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Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]

 

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 Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Lun 29 Aoû - 20:39

[Contexte : juste après l'attaque des mangemorts]

C'est dans ces moments-là que je me faisais un peu peur. Je veux dire, tout le monde sait que dans les pires moments on est capables des pires choses, à part ceux qui n'ont pas de personnalité, mais ça, c'est leur problème, et le dernier des miens. Mais gentil comme méchant, Serpentard comme Gryffondor, fille comme garçon, il arrive des jours où on peut faire tout et n'importe quoi. En mal comme en bien. Où la raison et la conscience peuvent toujours aller se brosser pour qu'on les écoute. Déjà que je les écoutais pas des masses, imaginez un peu dans un cas pareil...

Autant vous dire qu'à partir du moment où on touchait un cheveu de ceux qui m'étaient proches, forcément, ça ne pouvait pas passer. Mais alors pas du tout. Autant dire une deuxième fois que si EN PLUS je n'avais même pas pu intervenir et empêcher ça, ça passait encore moins. Autant dire, pour finir, que mon état s'apparentait à celui d'un Grizzli affamé qu'on aurait réveillé en pleine hibernation. D'accord, il en fallait peu pour que je m'énerve, certes. Mais je pense qu'honnêtement, chacun reconnaîtra que quand on voit ses potes et sa meuf tabassés sous ses propres yeux, il y a de quoi péter une durite. C'était mon cas. Je ne m'étais jamais senti comme ça. J'avais l'impression qu'on m'avait mis dans les veines un mélange de crack, de coke, de café et de sucre. Que j'allais exploser, mais vraiment exploser, au moindre petit truc qui me foutrait d'avantage sur les nerfs. Tout le monde criait partout, les gens couraient, se poussaient. Je n'entendais qu'un brouhaha et au fond de moi c'était le silence total, le genre de calme super flippant qui précède une explosion atomique.

Ces enfoirés de Mangemorts avaient déclenché une espèce de minuterie en moi, qui ne s'arrêterait que quand je leur aurais tous arraché les ongles un par un et que je leur aurais fait bouffer avec du piment. J'étais souvent, quand j'étais en colère, guidé par la rage. Aujourd'hui, j'avais l'impression de découvrir vraiment le sens du mot rage. Tout mon corps me paraissait brûlant, j'avais les muscles tendus, et mes poings me démangeaient tant j'avais envie de les abattre sur tous les connards du monde. Putain, si un Serpentard croisait mon chemin, je ne donnais pas cher de sa peau. Mais évidemment, ces fils de lâches, si tôt que Poudlard avait capitulé, ils s'étaient bien empressés de se retrouver pour fêter ça avec du champomy et des cotillons, mais alors, pas un, pas un seul, pour se montrer devant nous, pour oser faire face à ceux qui tant bien que mal avaient essayé de résister... Je revoyais Lyra, je revoyais Katie, Wayne, tous les Gryffondor et les Poufsouffle qui avaient essayé de lutter. Je revoyais ces idiots de Serdaigle essayer de se réunir pour discuter de la tactique alors que nous étions au cœur même de la bataille. Je revoyais, surtout, tous ceux qui avaient souffert sur la baguette es Mangemort. Je revoyais ma propre impuissance. Je revoyais Lilian baignant dans son sang, Hadrian pleurant sa sœur, Lyra aussi mais qui essayait comme moi de faire quelque chose. Pourquoi je n'avais pas pleuré? Aucune idée. Il y avait beaucoup d'élèves en larmes autour de moi, même maintenant, dans les couloirs. Ce n'était pas une question d'honneur : je n'avais pas eu le temps d'y penser. Le fait est que j'avais tellement de haine et d'énergie à revendre que je ne pensais qu'à une chose : la revanche. La vengeance. Ils allaient payer, ces enculés.

Les profs nous avaient ordonné de rentrer dans nos salles communes, mais ils avaient trop à faire pour se faire respecter. Qui aurait pensé à obéir alors qu'un bon nombre d'élèves était blessé, soit parce qu'ils s'étaient battus et avaient été mis à terre, soit parce que ces lâches de racistes de Mangemort avaient décidé de s'en servir de jouet? Oh, oui, c'était intelligent. Ah bravo, super, le sang-pur, ça fait vraiment faire des choses merveilleuses. Torturer un gamin ou une gamine même pas en âge ou en capacité de se défendre? Glorieux! S'en servir d'otage pour prendre possession d'une école? Admirable! Je dus m'arrêter et m'adosser contre le mur : j'avais envie de gerber. Vraiment. Cette attitude de looser méprisable me donnait la nausée. Je ne voyais rien que ma haine, j'étais comme dans un autre monde, étranger à tous les gens qui se pressaient dans tous les sens. Je repris ma course vers l'infirmerie, comme la plupart des élèves. Je soutins même un petit deuxième année qui boitait jusqu'à la porte. Mais je n'arrivais à rien dire, j'avais la mâchoire crispée. J'étais guidé par une puissante envie de destruction.

Est-ce qu'ils allaient bien? Cette question me vrillait le cerveau. Je ne pourrais me calmer qu'après les avoir tous vus. Et encore. Je n'avais pas fini d'élaborer des plans de vengeance. Mais je me sentais tellement, tellement inutile, seul, ou avec quelques autres qui me rejoindraient sûrement, mais qu'est-ce qu'on était face à un groupe de Mangemorts armés jusqu'aux dents? Ce n'était de toute façon pas ça qui allait m'arrêter. J'allais me battre, et la suite, on verrait après. Cette sensation d'impuissance était pire qu'insupportable.

Lilian, Taylord, Haruhi, Daniel, Megane, Holly, Katie, James, Heather et tous les autres... Si un seul, un seul, ne survivait pas, je prendrais un gun et j'irais buter tout ce beau monde. Après tout, peut-être qu'un bon carton à la moldue prendrait ces débiles par surprise?

Attendre avant de les voir, attendre tout seul comme un con dans notre putain de salle commune relevait de la torture, tiens, puisqu'on parle d'elle. Les heures qui passèrent je les laissai filer comme un zombie, essayant d'atténuer de temps à autres l'agitation des autres. J'avais l'impression d'être dans un asile. Et je ne me sentais pas moins fou qu'eux. Avant d'être capable de faire quoi que ce soit de sensé, il fallait juste que je les vois, que je m'assure qu'ils allaient bien. Quand on nous permis, enfin, d'aller les voir, je filai sans demander mon reste.

Devant l'infirmerie, les gens se bousculaient mais je m'en foutais, et je jouais des coudes tout autant pour avancer. Je ne pensais à rien d'autre. Je mis quelque secondes à me rendre compte que j'étais face à quelqu'un qui me barrait la route, et que ce quelqu'un, je le connaissais bien, et que même s'il n'était pas Serpentard, c'était un peu la dernière personne qu'il fallait placer sur ma route. Dans le genre punching-ball, c'était juste le champion toutes catégories confondues.


- Qu'est-ce que tu fous là, toi?! aboyai-je en le poussant violemment, comme si je voulais me battre avec lui. En fait, j'en mourrais d'envie. Je ne pouvais pas retenir toute cette colère en moi. Mais une petite voix me disait, une putain de petite voix, qu'aujourd'hui, nous n'étions pas ennemis. Et ça me faisait chier. Mais je ne l'avais pas vu, dans la Grande Salle. Alors qu'il ne me raconte pas de salades.

- T'es pas en train de chialer dans ton coin? Rentre dans ton dortoir, c'est pas de fillettes dont on a besoin, là.

J'avais les poings serrés, et tout mon corps était tendu. Ce n'était vraiment pas le moment de me faire chier.

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CHUCK CARLTON
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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Ven 2 Sep - 1:18

[Hum. Ce RP a pris une proportion étonnante ! XDXDXD
Aussi, si quelqu'un nous lit, je tiens à préciser que j'ai toutes les bénédictions du monde pour les dialogues hors-RP (en même temps, j'ai eu vite fait le tour des demandes de permissions… ) ]


--


J'étais comme une machine, tandis que mes cinq sens me revenaient un par un.

Un. L'odorat. La puanteur du sang mêlée à une odeur entêtante de potions de soins multiples. Je jouai à les repérer et nommai intérieurement celles que je parvenais à reconnaître les yeux fermés. Cela me calma, de constater que je n'avais perdu aucune de mes capacités dans ce domaine, et détourna brièvement mon attention.

Deux. Le goût. La salive rance au fond de ma gorge sèche, comme après une soirée bien arrosée. Je n'avais pas beaucoup d'expérience en la matière – pas du tout en fait, d'ailleurs, je ne tenais pas bien l'alcool. Mais c'était ce goût là, ce goût de sale qui donne envie de se rincer la bouche aussi sec.

Trois. Le toucher. Le sentiment d'être écrasé sur quelque chose de mou mais pas suffisamment mou pour qu'on est envie d'y être allongé. Rien de cassé a priori mais des douleurs par ci par là. Quelqu'un a dû me marcher sur la jambe gauche, au niveau de la cuisse. Ma mâchoire m'élance un peu. C'est à peu près tout.

Quatre. L'ouïe. Un brouhaha incohérent de pleurs, de gémissements, de cris, de plaintes. Comme une gigantesque créature à mille tête qui appellerait à l'aide.



Cinq.

La vue.




Apocalypse : Jour 2.




… On croit toujours que la fin du monde ne connaît pas de lendemain, précisément parce que, comme son nom l'indique, c'est une fin, mais eh ! le monde ne s'arrête jamais de tourner, vous savez ? C'était cela le plus étrange, d'ailleurs.

Il y avait eu l'attaque – c'est ça, une attaque.

Le cauchemar.

C'était en fait assez irréel. Et ma relation avec la réalité est plutôt profonde. En général.

Mais maintenant, j'étais réveillé. Et je constatais que le cauchemar ne prenait pas fin. Le cauchemar continuait, se développait, fleurissait et faisait des petits, des mini-cauchemars qui prenaient peu à peu possession de Poudlard, avec moins de brutalité mais plus rapidement que leur papa-cauchemar. Mais les cauchemars sont bien des mâles, non ? Remarquez, c'est d'un sexisme. Remarquez bis, un rêve, c'est masculin aussi. Non ? Donc, pas de sexisme, oubliez le sexisme.

J'étais encore un peu sonné, d'accord.

D'accord. Donc.

Où étais-je ?

