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Well it's nice to meet you sir. [PV]

 
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 Well it's nice to meet you sir. [PV]

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Traice Swily
Élève de 4ème année



Féminin
Nombre de messages : 415
Date d'inscription : 13/08/2010

Feuille de personnage
Particularités: Etre sans particularités dans ce château est une particularité ! Mais puisqu'il faut... Ex-autiste ?
Ami(e)s: Une gauffreuse habitant Bruxelles ? Une alcoolique dans le chaudron baveur.
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MessageSujet: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Jeu 20 Oct - 23:18


Il y avait des jours durant lesquels on ne pouvait que se sentir plus crotté qu'n veracrasse constipé. On avait tous déjà ressentis cela, lorsqu'un problème a la manie de faire ressortir tous les autres petits malheurs qui ne nous étaient pas encore apparus au grand jour. Et malheureusement, dans certains cas, se relever rapidement et effacer l'abattement soudain qui pesait sur nos épaules n'était pas aussi facile que de faire un jus de citrouille.

J'avais eu une mauvaise note. Ce n'était pas un drame, bien sûr. Mais bon sang, j'étais en deuxième année et je m'inquiétais vraiment de la suite de mes études si je n'arrivais pas à m'améliorer dans cette matière dans laquelle je semblait me noyer au lieu d'y flotter tranquillement, un verre de coktail en main. Je n'avais jamais été une pro de la métamorphose, d'ailleurs, qui pouvait réellement s'en vanter. Si j'avais été moldue, j'aurais comparé cette matière aux maths ou à la physique. Et je sentais le désespoir me saisir à chaques fois que je franchissais la porte de la classe, tremblant devant le regard sévère de ma professeur alors que je transformais ma grenouille en ... grenouille-avec-des-plumes-qui-couine. Ce n'était pas spécialemment grave, j'allais m'en sortir, bien sûr. Mais j'avais l'impression, en voyant les autres réussir sans soucis, d'être la pire des imbéciles, et c'était dans ces moments que toutes mes erreurs me revenaient au visage.

Ma nullité au cours de vol, ma famille qui me manquait, l'ombre de la nouvelle direction et des changements inquiétants planant au dessus de moi, mes étranges retrouvailles avec Jay, et puis... Tout cela tournait et tournait encore dans ma tête, pensées parasites qui court-circuitait tout ce qui pouvait apparaître comme positif. Plus que tout, une rencontre semblait occuper l'ensemble de mes pensées. Dray Collins. Notre entrevue avait été due au hasard, et avait été furtive, étrange mais je ne pouvais qu'encore et encore ressentir la violence des émotions qui m'avaient envahies. J'avais été terrifiée encore longtemps en y repensant, mais j'avais voulu comprendre. Comprendre ce qui, durant un instant avait pu m'émouvoir dans le regard de ce garçon que je considérais maintenant comme une brute épaisse. Et ce qui avait pu le pousser à sauter sur une jeune fille qu'il ne connaissait ne d'Eve et encore moins d'Adam. Mais encore plus fort que mon envie de comprendre, j'étais décidée à ne plus croiser son chemin.

En fait... Et ça faisait peine à dire, j'avais été scandalisée que ma première approche avec le sexe opposée aie été par un rustre shooté aux hormones et incapable de contrôler ce qui lui servait de cerveau. Je n'avais en tout cas, pas encore trouvé d'autres excuses à ce jeune homme. Et à moins qu'il n'arrive à me prouver qu'il n'était pas totalement stupide ou obsédé, je ne lui en chercherais pas d'autres. Mais qu'est ce que je racontais ... ? Je ne voulais plus le revoir, donc le problème était définitivement reglé. Pourtant, je ne pouvais empêcher une petite voix de me turlupiner les oreilles, et qui me poussait à tourner la tête vers la table serpentard dans la grande salle et de passer par les salles de cours des premières années de temps à autre... Cherchais-je un nouveau conflit ? Ca ne me ressemblait pas.... Et puis j'avais Jay...

Je sentais que je m'emmêlais encore plus qu'avant... Je me mettais à comparer Dray le sauvage avec Jay, mon Jay, mon ami d'enfance et... Et quoi ? J'étais plus confuse que jamais...

Je soupirai en grimpant les marches menant à mon dortoir. Au dernier étage avant de rentrer dans la tour des gryffondor, je tournai dans un couloir en poussant un soupir à fendre l'âme d'un fantôme. Soudain, un détail attira mon attention. Il y avait un petit quelque chose qui attirait mon regard du coin de l'oeil. Une porte se trouvait à quelques mètres de moi, une porte qui ne s'y trouvait pas avant, ni les autres jours. J'en étais certaine, sûre même. Intriguée et un peu angoissée, je poussai la grande porte de bois sombre...

A l'intérieur, je découvris une petite pièce, peu illuminée, mais dans laquelle un grand feux flamboyait. Des dizaines de poufs, coussins, divans, et fauteuils tapissaient le sol de la pièce, et ses murs étaient recouvert de bibliothèque remplis de livres. On ne voyait même pas la couleur des murs.

La pièce était vraiment petite, seulement quelques personne pouvant y rester, et le plafond était bas et vouté. Je poussai un petit cri de ravissement, me demandant sur quelle incroyable merveille de Poudlard j'étais tombée...

Je laissai tomber mes cours et mon sac dans un coin de la pièce, et retirai mes souliers. J'étais vêtue du pull en V aux couleurs de ma maison, de la jupe plissée et des hautes chaussettes de l'école. Je ne regrettai pas ma jupe, la pièce étant petite et le feux flamboyant, mais étrangement, il faisait juste assez bon.. Je m'assis sur un coussin, et pris le premier bouquin qui me passa par la main...

