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Now show me something pretty [PV]

 
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 Now show me something pretty [PV]

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Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 4870
Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

Feuille de personnage
Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Now show me something pretty [PV]   Mer 8 Juin - 23:06

*

C'était la première fois depuis cette nuit de la prise d'otages que Lilian voyait enfin la lumière du ciel et ressentait sur sa peau la douce chaleur du soleil. Elle avait passé une interminable semaine à l'infirmerie, au début entre la vie et la mort, puis se rattrapant aux limbes de forces qu'il lui restait au fur et à mesure. Pendant une semaine elle avait passé ses journées à dormir plus de douze heures par jour et à recevoir quelques visites lorsqu'elle allait mieux. En parlant de visites, celle dont l'avait honoré Sacha Winch, son nouveau directeur la laissait encore songeuse, perplexe et surtout atterrée. La jeune fille refusait en bloc de croire à ce qu'il racontait mais, au plus profond d'elle, elle savait pertinemment qu'il ne mentait pas ; personne n'irait inventer que le frère d'une jeune fille avait copiné avec les Mangemorts afin de servir leurs desseins machiavéliques. Quand il s'en était allée, laissant Lilian seule sur son lit d'infirmerie, Sacha Winch dut se douter qu'il semait en elle le doute et que ce dernier la rongerait jusqu'à ce qu'elle ait la preuve vivante que son frère avait en effet, pour un temps, été de mèche avec les ténèbres.

Cette nuit là, la lionne rouge et or n'avait eut de cesse de se tourner et retourner dans son lit au linges blancs, enveloppée dans le cocon blanc que lui conféraient les rideaux opaques tout autour de son lit. Elle ne s'était jamais sentie aussi seule : son lit lui semblait éloigné de tous ceux des autres otages, Taylord, Haruhi, Daniel, Megane, Katie et Heather. Parfois elle entendait leurs voix mais elle ressentait en elle trop de faiblesse de la part de son propre corps pour s'asseoir sur son lit et ouvrir les rideaux qui l'enfermaient dans cette solitude. Ses membres la tiraillaient encore, comme si elle subissait encore une fois un Endoloris, à une puissance nettement moindre certes, mais qui animaient toutes ses cellules et engourdissaient ses muscles. Peut-être les autres otages, ses amis l'avaient-ils entendu pleurer sur son oreiller cette nuit là parce qu'elle refusait de croire ce que venait de lui dire le Mangemort, parce qu'elle repensait à son frère Felton et à la plaie béante qu'il avait laissé dans son cœur et parce qu'elle en avait assez de souffrir. Elle en avait assez, trop de choses lui étaient jetées à la figure en si peu de temps et son cerveau engourdi ne pouvait supporter un tel choc. Mais ce qui l'effrayait était le fait qu'elle devrait parler de cette visite à Hadrian mais comment s'y prendre avec un garçon de douze ans qui en avait sept lorsque son grand frère disparut brusquement sans laisser aucune trace ? Comment réagirait-il lorsqu'il apprendrait que Felton avait aidé les Mangemorts et que c'était peut-être en partie à cause de lui qu'ils s'étaient emparés de Poudlard ? Déjà, comment lui annoncer cette affreuse nouvelle ?

Perdue dans ses pensées et noyée dans ses larmes, Lilian n'avait trouvé le sommeil que tard dans la nuit et encore, son sommeil fut agité. Si agité qu'il paraît qu'elle ne se réveilla même pas lorsque Hadrian vint lui rendre visite, comme chaque jour depuis son entrée à l'infirmerie. Au fond d'elle, la sirène se félicita de ne pas avoir ouvert les yeux car elle se serait sentie obligée, poussée par son instinct fraternel et surtout par son devoir de grande sœur d'annoncer au jeune garçon ce qu'elle venait d'apprendre il y a peu.

Allongée dans l'herbe, Lilian n'en revenait toujours pas de cette belle, de cette radieuse journée quand elle savait que le climat à l'intérieur du château relevait davantage d'un véritable chaos. C'est Chuck qui était venue la chercher à sa sortie ce matin. Il l'attendait, assis à son chevet alors qu'elle se réveillait à peine. A cette vision et bien qu'à peine sortie du royaume des songes et des anges, un sourire tendre vint fendre ses lèvres fines et redonna cet éclat que l'on croyait éteint pour toujours. La lionne aurait bien aimé jouer l'espiègle et se cacher sous ses draps afin que Chuck vienne la chercher mais encore quelque peu affaiblie et fatiguée, elle se contenta de saisir sa main et d'enrouler ses longs doigts fins et d'un léger baiser sur les lèvres. Ces lèvres, Lilian avait bien cru ne jamais les revoir, ne jamais pouvoir les embrasser encore tellement la torture que lui avait fait subir le Mangemort l'avait menée tout près de la mort.

