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« Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.

 
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 « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.

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MessageSujet: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Sam 17 Déc - 1:02

Poudlard. Poudlard était à mes yeux bien plus qu'un château. C'était un temple, mieux : l'endroit où mon frère passait ses années. Poudlard avait été un élément sur de mon futur : j'allais y entrer comme tout sorcier à l'âge normal de 11ans, être réparti dans une maison et y passer 7ans. J'allais être formé à devenir un sorcier actif, y vivre tout un tas d'aventures de jeune sorcier comme l'amour, l'amitié, et même des disputes. Oui, tout ça était assuré.
Lorsqu'il y a deux ans on avait compris pourquoi je souffrais continuellement de douleurs dans tout le corps et pourquoi je m'affaiblissais de jour en jour, j'avais pensé qu'une maladie n'était pas un obstacle, que Poudlard était plus fort -quel sorcier de 11ans échappait au test du Choixpeau ? Ça n'avait jamais été vu à ma connaissance-, que malgré tout j'allais pouvoir suivre les traces de mon frère, marcher là où il marchait, être même dans sa maison, connaître ses amis, toutes ces personnes dont il me parlait dans ses lettres. C'était véritablement que lorsque je m'étais réveillé dans mon lit un 1er septembre à dix heures en sachant pertinemment où étaient les sorciers de onze ans que j'avais réalisé que Poudlard n'allait pas m'ouvrir ses portes. Alors, j'avais fini par l'accepter. J'étais différent, mon avenir aussi.

Il s'était avéré que ma maladie détruisait chaque parcelle de mon corps, de mon sang jusqu'aux organes, et qu'aller à Poudlard était tout sauf envisageable. Ce n'était certes pas mes parents qui m'en auraient empêché, mais Chuck m'aurait littéralement tué, assommé avec une batte de base-ball -il en était capable pour arriver à ses fins. Et puis, il fallait dire qu'avec ma maladie, j'avais pris conscience de tout un tas de choses auxquelles je n'avais jusqu'alors même pas pensé, comme le temps qui passe, ou bien la douleur – qui faisait à présent partie de mon quotidien, mais on pouvait s'y habituer- ou la vie en elle-même. Je m'étais alors montré raisonnable, et j'avais sagement attendu dans mon lit, attendu quoi ? Je ne savais pas trop, peut-être qu'un médicomage vienne m'apporter une lettre de Poudlard, lettre qui aurait été accidentellement envoyée à Sainte Mangouste où je passais parfois de longues journées. J'avais mis quelques jours à accepter le fait que j'étais résolument différent, et que je ne verrais pas le beau Parc que Chuck me décrivait. Je m'étais alors dit que c'était à moi même d'avancer, dans le chemin que j'avais choisi de prendre, coûte que coûte, d'une façon ou d'une autre. Je m'étais mis à travailler tout seul, à lire, et les livres étaient d'un véritable secours lorsque j'étais alité. Cette fois c'était sûr, la rentrée c'était passé, et si je n'avais jamais vu quelqu'un la louper, je n'avais certainement encore moins vu quelqu'un la rattraper l'année suivante. Tant pis.

Mais les livres, d'une très bonne compagnie, n'avaient pas suffit longtemps. Quelques mois plus tard, je m'étais retrouvé à Sainte Mangouste, et pas seulement pour y passer la journée, j'y étais resté plusieurs semaines, parce que « les médicaments ne faisaient plus effet. » Quelle avait été ma surprise lorsque je m'étais sentie mieux, et que j'avais reçu une lettre d'un an en retard... La première chose que j'avais alors faite avait été de prévenir mon frère, puis de réaliser. Oui parce que parfois, mes sentiments se déclenchaient après que mon frère soit impliqué... Il s'impliquait à coups de « Minus », mais j'étais bien moins impulsif, bien moins vif que lui. Il fallait dire que je m'étais fait à l'idée de poursuivre ma vie de mon côté, en me battant contre la maladie, mais en me promettant de ne pas oublier de vivre. Poudlard avait été inaccessible, mais je ne devais pas m'arrêter de vivre pour autant après tout. J'avais du vérifier mon nom à plusieurs reprises -une bonne centaine de fois-, et puis j'avais fini par me dire que j'avais tout ce que j'avais toujours voulu : Suivre mon frère.

Sauf que quelque chose avait changé entre deux prises de sang. Je ne me voyais plus à Gryffondor, bravant la débauche, jouant un match de Base-ball parmi les Yankees. Tout ça, je ne le pouvais pas, parce que ce n'était pas moi. J'étais le Coop habituel, mais j'avais grandi, et je ne regrettais rien.
J'étais un Poufsouffle. Et j'étais à Poudlard, saisissant toutes les chances qui s'offraient à moi. Je n'étais plus seulement « Le fils des voisins qui est malade » comme aimait à le dire le couple d'en face, j'étais « Cooper Carlton, 1ère année à Poufsouffle », et ça faisait toute la différence.

Sous ma large veste, je cachais quelque chose de précieux, quelque chose que mon frère m'avait offert quelques années plus tôt, bien avant qu'il m'oblige presque à ne faire du sport qu'en sa présence, « mais ce n'était pas du tout pour veiller sur moi », c'était « parce qu'il devait m'apprendre les règles. » Un grand sourire aux lèvres, je marchais vers la grande salle, tout enchanté à l'idée, un beau dimanche matin comme celui ci, de trouver mon frère.
La grande salle était une de ces pièces qui caractérisaient le plus Poudlard, par sa plafond magique, son immensité -mais tout était grand à Poudlard-, ses quatre grandes tables dressées là, qui se fondaient tellement dans le décor qu'on aurait pu dire qu'elles étaient là depuis la création du monde. Et, à bien observer la salle ce matin-là, je devais être l'un du très petit pourcentage d'élèves à me lever à 9h un dimanche.


- Viens, on fait un base-ball ! M'étais-je écrié, tout ravi.

J'avais interrompu la conversation de mon frère, entouré de jolies filles à la table des Gryffondor -orginal-, mais je ne pouvais pas me retenir, j'avais bien trop hâte. Je m'étais endormi hier soir avec une sourde douleur au niveau des poumons, douleur qui avait persistée la moitié de la nuit. C'était peut-être le fait d'avoir si peu dormi qui me transformait en quasi pile électrique, le fait d'être à Poudlard ou tout simplement l'idée de faire du base-ball avec mon frère.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Sam 17 Déc - 16:57

[avant Noël]

Pas de samedi soir sans grosse soirée, évidemment. Le vendredi soir c'était plutôt un genre de mise en bouche, surtout qu'on était tous un peu cassés de la semaine, parce que les profs ces derniers temps avaient décidé qu'on était des bêtes de somme juste bonne à rendre devoir sur devoir. C'était bien mal me connaître, et je n'en ramais pas une de plus, parce que j'avais tout bonnement d'autres choses à foutre, du coup, je griffonnais les devoirs le soir tard et ça passait - plus ou moins. De toute façon le week-end il ne fallait pas me parler de ces conneries, parce que le week-end, c'était sacré : c'était temps libre à volonté, c'était repos, après-midi dehors, soirées et compagnie. Le pied!

Hier soir les Gryffondor avaient fait fort, parce qu'un des mecs de cinquième année, écossais, avait rapporté de chez lui quelques bouteilles de whisky qu'il avait ensorcelées pour les camoufler aux yeux du concierge. On ne pouvait que lui faire honneur en goûtant son whisky. Donc, tout le peuple intéressé avait été invité à se retrouver vers 22 heures dans la salle commune, et la soirée avait commencé. Pour tout vous dire, je n'avais absolument aucune idée à quelle heure elle s'était terminée. Ce whisky fait maison - sans doute - était absolument délicieux mais tout aussi absolument le plus traître des tord-boyaux. Je tenais vraiment bien l'alcool, avec tout mon entraînement, mais ce truc d'écossais - ils n'y allaient pas avec le dos de la cuillère, ceux-là - m'avait mis de plus en plus la tête à l'envers au fur et à mesure de la soirée. On avait très vite mis de la musique et fait autant de bruit qu'une troupe d'éléphants, mais des bribes dont je me rappelais, on n'avait pas arrêté un instant de se marrer. Je me rappelais aussi d'avoir vu de très près une jolie petite rousse de cinquième année et d'avoir passé du temps avec elle, mais son prénom m'échappait, et je n'étais pas sûr qu'elle se rappelle de plus de détails que moi. Je me rappelais aussi avoir fait une partie de strip-poker sans pour autant savoir si j'avais gagné ou perdu. Une chance que Kelsey n'aie pas déboulé pour faire son tour de garde, parce qu'on en aurait tous pris notre grade, c'était obligé. Je me rappelais aussi avoir ricané une bonne demi-heure pour la simple raison que ceux qui voulaient pioncer dans les dortoirs étaient redescendus pour nous dire de la mettre en sourdine et j'avais trouvé ça la chose la plus drôle du monde, allez savoir pourquoi. L'alcool rend bête, ce n'est pas nouveau. En tout cas cette soirée avait fini de façon totalement obscure pour ma part, mais très très bien parce que je m'étais endormi comme une loque sur le canapé sur les genoux de je ne sais pas qui - mais elle était canon.