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Dray Collins
Élève de 3ème année



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Localisation : Je cours tellement vite que le temps que tu n'arrives, je serai déjà à l'autre bout du monde.
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Particularités: rapide comme l'air. Habitué à fuir les filles hystériques.
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Mar 25 Oct - 18:37

Trait fin, tracé fluide, mouvement rapide. Rouge, jaune, orange.

Il m'arrivait rarement de dessiner, encore moins de peindre, mais de temps en temps, une illumination étrangement incongrue et divinement excitante venait frapper mon esprit, dénué de toute créativité. Et je m'accolais alors à la tâche, de plein gré, avec toute la volonté du monde en espérant produire le prochain chef d'œuvre exposé aux côtés de Mona Lisa. J'attendais toujours ma gloire promise, que de ce tracé de pinceau doux je pourrais un jour être couvert d'or et de louanges. Malheureusement, cette gloire ne venait pas, et en vérité, je n'espérais même plus un tendre compliment, pour ranimer ma nature morte. Pour tout dire, mes peintures ne ressemblaient jamais qu'à un gribouillis dessiné par un scrout à pétard, pinceau entre ses pinces. Bref, pas de quoi en être assez fier pour le crier sur les toits, quoique je me doutais bien qu'un dessin réalisé par un scrout aurait eu bien plus de succès que le mien.

Trait fin, tracé fluide, mouvement rapide. Rouge, jaune, orange.

Donc pris d'une envie folle de faire glisser des poils de chevaux sur un parchemin doux comme la rose, je m'étais mis en quête d'un endroit tranquille pour commencer. Je ne cherchais pas vraiment l'inspiration dans la paisibilité ou le silence, ni l'illumination loin des âmes errantes, non. A vrai dire, je cherchais un endroit où j'étais sûr que personne eu l'ultime chance dérisoire d'apercevoir un morceau de mon œuvre. J'avais encore ma dignité. J'avais donc erré, bien longtemps, mais toujours en vain. Les élèves, les professeurs, le personnel, tous semblaient animés d'une joie de vivre farouche, et passaient le plus clair de leur temps à courir à travers les couloirs étroits - faux évidemment - de Poudlard. Tous les coins du parc avaient été assaillis par des couples, plus farfelus les uns que les autres, et la bibliothèque, n'y pensons même pas. Je crevais de trouille à l'idée quelqu'un aurait pu voir ma représentation fidèle de pâté pour hippogriffe sur parchemin vierge. J'avais passé trois bons quart d'heure à flâner en quête du graal, transformé en lieu. Mais je n'allais pas baisser les bras pour si peu, un Collins a plus que de la persévérance, mais il n'y a pas de nom, alors disons que j'étais déterminé. Et puis tout à coup, illumination. Ou vont les élèves lorsqu'ils recherchent quelque chose qu'ils ne pourraient trouver nulle part ailleurs dans le château ? Ou vont-ils lorsqu'ils désirent un endroit tranquille pour faire leur bêtises? La salle sur demande, évidemment ! J'avais pesté durant tout le trajet jusqu'au 7e étage de n'avoir trouvé cette solution plus tôt. Et puis une fois arrivé, j'avais fait la procédure habituelle pour tenter d'ouvrir cette salle étrange. J'étais passé trois fois devant un mur aussi blanc que la neige du printemps, tout en pensant très fort à ce que je désirais. Quelque part, je craignais que me tombe dessus une avalanche de glace, mais rien ne se fit. Rien. Et si finalement, je n'avais pas de chance? J'avais attendu une bonne grosse minute, pire que l'éternité avant qu'un changement ne s'opère. Doucement - ben oui, parce que rien ne la pressait au fond, elle faisait ce qu'elle voulait cette foutue porte! Personne n'avait d'emprise sur elle, elle était totalement libre de faire comme bon lui semblait. Injuste. - la porte se dessina, ancrée au mur. Les contours se firent de plus en plus réels et ce fut avec émerveillement que j'avais pénétré la salle secrète, tant convoitée. Ce n'était pas la grande salle de bal que j'avais l'habitude de voir chez moi, ou en étant invité chez des amis des Collins. Ce n'était pas non plus le palais de bonbons, de glace et de caramel dont j'avais longtemps rêvé, enfant, et adolescent il faut l'avouer. Par contre, c'était l'endroit idéal. Pas trop grand, à peine assez pour constituer mon espace vital. Mais l'endroit avait l'air assez confortable, avec des coussins disposés un peu partout, avec un grand âtre brulant au milieu de la pièce. C'était donc parfaitement parfait, pour moi, et rien que moi.

Trait fin, tracé fluide, mouvement rapide. Rouge, jaune, orange.

Cela faisait bientôt une heure que j'étais devant ce parchemin, autrefois joli. Il avait désormais une couleur... Enfait, j'avais essayé de représenter l'automne, mélangeant le rouge à l'orange, l'orange au jaune pour faire danser les flammes qui réchauffaient mon coeur. Finalement, ça avait une couleur de chiottes, une forme de canard écrasé et une texture dégueue. Je laissai finalement tomber mon pinceau, m'adossant au mur dans un coin de la pièce. Je fermai les yeux dans une attitude plus que désespérée.

La porte s'ouvrit alors, laissant entrer une jeune fille, un peu trop curieuse. J'avais envie de sauter dans un bond, pour lui claquer la porte au nez et lui dire que si elle cherchait les toilettes, c'était en bas. J'étais gentil avec les filles, du moins il ne me semblait pas avoir eu de geste déplacé envers elles jusqu'ici, mais mon espace vital, c'est mon espace vital et il ne fallait absolument que personne ne voie ce parchemin dénué de sens. Tandis que je m'apprêtais à l'envoyer balader, je me rendis compte que je la connaissais. Pas très bien, mais d'une manière profondément étrange. Traice Swily, la jeune asiatique de 2e année à Gryffondor. Nous avions eu une sorte de rencontre assez .. explosive de sentiments. Et j'avais fort espéré la revoir. Merlin était donc de mon côté, et j'avais toutes mes chances, cartes sous table! Je me tapis donc dans l'ombre froide du feu, et la laissai explorer cette mini-salle. Elle n'allait pas mettre longtemps à me découvrir.

