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"J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]

 

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 "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Sam 7 Jan - 1:23

"J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir."
[S. Gainsbourg]



|L'action se déroule durant le bal, suite au RP "All my broken heart beats" entre Jay, Traice et Ruby|




Pendant un instant, Jay sembla incapable de répondre. Il regarda Ruby un court instant, mais si intensément qu’elle en fût déstabilisée. Elle peinait à soutenir ses yeux d’un noir profond qui ne laissaient transparaitre aucune émotion. Baissant les yeux, elle s’apprêtait à retirer sa main de la joue du garçon quand quelque chose se produisit. Quelque chose de visiblement inattendue. Une voix retentit autour des deux élèves, une voix chaude et chaleureuse, qui trahissait le bonheur dans lequel se trouvait visiblement la personne concernée.

- Je suis désolée d’avoir mis autant de temps, mais il y avait un de ces…

Ruby relâcha sa main toujours suspendue sur la joue de Jay, et se retourna, cherchant la jeune fille qui avait parlé. Elle reconnut alors Traice Swily, une deuxième année de Gryffondor au teint de pêche et aux jolis yeux pétillants et en amande. La Serdaigle la connaissait, car elles faisaient toute deux parties de la même équipe de Quidditch, et étaient donc amenés à parler de temps en temps, au détour d’un entrainement. Pourtant, la blonde ne cessait de froncer les sourcils à chaque intervention de la fillette, persuadé d’avoir déjà vu ce visage, entendu ce nom, mais sans jamais réussir à apposer un souvenir sur ce dernier. La seule chose qui lui venait à l’esprit, c’était une cerise et un chaton. Pourquoi ? Elle l’ignorait.

Se concentrant à nouveau sur le visage de l’asiatique, tentant une nouvelle fois d’enfin trouver qui elle était, et pourquoi elle semblait si familière, elle réalisa à quelle point celle-ci semblait furieuse. Pendant un instant, la Serdaigle ne comprit pas, fronçant ses sourcils, un air surpris sur le visage. Elle regarda Jay, en quête d’explication. Il avait l’air tout aussi ébahit, tournant sa tête de gauche à droite, fixant Traice. C’était comme si il essayait de lui expliquer quelque chose, sans parler. La brune elle, avait les larmes aux yeux et semblait l’air si déçue, si… Blessée ! Ruby continuait de regarder Jay, puis Traice, cherchant à comprendre. Et puis pouf, elle réalisa. La Gryffondor… C’était probablement la cavalière du garçon. Et elle venait de le retrouver, les bras dans une autre, qui lui touchait la joue, comme si elle allait l’embrasser. Quiproquo. Et merde.

C’est vrai qu’ils avaient proches, tous les deux, Ruby l’avait déjà remarqué. Au Quidditch, mais aussi dans les couloirs, il n’était pas rare de les voir rire ou discuter ensemble. Cependant, autour de ce duo planait toujours l’ombre d’un autre : Dray Collins, le capitaine de l’équipe, qui semblait ami avec Jay, et bloquée sur la beauté de Traice. Triangle amoureux ? Ruby n’était pas sur de tout bien comprendre les subtilités de leur histoire. Elle s’apprêta à parler, pour expliquer le malentendu et rétablir la vérité, lorsque dans un mouvement de foule, la Gryffondor fût bousculé. Le contenu des deux coupes qu’elle tenait, surement pour Jay et elle, se déversa sur Ruby et le garçon. Cela lui provoqua une sensation assez désagréable, mais elle se félicita intérieurement d’avoir choisie une robe noir, là au moins, la tâche se verrait moins. Bon, la jeune fille allait sentir le champagne toute la soirée… Elle se sentit légèrement énervée, mais repensant au fait qu’elle venait de briser la soirée de la deuxième année, elle ne pipa pas mot.


- Désolée… Bonne fin de soirée.

A ces mots, Traice jeta au garçon une rose probablement offerte par ce dernier, et les joues humides et la mâchoire tremblante, elle quitta la salle. Malgré le bruit ambiant, c’était comme si un silence s’était installé dans le cerveau de Ruby, qui regarda Jay. Celui-ci semblait encore sous le choc et il avait lâché la jeune fille, se relevant. Il sembla hésita à partir, peut-être à suivre la jolie brune, mais il était comme cloué au sol. Son regard était vide, ébahit. La Serdaigle elle, ne savait pas où se mettre, que dire. Visiblement, elle était la cause de ce drame, de cette fin de soirée « tragique », tout ça alors qu’elle voulait juste essuyer une tâche sur la joue de son camarade. Elle remit une de ses mèches, se mordit la lèvre inférieure et s’apprêta à parler. Mais l’asiatique fut plus rapide. Sa voix était sèche, vide, et il confirma les soupçons de la fillette.

- J’étais venu avec Traice. Faut croire que j’ai tout gâché…

Il avait pris son visage entre ses mains, soupirant. Il releva brusquement la tête, animé désormais par un sentiment qui semblait plus sauvage. C’était comme si le garçon était en colère, mais aussi choqué, perdu. Prenant Ruby par les épaules, il s’approcha soudainement à une vitesse effrayante du visage de la jeune fille. Mais qu’est-ce qu’il foutait ?! Le cœur de la Serdaigle s’accéléra, tandis que leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres. C’était quoi ce bordel ? Jay était-il dans un tel émotionnel avait juste besoin de calmer ses pulsions ?! Sa relation avec la blonde n’avait jamais été ambiguë, mais là, elle l’était clairement. C’était si spontané que la jeune fille qui n’avait toujours pas décroché un mot, et elle n’osa pas le faire. Et puis, en l’espace d’une seconde à peine, leurs lèvres furent si proches qu’elles s’effleurèrent. Si rapidement, si vivement, que Jay n’avait peut-être même pas réalisé, au contraire de Ruby qui était complètement perdue au milieu de cette soirée si étrange. Le garçon recula, relâchant la fillette. Il la toisa, et lâcha d’un ton autoritaire.

-Je te raccompagne.