Et puis je m'étais réveillée comme tous les lendemains de soirée trop arrosée, la tête sans dessus dessous, tôt, avec un creux dans le ventre comme si je n'avais pas bouffé depuis 5 ans. Les autres, c'était pareil, et on était tous descendus dans la grande salle à une heure parfaitement inimaginable en temps normal pour un dimanche matin.

C'est là que je m'étais apperçu qu'il y avait vraiment des fous sur cette terre : il y avait des gens qui se levaient, d'eux-même, à cette heure-là, alors qu'on était le week-end. Non mais ça ne va pas. Ils n'avaient rien compris. Moi les dimanches matin, depuis toujours, je les passais au fin fond de mon lit à roupiller comme un loir en me disant que sous la couette était le meilleur endroit du monde. Jusqu'à ce pot de colle de Coop débarque dans ma chambre en sautant sur mon lit et en me demandant le genre de trucs ABSOLUMENT à l'opposé de ce que j'avais envie là maintenant tout de suite genre "On va se promener?!?!", "On va au cinéma?!?!", "On va jouer au baseball?!". Non mais bonjour, tu m'as regardé gamin, je DORS, merde.


- Viens, on fait un base-ball ! (voix surexcitée)

VOILÀ.

Ah oui! Parce que j'avais omis ce détail...

... Ce cher petit frère avait débarqué à Poudlard, avec un peu de retard, mais passons. Il était avec moi maintenant, et moi qui avait me disais qu'il me manquait un peu et gnagnagna, eh bien, NON, ERREUR FATALE. J'avais presque oublié que ce gosse était insupportable à vivre au jour le jour et que finalement à Poudlard j'étais bien tranquille tout seul, loin de ses manies et de sa façon de me suivre partout comme si j'étais le berger qui menait son troupeau.


- Oh putain Coop, ta gueule, dis-je en le suppliant presque. J'avais lâché ma cuillère dans mes céréales, blasé d'avance. Sa petite voix me vrillait les tympans et comme j'avais DÉJÀ la gueule à l'envers, ce n'était vraiment pas le moment. Non mais jouer au baseball. Est-ce que j'avais la gueule d'un mec opé pour jouer au baseball, là? NON. Insupportable, ce gosse.

- C'est ton frère?! Il est troooooop mignooooooon!

Et merde. Ça, c'était a réaction de toutes les meufs, sauf les perles rares qui n'en avaient rien à blairer des gosses, mais elles étaient minoritaires, quand elles rencontraient Coop. On avait l'impression qu'elles voyaient en lui la chose la plus mignonne au monde, avec sa petite tête, ses yeux bleus, ses petites lunettes de geek, et patata. Mais bordel! On voyait bien qu'elles ne se le tapaient pas 24h/24, parce qu'à ce moment là, il était tout sauf "mignooooon"!

- Non, il est chiant, lâchai-je d'une voix d'outre-tombe - ma tête me faisait de plus en plus mal, merci Coop - coupant court à leurs exclamations de pintades. Dommage, elles étaient sexy, mais là, mon quota de petit frère un lendemain de soirée était largement dépassé.

Je me levai et abandonnai les restes de mon petit déjeuner à regret, et quittai la table, en poussant Coop sans ménagement devant moi et en lui balançant une claque sur la tête, rien que pour le plaisir, parce qu'il m'énervait.


- Bon viens minus, on dégage. Puisqu'il voulait sortir, on allait le faire, et il me foutrait la paix. On traversa le hall pour se retrouver dehors. Il ne faisait pas trop froid, ça allait. Je fouillai mes poches à la recherche d'un paquet de clopes, tout en percutant tout d'un coup qu'il était trop pour un dimanche matin - et surtout pour Coop... Et puis qu'est-ce que tu fous debout à cette heure là? Dormir c'est pas à ton programme?! le sermonnai-je. Il m'avait foutu en rogne, cet imbécile.

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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Mer 21 Déc - 15:08

« A cet été. » m'avait alors platement dit ma mère. Je l'avais regardé, sur le quai de la gare, haussant les sourcils, un peu étonné. J'en avais conclu qu'elle avait tellement perdu l'habitude que Chuck rentre à Bristol pour les vacances qu'elle en avait même oublié la possibilité de le faire. Pourtant, j'étais presque sûr de l'avoir entendu parler de ses vieux souvenirs à Poudlard avec sa copine Véra, hier soir au téléphone jusqu'à deux heures et demi du matin. Je n'étais pas vraiment sûr que ce soit mon soudain départ inattendu pour l'école qui lui avait inspiré un instant de nostalgie comme « mon deuxième et dernier enfant s'en va loin de moi... », je m'étais même demandé si elle s'était rendu compte que j'y allais un an plus tard. Cette lettre non reçue, cette peine non avouée, je n'en avais parlé qu'à Chuck, et encore, je ne m'étais pas attardé : J'avais tendance à ne pas vouloir lui étaler mes « histoires de môme », même s'il était celui qui s'en souciait le plus depuis toujours.
Bref, quoi qu'il en soit, c'était ma mère, et ça ne devait pas non plus lui être complètement égal, ainsi m'étais-je promis d'envoyer une lettre à mes parents dès mon arrivée, au moins pour leur dire dans quelle maison j'étais. En l'entendant parler -ma mère n'était pas vraiment discrète lorsqu'elle passait un coup de fil-, j'avais appris -ou plutôt on avait pu me confirmer- que ma mère avait été une élève glousseuse à Poufsouffle, et je m'étais demandé si Chuck le savait, ou, si c'était le cas, avait-il une animosité particulière pour cette maison. C'était ce genre de questions qui tournait dans ma tête lorsque ma mère tourna le dos -mon père était resté dans le garage- et que je m'étais retrouvé seul dans le grand train rouge qui me semblait presque irréel. J'avais alors cherché mon frère, qui avait pris de l'avance, pour ne pas assister « aux adieux déchirants ».

J'avais alors souri aux élèves qui m'entouraient dans l'allée de la grande salle, la plupart stressés, et j'aurais voulu leur dire à chacun, surtout à ceux qui n'avaient pas de parents sorciers que « mon frère m'avait décrit tout ça, et qu'il n'y avait pas à avoir peur. » Je trouvais quand même étrange le fait que les élèves avaient plus peur de la foule que du choixpeau, qui déterminait quand même une identité qui restait toute notre vie. Bien sûr, nous étions toujours nous après, mais il avait donné son verdict, et plus tard, au travail, lorsque nos collègues allaient nous demander dans quelle maison nous étions à Poudlard, ils hocheraient la tête en disant « J'en étais sûr. »


- CARLTON, Cooper !
Je m'avançais, voulant inscrire chaque détail de cette scène dans ma mémoire pour ne jamais les oublier, en oubliant les regards qui sonnaient en me regardant comme « Un autre Carlton ? » ou, pour ceux des professeurs : « Maladie. » Et j'oubliais tout, je ne fermais pas les yeux, non, je mangeais la salle du regard, chaque visage, chaque objet à sa place, chaque son, je savourais, et, en même temps que le choixpeau, je murmurais :

- Poufsouffle.
- HUFFLEPUFF !


Je n'avais pas vraiment écouté ce que le choixpeau m'avait chuchoté avant de me répartir, pour avoir tourné toutes les possibilités dans ma tête durant un an. Au final, je préférais que cela reste une des nombreuses questions sans réponse dans la vie, comme « quand allons nous mourir ? De quoi ? Quand vais-je enfin manger du porridge ? », et cela me suffisait. Je savais qui j'étais aujourd'hui, qui j'avais été hier, mais personne ne pouvait savoir qui on pouvait devenir demain, le choixpeau y compris.

Je m'étais installé à Poudlard. Tout ces gestes, le fait de déballer mes affaires, je les avais imaginé, encore et encore, pour ne pas me sentir déçu de ne pas les vivre. Aujourd'hui, ils me paraissaient presque banal, et s'en était que plus merveilleux.


- Oh putain Coop, ta gueule.
Patient, j'attendais.
- C'est ton frère?! Il est troooooop mignooooooon!
Sourire aux filles pour leur paraître encore plus mignon et forcer mon frère à craquer plus vite.
- Non, il est chiant.
Haussement les épaules, j'avais l'habitude.
Sans grand étonnement, je vis mon frère soudain se lever, mais je n'avais plus envie de sourire en voyant sa tête de celui qui a passé sa nuit levé parce qu'il était plus préoccupé par son verre de Whisky pur feu que par ses heures de sommeil.


- Bon viens minus, on dégage.

Sans vraiment m'en rendre compte, je resserrais l'objet sous ma veste, comme pour le protéger, comme s'il était plus précieux que tout. D'un pas léger, je suivais Chuck, quelques centimètres derrière lui.

- Vu la tête que tu traînes tu ne vas pas décuver avant trois jours. Chuck, on vient à peine de commencer l'année... Et puis, tu comptes vraiment faire au base-ball comme ça ?

Retournement de situation, c'était lui qui allait commencer à vomir au premier lancer. Mais ça ne me plaisait pas, tout ça. Je continuais de le suivre, l'air désapprobateur. J'allais continuer sur ma lancée, pour gentiment lui faire comprendre que ce n'était pas vraiment raisonnable d'agir comme ça alors que la rentrée venait à peine de débuter, lorsque je le vis sortir un paquet de cigarettes de sa poche. Ne devait-il pas arrêter, bon sang ?

- Et puis, qu'est-ce que tu fous debout à cette heure là ? Dormir c'est pas dans ton programme ?!

