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La guerre des roses [PV]

 

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 La guerre des roses [PV]

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Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



Féminin
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

Feuille de personnage
Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: La guerre des roses [PV]   Mer 28 Déc - 23:44


There are two colours in my head
There are two colours in my head
What, what is that you tried to say ?
What, what was that you tried to say ?
Tried to say
Tried to say
Tried to say
Tried to say

Everything in its right place...


C'était tellement étrange. C'en était trop même. Lilian venait de se réveiller et c'est comme si son corps tout entier lui pesait comme du plomb. Elle parvint tout de même à se lever sur son lit. Son dortoir était vide, il n'y avait qu'elle. Une faible lueur glissait de sa fenêtre jusqu'au parquet, au pied de son lit. Le ciel au dehors était gris, terne et traduisait l'état d'esprit et les pensées qui habitaient Lilian depuis bien trop longtemps. Comme une poupée manipulée par les mains du Diable, elle se dirigea vers la salle de bain. Allumant les lumières qui, en se réverbérant sur le marbre et le carrelage blancs, lui tapèrent violemment les yeux qu'elle ferma aussitôt. Devant le miroir se tenait une jeune fille qui ne lui ressemblait pas : le teint plus blanc qu'à l'accoutumée, ses yeux bleus apparaissaient immenses sur cette étendue de neige immaculée mais avaient perdu la légendaire étincelle malicieuse qui les faisait briller comme deux diamants. Ses joues étaient creuses, ses bras plus maigres et quand elle enleva le débardeur de son pyjama, on pouvait voir les côtes sous sa poitrine. Côtes bien trop saillantes sous sa peau de lys. Pourtant, ses cheveux soyeux gardaient le même éclat bronze, cette teinte chocolat croquante mais c'était bien la seule chose qui semblait ne pas avoir changé sur Lilian.

L'eau chaude lui fit du bien mais même allongée dans son bain, la belle sirène ne parvenait pas à s'amuser avec la mousse ou les bulles de savons. Celles-ci l'énervaient presque quand elles passaient trop près de son visage mais surtout, elles la lassaient littéralement. A peine lasse et presque à peine vivante pour éclater de son long index fin la bulle qui se dirigeait vers son visage angélique, Lilian attrapa le paquet qui se trouvait sur le rebord de la baignoire. Elle en tira une cigarette qu'elle alluma avec son briquet qu'elle jeta ensuite sur le tapis. Elle en avait assez. Elle n'en pouvait plus. Elle était à bout. Pourtant, elle savait que ce n'était pas dans sa nature de déprimer de la sorte, si cela relevait encore de la déprime. Lilian vivait une véritable traversée du désert, un vrai calvaire. Dorénavant, même si elle ne le montrait pas en public, imaginer Chuck et Taylord ensemble sous ses yeux, faire des choses qu'auparavant, seule elle et Chuck faisaient, la rendaient malade, elle mourrait d'envie de les étrangler tous les deux, surtout Taylord. Les sortilèges sur son visage faisaient des merveilles et parvenaient à dissimuler les marques traduisant l'enfer qu'elle vivait. Le soir, quand elle se déshabillait, voire ses côtes presque à même la peau ne lui faisait plus aucun effet, voir ses bras qui se décharnait petit à petit lui était égal et voir ses joues qui se creusaient la laissait indifférente. Non, Lilian ne mangeait presque plus. A peine si elle faisait un véritable repas complet en une journée. La lionne n'avait plus d'appétit et pourtant, personne ne s'en alarmait. En même temps, avec les artifices dont elle usait, la Sirène apparaissait belle et assurée comme à son habitude.

C'était magnifique de pouvoir créer des illusions autour de soi. Faire croire aux gens ce qu'on veut qu'ils croient alors que notre état d'esprit est tout autre. Lilian ne voulait pas apparaître comme dévastée suite aux récents événements de sa rupture avec Chuck. Elle souhaitait se montrer forte, assurée à en crever les yeux, transpirant l'orgueil et la confiance en elle. Mais, et c'est cela qui la rendait malade, lui restait en travers de la gorge, elle n'y arrivait pas. Non elle peinait à se reconnaître parfois dans son miroir mais n'arrivait pas à changer la donne, à se forcer à manger et réellement redevenir la Lilian qu'elle avait toujours été. Continuant à tirer sur sa cigarette, regardant la fumée s'échapper de ses lèvres restées tendres et fines, la belle avait le regard perdu dans le vide. Elle voulait en parler avec Katie mais se croiser dans les couloirs pour lui dire qu'elle souhaitait la voir parce qu'elle n'allait pas bien s'avérait être une véritable épreuve et à chaque fois la rouge et or échouait.

La jeune fille en avait assez d'être le jouet de la Dépression, la poupée préférée du Tourment, le pantin, la marionnette de la Lassitude. Ces trois démons qui la maniait à leur guise, lui faisait faire ce que bon leur semblaient, lui rendaient la vie infernale. Et pour essayer de survivre à cette traversée, à ce calvaire, Lilian s'échappait comme la fumée entre ses lèvres. Ou du moins tentait de s'échapper. Elle fumait, fumait trop. Elle qui ne fumait que très rarement, même en soirée, avait cédé à cette tentation addictive. Cependant, ce n'est pas parce qu'elle en avait envie qu'elle fumait, parce qu'elle s'ennuyait, parce qu'elle ne savait pas quoi faire. Elle ne mangeait pas vu qu'elle avait perdu l'appétit et en avait marre de jouer la comédie en faisant croire que tout allait bien dans sa nouvelle vie de célibataire la plus convoitée de tout Poudlard. La plupart de ses week-end, elle les passaient dans sa chambre, tantôt allongée sur son lit, tantôt dans sa baignoire. Elle ne voulait pas descendre dans la salle commune, la lionne ne voulait pas se montrer blessée et affaiblie ; cela ne plairait qu'aux villes hyènes qui attendraient le bon moment pour se défouler sur elle. Et oui, quand un oiseau tombe du ciel, rares au début sont les personnes qui l'aident à se relever. La nuit, quand elle ne dormait pas, chose qui arrivait fréquemment en ce moment, elle errait comme une ombre dans le château. Parfois elle s'allongeait dans le canapé de la salle commune près du feu, elle descendait jusqu'au cuisines pour croquer dans quelques fruits ou pâtisseries tentatrices ou bien, comme une âme esseulée elle passait la nuit dehors. Au bord du lac, à la lisière interdite, potager aux citrouilles... Tout était bon pour elle. A chaque fois emmitouflée dans une cape chaude aux manches et à la capuche en fourrure, elle s'abandonnait aux cigarettes qui défilaient à une allure surprenante. Et vu qu'elle ne mangeait presque plus, à chaque fois elle rentrait dans son dortoir tel un spectre.

Les images bougeaient devant ses yeux, ses jambes tremblaient, elle trébuchait, se rattrapaient aux murs quand elle le pouvait ou tombait à genoux sur le sol, comme une prêtresse éperdue devant un Dieu trop exigent, qui ne lui laissait aucun moment de répit, qui semblait se plaire à la torturer. Elle se vit tomber mais essaya malgré tout de se rattraper en tendant son bras maigre vers le mur, tout tanguait autour d'elle. Les mots résonnaient dans sa tête, tout comme les pleurs, les cris, le claquement sec de sa main sur la joue de Chuck, un écho infernal. Cela lui était insupportable. Les larmes coulaient sur ses joues creuses. Larmes qui quand elles n'étaient pas de rage, se transformaient en larmes de honte, de tristesse ou de fatigue. Elle en avait assez, ses mains se perdaient dans ses longs cheveux et s'y emmêlaient. Lilian en avait marre, elle en avait marre d'être dans cet état, de n'être plus que l'ombre d'elle-même, de faire comme si tout allait bien alors que non, elle n'allait pas bien. Mais elle ne voulait pas non plus que les gens la voient ainsi, comme un spectre torturé, de peur qu'ils ne s’apitoient sur son sort et en oublient sa réputation de Sirène de Poudlard, LA plus belle fille de l'école qui renversait les cœurs de tous les garçons, qui écartait sans peine de son passage les moindres filles qui viendraient à s'aventurer de manière un peu trop hasardeuse sur son territoire de chasse et royaume. Lasse d'être déchue, elle voulait redevenir la reine, redéployer ses ailes de nouveau et remonter sur l'Olympe pour siéger aux côtés d'Aphrodite sa mère. Elle voulait qu'on l'adore, qu'on l'idolâtre de nouveau parce que c'était cela qui faisait grandir et perpétuait sa légende. Légende vivante qu'elle incarnait et incarnerait éternellement.

A genoux dans un couloir, les mains sur le sol froid, la belle avait cessé de pleurer et bien que la capuche de fourrure ombrage le haut de son visage, la lumière faiblarde et presque mortuaire de la lune en croissant fin laissait deviner qu'une étincelle, qu'une flammèche de renaissance scintillait faiblement au fin fond des océans caribéens. C'est alors que la belle serra les poings et rassemblant le peu de force qu'il lui restait, se redressa de toute stature, essuya les vestiges des larmes qui mouillaient ses joues et d'un geste majestueux, royal, elle ôta la capuche de sa tête, offrant de nouveau son visage divin aux lueurs lunaires. La reine était en route pour reconquérir son trône auquel seule elle pouvait prétendre, la sirène retournait régner dans son royaume abyssal, la déesse gouvernerait encore le commun des mortels, leur faisant tourner la tête, perdre le peu de raison qu'ils avaient en pauvres fous qu'ils étaient, se plairait à admirer les offrandes qu'ils lui feront, accepterait de les achever d'un sourire, d'un coup d’œil hypnotique ou d'un coup de lame dans le cœur si tel était leur souhait. Lilian revenait et dans son sillage, volait sa cape à la bordure de fourrure qui lui conférait alors cette allure majestueuse qui ne la quitterait plus désormais.

Les jours passèrent et la belle sirène reprenait petit à petit du poids. Ses joues s'arrondissaient, ses bras s'épaississaient et ses côtes, malgré le fait qu'elles pointent toujours trop sous sa poitrine, disparaissaient lentement. Même si les cauchemars et les insomnies peuplaient toujours ses nuits, elle sortait doucement de son calvaire. Bon gré mal gré, plus ou moins péniblement, on devinait toutefois qu'elle avait maigri mais qu'elle changeait les choses. Un matin, quand elle se regarda dans la glace de la salle de bain, elle eut un sourire léger. Même si ses joues restaient encore un peu creuses, si ses bras ne retrouvaient pas tout de suite leur allure habituelle, la rouge et or était contente du résultat et savait qu'elle avait réagit au bon moment. Car elle s'en était aperçu avant le point de non retour, où elle se serait réveillée dans un lit d'infirmerie parce qu'on l'avait trouvée allongée dans le couloir, vraisemblablement évanouie étant donné sa poids et son allure amaigrie. Oui, plusieurs fois il était arrivé à Lilian durant un cours de se sentir mal mais, comme à son habitude, elle avait fait comme si de rien n'était, comme si tout allait bien et que ce malaise n'était que passager. Maintenant, cela se faisait de plus en plus en rare et elle n'en était pas malheureuse.

Vêtue d'un simple jean moulant, de bottes en daim clair aux talons en crêpe et qui lui montaient jusqu'aux genoux ainsi que d'un haut en dentelle noire qui laissait clairement apercevoir qu'elle ne portait qu'un soutien-gorge en satin noir en-dessous, d'un léger coup de mascara et de crayon sur les yeux, Lilian la sublime descendit pour la première fois depuis longtemps dans la salle commune alors que nous étions un week-end. Peu d'élèves s'y trouvaient cependant, tous descendus pour le petit-déjeuner alors qu'elle se contentait d'une simple pomme rouge. De manière presque négligente, elle prit place sur le canapé sur lequel elle s'allongea et continua à croquer dans sa pomme tout en laissant errer son regard encore fatigué dans les flammes du feu qui ronronnait dans la cheminée. Quand elle eut atteint le trognon, la Sirène le jeta en direction des flammes mais le trognon tomba quelques centimètres devant l'âtre de la cheminée. Soupirant de lassitude, elle se leva et alla le ramasser. Cependant, c'est quand elle se releva que des étoiles clignotèrent devant ses yeux et que sa tête se mit à lui tourner. Trop vite, elle s'était relevée trop vite alors qu'elle se considérait encore faible et donc en convalescence. Prenant appui sur la cheminée, le coude contre la pierre, elle se passa la main sur le visage et ferma les yeux en attendant que cela passe. C'est alors que la rouge et or entendit quelqu'un passer le seuil du tableau de la Grosse Dame et s'il la voyait ainsi, l'élève risquerait de se douter de quelque chose. Devenue actrice, la belle se passa la main dans ses longs cheveux soyeux avant de mimer son geste séducteur par définition et replaça une mèche bronze derrière son oreille.

La Sirène, reine incontestée, redressa le menton et jeta son trognon dans les flammes. Personne ne devait se douter de rien. Pas même le sujet de son royaume qui pénétra dans la salle commune. Sujet qu'elle reconnut aisément quand son regard envoûtant vrilla le sien. Il n'aurait d'ordre que de se prosterner à ses genoux, elle, Lilian, LA Sirène de Poudlard et souveraine incontestée.
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Ven 6 Jan - 15:25

Je n'aurais pas trouvé meilleur titre !



Tout s'enchainait à une vitesse fulgurante, comme si les dernières semaines passées, n'avaient été que quelques jours, et pourtant, il n'en était rien, le temps était toujours le même, avait toujours la même longueur, les jours étaient toujours constitués de vingt quatre heures, même si chacun avait plus d'intensité. Qui n'avait pas un jour rêvé de pouvoir l'arrêter, le temps ? Quand on passe un bon moment, attablé à la terrasse d'un restaurant pendant un déjeuner entre amis, en plein printemps, que l'entrée était déjà passé, le plat principal aussi. Ne restait que le dessert dont on savourait chaque bouchée de ce fondant au chocolat, qui n'était fondant que parce qu'il était sorti du congélateur et que le restaurateur avait mis au four juste avant de le servir et pourtant, on s'en délectait quand même, tout en ayant connaissance du subterfuge, ou pas. Et puis c'était déjà le moment de se quitter, de proposer de faire une autre sortie de ce genre vite, mais ça arrivait quand même moins de fois qu'on le voulait vraiment. Et puis, il y avait les autres. Les autres périodes, ou c'était tout l'inverse, où les secondes se transformaient en minutes, où chaque geste, chaque mouvement, chaque mot se suspendait parce que tout paraissait plus long, comme en cours d'Histoire de la Magie pour ne citer qu'un exemple. Ou alors lorsqu'on a envie de se faire tout petit et de passer inaperçu, mais que tout le monde vous observe avec un regard insistant, en vous pointant du doigt mentalement si bien qu'on s'y croirait presque...