La jeune Gryffondor, regard fasciné, s'avança, et tendit la main vers le mur.. D'OU ELLE ARRACHA UN MORCEAU ? J'eus un petit mouvement de recul, avant de me souvenir que je ne pouvais aller plus loin. Cette fille venait de sortir quelque chose d'un mur! Mais écarquillant les yeux, je me rendis compte que c'était enfait un livre... Je me retournai alors discrètement pour regarder dans mon dos. Des livres, partout. Ah bon? Je n'avais même pas remarqué. Secouant la tête pour en venir aux choses intéressantes, je pressai la jeune fille de mon regard.

- Bonjour, Traice.

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@Ambre Serana a écrit:
Je commençais à me dire que tu n'allais pas revenir et que j'allais pleurer toutes les larmes de mon pauvre corps.


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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Lun 31 Oct - 13:52



Il me semblait que cet endroit était fait pour moi. Si j'avais l'âge et l'argent, j'aurais voulu que ma maison ressemble entièrement à cela, succession de petites pièces chaudes, confortable, et pleines de ce divertissement que je chérissais tant : la lecture. Je poussai un soupir d'aise, me disant que je ne savais quelle force supérieur de la métamorphose récompensait ici mes efforts acharnés. Je tournai sur moi-même pour admirer encore cet endroit parfait et chaleureux, lorsque je remarquai sur l'appui de la cheminée, une chose qui n'y était pas quelques secondes auparavant. Curieuse, je laissai chavirer mon livre sur un coussin pourpre, et m'approchai d'une toile appuyée contre le mur. Elle ne semblait pas finie, ou si ?

On pouvait voir que celui qui avait peint cela y avait mis du coeur, mais les couleurs semblaient emmêlées, brouillées, comme si elles avaient décidés de ne pas obéir à leur maître et de se rebeller. J'ignorais totalement à quoi ceal pouvait ressembler réellement, c'était plutot abstrait. Etait-ce beau ? Je n'avais pas d'avis non plus. Je m'y connaissais autant qu'une guigne atrophiée en peinture, me contentant d'un avis subjectif. Les goûts, les couleurs... Chacun avait ses préférences.

Je pris l'oeuvre en main, et la tournai dans tous les sens, essayant de trouver l'endroit de l'envers, mais... Sans succès. Je le remis dans sa position initiale. Soudain, mon visage s'illumina. On aurait dis...


- Un canard écrasé!

Je m'approchai encore, mettant presque mon nez sur la toile, tentant d'en déterminer la couleur.

- Qui a un fort problème de transit... laissais-je tomber platement.

Je reposai la toile sur la cheminée, contente d'avoir pus assoeir un avis sur cette étrange oeuvre. Je m'apprêtai à me détourner définitivement de la cheminée, parée à découvrir tous les secrets de cette bibliothèque tout droit sortie d'un rêve.


- Bonjour, Traice.


Je sursautai, et fis un bon en arrière. Le garçon qui avait parlé se trouvait à un mètre de moi à peine, et lorsque je découvris son identité, je me dis avec horreur qu'il aurait même pus me frôler à n'importe quel instant.

- Dray Collins.

J'avais prononcé son nom d'un tont que j'espèrais neutre. Je n'avais pas envie de lui dire bonjour, dire bonjour était un signe de politesse un peu trop aimable. Il ne me donnait pas envie de l'être. Une petite inquiétude filtrait dans ma voix. Même si ma baguette reposait dans la poche arrière de ma jupe, et que je pensais être capable de me défendre, j'aurais préféré qu'il ne me saute pas ENCORE dessus. Si possible bien entendu. Je reculai encore de quelques pas, juste au cas ou.

Bien entendu, ma réaction pouvait paraître disproportionnée. Mais ce que vous ne savez pas, et que je ne savais pas non plus d'ailleurs il y avait encore quelques temps, c'était que Dray avait une sacrée réputation. J'avais mené une petite enquête dans la salle commune de Gryffondor, mais sans grand espoir. Après tout, même s'il était en deuxième, il était chez les serpentards. Il y avait peu de chances pour que quelqu'un le connaisse réellement.

A mon grand étonnement, plusieurs personnes avaient le nom de Dray Collins sur le bout de la langue. Une certaine Alice me tint la jambe durant une bonne demie heure, pleurant à chaudes larmes, criant à la trahison et à l'abandon. Elle me raconta combien il avait été prévenant et gentil, avant qu'elle ne le retrouve entrain de badiner avec une élève du nom de Virgina. J'avais été ébahie par le nombre de prénom féminin qu'elle me sortit.
Soudain, le voyant là, son éternel sourire charmeur aux lèvres, je n'eus qu'une envie : partir.

Sans lui accorder un regard, je partis dans la direction de la porte, d'un air furax et déterminé... Quand je me rendis compte que la porte avait disparue. Et ouais. Cette salle n'avait pas que des avantages, c'était évident. J 'appuyai ma main contre la pierre froide, mais rien ne se passa.
Je me retournai vers lui, en croisant les bras.


-Alors, comment va Virgina ?

