparaient le petit-déjeuner qui allait être servi dans quelques heures. Ils eurent d’ailleurs l’air surpris de voir une élève y pointer le bout du nez, à seulement 6 heures du matin. Cependant, ils ne firent pas une remarque. Ruby demanda poliment une boite de cookie et de cupcakes, et un sandwich au bacon. Elle prit également un thermos de thé, une bouteille d’eau, et du chocolat. En fait, c’était limite si elle ne dévalisait pas les cuisines, mais cela semblait faire bien trop plaisir aux elfes qui se sentaient emplis de bonheur de servir un de leurs « jeunes maitres ». Elle n’eut même pas d’objection lorsqu’elle demanda une bière au beurre, qu’un petit elfe gris lui apporta dans une chope fermée pour que « Mademoiselle ne renverse rien dans les couloirs. » Cela parvint presque à faire sourire la Serdaigle, malgré la tristesse évidente qui pouvait se lire dans ses grands yeux bleus verts. Maintenant qu’elle avait tout ce butin dans son sac, elle pouvait enfin aller là où elle avait prévu. Elle soupira un peu à l’idée de remonter toute les marches, mais elle savait qu’elle ne serait pas déçue. Là-bas, personne ne viendrait là déranger.

Elle monta péniblement les marches jusqu’à la volière. Cependant, la jeune fille s’arrêta dans les escaliers, vers le milieu de ceux-ci. Une immense toile barrait le mur, et elle savait très bien ce qu’il y avait derrière. Elle tira la tenture mauve, et ouvrit la fenêtre qui se trouvait derrière. Elle se faufila dans l’entrebâillement de celle-ci, et posa le pied sur balcon qui se trouvait là. Enfin, balcon, pas tout à fait. C’était comme un prolongement de la tour, une minuscule pièce dans lequel on ne pouvait même tenir debout. Le mur principal était fait de verre, tout comme le toit, permettant à la Serdaigle d’admirer tranquillement le parc, sans être dérangée et en étant au chaud. Qui avait créé cet endroit ? Surement quelqu’un qui cherchait à être tranquille. Elle referma la fenêtre, et s’assit en s’appuyant contre le mur de manière à être la mieux installée possible. Ruby sortit également son butin, et les yeux légèrement humides, elle trempa ses lèvres délicates dans la bière au beurre. Elle soupira, posa la chope, et ferma les yeux. Malgré elle, les larmes coulaient sur ses joues blanches. 7 ans était passé, et pourtant c’était comme si c’était hier.

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Aure Strangle
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Lun 23 Jan - 22:16

C’était insupportable… Réellement insupportable : il avait fallut que ma voisine de lit RONFLE ! Non mais franchement c’est quoi cette blague ? Est-ce que je ronfle moi ? Non ! Bon ok je me réveilles parfois en hurlant mais chacun son style me direz- vous et au moins moi je ne l’empêche pas de dormir ! Par ce que là ca été toute la nuit un véritable moteur ! Enervée je faillis lui lancer mon oreiller à la tête, mais je me souvins que cela ne résoudrait rien au problème. Non si je voulais vraiment agir il fallait que je l’étouffe. Mais je n’étais pas encore prête pour Azkaban et je doutes que quelqu’un veuille bien comprendre que c’était, non pas un crime, mais un service rendu à l’humanité ( et surtout à mon sommeil) que de l’assassiner.

Apprendre très rapidement le « silencio » histoire de passer des nuits plus paisible serait désormais ma priorité, mais pour aujourd’hui c’était trop tard, il n’était pas loin de six heures du matin : génial merci la voisine… Râleuse ? Moi ? Jamais ! Faisant contre mauvaise fortune bon cœur je m’habillais, et pour ne plus entendre de ronflements je rejoignais la salle commune : un couple s’était endormi enlacé et je ne pus m’empêcher de grimacer. J’étais surement trop jeune pour comprendre. Et eux aussi j’eus envie de leur balancer un coussin en pleine pomme histoire de bien les enquiquiner : ce que je ne fit pas.

Notez que depuis que je ne parles plus à Alex… Eu rectification : depuis qu’IL ne me parle plus, notez que je développe une tendance à la violence. Certes refoulée mais tout de même je la sens souvent gronder en moi. Surtout lors ce que c’est SA tête d’imbécile blond que je croise dans les couloirs. Nan mais sans blague un matin ca lui a claqué comme ca : « tiens qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Et si je décidais de couper les ponts avec Aure ? Ho oui ! Ce serait cool » Surement une décision qui lui aura été dictée par les ronflements d’un illustre étrange : je déteste les ronflements, je déteste ce à quoi joue Alex et je déteste déjà cette journée ! Notez que ce matin je suis particulièrement énervée.

