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Revolution of the Sun [P.V] Fini

 
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 Revolution of the Sun [P.V] Fini

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
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MessageSujet: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mar 1 Nov - 23:13

Revolution of the Sun - Matthew Barber
Spoiler:
 



Satisfaite, je refermai mon livre de botanique après avoir mis le dernier point final sur mon parchemin, pour le devoir que nous avions à rendre dans les jours à venir. On était jamais trop prudent et je préférais être en avance pour ne pas être prise de court; de plus, nous avions déjà eu des sujets plus intéressants à traiter, alors mon contentement n'en était que doublé. Et puis lorsque je pensais à mes études, cela me permettait de ne pas me concentrer sur le reste. Et ces derniers temps, je n'avais vraiment pas envie de me concentrer sur le reste.

Pour une fois, c'était une soirée pour le moins calme dans l a salle commune des Gryffondor et depuis l'arrivée de mangemorts, cela se répétait de plus en plus souvent. Personne n'avait envie de se faire prendre à cause d'une éventuelle visite surprise, qui ne serait alors pas de très bon augure. Même les plus téméraires y repensaient à deux fois, même si je n'aurais pas été contre un peu de détente pour échapper au stress permanent auquel nous avions régulièrement affaire. La seule source de confiance mais aussi de chaleur dont nous disposions ici, ce n'était autre que le feu qui se dandinait paresseusement dans l'âtre; comme si faire une danse du ventre apaiserait les esprits les plus tourmentés. Quoi qu'il en soit, ca ne fonctionnait pas toujours.

Je me laissai aller dans le canapé, un peu fatiguée pour une fois; cela arrivait si peu souvent que j'en étais même contente. Ce soir, j'allais pouvoir passer une nuit complète, même si elle devait se terminer dans le dit sofa, et je m'appuyai contre Haruhi, avec qui j'avais rédigé la composition. Je n'avais pas besoin de parler en sa compagnie pour combler des silences gênants, tout simplement parce qu'ils ne l'étaient pas et qu'elle ne m'encombrait pas de questions embarrassantes. Je n'avais pas besoin de questions en ce moment et encore moins avoir à parler. D'ailleurs, je passais la plupart de mon temps avec elle, et ca me suffisait bien. L'un dans l'autre, nous nous étions rapprochées, avec la subite révélation dont elle m'avait fait part il y a peu. Alors ce soir, comme les autres soirs, j'allais attendre.
C'était presque trop simple.

L'instant d'après, le tableau de la Grosse Dame se cognait contre le mur avec violence, et l'entrée d'un gars de Gryffondor se fit tout aussi fracassante, me faisant sursauter. Je me redressai légèrement; il avait sûrement trop bu et avait dû trébucher en poussant l'ouverture. J'étais à des années lumières de ce qu'il s'apprêtait à nous apprendre.
Cela se résumait en quelques mots : les professeurs avaient décidé -enfin- de se battre contre les mangemorts et apparemment, ils n'étaient pas seuls. Personne ne savait comment, mais les aurors les avaient rejoint. La bataille faisait rage dans le hall.

Un lourd silence se fit pendant quelques secondes. Quelques secondes qui me suffit à observer le visage d'Haruhi pour chercher quelle allait être sa réaction, mais je n'avais pas le temps, justement, de perdre du temps. Tout se bousculait dans ma tête, mais parallèlement, tout était suffisamment clair pour que je prenne une décision, et vite. Brusquement, je bondissais hors du fauteuil et l'hystérie générale en profitait pour faire irruption dans la pièce. J'ordonnai à mon amie de rester où elle était, mais sans attendre sa réponse, je filai entre les élèves pour me glisser hors de la salle commune. Qu'on me bloque le passage, ce n'était même pas envisageable.

Depuis la prise d'otages, j'avais eu le temps de ruminer dans mon jus pendant un moment et avait imaginé tout un tas de scénarios différents si jamais Poudlard venait à se soulever. Et celui là -du moins, un dans ce goût là- en faisait partie. Je n'avais même pas besoin de réfléchir à ce que je devais faire et fonçai à toutes blindes dans les escaliers alors que j'entendais déjà des pas derrière moi et que de nombreuses têtes me précédaient. Je n'avais jamais été aussi près du but. Tout ce pour quoi je m'acharnais dans mon travail depuis plusieurs années étaient en train de se dérouler des étages plus bas, et je n'allais certainement pas laisser ma seule et unique chance me filer entre mes doigts. J'en oubliais tout le reste, tout mes soucis, tout ce à quoi je songeais à chaque fois que j'avais le malheur de fermer mes paupières. C'était enfin mon tour. J'allais enfin pouvoir les venger.

J'avançai avec des œillères, n'étant seulement guidée par les autres qui s'agitaient frénétiquement vers le hall ou apparemment, tout était en train de se dérouler, ainsi que par ma colère. Je tenais fermement ma baguette dans mes mains prête à m'en servir au moindre moment. La descente se faisait de plus en plus difficile au fur et à mesure que je m'approchai du rez de chaussée et finalement, je prenais une grande inspiration pour foncer dans le tas de gens et disparaître au milieu de toute cette cohue.

Sans m'y attendre, je me faisais vivement propulsée vers l'arrière par une main qui s'était accrochée à mon bras avec vigueur et mon dos allait frapper contre le mur. Je fermai les yeux sous le choc, mais me forçait à les rouvrir tout aussi vite pour découvrir quel était mon assaillant. Je ne savais pas qui était ce type mais en tout cas, il tentait de ralentir le plus de monde possible en les retenant. Je n'écoutais alors que mon impulsion et sans réfléchir enfonçai mon poing dans un coin de son menton. On pouvait dire que celui là, il ne l'avait pas volé et que cela m'aurait presque fait un bien fou si son os n'avait pas été aussi dur. Je poussai un cri de mécontentement et lui lançai un regard accusateur, parce que c'était de sa faute si j'avais mal, mais n'hésitais pas non plus à lui enfoncer ma baguette dans l'oeil, parce qu'il se jetait de nouveau sur moi. Aveuglé, il allait tituber un peu plus loin et moi, je reprenais frénétiquement ma route tout en secouant ma main dans les airs plusieurs fois, parce qu'il ne m'avait pas loupé non plus ce sale con !

C'était dans des cas comme celui ci qu'on se rendait compte à quel point l'école regorgeait d'élèves. Tout le château s'était redirigé comme un seul homme vers le hall et il devenait de plu en plus difficile de rejoindre le coeur de l'événement, alors que plus que tout, c'était ce que je désirais. Non, je ne pouvais décidément pas attendre là, au milieu de cette foule que cela se passe et de rester complètement impuissante. On m'y avait prise une fois. Pas deux. Je poussai tout le monde autant que je le pouvais, ce qui n'était pas chose aisée; c'était dans ces cas là que je regrettais de ne pas être plus grande, car la plupart, surtout les garçons, me dépassaient largement et ne voyaient ma présence que lorsque je leur pinçai les côtes. Les quelques mètres qui me séparaient des marches en marbres semblaient à des kilomètres tellement il n'y avait pas de circulation et ce qui devait arriver, arriva : je me prenais dans mes propres pieds -le comble dans un instant pareil- et trébuchai à moitié par terre. Mais surtout, avec tout le monde qui me poussait vers l'avant je n'arrivai pas à me redresser. Pour la première fois depuis que j'étais sortie de la salle commune, l'adrénaline laissait la place à la panique car je n'allais pas aller bien loin si je me faisais écrasée par un troupeau en furie.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mer 2 Nov - 0:45

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Il devait se passer le même laps de temps dans le cerveau d'un mec qui s’apprête à poser son gun sur la tempe d'un autre. La même infime hésitation, les mêmes courtes secondes de ce vide assourdissant, avant le plongeon. Avant le doigt qui se plie sur la gâchette. Je le fais, je le fais pas, et après, et si?... Boum.

Je crois que c'était pour ces quelques secondes de totale liberté, ces secondes intenses de pure adrénaline qui dopait mes veines, que je vivais vraiment. Parce qu'avant la détonation, il y avait ce saut dans le vide qui faisait exploser en moi cette sensation sans pareil de se sentir vivant.

Le mec déboula les cheveux en l'air et dans tous ses états et avant qu'il ne dise quoi que ce soit, je ne sais pas pourquoi mais je savais, je savais, qu'il s'était passé quelque chose. Quand mon petit frère avait été malade et que le Médicomage était venu à la maison, il était sorti de la chambre après l'avoir ausculté. Je n'avais pas eu besoin de voir sa tête, j'avais senti, ça m'était tombé dessus, comme une évidence. Ce n'était pas de la peur, ce n'était pas parce que j'étais désespéré, je l'avais senti, rien d'autre. Je m'étais dit "c'est grave". Je le savais. Son regard me l'avait confirmé. Aujourd'hui c'était la même chose : le mec de quatrième ou cinquième année, peu importe, était arrivé en furie au milieu de la salle commune. Je jouais aux cartes près du feu, tout le monde discutait, travaillait, somnolait. Il percuta tout l'équilibre de la salle, nous expliqua la situation en quelques mots. Ils étaient là. C'était ce soir, après tout ce temps, la bataille, la vengeance, la victoire, peut-être. Toute notre haine accumulée, toute notre hargne, elle allait pouvoir être déversée. Mon coeur s'était mis à battre à la puissance du tonnerre, je n'entendais plus que lui.

Ces précieuses secondes, elles étaient là. On venait de nous placer un flingue entre les mains, il ne nous restait plus qu'à tirer. Il ne nous restait plus qu'à viser et à plier le doigt, juste ça. Boum. Pour leur faire payer, à ces connards; elle était là la rébellion, la révolution, il était là l'esprit de Poudlard, le seul qui vaille, prêt à se lever!

Tout me paru flou pendant ces quelques secondes exaltantes, pendant le court instant où les autres percutaient et s'arrachaient de leurs fauteuils pour se jeter la tête la première dans la bataille. Je me laissai emporter avec eux en poussant un cri de rage ou de victoire, au choix, après avoir vérifié que ma baguette était bien dans ma poche. Je l'empoignai et me mis à courir.

Je hurlai à quelques première année qui restaient dans le passage, à moitié tremblants mais à moitié décidés à nous suivre, de retourner fissa au dortoir. Je devais avoir une telle tête d'enragé que je les vis se retourner en obéissant sans demander leur reste. Il y avait une chose certaine : ceux qui étaient capables de livrer cette bataille devaient se donner à fond, mais en aucun cas les plus petits ne devaient s'impliquer; il me paraissait intolérable d'imaginer des pertes dans nos rangs. Oh je n'étais pas stupide, on était que des gosses, des élèves, face à des Mangemorts, on était quoi? Rien. Mais si les Aurors et les profs avaient besoin de petites mains - et c'était sûr - alors nous pouvions être leur soldat, et j'étais prêt à me donner corps et âme à ce combat qui me faisait vibrer depuis l'arrivée des autres partisans de l'Enfer. Les chances? Aucune idée. Mais entre mourir debout ou vivre à genoux, le choix était vite fait.

C'était le dawa le plus complet dans les couloirs. On courrait tous dans la même direction. Certains comme moi se ruaient pour se battre, d'autres suivaient, d'autres étaient pris dans le flot, d'autres fuyaient, aussi. Dommage, mais mauvaise direction. Oh, si un seul Serpentard croisait mon chemin, putain,... Je ne m'étais jamais rendu compte de la foule qu'on pouvait être. Ça criait, ça appelait ses amis, ça pleurait, ça incitait à la bataille. Mais tout le monde courait vers un même but : en bas, le hall, la Grande Salle, où tout se déroulait. On y était presque.

Tout d'un coup, j’aperçus dans le bordel des têtes devant moi, au milieu de cette masse grouillante et désordonnée des cheveux bruns, une petite silhouette, que je ne connaissais que trop bien. Evidemment. Non! me dis-je sur le coup. Mais alors que je tentai de gagner du terrain vers elle, je vis nettement se dessiner dans la foule une vague qui s'explosa devant moi, des gens se rentrèrent les uns dans les autres, il y eut d'autres cris, des chutes, l'escalier; je la vis happée par la foule et disparaître. Je sentis tous les nerfs de mon corps se mettre en boule.


- Tay... m'écriai-je par réflexe mais comme j'avais momentanément baissé ma garde je me pris un mec de plein fouet, il arrivait de la droite, et m'envoya bouler quelques mètres plus loin. Je manquai une marche de peu, me rattrapai à la rambarde, le souffle coupé. Je m'étais pris son épaule dans la tempe, j'avais mal dans tout le côté du visage et je voyais trente-six chandelles. Je sentais déjà l'hématome se profiler, mais je m'arrachai de la rambarde et jouai des coudes vers là où elle avait disparu; la foule était trop dense et j'envoyai des coups de poing à l'aveugle devant moi, ignorant les cris, poussant ceux qui me poussaient, luttant contre le flot. Je n'avais imaginé qu'avant de se battre contre ces putain de bourreaux il faudrait se battre contre la terreur de son propre camp.

- Taylord! Elle allait crever étouffée avec toutes cette foule de merde, putain! Je finis enfin par la distinguer, j'avais les yeux rivés au sol; je plongeai, l'attrapai par-dessous les bras, la tirai de toutes mes forces, la soulevai de terre et l'amenai sans ménagement sur le côté de la foule, près du mur, là où le flot était un peu moins dense.

Je la plaquai contre le mur sans ménagement, lui balayai les cheveux en bataille qui lui tombait sur le visage d'un revers de main, plongeai mes yeux dans les siens. J'avais les dents serrés, le souffle court, le regard en feu. J'avais peur merde, j'avais envie de me battre, je voulais la vengeance, je voulais leur faire payer, je voulais MA vengeance, et je voulais que mes amis soient saufs. Je ne voulais pas de sacrifices, pas de martyrs.

PAS de martyrs.

Je la secouai comme un prunier - putain, combien de temps j'avais attendu ce moment. Je la tenais par les bras.


- Qu'est-ce que tu fous là, putain, Taylord?! sifflai-je entre mes dents, la voix forte pour porter au-dessus du bordel ambiant.

J'avais son visage à quelques centimètres du mien et je reconnaissais très bien son air de vengeresse, sa colère, cette expression qu'elle avait quand elle était décidée à faire quelque chose dans le mépris le plus TOTAL du danger qui l'entourait. J'avais envie de la gifler, de lui jeter un sort, de l'enfermer dans des putain de chiottes pour qu'elle ne fasse pas cette immense connerie. Tant pis si on était plus amis et que ce n'était pas mon rôle, rien à foutre. Je n'allais tout simplement pas la laisser crever bêtement.


- Tu n'es pas neutre, tu n'es pas neutre! Je parlai vite, d'un ton accusateur et un peu fou aussi, parce que l'adrénaline dans mes veines me faisait l'effet d'une drogue, parce que tout devait aller vite, quelques seconds, et boum.

L'histoire de sa famille était trop récente - c'était trop risqué. Je savais qu'elle se laisserait aveugler par la colère, et qu'elle se ferait buter comme une vulgaire biche un jour de battue.


- Ta place n'est pas là, tu m'entends? Dégage putain, retourne au dortoir! Barre-toi!

Je la poussai en arrière; j'étais prête à l'assomer si il le fallait, mais elle résistant comme elle pouvait, et moi, ça me rendait dingue, j'étais prêt à disjoncter, à les tuer tous pour que personne ne soit touché. Alors que je me débattais avec l'autre furie, je me retrouvai nez à nez avec un visage connu, des yeux bridés, une chevelure de jais; elle avait les joues rouges d'excitation elle aussi.