C'était soit l'un, soit l'autre, mais jamais les deux en même temps.
Deux oppositions qui n'arrivaient jamais à ne former qu'une.
C'était bien l'impression que j'avais, que tout passait à une vitesse folle depuis le bal de Noël. Sitôt était-il passé que c'était déjà le temps pour moi de retourner aux États Unis, et c'était la première fois depuis que j'étais à Poudlard que je rentrais là bas pour les fêtes, alors forcément, je n'attendais que ça, même si j'avais quand même ressenti un petit pincement au cœur. En fin de compte, je ne m'étais pas trop mal habituée à rester en compagnie des autres Gryffondor qui eux aussi étaient là à trainasser dans la salle commune alors que tout le monde parlait des bonhommes de neige qu'ils allaient pouvoir faire, une fois arrivée chez leurs parents. Et puis... Il y avait Chuck, comme si le fait que nous ayons franchi le cap devait encore nous séparer, même si ce n'était pas pour une durée indéterminée puisque c'était presque un aller retour que j'allais faire, à quelques jours près. Je n'avais pas trop insisté, parce que ce n'était peut être pas plus mal, que ça nous laissait le moyen de réfléchir chacun de notre côté à tout ce qui se passait, même si je savais qu'on en avait pas vraiment besoin. Encore deux trucs qui n'allaient pas ensemble : j'avais hâte de partir, mais je ne voulais pas le laisser derrière moi.

Mais je n'avais pas eu le temps de m'ennuyer. J'avais tout juste posé les pieds hors de la voiture de mon oncle que j'avais abandonné mon sac et ma valise à leur triste sort pour m'empresser de rejoindre les écuries. J'avais salué tout les chevaux, comme je le faisais à chaque fois que je ne les avais pas vu depuis longtemps, mais je ne m'étais pas attardée, parce que celle qui m'intéressait le plus, c'était Hibiscus, qui avait comme par hasard, son box tout au fond. (Mal)heureusement, c'était aussi l'heure du repas, et je voyais déjà ma tante venir en roulant dans yeux tout en disant que ce n'était pas sérieux blablabla, de partir à cheval sans avoir mangé un bout, alors une fois n'est pas coutume, je m'étais rangée de son avis et avait fait demi tour à contre cœur. Cela n'avait été que partie remise, puisque nous en avions fait, des balades, pendant de longues heures, Ruth et moi, et parfois aussi avec Gael, qui aidait au ranch. D'ailleurs, on s'était pas mal rapproché, déjà cet été, mais rien était allé plus loin qu'une bonne entente mutuelle, même si cette fois, je m'étais sentie plus mal à l'aise vis à vis de lui. J'avais fini par remarquer -ou alors me faire une raison- qu'il devenait trop entreprenant. Je lui avais fait comprendre que c'était impossible, que maintenant, il y avait quelqu'un d'autre, et c'en était resté à ce stade. Il était plus distant, mais au moins, il ne l'avait pas mal pris. Enfin, c'était ce que moi j'avais compris en tout cas, et puis même si je n'avais pas été avec Chuck comme c'était le cas à présent - ça me faisait toujours bizarre de faire cette constatation, tant pendant longtemps cela avait paru improbable – cela n'aurait rien changé au fait que je vivais beaucoup plus en Écosse qu'aux USA, alors autant dire que cela se serait résumé à une relation à distance qui aurait été vouée à l'échec. Comme si ce genre de conneries pouvait marcher.
On était jeune, okay, mais ce n'était pas une raison pour être dupe.

Et donc tout ceci était passé trop vite. Une nouvelle année dans le calendrier débutait déjà qu'il fallait reprendre le droit chemin qui menait jusqu'à Poudlard, et comme toujours, je devais subir le même scénario, à savoir les embrassades qui ne finissaient jamais – depuis le temps, ma tante n'avait toujours pas remarqué que c'était elle qui me serrait de toutes ses forces dans ses bras et moi qui attendait patiemment qu'elle ait gentiment terminé son topo – je savais que ça partait d'un bon sentiment, mais je n'étais pas du genre à montrer mes sentiments, et puis, elle savait que je ressentais la même chose, donc à partie de là... après venait le tour des multiples recommandations qui elles aussi duraient trois plombes. J'avais remarqué, qu'elle arriva quand même à me glisser de ne pas oublier de manger, comme si j'étais toujours malade, alors que c'était du passé tout ça à présent; et donc c'était toujours la même phrase toute faite que je lui répondais à savoir que ce genre d'épisode de ma vie n'était plus près d'arriver, que j'avais fait table rase là dessus et qu'il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter. Si elle continuait comme ça, c'était moi qui allait finir par me faire du mouron pour elle et de craindre qu'un de ces quatre, elle me fasse un ulcère.

Voilà que je n'avais pas le temps de cligner des yeux que j'étais à l'école, à devoir redoubler d'efforts, pour rattraper le retard accumulé pendant ces quelques jours de repos, parce que même si les professeurs ne l'avaient pas tous explicitement formulé, Noël ne rimait pas avec vacances – c'est vrai en plus – et je n'en avais pas glandé une. En même temps... je ne devais pas être la seule, c'était ça que je me disais pour me rassurer, même si ce n'était qu'une maigre consolation, et les profs – toujours les mêmes – allaient se faire une joie de nous le marteler avec un visage victorieux qui signifiait « vous voyez qu'il faut toujours nous écouter », lorsqu'ils allaient voir avec délectation que cela avait suffit pour nous rouiller dans l'art du maniement de la baguette.
Quelle joie, vraiment.

Bref, c'était la routine habituelle, comme toujours.
A quelques détails près.
Parce que oui, il en suffisait d'un et d'un seul pour que tout soit chamboulé sans qu'on ait le temps d'en saisir la raison. Oh, au fond, on le savait bien, mais on laissait pourrir le fruit dans un coin jusqu'à ce que l'odeur devienne tellement insupportable qu'on ne puisse plus la supporter et qu'il n'y a plus d'autre choix que de faire face. Et là, plus vite ça passe, et mieux c'est. Sauf que voilà, la thématique du temps revient au galop pour vous rappeler que, quoi qu'il arrive, quand on veut que ça aille plus doucement, ça va toujours plus vite; quand on veut que ça aille plus vite, ça va toujours plus doucement. Pas de terrain neutre possible.

Je pensais justement aux paroles de ma tante, lorsque je terminais mon petit déjeuner, ce matin là, et au fait, qu'elle n'avait vraiment pas besoin d'en faire tout un plat pour si peu, parce que mes repas, je les prenais tous à présent, et ils étaient complets en plus de ça. J'étais incapable de lui en vouloir parce qu'elle me maternait – il fallait bien que quelqu'un le fasse avait-elle un jour dit, parce que je lui avais posé la question – mais j'avais pris l'habitude de m'occuper de moi toute seule, comme une grande que je n'étais pas à l'époque, et que changer tout ça... et bien ça ne se faisait pas du jour au lendemain, et si elle ne le pouvait pas, je n'étais pas sûre qu'une quelconque autre personne puisse le faire un jour. J'avais déjà fini quand tout les autres descendaient et entamait leur croissant, mais au lieu d'attendre deux trois filles avec qui je discutais à ce moment là, je préférais remonter tranquillement vers la salle commune en solitaire.

Comme je l'avais pensé, il n'y avait presque personne lorsque je franchis l'entrée. Oui, mais ça, c'était si on ne faisait pas attention aux détails. J'eus seulement à tourner la tête vers la cheminée pour remarquer Lilian, et en même temps, c'était difficile de la manquer. Je sentais mes membres se raidir, et m'arrêtai pendant un instant.

En y réfléchissant bien, cela faisait bien longtemps que nous ne nous étions pas retrouvées toutes les deux ensemble, dans la même pièce. Je n'avais jamais fait gaffe jusqu'à maintenant, même si là, comme nous étions face à face, ça me sautait aux yeux. Ou alors, parce que la salle commune était la plupart du temps bondée, surtout aux heures de pointe, je ne l'avais pas vu. A vrai dire, je ne savais pas vraiment comment réagir, ni même quel comportement adopter. Je n'étais pas naïve au point de croire que cela faisait des semaines qu'une mouche l'avait piqué, et que ça ne passait pas. Non, le problème venait bien d'ailleurs, et je pouvais faire tout les efforts du monde en tentant vainement de croire qu'il était tout autre, je savais pertinemment que c'était moi qui gênait et que ça ne datait pas d'hier.

Et alors quoi ? Je n'étais pas du genre à feindre l'ignorance et à contourner ce qui m'embarrassait, et rien que la tension qui montait subitement dans la pièce me confirma que ce n'était pas juste une impression, mais que tout ceci était bien réel. Il n'y avait pas beaucoup de monde en plus de nous deux; il y avait tout juste quelques élèves, un peu plus loin qui étaient attablés, en train de disputer presque dans la sauvagerie tant le jeu était intense, une partie de cartes. L'interrogation qui était en train de se poser, c'était de savoir si à l'instar des cartes, qui n'allaient pas tarder à voler dans tout les sens, je fonçai dans le tas, ou bien si je passais juste mon chemin calmement, faisant retomber tout aussi vite l'ambiance tendue. Je n'étais pas du genre à faire le premier pas quand il s'agissait du relationnel, parce que j'étais bien trop nulle dans ce domaine, mais tourner autour du pot pendant quinze ans n'avait jamais été mon truc non plus et cette fois encore, c'était mon impulsivité qui dominait sur le reste. Alors autant crever l'abcès avant que lui aussi, comme les fruit pourris, ne devienne trop important.
Pas sûr que ce soit de très bon augure.

- Salut, finis-je par lui lancer d'une voix méfiante, sur mes gardes, mais je trouvais que je venais quand même de faire un bel effort dans sa direction. Ce n'était pas grand chose, d'accord, mais puisqu'on ne s'était après tout, pas adressé la parole depuis des lustres, ça ne me semblait pas être un si mauvais début, même si on avait déjà connu mieux. Et je ne pouvais pas faire mieux. En même temps, je n'allais pas lui taper la causette non plus comme si de rien était, fallait pas trop espérer. Donc il fallait bien commencer quelque part.

Pas un mauvais début, peut être, mais ça ne m'empêchait pas de garder mon regard plongé dans le sien, presque sur la défensive. Peut être qu'elle était plus grande pour en imposer, mais ma petite taille n'avait jamais été un obstacle, ce n'était pas à ça qu'on mesurait la force de quelqu'un. Flancher ? Ça ne faisait pas partie de mon répertoire.
On avait beau dire ce qu'on voulait, nous n'étions pas en terrain neutre.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Lilian Easter
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Mar 10 Jan - 13:24

Contente que tu aimes ! Tu peux remercier Desperate Housewifes pour me l'avoir inspiré

Evidemment, cela ne pouvait être qu’elle : Taylord Reegan. Le destin l’avait jetée sur sa route et devait s’amuser en s’imaginant toutes les deux, face à face dans la salle commune, à se dévisager comme deux lionnes qu’elles étaient. Une plus orgueilleuse et rancunière que l’autre certes. Lilian ne prit même pas la peine de la vriller de son regard légendaire : elle la fixa sans gêne, reine impressionnante qu’elle était. Oui elle avait du mal à accepter le fait que cela soit Taylord qui sorte avec Chuck dorénavant, même si tous les deux paraissaient se cacher comme deux lâches qu’ils étaient à ses yeux souverains. Oui elle en voulait à Chuck parce qu’il lui avait dit qu’il voulait être libre même si elle, sous ces mots, elle avait deviné que c’était peut-être aussi pour pouvoir tranquillement choper Taylord dès que l’occasion se présenterait. Mais ce qui lui restait le plus en travers de la gorge, ce qui la rendait malade était le fait qu’elle considérait Taylord comme son amie, une de ses proches amies, et qu’elle ne comprenait décemment pas ce qu’elle avait de plus qu’elle, à part ce ridicule titre de Miss Gryffondor. Lilian incarnait la perfection féminine aux yeux de biens des représentants de la gent masculine : corps divin, visage angélique, douceur, tendresse, gentillesse, humour, intelligence… Les fées qui à sa naissance s’étaient penchées sur son berceau étaient nombreuses. Elle était LA Sirène de Poudlard, LA plus belle fille de l’école, celle que tous convoitaient, l’ange qui illuminait leurs journées et le spectre qui hantait leurs nuits. La déesse qui animaient bon nombre de fantasmes, tous plus masculins les uns que les autres : les uns l’imaginaient dans la salle de bain des préfets, d’autres en sous-vêtements ou tenue sexy, d’autres encore en hôtesse de l’air/marine/agent de police/Lara Croft ou en toute autre incarnation exagérée à outrance de la séduction, certains la voyaient recouverte de chocolat qu’elle inviterait à venir lécher… Enfin bref, là aussi la liste était longue.

Mais là tout cela s’écroulait au-dessous de ses pieds car Chuck préférait Miss Gryffondor, la texane qui peinait à marcher avec cinq centimètres de talons à la Sirène qui se révélait aussi irrésistible qu’une déesse dans n’importe quelle tenue. Taylord serait-elle capable de créer une émeute vêtue d’un simple sac à patates ? Lilian en doutait fortement. Alors qu’elle, oui elle en était tout à fait capable.

Pourtant, et c’est peut-être cela qui animait en elle un semblant de peine, c’était le souvenir de leurs vacances communes, chez la tante de Taylord, pendant presque tout le mois d’août. En effet, pendant de longues journées, les deux jeunes filles n’avaient cessé de monter à cheval, de partir en randonnée sous le soleil chaud presque brûlant du Texas, incarnant peut-être le cliché type des deux jeunes cow-girls : chapeaux à large bord, chemises à carreaux aux manches retroussées, jeans moulants, santiags avec des éperons qui tintaient, le visage quelque peu ombragé par la terre qui collait leurs joues. Elles étaient ravissantes, bronzées et presque insolentes à s’entendre aussi bien, rire comme deux meilleures amies à cheval, faisant la course sur leurs montures. Lilian avait monté le cheval de Taylord, Hibiscus, et Taylord avait monté sa jument, Ophée qui pour la première fois s’essayait à la monte western. Et puis elles s’étaient tout de même rendues en ville où l’instinct de serial shoppeuse et héritière de la jeunesse dorée de Lilian avait repris le dessus. Elle avait fait entrer Taylord dans tant de magasins, dans tant de jeans, de robes, de jupes, de shorts, lui avait fait essayé des dizaines de paires de chaussures pour assortir à ses nouvelles tenues… Bref, elles avaient fait du shopping entre amies. Si elle avait su, si elle avait su que Taylord oserait mettre une tenue, une paire de chaussures qu’elles avaient achetées ensemble lors du bal de Noël, jamais Lilian ne l’aurait fait. Non, elle n’admettait pas, ne voulait pas admettre que Taylord avait toutefois un instinct féminin qui lui permettait de se « débrouiller » avec des talons, qui étaient tout comme des talons plats pour Lilian et qui pouvait l’aider à se montrer presque sexy dans sa robe rouge. Cela avait été d’ailleurs l’extase de la soirée : la robe de Taylord Reegan ! Alors que la sienne était mille fois mieux, le prix en attestant et que sérieusement, la coiffure qu’elle portait, Lilian l’avait trouvée tout bonnement ridicule.