Quand ils passèrent la porte de l'infirmerie et ce malgré, le climat de terreur qui régnait, Lilian ne put s'empêcher de remarquer que le visage de certains élèves arborait un sourire ou alors une ombre de sourire à la vue de la Sirène qui sortait enfin après une longue semaine sans que son regard magnifique n'eut fixé aucun garçon. Beaucoup avaient dû allumer des cierges et prier le soir avant de dormir pour que la sublime Lilian survive à ses blessures et reste parmi les vivants. Mais qui de Chuck ou Hadrian s'était le plus inquiété durant cette longue semaine ? Hadrian parce qu'il craignait de n'être plus que le seul et unique enfant Easter-Schoonmaker ou bien Chuck qui voyait celle avec qui il était en couple depuis plus d'un an disparaître quasiment sous ses yeux sans qu'il ait eut le temps de l'embrasser une dernière fois ? Dans son cocon, Lilian s'était souvent posé la question sans jamais y trouver une réponse en grande indécise qu'elle était parfois. C'est d'ailleurs pendant ces longues minutes, ces heures qui lui paraissaient éternelles qu'elle s'était rendu compte que cela faisait plus d'un an que Chuck et elle s'étaient rencontrés et étaient devenus l'un des couples incontournables de Poudlard. Elle s'était même surprise à imaginer quelle aurait été sa réaction s'il apprenait que sa copine venait de succomber à ses blessures mais la jeune fille avait rapidement secoué la tête pour chasser ces pensées morbides.

C'est en la tenant par la taille que Chuck l'emmena au bord du lac et n'étant plus habituée aux rayons du soleil qui éclairent les visages de leur douces lumière, Lilian plissa les yeux et se cacha le regard de la main. C'était comme si elle revenait après de longues années : le lac apparaissait toujours aussi calme et scintillait sous le soleil comme ses grands yeux quand elle souriait. Enfant émerveillée, Lilian resta quelques secondes sans mot dire, la main toujours en visière au-dessus de ses diamants et se contentait simplement d'admirer ce paysage qui, elle l'avouait, lui avait bien manqué. Une brise tiède joua dans ses longues mèches châtains et caressa ses joues à la peau de lys. A peine furent-ils assis au bord du lac, Lilian ôta sa veste et s'allongea de tout son long, d'abord face au soleil comme si elle lui prouvait qu'elle revenait, qu'elle n'était pas morte. Un sourire fendit ses lèvres tendres et elle se tourna en direction de Chuck, appuyé sur ses coudes. Depuis qu'il était venu la chercher, peu de mots avaient été échangés mais la jeune fille trouvait que ce silence entre eux en disait bien plus. Elle avait bien trop souffert pour pouvoir débiter un flot incommensurable de paroles. La belle se rapprocha de lui, entoura son ventre de son bras blanc et nicha sa tête au creux de son épaule. Sa chaleur, son parfum, tout en Chuck lui avait manqué durant son séjour à l'infirmerie.


- Tu m'as tellement manqué, souffla-t-elle en fixant le lac droit devant elle et se serrant encore plus contre le torse de celui qu'elle aimait.

Un instant, elle ferma les yeux et revit les scènes qu'elle et Chuck avaient vécu depuis le jour de leur rencontre. La tour d'Astronomie, leurs vacances aux États-Unis, l'annonce officielle de leur couple au bal de Noël. Elle chassa vite fait celle où, prisonnière du cercle magique de Sacha Winch, elle avait vu les prunelles effrayées et haineuses de Chuck devant son état. Qu'aurait-elle fait à sa place ? Qu'aurait-elle fait si c'était Chuck qui avait été torturé par cet être tout droit venu de l'enfer ? Qu'aurait-elle fait si elle l'avait vu dans son lit d'infirmerie, ni vraiment mort mais ni réellement vivant. Bien sûr, elle se serait saigné aux quatre sangs, n'aurait pas dormi, essayant de pallier ses insomnies en errant dans le château ou le parc tard le soir quand elle ne pourrait pas le veiller. Elle se serrait vidée de ses larmes, n'aurait rien mangé ou presque et serait devenue une véritable âme tourmentée.

Malgré son caractère et son essence de séductrice, depuis qu'elle sortait avec Chuck, Lilian s'était comme qui dirait, assagie. Certes elle continuait de faire envier les garçons du collège mais savait où se trouvaient les limites à ne pas franchir alors qu'auparavant, elle s'en contre-fichait et les franchissait comme bon lui semblait. Elle venait même à fixer d'un œil parfois jaloux les filles qui lorgnaient trop sur son boyfriend. Mais c'était également leur jeu quotidien, à celui qui parviendrait à titiller le plus l'autre. Oh oui, elle aurait été dans tous ses états et bien pire si Chuck avait été à sa place. Les deux grands lagons des îles s'offrirent de nouveau à la lumière du ciel et à qui leur couleur n'avait rien à envier et remontèrent vers le visage de Chuck. Ce dernier semblait pensif. Sûrement pas autant qu'elle l'avait été. La sirène savait qu'elle devrait tout lui raconter à propos de la visite de Winch mais connaissant son caractère impulsif, elle savait également qu'il pourrait se mettre en danger par le simple fait de vouloir la venger. Sauf qu'il ne faisait guère le poids et Winch le dégagerait comme on dégage un moucheron sur notre bras, d'une simple pichenette.