Oups.
Visage impassible qui marchait à tous les coups, ou presque.


- Je n'avais plus envie de dormir, avais-je menti.

Si je lui disais qu'à peine quelques jours après mon arrivée mes douleurs m'empêchaient même de trouver le sommeil ou me réveillaient, j'étais bon pour retourner à Bristol ou à Sainte Mangouste sur le champ. J'étais si bien ici, à jouer au baseball avec mon frère. Quitte à avoir mal, autant avoir mal ici. Mon entrée à Poudlard c'était ma victoire.
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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Lun 2 Jan - 17:00

C'était en ces moments-là qu'on se disait "je ne boirais plus jamais, PLUS JAMAIS". Quand la simple vue d'un bol de café ou d'un toast à peine beurrée soulevait l'estomac, quand quelqu'un s'amusait à nous enfoncer une visse dans le crâne ou bien que le monde entier paraissait tanguer comme si on était le seul à être une barque. Ce matin, j'aurais tué volontiers le premier qui prononçait le mot alcool, même si l'habitude oblige, je savais que dans deux jours j'allais remettre ça, pas de soucis. C'était juste le "maintenant" qu'il fallait gérer. Je me connaissais, dans quatre-cinq heures tout eu plus ça irait mieux. Il me fallait juste le temps de décuver, c'était humain après tout!

Du coup j'avais mangé précautionneusement, parce que même si j'avais une dalle incroyable, je savais aussi que les litres de Whisky de la veille ne me laisseraient pas tranquillement manger comme un ogre. Ensuite, j'allais me reposer tranquillement ou glander les autres, comme tout bon dimanche matin qui se respecte. La glande, quoi.

Enfin, c'était sans compter l'option petit frère qui se déclenchait quand on le voulait le moins. Putain. Comme quand on était petit, que ma série venait de commencer, et que ce con choisissait CE MOMENT PRÉCIS pour tomber de la chaise de laquelle il jouait bien sagement et hurler comme un âne. Je me rappelais que souvent, les mercredi après-midi, c'était ça. On les passait tous les deux parce ma notre mère travaillait et notre père... faisait ce qu'il savait faire de mieux, boire dans son garage, rien d'inhabituel quoi. C'était toujours moi qui était obligé de m'occuper du morveux. D'ailleurs je crois bien que de toute la maison c'était moi qui connaissais le mieux l'armoire à pharmacie - et Coop qui avait testé le plus de produits. Forcément, au début, je n'y connaissais rien moi! Alors j'avais essayé au pif les premières fois. Si il hurlait encore plus, je savais que ce n'était pas le bon truc. Mais après, j'étais rodé. Je faisais même exprès quand il m'avait bien gonflé de lui verser de l'alcool à 90 dessus, histoire de le soigner tout en lui rappelant que c'était moi le patron.

Et ces connasses de clope que je ne trouvais pas, en plus. Le temps était maussade et moi aussi et j'avais bien envie d'expliquer à mon frère que j'avais autant envie de jouer au baseball que d'embrasser le cul de Lord Voldemort.


- Vu la tête que tu traînes tu ne vas pas décuver avant trois jours. Chuck, on vient à peine de commencer l'année... Et puis, tu comptes vraiment faire du base-ball comme ça ?

Là dans mes rêves les plus fous, je sortais un bazooka de ma poche et je lui explosais sa cervelle de sale petit mioche. Non mais insupportable. Insupportable! Je détestais quand il faisait ça, avec son petit air d'ange, il se prenait pour qui merde? Il me devait tout et si j'avais envie de m'éclater la tronche avec du whisky, c'était mon problème, pas le sien. Surtout qu'il en avait bien d'autres, et bien plus importants que ma gueule de bois.

- Quoi comme ça? répondis-je agressivement. Tu veux que je mette un tutu peut-être?!?! Mêle-toi de ton cul, je t'ai dit.

Ah! Elles étaient dans ma poche arrière, toutes écrasées, enfin! Je sortis ce qu'il me restait de mon paquet de Lucky et en plaçai une entre mes lèvres avant de l'allumer bien lentement et bien tranquillement histoire de voir le visage de Coop se faire de plus en plus désabusé, puis de lui souffler ma fumée à la gueule avec un grand sourire. Ca marchait à tous les coups; il allait tousser et tirer la gueule. Il était vraiment trop con, ce gosse.

On s'arrêta pas loin du potager aux citrouilles et je me posai sur la barrière, les pieds posés sur la deuxième latte de bois. Putain, il voulait vraiment jouer au baseball et j'avais juste l'impression que courir deux mètres allaient m'arracher la tête, mais bon. Si je lui montrais que j'étais déchiré, ou si je me barrais, il ne se gênerait pas pour me refaire la leçon, et ça me ferait encore plus chier. Je lui jetai un oeil, avec son manteau trop grand - le mien d'ailleurs, quand je faisais sa taille de nain - et le truc qu'il cachait dessus, son gant probablement. Il le promenait toujours partout comme le saint-graal. Il y avait des jours comme aujourd'hui où je bénissais le Choixpeau de l'avoir envoyé à Poufsouffle et pas dans mes pattes, sinon, il aurait tout le temps été sur mon dos - non, rectification, il l'était déjà. Bon, ben il l'aurait été encore plus. Au début ça m'avait un peu soûlé, qu'il ne soit pas dans ma maison, principalement parce que j'avais peur qu'il lui arrive un truc... Mais après je m'étais dit que de toute façon à Bristol il était loin aussi et je n'étais pas là tout le temps. Sur ce plan, j'avais confiance en lui. Son côté moralisateur était chiant mais au moins je savais qu'il était raisonnable.


- Je n'avais plus envie de dormir.

Tu parles ouais. Je laissais échapper un petit "tsssss" entre mes dents. Il était tout pâle, et toujours aussi maigrichon que d'habitude.

- Joue pas avec ça, hein. Si tu fais pas un peu gaffe je te réexpédie direct là-bas.

Je préférais mille fois le savoir déprimé à Sainte-Mangouste ou chez nous qu'au bord de la mort, heureux à Poudlard. Et il savait que je n'hésiterais pas. Je finis ma clope et balançai le mégot avant de sortir ma baguette de faire apparaître ma batte grâce à un Accio. Elle ne mit pas de temps à filer jusqu'à moi, je l'attrapai et sautai de la barrière.

- Bon vas y joue gamin, que je gagne encore une fois, lui dis-je avec un petit sourire et en le bousculant au passage. Je lui lançai ma balle en cuir et m'éloignai un peu pour qu'il puisse me la lancer.


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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Sam 24 Mar - 20:29

- Quoi comme ça ? Tu veux que je mette un tutu peut-être ?!?! Mêle-toi de ton cul, je t'ai dit.

Il m'avait regardé comme s'il allait me tuer, et moi j'avais fait un grand sourire innocent, avant de lever les yeux au ciel lorsqu'il me tourna le dos. Je n'avais pas l'intention de laisser filer le sujet, même si je savais que quelqu'un d'autre à ma place aurait fui en courant en imaginant la batte de mon frère s'écraser sur son nez, mais ce n'était pas mon cas. Pourquoi ?
1. Il ne pouvait PAS frapper son petit frère, c'était interdit.
2. Il n'allait pas me frapper.
3. J'allais le regarder avec une expression défaite ensuite et il aurait horreur de ça.
Je m'apprêtais donc à répliquer, quand mon frère se retourna vers moi pour me souffler sa fumée de cigarette dans la figure. De justesse je m'écartais, l'évitant, la mine boudeuse et hésitant entre l'envie de lui donner un coup de point dans l'épaule -il n'aurait pas mal- ou remercier mes réflexes de m'avoir permis d'éviter la fumée nocive pour mes poumons douloureux, qui m'aurait fait tousser. Je n'avais pas l'intention de donner un prétexte à mon frère de me renvoyer là-bas, non et non. Il allait devoir se faire à l'idée.

- Joue pas avec ça, hein. Si tu fais pas un peu gaffe je te réexpédie direct là-bas.

Bingo. Piqué au vif, je répliquais, déviant :

- Au moins, le tutu n'est pas dangereux pour toi, au contraire de ce que tu infliges à tes poumons.

Du doigt, je désignais la cigarette qu'il avait entre les doigts. Pour insister, je rajoutais à mes paroles un air dégoûté et me pinçais le nez. Non mais c'était n'importe quoi, qui avait inventé ce genre de choses ? C'est vrai quoi, qui avait eu l'idée de créer quelque chose qui n'apportait rien de bon et tout de mauvais ? En parlant de mauvais, ça sentait le roussi, et j'avais tenté de retarder ça, mais il était temps. « ça », c'était la véritable raison pour laquelle je me trouvais dans le parc avec mon frère, « ça », c'était parler d'un sujet que mon frère détestait : Nos parents. Mais il était temps que je lui dise, même si je savais qu'il n'allait pas aimer. En attendant, je lui répondais :

- Tu le feras pas.