- Haruhi?! Putain, c'est pas vrai! Elles étaient tout là et moi je ne voulais pas qu'on touche à un seul de leur cheveux. Mais barre-toi toi aussi! Je lui mis de force la main de Taylord dans la sienne. Emmène la au dortoir! hurlai-je de plus belle, ma baguette à la main, prêt à massacrer le premier qui me disait non, le premier Mangemort qui se pointait, le premier qui touchait à un seul de mes amis.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Haruhi Michiko
Elève de 7ème année & Préfète



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Particularités: Il me manque une case. Mais bon vu que quasiment tout Poudlard a le même problème, je m'inquiète pas!
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mer 2 Nov - 18:02

Un soir comme les autres, calme et terne ; à vrai dire, nous avions tous du mal à nous souvenir qu’un jour dans la Salle Commune avait régné chaleurs et rires, c’était comme s’ils n’existaient plus. Il fait noir, très noir, froid, et près de l’âtre, je me serrais contre Taylord, tout aussi silencieuse que le reste des élèves. Le fracas n’en fut que plus audible. Un garçon entra, le teint rouge et le souffle court, ce fut comme un déclencheur, toute la salle sortit de sa torpeur et resta suspendue à ses lèvres. Comment aurions-nous pu le prévoir ? Les Mangemorts, ils étaient en bas, et ils faisaient face à nos professeurs, aux Aurors. Oh, j’avais bien essayé de me dire qu’il fallait que j’oublie cette soirée horrible où nous avions été torturés, qu’il fallait que je tourne la page, mais je n’avais pas pu. La haine, l’envie de revanche était trop forte. Je les avais toujours trouvé lâche, comme c’était facile de se terrer dans le château et être invisibles, que c’était courageux de voler la place de Sara Wayland, et comme c’était loyal de brandir sa baguette pour vous réduire à néant…Nous n’avions jamais revu nos bourreaux. Certes, ils étaient toujours là, comme des ombres, comme des menaces, mais ils se cachaient. Ils étaient bien loin de valoir mieux que nous autres.

Il n’y avait même pas à réfléchir, j’irais me battre, coûte que coûte. Je connaissais les enjeux, et je savais que j’y risquais ma vie, mais je ne pouvais pas rester passive. Je ne pouvais pas rester à attendre. Pourquoi ? Pour des gens comme Holly, qui se laissaient sombrer de façon fatale. Pour ces enfants de onze ans qui avaient contemplé le chaos et la souffrance sans œillères. Pour tous les otages à qui on avait enlevé dignité humaine, pour leur entourage, qui tentaient de réparer les dégâts. Pour Poudlard, qui mourrait à petit feu et courrait à sa perte. On pouvait penser que j’agissais de façon délibérée, mais je savais ce que je devais faire, lutter, et il était hors de question de faire autrement. Et de façon prévisible, il en était de même pour Taylord. Et de façon encore plus prévisible, elle tenta de m’empêcher de la rejoindre, mais elle comme moi savions que ça ne servirait à rien, elle me connaissait et savait que jamais je ne pourrais rester ici. Son visage disparut à la vitesse de l’éclair se mêlant à d’autes visages et corps qui se bousculaient, les gens s’empoignaient, se poussaient, et c’était un véritable flot humain qui se déversait. Je l’avais complètement perdue de vue, et je cherchais des yeux quelqu’un que je connaissais. Soudainement, je pensais à Scarlett, bien sûr je ne voulais surtout pas qu’elle vienne, je ne voulais pas qu’elle prenne de risques, mais comment aurais-je pu la blâmer pour défendre Poudlard comme je le faisais ? L’adrénaline montait, mais en même temps, j’étais terrifiée, et deux secondes après, je me mêlais à la foule.

Il était absolument impossible de respirer, et sans le vouloir, la foule était violente, nous étions presque tous unis par ce désir de nous venger, mais il n’y avait pas de pitié dans l’excitation du moment, ceux qui tombent se font piétiner. Les gens se donnaient des coups, s’agitaient, et moi j’étais au milieu et je commençais à manquer d’air. Je criais le prénom de Taylord mais elle ne me répondait pas, il y avait un tel vacarme qui empêchait toute progression. Dans le couloir, je sentis un choc qui m’envoya contre le mur, j’avais toujours aussi chaud, j’avais peur, et j’étais complètement déboussolée. Et quand bien même l’aurais-je voulu, une marche arrière était utopique… Soudain, j’entendis une voix masculine bien connue, c’était celle de Chuck Carlton, qui tenait une fille tout contre lui, il avait des phrases confuses, les joues rouges et les yeux injectés de sang, il parlait à…Taylord. Il était hors de lui-même clairement. Je me frayais un passage à grands coups de coude pendant qu’on hurlait partout autour de moi, et arrivais à leur hauteur, soulagée de les avoir trouvé tout en sachant que la bataille ne faisait que commencer.


- Haruhi?! Mais barre-toi toi aussi! Emmène la au dortoir!

Je pouvais le comprendre…Il avait peur pour nous comme on avait peur pour nos amis, il pensait la même chose que nous tous, on veut se battre nous même mais ceux qu’on aiment ne doivent faire comme nous, ils doivent être préservés. J’aurais fait comme lui à sa place. Mais je savais que je ne lui aurais jamais retourné la chose, lui comme Taylord ou moi ne voulions rester sans rien faire. Il me hurlait dessus dans le feu de l’action, je lui pardonnais, et je sentis sa main agripper la mienne pour l’enlacer avec celle de Taylord. Je lui pardonnais, mais je me devais d’être claire, ferme, et surtout rapide, car la foule devenait de plus en plus grosse et de plus en plus violente.

-Je ne vais pas te le dire deux fois Chuck, tu n’iras pas là-bas tout seul ! On est ensemble, je crois que MOI aussi j’étais dans la résistance, et je ne serais pas PASSIVE, compris ? Je veux aussi qu’ils payent alors hors de question que je dégage !

Je ne pouvais pas être douce, ni faire dans la dentelle, je n’avais pas fait ça pour rien, ils devaient PAYER, payer ! Je serrais davantage la main de Taylord parce que quelque part, ça m’avait toujours fait du bien. Chuck se mentait à lui-même, pour avoir fréquenté Taylord, il était impossible de croire qu’elle allait renoncer. Je tentais d’avancer main dans la main avec elle mais je voyais très bien que notre étreinte était fragile, et je ne voulais pas m’éloigner de Chuck non plus, parce que même si on ne s’était pas vus tant que ça, je tenais à lui et il tenait à Taylord et je savais très bien qu’il n’avait aucune envie de la laisser sans sa protection.

-Tu sais aussi bien que moi qu’elle ne t’écoutera pas, hurlais-je une fois de plus dans sa direction.

Dans cette marée humaine, je ne reconnaissais personne d’autre, et c’était terriblement effrayant. Y-avait-il Lilian ? Megane ? Heather ? Ce qui nous réussissait tous était que nous voulions la fin de cette ère noire, que Sara Wayland reprenne sa place et que tout redevienne comme avant, même si c’était impossible… Et au loin j’aperçus un visage blond, je reconnaissais cet air impétueux…Dan. Avec sa venue, j’étais certaine que Chuck allait encore davantage sortir de ses gonds, c’était son pote aussi…Je l’aimais bien aussi, notre groupe de résistance nous avait forcément soudé. Je n’étais pas étonnée. Il était comme Chuck, Taylord et moi, incapable de faire autrement. Je lâchais pendant quelque temps la main de Taylord pour l’agiter pour qu’il nous remarque, il était foutu s’il était seul. Nous ne voyions carrément plus rien, et je me serrais davantage vers Taylord, comme une petite fille le ferait à sa mère. Scarlett me manquait… Quelle ironie d’être aussi unis alors que la mort pouvait venir nous enlever à tout moment. C’était toujours la même chose, je voulais vivre, mais je voulais avant tout que ceux que j’aime survivent.

Je savais que les professeurs allaient essayer de nous épargner de souffrir, ils avaient été réduits au silence pendant trop longtemps et aimaient Poudlard autant que nous, mais la dernière fois, ils avaient été si impuissants comment être sûre qu’ils mèneraient leur mission à bien, même aidés d’aurors…C’était aussi pour ça que nous étions là, pour leur prêter main forte. Théoriquement, nous avions les cartes en main pour libérer Poudlard de l’égide de Winch et ses sales sbires-j’avais encore le sourire carnassier de Nottingham dans la tête et j’avais envie qu’il souffre comme je souffrais- nous étions plus préparés mais tout le monde le savait, la théorie n’est vraiment pas fiable quand il s’agit de la guerre.