Cependant, la blessure trop récemment rouverte, Lilian battit des cils pour retenir les larmes qui lui montaient aux yeux et chamboulaient les azurs clairs en les chargeant de nuages gris. N'y parvenant pas, elle enfouit son visage dans l'épaule de Chuck en s'assurant que son T-Shirt essuierait les quelques gouttes d'eau. Depuis la visite, dès que sa tête faisait remonter le souvenir de Winch, c'était immédiatement celui de Felton qui accourait et venait prendre sa place. Les phrases du Mangemort se bousculaient dans son esprit et la belle les connaissait maintenant par cœur. Son frère, elle le voyait avec ses mèches blondes, son sourire charmeur et ses yeux pareils aux siens, elle ne pouvait pas l'imaginer parler avec des Mangemorts et les aider dans quelque funeste plan, cela était impossible et pourtant, elle savait que tout était vrai et on ne peut réel. Seulement Lilian voulait continuer de croire en ses espoirs, s'aveuglant volontairement en se parant d'œillères pour ne pas voir ce qu'elle ne voulait pas voir mais dans ce monde, il y avait toujours quelqu'un pour vous prouver qu'il n'y a que la vérité qui blesse. Et Lilian en faisait l'amère expérience.

Afin de retenir ses larmes qui menaçaient désormais de couler sur ses joues, la belle lionne se mordit les lèvres cependant qu'elle ramenait sa main qui entourait la taille de Chuck vers elle, saisissant un pan de son T-Shirt au niveau de son torse. C'en était trop. Elle revivait la nuit qui avait suivi sa discussion avec Winch. Les larmes roulaient sur ses joues blanches et mouillaient le t-shirt de Chuck qui ne devait pas comprendre ce qui se passait et pourquoi sa copine se mettait brusquement à pleurer de la sorte. Il savait que son grand frère avait disparu mais il ne savait pas que le nouveau directeur était venu lui rendre une visite à son sujet. Quelques mèches ondulées vinrent se coller au visage de l'ange torturé qui restait enfouit dans les muscles du jeune homme mais Lilian ne parvenait à s'arrêter parce qu'à force de remuer le couteau dans la plaie, celle-ci avait fini par se rouvrir pour de bon et cela faisait bien trop mal pour continuer de souffrir en silence.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Mar 14 Juin - 14:21

*

Ce matin était celui où Lilian sortait de l'infirmerie, et autant avouer que j'avais envoyé valser avec grand plaisir les cours que j'avais pour être celui qui irait l'attendre à la sortie de son lit de malade. A vrai dire, déjà que les cours étaient loin dans ma liste des préoccupations, depuis l'arrivée des Mangemorts, ils étaient tombés encore plus bas. Qu'est-ce que j'en avais à foutre de l'histoire des Gobelins à travers les âges, franchement, quand un tas de connards aux idées fascistes avaient pris le contrôle de Poudlard? On ne pourrait les battre qu'en concentrant nos forces et nos méninges et du coup, il n'y avait vraiment pas de place pour les cours, les devoirs, et ce genre de conneries. D'ailleurs, j'avais hâte d'en faire part à Lilian - l'infirmerie n'était pas le meilleur endroit pour ce genre de confidences, les murs avaient des oreilles - mais cette réunion avec tout un tas d'élèves contre les Mangemorts dans la Salle sur Demande m'avait donné un regain d'énergie et nuit et jour je rêvais à des morts de plus en plus atroces pour ces abrutis de méchants masqués qui, vraiment, me sortait par tous les pores de la peau tant je ne pouvais pas les saquer. Encore, il y avait des méchants que je comprenais. Par exemple le Géant Vert dans Spiderman, et tous les méchants des Comics par extension : au moins lui il assumait sa volonté de conquérir le monde pour être le plus fort et pour combler son ego surdimensionné de gros malade sûrement défoncé à la coke. Ce qui me gênait, avec les Mangemorts, Lord Voldemort et toute sa clique, c'est qu'ils s'acharnaient à nous faire croire qu'ils croyaient en la pureté du sang et compagnie, alors que leur but, finalement, il fallait bien le reconnaître, c'était juste de prendre le contrôle de tout et de tout décider et diriger, et salut la compagnie. De toute façon, Voldemort avait des origines moldues tout comme Hitler avait des origines juives, alors franchement, et ce que c'était pas ridicule?

Bref, moi ce genre de connards j'avais juste envie de leur casser la gueule, et je comptais bien mettre mes envies à exécution par le biais de notre association d'élèves rebelles, tous plus décidés à botter le cul à ces dérivés du Klu-Klux-Klan en culottes courtes (ou pas) et masques d'argent. Ce n'était tout de même pas un tatouage un peu trash sur leur bras qui suffirait à nous faire peur!

Mais en allant chercher ma girlfriend, mes envies de rébellion s'atténuaient un peu, car je n'avais qu'à me remémorer la scène de ce fameux soir, son visage défait, les flots de sang qui sortaient de sa bouche, ses larmes, et puis après à l'infirmerie son regard étient, sa peau tellement pâle qu'elle en rivalisait avec Peeves, pour qu'une boule se forme dans ma gorge et que je me sente plein d'une sensation désagréable. J'avais eu très peur ce soir-là, inutile de le nier. Pour elle, et pour les autres aussi, Taylord, Haruhi, Katie, Daniel... Ils étaient tous mes amis et je m'étais senti impuissant à une puissance tellement phénoménale que ça m'avait presque rendu dingue. Pourtant, avec Lyra, Hadrian, on avait essayé de résister, de conjuguer nos efforts pour faire quelque chose, mais rien, rien, RIEN. Autant se taper la tête contre un mur, ça ferait le même effet - pour le mur. C'était ça le plus dur. C'était de ne rien faire. Ça me tuait. Du coup, heureusement qu'il y avait eu tous ces élèves qui s'étaient rebellés et moi avec et que les Mangemorts allaient tâter de notre colère, à nous aussi, parce que sans ça j'aurais explosé.