Bon, d'accord, c'était peut-être pas le bon moment... J'observais mon frère se mettre en place, mais j'étais ailleurs : J'essayais de me convaincre moi-même que mes paroles sonnaient juste, mais je n'y croyais pas. Chuck était parfaitement capable de me renvoyer là bas. Pourtant, je me devais de tout faire pour qu'il ne le fasse pas : J'avais de l'espoir, un but, et si je perdais mon espoir, alors je savais comment ça finissait : Mon corps suivait ma tête, il en profitait, jouant au jeu du « Qui sera le plus fort ? » et il me traînait à Sainte Mangouste, où je payais très cher mes lamentations sur mon sort. Si j'en avais l'habitude, je refusais d'y retourner avant d'avoir essayé. Je voulais faire mes propres choix maintenant, je n'étais plus un enfant, et je voulais profiter de ce que j'avais au maximum, quitte à finir à Sainte Mangouste pour une bonne raison. Je ne voulais pas y aller par désespoir, il était définitivement derrière moi car je l'avais banni ; C'était le premier choix que j'avais fait quelques semaines après la découverte de ma maladie : A quoi ça servait de se morfondre sur nous-même lorsqu'il y avait de quoi vouloir vivre autour de nous ? Si rester alité dans un lit d'hôpital était nécessaire parfois, causer une dégradation supérieure parce qu'on avait perdu espoir c'était un véritable gâchis. Et puis j'avais réussi, d'ailleurs, alors que je n'avais jamais espéré autant, même dans mes plus grands rêves.

- J'ai besoin de rester, tu comprends ? Je suis bien ici, lui dis-je. Il craquerait. Pour l'instant, ajoutais-je pour moi même dans ma tête. L'idée était désagréable.

Soupirant, je m'installais à mon poste, sortant le gant de sous ma veste avec autant de précision que je l'aurais fait avec un objet en cristal. L'objet en cristal en question était si bien entretenu qu'on aurait cru à un gant neuf...


- Bon vas y joue gamin, que je gagne encore une fois.

Tel un super héros devant sa plus grande arme, je le brandissais alors d'un coup, avec un sourire rusé sur mon visage qui voulait bien dire "Ne parle pas trop vite". Je réceptionnais la balle qu'il m'envoya, et m'apprêtais à la lui lancer. Un peu de répit ne ferait pas de mal, mais je m'arrêtais pourtant en plein mouvement, me disant soudain que si je n'abordais pas le sujet maintenant, j'allais être tenté de le repousser encore longtemps. Je lâchais :

- Je vais envoyer une lettre à Maman, lui dis-je d'une traite. Pour lui dire que... Que ça va, et que je suis bien arrivé.

Appréhendant un peu sa réaction car je ne savais que trop bien ce qu'il en penserait, je désignais mon gant du doigt pour lui faire signe que j'allais commencer à jouer. Je pris une grande inspiration qui me fit mal aux côtes.

Lorsque j'étais tombé malade, Chuck avait quitté sa classe pour venir me chercher, même si son professeur n'était pas trop d'accord, pensant que je devais couver un mauvais rhume. J'étais allongé dans le vieux lit de l'infirmerie de notre école primaire, derrière un rideau grisâtre, et il avait presque cassé la porte parce qu'il avait compris que l'infirmière était bien plus inquiète que ce qu'elle avait voulu paraître... Chuck l'avait regardé bizarrement lorsqu'elle lui avait demandé d'appeler mes parents, qu'elle lui avait affirmé qu'elle n'était pas assez qualifiée mais qu'il y avait quelque chose d'anormal... Je l'avais aperçu à travers le léger trou dans le tissu du rideau que j'avais agrandi pour voir mon frère. Mais son expression n'était plus celle du faux gros dur, et j'avais souri :
Il s’inquiétait toujours pour rien.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Mer 28 Mar - 19:46

Citation :
1. Il ne pouvait PAS frapper son petit frère, c'était interdit.
....... Ah bon ?!

Ce qui était terrible dans ces moments-là c'est que tout, absolument tout sans exception, faisait penser ou semblait avoir le goût ou la couleur de l'alcool de la veille. Les brins d'herbe me rappelaient ceux dans la bouteille de vodka. Les petites citrouilles là-dans dans le potager aux citrouilles ressemblaient à des pommes, les mêmes que dans la vodka-pomme. Heureusement que je m'en étais tenu au Pur-Feu, sinon je n'aurais pas donné cher de ma peau. Le tout était une question de force mentale : résister aux torsions de l'estomac et le tour était joué. Honnêtement, je commençais à avoir l'habitude. J'inspirai une nouvelle latte de ma clope - ça m'aidait à apaiser un peu le mal de crâne - en me disant que les moldus avaient quand mêmes des bons trucs, même si à choisir je préférais je crois l'alcool sorcier, et, je crois, la vie de sorcier. Ca m'avait fait bizarre en rentrant à Poudlard d'ailleurs, car j'avais remarqué qu'il y en avait dans les élèves qui avaient connu uniquement la magie ou bien uniquement le monde moldu, et mine de rien, mon frère et moi on avait été élevé un peu entre les deux, peut-être plus comme des moldus mais quand même, et ça devenait tout naturel pour moi de mélanger les deux. Mais ce n'était pas comme ça pour tout le monde, et tant mieux d'ailleurs : la diversité, c'est fun. Encore un truc que ces imbéciles de Mangemorts n'avaient pas compris, ça.

Coop attendait que je daigne me bouger le cul et rien ne pouvait me faire plus plaisir qu'il poireaute comme ça - ça l'apprendrait à avoir des sales manies de venir me chercher aux moments où il le fallait le moins. Genre, les dimanches matins, quand je ne demandais qu'à dormir après avoir fait la bringue deux soirs d'affilée. C'était toujours LE moment où il avait une subite envie d'aller se balader dans notre endroit préféré, cet immeuble désaffecté où on grimpait par les cages d'escaliers toutes défoncées, et depuis la terrasse tout en haut on avait toute une vue sur la baie de Bristol. J'aimais cet endroit, en béton brut, et la vue sur les immeubles - je crois que je préférais bien plus le minéral à toute la verdure qu'on pouvait avoir à Poudlard, par exemple. Bref, si quand je me retrouvais là-bas, ok j'étais content, je l'étais nettement moins quand il me sautait dessus dans ma chambre alors que j'étais tranquillement en train de pioncer. La plupart du temps je le foutais dehors avec un coup de pied au cul, mais il était comme une tenace comme une tique et je devais bien avouer que quand il me servait ses regards de biche effarouchée avec ses petits yeux bleus je n'en menais pas large et je finissais par accepter, me disant que je dormirais plus tard.

Les petits frères, je vous jure, quelle plaie...


- Au moins, le tutu n'est pas dangereux pour toi, au contraire de ce que tu infliges à tes poumons.

Oh, putain. Que quelqu'un me pende. Je poussai un soupir et me flinguai mentalement - autant en finir. Tout de suite. Parce que ce n'était vraiment pas le moment.

- "Au-contraire-de-ce-que-tu-infliges-à-tes-poumons" l'imitai-je en prenant une petite voix comme lui et en faisant la grimace. Non mais tu parles comme un Serdaigle, tu rigoles ou quoi?! Et fous-moi la paix, je te dis, je fais ce que je veux, ronchonnai-je.

Oh il pouvait faire sa mijaurée et se pincer le nez, je m'en carrais le cul comme de l'an 40 de ce qu'il pensait. Je ne vois pas pourquoi j'aurais fait attention à mes poumons, je ne vois pas pourquoi je me serais pris la tête pour quelques pauvres clopes, j'étais jeune et je n'avais de comptes à rendre à personne. Bon, lui, c'était clair que si je le voyais un jour fumer je lui éclatais la cervelle à la main, mais c'était parce que sa santé était déjà pourrie. Donc on ne jouait pas dans la même cour. Et puis, c'était moi le plus grand, donc c'était moi le chef, merde à la fin!

- Tu le feras pas.

- Essaye pour voir,
répondis-je d'un ton sec. Cela dit, qu'il ne me cherche pas trop. Pour rien au monde je n'aurais voulu le renvoyer chez nous, parce que je savais combien il s'y emmerdait et combien il voulait lui aussi profiter de la vie à Poudlard - parce qu'à Bristol, c'était mort, on ne pouvait pas - et donc c'était bien loin de mes intentions. Mais, si jamais je me rendais compte qu'il profitait un peu trop et se mettait au danger, j'allais le renvoyer au bercail et fissa, sans lui demander son reste. Je pouvais blaguer avec tout, mais sûrement pas avec ça.

Je me rappelais trop bien ce jour-là, quand il n'arrêtait pas de tomber malade et que les médecins n'y comprenaient rien, et qu'on avait fini par aller à Sainte-Mangouste - j'avais obligé ma mère à bouger son cul. Manque de pot, on était tombés sur un connard de Médicomage qui avait autant de tact qu'une enclume, et quand il avait lâché que Coop avait une maladie génétique incurable, j'avais bien failli me lever et l'assommer net pour nous l'avoir balancé comme ça. Le choc passé, j'avais mesuré l'étendue du problème, et j'avais eu envie de me flinguer. Coop lui, fidèle à lui-même, il avait attendu, bien sagement, et pour la première fois de ma vie son calme ne m'avait pas énervé et je l'avais admiré, plutôt que de ressentir l'habituelle envie de lui secouer les fesses. Après ça s'était enchaîner sans jamais s'arrêter, les visites à l'hosto, les bonnes et les mauvaises nouvelles, bref toute cette merde quoi, et aujourd'hui ça allait mieux et je voulais plus que tout qu'il ne replonge pas donc, non, je n'allais pas le renvoyer chez nous parce qu'il me faisait chier aujourd'hui, mais, oui, je le ferais si il ne faisait pas un peu attention. Je n'étais peut-être pas très responsable de manière générale, mais de lui, oui, plus que tout.