La Serdaigle opina, suivant le jeune homme au travers de la foule qui avait à peine remarqué l’incident qui venait de se dérouler. Honnêtement, la jeune fille était toute retournée, incapable d’analysa calmement ce qui venait de se produire. Jay, trace noire, Traice, champagne, rose, pleurs, baiser. Chaque mot était plus étrange encore que le précédent. C’était quoi cette soirée ?! Arrivant dans le hall, ils n’avaient toujours échangé aucun mot. L’endroit était quasi-désert, et les talons de Ruby résonnaient, -clic clac clic clac- à chacun de ses pas. Le garçon semblait décidé à la ramener à sa tour, et alors qu’ils se dirigeaient vers l’escalier, la jeune fille aperçut une porte cassée au fond de la salle. Dans sa tête, tout s’illumina très vite dans son cerveau. C’était un vieux placard à balai et à divers objets utiles au concierge ou aux elfes. Elle l’avait déjà ouvert, sous demande d’un de ses professeurs, pour prendre une… Une idée apparut dans son esprit, simple et clair. Elle n’eut pas besoin de réfléchir, de méditer. Instinctivement, elle savait que c’était ce qu’elle devait faire.

-Attends une seconde.

Ruby s’écarta de Jay qui semblait surpris de son attitude. Elle se dirigea rapidement vers le cagibi, et l’ouvrit sans même prendre la peine de vérifier si on l’observait. Elle en tira une couverture épaisse et volumineuse qu’elle fourra sous son bras. La même que celle que voulait le professeur la dernière fois. La jeune fille eut un sourire satisfait lorsqu’elle revint vers le jeune homme. Elle s’arrêta, le regarda un instant et sans réfléchir à ce qu’elle faisait, à ce que ce geste pouvait signifier ou déclencher chez le garçon, elle lui saisit la main. Sa peau était glaciale et douce. Elle n’avait pas réfléchi, cela lui parut si naturel. Jay avait juste besoin d’un soutien. Et c’était la Serdaigle, ce soutien. Cette dernière lui sourit et murmura.

-Viens, je crois que t’as besoin de parler.

Elle l’attira hors du hall, dans l’immensité du parc de Poudlard. Certains élèves étaient aussi dehors, et l’on entendait des éclats de voix au loin. Que faisaient-ils, sous les arbres, ou cachés derrière les buissons ? Ruby ne préférait pas savoir. Ils marchèrent quelques minutes, Jay suivant la troisième année sans un mot. Elle s’arrêta dans un recoin tranquille du parc, où elle s’assit, faisant signe au jeune homme de faire de même. Elle glissa la couverture sur ses épaules, en donnant un bout à son camarade. L’air était frais, mais le ciel clair, sans nuage, laissant paraitre une multitude d’étoile. La jeune fille frissonna sous l’épaisseur de la couette. Elle se tourna vers le Serpentard, fixant son visage à travers l’obscurité. Et puis, tout naturellement, elle lui dit doucement.

-Alors, tu es amoureux de Traice ?


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Jay Blackwood
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Sam 7 Jan - 21:14


Précédent Ruby, nous marchions entre les gens, évitant un tel, bousculant parfois son camarde. En tout cas, pour moi. Je n’avais plus vraiment conscience de ce qui se passait autour de moi. J’avais juste envie de sortir d’ici, de ne plus entendre parler d’un quelconque bal ou d’une jeune asiatique. Mon amour-propre en avait prit un coup. Et si je ne me laissais pas facilement abattre, je n’étais pas loin d’avoir envie de tout laisser tomber et de courir sous ma couverture. Mais j’avais avant promis à Ruby de la raccompagner chez elle, même si en somme, elle ne m’avait rien demandé. Des centaines d’élèves grouillaient partout autour de nous. Je n’étais pas agoraphobe, mais ce n’était pas loin de le devenir si nous ne sortions pas vite de cette pièce beaucoup plus encombré que de normal. Vivement que les quatre tables soient remises.

Nous sortions enfin de la grande salle. Quand j’y pense, il s’y était passé tant de choses. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, au final nous ne nous rappelions que de celles qui nous ont transportées dans un univers d’euphorie. Plus tars, je ne me souviendrai que de la danse avec Traice, du sauvetage de Ruby. Et ce n’était peut-être pas la peine d’être autant sur les nerfs… Si ? Enfin, en ce moment, je ne voyais pas plus que le bout de mon nez. Dans le hall, le bruit s’estompait peu à peu, nous n’entendions que le bruit des talons de la Serdaigle ainsi que des chuchotements venant des recoins sombres. Ce silence faisait tellement de bien. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est bénéficiaire quant à remettre ces idées en place, certes, mais il apaisait, c’était indéniable.

Nous étions à quelques pas du début des escaliers menant vers les hauteurs du château, quand Ruby s’arrêta et s’éloigna de moi tout en me disant de patiente une seconde. Bon, je me tournais vers l’endroit où elle se rendait, sans bouger d’un pouce. Je n’avais plus vraiment conscience, comme dit tantôt, et j’attendais donc qu’elle revienne d’où elle était partie. Avec les yeux dans le vague, je vis la jeune fille ouvrir une porte dans le mur. Gné ? En regardant plus attentivement, je me fis la réflexion que c’était surement un placard, ou quelque chose dans ce goût là. Et mon intuition, si ça en était une, s’avéra juste car deux secondes plus tard, je vis la Serdaigle en sortir, tenant dans le creux de ses bras nus une énorme couverture. Et énorme était le mot juste. Je m’approchais d’elle, tout en haussant un sourcil. Pourquoi avait-elle été empruntée cette couverture ?


- Viens, je crois que t’as besoin de parler.

Je sentis ensuite la main beaucoup plus chaude que la mienne de Ruby saisir mes doigts, et m’attirer avec elle en dehors du château. La Serdaigle me souriait d’un sourire bien veillant, ceux qu’on réserve aux proches souffrants. A croire que ça se voyait tant que ça que je n’étais pas au meilleur de ma forme… Extérieur que nous pouvions à nouveau parcourir une fois la nuit tombée depuis que les hommes et femmes à capuches noires avaient été expulsés du château. Je suivis la jeune fille dehors donc. L’air était vachement froid, et celui-ci se projeta sur mon visage quand nous passions le pas de l’énorme porte délimitant le château à son parc.