Je sortis dans le couloir, nous étions en hiver et peut-être qu’au dehors il neigeait mais là dans l’enceinte du château il faisait bon. Cela apaisa un peu ce qui s’agitait en moi, par ce que j’avais l’impression d’être chez moi. Enfin presque : saurait été mieux si un certain Gryffondor daignait toujours m’adresser la parole. Mais visiblement j’en demandais trop. Je savais d’avance que si je continuais sur cette voie la journée serait morose. Je glissais donc mes mains dans les poches de ma grande cape et en ressortais la plus belle chose au monde : un paquet de bonbon moldu.

Mais pas n’importe lequel : un paquet de schtroumf. Je n’avais pas particulièrement faim -je mangeais rarement plus qu’une pomme le matin- mais j’en saisissais quelques-uns que je prenais plaisir à croquer. Se prendre pour gargamel de temps en temps n’était pas si désagréable ! Surtout lors ce que le paquet de bonbon vous été envoyé par votre sœur à un moment critique de votre vie ( oui je considère la  « perte » de mon meilleur ami comme critique). Je devais bien avouer que Rosie m’avait surprise: j’étais à deux cents lieux de m’imaginer que les moldus avaient fait d’une de mes Bds préférées une friandise ! Il fallait reconnaitre aux moldus leurs génies en matière de sucreries et de bandes dessiné. Ne serais-ce que ça!

Je continuais de « flâner » dans les couloirs sachant que même si je tombais nez à nez avec le surveillant celui-ci ne pourrait rien me dire car dès six heure les élèves avaient le droit de sortir de leur salle commune. Certes c’était rare ( je veux dire qui à part quelqu’un qui a été réveillé par des ronflements se lèverait à une telle heure ?) mais nous en avions le droit. Et je comptais bien en profiter pour continuer d’explorer Poudlard. Effectivement durant mes deux premières années le château m’avait mené une vie infernal et l’on pouvait dire qu’il ne me portait pas dans son cœur ( de pierre en l’occurrence vu que c’était un château) Mais depuis quelque temps il semblait… m’aider. Et j’avais même découvert un endroit… Hors du commun. Une cachette derrière une tapisserie. On ne pouvait certes pas y tenir debout, mais la vue était admirable. C’était simple : l’endroit était comme une cabane de verre qui laissait passer la lumière.

A l’évocation de cet endroit je décidais de m’y rendre car j’étais sure qu’il me calmerait avant les cours. Surtout que ceux-ci débutaient dans plusieurs heures. Et puis là-bas personne ne me retrouverais. J’étais à peu près certaine que personne ne connaissait cet endroit : c’était donc idéal pour déguster mes schtroumfs en paix. Quoi que de toute façon personne n’était encore réveillée. Je m’y rendais donc d’un pas rapide : je courais presque. Mais tout de même pas sinon je me serais surement étalée de tout mon long sur le sol : et même si nous nous étions réconcilié je ne comptais pas de si tôt embrasser Poudlard…

Arrivée à l’endroit dit je levais la tenture et tombais nez-à-nez… Avec Ruby ?! La jolie blondinette de Serdaigle qui s'asseyait à côté de moi en runes ? C’était quoi le problème ? C’était mon endroit secret… le mien ! Qu’est-ce qu’elle venait faire ici ? Et… pourquoi ces larmes sur ses joues ? Elle était triste ? «  Brillante déduction Aure » Souffla la satanée petite voix dans ma tête.

- Excuse moi, soufflais-je à mon tour à l’adresse de Ruby.

En venant ici je ne m’étais pas du tout attendu à trouver la place prise et encore moins par quelqu’un qui pleurait. Je ne savais pas du tout quoi faire : partir car finalement ca ne me regardait surement pas ou rester et essayer de la consoler malgré mon manque d’expérience en la matière ? Je choisissais la seconde option, quoi qu’énervée en ce moment je ne pouvais décemment pas tourner les talons comme si de rien n’était. J’avançais donc un peu dans l’habitacle referment la tapisserie sur nous deux.