_________________

~~~~~~~~~~


Merci Hannah <3


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Daniel Kelsey
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mer 2 Nov - 18:51

L’hésitation… Contrairement à certains elle m’a habité. Oui j’ai hésité, oui il m’a fallu un peu plus de temps que les autres avant de lever mes fesses de ce fauteuil dans lequel j’étais confortablement assis depuis trois secondes. C’est pas que j’avais pas envie de rater ce que certains pouvaient appeler un spectacle, d’autres un combat, une lutte pour retrouver la liberté qui nous avait été volée. Un instant j’ai repensé à tout ce qui s’était passé le soir où ils avaient détruit une partie de notre vie. Le moment ou ils étaient rentrés dans Poudlard et avaient imposé leurs lois, leurs dictatures, la souffrance dans nos corps, la terreur dans nos âmes. Je me suis rappelé des sortilèges Doloris qui avaient infligé d’horribles cicatrices à certains d’entre nous, du dur contact que mon dos avait eu contre le mur quand Austen m’avait balancé, d‘une limace remontant mon estomac après le sortilège de la mangemort. Je me suis souvenu de tout ce que nous avions subi, du visage des personnes qui avaient le plus souffert lors de cette tyrannie de Sacha Winch, des élèves, juste des élèves. Ça devait bien faire une minute, mais une minute qui avait duré un siècle, un millénaire dans ma tête, que Chuck avait jailli de son siège, ce qui ne m’étonna pas, une envie de vengeance brûlait en lui depuis l’attaque, j’avais bien du voir la moitié des Gryffondor passer devant mes yeux légèrement éteints, une bonne partie allant se battre, lorsque j’ai décidé de bouger mon cul. L’heure avait sonné.

Ça avait été une journée comme les autres depuis l’arrivée des mangemorts. Chiante, terrifiante, comme d’habitude j’avais fait gaffe ou je m’étais les pieds, j’avais ravalé des traditionnels insultes contre un connard de Serpentard quand un mangemort passait à côté de moi. J’avais soigneusement fait attention à éviter mon ancienne bourreau, à peu près le seul domaine dans lequel je m’en sortais bien… Mes moyennes s’étaient cassées la gueule depuis la prise d’otage, je parvenais pas à travailler, mais qui pouvait ? J’ai traîné des pieds pour aller au repas du soir, étant encore plus dégouter lorsque j’ai remarqué qu’il y avait des carottes râpées à manger, comme le soir où les mangemorts sont devenus les maîtres des lieux. J’ai difficilement ingurgiter mon diner, la boule au ventre qui avait fait son apparition le soir de la prise d’otage ne m’avait pas quitté, j’avais du perdre des kilos, je le sentais quand je voyais mon visage émacié dans le miroir le matin en me levant, les cernes n’aidaient pas.

J’étais remonté dans la salle commune après ce repas dégueulasse, sur le chemin de mon fauteuil qui était devenu mon fauteuil attitré j’ai fait un High Five à Chuck. Depuis notre rencontre dans les chiottes nous étions beaucoup plus proches qu’avant, je pouvais tout lui dire, et je savais que c’était réciproque. L’avantage de mon fauteuil c’était que je pouvais voir tout ce qui se passait dans la salle, en étant légèrement en retrait. Chuck qui jouait aux cartes, Haruhi et Taylord l’une contre l’autre, symbole de l’amitié parfaite, une amitié que rien n’allait briser. D’assis, je suis passé à affalé, j’étais claqué, et je savais que j’allais passer une nuit merdique, que si je dormais j’allais me réveiller encore plus fatigué que la veille, et que le lendemain, comme tous les autres, allait être merdique.

C’est à ce moment que la nouvelle, balancée par un mec qui était dans le même état que devait être le coureur qui avait annoncé la victoire de Marathon, me fit l’effet d’un seau d’eau glacée en pleine figure. Des aurors dans le château, des professeurs qui en avaient assez de se faire marcher sur les pieds par ces putains de mangemort, bref, l’affrontement avait commencé. Nous pouvions gagner, nous pouvions perdre, mais nous devions nous battre.

Pendant cette fameuse minute d’hésitation j’ai cru revoir le même bordel qu’il y avait eu lors de l’attaque des mangemorts, les mêmes cris, les mêmes bousculades, les mêmes petits cons qui sans s’en rendre compte faisaient tomber les autres, mais il y avait une différence, il n’y avait plus de larmes, plus de pleurs en tout cas pas dans notre salle commune. Si j’ai réussi à voir Chuck bondir de son fauteuil, c’était un coup de chance, il avait été le premier à bouger, s’il était un coureur du cent mètres on aurait pu croire à un faux départ, mais après c’était un bordel pas possible, impossible de distinguer qui était qui. De toute façon j’étais trop paralysé, entrain de me demander ce que je devais faire pour vérifier si cette brune était belle et bien Taylord.

Cette minute d’hésitation me permit de sortir de la salle commune sans trop avoir à jouer des coudes, la majeure partie des élèves ayant déjà fait leurs choix, rester dans les dortoirs, ou bien se battre. J’ai commencé à courir, écartant ceux qui barrait mon chemin, et c’est à ce moment que j’ai vu la foule. Le nombre d’élèves revanchards étaient réellement impressionnant. Ils étaient si nombreux qu’ils bloquaient l’escalier, et, con que je suis, après un moment d’hésitation, appuyé contre la rambarde j’ai décidé d’en prendre un autre, mais pour le suivant il fallait marcher. Je n’avais pas envie de revivre le même cauchemar que j’avais vécu la dernière fois, tombant et me faisant piétiner par une foule en terreur.

Alors que j’allais vers un autre escalier, j’ai heurté un Serpentard au détour d’un couloir. Le choc fut brutal, le pain qu’il m’envoya immédiatement dans la figure le fut aussi. J’ai senti ses phalanges craquer contre mon nez qui fit de même, et même explosa sous l’impact. Différentes nuances de douleurs s’emparèrent de mon corps alors que je m’effondrais sur le sol poussant un gémissement. J’ai entendu un petit rire goguenard du Serpentard. Je ne m’attendais vraiment pas à en rencontrer si tôt. Je l’ai vu sortir sa baguette, la pointant sur moi, et je me doutais que c’était pas pour me réparer mon nez cassé. On sentait qu’il prenait plaisir à me dominer, et ce plaisir dura un peu trop longtemps. Un sortilège venu de nulle part heurta sa poitrine, et le Serpentard fut expédié au loin. Je me suis relevé du mieux que j’ai pu et j’ai vu mon bon samaritain s’enfuir au loin, impossible de savoir qui c’était.

Je suis retourné sur mes pas, l’escalier était vide, mais je pouvais apercevoir les couloirs du rez-de-chaussée noir de monde. J’ai dévalé les marches, essayant de ne pas me casser la gueule, essuyant un coup de temps en temps mon nez dégoulinant de sang.


- Merde…

C’est à ce moment que je les ai vus. Impossible de les rater, Chuck en pétard comme je l’avais rarement vu, secouant Taylord comme un prunier, une Taylord qui avait l’air un peu perdu sous les cris du mister Gryffondor mais revancharde, et pour finir Haruhi prête à tout, et surtout à en découdre. Je me suis frayé difficilement un chemin à travers tout ce monde, mon nez continuait de pisser le sang. C'était difficile d'aller ou on voulait au milieu de cette foule déchaînée. En voulant aller à droite on allait à gauche, et vice versa. Par moment j'étais proche d'eux mais une vague m'empêchait des les rejoindre. On se donnait des coups d'épaules, de coudes, on se marchait sur les pieds, si quelqu'un se cassait la gueule il pouvait faire ses prières. Finalement j’ai réussi à rejoindre le petit groupe. C’était la folie autour de nous quatre. J’ai posé ma main dans le dos d’un Chuck furibond.

- Te trompes pas d’ennemi mec ! On est avec toi !

Je n’osais imaginer sa réaction quand il allait se rendre compte que c’était moi qui lui disait ça. D’ailleurs ça me faisait bizarre de lui dire ces mots, ordinairement c’était un peu moi le sang chaud.

- On veut, et on VA tous se battre. Tu n’es pas seul.


Épongeant une dernière fois mon nez, j’ai sorti ma baguette. J’en avais assez d’être la victime, j’en avais assez de fermer ma gueule, j’en avais assez de devoir me planquer afin d’éviter de souffrir, j’en avais assez de voir les autres morfler et j’étais certain qu’il en était de même pour Taylord, Haruhi et Chuck. Les mangemorts allaient voir qui nous étions, ils allaient découvrir notre vraie visage.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Jeu 3 Nov - 17:38

J'essayai de les pousser devant pour avoir un peu plus de place, mais ca ne servait pas à grand chose puisqu'il y en avait tout autant qui arrivait derrière et qui se fichait bien de regarder leurs pieds. C'était comme un jour de foire au bétail où un enclos aurait cédé, laissant l'opportunité aux taureaux et aux vaches de fuir le plus vite possible avant de se faire rattraper par les propriétaires. C'était du chacun pour soi dans ces cas là, cela se résumait seulement et uniquement à survivre. Le reste ? On verrait plus tard, ce n'était pas à l'ordre du jour pour le moment. L'instinct surmontait tout le reste et c'était aussi ce sentiment qui s'était emparé de mon corps; je plaquai mes bras sur ma tête et mon visage pour les protéger. En plus de ne rien entendre à cause du flot continu qui avançait toujours, j'étais à présent aveugle.

L'instant suivant je me sentais relevée d'un coup par une force invisible, par qui par quoi, comment, c'était une bonne question. De peur, je gardai les yeux fermés et m'y accrochai avec vigueur, mais c'était sûrement la dernière chose à faire car comme une poupée de chiffon, je sentais mon dos se coller un peu trop vivement contre le mur. De nouveau par réflexe, je me raidissais et laissai mes paupières closes; cette fois j'allais vraiment me faire cogner et l'impossibilité de faire le moindre geste ne me laissait aucun moyen de me défendre. Je toussai, à moitié étouffée par mes cheveux avant d'en être cette fois encore débarrassé brusquement. Je m'y risquai enfin et rouvrais les yeux pour me retrouver nez à nez avec Chuck.

Je l'observai pendant quelques secondes -mais ca ressemblait plus à une éternité- à bout de souffle et à court de mots, un peu effrayée. Cela faisait des semaines que nous ne nous étions pas adressé la parole, alors ca me faisait bizarre de le voir si près tout à coup, et surtout sans y être préparée. Il s'en était passé des choses en quelques semaines. Mon coeur s'était emballé, mais je n'avais pas le temps de me remettre de mes émotions car déjà, je tentais de me débattre pour essayer de lui échapper en lui ordonnant d'arrêter immédiatement, mais sans succès.


- Qu'est-ce que tu fous là, putain, Taylord?!

Je retrouvai mon énergie instantanément et le dévisageai avec un air mauvais. Elle était bien bonne celle là !

- Pardon ?! A ton avis ?! Laisse moi !


Je m'agitai de nouveau dans tout les sens, en colère parce que j'étais en train de perdre inutilement du temps, alors que tout ce pour quoi je me battais tout les jours était à peine un peu plus bas. Je n'arrivais même pas à distinguer à quel étage nous nous trouvions et si nous étions près du hall. D'un coup d'épaule violent, je parvenais presque enfin à libérer mon bras droit.


- Tu n'es pas neutre, tu n'es pas neutre!

Comme si c'était aussi le moment d'être perspicace ! Voilà pourquoi je n'avais jamais parlé de mes intentions à personne, pour qu'on ne me bloque ma route pendant mon entreprise. Il en était hors de question, cette fois, je touchai au but et je n'allais pas bêtement me laisser ralentir ! Bien sûr, comme il était au courant de mon histoire, il avait tout de suite deviné.

- Et alors ?! Ils le sont peut être, eux ?! Je te dis de me lâcher ! M'emportai-je de nouveau. C'était la meilleure !

Je tapai à plusieurs reprise dans son épaule avec le même poing que j'avais utilisé tout à l'heure -et qui me faisait encore tout aussi mal-, mais tant pis, j'étais au bord de la crise de nerfs et rester ici n'arrangeait pas les choses. Cette fois je n'allais pas attendre et regarder sans rien faire, non, certainement pas ! Je m'arrêtai un instant pour pointer ma baguette magique vers lui.

- Je te préviens Charles que si tu ne me lâches pas, je t'attaque, répliquai-je de nouveau avec un calme menaçant.

Avec un peu de chance, si je l'énervai suffisamment lui aussi, il me foutrait enfin la paix pour que je puisse fuir. Je frappai plus fort mais n'arrivais à rien, serrai les dents pour ne pas exploser, mais aussi presque prête à m'avouer vaincue. J'étais tellement tremblante de colère que je n'arrivais même pas à me défendre. Ce n'est qu'au moment où il me poussait un peu plus loin que mes neurones se connectaient, réalisant aussi qu'il n'allait pas gentiment attendre que l'orage passe. C'était mon tour de m'accrocher essayant par tout les moyens de le retenir, parce qu'il était trop bête et qu'il ne s'en rendait même pas compte, et que moi, je me rendais justement compte que je ne voulais surtout pas qu'il lui arrive quelque chose.

Ce n'était que lorsqu'il prononçait son nom que je tournai la tête, pour apercevoir Haruhi tout à côté de moi. Abasourdis, mes yeux s'agrandissaient en la voyant; bien sûr, elle non plus elle ne m'avait pas écouté et je regrettai à présent de ne pas avoir pris le temps de la convaincre. Je sentais que la situation était déjà en train de m'échapper et le temps d'avoir la main de mon amie dans la mienne, Chuck avait déjà à moitié disparu. Agrippant les doigts de la japonaise, je cherchai dans ses yeux la solution, même si dans ma tête elle était déjà toute trouvée. D'ailleurs, il en était de même pour elle puisqu'elle défendait son cas à son tour vivement son cas. Une partie de moi avait envie de la supplier de battre en retraite, mais une autre savait que c'était inutile à présent et qu'elle n'aurait que faire de mes conseils. Ma colère avait cédé sa place à la terreur et à la panique, de crainte qu'il puisse arriver quelque chose à qui que ce soit. Ce n'était pas un jeu.
C'était soit ma vengeance personnelle, soit m'assurer que tout le monde aille bien.

-Tu sais aussi bien que moi qu’elle ne t’écoutera pas.


Je ne prenais même pas le temps de la réflexion car ma décision était prise. Tant pis si je ne pouvais pas obtenir gain de cause ce soir et j'espérai que ma famille me pardonnerait. Mais je devais avant tout prendre soin des vivants. Haruhi à mes côtés et prenant garde de ne pas la perdre, je m'enfonçai de nouveau dans la foule car j'avais finalement réussi à repérer Daniel qui avait rejoint Chuck, qui n'était pas si loin que ca.

Je soufflai un bon coup pour ne pas laisser s'échapper le peu de sang froid qu'il me restait et me plaçai entre les deux garçons pour prévoir d'éventuels coups perdus. Avec des impulsifs pareils, on était jamais trop prudent et ce n'était pas le moment d'être amoché avant même d'avoir commencé la bataille. Ce que n'avais pas l'air d'avoir saisi Daniel d'ailleurs.

- Qu'est-ce que tu as fait ?!
Réprimandai-je sévèrement en désignant son visage ensanglanté. Sans attendre de réponse, je pointai ma baguette sur son nez pour prononcer la formule magique nécessaire pour arranger tout ça. Ce n'est pas le moment.

Je secouai la tête avec exaspération, parce que rien n'était en train de se passer comme je l'avais prévu. Il ne fallait surtout pas rester là, en plein milieu, à ne rien faire, et comme pour confirmer mes pensées je me faisais une fois de plus bousculer sur le côté par un énième surexcité qui ne prêtait attention qu'à ce qu'il se passait devant lui.

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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Ven 4 Nov - 18:02

J'avais beau être hors de moi et voir rouge, j'avais beau ne penser qu'à cette vengeance, enfin, j'avais beau faire croire qu'on pouvait y arriver sans eux, au fond de moi, je savais pertinemment que je ne pouvais pas à la fois espérer la victoire et épargner tous mes amis. Il y avait quelque chose de stupide dans mon geste de les mettre à l'écart alors que j'étais prêt à me jeter tout entier dans la bataille sans hésiter. Je le savais. Mais de la même manière que cette colère était plus forte que moi, toutes mes émotions se mélangeaient à l'intérieur de moi et faisait comme une bombe artisanale qui explosait continuellement dans mes veines. Je voulais tout et son contraire, je voulais tuer tout le monde et sauver tout le monde, je voulais me battre et qu'on en finisse.

- Et alors ?! Ils le sont peut être, eux ?! Je te dis de me lâcher !

Il n'y avait pas le temps d'argumenter. Taylord savait comme moi qu'on était bien trop forts tous les deux à ce jeu-là pour qu'on s'y lance. Mais j'étais tellement en colère, et elle aussi, et ça risquait plus de se transformer en véritable baston qu'autre chose. Il y avait dans les yeux de Taylord quelque chose que je ne lui avais vu. Et pourtant je pouvais me vanter de l'avoir exaspérée. Mais là, c'était l'enfer qui brûlait dans le brun de ses yeux, et quand je le remarquai, ça me donna les pétoches. La peur doublée de la colère ne font vraiment pas bon ménage. Je compris : Taylord se battrait quoi qu'il arrive, elle ne se laisserait jamais enfermer - et pourtant, j'en étais capable - parce qu'elle voulait enfin les faire payer pour tout ce qui lui avais fait. C'était une attitude complètement suicidaire. Et elle le savait. C'était ça le pire. Putain, elle avait aussi peu d'espoir que ça?!

Je fermai les yeux sous le coup de cette atroce nouvelle. Je ne pouvais rien y faire, c'était encore pire. Je comprenais le désir de vengeance, le désir sanglant de réparer les injustices. C'était un truc viscéral, qui bouffait, jusqu'au jour où on avait ce fameux flingue entre les mains. Je ne pouvais pas lui enlever, je n'en avais pas le droit, aussi fort que je le voulais. Merde.