Mais non Chuck préférait Miss Gryffondor à LA Sirène de Poudlard. Douce ironie quand on sait qu’il avait lâché la précédente Miss Gryffondor pour se mettre avec elle. Douce ironie que Lilian se prenait de plein fouet dans le visage. Et l’orgueil. Car en réalité, si elle détestait tout ce que Taylord entreprenait depuis quelques temps, c’était à cause de cela ; au fond d’elle elle savait pertinemment que la robe rouge lui allait comme un gant, qu’elle était belle dedans (non pas plus parce que plus que belle relevait du niveau de Lilian et cela n’était possible que lorsqu’on s’appelait Lilian Easter et que l’on était LA Sirène de Poudlard) et que sa coiffure n’était pas ridicule, juste en accord avec la personnalité de la jeune fille et avec la robe. Parce que oui, Taylord restait encore techniquement son amie mais cette amitié s’émiettait petit à petit parce que la rancœur de la reine rouge et or reprenait le dessus et pourtant, une part en elle continuait à croire que cela restait possible, quand bien même Chuck et Taylord sortaient maintenant ensemble.

Cela conférait à la Sirène l’impression de se trouver dans un état d’ivresse incroyable : tout tanguait autour d’elle, les images étaient floues, elle voyait des visages, entendaient des voix qui n’étaient pas la sienne et tout cela se bousculait autour. Dans un couloir sombre elle tentait d’avancer mais elle avait mal à la tête et titubait ; essayant de se rattraper aux murs, ceux-ci se dérobaient à chaque fois sous ses doigts, comme s’ils faisaient exprès de s’éloigner d’elle alors qu’elle manquait de tomber. Des fantômes se dressaient devant elle ; Chuck, puis Taylord, puis Chuck, puis Taylord, puis Chuck et elle ensemble avant que cela ne soit Taylord qui prenne sa place dans les bras de Chuck. Elle entendait, malgré elle, sa voix et celle de Chuck qui répétait mot pour mot les phrases de leur rupture. Elle revoyait des images brèves de Taylord et Chuck lors du bal de Noël. Alors elle appela Chuck qui se retourna pour la jauger d’un air presque hautain avant de se retourner vers Taylord pour lui montrer qui était cette fille, trop maigre et qui avançait comme si elle avait trop bu ou abuser d’une substance illicite trop dangereuse. Bien sûr la jeune fille trop maigre c’était elle et elle subit alors les moqueries des deux autres, qui se plaisaient à s’embrasser devant elle. Chuck lui disait que jamais elle n’avait été à la hauteur de Taylord qui elle, avait du cran, quelque chose qu’elle, Lilian, n’avait pas. Et il la rembrassait de nouveau, avec plus de fugue et de passion qu’avant. Lilian n’en pouvait plus : son mal de tête devenait insoutenable et les voix continuaient pourtant, les fantômes continuaient de voler devant ses yeux et de la narguer, les images et le décor tout autour ne cessaient de tanguer et elle tomba. La tête entre les mains, elle s’entendait à peine pleurer et restait recroquevillée par terre.

C’était le même, toujours le même cauchemar qu’elle faisait depuis sa rupture avec Chuck. Cauchemar qui l’empêchait de retrouver le sommeil et la faisait quitter son dortoir, cape et paquet de cigarettes à la main pour prendre l’air dans le parc, pour oublier et fumer. Et à chaque fois qu’elle faisait ce mauvais rêve, l’amitié entre Taylord et elle s’effritait davantage. C’était une photo qui brûlait lentement, consumée par un feu qui grandissait petit à petit et ne tarderait pas à la détruire totalement. C’était le feu qui animait Lilian quand quelque chose la contrariait véritablement. Et encore, le terme contrarier était faible quand on voyait l’état dans lequel elle se trouvait, même si elle reprenait du poids. Non la belle n’était pas contrariée, elle était pire que cela. Elle était énervée, frustrée au plus haut point. Et jalouse comme ce n’était pas permis. Et oui, si elle incarnait la perfection féminine sous tous les traits quasiment, son caractère fort était également son talon d’achille, sa faiblesse alors qu’il faisait sa force. Personne ne pouvait être plus jaloux que la Sirène. Plus jalouse qu’un chat à qui on en préfère un autre, la jalousie la rongeait du plus profond de son âme, d’une façon maladive et presque malsaine. Pour elle cela devenait une véritable épreuve que d’apprendre à vivre avec et elle ne pouvait empêcher ses grands bleus de fixer méchamment Taylord quand elles se croisaient dans les couloirs. Bien sûr, une partie infime d’elle lui disait que Taylord n’était pas totalement en tort, qu’il y avait Chuck aussi mais pour l’instant, c’était la jeune fille qui se trouvait face à elle et Lilian ne ferait pas dans la dentelle, arrêterait de jouer la petite fille gentille et parfaite qui vit dans un monde parfait avec ses amis parfaits. Non, cette image, ce masque, Lilian le jetait à ses pieds, l’envoyait valser bien loin et arborait désormais un masque qui ne lui était pas commun. Jalouse maladive, elle devenait la lionne furieuse, la déesse hautaine, la sirène dangereuse qu’il valait mieux ne pas rencontrer quand elle était dans un mauvais jour. Lilian venimeuse n’existait pas ; jusqu’à ce jour.

Les deux jeunes filles continuèrent de se fixer, la sublime avec son port de reine et un air souverainement supérieur. Elle tenait à faire comprendre à Taylord que quelque chose avait changé entre elles, que plus rien ne serait jamais pareil et qu’il fallait qu’elle se prépare à vivre des expériences qu’elle n’avait jamais vécues. Parce que Lilian en avait assez de faire comme si rien ne se passait, comme si sa rupture avec Chuck ne l’affectait pas, que même cela la soulageait alors que c’était tout le contraire. Et Taylord allait très vite s’en apercevoir ; qu’elle était en partie responsable de son misérable état. Oh oui, la fille d’Aphrodite allait la faire culpabiliser comme jamais, la mettre mal à l’aise au possible afin qu’elle comprenne qu’on ne passe pas derrière elle sans y perdre des plumes et sans égratignures. Fort heureusement pour elle, ce fut Taylord qui brisa le silence en premier et c’était tant mieux car sinon, ce n’est pas le silence que Lilian aurait brisé.


- Salut

Bien sûr qu’elle se méfiait, qu’elle avait un peu peur ; tout le monde sait que dans la troupe des lions, il y a toujours une lionne dominante et celle-ci s’appelait Lilian et elle l’était depuis de longues années et ne tenait certainement pas à laisser sa place, montrant les crocs à quiconque s’approchait trop près de son trône. Et en face d’elle, de sa souveraine, de sa supérieur, Taylord s’écrasait du mieux qu’elle pouvait en essayant cependant de garder un peu de sa fierté. Car quand la reine Lilian vous regarde, on s’incline, on fait la révérence et on ne relève le regard seulement lorsqu’elle vous en donne l’ordre. Et cet ordre se matérialisa par un sourire étonnamment ravissant à l’attention de Taylord.

- Taylord ! Les légendaires étincelles qui animaient ses prunelles caribéennes scintillèrent de nouveau sur la lagune azure, comme si rien ne s’était passé entre les deux jeunes filles. De sa démarche gracieuse, Lilian délaissa la cheminée sur laquelle elle était toujours appuyée pour se diriger vers Taylord. Tu vas bien ? Aucune note hypocrite ne dénotait dans sa voix cristalline, la belle apparaissait réellement sincère. Tu tombes bien j’avais justement une question à te poser. Là, elle saisit les mains de Taylord qu’elle enferma délicatement dans les siennes, toutes fraîches et douces. Tu ne trouves pas que j’ai maigri ? Lilian se regardait les jambes, le ventre et tourna même sur elle en tentant de regarder derrière elle, comme une jeune fille qui demanda un conseil à sa meilleure amie. Meilleure amie qui ne l’était plus désormais mais qui ne manquerait pas de tomber dans le piège que la lionne lui tendait, parce qu’elle n’avait pas d’autre choix que de répondre. Par la négative ou la positive, le sort que lui réservait Lilian serait le même.

Souveraine intraitable quand on lui désobéissait, quand on la contrariait, la Sirène punissait tous ceux qui avaient eu l’audace de commettre un tel affront et prenait un malin plaisir à les voir implorer son pardon. Pardon qu’elle n’accordait que rarement en divine créature qu’elle était.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Mer 11 Jan - 17:08

Enfin, ça me rend un peu triste quand même.


« L'amitié est lente à mûrir, et la vie si rapide.
L'amitié est une fleur que le vent couche et trop souvent déracine. »

Eugène Cloutier


Force était d'avouer qu'avec le temps des vacances quoi que très court, j'avais été contrainte de réfléchir. Et puis, il valait mieux si je voulais retomber sur mes pieds en douceur, parce que planer, c'était bien, mais faire attention à une éventuelle chute, c'était mieux. L'avantage dans ces cas là, c'était de faire du cheval en solitaire, et ça aidait. Alors bien sûr il y avait toujours Ruth qui voulait m'accompagner, ce qui était normal parce qu'on ne se voyait presque jamais et qu'on s'entendait bien, même s'il nous était déjà arrivé d'avoir des prises de becs. Mais j'aimais bien avoir aussi avoir un peu de temps pour moi toute seule, sans avoir à justifier de quoi que ce soit, ce qui n'était pas toujours simple à Poudlard parce que même si le château était grand, il y avait toujours pleins de gens qui gravitaient tout autour, donc c'était moyen. Et puis au ranch finalement c'était un peu la même chose, il y avait toujours du passage même s'il était loin des premières grandes villes, et il y avait tout un tas de choses a faire, parce que c'était loin d'être le synonyme de glandage.

Alors lorsqu'enfin la possibilité se présentait, il y avait d'autres étapes à passer comme expliquer que pour une fois je voulais me promener avec Hibiscus et seulement elle, donc à ce moment là Ruth tirait une tête de six pieds de long parce que je venais de la vexer dans sa dignité. A chaque fois elle croyait que c'était parce que je n'osais pas lui confier certains trucs ce qui n'était pas complètement tort, mais ça ne voulait pas dire pour autant que je ne lui faisais pas confiance, depuis le temps, elle aurait du le savoir. Surtout que je n'avais pas à m'inquiéter de ce qu'elle pensait, parce que les gens dont je lui parlais, elle ne les connaissait pas, d'ailleurs, c'était bien, parce qu'elle pouvait se montrer plus objective. Quand ce n'était pas ça, c'était ma tante qui était toujours déterminée à me donner tout un tas de machins inutiles, comme un téléphone portable (non sérieusement, ça me faisait toujours bien rire ça, je n'en avais jamais eu besoin à Poudlard, alors qu'est-ce qu'elle voulait que je m'encombre avec ça ?) de la bouffe à profusion comme si j'allais m'exiler dans une grotte pendant trois semaines et comme là on était en plein hivers elle répétait au moins quinze fois dans la même phrase que je devais bien me couvrir, et tout le blablabla qui allait avec et qui avait toujours le même don de me gonfler. A chaque fois, j'avais envie de lui souligner que j'étais bien sympa de la prévenir, parce que pendant des années, j'avais pris le tic de me barrer parfois pendant plusieurs jours c'est vrai, mais sans prévenir personne. On allait pas tenter le diable non plus, parce que pour l'avoir déjà vu de mauvais poil, je savais qu'elle pouvait très bien m'ordonner de me barrer dans ma chambre puisque c'était comme ça. Oui parce qu'elle estimait qu'elle en avait le droit et que là dessus je n'avais pas mon mot à dire. Non mais vraiment, je n'aimais pas quand elle voulait se prendre pour ma mère.

Toutes ces conditions étant remplies, je pouvais enfin filer comme le vent sur le dos de mon cheval et ne profiter de rien d'autre que la sensation de liberté que cela me procurait lorsqu'on traversait toutes les deux les champs désertiques là où le bétail ne se trouvait pas à cette période de l'année. Car en fin de compte, je n'étais pas si seule que ça, parce qu'il y avait Hibiscus pour me tenir compagnie et elle avait au moins le mérite de savoir m'écouter sans broncher, même quand parfois je devais peut être avoir tort, mais non, elle me soutenait tout le temps, quand elle m'observait avec ses grands yeux sombres et que j'étais assise tout près d'elle dans l'herbe. Je parlais à haute voix de ce qui me contrariait ou alors de ce qui me rendait heureuse et ce n'était pas elle là encore qui allait me contredire ou me prendre pour une tarée parce que je discutais dans le vide. Même si j'étais d'avis que ce n'était pas dans l'air que je causais, mais bien à elle. Comme ça, j'avais pu lui raconter tout ce qui s'était passé récemment et comme elle avait toujours la même réaction que de souffler de temps en temps comme pour me dire oui ou non aux questions que je me posais, je pouvais expliquer dans les moindres détails le départ des mangemorts, les vieille habitudes qui revenaient lentement à la surface, puis les nouvelles, puis le bal de Noël... et puis j'avais évoqué le sujet plus sensible de Lilian parce que ça me m'ennuyait plus que je ne voulais bien l'admettre.

Je ne comprenais pas.
N'importe quelle autre fille aurait compris. Mais j'avais du retourner tout ce que j'avais avec peine réussi à déceler pour en arriver en certaines conclusions et je ne pouvais même pas affirmer qu'elles étaient bonnes, parce que dès qu'il s'agissait de ce truc si complexe qu'étaient les sentiments, je n'étais plus bonne à rien et analysais souvent la situation de travers. Autant, je me trompais complètement et il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Pourtant j'avais ce poids au milieu de l'estomac qui avait définitivement choisi d'élire domicile et pour le moment il n'y avait absolument aucun moyen ni aucun élément qui permettrait de lui dire d'aller se faire voir ailleurs.