Je me trouvais dans un lieu que j'avais parfois – mais rarement – fréquenté aux cours de mes années à Poudlard, lorsque mes expériences prenaient une tournure déplaisante que je n'étais pas en mesure de contrôler. Fort heureusement, c'était plutôt rare. Dans la plupart des cas, j'étais venu parce que Le Chat s'était encore fourré dans une de ces situations impossibles dont il avait le secret. Comment avait-il fait son compte pour qu'une paire de pattes supplémentaire lui pousse dans le dos ? Mystère et boule de suie. A ce jour, Madame Pomfresh, pourtant grande experte en soins aux créatures de toutes sortes, n'avait pu trouvé de réponse – bien qu'elle me jeta de plus en plus fréquemment des coups d'œil soupçonneux.

Vous l'avez compris, j'étais à l'infirmerie. Bien sûr, je l'avais compris avant vous, mais c'est parce que le blanc lumineux de la pièce était révélateur, quoiqu'encore flou.

Je venais de me réveiller, certes, mais pas dans un matelas de plumes d'oie et ça n'allait pas aller, mais alors pas du tout ! car j'étais venu assez régulièrement tout de même pour savoir que les lits de l'infirmerie valaient bien ceux de Buckingham Palace. Tant qu'à être malade, blessé, au bord de la mort ; autant être allongé sur quelque chose de royal, non ? C'est comme les vieux qui en dernière volonté souhaitent que leurs cendres soient répandues à Hawaii : on respecte !

Je me redressai. Ça picotait un peu partout, mais je survivrais. De toute façon, il n'était rien que Madame Pomfresh puisse faire pour moi à cet instant, car elle était seule, faiblement aidée d'un groupe de volontaires dont un pouce ne se serait pas senti jaloux, à s'occuper du monde qui grouillait dans la pièce. Car oui, du monde, il y en avait. En fait nous n'étions probablement pas si nombreux mais la pièce paraissait soudain étroite malgré le blanc aveuglant des murs. D'habitude, cet endroit était un lieu de silence et de repos. Là, c'était la crise.

Mon regard fut attiré par les allées et venues de Madame Pomfresh et je me concentrai pour essayer de voir le cas dont elle s'occupait à présent. Mon estomac se tordit quand je compris que cette masse sanguinolente était en fait le corps meurtri de Lilian Easter. Un peu plus loin, Wayne Harris, qui s'était manifestement porté volontaire, était penché sur une élève de première année et essayait d'écarter son amie qui pleurait en lui serrant convulsivement la main. Il avait le dos tourné à Megane Parry et j'imaginais les efforts considérables qu'il devait faire pour ne pas céder à la panique générale.


– Silence ! tonna une voix grave. SILENCE !

Toutes les voix se turent alors très vite. Au prix d'un certain effort – rien de grave, continuai-je de me répéter – je parvins à me mettre sur mes jambes et, titubant légèrement, je me tournai vers la porte de l'infirmerie. Dans l'encadrement se tenait un grand type sombre – cheveux, peau, yeux, tenue, tout y était et surtout l'aura qu'il dégageait.

– Chers enfants, dit-il d'une voix affable alors que, de derrière lui, surgissaient un autre homme et une femme qui marchèrent vers nous d'un air menaçant. Votre infirmière a beaucoup de travail. Je sais que vous êtes tous très bouleversés, mais je vous prierai de quitter cette pièce si vous avez encore l'usage de vos deux jambes.

Ces mots, d'apparence inoffensive, me donnèrent la chair de poule.

– Madame Pomfresh a besoin d'assistance, s'éleva alors la voix de Wayne.

Je jetai un coup d'œil derrière mon épaule. Le Poufsouffle, une main posée sur l'épaule de la gamine hystérique de tout à l'heure, soutenait calmement le regard de l'autre.

– Laissez ceux qui se sont portés volontaires l'aider à soigner les blessés.

Le type – Winch, Sacha Winch, ça me revenait maintenant, la Gazette en avait parlé – s'avança lentement, sans changer d'expression. Il jaugea Wayne du regard un moment, puis fit un signe de tête, très rapide et presque invisible, à l'autre homme qui était entré dans la pièce. Celui-ci répondit au signe par une hochement de tête plus franc et, avec un demi-sourire, pointa sa baguette sur Wayne si rapidement que personne n'eut le temps de réagir. Sauf qu'il ne visait pas Wayne.

– Endoloris !

La petite fille à côté de Harris s'effondra soudain en hurlant, frappée par le sortilège. Le Poufsouffle perdit instantanément son sang-froid, les suppliant d'arrêter de torturer l'innocente, pendant que d'autres enfants terrorisés recommençaient à crier. Tétanisé, j'observai la gamine – et j'eus un flash. En l'espace d'une seconde, les images défilèrent sous mes yeux écarquillés. Le Mangemort. Taylord. Un rire. Candy. Un éclair. Plus rien.

Les cris s'étaient arrêtés.


– Aucune révolte ne sera tolérée, déclara Winch dans le silence.

Les élèves éveillés, en état de se déplacer et ne souffrant d'aucune blessure grave, sortirent un à un de la pièce, certains poussés ou tirés par le bras par un des Mangemorts toujours muets, comme si Winch était le cerveau qui commandait aux membres de corps exécutoire. J'eus le temps d'apercevoir Taylord une dernière fois avant que la porte ne se referme derrière nous. Cette vision allait me hanter encore longtemps.

----


– Je n'en peux plus. Je ne supporte plus tout ça !

Nous étions dans la salle commune. Malgré les instructions du Professeur Jones, presque personne n'était allé se coucher la veille et certains s'étaient endormis d'épuisement. Scott tournait en rond depuis une demi-heure pour rester éveillé, mais je n'en ressentais pas le besoin. C'était tout ce qu'il y avait à faire désormais : attendre. Enfoncé dans un fauteuil, le regard fixe, les doigts pressés contre les autres soutenant mon menton, je m'efforçai de ne penser à rien de ce que j'avais vu dans la Grande Salle.

– Du calme, Scott, dis-je machinalement.

Scott soupira, agacé sans doute par ce que ma réponse avait de cliché dans ce genre de situation, mais trop conscient qu'il s'agissait d'un bon conseil pour l'écarter. C'était un type intelligent, Scott McBeth, une tête pensante, et il savait même dans ces moments là faire la distinction entre une bonne et une mauvaise réaction. S'énerver les uns contre les autres ne servirait à rien.


– Je voudrais tellement savoir…

Je l'observai. Il était pâle, même pour un Ecossais, bien plus que d'habitude, et ses yeux étaient rouges d'avoir contemplé le vide toute la nuit et toute la matinée.

– Taylord ?

Il hocha simplement la tête, la gorge visiblement trop nouée pour parler.

– Oui, moi aussi, murmurai-je.

Il ne réagit pas, ce qui était bien le signe de sa détresse.


– Jones viendra bientôt nous dire qu'on peut lui rendre visite à l'infirmerie.
– Pas moi,
répliqua Scott.
– Plaît-il ? fis-je, sûr d'avoir mal entendu.
– Je dis : « pas moi, » répéta-t-il d'une voix plus forte. Winch sait que je suis… sang pur.

Il cracha ces deux mots avec une haine que je ne lui connaissais pas.

– La nuit de l'attaque, il m'a vu avec elle… J'ignore ce qu'il sait à son sujet, mais il m'a clairement fait comprendre que notre relation le dégoûtait. S'il me voit à son chevet, je ne sais pas de quoi il serait capable. Mais tout ce que je souhaite, c'est savoir qu'elle va bien !…

----

Jones finit par arriver en effet. Les traits tirés, notre Directrice de Maison afficha néanmoins le même sourire que celui qu'elle arborait quand l'un de ses élèves la satisfaisait particulièrement. Elle nous exprima sa fierté quant à notre comportement de la nuit précédente, avant de nous informer que nous pouvions désormais descendre à l'infirmerie pour s'enquérir de l'état de nos amis, mais seulement un à la fois et une seule fois par jour pendant dix minutes.

– Vas-y, me pria Scott. Y aller moi-même serait dangereux pour Taylord.

Je voyais bien le déchirement que la situation représentait pour lui et acceptai sans un commentaire. Après tout, je ne m'étais jamais senti aussi mal de ma vie, et je savais que ça ne pourrait s'améliorer tant que je n'aurais pas vue la magnifique et brillante Taylord Reegan, vivante, respirante, et en bonne santé.

Tout comme le soir de l'attaque, le couloir de l'infirmerie était bondé. Il y avait essentiellement des Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle, plus une Serpentard que tout le monde dévisageait avec hargne, ce dont la pauvre essayait de ne pas s'offenser. Malgré tout ce qui se passait, je n'arrivais pas à haïr les Serpentard. Certains comptaient parmi mes connaissances – ma propre sœur en était une –, que j'appréciais. En revanche, en dépit de tout leur courage et de leurs qualités indéniables, certains Gryffondor m'irritaient particulièrement.

Et précisément, alors même que me venait cette pensée, Chuck Carlton surgit devant moi. Il avait un regard de tueur, et ce regard était focalisé sur moi. Certaines choses ne changent jamais, songeai-je soudain, presque amusé par ce que la situation avait de normal. La colère de Carlton à mon égard était tout juste exacerbée par les évènements. Pour une raison inexplicable, cela me soulagea presque de l'entendre me crier dessus.


– Qu'est-ce que tu fous là, toi ?!

Sa façon de me pousser brutalement m'amusa beaucoup moins, mais je ne répondis pas. J'étais même trop secoué pour émettre le "ho !"/"mais tu es fou !" d'usage dans ces moments de conflit. Carlton était vraiment en colère, et il avait besoin de passer ses nerfs sur quelqu'un. Et j'étais là, tout prêt à servir de punching-ball.

– T'es pas en train de chialer dans ton coin ? Rentre dans ton dortoir, c'est pas de fillettes dont on a besoin, là.

Je me dressai alors de toute ma hauteur. J'étais plus grand que lui, quoique moins carré et large au niveau des épaules. La réalité de ce que j'étais m'apparu aussi clairement que si j'avais été un simple spectateur : un grand idiot qui ripostait toujours aux attaques stupides de Chuck avec ce dédain, cette ironie amère et vexée, tentant par tous les moyens de prouver que je n'avais pas perdu la face. Nous étions aussi pathétiques l'un que l'autre. Alors je réagis moi aussi violemment.

– Dégage, grondai-je en le poussant de la manière exacte qu'il m'avait poussé.

Contrairement à lui, le timbre de ma voix était encore calme, anormalement grave mais surtout lourd de menaces.


– Tu crois vraiment qu'on a le temps pour ça ? T'as pas mieux à faire que de te battre avec moi ? Abruti ! Ta copine est à l'intérieur, tu ferais mieux de t'inquiéter à son sujet plutôt que de venir me faire chier !