- Je te préviens Charles que si tu ne me lâches pas, je t'attaque.

Elle s'était transformée en une espèce de furie échevelée au regard fou; elle ne me faisait pas peur, mais je savais qu'elle avait sauté le pas sans hésiter, elle avait appuyé sur la gâchette.

J'étais à deux doigts de la supplier. Mais à quoi bon se battre?... Je tentai un dernier essai, profitant de l'arrivée d'Haruhi, tentant de réfléchir malgré la folie et la rapidité de ce qui se passait autour de nous. J'eus l'impression de me prendre une énorme claque, peut-être parce qu'elle m'avait appelé sèchement par mon prénom alors qu'elle ne le faisait jamais - et que jamais personne ne m'appelait ainsi - ou peut-être à cause de son ton, plus dur que jamais.


-Je ne vais pas te le dire deux fois Chuck, tu n’iras pas là-bas tout seul ! On est ensemble, je crois que MOI aussi j’étais dans la résistance, et je ne serais pas PASSIVE, compris ? Je veux aussi qu’ils payent alors hors de question que je dégage !

- Te trompes pas d’ennemi mec ! On est avec toi !


Je me retournai; Dan venait d'arriver. Putain, un de plus. D'accord, d'accord.

Je m'arrêtai un instant de gueuler contre Taylord et Haruhi. Elles se tenaient la main et l'une me lançait des regards haineux tandis que l'autre essayait de me convaincre gentiment mais fermement. Je n'étais pas convaincu, mais ok, je n'avais pas le choix. Message reçu. Ça ne servait à rien. Autant se focaliser sur ceux qui méritaient vraiment nos cris et nos coups. Ma tempe se mit à bourdonner de plus belle tandis que je tentai de reprendre peu à peu mes esprits. Je me passai une main sur le visage et grimaçai - je sentais ma peau tendue et gonflée, et rien que d'effleurer l'ecchymose me fit un mal de chien.


- Ouais, ouais... marmonnai-je sans trop de conviction mais d'un ton un peu blasé, histoire de leur faire comprendre que le sujet était clos. Je ne m'étais jamais rendu compte qu'il pouvait y avoir autant de bruit dans le hall. Pourtant, quand on sortait des repas, on ne pouvait pas dire qu'on était très silencieux. Mais là, plus ça allait, plus les gens criaient, plus les gens s'appelaient, se cherchaient, les adultes essayaient de crier plus fort que tout le monde, et si quelqu'un s'était retrouvé parachuté ici, il n'aurait rien compris à rien. Le flot qui m'avait emporté avait un peu cessé; maintenant tout n'était qu'une masse grouillante qui bougeait dans tous les sens, il n'y avait plus de logique, ou plutôt, chacun suivait sa propre logique et le tout formait un vaste bordel. Tout le monde avait peur et tout le monde s'attendait au pire; mais au fond, ceux qui étaient là espéraient le meilleur. Je ressentais une étrange unité entre nous, comme si nous étions tous liés par quelque chose d'invisible.


- On veut, et on VA tous se battre. Tu n’es pas seul, dit Dan en confirmant étrangement la remarque je venais de me faire mentalement. Je me rendis compte alors que son visage était plein de sang; il avait le nez abîmé apparemment, et vu le pain que je m'étais pris dans la gueule, je me dis qu'il avait dû être victime d'un coup perdu comme moi.

- Alors, on reste tous ensemble, dis-je d'une voix forte et d'un ton qui n'attendait pas de contradiction. Je regardai alternativement Dan et Haruhi, tout en évitant soigneusement et malgré moi le regard de Taylord. Mes nerfs se crispaient encore plus rien que d'y penser. Je ne voulais plus voir son regard d'inconsciente prête à se sacrifier. J'aurais préféré qu'elle soit lâche et reste à trembler dans les dortoirs - même si d'un autre côté j'étais fier d'elle en un sens. Malgré que les Mangemorts l'aient torturé, elle n'avait pas hésité une seconde et risquait d'autant plus d'être la cible de leurs attaques.

J'étais plutôt content que Dan soit avec moi. Il était de ceux que je comptai dans mes meilleurs potes et je savais que je pouvais compter sur lui quoi qu'il arrive. Ça me rassurait un peu qu'il se batte à mes côtés non seulement parce qu'il m'aiderait à veiller sur les autres, mais parce que je pouvais par la même occasion veiller sur lui. C'était comme Haruhi, et Taylord, il avait subi la violence des Mangemorts et ce simple et désagréable souvenir m'obligeait à m'inquiéter pour eux et à les protéger.

Ce qui s'avérait par la même occasion être une aiguille dans ma godasse, car je savais pertinemment qu'on ne se bat jamais mieux que quand on est seul. Il suffisait qu'un de mes amis soit menacés et il n'y avait pas à réfléchir, je rendais les armes. Je préférais crever plutôt que de les voir crever. Ce qui, si on mettait mes idées bout à bout, défonçait complètement mes intentions premières, car ce que je voulais, ce qui faisait battre mon cœur, c'était les buter ces fils de chien, les foutre hors de Poudlard où ils n'auraient jamais du mettre les pieds, d'ailleurs. Je faisais comment, moi, du coup? Mon petit frère me disait souvent que je ne savais pas ce que je voulais vraiment. D'ordinaire je lui mettais une baffe car ses remarques à la con me soulaient, mais il me l'aurait dit en ce moment-même, je n'aurais pas pu nier.

Taylord venait d'arranger le nez de Daniel, qui reprit par la même occasion une forme normale. A les voir tous les trois, je me sentis con, complètement con, parce que j'avais essayé de les dégager alors qu'ils étaient comme moi, et que je n'avais pas le droit de les obliger à quoi que ce soit.

Tout se passa très vite - je vis des gens arriver en courant sur le côté, je vis un autre se déporter dans le sens inverse, je vis deux filles faire un bon de côté pour éviter la collision, je vis un mec poussé et emporté par son élan manquer de se casser la gueule et percuter Taylord sur le côté. J'eus juste une fraction de seconde d'avance pour la rattraper tant bien que mal, une nouvelle fois, je la saisis par la taille alors qu'elle tombait en arrière. Évidement, avec un gabarit comme le sien, dans ce genre de situation on se fait facilement promener dans tous les sens. Là encore je n'eus que quelques secondes pour réagir mais je la tenais tout contre moi, son dos contre mon torse, et je respirais l'odeur de ses cheveux et de son cou et je ressentis un vide intense tout au fond de moi - et si il lui arrivait quelque chose? Il m'était tellement impossible de m'éviter de penser à sa sécurité que je compris qu'il me faudrait réfléchir plus longuement sur le sujet. J'hésitai avant de la relâcher - il ne manquait plus qu'elle m'en colle une, je n'avais pas oublié ses menaces - mais je la serrai un peu plus, et lui murmurai à l'oreille des paroles qu'elle seule pouvait entendre - la scène entière n'avait pas duré plus d'une dizaine de secondes :


- Fais attention, s'il te plaît...

Je la lâchai à regrets avant d'empoigner à nouveau ma baguette magique. Je leur fis signe à tous les trois, tout en tentant de voir à travers la foule ce qui se passait au centre de la salle.

- On aura plus de chances en unissant nos forces. Ok? C'était une manière de m'assurer que tout le monde veillait sur tout le monde. Je me mis à avancer, essayant de tracer un chemin dans ce bordel sans nom.

[J'ai pas voulu faire trop avancer l'histoire, j'attends que l'intrigue générale se précise plus ]

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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Lun 7 Nov - 21:56

C’était maintenant que je le réalisais ; comment avais-je pu tenir dans ce monde où nous étions tous brimés ? Bien sûr, j’y étais contrainte et forcée, mais une pensée persistait, j’avais fini par me laisser emporter, comme une feuille sur un ruisseau qu’emmène le courant, et finalement, comme tant de choses, l’espoir qu’un jour Poudlard soit débarrassé des partisans du mage noir avait été terni. Au fond, il y avait toujours cette envie primitive de vengeance, toujours là, mais maintenant, elle jaillissait et était trop forte pour qu’on la contienne. On nous offrait nos bourreaux, ils étaient tout près, alors comment résister ? Nous ne voulions que le meilleur pour Poudlard et les élèves en son sein. Il ne fallait pas espérer de nous que nous soyons raisonnables. Nous n’étions certainement pas faits pour être en cage, nous avions besoin de notre liberté, de notre insouciance et jeunesse aussi, mais j’avais définitivement perdu ces deux notions-là. Mais la liberté était là, et j’étais prête à me battre pour l’obtenir, l’occasion était trop belle.

Certes, je tremblais de peur, mais comment faire autrement ? C’était nerveux. La dernière fois que j’avais croisé le regard d’un Mangemort, je préférais oublier dans quel état on m’avait retrouvé. Le plus étrange, c’est que j’en arrivais presque à avoir peur de moi-même, j’avais peur de me laisser emporter par un tourbillon de haine et de rage. Revoir leurs visages, leurs visages inhumains, je ne savais pas comment j’allais réagir. Et je savais que mon tempérament pouvait me pousser à commettre des actes dangereux, et je savais que les trois autres qui m’entouraient avaient autant le sang chaud que moi, et j’étais sûre qu’ils se posaient la même question, pourraient-ils résister à l’instinct féroce de les faire payer de leurs actes ? Il n’y avait pas de mots pour évoquer le dégoût qu’ils m’inspiraient, et rien que les voir sourire, oser sourire alors qu’ils avaient brisés des vies comme si elles étaient des brins de paille, ça me donnait envie de vomir. C’était toujours la même chose, contraste entre raison et sentiments, comme quoi on revenait toujours aux mêmes dilemmes. Mais la réflexion n’avait pas sa place. Elle ne l’avait plus.

Tout près de moi encore, il y avait Taylord. Moi qui avais envié sa maîtrise d’elle-même, je la voyais sortir de ses gonds, mais je pouvais la comprendre, comment Chuck pouvait-il penser sérieusement qu’elle irait se tirer là-haut en attendant gentiment que les autres se battent à sa place ? Cela relevait du délire. Dans la vitesse du moment, je n’avais pas remarqué le visage endolori de Daniel. Ce n’était pas difficile à deviner. Je n’étais pas naïve, bien sûr qu’il y avait des gens qui soutenaient le Seigneur des Ténèbres, aussi malsaine l’idée soit-elle. Visiblement, certains ne pouvaient pas s’empêcher de se défouler contre des innocents. Cette idée me dégoûtait encore plus, et je ne voulais pas, car plus ma rage montait, plus je devenais incontrôlable.


On veut, et on VA tous se battre. Tu n’es pas seul, lâcha Daniel, sagement. J’avouais que je l’avais toujours vu comme nous tous, quelqu’un qui ne se perdait en discussions et tranchait dans le vif du sujet. J’eus presque honte de nous, depuis tout à l’heure, Chuck, Taylord et moi nous perdions en règlements de compte et hausse de tons. Pourtant, je pensais exactement comme, les grandes batailles ne sont pas faites pour être menées en solitaire, il est bien plus judicieux d’additionner les forces.

Alors, on reste tous ensemble, finit par avouer Chuck, forcément résigné. On dit toujours que c’est dans les situations les plus noires qu’on voit combien les gens tiennent à nous. Même si mon attachement à Taylord était plus fort que celui qui me liait aux deux garçons, je voulais qu’ils restent avec nous. Taylord avait beau être une sorcière des plus brillantes, il y avait toujours une petite voix dans ma tête qui me disait qu’il s’en était fallu de peu pour que nous y laissions notre vie la dernière fois. Je n’avais pas su la sauver, et je m’en voulais encore, on avait beau me dire que je ne pouvais rien faire, que leurs pouvoirs étaient démesurés face aux miens, je m’en fichais ; j’avais été plus impuissante que jamais. Je ne voulais pas risquer ça à nouveau. Je savais que la protection de Dan et de Chuck ne serait pas en trop. Et pour la première fois, je souris, un minuscule sourire adressé à Taylord, parce qu’enfin j’osais un peu croire que nous pourrions y arriver. Je serrais ma main encore plus fort avec la sienne, c’était idiot, mais comme ça, j’avais l’impression qu’elle ne m’échappait plus.

Cette fois, on va gagner, tu vas voir, fis-je en murmurant, juste pour lui dire que cette fois, les Mangemorts ne nous écraseraient pas comme la dernière fois, Poudlard était là pour leur résister. Ils n’étaient pas chez eux, ils ne le seraient jamais, et comme ils étaient des intrus, il était venu le temps de les chasser. Avec ça, j’en avais oublié la foule qui nous entourait, étouffante et qui augmentait de secondes en secondes. Le violent coup que je reçus dans les côtes me le rappela immédiatement. Il y eut trois secondes. Trois secondes où mon cœur se mit à battre à une vitesse démesurée. Deux issues, soit je tombais et j’étais fichue, soit j’arrivais à me rattraper, ce qui avait un pourcent de chances d’arriver. Fort heureusement pour moi, Daniel venait de se rapprocher, et je me rattrapais maladroitement à son épaule. Et heureusement pour Taylord, Chuck lui avait sauvé la mise. J’en avais assez de ce bordel. Les gens hurlaient, poussaient, et n’avaient aucun scrupules.

-Mais merde, vous allez comprendre quand qu’on veut tous la même chose ?! hurlais-je à la foule, sachant évidemment que personne ne m’avait entendue. On avait beau crier, c’était comme un petit grain de sable parmi un millier d’autres, invisible. Je détestais ça, je détestais quand je n’arrivais pas à mobiliser mes capacités et me concentrer.

- On aura plus de chances en unissant nos forces. Ok? Et ça m’agaçait d’autant plus de voir que Chuck et Dan arrivaient à se donner un semblant de calme, alors que moi, j’avais juste envie de dire à tous les autres qu’ils faisaient mal les choses, que ce vacarme ne nous avançait à rien, et que ça allait tout faire foirer s’ils continuaient. J’acquiesçais silencieusement à la remarque de Chuck. La main de Taylord toujours dans la mienne, je suivais méticuleusement le passage que Chuck nous traçait. Autant me faire guider, si j’agissais de mon propre chef, j’allais droit dans le mur.

Evidemment, je ne voyais rien. Il y avait toujours autant de gens autour de nous, comme une marée infinie. Tout ça se faisait si vite…Pourtant, je devinais ce qu’il se passait là-bas. La Grande Salle était étrangement calme, les assauts n’avaient pas encore commencé. Je pouvais aussi deviner les expressions qu’il y aurait sur les visages de nos professeurs, un mélange de crainte naturelle et en même temps de fierté. Ils devaient penser qu’on se jetait dans la gueule du lion, mais ils avaient inévitablement besoin d’aide.


-Promettez-moi…quand on sera là-bas, ne vous laissez pas trop aveugler par votre colère, alors que je savais que ça allait m’arriver. Mais j’étais forcée de le dire, je préférais prendre des précautions, si je venais à les perdre, cela paraissait complètement aberrant, mais il fallait penser à cette éventualité, jamais je ne pourrais me le pardonner. Alors je fermais les yeux, quelques secondes, me serrant entre eux trois, comme si rien d’autre n’existait et que nous allions forcément remporter la bataille. Le moment allait arriver, nous allions devoir lutter. Autant rêver maintenant, car c’était peut-être la dernière fois que nous y avions droit.

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Daniel Kelsey
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Lun 14 Nov - 19:13

C’était un tel bordel… Impossible de dire ça autrement. Je me rappelais encore très bien comment les choses la dernière fois s’étaient déroulées. Qu’est-ce qui avait fait qu’on s’était fait botté le cul ? Le désordre. L’envie de se casser. Le fait qu’on était tous que des gamins après tout. Cette fois ce qui était sûr c’est qu’une bonne majorité de personnes n’allait pas se casser, nous étions même prêts à régler enfin nos comptes, de prendre notre revanche. Ils nous avaient remis à notre place, petits étudiants que nous étions encore, nous allions en faire de même. Il fallait les virer de Poudlard. Pourquoi ? Parce qu’on en avait tous assez d’en bouffer, cette tyrannie devait prendre fin. Les mangemorts allaient voir quel était le vrai visage de Poudlard. Une école prête à se révolter. Je me suis rendu compte à quel point nous étions insouciants. Dans cette foule, qui à mes yeux, allait moins vite je pouvais identifier le visage de plusieurs personnes que j’avais déjà croisé, parlé, avec qui j’étais assis, avec qui je m’étais tapé des gros délires. Des septièmes, des sixièmes années, mais il n’y avait pas que les vieux de la vieilles, il y avait des jeunes, des gamins encore, peut être des secondes année, leurs joues encore un peu gonflées que l’on a tous lorsqu’on est gosse, mais sur ces mêmes visages régnaient les mêmes émotions qui nous habitaient, Taylord, Haru, Chuck et moi. Cette envie d’en découdre, de casser la gueule à ceux qui nous avaient démoli lors de l’attaque.

Le problème était que cette envie qui nous guidait tous vers la Grande Salle, où à l’oreille on pouvait remarquer que les combats avaient déjà commencé, et bien cette envie se retournait légèrement contre nous quatre à ce moment. Impossible pour notre petit groupe de rester statique, il y avait toujours une épaule qui cognait une autre, un coude qui rentrait dans les côtes, un pied qui marchait sur celui du voisin. Après m’être fait remis à ma place par Taylord qui n’avait pas tout à fait tort sur ce coup là, elle pointa sa baguette sur mon nez. Une intense chaleur m’envahit et en louchant je pouvais remarquer qu’il avait repris sa forme habituelle, j’ai remercié Taylord d’un sourire maladroit. Heureusement qu’elle était là, sa hargne et ses talents allaient nous être utiles.