Quand je m'en étais aperçue pour la première fois je n'avais pas su déterminer si ça faisait longtemps que ça durait ou non, mais le regard dur de Lilian alors que je lui lançais un sourire m'avait instantanément refroidi. Mais ça ne servait à rien de s'inquiéter, après tout, elle pouvait très bien être mal lunée ce jour là, et j'avais laissé passer sans trop me poser de questions. Je ne m'étais pas faite avoir deux fois cependant, puisque cela c'était bien évidemment reproduit, sans qu'elle ne m'en explique la raison. C'était en partie pour ça que j'avais adopté le même comportement, parce que j'avais la trop forte tendance à démarrer au quart de tour et si pour une obscure raison, elle m'avait dans le collimateur, elle se fourrait le doigt dans l'œil si elle croyait que j'allais me laisser intimider aussi facilement ! C'était la première partie, celle où j'avais été vexée d'un tel retournement, tout ça parce que ça lui chantait et je n'étais que la marionnette qu'elle avait eu subitement envie d'asticoter en guise d'occupation. Mais ça c'était limité à ça, et j'avais trop de fierté, de toute façon, pour lui demander quelle mouche l'avait piqué, mais il était clair que d'en vouloir soudainement à quelqu'un sans même dire pourquoi, ça ne me mettait pas dans de bonnes dispositions pour en savoir plus, alors le mieux, c'était encore de l'ignorer et tant pis si son orgueil en prenait un coup elle se démerdait avec.

Son orgueil en avait pris un coup, voilà où elle était la solution.
Et puis, plus j'y repensais et plus ça semblait évident à présent quoi que je ne pouvais m'empêcher de trouver que c'était un peu tiré par les cheveux, mais pourtant, c'était ce qui coïncidait tout à fait entre sa façon étrange de se comporter et sa rupture avec Chuck, qui inévitablement et par je ne sais par quel procédé magique se retrouvait encore là où il ne fallait pas. Mais quand même, c'était peu probable que ce soit ça, si ? La preuve, il avait fallut qu'un beau jour une fille me lance un « c'est de ta faute » dédaigneux en désignant mon amie pour que je fasse le lien. Mais pourquoi ? Quoi qu'on en dise, j'avais toujours traîné avec Chuck que ce soit de mon plein gré ou pas et puis, lorsqu'ils étaient tout les deux ensemble, jamais elle ne m'avait fait sous entendre quoi que ce soit ni dit clairement que je n'avais plus intérêt à m'en rapprocher, parce que d'accord, si je n'aimais pas qu'on me dicte ma conduite et avait l'esprit de contradiction, mais si cela l'aurait dérangé en quoi que ce soit, je n'aurais pas rechigné pour peu qu'elle expose ce qu'il en était, car j'avais des valeurs et si en quoi que ce soit j'avais pu lui faire du tort, j'aurais arrêté immédiatement.

Alors c'était ça qu'elle pensait ? Que je n'étais qu'une pute qui avait œuvré dans l'ombre pour parvenir à mes fins ? Parce que j'étais assez honnête avec moi-même et aussi avec Scott en ce qui concernait également la raison de notre séparation. Cette simple pensée de savoir que maintenant elle m'imaginait comme la pétasse de service m'avait donné mal au ventre, mal au cœur, parce que Lilian qui était l'une de mes plus proches amies se mettait à croire ça, c'était peut être parce qu'elle ne me connaissait pas si bien que je ne l'avais imaginé, et il en était de même pour moi en ce qui la concernait. Alors c'était à ça qu'on devait s'abaisser ? Il en était hors de question et à vrai dire, ce n'était même pas envisageable, parce que moi ces histoires de merdeuses effarouchées ce n'était définitivement pas ma tasse de thé, alors si en plus on me foutait dans la catégorie de merdeuse effarouchée, ça n'allait pas se passer comme prévu. J'étais blessée, parce que la perspective de voir les briques de notre amitié tomber une à une sans que je parvienne à leur en empêcher m'affectait même si je ne le lui dirai pas et à la limite, je préférais encore que le toit s'effondre directement sur ma tête. Ça allait faire plus mal, mais au moins, c'était d'un coup.

Nécessairement, j'étais devenue plus méfiante, donc j'analysais tout, ce qui était loin d'être une bonne idée, parce que c'était en train de me bouffer lentement de l'intérieur et c'était encore plus douloureux, car je n'arrivais plus à déterminer si oui ou non mes choix étaient les bons. J'en étais presque arrivée à culpabiliser car voir Lilian avec des joues blanches et creusée et rester là sans rien faire, ce n'était pas non plus digne de l'amie que j'étais censée être, et campait sur mes positions. Paradoxalement, sa manière d'agir me faisait trop mal parce qu'elle prouvait qu'elle n'avait pas besoin de moi, ça me rendait malheureuse, alors je voulais avant tout m'en protéger avant qu'elle n'arrive à commettre plus de dégâts.

Et Lilian ? Que voulait-elle vraiment ?
Si elle voulait de notre amitié, j'étais d'avis de croire que ce qui s'avérait être le mieux, c'était de nous asseoir toutes les deux dans l'un des canapés de la salle commune des Gryffondor et de discuter calmement de tout ce qui nous taraudait l'esprit. J'étais impulsive, mais je savais aussi écouter les autres, pour cela, il fallait juste qu'on ne me saute pas à la gorge comme si moi aussi je venais d'éventrer quelqu'un. Non, au lieu de ça, on se contentait de se jauger avec la même lueur de défi dans le regard. Je ne faisais aucun mouvement, ne reculai pas alors qu'elle s'approchait. Je n'avais pas peur, je ne craignais jamais rien dans ces instants là, parce que c'était mon instinct qui fonctionnait à la place de mon cerveau et quelles que soient ses intentions, il était tout dans son intérêt de se souvenir que je ne faisais pas dans la petite mesure; lorsqu'on me cherchait, on me trouvait direct.


- Taylord ! Tu vas bien ? Tu tombes bien j’avais justement une question à te poser. Tu ne trouves pas que j’ai maigri ?


Okay, alors c'était encore pire que je ne l'avais imaginé.
Quelque que soit le petit jeu auquel elle avait envie de s'adonner, ça ne prenait pas et je n'allais pas lui laisser une quelconque opportunité. C'était vicieux, voilà ce que c'était, et de sa part, ça me décevait, parce que malgré tout, je pensais qu'elle valait beaucoup mieux que ce genre de coups foireux et qu'en fin de compte, elle ne tenait pas à ce que notre amitié s'éternise. Donc c'était que ça n'avait jamais compté pour elle ? Trop sympa. Car faire comme si de rien était alors qu'il s'était produit tout l'inverse pendant des semaines, ça voulait clairement dire ce que ça voulait dire; le message était clair.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Répliquai-je presque froidement, en la dévisageant avec la même intensité. Mange.

D'accord, c'était méchant, mais est-ce que c'était plus cool de sa part d'user de telles bassesses ? Pas pour moi en tout cas, la meilleure des défenses, c'est l'attaque et elle ne pouvait pas dire qu'elle n'avait pas commencé. Puisqu'elle voulait que ce soit du chacun pour soi, je n'avais plus d'autre choix que de devoir me protéger, même si ça ne se faisait pas dans la diplomatie. Elle était au courant des réactions que je pouvais avoir alors si elle voulait se lancer là dedans, c'était à ses risques et périls.

Je pouvais sentir l'adrénaline monter dans nos deux corps respectifs et j'étais prête à bondir avec virulence au moindre assaut. Je m'autorisais même à maintenir la même pression qu'elle avait sur mes mains, car qu'elle ne se fasse pas de bile; ce n'était pas moi qui allait céder la première.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Dim 15 Jan - 13:28

Moi aussi... Enfin heureusement que ça te fait de la peine ça serait bizarre sinon

Finalement, qui entre elles deux était le plus à plaindre ? Lilian se posait la question et ne parvenait à trouver la réponse. Etait-ce Taylord qui au fond, ne parvenait à exister réellement que depuis son élection de Miss Gryffondor et aussi par son couple avec Chuck ? Certes aucun d’entre eux ne se montraient publiquement parce que tous deux craignaient de croiser le fer avec le regard assassin de la Sirène qui semblait capable de les transformer en pierre à la seconde où leurs prunelles croisaient les diamants magnifiques. Ou bien était-ce elle, Lilian qui peinait à remonter la pente suite à sa rupture. Oui elle s’était fait de la peine en se voyant tituber dans les couloirs tard le soir, et c’est pour cette raison qu’elle s’était reprise. La belle remontait en selle, prête à en découdre avec ses démons.

Remonter sur le cheval après une chute était toujours une chose difficile à faire et Lilian le savait pertinemment, en cavalière qu’elle était elle avait subi de nombreuses chutes et à chaque fois, même si elle avait encore mal, même si elle avait encore peur, elle chaussait le pied dans l’étrier, poussait sur sa jambe droite et s’asseyait pleine de grâce et de délicatesse sur la selle de sa jeune jument. Peu importait sa couronne, elle avait beau être une princesse elle savait monter, quand bien même sa traîne couvrait la croupe de sa monture. Elle pouvait même troquer ses longues robes, comme celle qu’elle avait portée lors du bal contre des jeans moulants et des santiags en cuir. Lilian ne rechignait pas à changer de tenue, passer du palais au ranch cela ne lui posait aucun problème. Mais peut-être parce que depuis toute petite elle avait vécu dans ces deux milieux différents : entre le manoir familial et le centre équestre et jamais elle ne s’était plainte de tant de poussière, au contraire elle aimait cela. Mais Taylord, arriverait-elle à se conformer au titre et donc à la prestance que l’on attendait d’elle ? La cow-girl pourrait-elle se faire princesse du jour au lendemain ? Lilian en doutait fortement. Taylord n’avait vraisemblablement pas encore réellement compris ce qui lui était arrivé quand on lui avait décerné ce titre de Miss Gryffondor et semblait encore se demander pourquoi elle en était arrivée là.

Et pourtant, Lilian n’avait aucunement été jalouse à cette époque car quand la nouvelle avait été révélée, elle était encore avec Chuck et n’avait donc aucune raison d’en vouloir à Taylord. Mais depuis sa rupture et sa descente aux enfers, sa jalousie qui relevait presque de la haine avait pris le dessus sur son amitié et même avec la plus grande volonté, la sirène ne parvenait à excuser sa conduite ni à être heureuse pour Taylord. C’était simple, les relations entre les ex et les nouvelles copines sont toujours froides quand elles ne sont pas houleuses ou tumultueuses. Les premières, les ex, ne peuvent s’empêcher d’en vouloir, tripes et chairs à la nouvelle venue qui les avait détrônées et quand elles ne rêvaient pas de lui arracher les yeux, elles la plaignaient. Mais ici ce n’était pas le cas ; Lilian ne plaignait aucunement Taylord, bien au contraire. Elle l’enviait comme jamais elle n’avait envié quelqu’un. Elle la jalousait de pouvoir embrasser Chuck où bon lui semblait, de sentir ses mains sur sa peau, de le serrer contre lui… Oh oui quand elle y pensait, Lilian détestait Taylord comme jamais elle n’avait détesté quelqu’un et à chaque fois que la jeune fille croisait la Sirène dans les couloirs, cette dernière la regardait comme si elle réfléchissait à quel membre elle allait lui arracher en premier. D’ailleurs, si cela ne tenait qu’à elle, elle lui arracherait d’abord les bras comme cela il lui serait impossible de caresser, d’enlacer et de serrer Chuck contre elle. C’était vicieux certes, mais la belle était fourbe quand elle était mécontente voire en colère et la moindre idée vicieuse qui germait dans son esprit était bonne pour être appliquée à la réalité. Et c’est Taylord qui en ferait les frais.

Cependant, Lilian ne se déchaînerait pas sur elle seulement aujourd’hui ; cela serait bien trop simple et trop rapide. La Sirène voulait que Taylord la craigne et baisse le regard à chaque fois qu’elles se croiseraient dans la salle commune ou les couloirs. Elle voulait que Taylord, à l’usure, s’excuse, fatiguée de devoir supporter les deux diamants qui pesaient sur elle. Et la reine de Poudlard savait parfaitement être fourbe et peste à souhait quand elle estimait qu’elle devait l’être. Elle deviendrait alors le pire cauchemar de Taylord, celle qui lui usait les nerfs, qui hantait ses rêves mais différemment de ceux des garçons. Elle souhaitait apparaître dans ses rêves comme une véritable ennemie, la lionne aux crocs aiguisés qui pointaient hors de sa bouche, la princesse prête à se battre sur son cheval avec son armée, plus loin derrière elle. Car Lilian n’était pas toute seule et pour elle, trouver de nouvelles recrues serait une chose facile et si elle devait envahir le quotidien de Taylord, elle le ferait sans hésiter et le couteau entre les dents.

Pourtant, une part en elle regrettait ce qui allait se produire car cette partie aimait encore Taylord comme une amie et savait que si Chuck venait à l’apprendre, il lui en parlerait sûrement mais pas d’une manière agréable. Elle savait que la vraie Lilian, celle qu’elle était depuis toujours n’agirait pas de la sorte mais depuis sa rupture, Lilian n’était plus la même. De princesse elle était passée reine et une reine avec un caractère fait pour régner. La belle ne supportait pas l’échec et était d’autant plus rancunière quand il s’agissait de jeunes hommes. Elle tenait à montrer que dans ce domaine, c’était elle la meilleure et que personne ne lui arrivait et ne lui arriverait jamais à la fille, pas même Taylord même si elle croyait avoir tout gagné en remportant Chuck. Cependant, des trophées, la lionne en avait à revendre et ils constituaient le plus grand tableau de chasse de tout le château et même si l’actuelle Miss Gryffondor avait ajouté un prix d’une grande valeur au sien, il avait déjà trôné sur celui de Lilian devant tant d’autres qui valaient leur pesant d’or. Mais Lilian savait qu’avoir le château masculin à ses pieds ne lui ferait pas revenir Chuck mais il lui serait davantage facile de le monter contre Taylord pour que celle-ci se retrouve seule. Déesse, elle avait beau prêcher des convertis, tous écouteraient sa parole de peur de subir ses foudres vengeresses. Taylord était bien la première mortelle à oser défier une telle déesse comme elle et cela lui serait fatal, car la fille d’Aphrodite était également réputée pour un caractère qui se voulait impétueux, imprévisible et impulsif.

Elle ne pardonnerait pas ; du moins pas tout de suite. Peut-être qu’elle ne sera même pas triste pour la jeune fille quand son histoire avec Chuck prendra fin. Là aussi, elle se doutait que cela ne durerait pas éternellement, surtout connaissant le caractère de Chuck qui ressemblait tant au sien mais était tellement opposé à celui de Taylord. Quand cette date arriverait, elle espérait que Taylord serait anéantie, détruite pour qu’elle ressente ce que Lilian avait ressenti, pour qu’elle vive que ce Lilian avait vécu et peut-être que là, la Sirène éprouverait un semblant de compassion envers elle. Peut-être, peut-être pas. Imprévisible, on ne pouvait jamais savoir ce qu’elle penserait, ce qu’elle ressentirait et c’est cela qui contribuait à la légende.