- Je peux m’en aller si tu préfère mais si tu veux parler de quoi que ce soit je suis là.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Lun 30 Jan - 15:42

Elle plongea la main dans le Tupperware de cookie, pour en sortir un aux pépites de chocolats énormes. Elle mordit dans le petit gâteau et sourit malgré elle. Il était délicieusement, encore chaud et moelleux. Cela aurait été tellement facile si elle n’avait été qu’un malheureux cookie, là au moins personne ne l’aurait jamais plus embêté. Ruby secoua sa tête, comme pour balayer cette pensée, car oui, elle était en train d’imaginer sa vie si elle avait été un cookie. Tout ceci était ridicule. Elle avait besoin de se calmer les nerfs, mais rien n’y faisait, elle sentait les larmes couler sur ses joues. Ca ne voulait pas s’arrêter. Ces larmes. Cette sensation. Celle d’être si… Sale. Son corps n’avait plus jamais été le même après cela. C’était comme si il portait pour toujours les marques de l’incident, au sens propre du terme. Car en effet, suite à l’épisode la grange, elle avait peu à peu cessé de manger. Et puis, elle avait trouvé refuge dans le sport, la course. Et puis, quand ce ne fut plus assez, elle se mutila. Et puis ça lui passa. Tout passait à la jeune fille, qui sentait que ses membres, ses organes et tous les tissus de sa peau n’étaient plus existant, comme si elle était une coquille vide.

Elle se souvint qu’après à quel point elle avait essayé de faire partir tout ça. Comment fort elle frottait sous la douche, pour que son corps soit « lavé » de l’incident, de son père. Mais cela restait là, et il fallut plusieurs semaines pour qu’elle comprenne que ça ne partirai jamais. Elle était souillée, voilà tout. Le mot était si cru, si clair, si froid. Il provoqua un pincement désagréable dans la poitrine de la jeune fille. D’un revers de main, Ruby s’essuya les yeux et décida de reprendre de la bière au beurre. C’était simple, elle voulait oublier tout ça pour aujourd’hui, caché ce petit recoin secret. Après, elle devrait retourner en cours, sourire comme d’habitude. Mettre son masque de Super-Ruby-Heureuse en somme. Parfois, elle espérait que quelqu’un sache, que quelqu’un comprenne réellement ce qu’elle ressentait, qui elle était. Mais la Serdaigle refusait obstinément de s’ouvrir. Et puis d’un côté, que pouvait-elle bien dire ? « Hey salut, ça va ? Non parce que moi pas vraiment vois-tu ! » Et déballer toute l’histoire ? Ridicule. C’était drôle comment elle était tiraillée entre ce besoin de s’effacer, de rester banale, et celui de vouloir se confier. Elle-même n’arrivait pas à démêler ce qu’elle souhaitait vraiment.

Au final, c’était simple, elle était un tas d’adolescents. La jolie blonde cachait ses problèmes au point d’en sentir le poids sur ses épaules. Et ce dernier, elle le portait tout seul. Et ça, ce n’avait rien de simple. Peut-être pouvait-on l’aider, la conseiller ? Mais au final, qui pouvait comprendre, qui pouvait savoir ? Quelqu’un qui a vécu la même chose qu’elle ? Mais qui, qui sur terre pouvait avoir vécu un truc similaire ?! Pourtant, Ruby le savait, cela ne signifiait pas qu’elle était plus triste qu’une autre. Il n’y a pas d’échelle sur le malheur, pas d’échelle de la souffrance. On a mal, un point c’est tout. Ce qui tuait la jeune fille, c’était de savoir qu’elle, elle aurait mal toute sa vie. Parce qu’elle était coupable en partie de ce qu’il lui était arrivé, c’était elle qui… Elle qui l’avait… Elle stoppa sa pensée, sentant de nouveau les larmes monter. Quelle horreur, quelle putain d’horreur ! D’une traite, elle vida sa chope, espérant que le peu d’alcool qui se trouvait là-dedans pourrait lui redonner le sourire. Ruby ne pouvait pas souvent, et pour cette raison, elle sentait vite les effets de la boisson. Mais ce matin-là, le chagrin qu’elle ressentait empêchait tout effet d’euphorie. Elle était juste mal.

Sa musique étant à fond, elle entendit à peine la tenture se soulever. Mais elle le vit, et retira instantanément ses écouteurs, se frottant les yeux rapidement. Mais c’était inutile : rien ne pouvait plus dissimuler le fait qu’elle avait pleuré. La Serdaigle fut cependant soulagée de voir apparaitre Aure Strangle, une jeune fille de Poustouffle du même âge qu’elle. Soulagée, car Aure n’avait rien de méchant, et encore moins d’une commère. Elle n’irait sûrement pas répétée à toute les troisièmes années qu’elle avait surprise Ruby Standiford en train de pleurer, sous une marée de friandise, à six heures du matin. Et puis, la petite brune était agréable, pour le peu que connaissait Ruby d’elle. Cependant, celle-ci avait remarqué que depuis quelques temps, la Poustouffle n’était pas dans sa forme olympique. Pourquoi ? La jolie blonde avait une vague idée, mais sans pouvoir en être réellement sur. Quelque chose à voir avec Alex Turner selon elle. Tout simplement parce que depuis quelques semaines, eux qui avaient l’habitude de trainer ensemble n’étaient plus jamais ensemble. Et bien sûr, les ragots couraient, tous aussi délirants les uns que les autres. Mais ce qui était sûr, c’est que ce changement de situation n’avait pas l’air de plaire à Aure.