Je l'entendis continuer sur cette même lancée, alors que je m'écartai pour me mettre à jouer, faisant bien attention de ne pas faire de gestes trop vifs : ça tournait autour de moi, ça tournait!...


- J'ai besoin de rester, tu comprends ? Je suis bien ici.
Avec ses lunettes et son -mon- manteau trop grand pour lui, il ressemblait à un gnome. Mais un joli gnome - les Carlton étaient beaux, quand même!

Je laissai tomber ma batte d'un air blasé avant de le regarder et de lui dire, de ma voix normale cette fois :

- Mais t'es bête ou quoi? Je le sais, ça, Coop.

Je haussai les épaules. Il m'énervait, parfois, à ne pas comprendre les choses qu'il fallait comprendre, et à comprendre les choses que je n'avais pas du tout envie qu'il comprenne.

Je lui balançai la balle en me demandait bien pourquoi il avait besoin de me préciser ça. Ça m'énervait un peu, surtout que je n'étais pas franchement très serein à la base, ce matin. Qui était toujours là quand ça n'allait pas? Qui il venait réveiller la nuit quand il avait l'impression d'étouffer? Qui s'occupait de ses médocs? Qui avait passé des nuits à le veiller ou bien dormait avec lui quand il se sentait mal? Je ne lui disais peut-être jamais mais pourtant il devait bien le savoir : il était mon frère et rien n'était plus fort que ce lien entre nous. Alors, pourquoi il me faisait chier à me parler de bêtises de ce genre?! Je donnai un coup dans l'air avec ma batte pour faire mine de m'échauffer mais en réalité, j'étais un peu vexé.

Je lui fis un signe de tête quand il leva la main et me préparai, juste attends pour l'entendre dire :


- Je vais envoyer une lettre à Maman. Pour lui dire que... Que ça va, et que je suis bien arrivé.

De deux choses l'une, soit je faisais comme si de rien n'était et je lui renvoyais gentiment la balle pour qu'il la rattrape, soit je m'écoutais et je démontais cette satané balle pour lui dévisser le crâne avec. Non mais, sérieusement?!?!

Ma batte s'écrasa contre la balle avec un bruit sec et je l'envoyais filer à des lieues de là, laissant passer toute ma colère dans ce coup - mais ne visant pas Coop, je vous rassure. En tout cas, il pouvait toujours courir pour espérer la rattraper. Bah, on avait nos baguettes, un simple Accio et elle reviendrait vers nous.

- QUOI? T'es sérieux là?!

Je laissai retomber mon bras et le dévisageai, me rapprochant un peu de lui. Ces sujets-là me mettaient hors de moi. Et il le savait, putain! Il le savait! Qu'est-ce qu'il cherchait?!

- Mais parce que tu crois qu'elle y a pensé une seule minute?!

Elle s'en contrefoutait, elle avait largué son môme loin d'elle et elle était assurée de ne plus aller à l'hosto pendant quelques mois, alors je savais parfaitement que depuis le jour où le Poudlard Express était parti elle n'avait pas pensé à Coop un seul instant. A moi non plus, mais ça, je m'en foutais.

- Elle s'en fout, et nous aussi on s'en fout d'elle, pourquoi tu fais ça??!!

Elle n'avait jamais été là, pour quoi que ce soit. Je ne voulais aucun rapport avec elle, rien du tout. Je ne pouvais même pas l'appeler, ni par son prénom, ni par comment j'aurais du l'appeler. Je ne disais que "elle". Et au fond, ça me bouffait que Coop agisse comme ça, parce que je savais que ça partait d'une bonne intention, qu'il essayait de ne pas couper les ponts, qu'il faisait ça pour nous, mais encore une fois, qui s'en rendait compte? Moi. Et moi seul. Pas eux.


- Je te préviens, tu me cites dans ta foutue lettre, je te démonte. Je repartis dans mon coin en me disant qu'il fallait que j'arrête de me rapprocher de lui sinon j'allais avoir envie de le claquer. Qu'est-ce que tu cherches, franchement? Tu sais très bien qu'on n'a rien à faire avec eux.

Je crois que ce dimanche matin n'aurait pas pu être pire. Merci bien.

_________________

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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Ven 20 Avr - 12:19

L'expression inquiète qu'avait pris mon frère ce jour là, j'étais destiné à ne jamais l'oublier, et ce n'allait pas être la dernière fois que j'allais la voir apparaître sur son visage. Elle faisait vraiment partie de lui, la partie qu'il cachait le plus souvent pour se protéger. J'avais vu ses traits se creuser, son regard se durcir sous l'effet du choc. Les médecins moldus venaient de lui apprendre que l'une des seules personnes qui comptaient vraiment pour lui avait une maladie rare, une mauvaise maladie, et la question s'était posée directement : Était-ce grave au point d'en mourir ? "Nous avons besoin d'examens approfondis", avaient-ils répondu, et nous avions pu lire dans leurs paroles "Nous n'avons jamais vu ça. Nous essayons de gagner du temps." Cette expression, c'était elle qui m'avait alerté. Je me souvenais encore d'une période où je faisais jusqu'à imiter les mimiques de mon frère, une autre où j'avais fait un caprice jusqu'à ce qu'il accepte de m'emmener chaque fois avec lui au terrain vague qu'il squattait entre deux cigarettes. C'était devenu notre terrain vague, à tel point que parfois j'en oubliais l'expression de son visage, là-bas, lorsqu'il me regardait tousser. C'est donc ainsi, en mini Chuck, que j'avais appris la nouvelle. J'avais une maladie, certes, et alors ? Mais c'était sa voix qui s'était cassée, ses yeux qui s'étaient plissés, sa colère due à l'incompréhension qui était montée, qui m'avaient permis de comprendre que c'était du sérieux. J'avais alors commencé à grandir, et étrangement j'avais réagi d'une manière totalement opposée à la sienne. J'encaissais, j'acceptais. Il refusait, il contre attaquait. Lorsque les médecins nous avaient dit, après des examens épuisants, qu'ils ne savaient vraiment pas ce que j'avais, et qu'il était peut-être temps de penser au pire, je n'avais pas vraiment compris. Parce que la mort n'avait jamais fait parti des discussions que j'avais alors avec mon frère, parce que nous étions trop jeunes pour ne faire qu'y penser sincèrement. C'était aujourd'hui encore moins le cas, même si je voyais le mot manquer d'apparaître parfois. Si avant ce mot était inutile dans nos conversations, il était aujourd'hui tabou, et, pire, il faisait peur.

Le trajet pour rentrer à la maison avait duré une éternité, on aurait dit que quelqu'un s'était amusé transformer le temps en élastique. La personne vivait, quelque part dans le monde, un moment si exquis qu'il souhaitait l'allonger autant que possible. Je m'étais simplement demandé si il avait réussi à le revivre autant de fois qu'il le souhaitait. Mon père n'avait rien dit parce qu'il n'avait rien à dire. Ma mère avait semblé un instant ébranlée, se demandant sans doute comment il fallait qu'elle réagisse. Quant à mon frère... Je m'étais demandé comment la vitre qu'il fixait avec un air de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom survivait à son regard. C'était seulement à quelques kilomètres de chez nous qu'il s'était exclamé d'une voix forte que le lendemain, il m’emmènerait passer une journée à Londres, destination Sainte Mangouste. Ma mère avait ouvert la bouche, puis l'avait refermée. J'avais regardé mon père dans le rétroviseur, mais son visage était depuis longtemps fermé au changement.

Je me souviens que, lorsque le soir tombait sur Bristol et que les amis de Chuck rentraient chez eux, je me retrouvais alors seul avec mon frère et je ne marchais plus seulement derrière ses pas, je marchais à côté de lui, et c'était ces moments qui avaient un goût
d'éternité. Jamais je n'avais pensé à la mort avant mais j'avais pensé à l'éternité, au sentiment d'être réellement bien à sa place lorsque je parlais à mon frère et même lorsqu'il me reprochait d'être un emmerdeur, pour la bonne raison que je savais qu'il ne le pensait pas, et puis j'avais l'habitude. Je n'étais pas comme lui dans le fond, c'était comme si ce que je ressentais était amorti parce que j'avais l'espoir que rien n'était définitif, qu'on pouvait arranger la pire des situations. Chuck semblait les condamner et passer à autre chose lorsque ça l'arrangeait. C'était une manière de s'en protéger.

- "Au-contraire-de-ce-que-tu-infliges-à-tes-poumons", non mais tu parles comme un Serdaigle, tu rigoles ou quoi?! Et fous-moi la paix, je te dis, je fais ce que je veux, imita-t-il grossièrement.

Je ne réagis pas comme il l'aurait voulu parce que sinon c'était pas drôle, et lui fit un énorme sourire, comme s'il n'aurait pas pu me faire plus plaisir que de me comparer à un Serdaigle – Vous savez, histoire de lui faire un peu peur. Par la même occasion, sans rien laisser paraître, je fus un peu déstabilisé par sa référence aux Serdaigle. Après tout, notre mère avait été à Poufsouffle, et il était loin de la porter véritablement dans son cœur. Avait-il fait le lien lorsque le choixpeau m'avait réparti dans cette même maison ? D'un ton volontairement très enjoué pour appuyer un immense sourire programmé, je lançais :

- Oh mais tu sais pas ? Ils sont chouettes les Serdaigle, j'en ai rencontré quelques uns d'ailleurs et...