- Alors, on reste tous ensemble.

Nous étions tous les quatre à se regarder, les yeux dans les yeux, la motivation se lisait en nous. Taylord et Haruhi s’étaient faite démolir par un connard, je me rappelais avoir croisé celle qui m’avait réparé le nez dans l’infirmerie, on avait parlé une nuit de tout ce qui s’était passé. Puis un groupe s’était formé, un groupe d’un mouvement de résistance. On avait pas fait grand-chose, juste un feu d’artifice dans la chambre d’un mangemort, mais cela avait suffit pour resserrer les liens qui nous unissaient. Je me souvenais encore de la joie qui pouvait se lire sur son visage à l’instant ou nous avions allumés les fusées, un grand moment.

Et il y avait Chuck, une autre histoire, je savais la rage qui l’habitait, il ne pouvait pas supporter le fait de n’avoir rien pu faire, assister impuissant à la torture de Lilian, ça le rongeait, il voulait se battre, montrer aux mangemorts qui il était, qu’ils n’allaient pas oublier son nom. Je me suis rendu compte qu’en fait, j’étais celui qui avait le moins souffert lors de l’attaque. Comparé aux autres je m’en étais bien tiré, et je m’en voulais. J’aurais préféré souffrir plus pour permettre à quelqu’un d’autre de souffrir moins, faire quelque chose qui aurait pu permettre à Haruhi et Taylord de revenir dans un état différent, d’éviter la case infirmerie, leur donner du temps. Du temps qui aurait pu leur permettre de se cacher dans les dortoirs, et non pas de se faire torturer par un malade, un dégénéré, un taré de mangemort. J’aurais voulu éviter à Chuck de voir ce qu’avait subi Lilian, empêcher que ces images restent à jamais gravées dans sa mémoire.


- On aura plus de chances en unissant nos forces. Ok?

C’était le signal, le petit groupe se mit en marche et… la foule nous emporta. Des fois je me retrouvais un peu isolé, des fois une main se posait sur mon épaule, celle d’Haruhi, des fois nous étions tous ensemble, regroupés, essayant de progresser ensemble dans cette foule en furie. Haruhi gueula quelque chose qui explosa mes tympans, mais au milieu de tout le vacarme, il m’était impossible de réellement comprendre ce qu’elle venait de crier.

Quelque fois je me retrouvais un peu lâché au milieu de toute cette foule, loin derrière, à d’autres moments je me retrouvais avec Taylord, Haruhi et Chuck, parfois l’un d’entre nous était devant. C’était un bordel pas possible. À un moment ou la foule stagnait légèrement, dû au flux et aux reflux de la marée humaine, j’ai entendu ce que disait Haru.

- Promettez-moi…quand on sera là-bas, ne vous laissez pas trop aveugler par votre colère.

Je l’ai regardé un long moment, et j’ai fini par faire un petit hochement de tête. J’ignorais si j’allais réellement pouvoir en faire ainsi. Il était difficile de promettre après tout ce qui nous était arrivé dernièrement. Je ne connaissais personne qui n’avait pas souffert sous le joug mangemort et qui bien entendu rêvait de le leur faire payer au centuple. Malgré tout il fallait qu’ils sachent qu’ils pouvaient compter sur moi, je ne voulais pas qu’ils souffrent à cause de moi, sur une connerie que j’aurais pu faire.

- Je vais faire de mon mieux.

Il était temps d’avancer, de rentrer dans le combat. Mais plus nous approchions de la Grande Salle, plus la foule devenait compacte, et également confuse. Plusieurs personnes finalement décidaient de rebrousser chemin, comment leur en vouloir ? Ils ne voulaient absolument pas mourir, pas ce jour là. Mais nous parvenions à progresser, jouant des coudes. Je pouvais voir sur les visages de ceux qui m’entourait la détermination, le courage. Nous risquions notre vie, et nous en étions au courant. Il était de plus en plus compliqué de se frayer un chemin au milieu de la vague humaine, les explosions que l’on pouvait percevoir rendaient les pas hésitants, les cris la démarche peu assurée. Nous approchions des portes qui allaient signifier que l’on allait entrer dans la Grande Salle. Mon cœur battait de plus en plus vite, à un rythme que je n’aurais jamais cru possible.

Nous devions être à grosso modo cinq mètres de la salle ou les combats avaient débuté, lorsque j’ai vu surgir une élève qui faisait marche arrière, criant, pleurant, nous suppliant tous de dégager. Elle était plus vieille que moi, et il lui avait sûrement fallu une certaine dose de courage pour qu’elle vienne se battre, mais les blessures que l’on pouvait voir sur son visage la forçait à renoncer. Une grande plaie sur la joue montrait l’âpreté des combats qui régnaient là-bas. J’ai sorti ma baguette, et j’ai jeté un regard à Haruhi, Taylord et Chuck.

- On peut le faire.

J’ai pris une grande inspiration, priant que ce ne soit pas la dernière et je suis entré dans la Grande Salle.

Je venais à peine de faire un pas que je me suis fait tout de suite fauché par un sortilège qui expédia quelques mètres plus loin. J’avais connu pire depuis l’attaque. Mais à ce moment j’ai compris ce que devait ressentir les gladiateurs lorsqu’ils rentraient dans l’arène alors que leurs opposants étaient déjà prêts. Partout il y avait des combats, des duels, ou des batailles de groupes. Les sorts fusaient, volaient dans les airs, les explosions retentissaient, un vacarme assourdissant régnait. Bienvenue en enfer.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mar 15 Nov - 14:58

Tout défilait devant mes yeux, mais j'avais encore du mal à réaliser ce qu'il était en train de se passer. Tout était si réel, mais c'était exactement comme si nous étions dans un rêve et que le simple fait de se pincer le bras suffirait à s'éveiller dans les draps chauds du dortoir. Je ne prenais même pas la peine d'essayer parce que je savais que c'était voué à l'échec et que si c'était un cauchemar, il n'y avait malgré tout aucun moyen d'en sortir. Je ne voulais penser qu'à moi et ce que je voulais faire, mais ça aussi, c'était impossible, parce que je ne pouvais me résoudre à prendre le risque d'abandonner l'un des trois autres, sans savoir ce qu'il allait advenir d'eux. Je voulais leur dire que c'était bête et qu'ils n'avaient aucune raison d'être ici et qu'ils feraient mieux d'attendre un peu plus loin que cette boucherie se termine enfin, mais je savais que ça aussi, c'était une requête in-envisageable à formuler car tout les élèves ici avaient envie de la même chose; une pareille demande, c'était comme de remontrer une rivière à contre courant.

J'évitai de parler pour ne pas m'emporter, même si je n'en pensais pas moins et me contentai à la place de dévisager rapidement Daniel, Haruhi et Chuck chacun leur tour pour dire que j'étais d'accord; mais nous n'avions plus le temps de nous regarder dans le blancs des yeux dans un air sans défi, sans rien faire. Je ne voulais pas les mêler à mes propres problèmes alors que Chuck ordonnait presque que nous n'avions pas le droit de nous séparer, mais tant pis, j'y réfléchirai plus tard. Pour l'heure, ce qu'il fallait, c'était se retrouver au centre du combat.

C'était difficile de tenir sur ses deux pieds sans tomber, et j'avais l'impression que tout le monde me dépassait au moins d'une tête, me donnant l'impression d'être totalement invisible, ce qui eut pour seul effet de m'agacer encore plus. Je me faisais une fois encore pousser et reculai de plusieurs pas en titubant. Ma course fut arrêtée par Chuck. Tout alla si vite, mon rythme cardiaque s'accéléra lorsque je l'entendis chuchoter et chaque partie de mon corps voulu le retenir mais à la place, je restais droite comme un i, un peu perturbée parce qui venait de se produire. Or, c'était loin d'être le moment le plus approprié et j'acquiesçai doucement en poussant un petit soupir contraint et résigné alors qu'il s'éloignait seulement quelques secondes plus tard. Je leur jetai un tous un dernier coup d'œil, parce qu'en plus de la colère, c'était une véritable peur que je ressentais à présent. Je refusai d'envisager un scénario catastrophe même si inconsciemment, j'étais préparée au pire. Mais non, je ne pouvais pas revivre une nouvelle fois, le fait d'être la seule à rester.

J'avais beau ne rien dire, je n'arrivais pas à chasser de mon esprit les images de flammes et de cendres qui s'imposaient à moi depuis que j'étais sortie hors de la salle commune. Ce sentiment d'impuissance si intense, les cris qu'on pousse, mais qu'on entend plus crier, les bras qui vous retiennent; c'était exactement comme si je revoyais le film dont j'avais été l'actrice passive, plusieurs années plus tôt, et ce dont j'étais sûre, c'est que je ne pouvais pas rester sans rien faire les yeux inondés de pleurs parce qu'on m'interdisait d'aller sauver ceux qu'on ne pouvait plus sauver. C'était clair et net, je ne voulais plus jamais connaître, ce profond désespoir, même si le simple fait d'y songer me le faisait ressentir à nouveau. Pas de larmes, plus de larmes, je n'allais pas leur laisser ce plaisir et je n'avais envie que d'une chose : de venger tout ceux, qui d'une manière ou d'une autre avaient été victimes de la folie meurtrière des mangemorts.

Je resserrai un peu plus la main d'Haruhi, la même qui avait été meurtrie quelques mois auparavant et ce que j'espérais le plus, c'était qu'elle n'ait pas à subir tout ça une seconde fois.

- Cette fois, on va gagner, tu vas voir.

Je lui adressai un maigre sourire. C'était la même chose que je voulais mais je n'étais pas dupe pour autant; le peu de raison qui me restait me murmurait sans s'arrêter qu'il y avait beau avoir des aurors en plus, la dernière fois, les mangemorts n'avaient fait qu'une bouchée des professeurs de l'école. Mais sa motivation m'encourageait quand même à y croire, et que l'on parte gagnant ou perdant, la question ne se posait plus : nous devions y aller et c'était seulement ainsi que nous pourrions écrire la fin de l'histoire.

Notre avancée vers la grande salle commença, mais il était bien difficile de rester près des uns et des autres, malgré les efforts et la seule personne que j'arrivais à garder tout contre moi, c'était Haruhi, à qui je refusai de lâcher la main, même si par instants, c'était compliqué de rester liées. Je n'arrêtai pas de lever le menton, dans l'espoir de garder dans mon champ de vision Daniel et Chuck, mais ça ne servait pas à grand chose et ne m'aidait pas à pousser de quelques centimètres comme par enchantement. Malgré ça, je ne pouvais ignorer le mince soulagement lorsque nous fûmes réunis tout près de l'entrée.

-Promettez-moi…quand on sera là-bas, ne vous laissez pas trop aveugler par votre colère.


Il y eut comme ce qu'on pouvait appeler un silence entre nous malgré le bruit ambiant du hall et Daniel fut le premier à répondre. Ses mots étaient d'ailleurs les plus appropriés, même si je savais qu'en demandant ça, mon amie cherchait avant tout à se rassurer. Je n'osais pas la regarder, je ne voulais pas voir l'expression de son visage perdre toute trace de sérénité que lui procurait la possibilité de croire que nous allions vaincre.

- Je ne peux pas faire ça, lui dis-je doucement, mais d'un ton sans réplique, parce que je savais que pour ma part, c'était déjà trop tard.

Dan' nous encouragea une dernière tandis qu'il prenait la tête. Les bruits furent amplifiés d'un coup. Ce n'était plus le moment de se reposer sur ses lauriers ou de parloter avec raison. A contrecœur, je finis par lâcher Haruhi et me jetai à mon tour dans l'arène, posant mes yeux partout pour trouver dans quelle partie de la salle se trouvaient les mangemorts exactement. A côté de moi, Daniel se faisait percuter, je faisais un bond sur le côté pour éviter le sortilège également. Je cherchai à voir dans l'expression de son visage, si oui ou non il allait bien, mon propre air étant affolé. Je m'empressai de jeter un sort qui passa juste au dessus de son épaule parce que quelqu'un de mal attentionné s'apprêtait à l'attaquer à nouveau et fis tout pour me rapprocher au plus vite, manquant de trébucher à plusieurs reprises à cause d'autres personnes qui tombaient à terre.

Je n'eus pas le temps de lui demander quoi que ce soit et s'il allait bien; un éclair traversa la grande pièce et alla percuter le mur d'en face avec violence. De nombreuses personnes s'éparpillèrent pour laisser de l'espace au mangemort qui était à l'origine de ce qui venait de se produire et qui était beaucoup plus près de nous que je ne l'avais imaginé. Il y avait l'air d'avoir un adulte au sol, peut être était-ce un professeur, mais déjà, je n'y pensais plus. Le souffle court j'évaluai la scène du plus vite que mes capacités me le permettaient, observant alternativement Chuck, Haruhi et Daniel, tout en passant par l'homme encapuchonné.
Tant pis.
Ces quelques secondes de pause où tout sembla flotter, car chacun était encore sous le choc, me permirent de m'assurer qu'à trois, ils pouvaient encore s'en sortir. Mon regard défia intensément une dernière fois celui de Chuck car je devinai ses intentions autant qu'il devinait les miennes et je n'allais pas lui laisser l'occasion de me bloquer une nouvelle fois, alors que c'était ma dernière chance et que je n'allai pas la laisser passer.

- Fais pas d'conneries, eus-je l'audace de lui demander en espérant vraiment qu'il m'écoute pour une fois, et regrettant tout ce qui avait pu se produire entre nous depuis le début. C'était trop con, et j'avais envie de le lui dire, et surtout de m'excuser, mais le temps me manquait, peut être même qu'il n'en avait rien à foutre -je préférai ne pas l'imaginer, ça faisait trop mal. La seule chose que je voulais, c'était qu'il ne lui arrive rien. Qu'il n'arrive rien à Dan' et Haruhi.

Alors que le fil de l'attaque reprenait brutalement son cours avec un nouvel assaut, je ne leur permis de réagir et me glissai rapidement au milieu de la foule. Seulement deux ou trois mètres me séparaient de la vengeance que j'avais pris le temps d'imaginer sous toutes ses formes depuis six ans passant de celle plus naïve où l'assassin présumé était jeté en prison parce qu'à l'époque, je n'étais qu'une gosse qui ne savait même pas ce qu'était un mangemort, à une autre, plus intense, où c'était moi et seulement moi qui devait régler cette affaire.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Lun 21 Nov - 16:22

J'avais toujours senti qu'il y avait un potentiel suicidaire dans le courage sans pour autant l'avoir jamais testé; et pourtant je l'avais mis à rude épreuve mon courage, parce que quand on essaye de faire la loi dans sa cité, on ne peut pas avoir froid aux yeux. Le truc c'est que jamais je n'avais connu de bataille de cette ampleur. La magie mettait la barre un cran au dessus. Il ne nous restait plus qu'à mettre nos peurs de côté et foncer dans le tas. Le problème, c'est que si je ne ressentais aucune peur tellement la haine me guidait, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que je fonçais dans le tas AVEC ceux à qui je tenais et à ce moment là je pouvais tout aussi bien me tirer une balle dans le pied. En même temps, je n'avais pas le choix. Alors à moins de continuer à pleurnicher comme une fillette, je n'avais aucune alternative. Cool.

C'était comme si j'étais entré sur l'autoroute et que j'avais enclenché la quatrième. Le bruit avait augmenté, les cris étaient plus stridents, tout allait plus vite, plus vite. On avait joué des coudes dans la foule tant bien que mal et je m'étais fait la remarque que je n'avais jamais autant vu de visages hystériques. On dit que l'alcool fait apparaître le vrai visage des gens; la peur aussi. Je sentais Dan juste à côté de moi et les filles derrière nous. Je préférai éviter de m'appesantir sur l'attitude de Taylord qui ne présageait rien de bon, mais du moment qu'elle restait dans le coin, je pouvais toujours l'assommer un bon coup pour qu'elle ne fasse pas de conneries, dans la folie de ce qui se passait autour de nous, personne n'y verrait rien. Haruhi avait voulu qu'on lui promette une chose impossible - une chose d'ailleurs que nous avions déjà bafouée - mais au moins je me sentais soutenu, parce que je pensais comme elle, parce que je ne voulais pas de martyrs en place publique, pas d'actes inconsidérés. Ces connards je voulais leur mort moi aussi, tout le monde le voulait, mais je ne voulais surtout pas qu'il y ait des kamikazes. Je me sentais invincible tellement j'étais en colère et que mes muscles ne demandaient qu'à se dépenser et à écraser la sale face de ces abrutis, mais les autres n'étaient pas invincibles et j'avais peur pour eux, à chaque instant. Il y avait quelque chose de totalement rassurant dans le fait de se jeter soi-même et seul dans la bataille, mais ça ne s'appliquait pas quand justement d'autres nous accompagnaient.

J'avais juste posé ma main sur les cheveux noirs brillants de la petite japonaise, tout en me faisant la réflexion qu'à côté de moi elle faisait vraiment petite, sans ajouter un mot. Elle avait raison, mais elle savait comme moi que la raison était bien la dernière chose dont on avait à foutre dans des moments pareils.

On essayait de se rassurer les uns les autres, de se protéger les uns les autres, mais au final, tout le monde avait peur, et tout le monde allait se mettre en danger, parce que c'était ça se battre pour une cause qui dépassait tout ce qu'on avait bien pu rencontrer jusque là.


- On peut le faire.

Je fis un signe de la tête pour toute réponse, la mâchoire serrée. Ça ne servait plus à rien de parler et je lançai un regard d'encouragement à Dan avant de rentrer dans la Grande Salle. C'était pire que ce que je m'étais imaginé, parce qu'il y en avait vraiment partout, que tout se passait près de nous, que c'était là, à portée de mains, enfin.