- Excuse-moi. Je peux m’en aller si tu préfères mais si tu veux parler de quoi que ce soit je suis là.

Elle avait murmuré, comme si elle avait eu peur d’énerver Ruby, ou réveiller quelqu’un. Elle avait un petit air désolé, bien qu’elle essayait de sourire, comme pour réconforter la Serdaigle. Cette dernière eut un sourire également, reniflant. Deux options : 1) Virer Mademoiselle Strangle avec un regard noir, 2) La laisser s’asseoir là. D’un signe de la main, elle tapota le sol à côté d’elle, invitant la jaune et noir à s’installer à côté d’elle. Car à vrai dire, à quoi bon être désagréable et ruminer toute seule ? Et puis, elle avait bien assez à manger pour deux. Une seule chose était cependant claire dans sa tête : il n’était pas question qu’elle parle de tout ça. Du moins, pour le moment.

-Je t’en prie, reste. Et prends un gâteau si tu veux. Tu connais cet endroit depuis longtemps ?

Et c’était reparti. Ruby avait remis son masque. Mais pour combien de temps ?

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Aure Strangle
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Mar 24 Avr - 22:50

Ruby s’essuya les yeux en vitesse et je la vis tenter de recomposer son visage et même de me sourire. Pas très brillant comme résultat pourtant. Je lui avais déjà connu des plus… plus quoi ? Plus vrai… Elle venait tout juste de sécher ses larmes, pourquoi me sourire ? Est- ce que je souris moi quand j’ai envie de tuer des gens ? Non, je serres les dents et je passe mon chemin me disant qu’Azkaban n’est pas un lieu fait pour moi.

Avait-elle peur ? Que j’ailles crier sur tous les toits que Ruby pleurait seule dans son coin à six heures du matin ? C’était une peur légitime : je connaissais pas mal de veracrasses qui l’aurait fait sans scrupules. Pas moi néanmoins. J’appréciais Ruby et lancer des rumeurs c’était pas tellement mon genre, surtout que j’étais moi-même l’objet de certaines.

-Je t’en prie, reste. Et prends un gâteau si tu veux. Tu connais cet endroit depuis longtemps ?



Je la remerciais d’un signe de tête et prenait un gâteau qu’elle me tendait et avant de répondre à sa question je mordais dedans. Pas mauvais, plutôt bon même. Je lui tendais à mon tour de paquet de bonbons.

- Ce sont des bonbon moldus, enfin tu dois connaitre je suppose.

Je savais que Ruby était née-moldu et qu’elle avait un temps vécut non loin de chez ma cousine. Je me demandais si elle appréciait les bandes dessinés, mais je n’allais surement pas lui demander dans l’immédiat. Elle n’avait surement pas envie de babiller gaiement avec moi. D’ailleurs moi non plus. Nous aurions surement le temps avant un cours de Runes.

- Je suis tombé sur cet endroit il y a quelques mois, depuis que le château m’apprécie un peu plus. Et toi ?

Je me demandais un instant pourquoi je lui posais cette question : je me fichais complètement de la réponse. Par contre le fait que nous soyons deux à connaitre et à avoir «  habité » cet endroit sans jamais ce croiser à part aujourd’hui me semblait cocasse. Sans le savoir toute deux partagions cette petite pièce, comme un lien inconnu.

Je reposais mon regard sur la Serdaigle. Elle semblait bien fatiguée, cela n’enlevait certes rien à sa beauté, mais on voyait nettement les cernes sous ses yeux bleus. Avec un rictus je me demandais de quoi je devais avoir l’air, moi qui n’étais déjà pas bien jolie d’habitude.