Je n'avais rien contre les Serdaigle, qu'on s'entende bien. Mais le plaisir de faire un peu peur à mon frère était grand, et je savais que dans le fond il n'avait rien contre eux non plus, ce qui enlevait tous les remords que j'aurais pu avoir. Je riais, et ça me fit mal aux cotes, mais il n'avait qu'à pas m'imiter.

- Essaye pour voir, m'avait-il dit.

Je m'étais souvent demandé où je serais à l'heure actuelle si mon frère n'avait pas été là. Il y avait un grand avantage à la façon différence de Chuck de réagir. Je me battais aussi mais avec acceptation. Lui se battait violemment lorsqu'il sentait qu'il n'était pas l'heure de rire. En tout cas, c'était ce qu'il avait fait lorsqu'il avait appris ce qui m'arrivait. Je n'étais pas sûr que mes propres parents auraient eu l'idée de m'emmener voir un médecin sorcier après la condamnation des médecins moldus. Il avait tenu ses promesses avec sa façon si détaché de le faire : Nonchalamment, comme s'il prenait tout ça avec distance, il m'avait aidé à me lever du lit où j'avais dormi – c'est à dire le sien – la nuit qui avait suivie le moment où il avait décidé de ne pas se laisser aller.

- Mais t'es bête ou quoi? Je le sais, ça, Coop.

Les médicomages avaient donc eu affaire à une maladie qu'aucun moldu n'avait réussi à soigner, et il s'était trouvé qu'il s'agissait également d'un défi pour les sorciers. Chuck n'avait pas du y aller avec le dos de la petite cuillère car les médicomages avaient accepté de faire tout ce qu'ils pouvaient. Alors, avec la volonté qu'avait eu tout le monde, ils avaient réussi à arranger la situation, et aujourd'hui j'étais là, dans le parc de Poudlard, debout, entrain de faire du base-ball avec mon frère, et je n'avais pas trop à me plaindre. Oui, c'était clair : Chuck savait.

- Alors je veux profiter de la chance que j'ai d'être là. Mon état est stable, lui rappelais-je afin de lui faire comprendre qu'il était hors de question que j'abandonne avant d'avoir commencé. Et encore une fois, je fus interpellé par le contraste qu'il mettait entre ses faits apparents et ce qu'il était vraiment : Il préférait avec moi prévenir que guérir, alors que tout Poudlard devait penser qu'il choisissait de guérir plutôt que de prévenir. Je haussais les épaules, et lui souris. Sa mine vexée me rappelait que j'avais tant de fois essayé de lui ressembler physiquement alors que ce n'était pas trop ça même si nous avions des airs, avant de m’apercevoir que si j'aimais les expressions de mon frère uniquement parce qu'elles étaient les siennes et qu'ils ne pouvaient pas toujours les contrôler – J'aimais ce qu'il ne programmait pas. Enfin, presque tout.

Bon, et bien là, c'était parti.

- QUOI? T'es sérieux là?!

Désapprobateur, je lui lançais un regard contrarié parce qu'il avait envoyé la balle si loin qu'on ne pouvait pas savoir où elle avait atterri. Imaginez un peu, en première page sur la Gazette : Un professeur assommé par une balle de Base-ball volante envoyée par un élève de 6ème année à Gryffondor qui... Tua son frère ensuite. Je cessais d'un coup de me préoccuper de la balle.

- Mais parce que tu crois qu'elle y a pensé une seule minute?!

Je le vis s'approcher de moi, mais je ne reculais pas. Je savais qu'il fallait en passer par là. Ce n'était qu'une lettre comme les autres, mais j'étais parfaitement conscient qu'il allait s'énerver. Néanmoins, ce n'était tout de même pas par plaisir que je l'énervais : Je savais que si je l'avais fait derrière son dos, sa réaction aurait été bien plus forte lorsqu'il aurait trouvé la lettre désertée sur la table de la cuisine que je n'étais pas là pour débarrasser. Je le laissais se lâcher sans un mot.

- Elle s'en fout, et nous aussi on s'en fout d'elle, pourquoi tu fais ça??!!

Lassé qu'il crie, je posais délicatement mon gant au sol : Je venais de gâcher ma partie de base-ball tout seul. Ça m'apprendrait à me dire que plus j'attendais, moins j'aurais le courage de le lui dire. Je sortais ma baguette de ma poche, et lançais un accio -c'était un des premiers sorts que mon frère m'avait appris- afin de récupérer la balle. Lorsqu'elle atterrit dans ma main, je la posais au creux de mon gant avant de me tourner vers Chuck. Je lui devais une explication.

- Ce n'est qu'une simple lettre de routine. Et puis tu n'en sais rien, peut-être qu'elle ne s'en fiche pas tant que ça... Enfin, me rattrapais-je, pas la peine de te mettre dans des états pareils, ça sera certainement... La seule de l'année. Tu préfères qu'elle se sente obligée de me poser la question cet été ? J'essayais d'utiliser les bons mots, lui apprenant en même temps que j'avais pris la décision de rester ici avec lui pendant les vacances. Tant pis pour l'ancien pull de Chuck que j'adorais et que j'avais oublié à Bristol.

Je devenais tout petit maintenant. J'avais toujours essayé de me détacher de tout ça, j'avais mon frère et ça me suffisait amplement. Mais je devais reconnaître que je n'avais jamais perdu espoir que mon père réalise que boire lui détruisait les neurones, et que ma mère se rende compte que trop de téléphone et de télévision c'était cancérigène et mauvais pour les yeux. Où était le mal ? Je n'avais jamais voulu que mon frère se sente trahi d'une quelconque manière.


- Je te préviens, tu me cites dans ta foutue lettre, je te démonte. Qu'est-ce que tu cherches, franchement? Tu sais très bien qu'on n'a rien à faire avec eux.

Je haussais les épaules alors qu'il repartait à sa place. Hésitant, je faisais des ronds avec mes chaussures sur le sol, les mains dans les poches de l'ancien manteau de Chuck. Je ne savais pas quoi lui dire pour lui expliquer que ça n'avait rien de dramatique dans le fond, et que je ne chercherais pas à l'impliquer contre sa volonté, mais j'étais sûr qu'il le savait.
Lorsque l'infirmière l'avait laissé entrer, je l'avais suivi sans un mot, ravi à l'idée que l'infirmière juge ma grippe assez importante pour permettre à mon frère de quitter les cours avec moi. On rentrerait à la maison, et je lui demanderais de faire une partie de base-ball. J'allais prétendre que c'était nécessaire à ma guérison, et ça marcherait. Comme
toujours.
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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Ven 11 Mai - 15:01

- Alors je veux profiter de la chance que j'ai d'être là. Mon état est stable.

Oh ça va, il voulait une blouse blanche et des lunettes en cul de bouteille, pendant qu'il y était?! Je détestais ce jargon médical et il le savait très bien. "Mon état est stable". Ouais ben en attendant, les médecins se touchaient bien. Parce que, son était était peut-être stable à leurs yeux, mais quand il se sentait mal (le plus souvent en pleine nuit, évidemment) et que c'était moi qui devais être avec lui alors qu'on aurait dit qu'il allait s'étouffer dans mes bras, euh, autant vous dire que non, son était était tout sauf stable. Mais ça, ça n'embêtait personne. Enfin bon, j'avais l'habitude, on va dire, et j'avais surtout pas envie d'y penser alors que j'avais encore un mal de tête de chien et le cerveau complètement décalqué.

En fait soyons honnêtes je n'avais aucune envie de faire du baseball - pour une fois - et plus ça allait plus je regrettais d'avoir fait une fleur à Coop et de l'avoir suivi là. Parce que non seulement j'étais d'une humeur massacrante et c'était sur leurs têtes à tous que j'avais envie d'éclater ma batte, mais en plus, cet imbécile ne faisait strictement rien pour me changer les idées, vu qu'il me parlait de sujets qui me faisaient chier encore plus - et EN PLUS il le savait très bien. Moralité, ce matin pourri était d'autant plus pourri que mon frère avait décidé de me faire chier comme il savait si bien le faire. Dans ces moments-là, je regrettais presque qu'il ne soit pas à Bristol bien au chaud chez nous et qu'il me foute une paix royale. Poudlard, ça avait été le début de quelque chose de nouveau, sans tout ce que j'avais vécu avant, sans l'ennui de la banlieue et nos parents, et je n'avais aucune envie qu'il y traîne nos vieilles casseroles. Mais bon, l'instant d'après, je le regardais dans son manteau trop grand, et je culpabilisais un peu parce que je savais ce que ça représentait pour lui d'être ici.

Enfin, ça, c'était avant qu'il me parle des choses qui fâchent. Qui fâchent vraiment.