Et la déesse continuait de jauger la mortelle qui se dressait face à elle, comme si elle attendait avant de l’écraser comme un vulgaire insecte. Elle tenait à la faire souffrir avant de mettre fin à ses jours, comme elle le faisait quand elle séduisait un énième garçon mais encore d’une autre manière. Car, quand elle donnait enfin le baiser, ou pas, tant attendu, elle savait qu’elle ralliait à sa cause un nouveau fidèle, un nouveau sujet entrait dans son royaume. Pourtant, elle distinguait sans mal le malaise qui animait Taylord, ce qu’elle comprenait plus qu’aisément ; l’on n’est jamais tranquille lorsqu’on doit affronter un monstre de perfection telle que Lilian Easter.


- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Mange.

Si pendant quelques brèves secondes elle fut désarçonnée, Lilian reprit vite place sur sa monture et fit comme si rien ne s’était passé dans ses lagunes éternelles en relevant le menton. Un sourire ironique en coin sur les lèvres, elle lâcha les mains de Taylord en se retenant de ne pas les arracher en même temps. C’est bien connu, dans le temps, on coupait les mains aux voleurs pour qu’ils ne recommencent pas. Les deux jeunes filles auraient vécu à une telle époque ; celle où Lilian aurait été une véritable princesse intouchable dans son château impressionnant, et Taylord une simple courtisane ou autre membre plus ou moins important de la cour, Lilian n’aurait pas hésité une seule seconde à lui couper les deux mains avant de la jeter hors du palais pour qu’elle erre sans réel but dans la cité sous un soleil brûlant. Et elle enverrait Chuck au combat, à n’importe quel combat dans laquelle sa cité serait impliquée comme cela, même si cela lui pinçait le cœur, elle était sûre que ni l’un ni l’autre ne pourrait jamais se retrouver. Vicieuse, fourbe… Lilian avait tout pour se faire respecter comme une véritable reine.

- Et bien figure-toi que c’est ce que j’ai réappris à faire depuis quelques jours. Parce que j’étais bien plus maigre avant, tu aurais dû le remarquer. Elle posa, derechef, son regard sur les tables sur les côtés et les élèves qui y étaient assis, sentant qu’un conflit planétaire allait se dérouler, préférèrent plier bagage et sortir le plus vite possible, tout en baissant les yeux. Mais non, tu étais bien trop occupée à choper et embrasser Chuck, c’est vrai ! Sa voix avait monté d’un ton, était beaucoup plus sèche et à partir de là, elle ne pèserait plus ses mots pour faire le moins de mal possible. Tous crocs dehors, épée à la main, la belle engageait le combat. Scott et moi on aurait pu crever, cela te faisait le même effet étant donné que tu étais si occupée à fourrer ta langue dans la bouche de Chuck !

Venimeuse, les mots fusaient hors de sa bouche tels des poignards et elle ne regrettaient rien. Elle avait vu Scott, elle s’était rendue à son bras au bal et Dieu sait qu’il avait pris sur lui pour ne pas afficher la peine qui rongeait son cœur avant de prendre la fuite et montrer dans la tour de Serdaigle. Plus personne n’osait les déranger, la salle commune était vide et il en valait mieux ainsi parce que lorsque Lilian était énervée de la sorte, elle était capable de faire sauter tout ce qu’il y avait autour d’elle et si Taylord en faisait partie, cela lui était bien égal ; elle avait joué, elle allait payer.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Mar 17 Jan - 18:32

Bah oui c'est bien connu, je suis cruelle et sans coeur voyons


Peut être que si j'essayais de me mettre à la place de Lilian, j'y verrai plus clair ? Étant donné l'ampleur que la situation était en train de prendre, sans que je ne m'en rende compte, c'était une solution comme une autre et elle ne pouvait pas être pire, mais même avec ça, je n'arrivais pas à la comprendre, comme si un fossé s'était creusé entre nous deux. Au départ, ça n'avait été qu'une fissure, donc çe n'était pas bien grave, mais petit à petit l'entaille s'était faite de plus en plus grande et on voyait le résultat aujourd'hui.
Elle s'énervait, donc forcément, j'avais envie de faire de même, après tout elle le savait que j'étais comme ça, que je n'étais pas du genre à baisser les yeux, penaude, parce qu'on était en train de m'enguirlander sans ménagement. Au contraire, ça me donnait l'envie de crier plus fort et cela par simple esprit de contraction, que j'ai tort ou raison. Qui était dans son bon droit ? Ce n'était jamais tout blanc ou tout noir et nous voulions chacune tirer un peu sur la couverture dans le but de l'emporter, mais au fond, les torts étaient partagés.

Ce qui me laissait penser que nous ne nous connaissions pas si bien que je l'avais toujours cru. Ou plutôt, c'était la colère qui montait peu à peu jusqu'en haut de ma gorge qui me laissait imaginer cela. On ne s'était pas connu tout de suite, et tout ce que je savais d'elle à l'époque, c'était grâce aux dire que les autres me disaient. Certains l'adoraient tandis que d'autres la détestaient et elle avait un tel impact sur quelques élèves de l'école que la décision qui me semblait être la plus sage était encore d'en juger par moi même. J'avais le souvenir de notre rencontre dans le parc de l'école, près du potager aux citrouilles, avec cette fille élégante qui forçait les autres à se retourner sur son passage, mais qui ne se prenait pas vraiment au sérieux. Et en cet instant, plus je l'observai, plus je remarquai à quel point son air était supérieur, hautain et autoritaire, comme si c'était son seul avis qui l'emportait de toute façon et que personne n'avait intérêt à se mettre sur son passage. Et si en fait je m'étais trompée sur toute la ligne depuis le départ ? Si tout cela n'était qu'un jeu d'apparences sordide dans lequel elle m'avait embarqué ?
Tout ça, ce n'était pas moi.

Ça me rappelait les quelques compétitions auxquelles mon père avait voulu m'inscrire quand j'étais petite parce que je me défendais bien sur le dos de Sunset. Je n'avais pas oublié à quel point dans les premiers temps j'avais adoré franchir les obstacles les uns après les autres, parce que c'était une expérience grisante. Mais dans ces milieux là, on ne tarde pas à déchanter, ou du moins, l'ambiance pesante et hypocrite ne m'avait pas convenu, parce que ce qui comptait pour certains cavaliers, même si ce n'était pas le cas de tous, c'était de gagner et cela à n'importe quel prix même si pour cela il fallait être le plus immoral possible pour faire perdre son adversaire. Monter à cheval, pour moi, c'était un plaisir et j'avais préféré troquer la belle selle anglaise qu'on m'avait offerte, contre la western, celle qui me suivait depuis toujours. J'avais la désagréable impression qu'ici c'était exactement pareil. C'était ça que nous étions en train de mener, un concours ? Si c'était vrai ,je préférais autant que cela s'arrête tout de suite. Je ne me reconnaissais dans tout ça, me pomponner pendant des heures avec du beau maquillage, de belles fringues, de belles chaussures pour prouver que j'étais au top du top dans n'importe quelle circonstance et que personne ne pouvait m'arriver à la cheville. Ça brillait dans tout les sens, mais l'envers du décor, qui s'en souciait ? J'avais appris à savoir ce que je valais et même si je faisais plus d'efforts, c'était pour moi, pas pour tout les autres qui ne voyaient que les paillettes. Plus que jamais, j'avais la sensation d'avoir trouvé ma place, et même si elle n'était pas sur le feux de projecteurs, elle me convenait tout à fait.
Je savais que je n'étais ni plus ni moins que Taylord Reegan et ça me suffisait amplement.

Gagner pour recevoir la reconnaissance des autres.
Ça ne m'avait jamais apporté rien de meilleur, et je n'avais pas été élevée dans cette optique. C'était aussi pour ça que je ne savais pas comment prendre cette histoire de Miss et Mister et ce nouveau poids sur les épaules. Si tout cela m'avait paru anodin au moment de tout de remue ménage concernant les élections, je réalisais peu à peu, que ma tranquillité, j'y tenais, tout comme de pouvoir faire tout ce que je voulais quand bon me semblait et avec qui je voulais. Je ne voulais pas changer mes habitudes, seulement plus les jours passaient plus cela me semblait impossible d'avoir un semblant de vie privée. Il était hors de question que je laisse qui que ce soit y toucher.

Je ne pouvais pas dire que cela ne me faisait aucun effet parce que plus les secondes passaient plus j'avais l'amère sensation que ça ne dérangeait aucunement Lilian de balayer d'un revers de la main notre amitié, comme si ce n'était qu'une poussière qui se serait incrusté dans son œil et qu'il fallait absolument retirer. Tout se retrouvait réduit à néant et j'en venais à me demander si tout cela avait signifié quelque chose à ses yeux, ou si ce n'était qu'une occupation comme une autre et qu'à présent qu'elle avait une bonne raison de m'en vouloir, elle sautait sur l'occasion. Elle était venue chez moi alors qu'aucune des personnes étant à Poudlard n'y avait jamais mis les pieds, je lui avais ouvert une partie de ma vie et c'était tout ce qu'elle en faisait ? Ou était l'erreur dans cette équation ? Je cherchais, je cherchais sans trouver quelle était la solution à ce problème alors que je voulais à tout prix trouver la réponse pour tout mettre en œuvre pour sauver ce qu'il restait à sauver.

Je ne cillai pas.
C'était tout ce qu'il me restait, d'avoir un semblant d'honneur, car je ne voulais pas ce que ça non plus elle ne me le prenne, comme si cela allait de soi, et que cela devait lui appartenir.


- Et bien figure-toi que c’est ce que j’ai réappris à faire depuis quelques jours. Parce que j’étais bien plus maigre avant, tu aurais dû le remarquer.

Je sentis mon visage se fermer un peu plus. Cette tournure qui me laissait penser que tout était de ma faute ne me plaisait pas. Tout comme au fond ça ne me plaisait pas d'être distante vis à vis de Lilian et d'être crue dans mes propos, mais je n'avais pas d'autre choix que de me défendre parce qu'elle attaquait sans relâche, comme si elle s'attendait à ce que je tombe moi aussi, et qu'elle m'entraîne dans sa chute.
Elle pouvait toujours courir.

- Merci de m'apprendre qu'en fin de compte, j'étais la bienvenue à ta table
, répliquai-je du tac au tac.

Elle attendait quoi ? Que je la prenne en pitié ? Lilian Easter était-elle tombée aussi bas ? J'avais envie d'ajouter et de lui faire comprendre, que non, ça ne me faisait pas plaisir de voir qu'elle accusait le coup de la sorte et que je voulais être là pour l'aider, mais c'était elle qui se cachait au milieu des ronces et s'attendant à ce que ça tombe tout seul du ciel, merde !
Si elle ne me tendait pas la main, comment je faisais pour la prendre ?


- Mais non, tu étais bien trop occupée à choper et embrasser Chuck, c’est vrai ! Scott et moi on aurait pu crever, cela te faisait le même effet étant donné que tu étais si occupée à fourrer ta langue dans la bouche de Chuck !


Ce qu'elle disait n'était qu'à moitié justifiable. Tout ce qu'elle savait, c'était ce qu'elle avait vu au bal, rien de plus; ensuite j'étais partie pendant les vacances et à mon retour, ni Chuck ni moi n'avions eu de gestes qui auraient pu être révélateurs de ce qu'il s'était produit à la fin de cette soirée précise et de ce qui s'en suivait à présent. Qu'elle le sache, que tout le monde le sache, ce n'était pas ça qui m'inquiétait le plus, parce que son avis ne bousculerait pas le mien, et les critiques, j'avais du en essuyer suffisamment pour apprendre à passer au dessus de l'image que je venais à dégager. Là où j'étais prête à sortir toutes griffes dehors, c'était si on venait à ne serait-ce qu'effleurer cette chose nouvelle que nous commencions à bâtir Chuck et moi et qui je le savais était plus fragile qu'il n'y paraissait, parce que ça avait été toujours le cas avant avec notre amitié. J'avais assez morflé à cause de mes erreurs dans le passé, alors je n'allais pas laisser celles des autres, qui étaient volontaires, tenter quoi que ce soit. Aux yeux de tous, nous n'étions pas ensemble, même si nous nous étions embrassé au bal. Est-ce que c'était une erreur ? Ça ne servait à rien de revenir dessus puisque maintenant c'était fait. Et si son but c'était seulement de détruire, non, effectivement, je ne voulais pas qu'elle apprenne qu'il y avait bel un bien plus qu'une simple entente cordiale entre nous.

- Y'a vraiment un truc qui va pas chez toi
, constatai-je durement, sans élever la voix, après avoir laissé planer quelques secondes de silence.

Pourtant tout en moi avait envie de crier.
Lui crier que je ne savais pas comment faire pour tenir mon rôle d'amie vis à vis d'elle et qu'au lieu de la laisser par terre je voulais tout faire pour la relever, lui crier que voir Scott éviter chacun de mes regards comme si j'étais devenue une ennemie à ses yeux me rendait malheureuse, lui crier que je ne pouvais pas aller à l'encontre de mes sentiments vis à vis de Chuck tout simplement parce que je n'étais pas ce personnage fort comme j'aimais le laisser voir qui n'avait besoin de personne et qui préférait laisser sa chance à quelqu'un d'autre. J'avais besoin des autres, ou plutôt d'eux, ceux qui comptaient pour moi, pour vivre, juste vivre et parfois espérais à juste titre qu'on ait besoin de moi, même si tout ce qui se passait actuellement laissait présager le contraire.
En cela, étais-je à ce point si différente ?
Est-ce que le bonheur n'avait le droit que d'appartenir qu'à certains ?
N'était-elle pas pareille ?

Mais non, à la place de lui expliquer tout cela, je préférais rester ce mur de fer inébranlable qu'elle ne pourrait pas passer.

- C'est ça qui t'intéresse ?! Repris-je, le regard que tu poses sur les autres et que les autres posent sur toi ? Tu sais rien parce que tu cherches pas à comprendre ! A mon tour, j'étais en train de m'emporter et ne parvenais à me contenir. Est-ce que je t'ai déjà manqué de respect ? Réponds !

Non, non, non, c'était tellement injuste, ses reproches; je ne lui avais jamais fait de coups dans le dos et là, c'était elle qui se mettait derrière moi pour me tirer dessus.