A l'infirmerie, Lilian m'attendait sur son lit, interdite de bouger si quelqu'un ne venait pas la chercher, par cette infirmière un peu trop revêche à mon goût. Je ne sais pas vous, mais moi quand je viens de me faire tabasser j'aime que la personne qui s'occupe de moi soit un minimum délicate et compréhensive, or elle était plutôt froide et peu douce, et surtout elle me jetait toujours des regards courroucés comme si j'étais un vilain troll pustuleux. Bon, ok, j'avais envoyé pas mal de personnes à l'infirmerie - des Serpentard surtout - et j'étais déjà venu plusieurs fois me faire soigner, mais que voulez-vous, quand on me cherche, on me trouve. Et puis merde, son boulot ce n'était pas de nous faire la morale, c'était de nous soigner! Bref, Pomfresh tiqua quand elle m’aperçut, et puis elle tiqua encore plus quand elle comprit que je venais chercher Lilian qui "avait besoin de repos, vous m'entendez Carlton, de REPOS, de CALME". Je faillis lui demander "elle a besoin de quoi, déjà?" d'une voix très polie histoire de la faire rager un peu plus, mais je ravalais mes mots et n'ajoutai rien, pris les affaires de Lilian et l'entraînai vers la sorte, un bras entourant sa taille, à la fois pour afficher ma propriété mais pour également la soutenir si elle en avait besoin. Dès fois qu'elle s'évanouisse, tout ça. Non mais merde je n'étais pas débile, j'avais vu de mes yeux Lilian se faire limiter tuer par ce suppôt de Satan de Mangemort de mes deux, je n'avais donc pas prévu d'emmener Lilian courir un 400 mètres haie, qu'elle était con cette infirmière...

Je lui proposai une sieste au bord du lac puisqu'il faisait beau et doux, pas trop chaud, bref le temps parfait pour un bain de soleil après une convalescence. Les élèves qu'on croisa nous regardèrent mollement, et je savais que le moral était en berne pour la population de Poudlard, et tout ça à cause d'un groupe d'illuminés un peu trop zélés... Il y avait vraiment de quoi s'énerver...

On choisit un endroit un peu à l'abri des regards - la célébrité de temps en temps c'est comme le chocolat, c'est un peu écoeurant - et je laissai Lilian s'installer à son aise, avant de me coucher près d'elle et de lui offrir mon torse comme oreiller. Il y avait un tout petit peu de vent qui faisait que le temps n'était pas trop chaud; à part les brindilles qui me piquaient le dos, c'était parfait.


- Tu m'as tellement manqué

- Toi aussi, et tu m'as surtout fait très peur, lui murmurai-je, très sérieux pour une fois. Elle avait sa tête tout contre moi et je lui embrassai plusieurs fois ses cheveux tout doux, tout en les caressant d'une main. L'autre était enroulée autour de ses épaules. Mais j'étais pensif. Je revoyais tous ces visages assombris à l'infirmerie, les cernes sous les grands yeux bleus de Lilian, les petits sourires qu'elle essayait de me lancer pour me rassurer mais qui, je le sentais, n'étaient pas très convaincants. Putain, de quel droit les Mangemorts s'étaient attaquer à des élèves, bon sang?! Est-ce que moi j'allais foutre des pains à un gamin de 7 ans? Non! Quelle bande de lâches, mais quelle bande de lâches! Et après il parlait fièrement de pureté du sang - mais un sang pur qui rendait con et lâche, tu parles d'un cadeau! Ils étaient tous consanguins, forcément, à vouloir sauvegarder la race, pas étonnant qu'ils soient mentalement réduits!!

Je brûlais d'un feu de vengeance, de colère et de haine pour ces imbéciles qui, si j'avais été en pouvoir et en mesure de les combattre, n'avaient pas idée des blessures que j'avais envie de leur infliger. Des blessures mille fois pires que celles qu'ils avaient fait subir à Lilian, me jurai-je férocement en la serrant tout d'un coup très fort contre moi, longtemps, avant de percuter qu'elle avait sûrement encore mal un peu partout que c'était inutile de lui briser quelques côtes supplémentaires, du coup je relâchai mon étreinte.

Mais je me rendis compte qu'elle s'était agrippée à mon t-shirt et qu'elle pleurait maintenant toutes les larmes de son corps - je ne l'avais pas encore vue s'abandonner à un tel chagrin et je me doutais bien, au fond, que ça n'allait pas tarder, parce que les filles c'est pas comme les garçons, ça pleure quand ça va pas, j'en avais déjà fait l'expérience. Et de la voir dans cet état, ça me rendait encore plus remonté contre eux. Je la serrais doucement cette fois, la berçant un peu. J'avais la joue posée sur ses cheveux et je fermai les yeux quelques instants, pris au dépourvu devant une telle tristesse... ça me faisait chier. Je détestais voir les gens pleurer, parce que ça me rendait triste, et tout me paraissait soudain immensément sans espoir. Quand je me disputais avec mon petit frère ça me faisait toujours ça : il avait beau m'avoir poussé à bout de nerfs, dès l'instant où il pleurait - mais où il pleurait vraiment, hein, pas où chouinait parce que je détestais ça - je redevenais sympa et je faisais genre que je lui en voulais encore, mais au fond, je ne lui en voulais plus du tout.