Maintenant qu'on avait appuyé sur la gâchette, c'était le grand moment avant l'impact, c'était la course folle d'une balle lancée à pleine vitesse, c'était un sprint, une dernière respiration avant la chute.

Je ne me rendis pas compte tout de suite que la brutalité des évènements scinda notre petit groupe. Juste à côté de moi il y avait un Mangemort qui venait de se faire désarmer par Sawyer et j'envoyais sa baguette tombée au sol valdinguer plus loin dans la foule d'un bon coup de pied, ce qui permit je crois à Sawyer de maîtriser le mec, mais je n'eus pas le temps de regarder plus longtemps, car Dan se faisait envoyer dans les roses au même instant, alors que je devais me débattre pour ne pas me faire repousser vers le fond par la foule désordonnée. Je poussai un cri d'énervement et envoyai un sortilège en direction du Mangemort qui venait de faire ça à mon pote mais il n'atteignit pas son but et frappa une armure qui tomba à terre; après quoi encore une fois je perdis la suite des évènements de vue. Et puis tout d'un coup j'apperçus Haruhi, qui comme moi tentait de se battre comme elle le pouvait, mais une énorme détonation retentit et me vrilla les tympans, me laissant sourd pendant quelques secondes alors que dans notre petit coin tout le monde s'était figé : un prof venait de tomber, dézingué par le Mangemort qui avait lancé ce sort bruyant, qui avait fait trembler jusqu'aux gros murs en pierres.

J'eus juste le temps, alors que je me demandais dans le court laps de temps que j'avais pour reprendre mes esprits, quelle était la meilleure méthode d'attaque à adopter, de croiser le regard de Taylord, un peu plus loin. Je lus sur ses lèvres plus que je n'entendis ce qu'elle me lança :


- Fais pas d'conneries, dit-elle le regard sérieux comme un pape. Après traduction, sa phrase voulait exactement dire "Chuck, je t'aime bien, mais je vais faire quelque chose de formidablement héroïque et suicidaire parce que je veux enfin venger ma famille de ces fils de chien de Mangemorts, ravie de t'avoir connu". Je le savais, je le savais; je l'avais su dès que je l'avais repêché dans ce bordel, qu'elle était là pour se venger, ce que je comprenais, au péril de sa vie, ce que je comprenais aussi, d'une manière connement téméraire, ce que je trouvais tout de suite plus débile.

Le Mangemort repoussait sans problèmes les élèves qui essayaient de se dresser sur son chemin et marchait vers, j'avais compris, un prof un peu plus loin en prise avec un autre Mangemort. Ben voyons, à deux contre un, c'est tellement plus équitable. Je lançai moi aussi des sortilèges en sa direction mais il les repoussait. J'essayai de me rapprocher; mais au même instant je vis Taylord. Taylord qui avait trouvé le moyen de mettre ses plans à exécution, et qui faisait quoi?, je vous le donne en mille : elle dépassait tout le monde pour se mettre face au Mangemort et lui lancer une remarque bien cinglante avant de tenter de le supprimer - et de se faire buter la gueule comme une vulgaire biche un jour de chasse.


- C'est pas vrai! m'exclamai-je malgré moi, étrangement calme tout d'un coup, tant cette gamine m'excédait à vouloir ouvertement se faire zigouiller sous prétexte de vengeance.

En réalité je crois que la situation avait atteint de tels sommets que la pire chose qui pouvait arriver me laissait de marbre, comme si j'avais juste du nettoyer la tasse de thé que mon petit frère aurait renversé sur la table. Je savais quoi faire sans même réfléchir, c'était automatique. Je filai des coups de coude, enjambai quelqu'un à terre et saisis le poignet de Taylord au vol, l'arrêtant dans sa course folle. Je ne serrai pas, elle avait juste à tirer pour se libérer. Après tout elle était libre de faire ce qu'elle voulait.


- Arrête. C'est du suicide. dis-je simplement, à voix presque basse. Pas de martyrs, j'avais dit. Je la regardai bien droit dans les yeux. Tu m'entends, Taylord? Ça ne mènera à rien. La vengeance ça décuple les forces mais ça rend con. Elle était là la partie suicidaire du courage, dans cette belle action héroïque que voulait accomplir Taylord mais qui était - et elle le savait - sans aucune porte de sortie pour elle. Ce n'était plus le soir de la prise d'otages, les Mangemorts ne voulaient pas juste asseoir leur autorité : ils étaient attaqués et se défendaient, alors, forcément, ils tueraient, je ne voyais pas ce qui pourrait les retenir.

Tout comme au fond je ne pouvais pas la retenir moi-même. A moins de l'assommer, encore une fois. Mais je voulais qu'elle comprenne, qu'elle arrête. Il fallait qu'on retrouve Haruhi, qu'on vérifie que Dan allait bien. Je ne pouvais pas agir correctement si à tout moment elle se mettait elle-même un pistolet sur la tempe.


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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Dim 27 Nov - 17:13

Tout ça était si familier…Les images de l’attaque des Mangemorts, je les avais encore, car il était impossible d’oublier un traumatisme, mais peu à peu, les sensations, les détails précis s’étaient estompés. Tout rejaillissait comme si ces mois d’intervalle n’avaient jamais existés. A force de s’enfoncer dans la léthargie, la froideur, on n’arrivait plus à ressentir la chaleur étouffante, le cœur qui bat à cent à l’heure. Toutes ces sensations revenaient à moi, et je savais qu’elles m’aveuglaient, et que je n’étais pas entièrement consciente. Au fond de moi, je ne voulais surtout pas gâcher nos chances. Le dernier combat avait été des plus déloyaux, ces sales Mangemorts avaient manigancé ça des mois durant, alors que ce nouveau combat, ils ne l’avaient pas prévus. Malgré cela, nous n’avions pas les chances de remporter la victoire aussi sûre qu’ils les avaient eu la dernière fois, tout simplement parce qu’encore une fois, rien n’était préparé. C’était dans le feu de l’action, la panique la plus totale. Et même si cette fois, c’est moi qui avais choisi de me battre, ce n’était pas pour autant que les cris, les plaintes et les blessures me faisaient moins souffrir.

Si ma réflexion n’était pas au meilleur de sa forme, j’étais obligée de constater que même si nous gagnions, il y avait des choses que nous ne pourrions jamais récupérer. Notre sécurité. Si nous arrivions à les chasser, je garderais cette peur qu’un jour ils reviennent. La vie m’avait trop souvent montré que les choses arrivent quand on ne les attend pas. Et les vies qu’ils avaient volés, les enfances qu’ils avaient détruites, elles ne reviendraient jamais. Je pensais forcément à Taylord ; on a beau dire que la revanche est mauvaise, parce qu’elle n’est pas réfléchie et qu’elle n’est pas objective, quoi de plus compréhensible que vouloir faire payer ses bourreaux ?

- Je vais faire de mon mieux, fit Daniel, se voulant rassurant.

Etrangement moi qui le connaissais expansif et impétueux, je trouvais qu’il était le plus posé et calme de nous quatre. Je lui enviais cet état d’esprit. Nos expériences avaient été différentes à tous les trois, Taylord et moi avions été otages, pire pour elle, son passé ne cessait de lui revenir en mémoire, Chuck avait du regarder impuissant ceux qu’il aimait se faire massacrer, et Daniel s’était retrouvé aux prises de Claire Austen et d’une Mangemort. Nous avions tous nos raisons de vouloir leur faire la peau. Je savais que nous allions tous essayer de faire de notre mieux, mais l’entendre dire me donnait un peu de baume au cœur. Un baume certainement provisoire, mais qui revigorait un peu. En me retournant, j’apercevais Taylord, et ce que je craignais se justifia, la bataille avait un enjeu supérieur pour elle, et d’une certaine façon, Chuck avait raison ; il aurait fallu la mesurer. Mais Taylord n’était pas ce genre de filles qu’on peut retenir, ou commander, et son instinct la guidait, même s’il était dangereux, elle le suivrait coûte que coûte.

Je sentis la main de Chuck sur mes cheveux, et un simple petit geste me rappela tant de choses… comme ça avait changé. Il me semblait qu’il avait esquissé le même geste lors de notre rencontre, ce moment où je vivais seulement pour mon épanouissement et pour ma jeunesse, ce moment où les rires avaient la saveur du bonheur. Je passais rapidement ma main sur mon épaule, pour le réconforter et lui souhaiter bon courage, mais aussi, parce que ma conscience me chuchotait une chose affreuse, la même phrase que lorsque je m’étais sentie mourir, devant ses yeux, ceux de Lilian, Scarlett, Megane, Daniel… "C’est peut-être la dernière fois que tu le vois" Je ne voulais surtout pas y croire. C’était pour moi inhumain, et quelqu’un de seize ans, quelqu’un qui a encore toute la vie devant soi, comment pouvait-on songer à lui faire renoncer à la vie ?

- Je ne peux pas faire ça.

Une réponse n’était même pas envisageable. Elle avait pris sa décision. J’entendis la voix de Daniel percer une dernière fois le vacarme horrible qu’il y avait autour de moi. Lorsque j’entrais dans la Grande Salle, le théâtre des enjeux qui s’y jouaient, j’eus une première pensée : c’est bien pire que ce à quoi tu t’attendais. Non seulement, le bruit était d’un volume supérieur au précédent, mais ce qu’il fallait se rendre compte, c’est que si dans le couloir, on risquait un cocard, ici, on risquait sa vie. Pourtant, il fallait avancer, je voulais et devais me battre, mais la peur me tenaillait l’esprit, et je sentais les gouttes perler sur mon front…je cédais à ma peur, et je n’en voulais pas. En regardant les alentours, les autres avaient déjà disparus, évidemment, je m’en doutais mais j’avais cette sensation qu’on me les arrachait, sans que je ne puisse rien faire.

D’une main tremblante, je sortis ma baguette, j’avais toujours eu le défaut de me sentir mal à l’aise avec elle, de ne pas me sentir maîtresse d’elle, ce qui constituait un atout pour l’adversaire. J’avançais comme dans une forêt sombre, je n’avais aucune idée de ce que je devais faire où ou aller. Je voulais juste être utile. Me défendre et défendre Poudlard. J’étais comme figée au milieu de cette masse infernale. C’était beaucoup plus difficile que prévu, je me sentais complètement démunie. Alors que je regardais l’horizon, je sentis quelqu’un arriver en trombe sur moi, me poussant de toutes ses forces, il avait l’air d’avoir dix-sept ans et affichait le blason de Serdaigle, il avait les mains tâchées de sang, et sa chemise d’étudiant était complètement déchirée.

Violemment, il me projeta au sol mais en s’éloignant, je lisais dans ses prunelles le message : il pensait que je ne devais pas me battre. Je me relevais péniblement, et m’obligeais à continuer, malgré ma jambe qui désormais me faisait mal. Levant les yeux au ciel, je vis un éclair vert passer au-dessus de ma tête. Arrêt dans le temps. Quelqu’un venait de mourir ; et ça pouvait être n’importe qui. Je ne pouvais m’empêcher de penser à eux : il y avait une infime possibilité que la victime soit un de mes amis. Je voulais pleurer, mais je ne pouvais pas, mes yeux étaient secs ; tout recommençait inlassablement, n’aurions-nous jamais de répit ?
J’entendis retentir à mes côtés une voix bien connue. Meryl Kelsey. Elle ne m’apercevait pas, mais moi, je la voyais, et je voyais cette lueur féroce dans son regard. En face d’elle, il y avait Brook. Si elle m’avait paru toujours comme quelqu’un de moins bestial que les autres, elle n’en était pas moins calculatrice et machiavélique. Il ne fallait surtout pas qu’elle me voit. Si la vie était précaire chez les moldus, elle l’était encore plus chez les sorciers : un simple sort et tout s’éteignait. Un simple sort et votre corps s’embrasait de douleur. Un simple sort et vous ne contrôliez plus votre esprit. Je sentis une explosion sur le côté, et avant d’avoir le temps de réagir, ma baguette s’envola de ma main. Je n’avais même pas pu parer l’Expelliarmus. J’étais seule, j’avais perdu tous les autres, je n’avais plus ma baguette, je ne savais même pas qui m’avait lancé de sort, et j’avais peur. Autrement dit, à moins d’un miracle, je n’avais plus aucune chance.

Aucune.

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Daniel Kelsey
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Mer 30 Nov - 16:06

J’étais surpris du calme qui régnait dans ma voix, qui habitait mon visage. Et apparemment je n’étais pas le seul à l’avoir remarqué. Haru aussi s’en était rendu compte, je m’en doutais à la façon qu’elle avait de me regarder. C’était chaud quand même. Moi qui avait toujours été un peu con sur les bords, surtout dans les mauvais moments. J’avais peut être enfin appris de mes erreurs. Je m’étais fait tellement démonter la gueule qu’à la fin, j’avais peut être compris ce qu’il fallait éviter. La première c’était justement de se calmer, de refroidir mon sang qui comme d’hab était toujours chaud, bouillant. Mettre de côté les réactions au quart de tour, sauf si elles étaient pertinentes, analyser un peu le terrain avant de faire des conneries qui pourraient être irréversibles. J’avais encore des souvenirs cuisants de la précédente attaque, physique et psychologique. Quelques petites cicatrices, notamment au niveau du dos, qui continuait de me faire souffrir atrocement, mais les bleus avaient disparu. En revanche il restait quelques séquelles, je ne dormais presque plus, je flippais dès que je voyais un mangemort, bref, c’était pas la joie, j’avais l’impression que l’ancien Daniel Kelsey avait disparu pour laisser place au niveau, et cette nouvelle version franchement elle était pas top.

J’avais envie de changer une nouvelle fois. J’en avais assez de me cacher quand je voyais l’ombre de ceux qui avait le pouvoir sur Poudlard, et j’allais le leur montrer. Mais ce dont je ne me rendais pas compte c’était que cette mentalité n’était pas terrible pour éviter les traquenards, ne pas foncer la tête la première dans le combat. En gros j’avais pas assez appris du passé.

C’est ce qui m’a traversé l’esprit quand je me suis élancé dans la Grande Salle afin de faire payer à tous les autres connards ce qu’ils nous avaient fait subir. Comme lors de la pris d’otage j’ai pas vraiment regardé autour de moi, et ça aurait pu m’être fatal. Je savais que je devais faire attention à ceux qui allait courir pour se battre, se casser, chercher de nouveaux mangemorts à combattre, ça j’étais au courant, j’avais suffisamment pris cher lors de la prise d’otage pour m’en souvenir. Je venais à peine de faire un pas que je voyais un mec, un gars de Poufsouffle, passer sous mon nez, mais vraiment à trois centimètres de moi. J’ai fait la plus belle esquive de ma vie, le crochet parfait, franchement à ce moment je me suis limite cru sur un terrain de rugby, malheureusement c’était loin, très loin d’être le cas. C’était la guerre, et j’allais bientôt m’en rendre compte.

Je pense que c’est justement le fait de l’éviter qui m’a déstabilisé. Ceux qui étaient là pour aider, pouvaient également causer votre perte. J’avais l’impression d’être rentré dans la Grande Salle depuis environ deux microsecondes, pendant le premier j’avais évité le Poufsouffle, et dès le deuxième je voyais un sortilège se diriger vers moi. En un clin d’œil je me suis retrouvé éjecté, terrassé, propulsé dix mètres plus loin, le souffle coupé. Je ne savais pas ou se trouvaient Taylord, Haru et Chuck. Absolument aucune idée. J’ignorais qui m’avait balancé le sort que je m’étais tapé, si c’était un mangemort ou un Serpy. En tout cas je savais que ce n’était pas Austen, si ça avait été le cas, je n’aurais pas glissé quelques mètres plus loin. Non, non… Si c’était elle qui m’avait jeté le sort, j’aurais valdingué de l’autre côté de la salle, et je me serais explosé, une nouvelle fois, contre le mur du fond.

J’étais sonné, mais pas mort. J’ai secoué un peu la tête afin de retrouver mes esprits, conscient de la bourde que j’avais faite. Me jeter dans la gueule du loup, comme ça, sans vraiment penser à regarder à droite et à gauche. C’était risible. Mais pas le temps de traîner au sol. Je me suis relevé, j’ai balancé un Expelliarmus sur un sale type qui s’apprêtait à régler le compte d’un ptit gamin. Miraculeusement le sort a traversé une bonne partie de la Grande Salle pour aller frapper le connard pile poil. Un coup de chance un peu, j’avais autant de chance de le toucher que de conclure avec Lilian tellement il y avait un bordel total au milieu, des sorts, des mecs qui volaient, des armures qui tombaient, des objets divers et variés qui valdinguaient dans les airs.

La clé du succès était de ne pas rester immobile, toujours en mouvement, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Le point positif c’était que ça me permettait d’essayer de retrouver mes compagnons, je n’avais toujours pas revu Haru, Taylord ou Chuck, et franchement ça commençait à être chiant. J’étais perdu au milieu de toute cette foule, je ne savais vraiment pas du tout ou j’étais, je n’arrivais à me localiser précisément dans la Grande Salle. Faut dire que je n’avais pas que ça à faire. J’avais l’impression que je ne connaissais pas le quart des personnes qui se battaient. J’avais tout de même reconnu Meryl Kelsey, notre directrice, qui qui combattait comme une lionne, des aurors qui étaient à nos côtés également, ça faisait chaud au cœur. Sans oublier nous autres, les élèves. Ensanglantés, blessés, mais nous nous battions vaillamment.