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Dray Collins
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Mer 2 Nov - 19:10

Traice Swily, c'était vraiment le genre de fille que je pouvais haïr sérieusement. Elle était mignonne, mais elle ne se démarquait pas non plus réellement de toutes les filles que j'avais rencontré jusque là. Elle n'était pas très grande, et un peu plate pour son âge. Elle n'était pas non plus le genre de fille qu'on remarquait dans une foule de 10 personnes. Elle avait l'air un peu souvent perdue dans ses pensées, assez distraite et maladroite. Bref, à première vue, elle n'avait rien qui pouvait m'intéresser, outre le fait qu'elle était une fille. Mais à vrai dire, ces choses-là ne sont pas ce qui crée en moi un sentiment d'amertume et de colère. Ce qui me mettait réellement hors de moi, c'était le fait qu'elle n'avait rien d'intéressant à m'offrir, mais que je me sentais tout de même attiré. Par elle.

C'était à s'en arracher les cheveux! Et Merlin seul sait à quel point j'y tiens, à ces cheveux. Depuis le jour où elle m'avait planté dans la salle des trophées, je n'avais pas arrêté de me retourner la cervelle de haut en bas, de gauche à droite, et je l'avais même refait à l'envers. Ma première question était: Pourquoi m'avait-elle planté? La plupart des filles réagissaient dans l'autre sens, pire même, j'étais celui à devoir les repousser. Ensuite: Pourquoi n'avais-je pas réagi ? En temps normal, je me serais relevé, et je l'aurais rattrapé sans aucun mal. Je ne savais pas vraiment ce que je lui aurais fait, mais je l'aurais tout de même rattrapée. A côté de cela, un tas d'autres questions se bousculaient à l'intérieur de ma tête, presque expulsées par mes oreilles.

J'avais mis un temps fou à me l'enlever de la tête. C'était bien la première fille à occuper mes pensées ainsi. De jour comme de nuit, heureux ou malheureux, je pensais à elle. Je ne la connaissais même pas. Elle était loin de l'idéal de fille que je m'étais toujours fait. Cet idéal, je n'y avais jamais réfléchi, je ne l'avais pas façonnée dans ma tête, je n'avais même aucune idée de ce à quoi elle aurait pu ressembler, mais une chose était sûre: Traice Swily n'était pas cet idéal. Loin de là. Pourtant, elle n'avait pas quitté mes pensées depuis que je l'avais rencontrée. J'avais bien essayé de faire semblant de plus penser à elle, mais quoique j'eus fait, elle était revenue à la charge, s'immisçant dans les moindres méandres de mon esprit, évitant les obstacles pour arriver jusqu'à mon âme, la serrant de ses deux petites mains frêles et pâles comme la lune. Je revoyais sa moue concentrée dans la salle des trophées avant que je ne l'interrompe, et puis son expression surprise quand je l'avais abordée, qui s'était rapidement changée en peur, terreur, incompréhension, et enfin en rage, avant de s'en aller et claquer la porte, en ouvrant une nouvelle dans mon esprit. Incompréhension.

- Dray Collins.

Elle prononça ces deux petits mots, qui m'appartenaient, éveillant l'envie dans le moi tout entier. Le simple fait qu'elle ait prononcé mon prénom, puis mon nom... Je comprenais de moins en moins ce qui m'arrivait. J'avais observé ses lèvres bouger dans les moindres détails, suivant ses moindres mouvements. Fasciné. Et puis, la façon dont elle l'avait dit était tellement... amusante. Elle avait essayé de ne laisser transparaître aucune émotion, mais je pouvais lire dans ses yeux une lueur de peur, aussi infime et brève fut-elle. Je l'avais vue non seulement sursauter, mais elle se mit aussi à reculer. J'avais donc la position de dominant dans l'histoire. Il fallait à tout prix que je la garde, coûte que coûte. Mais au delà de ça, il me fallait comprendre pourquoi. Pourquoi son emprise sur mes pensées était aussi grande.

- Je continue à croire que tu me suis, Traice.

Elle recula encore, restant sans réponse. J'avais réellement besoin qu'elle ne s'échappe pas, encore une fois. Je priai donc mentalement, à un Dieu en lequel je ne croyais même pas, qu'elle reste, de quelque manière que ce fut. Je ne savais pas vraiment comment faire pour la retenir, néanmoins j'espérais sincèrement qu'elle ne réussisse pas à m'échapper cette fois. Son regard s'emplit soudain de rage, et elle se retourna dans un bond, si dirigeant à grands pas vers la porte. Néanmoins, elle ne sortit pas, et resta dans la pièce. Un petit sourire illumina mon visage. Etait-ce pour ma divine beauté qu'elle avait décidé de rester? Etait-ce pour mon charisme hors du commun ? Ou alors, elle m'aimait entièrement, tout simple. Un bref petit coup d'œil derrière elle m'informa que la porte avait disparu. Ah bon...

Je me levai dans un petit bond gracieux, lissai lentement mes vêtements du plat de ma main sans la quitter des yeux, et lui fit un sourire qu'elle retiendrait sûrement toute sa vie. Un mélange de malice et de méchanceté, une pointe de désir et agrémenté d'un soupçon sournois. Rien ne pouvait venir nous déranger, et le temps était derrière nous.

Elle me regarda alors faire, les bras croisés.


-Alors, comment va Virgina ?

Virgina ? Qui était Virgina ? Je me grattai la tête d'un air embêté. Les gens, les noms et moi, ça faisait quatre. Je me rappelais bien du nom, mais je n'arrivais pas y mettre un tête. C'était comme un lézard sans queue: inutile. Il était vraiment rare que des noms associés à leur image se figent dans ma tête. Il me semblait vaguement connaître Virgina, mais en même temps, si je ne voyais pas qui c'était, je ne pouvais pas savoir qui c'était. Je haussai les épaules d'un air totalement je-m-en-foutiste et m'avançai dans sa direction.

- Connais pas. De toute façon, ça n'a aucune importance.