Les étoiles étaient hautes dans le ciel, et aucuns nuages ne venaient obscuré notre vue. Une magnifique nuit pour voir défiler une pluie d’étoiles filantes. Mais je doutais que ce serait pour ce soir. Ce serait trop beau. Aucun autre mot n’était sorti depuis qu’elle m’avait prise la main. Et nous avancions toujours, sans vraiment faire autre chose, si pas du tout. Autour de nous, de jeunes gens étaient assis ici ou là. Chaque avait son petit jardin secret le partageant avec une personne chère ou non. Chose que je n’avais jamais appris à faire, et dont je n’avais jamais voulu non plus.

Petit à petit, nous arrivions à la lisière de la forêt interdite. Et sous la nuit, le couvert des arbres était plus que sombre. A croire qu’un pot de peinture noir géant s’était abattu sur la forêt, redéfinissant sa couleur. Quand Ruby se mit par terre, assise, me faisant signe de la rejoindre. Une fois les jambes croisées à ses côtés, elle m’offrit un bout de la couverture. Elle servait donc à cela. Pas bête comme idée, du tout. Je souris doucement à Ruby afin de la remercier. Là-dessous, il faisait bien chaud. Même si ce n’était pas encore un lit avec une bouillote à vos pieds. Le bras nu de la troisième année frôlait le mien. En y réfléchissant, mon geste de tout à l’heure, à savoir presque l’embrasser avait pu paraître quelque peu ambigüe n’empêche… Bah, tant pis, j’en étais plus à me tracasser pour ça.


- Alors, tu es amoureux de Traice ?

Je tournais mon regard vers Ruby. Au moins, la jeune fille avait le mérite d’être clair. On ne peut plus clair même. Bah, c’était son franc parlé qui m’avait toujours amusé et qui nous avait rapprochés dans l’équipe de Quidditch. On pouvait même dire que j’avais toujours admiré cela. Je n’arrivais pas toujours à dire ce que je pensais au plus profond de ma pensée. Voilà pourquoi je n’avais peut-être jamais su mettre des mots sur la relation que j’entretenais avec Traice…

Mais suite à sa question, qu’est-ce que je pouvais bien lui répondre ? Je n’en savais rien moi-même, et si j’espérais tout clarifier ce soir, ça n’avait pas été le cas, et j’étais toujours aussi perdu qu’au début de la soirée. Je soupirais de désespoir et d’agacement envers moi-même.


- Je ne sais pas trop quoi te répondre. Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je laissais un silence s’installer, pendant que je mettais mes idées en place. Tu sais, je la connais depuis que je suis haut comme trois pommes. Et franchement, je n’aurais jamais pensé la revoir ici. Vraiment, ce fut une surprise. Bonne, certes. Et si je suis bien quand je suis avec elle, je ne sais pas si on peut appeler ça de l’amour.

Ça me faisait bizarre de me dire que je parlais de mes « problèmes sentimentales » avec Ruby Standiford. Mais il faut un début à tout pas vrai ?

- Désolé de t’embêter avec ça… Tu n’es pas obligé de m’écouter me plaindre tu sais.

Je la regardais dans le fond de ses yeux bleus, toujours aussi beaux en somme. La lune faisait un reflet doré dans ses cheveux couleurs de blé. On ne pouvait pas nier qu’elle était vraiment belle. Si au départ, j’avais pensé d’elle qu’elle était superficielle et trop sûr d’elle, mon opinion avait directement changé dès la première fois où je lui avais adressé la parole, et je ne le regrettais vraiment pas.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Dim 8 Jan - 0:36

Le garçon regarda Ruby un instant, cherchant ses mots. Au travers les branches de l’arbre sous lequel ils s’étaient assis, la lumière de la lune filtrait et éclairait seulement quelques parties du visage de Jay. Ce dernier était comme crispé, signe de sa frustration suite aux événements de la soirée. Pourtant, il avait d’habitude des traits si doux, ronds, agréables. Les voir ainsi tordu en un rictus déçu et perdu peignait un portrait peu fidèle du Serpentard. Celui-ci avait cette mine détendu, heureuse, tirant presque vers un « je-m’en-foutisme » charmant qui ce soir s’était transformé en un visage fatigué et triste. Et cet air ne lui allait pas, vraiment pas. Il arracha même un sourire désolé des lèvres de la jeune fille qui se sentait si mal d’avoir ruinée sa soirée. Lorsqu’il soupira, Jay provoqua un sentiment étrange dans la poitrine de Ruby : une espèce de compassion mêlée à de la culpabilité. Elle se mordit l’intérieur de la joue.

- Je ne sais pas trop quoi te répondre. Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Tu sais, je la connais depuis que je suis haut comme trois pommes. Et franchement, je n’aurais jamais pensé la revoir ici. Et si je suis bien quand je suis avec elle, je ne sais pas si on peut appeler ça de l’amour.

Ainsi, il la connaissait depuis son enfance ? Ruby l’ignorait, et cela apporta un détail de plus à l’histoire qu’elle tentait tant bien que mal de comprendre. Il ignorait donc que c’était une sorcière, ou peut-être était-il lui-même né-moldu ? Bon, il était à Serpentard, ce qui en l’occurrence réduisait les possibilités. Cela devait donc venir de Traice. Ou alors les deux n’en avaient jamais parlé ? Trop de questions se bousculaient dans l’esprit de la bleue et bronze, et elle savait qu’elle ne pouvait toute les poser. Il fallait qu’elle devine elle-même, ou qu’elle fasse avec, avec les bouts manquants. Ce n’était pas dur pour une fille qui aimait autant analyser, et deviner, mais c’était simplement frustrant. Elle aurait voulu une fiche détaillée sur Jay et Traice, pour pouvoir assimiler clairement toute la complexité de chacun. Mais cela ne fonctionnait ainsi, la vie ne nous apportait pas les réponses sur un plateau. Et Ruby allait devoir se débrouiller ainsi.

Au fond de lui, la fillette le sentait, le jeune homme semblait ressentir un trouble, une gêne, mais qui datait de plus longtemps que ce soir. C’était comme si la question de la Serdaigle avait ranimé une flamme qui grésillait à l’intérieur de lui, et désormais brulait d’un feu doux, consumant le garçon. Ce feu, c’était probablement celui animé par le questionnement, l’incertitude que ressentait visiblement le vert et argent. L’Amour. Quel mot hein, et quel sentiment, quelle idée ! Noble, pure, destructrice ! Et tout ce que ça impliquait d’être amoureux… ! Les nuits à se torturer l’esprit, à se questionner, les bonds dans la poitrine, les moments de doutes, l’absence insoutenable… Analysant tout ceci, la jeune fille se félicita de n’avoir jamais ressenti ce sentiment auparavant. Elle n’était pas faite pour aimer, elle le savait. Elle ne l’était plus, plus depuis l’incident. Au fond, elle ne savait pas si elle aimait cette réalité. Tout ce dont elle était sure, c’est que c’était ainsi pour le moment. Chaque once d’affection envers un garçon, une affection un peu trop forte, la faisait avancer d’un pas et reculer de deux. Elle n’arrivait pas à sortir son père de son esprit. Il était là, ancré, comme une marque au fer rouge dans son cerveau.