Il fallait vraiment faire attention lorsqu’on jetait un sort, je venais de lancer un Lashlabask visant un salopard lorsque celui-ci heurta en plein vol un autre sortilège, le mien fut dévié et faillit, d’un cheveu, rencontrer un pauvre gosse qui passait dans le coin. J’étais con, j’accordais trop d’importance à des choses inutiles, et encore un peu me coûter la vie. Pendant que je suivais la trajectoire d’un de mes sorts, un éclair me heurta brutalement, je me suis retrouvé au sol. J’ai immédiatement identifié celui qui m’avait expédié au tapis, un petit sourire dévoilait ses dents jaunes dégueulasses, mal rasé, mal coiffé, pas grand-chose pour lui. Il leva sa baguette, j’ai fermé les yeux, priant de ne pas souffrir… Je les ai gardés clos une seconde, puis deux, trois, j’ai senti quelqu’un qui m’enjambait, le vacarme continuait tout autour de moi, des corps tombaient à mes côtés, mon cœur battait toujours dans ma poitrine. J’ai ouvert un œil, puis les deux, le mangemort était à terre, un filet de sang coulant de ses lèvres. Je l’avais échappé belle, quelqu’un lui avait réglé son sort avant qu’il s’occupe du mien.

J’ai poussé un soupir de soulagement, et c’est à ce moment que j’aperçus Haruhi, et la milliseconde qui suivit, sa baguette qui volait dans les airs. J’ai quitté de vu la petite japonaise quelques instants pour attraper sa baguette, sans celle-ci, sa propriétaire allait se faire buter. J’ai vu un salopard qui avait ma pote en ligne de mire, et s’apprêtait à lui régler son compte, mais au dernier moment Winch passa juste devant lui, et il ne put lancer le sort fatal. Ce bref, très bref répit me permit de m’appliquer sur mon sortilège, de viser soigneusement au dessus de la japonaise, afin de dégommer la sale tronche de l’autre. Une seconde plus tard et l’affaire était réglée, le connard avait été expédié plus loin. Je me suis difficilement approché d’Haru, avant de lui remettre sa baguette.


- T’en auras besoin. Tu sais où est Taylord ? Chuck ?

On devait rester ensemble, c’était notre seule chance pour que nous allions bien tous les quatre à l’issue du combat.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Ven 2 Déc - 17:08

- Arrête. C'est du suicide.

Je tournai la tête si vivement que je m'en tordis le coup et une douleur chaude et désagréable ne tarda pas à l'envahir. Je n'avais qu'à tendre la main pour toucher au but, il était si près qu'il ne pouvait pas s'agir d'un simple mirage... Mon geste s'arrêtait en même temps que celui que venait de faire Chuck pour le stopper.
Je vivais avec depuis cinq ans mais ce n'était pas vrai, je n'avais pas oublié, je ne le pouvais pas, et j'avais le sentiment que tant que je ne pouvais pas avoir ce que je désirais le plus, je ne pouvais être en paix avec moi même. Le reste...
Mais est-ce que le reste avait de l'importance ?
Tout le reste ?
Haruhi, Daniel, Chuck ?

- J'ai rien à perdre, je m'en fou !
M'exclamai-je pour essayer de parler plus fort que le brouhaha ambiant, même si je savais que c'était impossible. J'ai jamais voulu de tout ça, on m'a jamais demandé mon avis ! Ils m'avaient tout pris; ils m'avaient volé ma famille, ils m'avaient volé mon adolescence, ils m'avaient volé ma bonne humeur et mon sourire. Alors quoi ? Ils allaient aussi me prendre la seule occasion que j'avais dans ma vie pour pouvoir me venger ?

Pour la première fois alors depuis... je n'avais pas de date précise en tête même si je savais que c'était il y avait des années de cela, je sentis un grosse boule se former au fond de ma gorge comme si elle s'apprêtait à s'en extirper et mes yeux s'humidifièrent. Ce n'était pas juste. Pas juste. Et pourtant, il y avait quelque chose qui me retenait, mais quoi ? J'avais la sensation de perdre mon temps bêtement, chaque seconde comptait et pourtant cela avait suffit pour que la bataille reprenne son cours, tout comme les bousculades.
A présent, c'était trop tard.

- Pourquoi tu as fait ça ?! Criai-je, le cœur au bord des lèvres. J'en profitai pour passer ma manche libre sur mes paupières car je refusai que ce soit ces sales bourreaux qui me fassent pleurer, et j'encrai furieusement mon regard dans le sien parce que depuis le début il faisait tout pour m'empêcher de faire ce que j'avais envie. C'est quand que tu vas enfin me lâcher les baskets ?! ajoutai-je, la voix chevrotante. Qu'est-ce que je devais faire ? Si je lui laissai passer ça et prenais la décision de l'écouter, je savais que ce serait le premier d'une longue série et qu'ensuite, je ne pourrai plus rien lui refuser.

S'opéra alors le brusque retour à la réalité, comme si on m'avait reconnecté mes neurones entre eux et qu'ils reprenaient leur fonctionnement normal. La colère avait laissé place à la peur, la vraie peur, du moins, c'était comme ça que je le ressentis et observer le visage à moitié tuméfié de Chuck me fit comprendre que plus que tout, s'il lui arrivait quoi que ce soit, je n'allais pas m'en remettre. La seule pensée de perdre quelqu'un d'autre était pire qu'effrayante et je stoppai les images qui s'imposaient à moi où je voyais Dan' et Haruhi en mauvais état. Où étaient-ils ? Plus que jamais, nous devions les retrouver.
Ma joue du côté gauche, commençait à me chauffer et un rapide passage de main dessus me fit comprendre qu'en fait elle était pleine de sang et que je n'avais aucune idée de comment j'avais réussi à récolter une nouvelle blessure. Tout comme mon poing dont j'avais oublié la douleur à cause de la rage mais qui en fait ne s'était pas estompée un seul instant. Tout allait très vite, trop vite et si l'action semblait s'être déroulée pendant une éternité, tout ça n'avait pris que moins d'une minute, ce qui, dans un moment pareil, était déjà beaucoup trop long, pour rester là, sans rien faire.

Comme pour confirmer mes pensées; un nouveau sortilège fonça droit sur nous et sans prendre le temps de réfléchir, je tirai, sans lui laisser le choix, l'avant bras de Chuck pour le forcer à bouger de quelques pas et me collai à lui tout en visant à l'aveugle au dessus de son épaule avec ma baguette pour répliquer. Il n'y avait aucun répit possible.
Pourtant, ça ne pouvait pas être le meilleur moment.
Je ne voulais pas penser au pire, mais ne pouvait m'y résoudre, c'était maintenant ou jamais et cette fois il était hors de question que je laisse le train passer devant moi, comme toujours, au lieu de le prendre en marche. Tant pis alors; je cédai.
Oui le reste avait de l'importance. Le présent et le futur avait de l'importance. Ça ne voulait pas pour autant signifier que j'oubliais le passé.

- Excuse moi, finis-je par lâcher. Tout ce que j'ai dit... Je... C'était pas vrai. C'était un peu décousu et peut être aurai-je du en dire plus; que j'étais impulsive sur les bords et que la plupart du temps je parlais sans penser aux conséquences... mais je ne voulais vraiment pas que nous restions sur cette dispute qui à chaque fois que j'y pensais me tiraillait le ventre. Et puis, ce n'était pas que je n'avais pas le temps de m'exprimer plus mais effectivement je n'en avais pas, et je ne pouvais pas dire non plus que j'étais une experte dans l'art de me confondre en excuses, car de mémoire, je pouvais compter le nombre de fois où cela était arrivé et où j'étais sincère, sur les doigts d'une seule main.

J'avais l'esprit embrouillé, mais essayai de trouver des idées claires; si je ne pouvais pas attaquer les mangemorts de manière frontale, certes, dans ce cas il allait falloir être plus fourbes qu'eux et trouver une solution pour que les aurors et les professeurs aient le champ libre pour combattre avec les plus de facilités possibles. Après coup, je me rendais compte qu'il n'y avait pas tant de monde que ça dans la grande salle, du moins, toute l'école n'y était pas entre ceux qui n'avaient pas pris le risque de venir jusque ici, et ceux qui battaient déjà en retraite, s'avouant vaincus. Où étaient passés Daniel et Haru' ? Je tentai de les retrouver dans la foule tout en réfléchissant à vive allure sur la nouvelle démarche à adopter. Ce qui nous faisait défaut, c'était que nous n'avions pas de plan précis en tête, et sans ça, il était d'autant plus compliqué de sortir vainqueur de cette guerre sans merci.

Je glissai ma main dans celle de Chuck et l'entraînait à ma suite à la quête de nos deux amis, mais il était hors de question qu'à présent nous nous séparions. La progression était toujours plus difficile car il fallait à la fois éviter les sorts et en jeter d'autres tout en prenant garde de ne pas viser quelqu'un qui se trouvait dans son propre camp. Parfois, notre étreinte se perdait presque, surtout lorsqu'il fallait passer entre deux personnes, mais je m'agrippais un peu plus et sentais ses doigts se resserrer, signe qu'aucun de nous deux ne faillirait.

- Je te préviens Chuck, que si un jour tu me lâches, je te le ferai payer, trouvai-je quand même le moyen de lui dire car si je devais lui accorder toute ma confiance, autant que tout soit clair.

J'essayai de repérer où se trouvaient les mangemorts exactement, même s'il y en avait de tout les côtés et qu'ils bougeaient avec souplesse ne laissant à personne l'opportunité de les toucher mortellement. Un éclair germa dans mon esprit au moment même où je reconnaissais cette chevelure noire que je connaissais si bien. Le tout étant maintenant de ne pas la perdre, je repris ma course et en profitai pour stupéfixer un grand gaillard de Serpentard qui se faufilait avec un air mauvais dans le dos de Daniel. Quelle, chance, au moins, ils étaient restés ensemble ce qui arrangeait bien des choses. Le souffle court, nous arrivâmes finalement à leur hauteur et je ne pus m'empêcher de ressentir un intense soulagement de voir qu'ils étaient toujours tout les deux en un seul morceau, même si je leur jetai un coup d'œil inquiet les observant de bas en haut.

- Ça va ? Le truc, ce serait de les bloquer dans leurs mouvements, exposai-je rapidement, sans prendre le temps de les saluer et de nous confondre en d'émouvantes retrouvailles. Plus tard. Car oui, j'y croyais encore, il pouvait y avoir un après. J'avais retrouvé le peu de matière grise qu'il me restait en état de marche ainsi qu'un semblant de calme. Il ne fallait plus perdre ses moyens, même si, fébrile, j'avais envie qu'ils lisent tout les trois dans mes pensées pour ne pas perdre de précieuses minutes à expliquer ce que j'imaginai. Haruhi, essaye d'attirer son attention, lui demandai-je en désignant du menton Winch qui était non loin de là et qui se défendait si bien qu'il avait l'air d'avoir des yeux derrière la tête. Mais plus pour très longtemps.

La Japonaise visa donc dans sa direction, et comme prévu il dévia la trajectoire du sortilège qu'elle avait lancé, mais ce laps de temps me suffit pour attaquer à mon tour. Tout se passa en juste quelques secondes, du moment où des oiseaux sortaient comme par enchantement de ma baguette magique, se jetant sur leur cible, jusqu'à l'instant où je leur administrai un amplificatum d'un nouveau mouvement de bâton pour qu'ils soient encore plus imposants. Comme prévu, cette fois -enfin- les rapaces ne manquèrent pas leur proie me redonnant un élan d'espoir quant à la suite.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Lun 5 Déc - 15:04

C'est toujours dans les situations désespérées qu'on se rend compte des petits détails qui importent. Bizarre, non? Comme si il suffisait de vraiment pas grand chose pour bouleverser l'ordre de tout ce qu'on croyait acquis. De toute façon en ce moment je ne prenais plus rien pour acquis. Il n'y avait que les Mangemorts et nous, que Poudlard ligué contre ces enflures, et rien ne comptait plus que notre victoire - je ne me reposais sur rien. Le pouvoir était entre nos mains et il fallait l'utiliser vite et bien. On n'avait pas le choix.

Je crois que je n'avais jamais remarqué le petit détail au fond du regard de Taylord : cette espèce d'étincelle de fatalisme, de désespoir, alors qu'elle se montrait toujours forte malgré tout ce qu'elle avait vécu. En fait, pas du tout. En fait elle était capable du pire à cet instant, à la fois pour se venger mais à la fois pour mettre un terme à toutes ces saloperies. Elle subissait, comme nous. C'était ça, l'énergie du désespoir.


- J'ai rien à perdre, je m'en fou ! J'ai jamais voulu de tout ça, on m'a jamais demandé mon avis !

Elle résistait mollement et même si en cet instant j'étais devenu son ennemi public numéro un au même ordre que les Mangemorts parce que j'avais osé me mettre en travers de son chemin, je savais que j'avais gagné. J'avais immiscé le doute dans sa cervelle de piaf et de toute façon il était trop tard. Son passage dans la foule s'était déjà refermé et quelqu'un se chargeait du Mangemort. Elle avait passé sa chance. Elle n'avait plus qu'à passer sa colère sur moi, mais on ne pouvait pas dire que je n'avais pas l'habitude, et surtout, on ne pouvait pas dire que je n'était pas le premier à la déclencher. Affaire de routine, finalement. Je restai stoïque alors que les combats reprenaient de partout. C'était fou comme dans des moments pareils ils se créaient une sensation de communion entre tout ceux qui se battaient pour la même cause. J'avais l'impression que Meryl Kelsey, un peu plus loin dans la salle, qui se débrouillait rudement bien contre Brook et qui en plus aidait les élèves qui se battaient autour d'elle, était ma soeur de sang et que rien ne comptait plus au monde que sa survie. Poudlard c'était nous; Poudlard se battait et nous étions tous ensemble, littéralement.

Il n'y avait plus qu'à attendre que l'orage Taylord passe - mais il avait intérêt à passer vite parce qu'on avait pas vraiment le temps. Je voulais faire semblant de ne pas l'écouter - alors qu'elle me hurlait dessus - et je surveillai nos arrières en même temps, mais je ne pus pas me retenir de tiquer. Je le savais, qu'elle n'avait rien demandé, et qu'après l'assassinat de sa famille on l'avait catapultée à Poudlard en aller simple sans rien lui demander, et elle n'avait eu qu'à la fermer et suivre. Mais... Est-ce qu'elle avait vraiment rien à perdre? Je me sentis passablement énervé. Et tous les amis qu'elle s'était fait? Haruhi, Daniel, Scarlett et compagnie, je pouvais tout aussi bien les buter sous ses yeux, elle s'en foutait?!

- Rien à perdre, vraiment?... marmonnai-je en la regardant dans les yeux. Soit elle mentait bien, soit elle n'était qu'une ingrate, et ça m'aurait fait mal au coeur de m'en rendre compte, de me dire que je perdais mon temps avec elle depuis six années et que tout ça n'avait finalement pas de sens. Je n'aimais pas qu'on se foute de ma gueule, je n'aimais pas perdre mon temps. Rien à perdre... Sympa pour nous. Sympa pour moi.


- Pourquoi tu as fait ça ?! C'est quand que tu vas enfin me lâcher les baskets ?!

C'était explosif autour de nous, et à l'intérieur de moi, c'était pareil. Il y avait tout plein d'émotions qui tourbillonnaient et je passais de l'une à l'autre en un claquement de doigt. J'avais l'impression que ce bouillonnement intérieur faisait un tel bruit qu'il devait s'entendre à l'extérieur, mais il y avait un tel bordel dans la salle que le bruit était partout, en moi, autour de moi, dehors. J'avais envie de mettre une grosse baffe à Taylord pour lui ramener les pieds sur terre, tout autant que j'avais envie de la serrer dans mes bras pour la réconforter après qu'elle ait essuyé ses larmes dans un ultime geste de fierté. J'avais envie de lui mettre une gifle jusqu'à ce que je me rende compte de son état déplorable, j'avais envie de la rassurer jusqu'à ce qu'elle m'énerve beaucoup trop avec ses airs de guerrier offensé.

Pour ton bien, imbécile, j'avais envie de lui répondre. Parce qu'elle croyait avec sa taille de moineau, ses forces de fourmi, sa son visage tout plein de sang, et ses pauvres connaissances en magie elle allait par miracle terrasser Winch et toute sa bande? Mais oui mais bien sûr, et moi j'étais la reine d'Angleterre. Je portais des robes et des chapeaux, tout ça tout ça.

Enfin, je n'eus pas le temps de lui exposer clairement mes pensées puisqu'un sort siffla à mes oreilles et que je sentis Taylord me tirer vers elle avant de la sentir contre moi qui lançait un sort par-dessus mon épaule. J'en profitai pour tirer un coup de pied qui fit s'étaler un Serpentard à côté de moi et la foule lui marcha dessus - tant mieux. Il courait la baguette pointée vers une Poufsouffle qui se battait avec l'air de quelqu'un qui n'a vraiment pas l'air sympathique.

Et puis le visage de Taylord apparut juste devant le mien, à quelques centimètres. Elle aussi changeait de sentiments comme de chemise dans les éclairs de la bataille parce que je lisais seulement de la confusion, de la tristesse et un peu de peur sur ses traits. Le regard qu'elle me lança alors me fit un effet étrange - et allez savoir pourquoi, alors qu'il était bien la dernière personne dont j'avais quelque chose à foutre, je repensai aux paroles de Fray. "Taylord est spéciale". Ce regard là était spécial, et surtout, il me faisait sentir la personne la plus spéciale de la terre. Je sentis une intense chaleur m'envahir sans comprendre un clou de ce qui se passait. Je savais juste que ça m'était impossible de bouger, de m'éloigner d'elle, de tourner le regard.


- Excuse moi. Tout ce que j'ai dit... Je... C'était pas vrai.

- Je sais,