C'était bien la première fois que je m'adressai à lui – à n'importe qui, en fait – dans un langage aussi cru !

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Mer 7 Sep - 15:26

Je ne peux pas dire qu'il m'était souvent arrivé ce genre de situations - heureusement d'ailleurs. Mais j'avais quand même grandi dans la rue, et si les banlieues de Bristol ne ressemblaient en rien aux quartiers chauds du Bronx, j'y avais fait quand même quelques rencontres que j'aurais préféré éviter. Notamment le soir où je rentrais d'une fête dans la cave d'un pote, très drôle d'ailleurs, car les keufs avaient débarqués et du coup on avait du se barrer par les égouts, et on était ressorti en plein centre-vielle en soulevant une plaque d’égout. Autant vous dire que les gens qui nous avaient vu surgir comme ça sous leurs yeux avaient eu la peur de leur vie. Après j'étais rentré avec cette meuf, et évidemment, le chemin avait été un peu long, car non seulement on était loin de chez nous, mais en plus, dans ces moments-là, on en profite pour, comment dire, faire connaissance, voilà. Et justement, alors qu'on commençait à faire connaissance de manière assez poussée et qu'il y avait justement un porche dans l'ombre d'une rue silencieuse, je m'étais dit "faisons connaissance à l'abri, tant qu'à faire!". Mauvaise idée : deux mecs étaient là, pieds de biche en main, cagoule sur la gueule, et ils étaient tranquillement en train de trafiquer la serrure dans l'optique de cambrioler le pavillon - je ne le remarquai qu'à ce moment là, mais qui avait l'air très chic et les proprios devaient certainement rouler sur l'or. Un bon coup, en somme. Le pavillon, je veux dire. Parce que justement à cause du pavillon, je ne savais pas si c'était un bon coup... Bref. Et donc ces charmants cambrioleurs, aussi surpris que nous, nous avaient braqué leur lampe torche dans la gueule et j'avais juste eu le temps de voir la lame d'un poignard étinceler dans la nuit. J'avais attrapé le bras de la fille et on était partis en courant comme des dératés. Dans ces moments là, l'adrénaline donne des ailes, vraiment. J'avais senti que les mecs nous suivaient, au début, et j'avais nettement vu dans ma tête comment faire si ils nous attrapaient : un coup sur le poignet, je récupérai le poignard, et je lui plantai à la base de la gorge, pour le mettre K.O. Je n'étais pas un tueur, mais, il m'arrivait, quand tous mes sens étaient alerte, de sentir vraiment comment faire pour sauver ma vie.

Là, devant l'infirmerie, je ressentais une telle fébrilité que je pouvais remercier le ciel de ne pas avoir d'arme sous la main.


– Dégage, fit Fray en me poussant sèchement lui aussi.

Il ne devrait pas. Il ne devrait pas. J'avais les mâchoires serrées.


– Tu crois vraiment qu'on a le temps pour ça ? T'as pas mieux à faire que de te battre avec moi ? Abruti ! Ta copine est à l'intérieur, tu ferais mieux de t'inquiéter à son sujet plutôt que de venir me faire chier !

Il n'aurait pas dû. Vraiment pas. Le tic-tic de la minuterie dans ma tête devenait de plus en plus fort, crescendo, il m'assourdit, et puis, boum, tout explosa.

J'envoyai mon poing, de toutes mes forces, en plein sur la pommette de Fray, à l'endroit fatidique qui fait voir trente-six chandelles. Il y eut des cris autour de nous mais je n'en avais strictement rien à foutre. Je sentis juste la foule qui s'écartait, tant mieux. Mon coeur battait tellement fort que je le sentais dans tout mon corps. Je fis un pas en avant, saisis le Serdaigle par le col, de mes deux mains, et le plaquai contre le mur. Il était peut-être plus grand que moi, mais j'étais bien plus stock que lui et la colère décuplait mes forces. Je respirai plus fort qu'à l'habitude et je sentais une veine palpiter dans mon cou.


- Je vais t'apprendre à me parler comme ça, murmurai-je alors.

Il y avait un film qui défilait dans ma tête. J'avais dépassé les bornes, c'était fini pour imaginer un instant que j'avais encore mon self-control. Je ne pouvais pas, toute cette merde, tous mes amis, tous ces connards de Mangemorts, cette sensation d'impuissance, cette envie de les buter tous un par un, c'était trop... Je voyais rouge. Les images me montraient clairement, Stephen et moi, dans l'exacte position où nous nous trouvions. Et puis je lui lançai un coup de genou bien placé, il se pliait je lui assénai plusieurs coups de poings dans le visage, il tombait, je le bourrai de coups de pied. Il ne pouvait strictement rien faire, pas parce qu'il était incapable, mais parce que j'étais hors de moi. Et je me voyais lui fracasser la tête jusqu'à ce qu'il reste immobile et contusionné, le visage en sang méconnaissable. Et je ressentis un plaisir indescriptible. Mais j'avais peur, peur de ce que j'étais capable d'imaginer, et je tentai de chasser ces images de ma tête.

Je resserrai ma prise, Stephen était plaqué contre le mur et je l'écrasai de mes bras.


- Tu m'insultes encore une fois et tu es mort, prononçai-je distinctement, alors que ma voix était soudain pleine d'un calme froid qui ne présageait de bon. Et ne t'avise pas de me dire ce que je dois faire, tu crois pas que j'ai fait mes preuves? Et puis, tu étais où, toi, ce soir-là, hein?!

J'avais repris mon ton hargneux du début. Je clignai plusieurs fois des yeux - j'avais le tournis, comme quand on reste trop longtemps sur la balançoire et qu'on descend en faisant genre que tout va bien alors que pas du tout. Je reculai d'un pas et lâchai Stephen, prêt à contre-attaquer si besoin.

Je me rendis compte que je lui en voulais de ne pas s'être battu à nos côtés - comme si j'en avais quelque chose à foutre de ce mec!... Alors, pourquoi?...

Je le jaugeai en silence, de haut en bas, de bas en haut. Et puis, qu'est-ce qu'il foutait là? Je ne savais pas qu'il était pote avec Katie, Holly, ou les autres Serdaigle blessés. Ce mec n'avait pas d'amis, ce qui est la définition du nerd par excellence. Je lui lançai un regard mauvais.


- Tu viens enquêter, c'est ça? Tu pourrais au moins avoir un peu de décence pour ceux qui s’inquiètent vraiment pour leurs amis...

Les Serdaigle et leur sale manie de vouloir tout savoir sur tout...

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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Jeu 8 Sep - 18:51

J'étais doué dans pas mal de choses, je le reconnais. D'accord, un génie si vous insistez ! Mais il y avait tout de même. Un. Domaine. Où j'étais. Vraiment. Vraiment. Mauvais.

Eviter les ennuis.

Bonjour Stephen, belle journée n'est-ce pas ? Oh, oui, vraiment magnifique ! Et que comptes-tu faire aujourd'hui, tandis que le soleil radieux étincelle au-dehors et que les oiseaux chantent un air paisible dans l'air frais du printemps ? Oh rien de spécial, je pensais aller voir Chuck pour qu'il me balance en toute amitié son poing dans la figure !… Non mais, sans rire ? Qu'est-ce qui m'avait pris de lui répondre ?
AURAIS-JE PERDU L'ESPRIT ? Nous ne parlons pas de n'importe qui attention, mais bien de Chuck Carlton. Imaginez. Lizlor Wayland, combiné avec un ours, divisé par la racine carré de pi (merveilleux nombre, pi, plein de surprises), multiplié par une fureur cosmique, inter-dimensionnelle, perpétuelle et imprévisible. Vous obtenez l'être enragé ci-dessus et présentement debout face à moi – enfin, plutôt un peu dessous de moi. A vu de nez, je dirais, sept centimètres en dessous de moi. Merveilleux nombre, sept.

Bon, avant que je me retrouve par terre suite à une pêche en pleine poire, naturellement. Hum, pêche-poire, bonne idée de combinaison.

C'est la deuxième fois en deux jours que je me retrouve par terre avec la tête complètement à l'envers. Si ça continue, mon QI va tomber à 200 !!

Oh, tiens, je suis un peu plus haut tout à coup !


– Je vais t'apprendre à me parler comme ça.

Je pense que j'ai dû omettre le passage où Chuck me soulève par le col encore tout étourdi et me plaque énergiquement contre le mur le plus proche en plaquant ses mains énormes sur moi. Houlàlà, dit comme ça tout de suite c'est très… Hum ! Bref !

– Tu m'insultes encore une fois et tu es mort, murmura Carlton, d'un ton qui n'indiquait nullement qu'il était près à ce que quelque chose d'agréable se passe entre nous – en fait, maintenant que j'y pense, ses paroles non plus n'indiquaient rien de tel.

J'avais envie de dire quelque chose comme : « Allons, allons, ne montons pas sur nos grands chevaux » ou encore « Pitié, ne me fais pas de mal ! » mais heureusement pour mon honneur – j'en avais quand même… un peu – j'étais si tétanisé et abruti par le coup que j'avais reçu que j'étais incapable de répondre. Une bonne chose pour moi en effet, car non seulement j'aurais été ridiculisé à jamais, mais en plus, il m'aurait probablement écorché vif. Son emprise sur mes bras m'empêchait d'atteindre ma baguette, située fort judicieusement dans ma poche arrière gauche.

Note à moi-même : toujours glisser sa baguette dans sa manche ou au moins à un endroit très rapidement accessible en présence de Gryffondors.


– Et ne t'avise pas de me dire ce que je dois faire, tu crois pas que j'ai fait mes preuves ?? reprit Carlton – et cette fois sa voix était revenue à quelque chose qui lui ressemblait un peu plus, ce rugissement plein de hargne auquel j'étais habitué, et non le calme dangereux et terrifiant du type résolu à faire une grosse bêtise.

Je l'avais touché, c'était évident. Carlton était de ces personnes dont n'importe qui peut lire les émotions comme un livre ouvert. A l'instar d'un grand nombre de Gryffondors, il avait des traits durs, très expressifs – une mâchoire d'autant plus carrée qu'il la serrait chaque fois qu'il était en colère – et pourtant, doux également, d'une certaine façon. Les Gryffondors (ou la plupart d'entre eux), sous leurs allures bravaches, portaient en eux une fragilité qui faisaient d'eux d'éternels enfants, dont la vie briserait fatalement la moindre illusion. Je l'avais senti chez Wayland, et surtout chez Taylord. C'était cela même qui m'avait donné envie de la protéger malgré sa grande force intérieure.