- Lilian, Lilian... murmurai-je doucement. J'aurais tout fait pour qu'elle ne pleure plus. C'est fini, c'est fini, répétai-je pour elle comme pour moi, chassant les images du soir de l'attaque de ma mémoire. Dis-moi à quoi tu penses, la questionnai-je, avant de l'embrasser sur le front puis sur chacune de ses paupières toute humide de larmes, comme si j'allais pouvoir les assécher.


_________________

CHUCK CARLTON
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Lilian Easter
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Ven 17 Juin - 14:21

Citation :
la célébrité de temps en temps c'est comme le chocolat, c'est un peu écoeurant
Han je suis pas d'accord : sur toi le chocolat n'est jamais écoeurant, je pourrais en manger des tonnes

Plus rien ne serait jamais pareil désormais ; tout avait changé. Les espoirs de Lilian, son visage et son corps portaient encore la marque de nombreuses cicatrices, celles infligées durant la nuit de la prise d'otages où elle avait endossé, inconsciemment, le mauvais rôle. Qui aurait pu le prévoir ? Qui aurait imaginé qu'elle, LA Sirène de Poudlard se ferait torturer et verrait la main de la mort s'approcher d'elle pour l'emmener avec elle, dans son royaume froid et gris. Lilian devait cependant bien avouer qu'elle ne s'était pas autant battue qu'elle aurait pu le faire : une fois le sortilège lancé contre elle et les flots de sang se déversant hors de sa bouche, elle avait dès lors cessé de croire en toutes ses lubies, en toutes les choses qui rendaient sa vie si fabuleuse. Elle s'était même traînée jusqu'au mur le plus proche, en espérant y expirer son dernier souffle dans la dernière goutte de sang qu'elle cracherait hors de son corps. Néanmoins, au moment où ses grands yeux bleus dévastés se fermaient, la sirène faisait son adieu à ce monde, à ce château qui avait fait sa gloire et qui se présentait autant comme son royaume peuplé de ses sujets que son terrain de chasse où courraient de jolis cœurs épris d'une telle beauté divine, elle avait ressentit une force qui la soulevait du sol, l'emmenait loin de son sang qui tâchait le sol de pierre de la Grande Salle. De loin, elle avait perçu des voix apeurées, son nom hurlé plusieurs fois. Mais bien trop faible, c'est à peine si elle avait pu ouvrir les yeux et bouger la main pour prouver qu'elle était toujours vivante.

Le visage de Chuck qu'elle avait revu après deux jours de soit-disant coma, fendit ses lèvres en un faible sourire, elle s'en souvient si bien : cela lui avait donné l'impression que cela faisait des jours, des mois que ses lèvres n'avaient plus esquissé un seul sourire. Elle se doutait que ce sourire, bien que pâle, avait du redonner à Chuck un sentiment d'espoir de pouvoir un jour la serrer de nouveau contre lui, de pouvoir embrasser ses lèvres tendres et caresser sa peau satinée.

Maintenant, tout semblait si loin, bien que son corps encore engourdi lui rappelle sans cesse que cela ne datait que d'une semaine seulement. Et quand Chuck la serra contre lui, elle ne pu s'empêcher d'esquisser une moue face aux courbatures qui meurtrissaient chacun des ses muscles.


- Toi aussi, et tu m'as surtout fait très peur.

Un nouveau sourire étira les fines lèvres roses et elle se blottit davantage contre lui, fermant les yeux sous les caresses qu'il lui prodiguait. Qui de lui ou d'elle avait eu le plus peur ? Elle, de ne jamais revoir la lumière du jour ou lui, de ne jamais revoir les yeux de Lilian qui continuaient de l'envoûter encore aujourd'hui ? Elle revit la scène où elle, chancelante à quatre pattes sur le sol après l'Endoloris qu'elle venait de subir et avant de recommencer à cracher tout le sang de son corps. A cet instant, la sirène avait relevé les yeux vers le bord du cercle magique dans lequel elle et Megane étaient enfermées avec Winch en guise de bourreau. Ce qu'elle avait vu l'avait désespéré : Chuck et Hadrian hurlaient son nom en tapant de toutes leurs forces sur le mur invisible. Elle se souvient aussi parfaitement du regard qu'elle leur avait adressé, un regard de négation et désespéré avec un signe de tête, afin de leur faire comprendre que cela ne servait plus à rien de taper et de crier, elle n'avait plus la force, celle-ci quittant son corps au fur et à mesure que les flots de sang venaient tâcher le sol. Puis elle s'était traînée près du mur avant de se retrouver dans un lit blanc de l'infirmerie.