Au lieu de mettre une grosse baffe à mon frère - ce qui aurait été le pied total - j'envoyais la balle dégager loin de là, et repartis dans mon coin, alors que lui tirait sa tête de petit enfant pris sur le fait. Arrête toi donc, j'avais envie de lui dire. Il le savait très bien, comment j'allais réagir. Pourquoi il faisait ça?! Pourquoi il devait toujours se débrouiller pour me foutre en rogne alors que depuis le temps il les savait sur le bout des doigts, les choses à dire et à ne pas dire?! Je laissai tomber ma batte par terre à l'exact moment où il posa son gant, d'ailleurs, et me frottai les yeux avec mes paumes, en essayant de respirer plus doucement. Il fallait que je me calme. Je sentais mon sang bouillir, et les boum-boum contre mes temps douloureuses n'arrangeaient rien. Est-ce qu'on ne pouvait pas me laisser tranquille deux minutes? J'avais passé une trop cool soirée, j'avais juste bu comme d'habitude un peu trop et j'en payais les frais, et alors? C'était un crime d'état?! Je n'avais plus qu'une hâte : me tirer de là. Coop avait gagné. Il pouvait bien manger son gant, tiens, je m'en foutais. Je me demandais où était Lilian, avant de me rappeler que ce n'était plus vraiment à l'ordre du jour d'aller passer le temps avec elle. Tout foutait le camp en ce moment, ou bien c'était juste un week-end maudit, comme ça, pour le plaisir? Je jetai un coup d'oeil au reste du parc, il y avait des groupes d'élèves un peu plus loin et je reconnus mes potes de Poufsouffle dans le lot; eh ben très bien, j'allais planter Coop là et aller m'amuser avec eux, rien à foutre.


- Ce n'est qu'une simple lettre de routine. Et puis tu n'en sais rien, peut-être qu'elle ne s'en fiche pas tant que ça...

- Mon pauvre gamin, tu rêves. Il détestait quand je lui rappelais qu'il n'était qu'un mioche. Bien fait.

- Enfin, pas la peine de te mettre dans des états pareils, ça sera certainement... La seule de l'année.

J'explosai de rire - il ne manquait plus que ça.

- Tu préfères qu'elle se sente obligée de me poser la question cet été ?

Et puis, je me mettais en colère si je voulais, c'était encore moi le plus grand, merde.

Je sortis mon paquet de clopes tout défoncé et en tirai une autre - la dernière d'ailleurs, fais chier. Je l'allumai en regardant le ciel et en me demandant s'il n'allait pas pleuvoir avant la fin de la journée, tout en me disant qu'il était hors de question que je reste avec Coop puisqu'il avait décidé d'être insupportable et qu'en plus de ça il choisissait bien mal son moment.


- Parce que tu crois que tu la reverras que cet été? On va devoir rentrer avant pour tes examens, fantasme pas trop hein.

Je le regardai en souriant d'un air bien moqueur comme il le détestait.

- Et puis, genre elle va te poser la question... Tu sais très bien qu'elle ne le fera jamais. Est-ce qu'elle m'a déjà demandé un seul truc quand je rentre en juillet, depuis le temps? Elle s'en branle, Coop.


Je chopai ma batte, calant ma clope entre mes lèvres.

- J'ai pas envie de jouer, tu me soules.

Lui qui était pourtant si perspicace surtout quand ça me concernait, pourquoi dans les moments comme ça il ne se rendait pas compte combien il était vexant? Merde, on se disputait avec elle alors qu'elle n'en valait pas la peine du tout, qu'elle ne s'était jamais préoccupée de nous, et que le seul qui balisait quand il lui arrivait quelque chose, c'était moi. Et maintenant il me parlait de LA tenir au courant?! Franchement, c'était du foutage de gueule.

Je faillis partir retrouver mes potes, avant de jeter un coup d’œil à Coop et de me dire que si j'étais un frère sympa quand même, il fallait que je comprenne que c'était pas vraiment contre lui que j'étais énervé, mais contre elle, eux, la maladie, les hôpitaux, et tout ce bordel. Mais lui au final, à part me courir sur le haricot.. Ben il subissait, comme moi. Je soupirai, calai ma batte sur mon épaule et soufflai ma fumée avant de marcher sur lui et de le choper par le bras pour qu'il me suive. Je l'emmenai un peu plus loin, pour me poser sur une grosse pierre plate. Ah putain, ça faisait du bien d'être assis. Je tirai fort sur ma cigarette pour que la tête me tourne et que mon connard de mal de tête s'en aille.


- J'comprendrais jamais pourquoi tu essayes de faire les choses bien avec eux alors qu'ils l'ont jamais fait, dis-je d'une voix beaucoup plus calme.

Je lui jetai un coup d’œil avant de lui ébouriffer les cheveux sans qu'il s'y attende - hahahaha, 1-0!

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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Mar 19 Juin - 23:01

Ce qu'il y avait de plus étrange dans ma famille c'est que j'avais l'impression, depuis que j'étais malade, que rien n'avait changé. J'oubliais même ce que ça avait été de n'être pas plus haut que trois pommes, d'avoir prononcé mes premiers mots, d'avoir vu pour la première fois mon frère se battre pour moi, en primaire. J'avais oublié l'odeur de ma salle de classe dès lors qu'on m'avait annoncé que je n'étais pas destiné à y retourner le lundi suivant. J'avais oublié les bleus, les égratignures, les pleurs, les rires de la cours de récréation. J'avais oublié jusqu'à l'exacte couleur des yeux de la petite fille du premier rang alors que j'avais décidé, en dernière année de maternelle, qu'elle serait mon amoureuse à la vie à la mort. Le problème, c'était que le risque de la mort avait pris le déçu, et que je m'étais aperçu que tout ça, malgré tout, avait été trop furtif. J'avais tout négligé, j'avais l'impression d'avoir loupé des moments indispensables, des premières fois, des premiers mots, des premiers tout et des premiers rien. Aujourd'hui, c'était comme si le temps s'était arrêté et que les rides au coin des yeux de ma mère ne s’agrandissaient pas, comme si ma taille de vêtement ne changeait pas. Mon frère ne grandissait pas non plus, mais pour moi il avait toujours été un peu Hulk, à la fois sensible -ne lui dites pas, il détesterait ça- et fort, très fort, plus fort que tout le monde, alors il n'avait jamais été un enfant fragile à mes yeux, un enfant qu'on berce, à qui on chante une berceuse pour qu'il dorme ; Au contraire, c'était plutôt lui qui se sacrifiait le soir pour m'aider à m'endormir lorsqu'il avait l'âge de sortir avec des amis alors que moi je devais me coucher tôt. J'avais eu horreur de ça, je préférais pleurer fort jusqu'à ce qu'il décide de rester avec moi, ce qu'il faisait toujours, avec enthousiasme... Ou pas. Grâce à ma révélation et malgré le fait que les jours ne semblaient pas avancer alors que je mesurais tout, c'était comme si j'y voyais plus clair, comme si tout était plus coloré et impressionnant. Je prenais le temps de savourer chaque chose, et en même temps je me dépêchais de savourer tout ce qui me tombait sous la main. Dévorer tout, beaucoup, vite, mais surtout, par dessous tout, m’imprégner de tout très bien. J'avais douze ans et Chuck aurait dit que je parlais comme un vieux, mais je trouvais qu'on s'y prenait toujours trop tard avant de prendre le temps de faire attention à tout ce qu'était la vie, et, moi, je ne pouvais pas me le permettre après m'être rendu compte de tout ça.

- Mon pauvre gamin, tu rêves.

Je fronçais les sourcils. Il savait que je n'aimais pas qu'il m'appelle comme ça, et ce « pauvre », « pauvre gamin », « pauvre enfant », « pauvre chose », ça sonnait tellement mal à mes oreilles. Je haussais les épaules pour lui faire comprendre que je m'en foutais. C'était faux, mais c'était pour me venger, même si je savais qu'il n'en aurait rien à faire en fait. C'était psychologique, un réflexe, et je le laissais déverser ses mots sur moi. Je m'y étais attendu après tout, et je le méritais peut-être... Un peu. Son éclat de rire me fit encore plus culpabiliser, mais tant pis, je le regardais droit dans les yeux, attendant qu'il s'arrête, il n'y avait que ça à faire. Je savais qu'il me pardonnerait, parce que je le connaissais, mais je savais aussi qu'il ne comprenait vraiment pas pourquoi je tenais à envoyer cette lettre, qu'il ne s'amusait pas à crier pour le plaisir. Lorsqu'il sortit son paquet de cigarettes, je lui lançais un regard de reproches, fronçais mes sourcils à nouveau et pinçais mes lèvres sans un mot. Je vis le regard qu'il jeta à un groupe de Poufsouffle plus loin, et je m'apprêtais à ce qu'il me laisse la très vite -après s'être assuré que je regagnerais bien le château avant que la pluie ne tombe, qu'il ferait passer pour un ordre de dégager, comme « maintenant rentre parce que si tu attrapes froid je te renvois là bas avant que tu puisses l'ouvrir à nouveau », là où j'entendrais un simple « il va pleuvoir, n'attrape pas froid »-, et je me sentirais sûrement un peu mal après, mais je savais qu'il fallait passer par là.

- Parce que tu crois que tu la reverras que cet été? On va devoir rentrer avant pour tes examens, fantasme pas trop hein.

Je vous avais bien dit qu'il sortirait un « Il va pleuvoir, n'attrape pas froid » à sa façon... Je regardais mes pieds, un peu déçu qu'il n'ait compris que ce aspect de ma phrase. Quant aux examens, ça ne m'enchantait pas vraiment, j'avais peur qu'en l'espace d'un instant, je bascule dans la phase du « pas assez », du « trop malade », et de ne plus revoir Poudlard, alors que déjà, la balance était trop sensible et trop proche du mauvais côté. La justice était la meilleure des choses, mais parfois elle faisait mal. « Il est plus juste que tu restes à Sainte Mangouste cette année Cooper, je suis désolée. » J'avais espoir de rester stable encore un bon moment, mais ses examens sonnaient quand même à mes oreilles, à défaut du mot routine, comme un risque. Risque à prendre, mais risque quand même.