Je me baissai pour prendre un coussin au hasard par terre. Il était rond, et en velours vert. Il était assez adorable ce coussin. Un sourire naïf se dessina sur mon visage. Il m'arrivait parfois d'être complètement détourné de ma route et de tout à coup trouver intéressant et attractif quelque chose qui n'a pas lieu d'être. Le cousin était tout petit, pas plus grand qu'un livre, et aussi rond qu'un souaffle. Amusant. Il était en effet amusant de constater l'existence de cette petite chose qui n'avait pas l'air réellement utile. Je caressai le doux velour de mon index avant de relever les yeux sur la jeune fille qui se trouvait dans la même pièce que moi.
Je jetai le petit coussin par terre à contre coeur et me dirigeai une fois de plus vers la fille qui occupait toutes mes pensées.

- J'ai pas arrêté de penser à toi.

Je n'étais plus qu'à quelques pas de la jeune gryffondor. Elle était chez les rouges et or, et moi dans la grande maison de Salazar Serpentard; Elle était petite et m'arrivait à la hauteur de l'épaule alors que nous avions le même âge; nos yeux étaient sombres, mais les siens prenaient une forme majestueuse d'amande tandis que les miens étaient toujours à moitié plissés dans un signe mi-provocateur-mi-sournois; j'avais une carrure d'athlète, et elle semblait frêle et pâle. Tout nous différenciait et nous éloignait, mais seulement quelques pas nous séparaient.


- Explique-moi.

Dans ma voix vibrait une certaine note d'exaspération, d'incompréhension et de colère. Elle n'avait rien pour me plaire, mais je me sentais irrémédiablement attiré par elle, chacun de mes regards sur elle m'enfonçait dans cette brume immobilisante, et pour en trouver la sortie, il me fallait d'abord en comprendre et en retrouver l'origine.

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@Ambre Serana a écrit:
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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Jeu 3 Nov - 13:13

Finally I can see you crystal clear
Go head and sell me out
and I'll lay your shit bare




- Je continue à croire que tu me suis, Traice.

Je retins un petit rire ironique. Comme si je n'avais que cela à faire, vraiment. Bien qu'enfaite, excepté réviser mon cours de métamorphose, je n'avais en effet rien d'autre à faire, sinon, pourquoi me serais-je innocemment installée dans cette pièce ?
Il disait cela pour rire bien entendu. Il était impossible qu'il ai surpris mes regards discrets vers sa table, et de toute façon, je cherchais Jay, pas lui.


- Connais pas. De toute façon, ça n'a aucune importance.

Je pris un air outré, celui qui va habituellement avec des mots comme "salaud", "macho", et d'autres que mon innocente mémoire n'a pas osé retenir. Comment pouvait-il... si peu considérer des gens avec qui il passait du temps, à qui il souriait, peut-être même qu'il embrassait. Il s'était approché discrêtement de moi, et tripotait un des coussins de la pièce. Comme si cette fille et ce coussin, n'étaient eux deux qu'un objet encombrant de plus, il le jeta négligemet sur le côté.

Une fois de plus, je ne pus m'empêcher de le comparer à Jay. Mon Jay. Ils étaient tous deux dans la même année, et à serpentard. Mais j'avais l'impression que c'était la seule chose qu'ils avaient en commun. Je lui jetai un regard plus froid que la mort, histoire de faire un peu baisser sa testostérone, et j'ouvris la bouche pour lui balancer une réplique acide dont seul moi avait le secret. Il était vrai que j'étais timide et d'apparence douce, mais la colère parvenait à me faire dire ce que je cachais habituellement...
Mais avant même que je ne puisse formuler ma sentence, il reprit la parole
:

- J'ai pas arrêté de penser à toi.

Ma bouche se referma. Un silence plana, tandis que je le fixais d'un air étonné mais extrêmement sérieux. Je le regardai dans les yeux pour la première fois depuis le début de notre entrevue. Ils étaient sombres, comme les miens, mais ils avaient quelques choses de particuliers. Ils semblaient transparents, comme si la moindre de ses émotions pouvaient s'y lire avec une facilité déconcertante. Et étrangement... Ce que j'y lis ne me rassura pas. Il semblait sérieux, très sérieux, et surtout troublé. Il s'avança encore. Mon coeur rata un battement avant de reprendre une course folle dont je ne pouvais nier la cause. Allait-il encore me sauter dessus ? Pour la première fois depuis que l'on s'était rencontré, le fait qu'il soit particulièrement beau me sauta aux yeux.

- Tu n'as pas arrêté de penser à moi, hein..., dis-je en chuchotant. Tu mens.

Mes yeux se plissèrent, et un rire sans joie d'une seconde s'échappa de mes lèvres.

- Pourquoi devrais-je te croire, Dray ? Tu ne te rappelles même pas du nom de ta dernière conquête.

Et je n'étais pas l'une d'elle. Je n'étais pas encore tombée définitivement sous son charme, je pouvais respirer sans sa présence, même si celle-ci rendait ce simple mouvement difficile. Je pouvais m'empêcher de jeter un coup d'oeil à sa table durant le déjeuner, je pouvais baisser les yeux en le croisant dans les couloirs. Je pouvais faire tout ça. Je n'étais pas dépendante de lui, d'aucunes façons. Et je ne le serai jamais. Pour cela, il devrait gagner ma confiance, et en le regardant, je me dis que ce n'était pas impossible qu'il y arrive.


- Explique-moi.