Cherchant le meilleur moyen de chasser ces horribles souvenirs que malheureusement, elle risquait de ne jamais oublier, Lilian déposa un tendre baiser sur l'épaule de Chuck sur laquelle sa tête d'ange reposait. Mais malgré tout l'amour qu'elle portait à Chuck, le plaisir, le bonheur et la joie que lui apportait celui-ci, cette nuit restait bien trop gravée dans sa tête et son esprit pour déjà ne plus laisser de marques. Elle qui pensait avoir pleuré depuis bien longtemps toutes les larmes de son corps, comme si chaque être humain possédait en lui un quota à ne pas dépasser, les larmes salées perlèrent à ses yeux qui reprenaient pourtant goût à la vie. La visite de Winch fut la goutte d'eau faisant déborder le vase et Lilian savait qu'au final, même s'il n'avait pas eu ce qu'il voulait, il n'était pas repartit vain car il avait bien mit à mal Lilian et ses espoirs. Se remémorant la visite à contrecœur, la belle se rappelait des phrases qui s'abattirent sur elle comme du plomb, détruisant chaque fois un peu plus les espoirs qu'elle avait mis tant d'années à bâtir. Bien sûr, cela lui avait plut à Winch : torturer aussi bien moralement que physiquement les gens relevaient du quotidien le plus banal d'un Mangemort, comme elle de passer vingt minutes devant son armoire. Lilian le détestait depuis la nuit de la prise d'otages mais le haïssait dorénavant comme jamais elle n'aurait pensé pouvoir haïr quelqu'un de la sorte. Elle souhaitait lui infliger mille tortures bien pires que celles qu'elle avait endurées et écraser son cadavre de ses talons aiguilles avant de le brûler et de jeter ses cendres à la mer. Chuck devait penser la même chose car il la serra davantage contre elle. Cependant, son étreinte se desserra rapidement ; Chuck reprenant sans doute conscience du fait que Lilian sortait tout juste de l'infirmerie et qu'elle n'était pas non plus au mieux de sa forme malgré le fait qu'elle se porte beaucoup mieux.

Quand elle s'abandonna au chagrin et déposa les armes face aux larmes qui roulaient sur ses joues, Chuck tourna son torse vers elle. Il se doutait qu'elle ne ressortirait pas éprise d'une soudaine joie de vivre et que ce qu'elle avait vécu l'abattrait mais jamais il n'avait vu Lilian dans un tel état. Jamais il ne l'avait vu pleurer, à peine s'il avait vu deux larmes perler au coin de ses diamants lors de leur rencontre dans la tour d'astronomie, alors qu'elle pensait à Felton. C'était lui en partie la cause de ses chagrins et qui l'était encore plus suite à la révélation de Winch. Malgré les sanglots qui soulevaient sa poitrine et qui la faisait s'accrocher de plus belle au polo de Chuck, Lilian sentit ses lèvres sur son visage ce qui eut le don de stopper, pour un temps, ses pleurs.


- Lilian, Lilian... C'est fini, c'est fini. Dis-moi à quoi tu penses.

Premièrement, la jeune fille secoua la tête en signe de négation avant de replonger la tête dans l'épaule de Chuck. Car elle savait que ce n'était pas réellement terminé, qu'il restait encore de nombreuses zones d'ombre à éclaircir et que la plaie causée par la destruction de ses espoirs lui faisait encore bien trop mal pour que tout soit fini. Au bout de longues secondes, les sanglots ralentirent dans sa gorge, cessant de soulever sa poitrine à un rythme irrégulier et saccadé. Les larmes cessèrent de rouler sur les joues blanches comme le lys et Lilian rouvrit les yeux. Le visage angélique se détourna du polo désormais trempé là où les larmes avaient coulé puis la jeune fille se redressa, essuyant d'une main ses joues et remettant ses mèches châtain en place. Les longues jambes interminables se déplièrent au-dessus du bassin de Chuck, comme s'il la portait en travers de ses bras et la sirène enserra le cou de Chuck de ses mains qui se croisèrent sur sa nuque. Elle inspira un grand coup afin de reprendre ses esprits avant de commencer son récit.

- C'est... C'est Winch. Il est venu me voir il y a trois jours je crois et... Et il m'a parlé de Felton. Ces deux noms, depuis ce jour, étaient comme interdits de prononciation à cause des maux trop douloureux qu'ils causaient à la jeune fille. Déjà les sanglots remontaient et Lilian se passa une nouvelle fois la main devant les yeux pour essuyer les larmes naissantes. Cependant, cela ne fut pas suffisant et elle vint se blottir à nouveau contre Chuck, le visage niché au creux de son cou. Il m'a raconté qu'il le connaissait, que Felton les avait aidés pour je ne sais quoi mais que maintenant, il faisait partie des Aurors. Mais ce qu'il voulait, c'était savoir où il se trouvait pour... Pour... Oh mon Dieu !

La jeune fille ne pouvait encore affronter l'idée qu'un homme comme Winch veuille la tête de son frère aîné bien que cela supposait que ce dernier était vivant. Lilian s'effondra de nouveau et resserra son étreinte autour du cou de Chuck. Elle ne pouvait imaginer qu'on souhaite la mort de Felton, lui qu'elle avait toujours connu comme un frère parfait et fils idéal. Mais ce que lui avait appris Winch démontrait le contraire. Si Felton était aussi parfait qu'elle le pensait, jamais il n'aurait rejoint les Mangemorts et peut-être ne seraient-ils pas à la tête de Poudlard en ce moment. C'était entre autre cela qui blessait Lilian ; savoir que son frère pouvait éventuellement être impliqué dans cette invasion et prise de contrôle de l'école, elle ne pouvait pas l'admettre.

Les pleurs furent cependant moins longs que les précédents, le corps de la sirène n'ayant sans doute pas eu le temps de produire de nouvelles larmes et se retrouvait donc asséché. Cela surprit d'ailleurs la belle qui se rendit compte qu'elle s'arrêtait de pleurer, sans que Chuck y soit pour quelque chose cette fois ci. Une nouvelle fois, elle essuya ses grands yeux d'un revers de main et ses mains descendirent le long de l'échine de Chuck pour maintenant encercler tout son torse et le serrer contre elle. Elle se calma en calquant sa respiration sur celle de Chuck, tellement plus calme qui avait un rythme vraiment apaisant. Ses idées noires et ses souvenirs sombres s'en allèrent un instant, tandis qu'elle laissait son regard azur errer sur la robe lisse du lac parsemée de perles de soleil avant de le laisser vagabonder sur l'horizon lointain qui paraissait si beau et si calme.