- Désolé de t’embêter avec ça… Tu n’es pas obligé de m’écouter me plaindre tu sais.

Au son de la voix de Jay, le visage de son père s’effaça dans son cerveau, en un claquement. Balayé d’un revers de main. Le poids qui pesait dans la poitrine de Ruby s’envola, mais elle le savait, pour un instant seulement. Dès qu’elle serait à nouveau seule, sous sa couette, en cours, dans la salle commune, il reviendrait planer au-dessus d’elle. Elle n’arrivait juste pas à se le sortir de la tête. La Serdaigle baissa les yeux et secoua la tête légèrement, comme pour dissipé l’ombre imposante de son père qui planait derrière elle. Doucement, elle reprit la main du garçon. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle faisait ça. Pour la première fois de sa vie, elle avait l’impression qu’un contact physique était important. Elle avait toujours détesté ça, qu’on la touche. Mais là, c’était différent. C’était plus doux, plus naturel. Tant d’émotions peuvent passer dans le touché ! C’était d’ailleurs pour cela qu’habituellement la jeune fille refusait ce contact, de peur de trahir ses sentiments. Mais ce soir, ceux de Jay étaient si puissant, si exacerbés que ceux de Ruby n’avaient pas lieu d’être.

-Ça ne me dérange pas. Au contraire. Je trouve les sentiments fascinants. Complexes, mais fascinants.

Et dangereux, songea la bleue et bronze. Voire effrayant en fait. Ils étaient si incontrôlable, si... Vifs ! Chaque chose que l’on ressentait, la haine, l’amour, l’envie, la passion… Cela venait, cela repartait ! Si vite, si agressivement ! Honnêtement, elle avait peur de ressentir quelque chose de si fort. Elle mettait toujours son cœur en mode pause pour activer l’avance rapide dans son cerveau : Ruby aimait prévoir ses réactions, celle des autres, les causes, les conséquences. Tout était pensé, médité, réfléchi. Ce qu’elle ressentait, elle tentait, avec de plus en plus de mal au fil des années, de le cacher. Mais depuis son arrivée à Poudlard, elle s’était ouverte aux autres. De plus en plus. Certes, elle était toujours sur ses gardes, mais peu à peu, elle avait pris plaisir à être accompagner, et se sentir apprécier. Et lorsque l’on prend goût aux sentiments des autres, on ne peut continuer d’ignorer si fortement les siens.

-Je suis désolé d’avoir gâché ta soirée.

Ruby regarda Jay de nouveau. Il n’avait pas encore parlé, comme si il cherchait à expliquer quelque chose, à comprendre. Il se noyait littéralement dans ses émotions qui l’asseyaient de toute part. Elle le sentait, au travers de leur unique lien, leurs mains reliées. Doucement, la Serdaigle passa son pouce sur le dos de celle du garçon, comme un geste pour l’apaiser, pour s’excuser. Tous les deux, sous leur couette, ils formaient une sorte du duo atypique, un peu perdu dans les questionnements d’adolescents. Seuls, au milieu de l’immensité du parc. Dans ce noir intense, aveuglant. Malgré la chaleur que lui procurait la couverture, elle sentit sa peau parcourue d’un nouveau frisson. De plus, le côté gauche de son corps était encore plus refroidi de par la coupe de champagne renversée sur la robe de la jeune fille, procurant une sensation de vêtement mouillée désagréable. Elle leva les yeux vers le ciel étoilé, et perdit son regard dans les points lumineux que l’on distinguait à travers le rideau de feuille de l’arbre.

-Tu sais, on dit toujours qu’il y a des signes pour voir si l’on est amoureux. Si on pense sans arrêt à la personne, si on la cherche des yeux, si l’on ressent de la jalousie quand elle est avec une autre… Tu ressens tout cela envers Traice? Ruby laissa sa phrase en suspens au moment. Un autre comme… Dray ? La question lui brula les lèvres mais elle ne la laissa pas sortir. Elle baissa le menton, posant à nouveau ses prunelles sur le visage de l’asiatique. Tu crois qu’elle, elle t’aime ?

Ça, c’était la question la plus dure de toute.


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Jay Blackwood
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Lun 9 Jan - 21:12

Je n’aurais jamais pensé que cette soirée qui avait pourtant si bien débuté finirait dans les larmes. Bon, certes je n’en pleurais pas, mais c’était une expression comme une autre. Une soirée ratée. Voilà comment on pouvait appeler cela par son vrai nom. Et franchement, je ne savais plus trop quoi pensé sur tout ça. Mon amitié avec Traice était-elle finie ? Devais-je lui parler de mes doutes ? Aurais-je la force de la faire ? Tant de questions qui restaient sans réponses. Réponses dont je n’étais pas sûr de vouloir connaître. Mais en même temps, rester dans l’ignorance, très peu pour moi, vraiment. Dilemme mes amis. C’était un vrai cercle vicieux dont on ne voyait jamais le bout tant qu’on n’avait pas prit les choses en main. Et en ce moment, là, tout de suite, je n’avais aucune envie de prendre quoique ce soit en main.

Et Merlin seul sait oh combien j’avais misé sur cette soirée. Mettre des mots sur tout ce qui se passait actuellement entre la jeune Gryffondor et moi, si quelque chose se passait. Peut-être comblé ce vide que j’avais toujours eu. Vide dont je ne connaissais en aucun cas la provenance. Et bordel, ce que ça pouvait me faire tourner des heures, seul, dans ma chambre, en rond, à chercher un je ne sais quoi, peut-être un qui. Malheureusement, ça ne semblait pas être ce soir que je trouverais une quelconque réponse.


- Ça ne me dérange pas. Au contraire. Je trouve les sentiments fascinants. Complexes, mais fascinants.