Je reportais mes yeux sur le paysage qui s’offrait à moi : toute cette neige ! Bientôt des imbéciles iraient jouer dedans se balançant allégrement des boules de neiges en pleine poire. Leur avait on dit qu’ils risquaient de tomber malade ensuite ? Et peut être même de mourir ? Quoi que non, finalement mieux valait leur laisser la surprise. Surtout si Alex faisait parti de ces imbéciles heureux. Non, non je ne souhaitais pas sa mort. Mais qu’il attrape une bonne pneumonie histoire de le clouer à l’infirmerie deux ou trois jours ce serait cool. Et peut-être même que si je m’y rendais il ne pourrait plus se défiler… Quoi que : il pourrait toujours faire semblant de dormir ce crétin fini. Je sentis un accès de colère me prendre et je broyais le reste du cookie dans ma main, imaginant que ce fut la tête d’Alex que je réduisais ainsi en miettes.

Cette solitude qui pesait dans ma poitrine depuis que le gryffondor m’avait laissé tombé, était atroce. Chaque jour était comme un nouveau petit coup de poignard, et malgré la colère, c’était surtout la tristesse qui me dominait. Ne savait-il pas tout ce qu’il représentait pour moi ? Il était le meilleur ami qu’on puisse rêver. Du moins jusqu’à maintenant.

Je me retournais de nouveau vers Ruby. Elle ne pleurait pas. Mais peut-être se retenait-elle.

- Tu sais, tu peux pleurer si tu veux. Je ne te demanderais pas pourquoi, ca ne me regarde pas, et je ne dirais rien à personne, ca ne les regardes encore moins. Et puis ca soulage, alors ne te gêne pas pour moi. Je ne suis moi-même pas des plus souriante, je pense que tu l’auras remarqué.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Jeu 3 Mai - 22:03

J’avais juste envie d’aller m’enterrer dans le parc de Poudlard. Pourquoi Aure m’avait-elle vu ?! Je me sentais soudainement très faible et vulnérable, encore plus que je ne l’étais déjà en ce jour. Je ne voulais pas qu’on voit ma faiblesse. J’étais Ruby putain, j’étais censée être forte. Sans émotion aussi, un peu. Pas une guimauve. J’avais peur du regard d’Aure, de ses questions, de ses remarques. Et si d’autres le savaient ? Je lui faisais confiance, mais j’avais toujours envie de me cacher quelque part. Mais maintenant qu’elle m’avait vu, je ne pouvais plus faire marche arrière. Je pouvais peut-être mentir et trouver une excuse ! Ça c’était une meilleure idée. Je devais faire marcher mes méninges, vite, pour une excuse. Mais rien ne me venait, juste le vide et la peur. Le souvenir de l’incident qui se jouait dans mon cerveau sans jamais s’arrêter. Je voulais me déconnecter, pourrir dans un coin mais par pitié, ne plus rien penser. Mais mon esprit ne l’entendait pas de la même oreille, et la douleur que je ressentais me donnait la nausée. Pourquoi m’était-il si dur d’oublier ? Je me laissais lentement glisser dans la fatigue et la lassitude. J’étais malheureuse et je n’avais plus la force de me battre pour changer la donne.

Oui, être heureux c’était dur pour les Hommes. Dans mon optique, nous naissions malheureux. La nature humaine a tendance à se plaindre facilement, à se laisser abattre à la moindre épreuve. Oui, restez avachie sur son canapé en pyjama en regardant un film à l’eau de rose était plus simple que de se lever, taper du poing et faire quelque chose pour vivre. Pour être heureux, c’était un combat de tous instant. C’était des cris, des concessions, des affrontements. C’était plonger ses mains en plein dans la merde pour chercher la petite clef dorée qui ouvrait la porte du paradis. Je n’étais pas une personne optimiste, mais j’en rêvais bien entendu. J’admirais ceux qui savaient rire de tout et relativiser. Ceux qui n’avaient pas peur d’être effrayer. De vivre. De courir. D’avoir mal. C’était la pire de mes inquiétudes. Je ne voulais plus ressentir cette incroyablement douloureuse transition entre le bonheur et le chaos. Ma solution ? Rester triste. C’était lâche et bas, mais ça m’était égal. Je voulais simplement vivre, ou plutôt survivre aussi longtemps que je le pourrais. Et je préférais être triste à long terme que de vivre une déception immense. Même si c’était fuir le bonheur, ça m’était égal. Je n’arrivais pas à fonctionner différemment de toute manière.


- Ce sont des bonbons moldus, enfin tu dois connaitre je suppose.