Peut-être était-ce dû au coup que j'avais reçu, mais en regardant Carlton respirer avec difficulté, entouré de tous ces élèves qui le regardaient, et qui me regardaient, d'un air terrifié – pas parce qu'ils avaient peur que Carlton m'amoche sérieusement, non ! mais parce que leur vie, nos vies à tous avaient été bouleversées en l'espace d'une nuit, et que toute cette attente, ces disputes stupides, tout cela était synonyme d'une misère si énorme qu'aucun de nous ne pouvait la supporter – soudain je réalisai. Je réalisai ce que nous étions tous : des enfants.

Des mômes, rien de plus.

Carlton, comme les autres. Et ça se voyait, ça se lisait sur chaque trait de son visage hébété. Quel âge avait-il, seize ans ? Et tout d'un coup, il n'était plus le roi de la jungle, juste un gamin innocent, effrayé parce qu'on avait torturé ses proches sans raison, ou pour des raisons qui n'étaient pas concevables. C'était la fin de notre microcosme, la fin de ce monde finalement agréable où se créaient des règles hiérarchiques stupides parce que nous n'avions que ça à penser, parce que nous étions nourris, chauffés et logés pour rien, parce que nous étions protégés par les forces maléfiques du dehors et parce que, quoiqu'il arrive, nous savions que personne n'en voudrait à nos vies.

Tout ça c'était fini, maintenant.


– Et puis, tu étais où, toi, ce soir là, hein ?! me cria Chuck.

Il avait voulu bien sûr m'insulter en disant cela, mais je me rendis compte qu'il y avait une réelle accusation derrière ses paroles. Comme si, malgré nos différents, il avait eu l'espoir de me voir se joindre à lui pour combattre les Mangemorts, et qu'en ne me montrant pas, j'avais perdu le peu de respect qu'il avait pu avoir pour moi s'il en avait jamais eu. Je l'avais déçu, oui. On pouvait avoir des rivaux et des têtes de turques à Poudlard, mais en cas d'attaque extérieure, nous étions tous ensemble dans la même galère. Ce n'était pas très juste, car je m'étais fait assommé par un sort, mais je savais pourtant qu'il avait raison. C'était d'autant plus une honte que j'étais moi-même, malgré ma solitude, très attaché à ces valeurs. Après tout, Poudlard était ma seule, vraie famille.

Carlton finit par me lâcher, visiblement étourdi par le sang qui avait dû lui monter à la tête sous le coup de la rage. Il était pâle, comme s'il s'était fait peur à lui-même. En tous cas, sans vous mentir, il m'avait fait peur à moi.


– Tu viens enquêter, c'est ça ? cracha-t-il, mais sans autant de conviction qu'auparavant. Tu pourrais au moins avoir un peu de décence pour ceux qui s'inquiètent vraiment pour leurs amis…

Cette remarque me mit bien sûr hors de moi, mais comme j'apprenais vite de mes erreurs, je me vis violence et ne répondis pas à l'agression directe. A la place, j'adoptais une attitude à la Candy.

– Et tu pourrais avoir la décence de ne pas hurler près d'une salle remplie de malades, répliquai-je froidement.

Voilà, la phrase qui fait mouche. J'étais plutôt bon pour celles-là, quand je le voulais. J'attendis que ma réponse aie l'impact escompté. Baissant les yeux pour observer mes ongles d'un air nonchalant, je poursuivis, avec une légèreté parfaitement calculée :


– Tout le monde ici est très inquiet, et je comprends que tu le sois aussi Chuck, mais pour le bien de tous, il nous faut conserver notre calme. Tu arrives, tu me voies ici et aussitôt tu me frappes et c'est tout juste si tu ne m'accuses pas d'être du côté des Mangemorts !

J'élevais la voix pour être entendu de tous, même si je savais que les autres nous écoutaient et qu'ils étaient majoritairement de mon côté – comment ne pas l'être, après avoir assisté à la scène ? Carlton avait beau être populaire, auprès des Poufsouffle et des Serdaigle, il passait pour un type un peu agaçant et toujours près à faire quelque chose de stupide pour se faire remarquer, tandis que mon étrange comportement m'isolait mais n'avait jamais dérangé personne. Il venait de me frapper en public, sans raison aucune. Il n'y avait pas d'excuse à ça pour les élèves des deux Maisons les plus pacifiques et certainement les plus sages de l'école.

– Nous nous préoccupons du sort de nos amis, et bien que ton état personnel soit aussi important que celui de n'importe lequel d'entre nous, pour l'instant, il n'est pas prioritaire, constatai-je calmement.

Je relevai la tête et je regardai dans les yeux, sûr à présent qu'il n'allait pas me frapper de nouveau, d'autant que j'avais saisi ma baguette – cette fois, s'il essayait, je serais près.


– La vérité c'est que je me moque éperdument que tu aies “fait tes preuves”, Carlton. Je ne me souviens pas (ma voix se faisant plus forte et s'emplissant de colère au fur et à mesure que je parlais) de t'avoir vu voler au secours de Taylord quand elle se faisait torturer par le concierge ! Pourtant il me semblait que tu avais de l'affection pour elle, non ? Une affection, ajouterai-je, dont elle se passerait bien. Où étais-tu alors, Carlton ? Tu - n'étais pas - LA !! Alors ne viens pas me reprocher de n'avoir rien pu faire pour lui épargner ça, s'il te plaît. Je me le reproche assez à moi-même, sans que tu aies besoin d'en rajouter avec tes jérémiades.

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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Lun 12 Sep - 15:34

Fray avait peur - je le lisais dans ses yeux. Je voyais nettement ses paupière écarquillées, ses pupilles plus mobiles, le blanc de ses yeux plus visible, son souffle plus saccadé. Cette terreur me fit reculer. Il avait vraiment eu peur de moi parce que j'avais été vraiment effrayant, et l'instant d'après la tête me tournait encore de cette effluve de violence qui avait pris le contrôle de moi comme une soudaine tornade.

C'était plus fort que moi, je n'y pouvais rien. Incontrôlable. Comme quand j'étais bourré et que j'avais des envies soudaines de m'allonger par terre ou de monter sur une table. Je le faisais, point barre. Je me voyais le faire, je me disais parfois que ce n'était pas une bonne idée - que genre le patron du bar n'allait pas apprécier, ou bien que se coucher en plein milieu d'une route n'était pas des plus sécuritaire - mais je le faisais, parce que j'étais pété. La rage avait le même effet que l'alcool sur moi : perte de contrôle, exacerbation des émotions et des sens. J'avais envie de cogner Stephen comme s'il avait été un vulgaire punching-ball, et le pire dans l'histoire, c'est que j'en étais vraiment capable.

Une fois, à une soirée qui avait plutôt mal fini - et de toute façon mal commencé - j'avais tabassé un mec, et je l'aurais tabassé à mort si on ne m'avait pas arrêté. Cet abruti faisait parti du gang de la banlieue ennemie à la mienne et s'acharnait sur mes potes dès qu'il en avait l'occasion. Il se trouve qu'il s'en était pris à un de mes meilleurs potes qui en plus n'allait pas spécialement bien à ce moment là. J'avais pris sa défense et couché le mec par terre, au milieu du cercle des autres qui gueulaient pour nous encourager. Les idiots. L'adrénaline m'avait donné des ailes et je l'avais coincé sous moi, le bourrant de coups de poing. Il avait fini par ne plus bouger et se laisser faire, mais moi j'avais continué, aveuglé par la rage. Je me rappelle seulement qu'on m'avait tiré en arrière pour que j'arrête et que lui, il était resté longtemps couché dans la poussière du terrain vague. J'avais espéré qu'il soit mort, alors que mes poings me faisaient tellement mal que je ne les sentais plus. J'avais juste espéré ça en me débattant entre les bras de mes potes qui me retenaient. Longtemps après, quand l'alcool et la colère étaient retombées et que je m'étais retrouvé seul dans ma chambre, j'étais resté un long moment immobile en y repensant, la tête cachée entre mes mains.

Fray n'en avait sûrement aucune idée, mais je crois que c'était mieux pour lui comme pour moi qu'il ne pousse pas le bouchon trop loin. J'avais encore la respiration courte de l'avoir frappé juste avant.


– Et tu pourrais avoir la décence de ne pas hurler près d'une salle remplie de malades.

Oh, très bien. Il croyait que j'étais miro, ou quoi?! Tout comme moi il reprenait tout juste ses esprits, il avait failli se pisser dessus et j'étais prêt à parier qu'il avait comme un deuxième cœur qui lui battait dans la tempe où je l'avais cogné. Mais non, Monsieur le Si-Savant-Serdaigle faisait comme si de rien n'était et rejetait, en plus, la faute sur moi.

- Ta gueule, le menaçai-je, sifflant entre mes mâchoires serrées. Je pouvais recommencer à le tabasser, s'il n'y avait que ça pour le faire descendre de tout là-haut, de tout en haut de son égo surdimensionné.


– Tout le monde ici est très inquiet, et je comprends que tu le sois aussi Chuck, mais pour le bien de tous, il nous faut conserver notre calme...

- Je t'ai dit de fermer ta gueule.

- ... Tu arrives, tu me voies ici et aussitôt tu me frappes et c'est tout juste si tu ne m'accuses pas d'être du côté des Mangemorts !

- TA GUEULE, PUTAIN!
hurlai-je de nouveau. Tu ne crois pas que si, voyons... Tu ne m'avais pas traité d'abruti, on n'en serait pas là? Alors remets-toi en question un peu, Einstein!

Je me foutais complètement des élèves qui nous regardaient. A vrai dire, je ne les voyais même pas. Je voyais juste Fray et une multitude d'images me passaient devant les yeux - une multitude d'images ou je le tabassais de différentes manières. Il m'était vraiment, définitivement, insupportable. La façon qu'il avait de parler, cet espèce de mensonge qu'il essayait de nous balancer au visage. Moi aussi, je jouais un jeu, ici, à Poudlard. Il me croyait con à ce point pour ne pas voir que lui aussi? Cette manie de vouloir être supérieur aux autres, cette manie d'étaler son savoir, mais bon sang, ça épatait qui, sérieusement? A part les pucelles effarouchées qui voyaient en lui un foutu prince charmant?


– Nous nous préoccupons du sort de nos amis, et bien que ton état personnel soit aussi important que celui de n'importe lequel d'entre nous, pour l'instant, il n'est pas prioritaire.

"Nous", mais bordel de Dieu, il se prenait pour qui, merde...