Je ne pus m’empêcher de rire quelque peu à sa remarque. Pas méchant, oh non ! Juste que au fond, Ruby n’avait pas tord. Je n’avais jamais rien vu de plus complexe que les sentiments, et j’en avais fait l’épreuve lorsque mes relations avec ma mère tombèrent au plus bas. Et ils ne s’étaient jamais relevés. Et même si c’était étrange, ça ne m’avait jamais manqué. Ou en tout cas, jamais plus. Il s’était passé trop de chose entre temps. Et même si ce n’était pas spécialement vrai, tout ce qui n’allait pas, je ramenais tout afin que ce soit de sa faute. Si elle ne m’avait pas interdit de voir Traice, peut-être que je n’aurais jamais eu à me tracasser les neurones aujourd’hui. Ah les parents.

Et côté père, ce n’était pas mal non plus. Je ne l’avais jamais connu. Petit, je trouvais ça « normal ». Aujourd’hui, la seule chose dont j’avais envie c’était de le retrouver. De voir à quoi il ressemblait. Dans mes rêves, c’était un homme bon, juste, et qui avait une raison plus que valable que de nous avoir abandonné ma mère et moi à ma naissance. Qui était-il ? Aucuns indices. Rien. Ma mère s’était toujours abstenu d’en parler, comme toujours. Et là, j’en manquais cruellement. Et tout ce que j’espérais c’est qu’il ne serait pas une si grande déception s’il m’arrivait un jour de trouver sa trace.


- Je suis désolé d’avoir gâché ta soirée.

Surpris, je reviens sur la terre ferme aux côtés de Ruby, j’avais presque oublié qu’elle était toujours là, avec moi. Et je fus encore plus surpris lorsque je saisis le sens de ces paroles. Désolée ? Gâché ? M’enfin… Malgré moi, je passais mon bras autour de ces épaules, la serrant un peu plus contre moi. Si elle avait bien une chose à ne pas se reprocher, c’était bien cela.

- Je t’assure, tu n’y es pour rien. Ne te tracasse surtout pas pour ça.

Et puis, Traice aurait pu attendre d’avoir des explications. Oh, je ne rejetais la faute sur personne, c’était une erreur de destin… Enfin destin, appeler ça comme vous voulez. Le destin, je n’y crois pas. Loin, très loin de là. C’est juste un compte de bonne fée que l’on racontait aux enfants trouillards pour leur assurer que leur vie était prise en main.

- Tu sais, on dit toujours qu’il y a des signes pour voir si l’on est amoureux. Si on pense sans arrêt à la personne, si on la cherche des yeux, si l’on ressent de la jalousie quand elle est avec une autre… Tu ressens tout cela envers Traice ? Tu crois qu’elle, elle t’aime ?

Les signes. J’en avais souvent entendu parler, sans jamais vraiment y prêter attention. Pour ma part, je ne pensais pas sans arrêt à Traice, à part quand je la croisais ou que je lui parlais. Pour ce qui est de la chercher des yeux… Pas vraiment non plus. En même temps, j’étais tellement souvent dans la lune et dans mes pensées, que je ne faisais pas souvent attention à ce qui m’entourait, ce qui m’avait souvent valu de nombreux problèmes. Jalousie ? Parfois. A cette soirée, ça avait été le cas, avant ? Je n’en ai pas souvenir.

Pour ce qui était de ces sentiments à elle…

- Oh, si j’arrivais à connaître et démêler les sentiments des femmes, je n’en serais pas là ! Donc vachement, je n’en ai aucune idée…

Je poussais un petit soupire. Tout aurait été tellement plus simple si je le savais. J’aurais pu me mettre au point, les doutes, pouf, il n’y en aurait plus. Mais la vie n’était pas aussi simple, loin de là. Vraiment.


- Et sinon, de ton côté, les sentiments ?

Tant que la jeune Serdaigle me parlerait d’elle, je n’aurais pas à penser à tout cela, et ça me laisserait un tant soit peu de répits. Avant de retourner à la bataille. Et puis ça pouvait toujours être drôle - enfin si on pouvait employer tel mot - de connaître les pensées de Ruby quant aux garçons !

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Mar 10 Jan - 20:29

- Je t’assure, tu n’y es pour rien. Ne te tracasse surtout pas pour ça.

A ces mots, Jay passa son bras autour des épaules de Ruby et l’attira vers lui avec une délicatesse extrême. A présent, son doux visage reposait dans le creux du cou du garçon, position si étrange et inhabituelle pour elle, et pourtant si… Agréable. Elle sentait la main du jeune homme caresser son épaule, et elle humait son parfum frais. Pendant un instant, elle ferma les yeux et se laissa emporter par cette atmosphère incroyablement douce. Le vent sur son visage, l’odeur de Jay, sa main, la chaleur de la couverture contre la fraicheur de la nuit… Chaque parcelle de son corps était animée d’une multitude de sensation qui pétillait sous son épiderme. Ruby était calme, mais au fond, elle sentait un immense poids au fond de sa poitrine : le vert et argent avait beau dire, elle savait qu’elle était en partie responsable. Peut-être n’étaient-ce pas des paroles creuses, car la Serdaigle ne pouvait savoir qu’elle allait provoquer un tel quiproquo mais… C’était elle qui avait posé sa main sur la joue de Jay, elle qui ne touchait jamais aucun garçon, surtout pas son visage ! Elle se mordit les lèvres, et fronça ses sourcils, les paupières toujours closes. Lentement, dans son esprit, elle retraçait les détails du visage du garçon.

-Si, c’est en partie ma faute, j’aurais dû expliquer à Traice que ce n’était qu’un quiproquo… répondit Ruby en un murmure à peine audible.