- Comment tu peux croire qu'une seule fois j'ai pensé vouloir te faire de la peine ? C'est comme ça que tu m'vois ?! Comme une pute sans cervelle ? Au fur et à mesure que je prononçai ces paroles, je saisissais que ça me blessai beaucoup plus que je ne voulais bien l'imaginer et le laisser croire. Alors, si c'est ça, ouais, j'vois pas pourquoi on est encore en train d'se parler.

Il y avait une partie, au fond de mon cœur, qui venait de se briser.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Lilian Easter
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Ven 27 Jan - 17:32

Et moi, je cache une tronçonneuse sous mon lit et une grenade dans mon soutif

*

And everytime I look inside your eyes
You make me wanna die


En réalité Lilian s’en voulait presque de tout ce qu’elle faisait subir à Taylord, lui crachant son venin dessus sans relâche, comme si elle n’était qu’une vulgaire souris mais qu’elle ne prendrait même pas la peine de croquer. Pourquoi ? Parce qu’à ses yeux, cette souris contenait en elle une sorte de maladie qui la contaminerait immédiatement après un premier contact. Lilian apparaissait comme une lionne sans scrupule qui éliminait de la façon la plus directe possible le premier ennemi qui se dressait sur son chemin. Elle ne supportait pas perdre, encore moins perdre un joli cœur et la fin de sa relation avec Chuck prenait pour elle des allures d’échec cuisant. Elle LA Sirène n’avait pas réussi à le garder pour elle et il s’en était allé voler dans la robe rouge de Taylord, à ses yeux moins belle, moins sublime, moins jolie, moins douce et moins féminine qu’elle. Pourtant, elle ne rechignait pas à abattre les murs qui se dressaient devant elle ; même en compétition d’équitation elle était montée dans les hauteurs avec sa jument sans trop de difficultés. Mais là Taylord, que jamais elle n’avait considérée comme un obstacle se dressait face à elle et le seul moyen était de faire tomber ce mur, de le détruire pierre par pierre peu importe les moyens qu’elle devait employer. Morale ou pas, Taylord avait commis pour elle l’impardonnable et elle ne ferait pas dans la dentelle pour passer son chemin.

Toutefois, en fusillant la jeune fille du regard c’était admettre que leur amitié serait relayée au rang d’histoire, ferait partie du passé et se rangerait dans la catégorie des souvenirs. Pourtant, ce n’était pas une simple amitié d’adolescentes qui à chaque cours de Défense contre les forces du mal s’asseyent à côté et rient ensemble. Non, Taylord et elle c’était bien plus que cela. Chacune s’était ouverte à l’autre, lui avait montré des pans de sa vie que peu ou personne ne connaissait, avaient des souvenirs qui n’appartenaient qu’à elles. Mais la colère, la rage et la frustration aveuglaient Lilian qui refusait de se rappeler de tout cela et ne voyait désormais plus qu’en Taylord une ennemie à abattre, la lionne qui prenait bien trop d’importance et à laquelle il fallait sauter à la gorge afin de lui montrer que c’était elle la reine et qu’on ne faisait rien qui puisse la contrarier. Et la sirène serait prête à enfoncer les crocs profondément si c’était nécessaire.

Et c’est pour cela que quelque part au fond d’elle, elle s’en voulait d’être aussi odieuse et exécrable vis-à-vis de Taylord. Toutes les deux se connaissaient bien, étaient de véritables amies mais leur caractère à toutes les deux était bien trop fort pour que lorsqu’une explosait, l’autre ne riposte pas. Taylord ne se laissait pas marcher sur les pieds et répondait forcément à Lilian qui essayait de la conduire plus que bas que terre. Mais Lilian était bien trop fière pour sourire à Taylord après ce qu’il s’était passé au bal de Noël. Non, elle ne pouvait pas faire semblant et ne pouvait pas aller lui sauter au cou joyeusement en lui criant presque dessus : « Oh Taylord je suis tellement contente pour toi et Chuck ! Si tu savais le bien que ça me fait ! Tu me libères d’un poids je t’en remercie ! » parce que ce n’était pas le cas. La Sirène éprouvait encore bien trop de sentiments à l’égard de Chuck pour tourner la page et sourire à Taylord. La belle venait à peine de remonter à la surface après avoir manqué de se noyer pour replonger tout de suite. Et bien sûr, comme elle l’avait fait à Haruhi, elle accusait Taylord de tous les maux qui lui avaient pourri la vie. Parce que pour elle, elle en était une des causes. Si Taylord n’avait cessé de se chamailler avec Chuck, rien de tout cela ne serait arrivé et jamais Lilian n’aurait fait une dépression. Mais bien sûr, elle était trop aveugle et immature pour se dire qu’à un certain moment, toutes ces disputes se transformeraient en autre chose et que c’est Scott puis Lilian qui en pâtiraient. Mais bien sûr, elle avait préféré se mentir à elle-même au début en se disant que cela n’était que passager alors qu’elle avait tout faux. C’est en partie pour cela que Lilian lui en voulait de toutes ses tripes. Quand elle retournait cela dans sa tête, elle détestait Taylord comme jamais elle n’avait détesté quelqu’un et si elle était une lionne, nul doute qu’elle se serait jetée sur elle pour lui planter ses crocs dans la gorge.


- Merci de m'apprendre qu'en fin de compte, j'étais la bienvenue à ta table

La belle lui adressa un sourire en coin mauvais, qui traduisait son agacement et croisa ses bras sur sa poitrine. Elle serait infecte avec Taylord, tant pis si toutes deux y perdaient des plumes. Tant qu’elle n’aurait pas ce qu’elle voulait et jugerait qu’elle peut encore continuer, elle n’aurait de cesse de piquer la jeune fille aussi longtemps qu’elle voudrait. Elle ne voulait surtout pas s’avouer vaincue. Pas par une vulgaire Miss Gryffondor.

- Je te l’ai dit : je ne voulais pas te déranger, tu avais l’air tellement occupée à me piquer mon copain. Dit-elle en ne regardant même pas la jeune rouge et or sans toutefois se déparer de son air souverain majestueux.

Sèche, froide et venimeuse : tout pour être odieuse et détestable. Car c’est une facette qu’elle voulait montrer à Taylord ; son caractère doux, gentil, sensible et affectueux était accompagné de son jumeau contraire, fourbe, sec, venimeux, méchant et impétueux. Quand elle se mettait en colère ou revêtait l’habit de la peste sans nom, Lilian était méconnaissable et même de ce côté, avec cette impétuosité et cette insolence qui trônaient dans chacune de ses paroles acerbes et aiguisées, elle montrait qu’elle appartenait à Gryffondor. Et bien évidemment, quand les lionnes Taylord et Lilian s’affrontaient, aucune d’entre elles ne s’avouait vaincue au premier coup de griffe qui arrachait un cri plus fort et causait plus de douleur. Aucune ne rentrait les crocs et continuait de les planter dans la moindre parcelle de chair qui s’offrait à sa vue et aucune partie du corps n’était épargnée : les flancs, le dos, les pattes, la gorge… Tout prenait et elles pourraient se battre jusqu’à épuisement. Néanmoins, le combat entre elles ne serait jamais réellement terminé car la rivalité existerait toujours. Elles ne se donnaient aucun répit, c’était un jeu de réflexes entre elle et la première qui baissait la garde un peu trop longtemps prenait un coup qui pouvait lui être fatal.


- Y'a vraiment un truc qui va pas chez toi

Ces paroles dures touchèrent de plein fouet Lilian qui s’efforça de ne rien laisser paraître sur son visage alors qu’en plein cœur, Taylord avait touché une partie sensible. Un instant la colère s’effaça dans les eaux agitées de ses yeux et derrière elle, la vraie Lilian, la jeune fille douce et sensible réapparut. Celle-ci affichait un air profond de détresse. Partiellement libérée de la colère, elle criait pour qu’on l’aide à se libérer complètement. A genoux, maintenue au sol par les mains, elle avait le regard levé au ciel qui cherchait un rayon de lumière dans ces nuages noirs. On l’entendait, Lilian l’entendait mais une autre force l’empêchait de s’exécuter et d’aller secourir cette créature divine tombée sur terre. La Sirène s’était mise dans de tels états, rongée par des sentiments qui la consumaient petit à petit qu’elle ne pouvait ignorer les paroles de Taylord. Là, elle attaquait sans réel motif, pour le simple plaisir de faire et voir souffrir Taylord qui l’avait blessée dans sa fierté. Mais la part rancunière de son caractère, qui d’habitude n’existait pas, prenait toute son ampleur et criait à ses oreilles de ne pas prendre pitié de cet ange qui voulait la faire s’excuser. Taylord ne méritait pas qu’elle s’excuse, c’était en partie à cause d’elle qu’elle avait maigri, qu’elle n’avait pas dormi pendant de longues nuits. Taylord devait comprendre qu’elle ne laisserait pas passer cet affront. Alors la main de Lilian qui se tendait pour aider l’ange de la douceur à se libérer se retira et elle disparut de nouveau dans les ténèbres de la colère qui l’aveuglèrent de nouveau. Il n'y a pas un truc qui ne va pas chez elle, il n'y avait qu'un truc qu'il n'allait pas mais cela n'était bientôt plus qu'un simple souvenir. Tout allait se régler là tout de suite maintenant.

- Oui je sais et ce truc c’est que désormais mon ex copain sort avec celle que je considérais presque comme ma meilleure amie. Tu m’expliques ? Tu crois que moi j’aurais osé te faire ça quand tu étais avec Scott ?

Si des larmes avaient commencé à monter dans ses yeux, elles avaient bel et bien disparues au fur et à mesure que Lilian déversait un nouveau flot de venin sur Taylord. Elle savait pertinemment que jamais en temps normal elle n’aurait dit cela mais voilà, nous n’étions pas en temps normal. La situation entre elles deux avait changé depuis leur rencontre et le triangle amoureux imprévisible qu’elle, Chuck et Taylord formaient ressemblait maintenant davantage à une seule ligne ; entre Chuck et Taylord. Elle, elle avait été évincée et pouvait seulement se contenter de regarder, comme tous les autres mortels. Le ton montait entre les deux jeunes filles et il serait à peine étonnant de voir dans quelques instants des objets voler au travers des vitres, traduisant l’intensité du conflit que se livraient les deux tigresses.


- C'est ça qui t'intéresse ?! Le regard que tu poses sur les autres et que les autres posent sur toi ? Tu sais rien parce que tu cherches pas à comprendre ! Est-ce que je t'ai déjà manqué de respect ? Réponds !

Presque surprise devant le ton qu’employait Taylord, Lilian décroisa les bras et la fusilla de nouveau du regard.

- A comprendre quoi ? Il n’y a rien à comprendre ! Le sang brûlait dans ses veines et la belle savait que l’explosion était imminente. Le respect n’a plus rien à voir là-dedans ! Pour répondre à ta question : non tu ne m’as jamais manqué de respect et inversement mais ça, c’était du temps où je te considérais comme mon amie ! Et crois-moi cette époque est révolue ! Là, elle effectua un mouvement de bras pour illustrer ses paroles, comme si elle jetait très loin d’elle quelque chose et il est clair que si des élèves restaient cachés dans leurs dortoirs, ils pouvaient facilement tout entendre tellement les deux jeunes filles se criaient presque dessus.

Les coups redoublaient d’intensité et de fureur et chacune à chaque fois en prenait pour son grade mais peu leur importait : aucune ne baisserait ni les bras ni les yeux, cela serait trop satisfaire l’autre et cela, il en était hors de question.


- Comment tu peux croire qu'une seule fois j'ai pensé vouloir te faire de la peine ? C'est comme ça que tu m'vois ?! Comme une pute sans cervelle ? Alors, si c'est ça, ouais, j'vois pas pourquoi on est encore en train d'se parler.

Lilian se retint de répondre « Tu m’ôtes les mots de la bouche » pensant que pour l’instant, le corps-à-corps n’était pas encore au programme. Peut-être dans quelques minutes ou secondes. Mais au fond d’elle, elle savait que Taylord avait très bien deviné le fond de sa pensée qu’elle s’était efforcée d’exprimer clairement sur son visage.

- Le truc c’est que je me demande si tu arriveras à garder la face une fois que toute l’école sera au courant. Subitement, Lilian était redevenue presque calme et arborait de nouveau un air tellement ironique sur son visage. Je sais que personne n’est au courant qu’entre toi et Chuck c’est sérieux, mais tu sais, il me suffit de faire croire que j’ai trouvé ton string ou le boxer de Chuck entre les coussins du canapé et tout se saura. Ma pauvre ! Il te fait aussi le coup du couple caché ! Mais tu n’échapperas pas au Daily Poudlard ma chérie et je me demande si tu auras les épaules pour supporter toutes les rumeurs qui courront sur toi. Comme une lionne qui traque sa proie, elle se mit à tourner autour de Taylord. Hein, est-ce que tu sauras garder les épaules hautes même quand les autres diront que tu es, comme tu le dis si bien, une pute sans cervelle ? Là, elle s’appuya de tout son poids sur les épaules de la jeune fille pour la faire ployer. Tu vois, ce n’est pas si facile de passer pour ce qu’on n’est pas forcément et de résister aux rumeurs. Tu as mis fin à deux couples en moins de six mois même pas, c’est pas banal. Je tiens même à t’en féliciter. Un sourire ironique vint illustrer ses dires.

Enfin elle se retrouva encore face à Taylord et elle plongea la main dans la poche arrière droite de son jean. Elle en ressortit une photo du bal de Noël de l’année dernière ; quand Chuck et elle venaient d’officialiser leur couple et que le couple Taylord/Scott était à l’aube de son histoire. On les voyait, tout sourire et sublimes dans leurs robes, en train de rire tout en tenant de longues flûtes de champagne. Elles renversaient légèrement leurs cous en arrière et c’est presque si l’on entendait les rires qui s’envolaient de leurs gorges. Entre ses deux pouces et ses deux index, Lilian la tenait face à Taylord.


- Voilà ce qu’il en est de notre amitié désormais. On entendit le bruit du papier qui se déchire. Lilian tira en arrière le côté gauche de la photo, marquant la crevasse entre les deux morceaux et laissa tomber à ses pieds celui de Taylord, le gauche avant de ranger le sien dans sa poche. Je suis désolée Taylord.