dis-je en balayant ses excuses. Au fond je le savais, avec du recul, je savais qu'elle n'en avait pas rien à foutre, je savais qu'elle voulait se venger, qu'elle ne savait pas trop quoi faire, qu'elle était triste, mais qu'elle ne voulait pas non plus se donner en pâture aux lions. Je savais qu'elle était perdue, et c'était bien pour ça que je l'avais empêché de faire une connerie. Elle aurait fait pareil pour moi. Ces quelques secondes étaient comme une accalmie dans la tempête et je ne réfléchis pas avant d'agir. Ce regard trop spécial m'avait enlevé toute retenue. Je collai un instant mon front contre le sien; je sentais l'arrête de son nez contre la mienne et je fermai les yeux. J'avais l'impression de puiser de nouvelles forces. Du bout des doigts je sentais sa joue poisseuse de sang et ma tempe me lançait toujours autant depuis qu'on l'avait explosée. J'avais envie de lui dire qu'elle pouvait compter sur moi pour la protéger et que personne ne mourrait ce soir, mais au fond, étais-je capable de telles promesses?

Elle m'agrippa la main et je me lançai comme elle dans la masse des gens, dans l'optique de retrouver nos deux compagnons d'infortune. Mais être plusieurs face à l'adversité donnait une sensation de toute-puissance, d'autant plus que ce qui venait de se passer me donnait une rage nouvelle et j'avais l'impression d'irradier à nouveau. Poudlard allait venir à bout de ses envahisseurs, je le savais. Le château entier était avec nous - ça se sentait.


- Je te préviens Chuck, que si un jour tu me lâches, je te le ferai payer, me glissa Taylord entre deux obstacles sur notre chemin.

- Comme si j'allais prendre ce risque, parvins-je à lui lancer avec un petit sourire moqueur. J'avais l'impression que quoi qu'il arrive, tous les deux, ça serait toujours pareil, il y avait beau y avoir des Mangemorts à quelques mètres de nous, on aurait été capable de se chamailler ou bien de se tenir la main comme là. "Elle est spéciale, elle est spéciale" répétait la voix de Stephen dans ma tête et je marmonnai tout bas des choses pas très catholiques quoi avait comme destinataire ce cher Serdaigle avec tout un tas de consignes comme qui il avait intérêt à la fermer sous peine que je m'énerve. En tout cas je ne lâchai pas la main de Taylord et je la sentais qui s'agrippait elle aussi, malgré les flux de la foule, ceux qui essayaient de passer dans le tas, les sortilèges qui explosaient partout.

Et puis là dans le bazar ambiant je reconnus Dan puis Haruhi et après un ultime effort où je poussai tout le monde sans ménagement, on arriva près des deux autres, essoufflés, encore plus amochés que tout à l'heure, mais au moins, on était avec eux.

- Ça va? demandai-je d'une même voix avec Taylord.

Ils avaient sûrement connu des jours meilleurs mais au moins, ils n'avaient pas l'air gravement blessés. Alors que les filles conjuguaient leurs forces, je me rendis compte au même instant qu'un Mangemort regardait dans notre direction - sans réfléchir je lançais un Protego qui stoppa son sortilège destiné à toucher Haruhi dans le dos. L'éclair de lumière se réverbéra et partit je ne sais où, mais la seconde d'après j'avais déjà d'autres idées en tête. J'entendis plus que je ne vis l'attaque d'oiseaux que lança Taylord, mais j'avais déjà un autre problème. Je lançai un regard à Dan : un groupe d'élèves de Serpentard avec visiblement l'envie d'en découdre s'était approché de nous. C'est vrai que quatre Gryffondor ensemble, ça donnait envie. Je sentais l'épaule de Daniel contre la mienne et rien que ça m'empêchait d'avoir peur ou de désespérer. Je croyais en notre courage, en nos forces, et je pointai ma baguette sur les Serpentard en affichant un visage de vainqueur. Je lançai en même temps qu'eux une floppée de sorts, bien décidé à leur faire mordre la poussière, à ces sales traîtres à leur école, leur château, leurs amis.

Et puis... Quelque chose me donnait encore plus de vigueur. C'était moi où la tendance semblait se renverser? Les Mangemorts avaient l'air d'avoir de plus en plus de mal face aux Aurors...

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CHUCK CARLTON
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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Lun 12 Déc - 21:47

Il n’y avait qu’une chose que je désirais maintenant ; être invisible. J’avais cette impression d’être complètement à la merci des sorts, des Mangemorts, et j’étais surtout complètement vulnérable. Si mon audace et mon envie de me venger avait toujours pris le pas sur la peur depuis le début, maintenant, je sentais mes mains devenir moites et mes membres trembler. Pour la première fois, je me sentais comme une petite chose fragile, et surtout très impuissante. Les minutes s’étiraient de façon infernale, tortionnaires. Tout se passa ensuite très vite, je vis le sortilège ricocher par-dessus mon épaule, Daniel, ma baguette dans la main. Il n’était pas hyperbolique de dire qu’il m’avait sauvé la vie. Malgré le fait que je lui sois entièrement redevable, je connaissais mes priorités, d’abord les actions, les embrassades ensuite. Je reprenais à peine mon souffle que Chuck et Taylord débarquèrent, aussi haletants que nous.

- Ça va ? Le truc, ce serait de les bloquer dans leurs mouvements, je ne pipais mot. Je me contentais de passer une main sur son épaule, et je savais qu’elle me comprenait. Je voyais dans le regard et le visage de Taylord que nous pouvions lui faire confiance, mon amie avait cette faculté d’être rapide, efficace, et de donner la marche à suivre. Elle me montra Winch. Un instant, je me mis à trembler de plus belle, un instant, mon cœur redoubla de battements. Je ne m’étais jamais sentie à la hauteur en tant que sorcière, non seulement je ne voulais pas faire rater son plan, et faire foirer la manœuvre. En étais-je capable ? Je croisais brièvement les yeux du Mangemort, et tout d’un coup, ce fut comme si c’était une autre qui avait pris possession de moi, je sentais que mes yeux devenaient rouge sang, que toute la férocité et la rage que j’avais contenue, j’allais la délivrer, j’en avais assez d’être prisonnière, assez de souffrir sans rien pouvoir faire, là, j’avais ma chance.

Un instant, j’eus envie de devenir presque bestiale, de lui infliger ce qu’il nous avait fait subir, de me jeter tête baissée dans un combat de sang, mais ma lucidité me fit y renoncer, je n’allais pas m’abaisser à leur inhumanité, de plus, si je me jetais dans la gueule du loup, à coup sûr, j’allais y laisser cette vie pour laquelle je m’étais tant battue. Pour une fois, je savais que ma baguette suivait aveuglément ce que je désirais, et je fus étonnée de la force de mon Stupefix qui se dirigeait vers Winch. Forcément, il l’avait dévié avec une adresse impressionnante, mais au moins, je lui avais mis un bâton considérable dans les roues, et ce fut sans surprise que Taylord entra en jeu. Je savais qu’elle pouvait le faire. Elle était brillante, intelligente, et j’avais une confiance aveugle en elle et ce qu’elle pouvait accomplir.

Lorsque je me retournais, je vis Dan et Chuck aux prises avec des Serpentard…si je vouais une haine cordiale aux Mangemorts, ce genre de personnes qui soutenaient le partisan du Seigneur des Ténèbres me dégoûtaient…si eux n’avaient pas le pouvoir de torturer, ils aimaient à, par le biais de petites attaques à peine voilés, faire craquer les autres, un grand sourire narquois sur le visage. Juste à côté de moi se faufila un autre membre de ce petit groupe, et une idée germa aussitôt dans ma tête. Surveillant Taylord d’un œil, je suivis le Serpentard qui ne se doutait absolument de rien, trop concentré sur ses cibles, Dan et Chuck donc, il avait surtout l’air très sûr de lui, et ne s’occupait absolument pas de moi, j’emboîtais son pas silencieusement. Je pouvais être aussi sournoise que lui. Alors qu’il se chargeait de faire mordre la poussière à un des deux, il ne vit pas arriver mon sortilège qui l’envoya de l’autre côté du mur. Je détestais la violence, mais je considérais ça comme de la légitime défense. Les élèves comme lui, je les détestais, mais une chose différait, je ne les craignais pas, et j’étais maître de mes émotions en leur présence. Entrevoir le regard d’un Mangemort me détraquait au contraire complètement.

Ces quelques secondes de battement se retournèrent contre moi, prise à ma propre tactique, je n’avais pas aperçu l’homme encapuchonné derrière moi. Dans le tumulte, je fus projetée à terre, les yeux clairs du Mangemort plantés dans les miens, la froideur de son regard me fit des frissons partout dans le dos, et je savais qu’il n’hésiterait pas une seconde à me faire la peau. La baguette toujours dans les mains, je lançais tous les sorts que je pouvais, mais tous étaient contrés, évidemment. Sûrement mué par une envie de s’amuser, il me donna un coup de pied dans les côtes, avant de pointer sa baguette sur mon nez, avez un sourire effrayant. Une fois de plus, ce fut un sortilège venu d’autre part qui me sauva. C’était la règle ici, le hasard, chacun sauvait l’autre sans le savoir, et à chaque attaque, on n’était jamais sûr d’en ressortir vivant. Tout ça était passé à une vitesse monstre, et si Daniel, Chuck et Taylord m’avaient peut-être aperçu défier le Serpentard, l’offensive avait été trop rapide pour qu’ils remarquent le Mangemort. Et je préférais ça, il était absolument hors de question qu’ils s’inquiètent.


Je courus à nouveau, me mettant à la même distance de Taylord et des deux autres pour les aider si besoin. J’avais désormais compris que quelques infimes secondes de distraction pouvait nous perdre, ainsi, je me préparais à parer toutes les attaques, et à attaquer dès qu’il le fallait. Etrangement, je devenais plus méthodique, je savais que le combat, désormais, devait être réfléchi, il fallait combiner nos efforts et nos atouts pour gagner. Je savais qu’à un moment ou un autre, mes sentiments allaient rejaillir, et m’empêcher d’agir correctement, je préférais saisir l’instant, au cas où ça disparaîtrait. Et puis je le vis.

Winch n’était toujours pas loin, mais je voyais dans ses yeux non plus la satisfaction, ni le sadisme, mais une déception intense…plongée dans ce combat incessant, je n’avais pas remarqué le changement de situation. Cela nous avait semblé être impossible, mais c’était bien ça, nous étions en train de les vaincre, nous étions en train de libérer Poudlard de cette dictature infâme… Ils étaient en train de perdre et nous de gagner, enfin. Il fallait encore lutter, mais nous avions enfin pris cette revanche que nous voulions sur nos bourreaux. Je sentais que tout avait changé, que nous avions pris le pas sur eux, le vacarme était pourtant toujours aussi retentissant, les cris et sorts continuaient de fuser, mais nombre de nous s’arrêtèrent devant la vue de cette immense boule de lumière qu’était en train de former Winch, qui gonflait de plus en plus, il y eut un instant de silence, elle explosa et provoqua comme un océan de souffle et de fumée…nous étions parmi ceux les plus proches de Winch, et le souffle me happa complètement, m’empêchant de respirer. Je ne savais pas ou était Winch, je n’avais aucune idée de comment respirer, mes cheveux étaient poisseux de mon sang, à cause de cette vague de fumée qui m’avait projeté avec les autres, ma jambe était toute écorchée, je ne savais pas si nous étions complètement délivrés du fléau que représentait les Mangemorts…La seule chose que je désirais, ce n’était plus d’invisible ; je voulais juste les retrouver et qu’ils me disent que tout allait être mieux désormais.


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Merci Hannah <3


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Daniel Kelsey
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MessageSujet: Re: Revolution of the Sun [P.V] Fini   Jeu 22 Déc - 17:38

Ce qui se passait autour de nous commençait à être incroyable. Pas le sang, les sorts, les amis, et les vagues connaissances qui s’écroulaient, mais tout simplement le fait que les mangemorts étaient en difficulté. Petit à petit, les partisans du Seigneur des Ténèbres reculaient, et peut être même commençaient à douter d’une victoire qui leur semblait quasi certaine au début de la lutte.

Je venais de rendre la baguette à Haruhi quand je m’en suis rendu compte. Qui l’aurait cru quelques heures auparavant ? Certainement pas moi, déjà que j’avais grave hésité avant de sortir me battre, alors penser que nous, avec évidemment l’aide des aurors et des professeurs, mais principalement nous, les élèves de Poudlard, allions botter le cul à ces salopards de mangemorts. Personnellement j’aurais plus misé sur la victoire des partisans, que sur une foule de gamins aidé de quelques adultes. Evidemment ça faisait plaisir à voir, ça nous mettait du baume au cœur, après la prise d’otage, l’avènement des mangemorts, toutes les humiliations, privations que nous avions subies. J’avais l’impression de revivre de nouveau pendant ce combat, et franchement, ça aurait été carrément con de mourir à ce moment.

Pourtant le combat n’était pas encore finit, et des merdes pouvaient encore arriver à Taylord, Haru ou Chuck, c’était pour ça qu’il fallait rester constamment vigilant. A ce moment, ce n’était pas vraiment mon cas, j’étais plus entrain de regarder en l’air pour suivre l’évolution de la bataille, plutôt que de faire vraiment attention aux autres et à moi-même. Un éclair verdâtre qui passa juste au dessus de ma tête me le fit rappeler. Chuck et Taylord nous rejoignirent. Nous pouvions y arriver. Les mangemorts avaient l’air fébrile, ils regardaient un peu tout autour d’eux cherchant du soutien, des idées, et peut être, un chemin pour fuir.


- Le truc, ce serait de les bloquer dans leurs mouvements.

J’ai acquiescé d’un signe de tête pour montrer à celle qui allait devenir la future miss Gryffondor qu’elle pouvait compter sur moi. Un petit regard à Haruhi et à Chuck, et nous voilà repartis pour en découdre.

Chuck et moi allions tout droit vers un mangemort qui était entrain de faire un carnage sur un groupe de Poufsouffle, quand quatre boloss de Serpentard se mirent en travers de notre chemin. J’avais même pas besoin de regarder mon « wingman » pour savoir qu’il était carrément prêt à leur défoncer la gueule, et moi aussi. L’expression de vainqueur sur son visage, plus de la détermination sur le mien, et des éclairs fusèrent dans tous les sens. Ça me dérangeait pas de devoir mettre hors d’état de nuire des Serpentards, on allait pas les tuer, faut pas déconner, mais ça me faisait mal de me dire qu’ils nous avaient trahi, qu’ils avaient trahi Poudlard pour une bande de con qui semait la terreur. C’était leur choix, mais rien qu’à voir Nottingham qui passait un sale quart d’heure, ils devaient commencer à le regretter. Je pensais à Joy, à Ambre, qu’allait-il leur arriver ? Elles risquaient gros, la mort au cours de ce combat premièrement, mais après ? Serpentard allait se retrouver isolé, alors Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle sortiraient grands vainqueurs de la « reconquête » de Poudlard. Ils allaient rester entre eux, encore plus que d’habitude.

Mais avant de rêver il fallait tout d’abord disposer de ce groupe de salopards qui nous barrait la route, à Chuck et à moi. Ils se débrouillaient bien, mais le renfort d’Haruhi et de Taylord nous fit réellement prendre le dessus. Trois minutes après, ils mordaient tous les quatre poussières alors que nous étions encore debout. Nous pouvions constater que les combats se faisaient de plus en plus rares, les quelques mangemorts qui restaient étaient isolés, ne parvenaient même pas à se communiquer entre eux, les aurors et enseignants s’en chargeaient, autant dire, l’affaire était quasiment pliée.

J’ai vu celle qui m’avait fait gerber des limaces se retrouver au tapis, stoppée net par Doherty, j’ai vu tous nos tortionnaires qui étaient entrain de souffrir à leurs tours, et encore ce n’était que le début des réjouissances pour eux. S’ils échouaient, ce qui devenait de plus en plus probable au fil des secondes, ils se retrouvaient coincés quatre murs dans une cellule pas vraiment douillette d’un mètre carré, en ayant pour charmante compagnie d’encore plus charmant Détraqueurs. Bien fait pour leurs gueules.

Brook s’est faite valdinguer dans les airs, Nottingham se faisait casser la gueule, d’abord par un auror blond, puis ensuite par une bande d’élèves avides de vengeance, il y avait que Winch qui résistait encore un chouilla, au centre de la salle. Notre petit groupe se faufila, se frayant un chemin au milieu de cadavres, inconscients et débris, neutralisant les derniers opposants.

C’est à ce moment que Winch fit apparaître la boule de feu. Une énorme boule de feu, qui dévasta tout sur son passage, carbonisant certains, son explosion créa une ouverture béante dans le mur du château. Le souffle de l’explosion fut dévastateur. Il m’éjecta ou plutôt m’envoya une nouvelle fois m’exploser contre un mur. Le dos, puis le bras quand je suis retombé au sol, violemment. Quand j’ai repris mes esprits j’ai pu constater que le chef, le leader des mangemorts s’était enfui. Je me suis relevé, grimaçant de douleur, tenant mon bras que je sentais cassé et j’ai cherché les autres autour de moi. Tous un peu dans la même situation, mi sonné, mi chaos, blessés, couverts de cicatrices. Nous avions gagné, les mangemorts avaient été chassé de Poudlard, nous avions retrouvé notre honneur, nous avions regagné notre liberté.

Puis j’ai regardé à mes pieds, et je me suis rendu compte que le bilan était très lourd, partout il y avait des corps, une bonne partie sans vie. La Grande Salle avait été en partie détruite. Ce jour allait nous marquer. J’ai relevé Haruhi avec mon bras encore valide, j’ai vu que Chuck faisait de même avec Taylord. Nous nous sommes réunis. Un regard, une étreinte collective. Le pire était passé. A présent, il fallait reconstruire.

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