La culpabilité. Ce sentiment qu’elle connaissait si bien, il revenait. C’était comme un vieil ami qui tapait à la porte de son cœur, juste pour dire bonjour. Cette sensation au creux de son ventre. Elle ne la connaissait que trop bien. Casse toi de là, gémit intérieurement Ruby. Un frisson la parcourut, et elle sera plus fort la main de Jay sans le vouloir. Ce n’était pas de sa faute, pas entièrement… Pas entièrement… Mais l’incident. Elle tenta de détendre ses muscles, de peur de broyer la main du garçon et d’attirer ses soupçons. La culpabilité, elle la portait en elle depuis maintenant 7 ans, et la bleu et bronze n’en voulait plus. Pourtant, c’était comme ancré en elle, impossible à détacher. Son corps tout entier c’était habitué à cela, à ce je-ne-sais-quoi qui lui pourrissait ses journées et ses nuits. Toute sa vie elle porterait probablement ce souvenir, cet « incident ». Quel joli mot pour désigner ce qui réellement c’était passé, n’est-ce pas ? C’est plus réducteur, moins violent. De nouveau, des frissons parcoururent sa peau, hérissant ses poils. Son cœur se serra dans sa poitrine. Elle voulait que l’on parle d’autre chose, tout sauf ça, tout sauf ce qui pouvait se rapprocher des près ou de loin avec son père. Sa mère. Les sentiments. Jay, Jay, Jay, voilà un sujet plus intéressant, et bien loin de sa vie.


- Oh, si j’arrivais à connaître et démêler les sentiments des femmes, je n’en serais pas là ! Donc franchement, je n’en ai aucune idée…

Ruby eut un petit rire cristallin, mais cessa aussitôt dès qu’elle sentit les épaules du Serpentard s’affaissaient, signe qu’il venait de soupirer, las de toute cette histoire. La sourire de la jolie blonde s’effaça aussi vite qu’il était apparu. Démêler les sentiments des femmes… C’est vrai que ce n’était pas une mince affaire. Dans le cas présent, la Serdaigle ne pouvait faire aucune supposition car elle ne connaissait pas assez Traice pour cela. Rajouter son grain de sel dans une histoire qui était déjà compliqué ne semblait pas être une bonne idée. Traice Swily et Jay Blackwood. Allaient-ils former un couple ?! Est-ce qu’elle l’aimait ? Comment savoir si l’on aime vraiment hein ? Ruby n’en savait rien. L’amour, c’était la seule chose qui ne s’expliquait pas dans les livres. Chaque question qui traversait l’esprit de la jeune fille trouvait habituellement une réponse après une demi-heure passée à la bibliothèque. Mais aimer. Les sentiments. Ca ne s’explique pas, ça ne se raconte pas. Ça se vit. Les mots ont une limite : exprimer ce que l’on ressent. C’est si compliqué, si personnel ! Comment saisir l’entière complexité de nos émotions, mais en plus de les décrire ?! Nous sommes déjà incapable de parfois les comprendre par nous-même. Les dire met souvent les choses à plat, soulève les zones d’ombres, les évidences… Mais ne solutionne rien au final. Ce fût au tour de Ruby de soupirer, se sentant impuissante face aux questions de Jay. Elle parla d’une voix faible.

-Tu sais, peut-être qu’à force de la connaitre, tu es habitué à sa présence et inconsciemment, tu crois que ça serait une suite logique de l’aimer. Ou au contraire, tu as finis par tomber amoureux, mais comme c’est une amie depuis toujours, tu ne réalises pas la différence entre amitié et amour. Mais ça, seul toi le sais. Elle posa leurs deux mains enlacées sur le cœur de Jay. Tu dois le ressentir là.

Elle acquiesça un demi-sourire que la nuit empêchait de voir. De toute manière, le jeune homme semblait bien trop occupé à trier ses pensées pour remarquer quoi que ce soit. Même les frissons qu’avait ressenti Ruby lorsqu’elle lui avait touché la poitrine avaient dû passer inaperçu, heureusement pour elle. Elle ne voulait pas qu’il voit son malaise, ce sentiment incroyablement fort, entre dégoût et peur que lui provoquait souvent le touché d’un garçon. Elle reposa leurs mains entre leurs deux jambes, sur l’herbe fraiche et humide du parc. Toujours appuyé dans le creux du cou de l’asiatique, elle écoutait le silence de la nuit, imaginant les monologues intérieurs que devaient se lancer Jay, perdu entre ce qu’il ressentait, ce qu’il voulait et ce qu’il pensait ressentir.


- Et sinon, de ton côté, les sentiments ?

Bam. Une vague de sensation déferla sur Ruby qui se mit presque à trembler. C’était de toute évidence la mauvaise question à poser. Comment lui expliquer, comment lui dire ? Qu’elle avait peur, qu’elle ne voulait pas. Ne pas sentir, ressentir. Elle fixait les arbres au loin, et fermant les yeux, elle murmura un petit « Si tu savais… », Presque pour elle-même. Peut-être le garçon avait entendu, mais elle s’en fichait presque. De sa main libre, elle replaça la couverture correctement, pour avoir plus chaud. D’une certaine manière, c’était une excuse pour perdre du temps, pour savoir quoi répondre. Les garçons… Il y avait certes Logan, ce garçon qu’elle avait rencontré à la lisière de la forêt, tout près de là où elle était assise actuellement. Charmant, certes. Mais beau parleur. Depuis, elle l’avait recroisé aux entrainements de l’équipe, sans jamais réellement lui adresser la parole : ce garçon était le coureur de jupon le plus incroyable qu’elle n’ait jamais rencontré. Il ne se passait pas une journée sans qu’elle le voit à discuter avec une nouvelle demoiselle. Bien sûr, les compliments étaient de mises. Tout le temps. Cela sonnait presque faux. Elle haïssait les garçons qui se comportaient ainsi. Cependant, Logan avait indéniablement quelque chose de… Plus. Un charme qui empêchait Ruby de ne pas totalement le trouver intéressant. Du reste… Elle n’avait pas beaucoup parlé aux garçons de son année, ni même à Dray bien qu’il soit son capitaine. En y repensant, Jay était l’un des seuls avec qui elle s’entendait réellement bien. Ils étaient si peu nombreux !

-Eh bien… Rien. Je n’aime pas aimer. Je ne suis pas faite pour ça. Je ne suis plus faite pour ça.

Elle avait ajouté la dernière phrase à voix plus basse. Ruby n’osait toujours pas regarder Jay, préférant la douceur de son cou et du parfum qui s’en dégageait. Sa petite main serrait plus fort celle du jeune homme, presque inconsciemment. Comme si malgré elle, elle voulait faire passer tout ce qu'elle ne pouvait pas dire à travers leurs paumes jointes.