Je me passai la main sur le visage dans un signe de profond désespoir. J'avais pitié de lui, en fait. Il ne comprenait rien à rien. Je me fichais de "mon état personnel" comme je me fichais du sien. Il y avait bien d'autres enjeux, là, maintenant. Si encore il avait pu mettre son... Comment dire, son... Ses manies au service de la résistance, mais même pas! Je l'avais cherché des yeux alors que j'essayais de me battre, ce soir-là. Je l'avais cherché des yeux parce que, comme d'autres, il avait assez de connaissances et de pratique pour pouvoir espérer combattre un sorcier adulte. Mais que dalle, Monsieur-Je-Sais-Tout s'était montré aussi transparent que le Baron Sanglant, et j'avais du me démerder avec ma propre impuissance tout seul comme un grand.


– La vérité c'est que je me moque éperdument que tu aies “fait tes preuves”, Carlton. Je ne me souviens pas de t'avoir vu voler au secours de Taylord quand elle se faisait torturer par le concierge !

...

Tic-tic-tic-tic, à croire qu'il y avait plusieurs bombes dans ma tête, prêtes à se déclencher...

Il ne savait même pas de quoi il parlait... Moi qui justement avait dépensé toute mon énergie a essayé de sortir Lilian, Megane de là... Et tous les autres... Un voile rouge tomba sur mes yeux.


- Tais-toi. Tu ne sais pas de quoi tu parles.


- Pourtant il me semblait que tu avais de l'affection pour elle, non ?

- Je t'INTERDIS de parler d'elle, tu entends, Fray?!

- Une affection dont elle se passerait bien.

- FERME TA PUTAIN DE GUEULE!

- Où étais-tu alors, Carlton ? Tu - n'étais pas - LA !! Alors ne viens pas me reprocher de n'avoir rien pu faire pour lui épargner ça, s'il te plaît. Je me le reproche assez à moi-même, sans que tu aies besoin d'en rajouter avec tes jérémiades.


Je fis un pas en avant avec la volonté terrassante de le décapiter, mais il avait levé sa baguette et la pointait droit sur moi, nous séparant de la distance de son bras tendu. Je le défiai du regard en silence.

... Boum.

Juste à côté de nous il y avait une vieille armure rouillée qui faisait le pied de grue, et qui avait d'ailleurs plutôt l'air de roupiller qu'autre chose. Je balançai un énorme coup de pied dedans, de toutes mes forces, et les morceaux de ferraille volèrent un peu partout, dans un bordel assourdissant. Il y eu des cris et ceux qui étaient le plus près de nous partirent en courant.


- COMMENT TU OSES DIRE CA ALORS QUE J'AI TOUT ESSAYE? J'AI FAIT TOUT CE QUE J'AI PU, FRAY! ALORS DE QUOI TU PARLES?

J'avais sorti ma baguette à mon tour et je la pointais sur lui, nos deux baguettes ridiculement dirigées vers la figure de l'autre.

- ET NE MÊLE PAS TAYLORD OU N'IMPORTE QUI D'AUTRE A CA, MA VIE PRIVÉE NE TE REGARDE PAS! C'EST PAS DE MA FAUTE SI TU N'EN AS PAS ET QUE TU TE RABATS SUR CELLE DES AUTRES!


Je peinais à respirer et une question lancinante se répétait en boucle dans ma tête : pourquoi il avait parlé de Taylord? Pourquoi elle? Qu'est-ce qu'il avait voulu dire? Et surtout, pourquoi ça m'énervait autant?!

Mais soudain tout cela me paru complètement déphasé et je baissai ma baguette, restant face à lui. J'avais le souffle court comme si je venais de courir un sprint. Je dévisageai Stephen, et j'étais incapable de savoir comment, au fond, il avait déclenché en moi une colère si intense.



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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Mar 27 Sep - 19:16

Je sais que les Serdaigle ont la réputation d'être des sages entre les sages, mais parfois… Parfois je n'avais juste pas envie d'être sage. Je savais bien qu'il était plus sage de ne pas sortir après le couvre-feu pour ne pas risquer de se faire prendre dans les couloirs et faire perdre des points à la Maison (ce dont elle n'avait vraiment pas besoin pour l'instant, au passage). Je savais que j'aurais mieux fait de ne pas riposter à l'attaque de Chuck – et en tant normal, j'aurais probablement laissé couler. Parce que c'était ça, être Serdaigle : prendre de la distance, garder la tête froide. C'était ce qui nous distinguait des autres : rien d'insensé, rien d'irréfléchi, rien de stupide comme ces plans foireux de Gryffondor.

Et pourtant, pourtant, pourtant… Parfois, c'était plus fort que moi. Comme maintenant. Chuck m'avait dit de la fermer – et pas d'une façon très polie. Six fois. Et voilà, je parlais encore. Je ne pouvais pas m'en empêcher, il fallait que je touche au bouton sensible, comme ces enfants qui font une bêtise sous le regard de leurs parents pour voir comment ils vont réagir. Ce n'était pas une très bonne manière de se faire des amis, parce qu'il n'y avait aucune compassion visible dans mes actes, et les gens prenaient mal le fait d'être percés à jour par un inconnu.

Mais bon, les choses ne sont pas aussi simples. Je n'étais pas une machine. C'était juste plus facile de faire semblant de l'être.

VLAM ! J'avais atteint la limite. Le pied de Chuck, s'abattant en plein sur une armure qui avait le malheur de veiller sur cette partie du couloir, concentra en un seul coup toute la frustration et la rage qui l'habitaient. Le bruit assourdissant et les bouts de ferraille volant en tous sens firent fuir les témoins les plus proches, telle une nuée d'oiseaux apeurés. Je demeurai stoïque, solidement plantés sur mes jambes, la baguette pointée avec fermeté dans sa direction, le regard déterminé. C'était difficile de conserver cette apparence glaciale mais face au caractère explosif de Carlton, ma seule défense était encore d'affirmer mon contrôle sur moi-même.


– COMMENT OSES-TU DIRE ÇA ALORS QUE J'AI TOUT ESSAYÉ ? éclata le Gryffondor, que j'avais clairement touché cette fois. J'AI FAIT TOUT CE QUE J'AI PU, FRAY ! ALORS DE QUOI TU PARLES ?

En fait, il avait raison, mais paradoxalement, l'entendre le dire ne faisait que m'énerver davantage. Jusqu'à présent, j'avais toujours considérer Carlton comme un idiot, parce qu'il ne ratait jamais une occasion de se moquer de moi. Que ce soit mon physique, ma tenue vestimentaire, mes rapports avec les autres, mes notes, tout était sujet à raillerie avec lui. Bien entendu, il avait dû sentir que je ne le tenais pas en très haute estime de mon côté, et c'était peut-être ce qui l'avait conduit à avoir ce comportement agressif à mon égard. En fait, il ne s'agissait peut-être que d'un malentendu, et bientôt, nous serions réconciliés et amis pour le reste de nos jours !

… Ou pas. Peut-être que Carlton était vraiment un idiot, et peut-être que je n'étais vraiment pas près à pardonner les nombreuses humiliations publiques qu'il m'avait fait subir. Faire la paix et être ami pour toujours ? Désolé, ce n'est pas Noël ! D'autant que j'avais fini par acquérir un certain respect pour lui, après la bataille. Car oui, il s'était battu. Il avait prouvé qu'il n'était pas qu'une grande gueule. Mais maintenant, il venait tout gâcher en pétant les plombs devant tout le monde de cette façon ! J'étais encore en colère contre lui du même coup et j'avais encore plus la sensation de traîner un imbécile, stupide, ignorant petit Gryffondor sans intérêt dont le seul objectif était de pourrir ma vie et incapable de… de… de je ne savais pas quoi au juste mais que j'avais attendu de sa part. Un truc, une réaction. Il ne l'avait pas eu et j'étais, j'étais… déçu, voilà. Je n'aurais pas dû l'être, c'était Carlton après tout – Charles Carlton, tellement prétentieux et sûr de lui, méprisant et méprisable –, mais pour une raison inconnue, je l'étais.

Voilà pourquoi je m'en foutais. Là, tout de suite, je m'en foutais qu'il ait « tout essayé » et fait tout ce qu'il avait pu. Eh oui, avais-je envie de répondre, mais voilà, ça n'a pas suffit !

Mais par dessus tout, je voulais voir Taylord. Je ne prétends pas qu'elle me comprenait davantage que n'importe qui, mais en sa présence je me sentais plus… enfin, mieux. Moi-même. Taylord avait cette façon de vous regarder en silence. Parfois – souvent – exaspérée, mais toujours un peu indulgente, un peu attendrie. Ce regard qui se posait sur vous était réel, et même quand elle se taisait, vous sentiez qu'elle pensait à vous et ça vous donnait la sensation d'exister pour de vrai. Tout ce que je désirais, c'était m'assurer que ce regard serait toujours là après le traumatisme qu'elle avait connu.

Seulement, je n'étais pas le seul. En fait, tout le monde aimait un peu trop Taylord pour son propre bien.


– ET NE MÊLE PAS TAYLORD OU N'IMPORTE QUI D'AUTRE A ÇA, MA VIE PRIVÉE NE TE REGARDE PAS ! poursuivit Carlton. C'EST PAS MA FAUTE SI TU N'EN AS PAS ET QUE TU TE RABATS SUR CELLE DES AUTRES !

Je pinçais les lèvres. La situation était ironique mais je n'arrivais pas à en sourire. « Taylord ou n'importe qui d'autre ? » Mais elle n'était pas n'importe qui d'autre. Tout la question était là.

– Tu l'aimes vraiment, hein ? murmurai-je, ignorant sa dernière attaque.

Puérile, bien sûr. Il était hors de question que je réagisse à quelque chose d'aussi ridiculement petit et mesquin et… féminin, oui, une pique de gamine ! J'attendais mieux de sa part, franchement.

J'avais parlé si doucement que je n'étais pas pas sûr qu'il aie entendu ma remarque, et je m'en moquais un peu à vrai dire. Carlton avait baissé sa baguette, comme si ses hurlements avaient fini par avoir raison de lui. J'observai les signes de la fatigue gagner rapidement ses traits. Je doutais qu'il eût fermé l'œil de la nuit, mais jusqu'à présent l'adrénaline avait dû lui permettre de tenir. A présent, il s'était trouvé un punching-ball, quelqu'un sur qui passer sa rage, et l'affrontement l'avait laissé épuisé. Avec une certaine inquiétude – très mesurée, bien sûr, n'oubliez pas que nous nous détestions – je le vis pâlir à une vitesse alarmante et baissai mon bras à mon tour, lentement.