Sa voix était pressante, presque rageuse. Encore une fois, le souvenir de son poids sur mon corps et de la panique que j'avais ressentis me revint en mémoire. Je la retins tant bien que mal. Je ne comprenais rien. Etait-il entrain de jouer avec moi comme il le faisait avec toutes les filles depuis son arrivée à Poudlard ? Nous nous étions croisés deux fois à peine, et pourtant, il se permettait de me dire à quel point j'occupais se spensées, de m'en rendre responsable. Il me demandait des explications ? Avais-je le choix ? Nous étions enfermés dans une pièce plus sombre que les cachots, et seul la lumière des flammes caressait nos peau.

Je m'approchai de lui. Un pas, deux pas, trois pas. Je n'étais plus qu'à quelques centimètre de lui. J'ignorai si c'était le feux, ou simplement moi, mais j'avais l'impression qu'il regnait une chaleur toride dans cette pièce. Cette pièce close. Puisque je ne pouvais pas sortir, je voulais règler cette histoire, définitivement.

Je plongeai mes pupilles dans les siennes. Essayant d'y trouver quelques chose de plus, quelque chose qui me rassurerait. Mais on ne pouvait pas tout expliquer dans un regard.


-Arrêtes de jouer, dis-je en chuchotant à nouveau. Sauf que cette fois, il avait du m'entendre avec clareté, vu le peu d'espace qui nous séparait.

J'ignorais pourquoi j'avais parlé si bas. Peut-être parce que ce genre de confrontation, amlgré tout, m'intimidait vraiment. J'avas l'impression de ne jamais avoir ressentis autant d'intensité dans si peu de paroles. Soudain, il me sembla urgent de remettre une distance entre nous.

Je reculai, le souffle court. Son odeur disparu de mon entourage, et je respirai plus facilement sans la pression de son regard. Ou c'est ce que j'essayais de me faire croire.
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Dray Collins
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Particularités: rapide comme l'air. Habitué à fuir les filles hystériques.
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Lun 14 Nov - 21:08

1. 1,2.. en cadence. Boum, boumboum...

Je tâtai ma chemise incertain. Incertain de la provenance de ce bruit dérangeant et incommandant. Il n'était pas sûr, non que dis-je, il était hors de question que mon organe principal me fasse autant du pied, pas pour elle. J'avais aussi cette étrange impression, que j'éprouvais souvent quand je parcourais de longues distances à vitesse soutenue. C'était comme si mon coeur désirait sortir de ma poitrine, je l'entendais presque me crier de le libéré, et j'aurais bien accédé à sa requête, si je n'avais pas autant peur qu'il bondisse droit sur Traice pour ne plus jamais la quitter. Le coeur, c'est un organe vital, tellement incompréhensible, et fragile comme la peste. Une fois quelque chose l'a touché, il ne peut plus s'en décoller.


- Tu n'as pas arrêté de penser à moi, hein...,

Main sur le coeur, afin de tenter ses ardeurs et ses passions enflammées, je la fixai en essayant de faire disparaitre tout intérêt de mon regard. Cette fille n'était pas belle. *Mais mignonne... STOP.* Cette fille n'était pas grande. *Mais adorable... ARRÊTEZ-CA.* Et puis, elle était dans une maison avec laquelle je ne pouvais théoriquement pas fraterniser. *Pourtant ton meilleur ami est à Gryffondor... CA SUFFIT!*. Je fermai les yeux pour inspirer un grand coup. J'avais besoin d'air, besoin de mon espace vital. Me retrouver dans une pièce aussi petite avec une fille ne m'aurait normalement nullement dérangé. Mais pas avec Traice, ça aurait pu être n'importe qui, même une 7e année, je ne me serais jamais senti jamais aussi oppressé qu'avec elle.

- Tu mens.

Tandis qu'une grande bouffée me passait par la bouche, je m'étouffai sur le moment, toussant à grands bruits. Comment ça ? Je toussai encore un petit moment avant de darder sur elle un regard noir de colère. De quel droit se permettait-elle de lancer ça à tout bout de saucisse comme si on était à la fête du boudin? Jamais encore je n'avais menti, bien sur j'exagérais sûrement, il arrive à tout le monde de mentir, même involontairement un mensonge reste un mensonge, mais je ne trouvais aucun avantage à raconter des salades. Ceux qui mentent sont ceux qui sont faibles, ou démunis. Ils s'inventent une autre réalité pour masquer celle qui ne leur correspond pas. En tout cas moi, ma vie actuelle, présente et définitive me convenait parfaitement. Tout en la fixant, je sentais mon coeur, presque calmé, reprendre sa cadence effrénée. Et cette fois, je savais pourquoi. La rage m'enveloppait peu à peu dans son manteau dur et froid. Même si un voile de tristesse l'accompagnait. Elle ne me croyait donc pas. C'était vrai que j'avais un peu l'air d'un joueur, ce que, je devais avouer, était totalement vrai, mais... A force de trop jouer, plus personne ne finit par vous croire, ce sont les risques du métier.

- Pourquoi devrais-je te croire, Dray ? Tu ne te rappelles même pas du nom de ta dernière conquête.


J'avais tellement envie de lui crier qu'elle se trompait. Enfin... pas sur ce point, mais je ne mentais pas. Et ma dernière conquête n'avait pas du être assez importante pour que je me rappelle son nom. Les gens dont je retenais le nom étaient toujours ceux qui m'avaient marqué ou qui étaient assez importants pour moi. Elle en l'occurrence ne l'avait surement pas été. Les gens qu'on connait ne se comptent pas. Les gens qu'on connait réellement se comptent sur les doigts de la main. S'il me fallait retenir des noms, alors autant retenir ceux qui en valaient la peine. Je voulais, là tout de suite, l'attraper par la gorge et la plaquer contre le mur, lui susurrer gentiment ce que j'en pensais, lui foutre une trouille royale, et m'en aller en claquant la porte à en faire vrombir tous les murs de Poudlard. Ciel, que j'en avais envie. Mais je me contenus, me disant que peut-être un jour elle comprendrait qu'en ayant rencontré Dray Collins et en ayant captivé ainsi son attention, elle s'était vouée à une existence trop calme pour être vraie. Elle s'était elle-même jetée en enfer.