- Et puis, genre elle va te poser la question... Tu sais très bien qu'elle ne le fera jamais. Est-ce qu'elle m'a déjà demandé un seul truc quand je rentre en juillet, depuis le temps? Elle s'en branle, Coop.

Je soupirais. Non, bien sûr que non. Non, elle ne t'a jamais rien demandé, mais et si... Je relevais les yeux, lui fit un signe de tête pour lui répondre à la négative. Ce n'était pas un crime après tout, de vouloir faire des efforts pour deux, si ? J'hochais les épaules. Je n'avais pas changé d'avis.

- J'ai pas envie de jouer, tu me soules.

Je savais que c'était à moitié faux, mais je ramassais quand même mon gant, un peu déçu, encore une fois, d'avoir gâché ma première partie de base-ball à Poudlard. Je fermais mon blouson, il faisait froid, la journée promettait d'avoir un temps par très joyeux, et je sentais malgré tout que je commençais à avoir un peu de fièvre. J'avais l'habitude de sentir ce genre de choses de moi-même, et aussi de ne pas me plaindre, ainsi je n'en parlais pas à Chuck, comme je ne lui avais pas parlé de ma nuit.

- Je vais rentrer je crois, lui indiquais-je.

Il n'y avait rien à dire de plus. La vérité c'est que je cherchais une excuse de filer avant que ma fièvre ne se reflète dans mes yeux. J'étais aussi pressé de ne plus le voir en colère, et de lui donner une bonne excuse pour rejoindre ses amis. Comme ça, avec un peu de chance, peut-être qu'il en oublierait cette lettre, ainsi que son envie de me la faire gober. Mon gant serré contre moi, je m'apprêtais à tourner le dos, lorsqu'il me devança avant de retourner sur ses pas et de m'entraîner sur une pierre plate. Je l'écoutais sans broncher, mais j'avais un peu mal à la tête.

- J'comprendrais jamais pourquoi tu essayes de faire les choses bien avec eux alors qu'ils l'ont jamais fait.

Je le regardais avec un grand sérieux, mais il m'ébouriffa les cheveux et je ne pus m'empêcher de sourire et de me sentir soudain plus léger. Je serrais plus fort mon gant contre moi, lui tirais la langue, avant de retrouver mon sérieux. En regardant à nouveau mes pieds, je lui dis :

- Peut-être parce que je me dis que si je le fais, un jour ils feront peut-être des efforts eux aussi.

« Un jour », c'était long, très loin, imprécis, mais au moins, c'était un moment.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: « Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.   Mer 15 Aoû - 2:01

Je détestais me poser cette question, et Coop le savait très bien. Par contre il croyait que je détestais parler de ça parce que ça me mettait en rogne, que ça me foutait sur les nerfs, et que donc fallait mieux éviter le sujet parce que ça finissait toujours pas m'énerver. C'était pas totalement faux. Mais c'était pas ça en lui même qui me foutait en colère : c'était parce qu'il y avait toujours un instant, un tout petit instant, où je me la posais, cette putain de question... Et où elle me rendait triste. Et comme je ne voulais pas être triste, eh ben, ça me mettait en colère. Je n'étais pas sûr qu'il ait compris cette subtilité parce que je la cachais soigneusement, voulant éviter à tout prix qu'il soit triste lui aussi. Enfin... Il l'était sûrement, mais on en parlait pas trop. Lui aussi devait se la poser, cette question... Pourquoi, pourquoi ils étaient comme ça? Pourquoi on avait des parents de merde qui ne s'étaient jamais occupé de nous un seul instant, jamais inquiété, et ne le faisaient toujours pas alors que leur plus jeune fils avait une maladie grave et qu'on ne savait rien, en bien ou en mal, à propos de sa santé à venir? Ils n'en avaient strictement rien à foutre, lui il passait ses journées dans son garage avec ses vieilles bouteilles de whisky bon marché, et je ne sais pas par quel miracle il avait encore assez de clients pour se faire des thunes. Les gens avaient pitié, je suppose. Il était connu de tout le quartier pour être un sac à vin. Les rares fois où je le croisais c'était la nuit, parce qu'il rentrait toujours tard à la maison, quand moi je rentrais de soirée ou bien que je me levais pour aller pisser. A chaque fois il me disait bonsoir - à chaque fois je l'évitais royalement - à chaque fois il n'insistait pas et rentrait se barricader dans sa chambre. C'était devenu automatique. Je regardai en haut, lui en bas. Toujours. Et elle, quand elle ne taffait pas - comment elle réussissait à garder son mi-temps de caissière alors qu'elle était teigneuse et aussi aimable qu'une porte de prison, ça m'échappait complètement - elle passait son temps avachie devant la télé, au téléphone, ou bien chez le coiffeur ou la manucure. Et elle ne faisait rien d'autre. Et lui non plus. Ils menaient depuis toujours la même existence, morne à se tirer dans le caisson, et nous on subissait ça. L'avantage c'est qu'on pouvait faire tout ce qu'on voulait puisqu'ils ne s'occupaient pas de nous. Heureusement... Du coup moi j'avais fait ma vie à part, et j'avais essayé que Coop fasse pareil. Mais il était différent... Et puis il avait passé plus de temps à la maison que moi... Mais même, je ne comprenais pas ce qu'il voulait, ce qu'il espérait. Ces gens-là n'avaient jamais été et ne seraient jamais nos parents. Juste des gens chez qui on habitait. Des cons comme on peut en croiser à tous les coins de rue, et qui ne comptaient pas.

C'était trop tard de toute façon, on ne rattrape pas 16 ans, ni même 12. Si ils avaient eu un quelconque instinct maternel ou paternel, même si il avait été long à se déclencher, là, c'était fini. Ils n'en avaient pas. J'avais passé depuis longtemps le stade où ça me faisait du mal - j'avais compris très tôt que c'était inutile. Aujourd'hui, c'étai plutôt de l'amertume que je ressentais, une putain d'amertume, surtout quand je me rendais compte, comme là, que Coop... espérait, encore et toujours. Comme si il voulait leur donner une seconde chance; et eux, ils ne s'en rendaient même pas compte du cadeau qu'il leur offrait. Enfoirés.

Lui, je ne le détestais pas. Il me faisait pitié, il servait à rien, et il devait être bien malheureux pour boire comme un trou et se transformer en une loque humaine un peu plus chaque jour. Il n'avait jamais été méchant avec nous, il était juste transparent, absent, dans tous les sens du terme. Un fantôme. Je n'avais jamais si si il avait peur, si il était dépressif ou quoi. D'ailleurs, je m'en foutais. Il n'avait jamais eu de courage : tant pis pour lui. Elle, je la détestais, mais vraiment. Je la haïssais. C'était sûrement la seule personne sur terre que je haïssais autant. Elle était foncièrement méchante, mesquine, elle savait pertinemment ce qu'elle ne faisait pas, elle s'en foutait royalement, du moment qu'elle avait suffisamment de pognon pour se vernir les ongles et organiser des fêtes avec ses copines tout aussi pétasses et superficielles les unes que les autres. Je m'engueulais toujours avec elle, dès que je la croisais, dès qu'on s'adressait la parole, et on savait tous les deux qu'on se détestait mutuellement. On s'évitait, du coup, parce que c'était tellement explosif quand on se disputait qu'on préférait éviter le pire. Coop faisait toujours en sorte de faire l'intermédiaire, quand il était là, alors que moi je ne perdais jamais une occasion de lui rappeler qu'elle était une vieille conne aux cheveux décolorés qui me donnait envie de gerber. Elle était la seule à m'appeler par mon prénom, d'ailleurs, parce qu'elle savait que je le détestais - d'ailleurs, je ne sais pas à partir de quel moment j'ai détesté qu'on m'appelle Charles parce qu'elle le faisait elle, ou bien l'inverse.

Coop se dérida lui aussi et me tira la langue, et la situation se décrispa, comme le plus souvent quand on se disputait. Même si il me faisait chier, au plus haut point, y'avait toujours un moment où je laissais tomber. Il était mon frère, et parfois, c'était plus fort que moi.


- Peut-être parce que je me dis que si je le fais, un jour ils feront peut-être des efforts eux aussi.

- J'sais pas comment tu fais pour y croire, dis-je en haussant les épaules. Vraiment, j'ignorais comment il faisait, et je l'admirais presque d'espérer quelque chose qui pour moi était totalement impossible. De toute façon on se débrouille très bien sans eux. Pas vrai? Je souris et lui aussi et je lui présentais mon poing pour qu'il le checke, et quand il le fit je sentis sa peau glacée. Ah ben bien. Il pouvait pas me dire qu'il avait froid, cet abruti.

- J'te raccompagne, dis-je alors d'un ton autoritaire en sautant sur mes pieds. Je ne sais pas par quel miracle - la clope peut-être - mon mal de tête me laissait un peu de répit. Je tirai une nouvelle latte et partis vers le château avec Coop. Lettre ou pas lettre, le plus important était d'éviter qu'il tombe malade... encore plus.


Fin

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« Nul n’est plus chanceux que celui qui croit à sa chance. » |Chuck.
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