Ce type, au fond, était bien. Un idiot, un abruti de sanguin, mais un type bien. Il avait eu une rude soirée, et une nuit à peine moins terrible. Ce n'était pas pour lui-même qu'il se mettait dans un tel état, mais pour les autres. Et une voix – une toute petite voix, très grave et très douce, empreinte de toute la sagesse du monde, une voix qui n'était pas celle de Taylord et sur laquelle je n'arrivais pas à mettre un visage – me dit : « Laisse aller, Stephen. Laisse aller. »

Alors je décidai d'être sage. Je fis une chose que je n'avais encore jamais faite et dont je ne me serais jamais cru capable, spécialement en face de Chuck Carlton.


– Excuse-moi.

Je l'avais dit avec tout le calme possible mais il m'avait fallu un effort considérable pour prononcer ces tous petits mots qui signifiaient tant. M'approchant suffisamment pour être certain que les autres, qui avaient reculé pour ne pas risquer de se faire toucher dans notre duel imminent, n'entendent rien de notre échange, j'ajoutai doucement :

– Je sais qu'elle compte pour toi. Ils comptent tous. Mais elle… elle est spéciale, hein ? fis-je avec un petit rire un peu triste. Je ne t'aime pas, Carlton. Je pense que tu sais ça très bien. Je sais que tu ne me portes pas dans ton cœur non plus. Mais cette situation dépasse tout. Moi. Toi. Et on n'y arrivera pas comme ça.

Je désignai l'armure du regard, ou plutôt ce qu'il en restait.

– Alors maintenant, fais ton choix.

Je tendis ma main, pas aussi franchement que je l'aurais voulu – mais elle était là quand même, attendant qu'il la serre, avec moi accroché au bout et espérant sans être sûr d'espérer.

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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Jeu 29 Sep - 18:05

J'avais des fourmis dans les bras, dans les jambes, mes veines me picotaient, comme si on leur avait tout d'un coup injecté un truc pas très recommandable. C'était le calme après la tempête, l'espèce de silence assourdissant qui arrive après le raz-de-marée dévastateur. Je me sentais tout vide, tout d'un coup, étrangement creux. Je me réveillais d'une longue torpeur, et je clignai même des yeux deux ou trois fois pour m'assurer que je ne nageais pas en plein délire. Oh, je connaissais bien cette sensation, l'adrénaline qui retombait, mais c'était un contre-coup assez désagréable que je n'avais pas encore appris à gérer sans dommages collatéraux. Hébété, je regardai un instant le Serdaigle sans le voir, puis regadrai l'armure que je venais de dézinguer, les visages autour de nous qui avaient détourné le regard.

Bon, eh bien, j'avais juste un petit peu pété les plombs, mais il n'y avait pas mort d'homme, non plus. Ce sont des choses qui arrivent quand un vantard désagréable et suffisant s'amuse à vous voler dans les plumes. Chose qu'il avait dû regretter soit dit en passant, à en juger de sa pommette à la teinte un peu trop violette, résultat du bourre-pif que je lui avais gentiment adressé quelques minutes plus tôt. J'ai collé mon poing dans la gueule de Fray, constatai-je alors, je n'avais pas rêvé, donc! Cela m'arracha un petit sourire car malgré le côté un peu problématique de la situation, c'était plutôt marrant, et le bonheur est fait de choses simples : ce n'était pas moi qui allais dire le contraire.

Ceci dit je n'allais pas pleurer non plus : peut-être que je m'étais un peu trop énervé, mais merde, l'autre grande asperge avait mis les deux pieds dans le plat avec autant de discrétion qu'on dragon dans un magasin de porcelaine. Il s'attendait à quoi, à ce que je f asse des courbettes devant ses pitreries? On me trouvait si on me cherchait, je crois que sur ce point, je n'avais plus besoin de faire mes preuves. Je m'étais échiné à essayer de stopper le massacre ce soir-là, en vain parce que de toute façon on n'y pouvait rien, et Fray avait trouvé bon de remuer le côté dans la plaie : je ne pouvais rien à un tel degré de connerie. Il avait eu la monnaie de sa pièce. Et voilà. Merde alors. Et puis en plus il n'avait pas d'amis. Qu'est-ce qu'il foutait ici? C'était un point que je n'avais toujours pas éclairci d'ailleurs - mais forcément, Monsieur s'amusait à jouer avec mes nerfs et je me retrouvais à fracasser des armures. Putain, quel cadeau, celui-là...


– Tu l'aimes vraiment, hein ? crus-je alors entendre, car Fray semblait avoir remué les lèvres après le silence qui était tombé d'un coup sur le lieu du crime.

Hein?

Il avait baissé sa baguette lui aussi, et sur le coup j'étais trop dans l'hésitation pour lancer une nouvelle attaque. A vrai dire, je n'en avais plus l'envie, ni l'énergie. Et puis mon cerveau s'évertuait à comprendre ce que Stephen avait marmonné.

Je l'aime qui? Et pourquoi il me sortait ça maintenant?

Je le regardai d'un air dubitatif. J'avais envie de feindre l'incompréhension et de lui demander de qui il parlait, mais au fond, je savais pertinemment quel était le sujet; je ne comprenais juste pas pourquoi il l'évoquait là maintenant tout de suite et surtout de cette manière, et ça m'énervait. Ce qui m'énervait doublement, c'était ce qui se passait, c'était la confusion dans laquelle il m'avait plongé en moins de cinq secondes. Awkward.

J'avais donc l'air d'un débile moyen, immobile face à lui, ma baguette baissé, ne sachant plus trop quoi faire et encore moins quoi dire; je ne voulais pas répondre ou trancher dans le vif du sujet, mais lancer un autre débat aurait été reconnaître que j'évitais volontairement le truc, et en plus de tout, je venais de lui casser la gueule et de dégommer une pauvre armure, ce qui ne me mettait pas particulièrement dans une bonne position pour lancer la causette comme si de rien n'était. Décidément, avec les Serdaigle, rien n'est jamais simple.


– Excuse-moi.

Voilà. Qu'est-ce que je disais! A croire qu'après avoir constaté que je lui étais supérieur physiquement, il avait choisi la tactique de déstabilisation de l'adversaire... Il s'était approché de moi mais je n'avais pas bronché, parce que j'avais bien compris qu'il était sincère. Je me sentais un peu bête, tout d'un coup, d'en être arrivé jusque là. Les circonstances étaient telles qu'on n'avait vraiment pas besoin de déclencher une autre guerre civile... Je levai un sourcil pour marquer mon étonnement. Il n'y avait peut-être pas que du mauvais dans cette grande carcasse informe.

– Je sais qu'elle compte pour toi, continua-t-il. Ils comptent tous. Mais elle… elle est spéciale, hein ?

Il s'acharnait, le bougre. Je me sentis envahi d'une sensation désagréable qui s'apparentait, je crois, à de la gêne. Je n'étais pas familier avec ce genre de choses. J'eus un geste de l'épaule, qui voulait tout ou rien dire, mais je me sentis obligé d'avoir une quelconque réaction. J'étais fatigué, très fatigué, en fait, et toute cette lassitude me tomba sur les épaules sans crier gare.

- Je ne t'aime pas, Carlton. Je pense que tu sais ça très bien. Je sais que tu ne me portes pas dans ton cœur non plus. Mais cette situation dépasse tout. Moi. Toi. Et on n'y arrivera pas comme ça.

Putain, dans le genre retournement de situation, il voulait une médaille ou quoi? Je devais bien reconnaître qu'il m'avait bien eu, et j'étais trop estomaqué pour essayer de me foutre de sa gueule d'une manière ou d'une autre.

- Bon... C'était le moment où il fallait que j'expose ce que je pensais à mon tour, sans quoi il allait vraiment me prendre pour un attardé. Mais voilà; les moments où j'exprimais calmement ce que j'avais à l'esprit était tellement rares que je n'étais pas à l'aise, tout simplement parce que cela ne me ressemblait pas. Ça faisait si longtemps que je me cachais derrière plein de choses; faire tomber le rideau n'avait rien d'un jeu d'enfant. Mais tout se mélangeait dans ma tête : les Mangemorts, l'infirmerie, les blessés, Lilian, Taylord, Winch, les élèves qui flippaient, le bruit de l'armure sur le sol, Fray. Et je devais bien admettre qu'il avait raison. Autant enterrer la hache de terre pour quelques temps et unir nos forces. Ceux d'en face ne méritaient pas qu'on leur laisse une quelconque chance. ces fumiers.


– Alors maintenant, fais ton choix.

- Je...
Wow, il n'amusait pas la galerie, quand il s'agissait de faire un truc, lui. Putain! On pouvait arrêter deux minutes la psychanalyse ou comment ça se passe? Je me passai la main sur le visage puis, enfin, parvins à avoir une réaction. Je serrai la main qu'il me tendait avec vigueur et répondis d'une voix dont j'avais réussi à chasser tout trouble :

- Tu as raison. - ça m'arrachait un peu la bouche de lui dire ça à lui, merci de compatir - Je te préfère quand même aux Mangemorts, ajoutai-je avec un petit sourire qui se voulait pacificateur. Euh... Pardon de t'avoir mis une droite, je suis un peu à cran, expliquai-je bien qu'il n'en ait pas besoin car il avait reçu 5/5, je pense, le fait que je ne sois pas vraiment serein.

Je lâchai alors sa main et regardai les dégâts que j'avais causé autour de nous - en plus de l’œil au beurre noir de l'autre andouille - puis je levai ma baguette; l'armure se reconstitua dans un "Groumpf" mécontent. Je haussai les épaules. Puis me retournai vers Stephen. Ça m'était difficile de m'y faire, surtout que, comme il l'avait si gentiment dit, "il ne m'aimait pas Carlton et je ne le portais pas non plus dans mon cœur", mais le fait était que de considérer Stephen soudainement comme un allié potentiel m'ôtait un poids de je ne sais où, mais c'était déjà ça.


- Viens, on y va, dis-je alors en amorçant un mouvement vers l'infirmerie dont les portes s'étaient ouvertes. Nos amis - enfin les miens, pour ce qui était de ceux de Stephen j'avais toujours un doute mais bon, je n'allais pas balayer tous nos efforts d'un revers de main - nous attendaient et on avait mieux à faire qu'un combat de coqs.

Oui, moi aussi ça me fait bizarre de m'entendre dire ça, ne vous inquiétez pas!...

Mais juste avant de rentrer dans la pièce, j'arrêtai Stephen par le bras et levai le doigt comme si je venais de me rappeler d'un minuscule petit détail qui n'avait pas vraiment d'importance, avant de lui demander :


- Pourquoi tu dis qu'elle est spéciale? C'est mon amie tu sais, rien de plus.