Doucement, elle s'était rapprochée, pas après pas. Chaque battement de mon coeur s'intensifiait, plus grondant que jamais. Les coeurs ne sont pas aussi dociles que les dragons, il n'en font qu'à leur tête, mais comme ils n'ont en pas, c'est la merde. Je pressai ma poitrine de ma simple main droite, essayant d'atteindre le point vital en murmurant intérieurement qu'il n'avais aucune raison de battre aussi vite pour une telle personne. Nos regards se cherchèrent, se croisèrent, et s'emmêlèrent. Le temps coulait, plus vite encore que ma grand-mère sur un balais. Je ne pouvais mettre fin à cet instant sans craindre les foudres du ciel, qui reluisaient dans ses pupilles fines. Elle se rapprocha, encore, et encore. Quelques centimètres ne séparaient. D'infimes centimètres qui valaient tout l'or du monde car qui sait ce qu'il serait arrivé si cet espace anodin n'avait pas existé?

-Arrêtes de jouer.

Ces mots, ces trois simples mots, étaient sortis de sa bouche tels de murmures sans échos, destinés à exécuter tout ce qu'ils trouvaient sur leur chemin. Moi en l'occurrence. De rage, j'insufflai. Il existe des personnes dans le monde, qu'on appelle des magiciens. Ils prennent des éléments anodins, sans valeur seuls, et les mettent ensemble pour constituer quelque chose de grand et fabuleux. Les mots seuls, ne valaient rien - bien sûr, on ne compte pas le "moi", qui est détestable dit-on - mais une fois assemblés, embrochés et alignés, ils peuvent tuer. Et là en l'occurrence, je me sentais tué. Tué par des mots. Vous m'en direz tant. De rage, de colère et d'exaspération, j'insufflai, une nouvelle fois, oui. Je la foudroyai du regard, y portant toute la colère du monde.


- Le jeu a cessé depuis le moment où tu as décidé d'y jouer.

Elle se recula, et inspira fortement comme étouffée par le manque d'air. Regard chargé d'éclair et d'incendies, je marchai en sa direction, d'un pas lent et grave. Elle allait regretter le jeu finalement. J'avançai toujours et encore, jusqu'à l'acculer contre le mur qui avait plus tôt abrité une porte d'entrée. Il n'y avait plus rien entre nous désormais. Nous prenions encore moins d'espace qu'auparavant. J'abattis violemment mes mains de part et d'autre de sa tête, faisant mine que la situation n'avait pas l'air si grave qu'elle le semblait. Enfin, je levai sur elle mon regard empli des foudres du monde, empli de toutes les reproches possibles et imaginables. Je m'approchai encore plus, le plus possible. De ma grande taille, je pouvais quasiment voir le mur au-dessus de sa tête, ce qui me fit sourire. Je gardai néanmoins mon regard rivé dans les yeux bridés de la petite rouge et or. Des minutes entières s'écoulèrent, personne ne pipa mot. Je pouvais entendre mon coeur battre la chamade, et chose étrange, je pouvais aussi entendre le sien.

J'approchai alors mon visage du sien, à un tel point que je pouvais percevoir sa respiration haletante. A un tel point que le bout de mon nez frôlait le sien. Un sourire se dessina sur mes lèvres, tandis que j'aspirais aux siennes. Cette Traice Swily était vraiment un étrange personnage. Comment pouvait-elle me tenir autant en haleine, tout en me repoussant? Ah force des bas nylons, quand vous nous tenez. Mon sourire s'élargit en pensant à toutes les choses que j'aurais pu lui faire là maintenant. Je voulais qu'elle s'en souvienne longtemps, on ne s'en prend pas à Dray Collins ainsi, impunément. Je pouvais l'effrayer de diverses façons différentes. La plus simple et la plus efficace était sûrement celle que je me plaisais bien souvent à utiliser.


- Tu n'imagines même pas tout ce qui me passe par la tête, là maintenant.

J'approchai mon visage plus encore, ne laissant plus qu'un infime espace entre nos deux visages. Nos lèvres n'étaient plus qu'à quelques millimètres. Je suspendis alors le temps, retenant mon souffle. J'hésitais encore à la marquer au fer rouge à jamais, ou alors à la planter là et à sortir de cette maudite salle ou l'air commençait à manquer. De toute façon, elle, ne m'aurait jamais embrassé, sa fragile conception n'aurait jamais même envisagé ce fait, si j'en déduisais par l'expression de son visage. Je ne bougeai tout de même pas, espérant peut-être un geste brave et inopiné de cette sois-disant courageuse lionne.

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@Ambre Serana a écrit:
Je commençais à me dire que tu n'allais pas revenir et que j'allais pleurer toutes les larmes de mon pauvre corps.


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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Well it's nice to meet you sir. [PV]   Dim 20 Nov - 22:59





- Le jeu a cessé depuis le moment où tu as décidé d'y jouer.

Il avait l'air furax, c'était le moins que l'on pouvait dire. Et je ne comprenais pas pourquoi. De quel droit exigeait-il de moi que je le crois ? Il agissait comme si je devais répondre à la moindre de ses attentes, comme si mes sentiments n'étaient que secondaires. Je me rendis soudain compte à quel point il était égoïste. Me connaissait-il vraiment en dehors de nos quelques entrevues ? Certes elles avaient été riches en émotions, mais jamais il ne m'avait posée une question sur moi. Ou sur ce que je ressentais pour lui.

Mais il était vrai que je ne m'étais jamais posée la question non plus. Pourrais-je y répondre honnêtement ? J'avais l'intuition que Dray n'avait pas finis de m'imposer son emprise et ses volontés.