- Chuck, embrasse-moi s'il-te-plaît. Dit-elle, d'une voix un peu faible mais tellement plus calme et posée que celle qu'elle avait, juste quelques minutes auparavant.

Les mots passèrent la barrière de ses lèvres mais elle ne le regrettait pas, pour une fois. La jeune fille voulait ressentir ses lèvres sur les siennes, se rappeler leur goût, le dernier qu'elle avait en bouche étant celui de la potion de Regénerescence que lui donnait l'infirmière et encore celui du sang qu'elle avait craché. Lilian voulait simplement revivre, recommencer dès maintenant à oublier ces souvenirs qui certes, seraient très difficiles à effacer. Plus que jamais elle avait besoin de Chuck et de son appui. Plus que jamais elle voulait ses lèvres contre les siennes et son corps près du sien.

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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Ven 26 Aoû - 15:17

Le pire dans tout ça, je crois, c'était ce moment où j'avais croisé le regard de Lilian, ce soir-là. Quand je démenais comme un beau diable contre cette bande de fêlés, avec Lyra et Hadrian. C'était atroce : je voyais noir sur blanc que nous ne pouvions pas, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'essayer, tout comme Lyra qui voyait sa propre sœur se faire dégommer sous ses yeux. Dans ces moments-là le désir de tout faire pour changer les choses dépasse la raison et tout me semblait possible. Je n'avais pas eu peur, je n'avais même pas imaginé un instant que je puisse me trouver face à face avec un Mangemort et qu'il m'éclate rien qu'en levant le petit doigt. Non, je ne me voyais que les massacrer tous, sauver ceux qui se faisaient taper dessus, et je mettais tout en oeuvre pour y arriver. Maintenant, avec le recul, je voyais comme tout ce qu'on avait fait était désespéré car on avait rien réussi, mais qu'importe : je ne regrettais rien. Je n'aurais pas pu rester là à ne rien faire, ou pire encore, m'évanouir comme une vieille chiffe molle de Serdaigle. Bref, le pire moment avait été quand j'avais croisé le regard de Lilian; quand alors qu'elle crachait du sang elle nous avait aperçus et qu'un quart de seconde j'avais pu la regarder droit dans les yeux : elle avait secoué la tête doucement, négativement. J'avais tout de suite compris. EZlle baissait les bras et nous demandait de faire pareil - elle avait été plus lucide que nous sur ce coup-là, elle avait compris qu'on ne pouvait pas la sauver. Cet instant avait achevé de me mettre hors de moi. Pourtant Lilian portait haut les couleurs de Gryffondor et jamais ne baissait les bras devant le danger, la peur, la souffrance; là elle l'avait fait, et j'avais compris que le sale Mangemort l'avait vraiment anéantie. Ils allaient payer, tous. Jusqu'au dernier.

On était censés réagir comment, après ça? C'était un truc que je m'étais demandé ce matin en me réveillant et qui m'avait laissé un peu perplexe. Je veux dire, je n'étais pas le genre de mec qui se posaient des questions existentielles et se pourrissait la vie en pleurant sur le sens caché de l'existence. Il fallait vivre, point barre. C'était ici et maintenant, ce n'était plus hier, ce n'était pas encore demain. Mais tout de même, après un tel traumatisme, je me demandais quelle était la meilleure attitude à adopter. Je me doutais que Lilian, Haruhi, Daniel, Megane, Taylord et compagnie n'allait plus se réveiller de la même manière maintenant, et n'allait plus faire le même genre de cauchemars non plus. Putain, quand même, qu'est-ce que c'était lâche de s'en prendre à des gosses...

J'essayai de réconforter Lilian du mieux que je pouvais, mais j'étais en même temps tellement préoccupé, que je n'arrivais pas non plus à savoir quel était le meilleur moyen. Je la laissai pleurer contre moi et la serrai dans mes bras, dans l'attente que son chagrin passe. Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre?


- C'est... C'est Winch. Il est venu me voir il y a trois jours je crois et... Et il m'a parlé de Felton.

Ma main qui caressait ses longes cheveux tout doux s'arrêta. Je tendis l'oreille - c'était quoi cette blague?! IL était revenue la voir?! Mais il voulait que je le bute?!

- Il m'a raconté qu'il le connaissait, que Felton les avait aidés pour je ne sais quoi mais que maintenant, il faisait partie des Aurors. Mais ce qu'il voulait, c'était savoir où il se trouvait pour... Pour... Oh mon Dieu !

... Pour pas lui faire du bien, fatalement. Lilian s'était enroulée autour de moi et se cachait dans mon cou. Je sentais son cœur battre fort contre ma peau, je sentais son visage tout mouillé de ses larmes. Moi j'avais le regard perdu dans le vague, partagé entre l'envie de buter tout le monde et un vide étrange qui m'empêchait de faire quoi que ce soit. Je n'avais jamais ressenti aussi fort cette sensation d'impuissance, et ce n'était vraiment pas pour me plaire.