J'avais parlé d'un ton volontairement négligé et en omettant son prénom aussi; je ne voulais surtout pas qu'il s'imagine des choses. Parce qu'il n'y avait rien à imaginer, tout simplement. Mais ses "tu l'aimes vraiment, hein?", "Mais elle… elle est spéciale" et "Alors maintenant, fais ton choix" avaient un petit quelque chose de désagréablement intriguant.

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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Lun 3 Oct - 23:47

Plus le temps passait, et plus je commençais à comprendre le fonctionnement des gens. C'était quand même fou, parce que je vous assure, les gens sont compliqués. J'avais commencé avec Taylord en troisième année, et puis des tas de choses s'étaient produites, j'avais mûri, changé, évolué ; aujourd'hui, en élaborant des plans, si je le souhaitais, j'étais en mesure d'ajouter quelques facteurs humains à mes calculs. Evidemment, ça ne sautait pas aux yeux, il fallait se concentrer, ce n'était pas comme d'entrer dans une pièce et remarquer aussitôt la tâche d'encre sur le mur du fond. A force, tous ces détails me venaient si naturellement que ce n'était plus si drôle. Les réactions humaines, en revanche, m'avaient longtemps laissé de marbre, mais elles me fascinaient à présent.

Par exemple. Prenons le cas Carlton. Un garçon aux tendances violentes, car issu d'un milieu social peu avantageux – Bristol, bas quartier, comme on le devinait à son accent – et de plus manquant de dons naturels (si j'étais un génie, ce n'était pas le cas de tout le monde, et la banlieue n'est pas le monde parfait pour s'éduquer). Il tentait de cacher son accent – mal-être des origines évident, probablement lié à un manque d'affection parental – en imitant le parler américain – le pays de tous les possibles, son idéal de monde parfait – note : sa mère devait avoir des origines Moldues et regardait probablement trop la télé, comme la mienne. Il avait enfin une vie sentimentale suffisamment tumultueuse pour que je fusse moi-même au courant de certaines histoires – c'est dire. Ses conquêtes étaient toujours Les Parfaites,
Id Est ces filles populaires aux longues jambes et à la poitrine développée. Pourtant, il ne les aimait pas – pas vraiment. Car sa seule vision du couple – suivant l'exemple parental, qui selon toute vraisemblance avait dû être un fiasco – était celle des disputes constantes, de l'incapacité d'entente et de symbiose, bref, des conflits.

Des conflits qui le confrontaient régulièrement à Taylord Reegan.

Problème : Taylord était avec Scott. Autre problème : Scott aimait Taylord ; Taylord n'aimait pas – pas autant – Scott. Autre autre problème : Scott était mon ami. Taylord aussi. Carlton – non. Carlton aurait dû aller avec une de son espèce. Ou même rester avec Lilian Easter – après tout, c'était vraiment une belle fille, véritablement pleine d'hormones en sa faveur, et lui-même était de toute évidence réellement affecté par l'attaque qu'elle avait subi. Oui oui oui, d'accord, il l'aimait bien. Beaucoup. Plus que d'autres.

Mais elle n'était pas Taylord Reegan.

Alors mes amis, avant d'aller plus loin, une question : serais-je en train de devenir un
entremetteur ?
… Cette question était rhétorique. S'il vous plaît. Moi ? Non. Jamais.

Parce que jamais, jamais, JAMAIS je n'allais essayer d'ouvrir les yeux de Carlton à ce sujet. Ce n'était certainement pas mon genre de me mêler de ce qui ne me regardait pas, d'autant plus qu'il s'agissait d'une affaire extrêmement délicate à trait affectif et relationnel bien au-delà des limites de ma portée pourtant longue et flexible comme une peau de serpent. Et ce n'était pas mon genre de harceler quelqu'un sur un sujet d'une telle nature. Non. Vraiment pas.

… Mais bon, là, vraiment, il me tendait la perche.


– Pourquoi tu dis qu'elle est spéciale ? C'est mon amie tu sais, rien de plus.

Ding ding ding ! Ce petit ton nonchalant. Je faillis lui arracher les yeux et les manger. Il attendait quoi pour se réveiller, que je l'embrasse ? Serait-ce un choc suffisant pour rallumer son cerveau ?? ALLÔÔ voulais-je lui dire, je suis Stephen Fray !! Tu crois que je ne remarque tes yeux plissés et ton rictus qui te donnent une tête de fouine quand tu racontes de la merde ?? Peut-être qu'en lui mettant un miroir en face de lui, et lui demandant de répéter ses mots, il se rendrait compte qu'il se mentait à lui-même. C'était quand même fou d'être aussi lent. Vous savez à quoi ressemble le cerveau d'un type comme lui ? A un lac. Gris et rond et caoutchouteux, où on ne pêche pas des poissons mais des neurones, et de toute façon on n'en pêche pas parce qu'il n'y en a pas ! Et de toute façon on n'a pas de canne à pêche à neurones, donc c'est impossible. En fait, ça ne ressemble pas du tout à un lac – oubliez le lac !

A tout ce qui avait précédé, je n'avais rien répondu. Les excuses, les décisions prises. Tout ça était réglé dans ma tête. Entendons nous bien : je n'avais pas l'intention de m'allier à Carlton pour bouter les Mangemorts hors de Poudlard. Pas le moins du monde. Il venait de me prouver à quel point il était instable. Avant de sauver le monde, on se sauve soi-même, boy ! J'entendais bien qu'il s'excuse, qu'il admette qu'on fussent dans le même camp, et caetera. Bon, c'était une affaire classée. Mais ÇA ?? Oh, Carlton, Carlton, Carlton.


– C'est également mon amie, rien de plus. Ce qui n'altère en rien sa spécialité, établis-je.

J'évitais d'aller plus loin parce que sinon j'allais m'agiter et je n'avais pas vraiment envie de me retrouver avec une autre droite dans la figure. Non parce que bon. Il m'avait un peu secoué du lac, aussi, avec son gros poing de gangster. Une bonne grosse vague qui avaient bien remué tout ça. Et maintenant, je faisais du surf. NON ! Oubliez cette métaphore.

– Mais toute brillante soit-elle, cette épreuve était de trop. Elle va avoir besoin de ses amis. De tous ses amis, ajoutai-je.

Avant que Carlton ait eu le temps de répliquer, un Mangemort sorti alors de l'infirmerie pour faire passer les élèves.


– Un seul visiteur pour un malade, dix minutes seulement ! beugla-t-il.

C'était inutile parce que malgré la tension, tout le monde était devenu très silencieux et calme en le voyant apparaître. Un à un les élèves s'avancèrent et se présentèrent, donnant le nom de la personne à qui ils rendaient visite et le leur. Parfois, ils se présentaient à deux – mais le Mangemort ne fit aucun compromis. C'était un type genre armoire à glace, avec un cerveau pas plus grosse que celui d'un moineau. Lorsque la tour de Carlton arriva, il parut le reconnaître et sourit, mauvais, en constatant qu'il restait encore au Gryffondor des séquelles de la bataille.


– Ton nom ?


Carlton le lui donna de mauvaise grâce.


– Tu viens voir ?

Muet derrière lui, je ne le lâchai pas du regard. Voilà. C'était le moment de vérité. Suspense suspense ! Qu'allait-il décider ?

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Ven 7 Oct - 15:33

– C'est également mon amie, rien de plus. Ce qui n'altère en rien sa spécialité.

"Ce qui n'altère en rien sa spécialité". Gna gna gna. Il était fatiguant. Mais fatiguant! Je suis sûr que c'était le genre de mec à table qui au lieu d'un simple "passe moi l'sel" disait de sa voix la plus dandy qu'il avait en rayon "puis-je, si ce n'est point trop vous déranger, caresser l'espoir que vous me passâtes le sel?". Non mais USANT. Et dans des moments pareils, en plus! Il ne pouvait pas laisser de côté deux minutes cet insupportable genre de pseudo-intellectuel alors qu'on touchait à des sujets bien plus sensibles, du genre les Mangemorts, les otages, Taylord, tout ça, enfin merde quoi, on ne faisait pas un combat de coqs devant une foule de midinettes en chaleur, donc il n'y avait pas besoin qu'il use de son vocabulaire le plus élaboré pour me dire des choses simples comme bonjour. C'était comme la mode des grands restaurants, ça. Un autre truc que je trouvais profondément débile : cette mode de valoriser la mise en forme de l'assiette, de jouer avec les couleurs plus qu'avec les goûts, de faire des trucs improbables pour épater le client alors que le pauvre client ne demande juste qu'à bouffer, pas à voir une exposition de peinture contemporaine. Je n'avais jamais mis les pieds dans ce genre de trucs mais il y avait pas mal d'émissions là-dessus à la tété, et autant vous dire que quand en plus je voyais la quantité microscopique de bouffe dans l'assiette en forme triangulaire (merci du concept) et ben ça ne m'impressionnait nullement et je me disais que les mecs devaient avoir sacrément faim après ça. Du peu que je savais, ce qu'on mange, on en a vraiment rien à carrer si c'est joli, et ça ne nous nourrit pas plus. Fray c'était pareil : pour se la jouer "in" comme tous ses petits copains de Serdaigle, il mettait des fioritures partout, il utilisait des beaux mots, mais au fond, il pouvait faire, il pouvait être, tellement plus simple. C'était comme un plat d'un "grand restaurant" : il n'avait pas besoin d'être beau et plein de chichis pour avoir un bon goût.

Erk... Rassurez-vous, j'étais loin d'avoir envie de tester si Stephen Fray avait "bon goût" ou pas. Bref.

J'eus juste un soupir et je levai les yeux aux sourcils d'un air las après qu'il ait parlé, mais ne relançai pas la bataille, qui s'était calmée, ce qui était tout aussi bien. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, je n'avais pas besoin de réfléchir plus loin. Ce n'était pas le moment de casser du Serdaigle. Ce qui avait été commencé, techniquement. Mais bon, je m'étais excusé, non? Bon.


– Mais toute brillante soit-elle, cette épreuve était de trop. Elle va avoir besoin de ses amis. De tous ses amis.

Oui ben ça va merci. Je sais tout ça. Eh oh, il se prenait pour qui? Je me coltinais Taylord depuis presque six ans, alors je savais comment elle allait réagir, et d'ailleurs, j'en savais même plus que Stephen sur Taylord, grâce à la fameuse lettre trouvée (trouvée étant un synonyme de volée dans ce contexte) à propos de la famille Reegan. Donc, je n'étais pas un manche, et je me doutais que Taylord allait avoir besoin de soutien, de ses amis, et voilà, je ne savais même pas pourquoi je m'énervais, parce que qu'est-ce que ça pouvait me faire qu'il me dise ça, en fait?