La belle planta son regard noir néanmoins quelque peu moins sec dans celui de Taylord et si elle arborait pendant un bref instant un air presque compatissant, c’était pour mieux contrattaquer ensuite. Toutes les ruses pour elle étaient bonnes et elles ne rechignerait pas devant quelques blessures, quand bien même cela faisait mal et arrachait des larmes.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Dim 29 Jan - 19:58

Très pratique en effet

En fait, c'était mentir que de prétendre ne pas savoir ce que ressentait Lilian. Même si tout laissait à penser que nous divergions sur de nombreuses choses, nous nous ressemblions sur un point; celui de masquer ses véritables sentiments derrière de la colère. Je savais ce que c'était, parce que c'était un sport que je pratiquais depuis suffisamment longtemps pour savoir le déceler lorsque qu'une autre personne s'y essayait, avec du succès ou non. Cette sensation qu'on nous arrache une partie de nous, je ne la connaissais que trop bien et être soudainement mise à nue n'était jamais une chose plaisante. La voir ainsi me pinçait le cœur, car l'éclat rieur qui régnait habituellement au fond de ses pupilles semblait avoir disparu pour toujours.
Je voulais le revoir encore.

Mais je ne pouvais pas baisser ma garde, alors qu'elle montait à l'assaut à chaque seconde en crachant tout le venin dont elle était capable pour essayer de me toucher de quelque manière que ce soit. Elle évoquait la trahison ? Moi aussi je me sentais trahie à mon tour, parce que j'avais eu la naïveté de croire qu'il n'y avait pas de chose plus forte que l'affection qu'on peut porter pour d'autres personnes. Qu'est-ce qui avait changé ? Qu'est-ce qui se passait dans sa tête pour un pareil revirement de situation ?


- Je te l’ai dit : je ne voulais pas te déranger, tu avais l’air tellement occupée à me piquer mon copain.


Je lui en voulais plus que je ne l'avais imaginé. Je lui en voulais de tout foutre en l'air, je lui en voulais qu'elle m'en veuille parce qu'elle préférait m'accuser tout les tords et de tout les maux sans vouloir creuser la surface, pare que c'était tellement plus facile de jouer l'ange déchu et la victime. C'était lâche, voilà ce que c'était et elle préférait me renvoyer la balle plutôt que d'affronter son visage ravagé dans une glace.

- Donc c'est comme ça que tu vois les gens maintenant ? Demandai-je, presque dédaigneuse, parce que le ton qu'elle employait elle même me dégoûtait, comme des objets ? Je ne t'ai rien pris !

J'avais la voix qui devenait plus aiguë malgré moi, surtout dans ma dernière phrase; à présent ça me révoltait parce que j'avais l'amère impression qu'elle voyait Chuck comme sa propriété, qu'elle me voyait comme sa propriété, qu'elle était à nous tous notre soleil, et qu'ainsi cela lui revenait de droit, que nous devions tous graviter autour d'elle. L'expression parler à un mur s'appliquait tellement ici. Cela aurait eu le même effet. Pourquoi est-ce que je lui parlais alors qu'elle était totalement imperméable à toutes mes paroles comme si ça ne l'affectait pas ? Je voulais qu'elle comprenne, je voulais lui faire comprendre tout ce que je éprouvais en cette instant, cette impuissance qui ne faisait que grandir de minute en minute face à tout ce dont je croyais être certaine, mais qui devenait peu à peu impalpable, que je ne pouvais plus saisir à pleines mains et qui disparaissaient, laissant supposer que toute cette amitié n'avait jamais existé.


- Oui je sais et ce truc c’est que désormais mon ex copain sort avec celle que je considérais presque comme ma meilleure amie. Tu m’expliques ? Tu crois que moi j’aurais osé te faire ça quand tu étais avec Scott ?


Et pourtant, je n'étais pas libre de mes mouvements, pas libre de dire ce que je voulais. En un sens, je m'étais cachée dans un trou de souris qui se refermait progressivement sur moi, autour de mon cou comme un étau, cherchant à m'étouffer et me faire craquer. J'étais prise au piège, et même si je me démenais dans mes efforts pour lui faire croire subtilement le contraire, qu'elle avait visé juste, même si elle ne pouvait que le supposer. Je pouvais me défendre, certes, mais je ne pouvais pas démentir ce qui s'avérait être véridique.

- Je n'ai rien fait, répétai-je plus faiblement, comme pour me convaincre de mes propos avant tout. Elle venait de réussir à me faire douter, à me faire entendre que j'étais finalement véritablement coupable et que ce qui était en train d'arriver était amplement mérité. Tu veux qu'on parle d'amitié ? J'eus tôt fait de me reprendre, je ne voulais certainement pas lui laisser entrevoir qu'elle avait éventuellement trouvé une brèche. Regarde ce que toi, tu es en train de faire !

J'entendais ma voix tambouriner dans mes oreilles tant elle était forte. Je venais délibérément d'ignorer sa question, plutôt me faire crier dessus que de rompre mon pacte avec Chuck et admettre que nous étions effectivement bien ensemble.

- Au cas où tu l'aurais pas remarqué, y'en a pas qu'une ou deux qui passent leur temps à tourner autour de Chuck. Tu vas faire quoi ? Le même petit numéro à chacune ?! Bonne chance, ça risque de te prendre pas mal de temps !

Parce que même si elle avait raison, son comportement restait injustifié. Elle n'avait pas intérêt à me sortir qu'elle n'était pas sans savoir qu'il avait bien attendu gentiment dans son coin à voir ce qui se passe et il n'y avait aucun doute qu'elle l'avait remarqué. A ce titre je n'étais qu'une fille comme les autres, une fille de plus, à ses yeux, on s'était embrassé au bal et puis basta. Ça aurait pu être moi, comme n'importe qui. Cependant, au lieu que ces conclusions me rassurent, elles eurent plutôt l'effet inverse, parce qu'à ses yeux, je ne voulais pas ressembler à l'une d'entre elles...
Est-ce que c'était ce qu'il pensait ?

Je n'avais toutefois pas le droit à un quelconque répit. Le règlement de comptes commençait à dégénérer, et si par moments il me semblait la voir plier, ce n'était que de courte durée, et Lilian laissait présager le contraire, en revenant à la charge, toujours comme si tout ce que je pouvais tenter de lui expliquer ne servait à rien, et elle restait sourde aux appels cachés que je lui lançai.
Pourquoi ne voulait-elle pas les voir ?


- A comprendre quoi ? Il n’y a rien à comprendre ! Le respect n’a plus rien à voir là-dedans ! Pour répondre à ta question : non tu ne m’as jamais manqué de respect et inversement mais ça, c’était du temps où je te considérais comme mon amie ! Et crois-moi cette époque est révolue !

La pilule eut du mal à passer cette fois ci. Parce que si je m'y étais plus ou moins préparée, vu la tournure désagréable qui était en train de se profiler, entendre ces mots sortirent de sa bouche me firent une seconde oublier ma rancœur. On était en train de se crêper le chignon, mais tout allait finir par s'arranger non ?
Hein, dis moi, est-ce que tout va s'arranger ?

Mais le poids de ses termes étaient bien là et pesaient encore dans l'atmosphère tout aussi lourde que je laissais planer, prise de court. Je remportais une manche, elle en remportait une autre et ainsi de suite, mais il n'y avait toujours pas de vainqueurs. C'était tout ce que ça lui faisait donc ? Ce n'avait pas l'air de l'affecter de balancer ça de but en blanc comme s'il s'agissait d'une simple évidence, parce qu'il était clair que pour moi, c'était loin d'être une simple évidence. Je me tus, pour mieux reprendre ensuite; c'était trop simple, moi aussi j'étais en droit de réclamer des explications ! Qui ne tardèrent pas à venir.


- Le truc c’est que je me demande si tu arriveras à garder la face une fois que toute l’école sera au courant. Je sais que personne n’est au courant qu’entre toi et Chuck c’est sérieux, mais tu sais, il me suffit de faire croire que j’ai trouvé ton string ou le boxer de Chuck entre les coussins du canapé et tout se saura. Ma pauvre ! Il te fait aussi le coup du couple caché ! Mais tu n’échapperas pas au Daily Poudlard ma chérie et je me demande si tu auras les épaules pour supporter toutes les rumeurs qui courront sur toi. - Hein, est-ce que tu sauras garder les épaules hautes même quand les autres diront que tu es, comme tu le dis si bien, une pute sans cervelle ? Tu vois, ce n’est pas si facile de passer pour ce qu’on n’est pas forcément et de résister aux rumeurs. Tu as mis fin à deux couples en moins de six mois même pas, c’est pas banal. Je tiens même à t’en féliciter.


Je restai perplexe, alors que de son côté, elle s'était de nouveau mise en action. Désireuse de ne pas céder, je me redressai légèrement pour lui faire comprendre que quoi qu'elle fasse, ça ne changerait rien.

- Ouais, et toi, t'as complètement craqué, rétorquai-je avec froideur. Cette fois, c'était en train de partir trop loin. Sérieux, arrête, ça te fait vraiment pas du bien les régimes.

J'avais moi même du mal à réaliser à quel point j'entrai dans son jeu et devins méchante à mon tour; et sur un sujet aussi délicat, parce que je ne pouvais que comprendre cette envie oppressante qui vous pousse à rejeter toute forme de nourriture. Mais elle s'attendait à quoi ?! Que je me mette à pleurer ? Pensait-elle réellement que j'allais lui faire ce petit plaisir ? Elle poussait trop le bouchon, elle n'avait plus le choix que de ne s'en prendre qu'à elle même. Je n'étais pas coupable, elle récoltait seulement ce qu'elle avait semé en me défendant à juste titre !

Toutefois, je ne m'y attendis pas lorsque sentis tout son corps peser sur mes épaules, sans prévenir, et il ne m'en fallut pas plus pour démarrer au quart de tour; elle m'avait assez échauffé comme ça depuis tout à l'heure ! Elle se tenait dos à moi et avec ma main droite, je m'emparai de son poignet gauche, le retournai habilement entre mes doigts, pour le serrer à nouveau, tout en faisant de même pour me retrouver face à elle. Elle était bien plus grande que moi, mais je la forçai à approcher son visage du mien en tirant son bras vers le bas.

- Ben tu sais quoi ? Vas y, fais le, t'as qu'à inventer toutes les conneries qu'tu veux, puisque ta vie est tellement ennuyeuse que t'es obligée de t'occuper de celle des autres !
Crachai-je méchamment à voix basse, avec provocation. On verra bien ce qui se passe et ne t'attends pas à ce que je te fasse plaisir en te faisant entendre raison !

Je la prenais volontairement de haut dans le but de l'énerver encore plus. Qu'elle n'ait pas de doutes là dessus, car rumeurs ou pas, je n'allais les laisser nous détruire Chuck et moi. Après tout, les gens pouvaient bien croire tout ce qu'ils voulaient, le plus important pour moi, c'était d'avoir ma propre vérité. Le reste ne comptait pas. Pas autant.

- Combien de fois je vais te le répéter, hein ? La seule chose que j'ai arrêté, c'est ma relation avec Scott, donc si t'as des problèmes à régler, tu vois ça avec Chuck, parce que c'est lui qui t'a plaqué, eus-je envie de souligner histoire de la toucher encore plus, sans aller aussi loin toutefois. Aux dernières nouvelles, c'est ton ex, pas moi. Et quand bien même elle m'écoutait vraiment, elle n'avait pas trop intérêt à l'asticoter, parce que pour le coup, j'étais vraiment capable de lui tomber dessus. Je laissai quelques secondes avant d'ajouter; la prochaine fois que tu me touches, je te jure que tu risques de le regretter, alors à ta place, j'éviterai.

J'étais on ne peut plus sérieuse et j'espérais pour elle qu'elle avait seulement conscience que sur ce terrain là, j'étais depuis longtemps dans la cours des grands. Je n'étais peut être pas la plus douée dans l'art de poser du verni à ongles, mais dans celui de donner des coups de poings, c'était autre chose et autant dire qu'elle n'avait aucune chance; ça ne m'avait jamais inquiété de frapper des mecs plus grands, plus forts et plus âgés, alors une fille, à côté, c'était un jeu d'enfant et même si depuis que j'étais à Poudlard, je m'étais sensiblement calmée et n'en venais plus tellement aux mains, ces choses là, c'était comme le vélo, ça ne s'oubliait pas.

Là dessus je la repoussai brutalement - pour ne pas céder à ma première impulsion qui aurait été de lui en foutre une - pour la faire reculer de quelques pas. Mais si elle tombait du haut de ses trop grandes guibolles pas la même occas', tant mieux, c'était bien fait pour elle ! Nos pupilles s'affrontèrent de nouveau dans une lueur mauvaise et lorsqu'elle esquissa un nouveau geste, j'étais prête à bondir et la mettre au sol si jamais c'était pour qu'elle prenne sa baguette !
Mais là encore, je n'avais pas prévu, ni même songé à ce qui suivit, et étrangement, cela me fit beaucoup plus mal que si elle m'avait donné un coup dans le ventre.


- Voilà ce qu’il en est de notre amitié désormais.


Raide, je l'observai sans ciller et sans montrer le moindre signe de faiblesse. L'entente de la photo qui se déchirait me vrillait les tympans.

- Je suis désolée Taylord.

Ce fut en fin de compte moi qui sorti mon bout de bois, avec au passage, l'intense envie de la lui faire manger. Sans un regard pour le papier qui était tombé près de moi, d'un mouvement souple du poignet, je le fis s'enflammer. Bientôt, ce n'était plus que des cendres.
Ce n'était plus rien.

- Pas moi en tout cas, conclus-je avec dureté.

Comme dans un rêve – même si ça s'apparentait plutôt à un cauchemar – de l'animation se fit soudain dans la salle commune : les élèves passaient un par un le tableau de la grosse dame, tout en discutant joyeusement. Ils revenaient chercher leurs affaires après le petit déjeuner avant d'aller en cours, en ignorant tout de ce qui venait de se produire.

- T'es contente ? Y'a tout un auditoire pour toi,
grinçai-je ironiquement, pour la provoquer une dernière fois. Raconte-leur tout ce que tu ne sais pas à mon sujet. Elle avait prétendu être mon amie, donc si elle le faisait vraiment, même si à présent il ne restait plus rien, c'était qu'elle ne me connaissait pas, comme j'avais pu le croire, à l'apogée de notre amitié, pas plus tard que cet été. Éclate toi bien, moi j'ai des choses plus palpitantes à foutre.

Je lui tournai finalement les talons avec fierté pour entreprendre une sortie avec dignité; j'avançai à contre courant alors que des élèves de Gryffondor rentraient encore dans la pièce. Je ne cherchai même pas à retrouver Chuck parmi eux, et quittai les lieux du crime dans l'optique de partir le plus loin possible, comme si cela allait m'aider à aller mieux, en m'enfonçant sans savoir où aller dans les dédales de l'école. Sitôt dehors je sentis mes épaules se courber malgré moi car au lieu qu'un poids me soit enlevé, comme j'aurais pu le penser, c'était en réalité tout l'inverse.