Oui, je connaissais. C’étaient des Schtroumfs, et je devais avouer que je n’en avais pas mangé depuis une éternité ! D’où Aure tenait-elle ses merveilles ? Je lui fis un sourire et adressais un merci pale et bas à la jeune fille. Je n’avais pas la force de mentir et de sourire comme une imbécile. Je plongeais dans ma fatigue et ma douleur, je m’y enfonçais comme dans des sables mouvants. Ma tête dépassait à peine et j’aurais voulu que l’on me la tranche, en toute honnêteté. Juste en finir avec ma mémoire qui s’activait malgré moi. Les bonbons… Je revoyais les après-midis chez mes Grand Parents, avec Mamie qui m’offrait toujours des sucreries et des gâteaux. J’en sentais l’odeur depuis ma chambre, je m’en souvenais à la perfection. Et moi, gamine comme j’étais, je courais dans l’herbe fraichement coupée en essayant d’attraper des papillons. Il était loin, ce temps de l’innocence.

- Je suis tombé sur cet endroit il y a quelques mois, depuis que le château m’apprécie un peu plus. Et toi ?

Moi ? Le hasard faisait bien les choses pour une fois dans ma vie. Ce lieu était ma cachette, mon refuge. Je plongeais ma main dans ma boite de cookies. Ils étaient délicieux et encore chauds. Comme quoi, il pouvait y avoir des rebondissements agréables à cette journée… J’hésitais entre rire jaune et exploser en larmes. Je choisis le parti de rester de marbre, la gorge sèche, avec une sérieuse envie de disparaitre de la surface de la terre. Ou voler au-dessus d’elle. Peut-être voir la vie pourrie des autres me ferait relativiser sur la mienne ? Là, j’eus sérieusement envie de pleurer. Il n’y avait pas pire.

-Le hasard également.

Je n’osais pas être bavarde, je n’en avais pas la force. Je m’en voulais d’être si faible mais je ne pouvais y échapper. Je me sentais petite sur terre, inutile et sale. Tâchée, à l’encre indélébile. Sale, sale et sale. Et peu importe le nombre de douche, de bain, de savon, de gommage, rien ne changeait. J’étais sale à l’intérieur. L’idée même me fit frissonner. Pourquoi y pensais-je toujours et sans cesse ? Pourquoi me souvenais-je que c’était ce jour-là et pas un autre ? Pourquoi ne pouvais-je pas simplement oublier ? Supprimer ce chapitre de ma mémoire. Et les chapitres d’après. Tout, avant Poudlard. Ou tout, pour toujours. Plus de cerveau, plus de vie.

- Tu sais, tu peux pleurer si tu veux. Je ne te demanderais pas pourquoi, ca ne me regarde pas, et je ne dirais rien à personne, ca ne les regardes encore moins. Et puis ca soulage, alors ne te gêne pas pour moi. Je ne suis moi-même pas des plus souriante, je pense que tu l’auras remarqué.

Je n’osais pas la regarder, mais je pris sa remarque comme une petite lueur au fond de mon trou noir. Un baume au cœur en quelque sorte. Mais pas question que je pleure devant elle, bien que ma voix tremble encore et que ma gorge ait le goût des larmes. Je ne le connaissais que trop bien. Je finis mon cookie sans dire un mot. J’avais peur d’exploser en sanglot à la moindre réponse.

-Ca va, merci. Ma voix était faible et prête à se briser à tout instant. Pourquoi tu ne souris plus ?

On aurait dit une question de gamine, de petite fille. Mais j’en étais encore une fond, parce qu’en vérité on m’avait volé mon enfance.


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Aure Strangle
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Ven 20 Juil - 0:44

Je continuais d’observer la neige qui tombait, c’était calme, apaisant et puis ca m’évitait de regarder ma camarade : moins j’en saurais mieux je me porterais. J’étais presque certaine que si Ruby Standiford, une fille assez «  populaire » venait se terrer dans un coin comme celui-là pour pleurer ce n’était certainement pas pour des histoires futiles et sans importance. Ce devait être quelque chose de plus grave et qu’elle gardait secret, sinon je suppose qu’elle aurait eut pas mal de ses amis pour la consoler. Or, en matière de secrets je m’y connaissais et je savais par expérience qu’on n’aimait pas en parler. Surtout pas au premier venus. Moi il m’avait fallut trois ans pour le confier à mon meilleur ami.

Mais Ruby, elle pourtant, pleurait seule ici. Et finalement je me demandais ce qui était le plus triste : être entourée comme elle l’était tout le temps mais ne pas pouvoir se confier ou n’avoir qu’une personne mais pouvoir tout lui dire. Je me rangeais à l’avis que si Alex ne m’avait pas laissé tomber ce serait bel et bien la première situation la plus tragique. En regardant la Serdaigle, où l’on voyait encore les traces des larmes sur les joues, j’eus presque envie de la prendre dans mes bras et de la consoler, mais j’ai bien dit presque : Jamais je ne pourrais me permettre ce genre de chose, et puis ca pourrait blesser la fierté de l’aiglonne. Et puis en ce moment j’étais plus dans une phase : j’ai envie d’étouffer, que j’ai envie de câliner.