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Jay Blackwood
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Mar 17 Jan - 19:22

- Si, c’est en partie ma faute, j’aurais dû expliquer à Traice que ce n’était qu’un quiproquo…

Et j’aurais dû la rattraper, mais est-ce que ça aurait vraiment servit à quelque chose ? On dit souvent que c’est plus facile de vivre avec des remords qu’avec des regrets. Oui, j’aurais peut-être dû partir à sa poursuite, lui courir après, la rattraper et tout lui expliquer. Mais je n’étais pas sûr de ce qui se tramait dans le fin fond de mon esprit. Et qu’est-ce que j’aurais bien pu lui dire ? Que c’était un quiproquo ? Certes. Mais et après ? Ça aurait été vide, creux. Elle s’attendait peut-être à une parole, à un geste, et ce niveau là, je n’étais pas méga compétent, et encore une fois, j’aurais pu encore une fois faire une gaffe. Pour toute réponse, je soupirais pour la énième fois. Je sentis Ruby me serrer plus fort la main. Ça semblait être un toc chez elle quand tout n’allait pas sur un chemin sans embauches. Ou alors ce n’était que mon imagination. Je vous jure, quand vous êtes trop rêveur, votre belle imagination peut parfois vous jouer de ces tours… Et j’en avais déjà fait plus d’une fois les frais, même si ce n’était jamais vraiment méchant. Jusqu’à maintenant, en tout cas.

De ma main libre, ou en tout cas celle qui ne tenait pas les doigts de la jeune Serdaigle, je la passais dans mes cheveux levés vers le ciel grâce à un gel sorcier. Oh, je ne vous avais pas dit ? Il y a une ou deux semaines, je m’étais fait faire une crête ! Si, si, je vous assure. Elle était même vachement haute, et sur le côté, c’était rasé. J’avais eu envie d’essayer, pour changer. Me défaire de l’image du gentil petit garçon modèle qui dit oui à tout et à tout le monde. Malheureusement, je m’étais peut-être trop défait de cette image. Et Traice devait maintenant être à son opposé. Arg. Enfin, passer ma main dans ma nouvelle crête - et dans mes cheveux normaux quand je les avais encore - était une manie que j’attrapais chaque fois que j’étais ennuyé, gêné, ou un de ces adjectifs qui s’y rapportent. Dans le silence de la nuit noir, j’entendis le rire cristallin de Ruby s’élever jusqu’au étoiles. Malheureusement, elle ne continua pas bien longtemps. Dommage, son rire de cristal, aussi profond que ces yeux rendaient l’air plus respirable, et détendait l’atmosphère.


- Tu sais, peut-être qu’à force de la connaitre, tu es habitué à sa présence et inconsciemment, tu crois que ça serait une suite logique de l’aimer. Ou au contraire, tu as finis par tomber amoureux, mais comme c’est une amie depuis toujours, tu ne réalises pas la différence entre amitié et amour. Mais ça, seul toi le sais. Tu dois le ressentir là.

Je souris dans l’ombre quand je sentis sa petite main froide se poser sur ma poitrine, à l’exact emplacement du cœur. La jeune blonde n’avait pas tord. J’étais le seul à pouvoir démêler ce qui se passait dans mon esprit, dans mon cœur ou dans un quelconque autre organe. Mais une fois encore, je n’en avais pas envie ce soir, fatigue, stress, tout ça me donnait juste envie de m’allonger et de m’endormir jusqu’à ce que tout ce tourment partent loin de mes pensées. Si j’aurais pu remettre ce « boulot » à un autre, afin qu’il règle tout ça pour moi, Merlin ! Ce que ça aurait été un pur bonheur. Malheureusement, même pour les sorciers ce n’étais pas aussi simple.

Et alors que je posais ma question à Ruby, je sentis tout son petit corps se contracter contre moi. Aurais-je posé la mauvaise question ? Je fronçais les sourcils. Quelque peu étonné tout de même. C’était quand même à Ruby que je parlais ! On ne pouvait pas dire qu’elle était laide, bien au contraire même ! Et j’aurais plutôt cru que c’était tout le contraire qu’elle ne se crispe. Elle avait réveillé ma curiosité maintenant ! Oh n’allez pas croire que je veux coute que coute tout savoir, quand je vois que ça met mal à l’aise la personne, je passe à un autre sujet, et c’est ce qui semblait se passer avec la jeune Serdaigle.


- Eh bien… Rien. Je n’aime pas aimer. Je ne suis pas faite pour ça. Je ne suis plus faite pour ça.

Je tournais mon regard vers elle. Ruby gardait son visage détourné - obstinément ? - de moi. Et une fois de plus, je sentis mes doigts s’engourdir sous la pression qu’effectuait la jeune Serdaigle. Un message ? En tout cas, même si au départ elle avait voulu se montrer sûre d’elle, la fin de sa phrase tremblait, prête à se briser au moindre souffle de vent. Je n’avais aucune idée de ce qu’elle avait pu endurer dans le passé. Parce que oui, là, j’étais persuadé que quelque chose n’avait pas tourné rond dans son passé. Mais je n’avais pas envie de l’embêter avec ça, je n’avais pas envie de remuer un quelconque couteau dans une plaie.

Alors je la serrais un peu plus fort avec mon bras, et prit d’un élan de compassion et d’amitié pour cette jeune tête blonde, je déposais un baiser sur ses cheveux soyeux.

- Tu m’hérites d’être heureuse. Et l’amour te tombera dessus, le vrai.

Je n’avais pas pour habitude d’être aussi philosophe, ou quelque chose dans le genre. Disons même que pour réconforter les autres je n’étais pas douté, vraiment pas.


[HJ : Désolé pour le retard, mais je suis un peu over-booké niveau école ]

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: "J'aime la nuit. J'ai les idées plus claires dans le noir." [PV J.]   Mer 18 Jan - 20:27

Pendant un instant, Ruby sentit le regard de Jay sur elle, mais elle refusa de l’affronter. C’était comme si soudainement, les arbres étaient devenus des végétaux fascinants et qu’elle ne pouvait s’empêcher de les admirer. C’était juste une excuse bien sûr, et elle savait que le garçon l’avait compris. Elle savait qu’il la regardait, et pendant un instant, elle sentit la peur l’envahir. Ce n’était pas une peur comme celle que l’on ressent face à une situation dangereuse ou à un monstre. C’était plutôt une inquiétude qui animait les battements de son cœur. Deux scénarios pouvaient se produire en cet instant : soit il demandait, soit il ne le faisait pas. Le second cas était idyllique, il permettait à Ruby de rester encore une jeune fille normale aux yeux de Jay pendant encore plus de temps. Combien de temps ? Autant qu’elle le pouvait. Elle aurait pu mentir de toute manière, c’était si simple. Pourtant, l’idée de le faire au jeune homme qui lui n’avait pas hésité à être franc pour Traice lui paraissait… Etrangement injuste. Le faire lui paraissait presque dur, elle ne savait même pas si elle oserait. Commencerait-elle à devenir faible à Poudlard ? A abaisser ses défenses ? L’idée l’a fit frissonner : il n’en était pas question, la Serdaigle ne voulait pas.