Respire, mon petit Chuck.


- Je le sais bien, lui répondis-je d'un ton entendu et un peu agacé pour lui prouver qu'il avait été bête de croire que je ne savais pas tout ça.

Qui plus est mon attention fut retenue par un mot : brillante. Il avait raison, c'était exactement ça. Taylord était brillante. Au sens physique du terme. Elle avait quelque chose en elle, même temps quand elle m’agaçait au plus haut point ou qu'elle avait sa tête des mauvais jours, qui la rendait étincelante, irradiante. Et souvent j'avais l'impression que ses "rayons" atteignaient les autres, comme si ils les faisaient se sentir meilleurs.

Mais une voix brusque interrompit ma réponse et le fil de mes pensées. Un Mangemort était apparu sur le pas de la porte et prenait apparemment les choses en main :


– Un seul visiteur pour un malade, dix minutes seulement !

Il avait l'air du grand méchant loup qui venait tout juste de croquer le berger et louchait maintenant, la bave aux lèvres, sur le troupeau de jolis petits moutons qui étaient tout à lui. Pfff. Pauvre tache. J'eus envie de lui montrer mon majeur mais quelque chose me retint, et à vrai dire, je n'avais pas envie de faire preuve de témérité irraisonnée devant Stephen, parce que je savais qu'il me prenait pour un imbécile et la dernière chose que je voulais sur cette terre, c'était lui donner raison. Tout comme là, en cet instant, la seule chose que je voulais, c'était casser la gueule à ce sale Mangemort. Ce qui, l'un dans l'autre, était plutôt problématique pour moi, l'une chose entraînant l'autre.

Apparemment, on n'avait pas le droit de voir plus d'une personne, et je voyais déjà les yeux des élèves s'humidifier autour de moi, parce qu'ils avaient peur, parce qu'ils étaient tristes, parce qu'ils voulaient rester avec leurs amis - tous leurs amis. La rage qui coulait dans mes veines me donnait envie de tout casser. Encore.


– Ton nom ?

Fray était juste dernière moi, et moi, juste sous le nez du Mangemort. Il avait les dents jaunes, ce vieux moche. Instinctivement je fus tenté de répondre "Celui de ta mère, connard" mais mon bon sens eut la bonne idée de me retenir - presque - au bon moment, ce qui fait que je marmonnai un truc incompréhensible.

- Quoi? gueula l'autre.

- Carlton, dis-je de mauvaise grâce. La connerie rend sourd, il faut croire.


– Tu viens voir ?

Un seul visiteur. J'hésitai une fraction de seconde. L'une comme l'autre, je ne pouvais supporter l'idée de la voire blessée, traumatisée. Pourquoi ce choix? Je voulais m'assurer qu'elles allaient bien, toutes les deux, je voulais leur montrer mon soutien. Connards de Mangemort, jusqu'au bout...

- Lilian Easter. Et j'espère qu'elle va s'en remettre, mon gros, rajoutai-je pour moi. Il me laissa passer et j'attendis quelques secondes le temps que Fray réponde aux aimables question de notre ami le mangeur d'enfants.

J'évitai son regard quand il marcha à côté de moi vers les lits des blessés. Celui de Lilian était dans l'allée de droite. A nouveau, j'interrompis sa marche alors qu'il ne restait plus qu'à nous séparer.


- Dis-lui... commençai-je tout bas au milieu du silence angoissant de l'infirmerie. Dis-lui quoi? Que je pense à elle, que je suis là pour elle? Oh merde, mais non, c'est ridicule, j'avais envie de me lancer des tomates pourries à moi-même. Prends soin d'elle? Hmm, il aurait fallu me tuer pour que je confie une telle tâche à un Serdaigle. D'ailleurs, les Serdaigle se voyaient confier un peu trop de tâches à mon goût propos de Taylord. Tu me diras comment elle va, finis-je par lâcher, coupant court à d'avantages d'élucubrations. Ok? Je le saluai d'un signe de tête. En réalité, j'avais juste envie de m'assurer que Taylord brillait toujours, même dans son lit aux draps blancs. Mais je ne le pouvais pas, rien de plus. Et Stephen n'était pas en mesure de m'apporter une réponse. Ou peut-être que j'avais trop peur de me rendre compte que Taylord avait perdu toute son énergie qui la rendait si... spéciale. On peut être Serdaigle et ne pas dire QUE des bêtises, finalement.


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MessageSujet: Re: Naufragés dans la nuit, direction la sortie [OVER]   Sam 15 Oct - 14:29

– Lilian Easter.

Mon visage n'exprima aucune réaction, mais tout en moi sembla émettre un : « eh voilà » résigné. Fataliste, je n'avais pas cru une seule seconde que la réponse de Carlton eut pu être différente – ou bien si ? Mais le Gryffondor ne méritait pas qu'on s'intéressât à lui de toute façon. C'était Taylord qui m'inquiétait. Une partie de moi-même, la plus égoïste, était soulagée que Carlton eut choisi Lilian, tout comme j'avais été heureux que Scott m'envoie à l'infirmerie à sa place pour lui tenir compagnie. Dix minutes, ce n'était pas grand chose, mais c'était déjà ça, et en ce qui me concernait, c'était largement suffisant pour vérifier son état de santé physique et mentale. Mais je la connaissais trop bien – mieux qu'elle ne s'en doutait elle-même – et je savais ce dont elle avait besoin ; ou plutôt, qu'elle avait moins besoin de moi que d'autre chose. Et j'étais également trop attaché à elle pour le lui refuser. Oui, attaché, je prends bien conscience de ce que ce mot implique. Comme dans « lié », « encordé », « agrafé », « amarré », « entravé ».

C'est là où les choses deviennent… compliquées.

Vous trouverez ça étrange, mais je n'arrivais pas à être inquiet pour Candy. C'était ma sœur, ma petite sœur, mais… La famille avait un sens particulier pour moi. Mon père n'avait jamais été ce qu'on attendrait d'un père. Pas un modèle. Pas un tyran. Pas un rival œdipien. Pas un père. Ma mère… avait été ma mère ; mais maintenant, plus tellement. Mes parents eux-mêmes n'étaient pas de vrais parents, ni même de vrais adultes. Des adultes en plastique. Et Candy ne s'était jamais comportée ni comme une petite fille, ni comme une petite sœur, ni comme quoique ce soit qu'on aurait pu imaginer. De loin, nous étions cette petite famille classique, celle qu'on retrouvait sur les panneaux publicitaires en Chine. Mais la réalité était que Candy pouvait prendre soin d'elle-même. Elle n'avait pas besoin de ma protection. Et quand les codes de la famille sont brisées, il est normal de chercher à en construire de nouveaux. Taylord et Scott étaient ce qui ressemblait le plus à une famille pour moi, ici à Poudlard.

Et en fait, Carlton avait raison. S'il avait dit : « Taylord Reegan », et si ça avait été mon tour de m'avancer pour dire qui j'étais venu voir, qu'est-ce qui aurait bien pu sortir de ma bouche ? Je serais resté planté là, et au bout de quelques secondes, je serais reparti, les lèvres sellées. Quel spectacle aurais-je offert aux Mangemorts et à mes camarades ! Quel ridicule image m'aurait alors poursuivi jusqu'à la fin de mes études ! Et peut-être au-delà, car le monde des sorciers est un monde plus étroit qu'on l'imagine.

– Nom ? aboya le Mangemort.

Je le détaillai rapidement. Ne voulant être grossier envers vous, je me garderai de vous rapporter la description hautement insultante que je fis de sa personne.

– Fray, Stephen, répondis-je avec une politesse insolente. De Serdaigle.

J'évitai néanmoins de sourire, sachant qu'il le prendrait certainement mal. C'était un idiot – ça se lisait sur ses traits et dans ses yeux vitreux – mais certes pas un troll.

– Ouais, ouais, répliqua-t-il. Et tu viens voir ?
– Taylord Reegan, de Gryff…
– Ça va, je m'en fous !

L'évocation de nos Maisons respectives semblait le mettre dans tous ses états. Je faillis le questionner sur le sujet, mais me retins à temps. Pas d'imprudence, Stephen Fray. Ce n'est pas le moment.

Il vérifia sur sa liste et, ayant trouvé le prénom de mon amie, me laissa passer. Bizarrement – ou pas si bizarrement – Carlton m'avait attendu. Nous pénétrâmes ensemble dans l'infirmerie. Deux ailes : Lilian à droite, Taylord à gauche. C'est d'un dramatique affligeant. Et le visage du garçon, pris entre deux feux, était si contracté que c'était lamentable.


– Dis-lui… hésita-t-il.

Evidemment, les mots ne venaient pas. S'ils étaient venus, il les aurait dit lui-même. C'était ce genre de personne.

– Tu me diras comment elle va, acheva-t-il (pathétique). Ok ?

Je répondis solennellement à son signe de tête.

– Ok, articulai-je – je n'étais pas encore habitué à cette façon de parler un peu triviale.

Il me tourna le dos et ne se retourna pas. Je le regardai s'éloigner, pensif. Curieux tout de même, ce que ces Gryffondor pouvaient avoir comme réactions. Ils se laissaient prendre au jeu de leurs propres sentiments, trop puissants et indomptables, et finissaient toujours par se mettre en colère plutôt que d'accepter d'être heureux, ou au moins, d'accepter d'être eux-mêmes. Et par-dessus tout, communiquer avec des mots, de manière intelligible, était au-dessus de leurs forces, pourtant dites démesurées. Exactement comme Wayland, qui ne pouvait s'exprimer autrement qu'en me criant dessus !! Et voilà, rien que d'avoir pensé à elle, j'étais énervé. Que lui était-il arrivé, d'ailleurs ? En tant que fille de la Directrice, elle était sans doute plus en danger que la plupart d'entre nous !… Mais je chassai ces pensées. Pour l'instant, la seule personne qui devait éveiller mon inquiétude se tenait à quelques mètres de moi.

Elle était éveillée. Le sourire que je lui adressai de loin était un peu forcé, mais il exprimait surtout mon profond soulagement. Je résolus de me montrer tel que je souhaitais qu'on me voit – à l'opposé de Carlton, quelqu'un qui avait toujours les mots justes.

Pas que cela puisse la réconforter mieux qu'autre chose, bien sûr. Mais c'était déjà ça.

----

Et ceci est la fin du topic ! Obviously, to be continued…

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