-Le hasard également.



J’acquiesçais mais en fait je m’en doutais un peu : à Poudlard toute les découvertes et les rencontres se faisaient par hasard, et notre situation à Ruby et moi en était l’illustration même. Je ne savais pas trop quoi lui répondre : Je ne souhaitais pas poursuivre plus en avant la conversation sur cet endroit, ca risquait de tourner un peu court, et de toute façon je n’avais pas tellement envie de parler de quoi que ce soit. Il y avait fort à parier qu’elle non plus d’ailleurs.


-Ca va, merci. Sa voix pourtant semblait indiquer le contraire. Pourquoi tu ne souris plus ?

Sa question me mis réellement mal à l’aise. Je savais qu’elle avait raison : Depuis quelques mois même mes très chère bandes-dessinées ne me faisaient plus rire. Et ca c’était un signe que je n’allais vraiment, mais alors vraiment pas bien. De tout temps mes Astérix, mes Jojo, mes Schtroumfs avaient été mes bouées de secours. J’avais toujours réussis à rire des gags même si je les lisais pour la cinquantième fois.

Je ne savais que trop lui répondre. La vérité ? «  Et bien écoute ma petite Ruby, j’ai avouer à mon meilleur ami que ma sœur s’était faite déchiqueter par une bête féroce juste sous mes yeux, et depuis il ne me parle plus, mais alors plus du tout. Alors tu vois ma petite Ruby en ce moment je développe des pensées plus ou moins inquiétante, qu’un psychopathes pourrait avoir. Ca répond à ta question ? Oui ? Tant mieux par ce que sinon je t’aurais étouffée. » Non décidément je ne pouvais pas lui dire la vérité. Alors quoi lui mentir ? En lui disant que c’était simplement mes muscles de joues qui refusaient désormais d’étirer mes lèvres en un sourire par ce qu’ils faisaient grèves sous motifs que je les utilisaient trop souvent autrefois ? Non. La solution résidait peut-être en une semi vérité :

- Mon meilleur ami refuse de m’adresser la parole. Je n’ai pas très envie d’en parler, pardon.

Je ne souhaitais pas parler de ça davantage, c’était déjà assez douloureux de simplement énoncer cette vérité… Je ne désirais pas raconter toute ma misérable petite vie à Ruby. En plus s’aurait été égoïste de l’accabler de mes malheurs alors qu’elle aussi semblait avoir pas mal de soucis en tête.

En réalité j’avais envie de partir : les autres s’étaient déjà levé et j’entendais certains matinaux qui marchaient dans les couloirs, surement pour se rendre à la grande salle. Moi aussi je commençais à avoir faim, et il valait mieux que j’y aille tôt histoire de ne pas croiser Alex là bas ou dans les couloirs : on ne sait jamais vu l’humeur dans laquelle je suis, je serais bien capable de le tuer si jamais je croisais son chemin. Enfin pas le tuer tout de même… mais du moins le rouer de coups de mes maigres forces. Je me levais.

- Je vais aller manger.
Lui dis-je. Tu veux venir avec moi ?

Je sentais qu’elle répondrait négativement à cette question, c’est pourquoi je lui tendais le reste de mon paquet de bonbons.

- Tiens, garde-le. Et puis ne t’inquiète pas, je te promet de garder le secret sur tout ça. Si tu veux je dirais aux profs que tu ne vas pas bien.

Et je lui adressais un maigre sourire, mais un sourire tout de même.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "You fall away." |PV A.|   Mar 21 Aoû - 1:40

J’étais à deux doigts d’exploser en sanglots et pourtant, je tenais à m’accrocher. Etait-ce une question de fierté ? De honte ? Probablement un peu les deux. Je ne voulais pas qu’Aure me voie dans cette position, ou n’importe qui d’ailleurs. Je ne voulais pas de question, pas d’attention, pas de pitié. Et surtout, je voulais que cet incident cesse de me miner. C’était fini, je ne voulais plus qu’il ait d’emprise sur moi et pourtant je le sentais encore autour de moi, partout, m’étouffant. A quel moment est-ce que le passé cessait d’avoir une emprise sur vous ? Parce qu’il revenait toujours et s’insinuait dans chacun de mes actes, mes paroles, mes relations. Devais-je le fuir ? Faire comme si l’incident n’avait jamais eu lieu ? Me construire par-dessus ? Je n’avais aucune idée de la tactique alors je me contentais de subir en essayant d’y penser le moins possible, de ne pas toujours me laisser m’enfoncer dans les souvenirs. Mais ils revenaient toujours de toute manière. La nuit surtout. Chaque fois, le même cauchemar, avec quelques variantes. Si bien que j’en étais devenue insomniaque, super quoi. J’en avais marre, j’étais crevée.