Mentir avait toujours été si simple pour elle. Depuis l’incident, elle pouvait facilement faire disparaitre toute sa haine sous un sourire angélique, et trouver un milliard de prétexte pour se sauver de situation délicate. Cela la faisait même rire, de manipuler les gens, de les voir tomber dans le panneau si facilement dans la plupart des cas. Cacher son incident était aussi simple pour elle, pour la simple et bonne raison qu’elle n’avait pas de nombreux amis durant la période qui précéda Poudlard. Les grandes personnes qu’elles rencontraient eux, le savaient toujours, car les familles d’accueils les informaient généralement. Pour expliquer son « attitude particulière. » Mais depuis son arrivée à Poudlard, elle était peu à peu rentrée dans « le moule », sans faire trop d’histoire. La vérité, c’est qu’elle était soulagée de comprendre ce qui clochait chez elle depuis des années, cette chose qu’elle sentait mais sur lequel elle ne pouvait pas encore apposé de nom : la magie. La jeune fille était différente de tous ceux qu’elle avait côtoyés pendant sa vie, et depuis 3 ans, elle avait trouvé des gens dotés du même don qu’elle. Depuis, la petite fille froide et hargneuse qu’elle était c’était doucement transformée en quelqu’un de plus doux, de plus… Humain, au final.

Jay n’avait toujours pas parlé. Avait-il compris ? Il semblait que oui. Le jeune homme se contenta alors de serrer plus fort la Serdaigle dans ses bras, et il apposa délicatement un baiser sur sa chevelure blonde. La jeune fille ressentit un picotement qui partit de l’endroit où le garçon avait posé ses lèvres, et propagea jusqu’à la pointe de ses orteils. Elle frissonna, mais ne s’écarta pas, cependant mal à l’aise par ce contact. C’était comme si son corps avait enregistré que les lèvres d’un homme était quelque chose de dangereux, de nocif et que chaque contact de ces dernières avec Ruby devait être évité sous peine de réaction cutané grave. Pouvait-on être allergique à un baiser ? Allait-elle toute sa vie assimiler ceux-ci à l’incident, aux lèvres de son père ? L’idée la fit frémir, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle refusa de les laisser atteindre ses pupilles, elle ferma les yeux et respira lentement. Il n’était pas question de craquer le soir de Noël, devant un garçon, pour un sujet aussi… Ridicule ? Non. Pour une histoire du passé, c’est tout. Elle se serra plus près de Jay, comme si sa présence était quelque chose de réconfortant, elle s’en voulait à elle-même de ressentir tant de sensations contradictoires.


- Tu mérites d’être heureuse. Et l’amour te tombera dessus, le vrai.

La voix de Jay perça le silence de la nuit. Sa phrase était si mignonne et si cliché à la fois. Le « vrai amour » n’était, aux yeux de Ruby que des fantasmes. Elle eut un petit rire. La Serdaigle ne voulait pas se moquer du garçon, au contraire. C’était simplement presque une habitude dès que le sujet de l’amour venait sur le tapis. Elle se devait de le prendre avec son air frigide et son regard exaspéré. Sinon, elle risquait de fondre en larme. Elle analysa lentement dans sa tête la réponse de l’asiatique. « Tu mérites d’être heureuse. » Elle eut un petit sourire. Méritons nous ce qu’il nous arrive ? C’était une question que la jeune fille avait trituré dans tous les sens pendant de longues années : pourquoi elle ? On croit d’ailleurs toujours que ce qui arrive d’affreux aux autres ne nous touchera jamais. Petite, la blondinette se sentait souvent invincible. Souvent, avant de s’endormir, elle se répétait dans son lit « Je suis la petite fille la plus heureuse du monde. » L’était-elle ? En y réfléchissant, elle n’arrivait pas à voir les défauts de son enfance avant l’incident, surtout car elle n’osait pas si pencher : revoir des images de ses parents lui semblaient insupportable. Y avait-il eut des signes précurseurs de l’incident ? Peut-être. Elle ne voulait pas savoir.

-T’es gentil Jay tu sais, mais je crois que ce n’est pas la peine de me dire ça, tu sais très bien que l’âme sœur ce n’est que dans les contes. Mais merci de ne pas avoir demandé plus de détails.

Elle posa un petit baiser sur la joue de Jay, sans trop savoir pourquoi. Elle sentit un frisson la parcourir, mais elle n’y songea pas : ce geste, c’était comme pour se libérer de cette insupportable sentiment de peur du contact masculin. Un ami de son père disait toujours qu’il fallait vaincre ses phobies en les affrontant. Et bien soit, Ruby allait prendre ses peurs en pleine face ce soir. La jeune fille ébouriffa l’impressionnante crête du garçon et se leva. Elle refusait de rester assise encore à se morfondre sur des sujets aussi délicats et déprimants que les relations humaines. Elle ne voulait pas se souvenir de son bal de Noël ainsi. Elle voulait rire, elle voulait faire quelque chose de spécial. De nouveau. La jolie blonde tendit sa main au jeune homme, pour lui montrer qu’elle voulait qu’il se lève. C’était décidé, elle voulait que cette soirée soit mémorable. Elle avait commencé riche en sentiment en effet, mais maintenant, c’était fini la culpabilité, le doute et la rancœur. Ruby voulait partir dans la nuit noire, s’enfuir de cette réalité si douloureuse. Et elle voulait le faire avec le Serpentard.

-Viens, on va faire un tour. Je crois que Noël est censé être une fête où l’on s’amuse, pas où l’on se morfond sur notre sort !

Et son rire, tel des tintements de cristaux, fendit la nuit silencieuse.



|THE END|


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