Car en ce début de mâtiné, il y avait bien plus qu'une simple photo de bal de Noël qui avait été déchirée.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: La guerre des roses [PV]   Mar 31 Jan - 21:33

Bah oui : ça fait du rembourrage

Pourquoi cette situation dégénérait-elle autant ? Pourquoi en étaient-elles arrivées à ce point que l’on pourrait qualifier de non retour ? Parce que toutes les deux, Taylord comme Lilian refusait de céder, parce que ni l’une ni l’autre ne voulait baisser les bras et accorder ce plaisir à l’autre. Parce que toutes les deux étaient trop fières et trop caractérielles pour se livrer à une telle lâcheté. Parce que toutes les deux étaient bien trop en colère, bien trop Gryffondor pour cela. Et parce qu’au fond d’elles, elles regrettaient d’en être arrivées à ce point, peut-être par la cause de Lilian. Toutes les deux, avant le drame, et par là il fallait entendre la prise d’otages avant le règne des Mangemorts, s’étaient éloignées l’une de l’autre, trop occupées à panser leurs plaies et blessures. Et puis la vie s’était chargée de leur faire comprendre qu’elles étaient encore bien trop jeunes pour s’engager dans de longues relations amoureuses et c’était le couple de Scott et Taylord qui en avait premièrement fait les frais. Avant que l’épidémie ne se propage à celui de Chuck et Lilian qui s’en remettait certes mieux mais qui peinait toujours à relever les épaules et éteindre les envies meurtrières qui habitaient ses yeux et ses entrailles. Chacune d’elles voulait en finir le plus vite possible avec toute cette histoire mais cela entendait accorder la victoire, le dernier mot à l’autre et cela, c’était juste impossible. Impossible à concevoir, impossible à imaginer, impossible à faire.

D’une manière ou d’une autre, les deux jeunes filles avaient appris qu’il ne fallait jamais baisser les bras, ne jamais oublier son assurance et surtout, ne jamais se faire marcher sur les pieds par quiconque. Lilian savait que la vie n’avait pas été tendre avec Taylord lors de son enfance mais sachant à quel point il est délicat d’abord ce type de sujet, elle s’était retenu de lui demander et elle savait également que c’était certainement cela qui était à l’origine de la Taylord qu’elle connaissait, celle qui était devenue Miss Gryffondor, celle qui se tenait face à elle et qui avait été son amie. Taylord qui, jusqu’à son couronnement, était certes restée quelque peu en retrait et était l’élève discrète mais dont la cote de popularité ne cesse de grimper de par son âge et aussi de par son histoire avec Scott. Cependant, Lilian n’avait jamais douté un seul instant de l’appartenance réelle de Taylord à Gryffondor car elle avait bon nombre de qualités que l’on retrouvait également en elle et la jeune fille incarnait des valeurs que défendait Lilian, parfois plus ou moins consciemment. Toutes deux étaient des rouges et or jusqu’au bout des ongles, chacune à leur manière parfois mais qui au fond, se ressemblaient tellement. Elles étaient telles deux lionnes qui se battent pour un bout de viande, refusant de le lâcher. Ce morceau de viande symbolisant Chuck et alors que l’une venait de le remporter et s’en allait le déguster plus loin, la deuxième revenait à la charge et ne lui pardonnait pas d’avoir remporté une partie de son repas, même si elle avait toute la carcasse encore pleine de viande pour elle. Non ce qu’elle voulait, ce que la lionne Lilian voulait, c’était ce bout de viande que Taylord tenait fermement et ne lâcherait plus sous aucun prétexte, même sous les coups de griffes et de crocs de son adversaire, anciennement amie. Oui, peut-être qu’à l’instant Lilian était mauvaise joueuse, mauvaise perdante et attaquait son amie là où cela fait mal, sans aucune réelle raison apparente. Parce qu’elle tenait à son morceau de viande, quand bien même la carcasse en regorgeait, ce qu’elle voulait c’était ce morceau précisément, par pur esprit de contrariété. Il y avait beau en avoir de plus délicieux, de plus tendres, de plus juteux, elle s’en moquait : on lui avait ôté celui qu’elle dégustait et en dominante qu’elle était, elle refusait de se laisser faire.

C’était exactement ce qu’il se passait avec Taylord. Les deux jeunes filles se disputaient violemment pour ce qui apparaissait presque comme des futilités, peu leur importait en réalité car l’une avait ce que l’autre n’avait plus qui tenait tout de même à récupérer ce qui avait procuré son bonheur. La Sirène refusait d’admettre l’échec, refusait d’admettre qu’entre Chuck et elle, c’était définitivement terminé, qu’il était désormais au bras de Taylord et que vraisemblablement, plus jamais il ne reviendrait vers elle. Car en fait, ce n’était pas tant qu’il soit parti avec Taylord, même s’il lui avait au passage clairement menti quant à ses intentions de liberté et même si cela entrait clairement en jeu, ce que Lilian ne voulait pas voir, c’était l’échec. Elle avait perdu Chuck et au lieu de s’incliner en bonne joueuse qu’elle aurait pu être, elle essayait de tenter un dernier coup, de lancer une dernière fois les dés pour que Chuck revienne, peut-être. Sauf que cela ne se passait pas comme cela. Même si ni l’un ni l’autre ne se montrait ensemble, elle, en tant qu’ex petite amie, sentait et savait ce genre de choses. De plus, Taylord ne niait pas : elle ne réfutait aucune de ses hypothèses, aucune de ses piques venimeuses. Preuve qu’il y avait bien quelque chose et que toutes les deux savaient pertinemment ce que c’était.


- Donc c'est comme ça que tu vois les gens maintenant ? Comme des objets ? Je ne t'ai rien pris !

La sirène siffla et secoua la tête d’exaspération, faisant voleter quelques mèches soyeuses sur ses épaules. Mais parce qu’elle ne voulait même pas répondre à ce genre d’attaque, si puérile pour elle elle ne répondit rien. Taylord connaissait parfaitement la réponse : non elle n’était pas comme cela et jamais ne verrait les personnes comme des objets, comme de simples et vulgaires pantins qu’elle manipulerait entre ses mains à sa guise. Taylord avait haussé la voix et il lui semblait que cela lui paraissait étrange, qu’elle se découvrait ce ton sévère et élevé.

Le combat entre les deux lionnes faisait rage : un véritable choc des titans, on pouvait presque entendre leur os émettre un bruit sourd lorsqu’ils s’entrechoquaient parce que leurs deux corps enragés se cognaient férocement. Et même si elles souffraient, elles faisaient comme si de rien n’était et continuaient. Tout leur était égal sauf la victoire qu’elles arracheraient s’il le fallait. Elles étaient ainsi et personne ne pourrait un jour les changer. Une infime parcelle de l’âme de Godric Gryffondor habitait la leur et cela se ressentait ; ses valeurs coulaient dans leur sang, animaient chacun de leurs actes, chacune de leur parole et marqueraient certainement leur vie jusqu’à la fin de leurs jours. Cependant, la sirène sentit un léger retrait de la part de Taylord quand elle prononça le prénom de Scott et le fait que jamais elle ne lui aurait manqué de respect de l’époque où elles restaient tard bavarder dans la salle commune, de tout et de rien et surtout de rien.

Scott. C’était à son bras que Taylord était partie du bal l’année dernière. C’était de nouveau au sien que Lilian était arrivée au bal cette année. La jeune fille ne savait si Taylord l’avait vu embrasser le bleu et bronze et même si en réalité cela lui était quelque peu égal, une part d’elle espérait qu’elle l’avait vu, dans le simple but de montrer que Lilian redéploie toujours ses ailes. Ce baiser n’avait pas de signification sentimentale mais amicale, il prenait tout son sens. Il s’agissait d’un baiser d’encouragement afin de montrer à Scott que Lilian serait là pour l’aider à surmonter son chagrin, chagrin causé par Taylord et Chuck, inconsciemment.


- Je n'ai rien fait. Tu veux qu'on parle d'amitié ? Regarde ce que toi, tu es en train de faire !

Oui elle était en train de déchirer leur photo et cette photo avait longtemps traîné sur la table de chevet ou le bureau de Lilian avant d’atterrir dans un album qui réunissait de nombreuses photos d’elles et de ses amis sorciers. Oui, Lilian était en train de mettre un terme à leur amitié. Excessif peut-être mais cela lui correspondait. Avec elle, c’était tout ou rien, elle n’avait jamais su faire dans la demi-mesure et ce n’est certainement pas aujourd’hui que cela allait commencer. Néanmoins, les paroles de Taylord l’atteignaient droit au cœur et si au début, tout cela lui coûtait, maintenant elle arrivait à les surmonter et faire comme si elle ne ressentait plus rien. Or, tout cela était faux et c’était une nouvelle fois ses talents d’actrice, d’illusionniste qu’elle s’était découvert récemment qui ressortaient.

- Au cas où tu l'aurais pas remarqué, y'en a pas qu'une ou deux qui passent leur temps à tourner autour de Chuck. Tu vas faire quoi ? Le même petit numéro à chacune ?! Bonne chance, ça risque de te prendre pas mal de temps !

Un sourire narquois imprima ses douces lèvres.

- Les autres filles, je m’en fous complètement. Et puis vu que maintenant c’est toi qui sors avec lui, je n’ai aucune raison d’aller les engueuler comme je le fais maintenant. Elles n’ont rien fait elles. Volontairement elle appuya fortement sur ce mot, démontrant ainsi toute la colère que Taylord lui inspirait.

Celle sembla d’ailleurs particulièrement affectée par le geste de Lilian quand elle déchira leur photo. Quand elle sortit sa baguette, la sirène eu peur qu’elle ne la pointe sur elle mais ce fut son morceau de photo qu’elle fit brûler, dès qu’il atteint le sol.


- Ouais, et toi, t'as complètement craqué. Sérieux, arrête, ça te fait vraiment pas du bien les régimes.

Mauvaise, Lilian préféra une nouvelle fois, ne rien répondre car elle saurait que cela ne ferait qu’envenimer la situation, si c’était encore possible et en guise de toute réponse, lui adressa une moue traduisant son état d’esprit. Cependant, Taylord fit une chose à laquelle elle ne s’attendait aucunement quand elle saisit son poignet et la força à la regarder droit dans les yeux, approchant son visage à quelques centimètres du sien. Les deux jeunes filles se tuaient mutuellement du regard et c’était presque si l’on pouvait voir les étincelles meurtrières qui jaillissaient de leurs yeux assassins. Cela ne présageait rien de bon et ne laissait entrevoir qu’une nouvelle manche encore plus violente que les précédentes.

- Ben tu sais quoi ? Vas y, fais le, t'as qu'à inventer toutes les conneries qu'tu veux, puisque ta vie est tellement ennuyeuse que t'es obligée de t'occuper de celle des autres ! On verra bien ce qui se passe et ne t'attends pas à ce que je te fasse plaisir en te faisant entendre raison !

Taylord la repoussa et la jeune fille fut quelque peu surprise mais ne tarda pas à se remettre en selle. Hors de question de la laisser gagner encore une fois.

- Bien sûr que non, c’est évident. Et ma vie est loin d’être ennuyeuse vu que d’une façon ou d’une autre, tu en fais un peu partie. Tu vois, avec toi j’ai de quoi m’éclater encore un bon bout de temps !

Odieuse, elle était odieuse. Mais non moins belle. Taylord la regardait de haut, d’une façon si pathétique qu’elle s’en retint presque difficilement de rire à gorge déployée.


- Combien de fois je vais te le répéter, hein ? La seule chose que j'ai arrêté, c'est ma relation avec Scott, donc si t'as des problèmes à régler, tu vois ça avec Chuck, parce que aux dernières nouvelles, c'est ton ex, pas moi. La prochaine fois que tu me touches, je te jure que tu risques de le regretter, alors à ta place, j'éviterai.

- Aux dernières nouvelles, une fille n’apprécie jamais la nouvelle copine de son ex. Mais là, il est clair que le terme apprécier n’est même plus bon pour décrire ce que je ressens pour toi.

Grave et sèche comme depuis le début de leur dispute. Ce ton ne quittait plus sa voix et imprégnait sans cesse ses mots venimeux. En tout cas, Taylord ne fut ni désolée ni faussement compatissante quand la photo fut totalement déchirée. Peut-être que d’une part, c’était ce que Lilian attendait car elle sentait que la jeune fille, même si elle ne le montrait pas, était touchée par ce geste. Tout comme elle car en déchirant le papier, c’est toute son histoire, toute son amitié avec Taylord qu’elle déchirait, c’est toute une partie de son cœur qu’elle déchirait et que Taylord brûla à l’aide de sa baguette. Cela ne lui fit pas mal car de voir que l’émotion ne montait pas dans les yeux de Taylord lui prouva que cela ne l’affectait pas plus que cela au final.

La salle commune s’était remplie de nouveau comme si les élèves, n’entendant plus de cris, s’y étaient osés pensant que le combat était terminé. Tous regardaient Lilian et Taylord comme s’ils craignaient de recevoir une grenade ou un tir de bazooka dans la figure.


- T'es contente ? Y'a tout un auditoire pour toi. Éclate toi bien, moi j'ai des choses plus palpitantes à foutre.

Les lèvres roses de Lilian s’étirèrent en un sourire en coin ironique et elle croisa ses bras sur sa poitrine tout en remettant en place une de ses mèches.

- Je ne te ferais pas ce plaisir. Dit-elle sans se séparer de son sourire. C’est ça. Tu dois encore avoir quelques couples à briser, on ne sait jamais.

Elle se mit en marche vers la sortie et quand elle passa près de Taylord, ce fut à peine si leurs épaules se frôlèrent et si leurs regards se croisèrent. Pendant trop longtemps elles s’étaient jugées, fusillées, assassinées du regard ; cela avait assez duré. Ni l’une ni l’autre ne ressortait indemne de cette confrontation bien qu’elle ne le montre pas. Chacune y avait laissé des plumes et les blessures infligées s’avéraient beaucoup plus douloureuses qu’elles ne voulaient bien l’admettre. Tout ce qui avait compté, pendant tout ce temps qu’avait duré leur duel, c’était de ne jamais baisser les bras face à l’autre. Mais maintenant que toutes les deux s’étaient quittées, que leur amitié faisait désormais partie du passé, elles pouvaient baisser la tête, boiter à cause de la douleur et verser quelques larmes. Pleurer non pas parce que la douleur était insupportable mais parce que finalement, déchirer une photo qui symbolisait une amitié, déchirer une amitié faisait beaucoup plus mal qu’elles ne le croyaient et c’était cela, la vraie blessure ; celle-là même qui causerait les larmes et qu’il faudrait panser.


FIN

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