Mais visiblement, je n’étais pas la seule. Aure n’avait pas une très bonne mine et elle m’avoua sans joie qu’elle non plus n’était pas au meilleur de sa forme. C’était presque drôle parce qu’honnêtement, je ne l’avais pas du tout remarqué. Personne n’avait dû le voir. Parce qu’au final, les gens étaient très doués pour se cacher, plus que nous le pensons. Combien de sourire sont faussés chaque jour ? Des milliards. Combien de questions sont posés ? Même pas une dizaine. Nous étions un peu tous égoïstes au final, et pas vraiment observateur. On croyait qu’on allait mal dans notre coin mais au final, on n’était pas si seul que ça. J’adressais un sourire triste à Aure, parce que peu importe la raison de son chagrin, les mots étaient probablement inutiles. Je savais que les désolé ne changeaient rien, pas plus que la compassion ou la pitié. Parfois, il n’y avait simplement aucune solution. Sauf celle de laisser le temps couler, et la mémoire se dissiper comme la brume du matin. Sauf que mon horloge était visiblement bloquée à l’aube, et j’étais dans le flou totale depuis 7 ans. Tant pis. Je ferais avec.


- Mon meilleur ami refuse de m’adresser la parole. Je n’ai pas très envie d’en parler, pardon.

Ah. Je fis un signe de tête pour approuver son désir de ne pas s’étendre sur le sujet. Je comprenais plus que toute cette envie. Ne pas s’étendre sur sa peine, ne pas mettre de mot dessus. Pour juste ne pas y penser. Je fixais la vue incroyable qu’offrait ce repère que j’aimais tant. Ici, il n’y avait plus rien d’autre. Juste cette douce sensation d’être dans un cocon, loin des problèmes, du reste. Au fond, la sensation de sérénité ne durait pas, mais ça faisait du bien d’y croire ne serait-ce qu’un instant. J’espérais du fond du cœur qu’Aure pouvait trouver parfois un peu de repos, car je n’imaginais pas la douleur que devait produire la perte d’une amitié. Que c’était-il passé entre elle et son soi-disant meilleur ami ? Oui parce que s’il tenait vraiment à elle, je ne crois pas qu’il se serait éloigné. Ou alors… Ce seraient-ils disputés ? Je n’en savais rien et bizarrement j’avais l’impression que ça échappait aussi à Aure qui semblait assez retournée par cette constatation.

- Je vais aller manger. Tu veux venir avec moi ?

Je fis un signe de tête négatif. Sortir en ce jour ? Je me sentais vide de toute force et affronter le regard des autres me paraissait intolérable. Parce que l’idée même de me voir dans un miroir me dégoutait, je me dégoutais. Etais-je un monstre, comme le disait ma mère ? Aujourd’hui, je me sentais tel quel. Parce que l’incident était là, présent, parce que ça c’était passé il y a exactement sept ans. Cette date semblait être l’annonce de mon arrêt de mort, ou un truc du genre. Oui honnêtement, je ne voyais pas comment un jour je pourrais me réveiller en sachant qu’aujourd’hui était la date précise de l’évènement, mais sans avoir envie de vomir. Ou sans y penser.

- Tiens, garde-le. Et puis ne t’inquiète pas, je te promet de garder le secret sur tout ça. Si tu veux je dirais aux profs que tu ne vas pas bien.

Je regardais tantôt le paquet de bonbon qu’elle me tendait, et son sourire. Faiblement, je l’attrapais avec un merci et je répondis à son rictus qui sonnait presque sincère malgré nos douleurs respectives. Je ne dirais rien non plus à personne, pensais-je, et je savais que désormais ce moment allait lier Aure et moi d’une certaine manière.

- Je ne dirais rien non plus. Merci beaucoup Aure. Je lui dis un pâle sourire tandis qu’elle se dirigeait vers la tapisserie. Avant qu’elle sorte, je rajoutais bravement. Je te vois demain.

Parce que ce soir, je ne mangerai pas dans la grande salle. Mais demain qui sait, peut-être allais-je déjeuner avec Aure ? Je pourrai peut-être faire sa connaissance d’une manière plus joyeuse qu’en pleurant sur nos cookies ?



THE END


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"You fall away." |PV A.|
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