Il se rapprocha de moi. J'avais l'impression de rejouer l'éternelle scène d'une valse malsaine. Un pas en avant, trois pas en arrière. Dray et moi. Moi et Dray. Qui aurait pus croire que cette deuxième année m'apporterait tant de questions en si peu de temps... Sauf que Dray semblait lasse de me voir reculer, encore une fois. Ne pouvait-il pas comprendre ? Je n'étais pas une simple poupée dont il pouvait disposer lorsqu'il en avait envie. J'avais le droit de ne pas vouloir de lui. Je voulais qu'il le comprenne, le comprenne vraiment.
Tandis qu'il continuait de s'approcher de moi, son regard trop sérieux tourné vers moi, je me dis que j'aurais vraiment aimé pouvoir lui faire confiance. Mais je ne connaissais tellement rien de lui, sinon la réputation qu'il semblait vouloir continuer d'entretenir. Je n'étais pas dupe. Et je ne laisserai pas l'étrange élan que je ressentais toujours à son approche m'enlever la véritable image de Dray Collins. Pour cela, il faudrait qu'il parvienne à me montrer autre chose de lui que cette part sombre et dominatrice. Que je me sente autre chose que prisonnière dans son ombre.

Mes pensées remuaient tandis que je reculais. Il semblait que Dray et moi reproduisions toujours le même schéma. L'attirance, la répulsion, comme une danse folle de sensations et de frustations. Tour à tour, nous la menions, mais aujourd'hui, il semblait déterminé à accélerer la cadence. Il m'accula contre un mur, et j'eus la ridicule impression d'être dans un mauvais film d'horreur. Etait-ce le moment ou il devait sortir un couteau de sa poche en prévision d'un crime passionnel stupide et inutile ? Si c'était le cas, j'espèrais qu'il aurait au moins le respect de ne pas me poignarder la gorge. Ou dans le dos. Pas un endroit qui saignait trop non plus, je préferais restée présentable, quitte à être morte.

J'étais coincée. Je ne comprenais pas pourquoi la porte ne réaparaissait pas, puisque je le désirais si ardement... Ou je le croyais. Ses bras m'emprisonnaient, et son visage n'était qu'à quelques centimètre du mien, mais je refusais de le regarder. Le rouge me montait au joue. A quoi voulait-il en venir ? Que cherchait-il ? Ce n'était pas comme ça que quelque chose changerait, ce n'était pas comme ça que quelque chose... évoluerait.

Il s'approcha encore et encore. Je ne pouvais plus détourner le regard. Et celui-ci n'était que reproches et rancoeur. J'étais comme paralysée par son regard. Il était partout, contre moi, autours de moi, et son regard semblait lire dans la moindre de mes pensées. Mais était-ce vraiment le cas ? Ne prenait-il pas le trouble de mon regard pour autre chose que pour simplement la peur qui m'étreignait les tripes ? Je détestais tellement lorsqu'il faisait cela. Disposer de moi comme si je n'attendais que cela.

Il se mit à sourire. Et moi je sentis des larmes de rage me monter aux yeux. Non, Dray, ce n'était pas l'émotion de te sentir si près de moi, même si mes joues brûlaient encore de ton souffle sur ma bouche. Je n'en revenais pas de la situation dans laquelle je m'étais embarquée. Mais je n'étais pas n'importe qui. Comme l'avais dis Jay, j'étais Traice Swily quand même. Il était hors de question que je reste là, le regard humide et mes lèvres à portée des siennes... Pas tant qu'il me considérerait comme un morceau de viande juste un peu plus appêtissant que les autres en tout cas.


- Tu n'imagines même pas tout ce qui me passe par la tête, là maintenant.

Je sentis la chaleur de son corps traverser le mien tandis qu'il approchait encore ses lèvres des miennes. Mon coeur rata un battement et sembla pourtant retentir encore plus fort à mes oreilles. L'envie me pris soudain de cèder. Cèder à la tentation qui me tenait les tripes depuis des semaines. Cèder pour enfin donner à Dray ce qu'il voulait, et oublier les larmes brûlantes de rage et d'émoi qui coulaient sur mes joues rouges. Mes lèvres effleurèrent les siennes... Nos souffles se mêlèrent.

Soudain, je reculai ma tête et basculai sur le côté. Dray se retrouva à son tour contre le mur de pierre. J'étais à présent à un mètre de lui. Distance respectable, enfin. Tremblante, je le fixai, essuyant les larmes qui marbraient mon visage
.

- Oh, si, j'imagine très bien, au contraire. dis-je avec dégoût.

Mes larmes avaient cessées, et maintenant mon regard glassé ne laissait plus place à aucuns doutes. J'aurais tant voulu qu'il comprenne par lui-même, mais il semblait résolu à faire avec moi comme avec toutes les autres. Je ris en me demandant ce que j'avais bien pus espèrer d'un type comme Dray.

- Ne m'approches plus, Dray Collins. Trouves-toi une autre marionette à manipulée. Tu ne m'auras pas comme ça.

Cette phrase remua à nouveau toute la rage, étrangement disproportionnée que je ressentais pour lui. Les larmes recoulèrent, et cela m'énerva encore plus. Je ne voulais pas lui montrer un seul signe de faiblesse.

- SORS ! hurlais-je, d'une voix embrumée.

Tout d'un coup, la porte réapparu derrière Dray. Ma volonté était réapparue, un peu tard certes. Elle s'ouvrit à la volée, et il bascula hors de cette pièce étrange. Dray disparu de ma vue, et la pierre reprit ses droits. S'en était fini pour ajourd'hui, et le serpentard me laissait plus tremblante et troublée que jamais.

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