- C'est quoi ces conneries? Comment tu sais qu'il dit la vérité? Et puis, de toute façon, tu ne sais pas où il est non?

Mon ton était involontairement agressif, mais rien que penser à Winch qui osait se repointer dans l'infirmerie, ça me donnait des envies de meurtre. Et puis, Felton... Felton ou la grande énigme Easter. De ce que sa sœur m'avait dit, il avait disparu, et la famille vivait comme elle pouvait avec ça. Je savais, bien qu'elle ne s'étale pas sur le sujet, qu'il lui manquait. Et d'ailleurs, la première fois que je l'avais rencontrée dans la tour d'astronomie, c'était bien pour lui qu'elle avait pleuré.

Putain, combien j'aurais donné pour que tout ça n'ait pas existé et qu'on soit encore tous les deux à bronzer sur la grande terrasse de la villa des Easter face à la baie du Massachusetts. Ça m'arrivait parfois, de penser des trucs du genre, j'avais envie de tout envoyer balader, de tout oublier. Comme ce jour où j'avais reçu la lettre de mes parents - le truc qui ne m'arrivait qu'une fois par siècle et qui ne présageait rien de bon. Mais en un sens, heureusement que Coop n'avait pas été ici, à Poudlard. Ça me foutait le bad rien que d'y penser.


- Chuck, embrasse-moi s'il-te-plaît.

Lilian avait retrouvé un peu de son calme et s'essuyait les yeux. Ils étaient tous brillants encore de ses larmes, et elles avaient laissé des traces sur ses joues un peu rougies de ses pleurs. Tout était silencieux autour de nous. Mais le soleil qui brillait et nous chauffait la peau me paraissait faux.

Je ne me fis pas prier d'avantage et l'embrassai. Aussitôt que je sentis ses lèvres contre les miennes, je la pressai d'avantage contre moi et retins ma respiration, l'embrassant longuement, emprisonnant son visage de ma main. Je cassai notre baiser et respirai, un peu perturbé, avant de l'embrasser une nouvelle fois, plus doucement. Ce n'était pas la bonne énergie qui m'animait, et j'avais l'impression d'avoir embrassé Lilian avec l'énergie du désespoir.


- Je ne peux pas. dis-je alors, la repoussant légèrement. J'peux pas rester là sans rien faire. Je vais tous les massacrer.

Je me passai les mains sur le visage, attrapant ensuit la main de Lilian et la serrant entre les miennes. Elle avait besoin de moi tout comme j'avais besoin d'elle. Je sais que ça pouvait être pris comme des paroles en l'air, mais ça me bouffait. Je ne me connaissais que trop bien pour être certain d'une chose : dans des moments pareils j'étais capable de tout, et dieu sait que la témérité ne s'accompagne pas toujours de la réflexion.


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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Sam 3 Sep - 15:29

C'est la magie Newport Beach http://www.youtube.com/watch?v=9cEOqBvgpyw&feature=related

La belle se demandait comment elle parviendrait à continuer de vivre avec ce poids sur ses épaules, cela lui semblait aujourd'hui chose impossible. Tout d'abord, personne ne savait combien de temps l'occupation durerait, si elle se terminait un jour. Bien sûr que le Ministère devait être au courant, mais les pots de vins et menaces devaient suffire aux représentants à se taire, préférant leur famille plutôt que de sauver la vie de centaines d'élèves et leurs professeurs. Mais ce qui préoccupait Lilian c'était Winch. Pour l'instant il la laissait tranquille, épris d'une clémence envers la blessée mais la jeune fille se doutait que dès qu'elle reprendrait les cours, qu'elle arpenterait à nouveau les couloirs avec un semblant de sourire sur ses lèvres roses, le directeur reviendrait à la charge et lui poserait exactement les mêmes questions qu'à l'infirmerie, les moyens de pression en plus. Rien que l'image d'elle, enfermée dans une pièce sombre avec Winch la fit se serrer davantage contre le torse musclé de Chuck.

Alors qu'elle tentait tant bien que mal de recouvrer son calme, Lilian se rappela de l'étrange rêve qu'elle avait fait durant les deux longue journées qu'elle avait passé sans ouvrir les yeux, un coma selon l'infirmière. Elle n'imaginait que trop bien l'attitude de Chuck et Hadrian pendant ce temps : voir sa petite amie, sa sœur allongée dans un lit blanc, le seul soulèvement de sa poitrine prouvant qu'elle appartenait encore au monde des vivants, le corps meurtri de partout devait être une image insoutenable, d'autant plus que Madame Pomfresh, malgré tous les bons et meilleurs soins qu'elle lui prodiguait, ne pouvait s'empêcher d'émettre des doutes quant à son réveil. A cette annonce, sûrement Chuck et Hadrian lui avaient saisi la main et serrer dans la leur, espérant que cela ramènerait la belle du royaume des limbes, la regardant, elle et son visage angélique marqué par Winch, les yeux brillants de larmes et d'espoir. Peut-être avaient-ils prié ce Dieu en lequel ils ne croyaient pas l'implorant de ne pas rappeler son ange, son plus bel ange auprès de lui. Et c'est à contrecœur qu'il avait daigné accepté, renonçant à cette jeune fille qui semblait lui manquer, manquait aussi à Aphrodite sa mère, et lui insufflant suffisamment de force pour qu'elle puisse à nouveau sourire et rouvrir ses yeux splendides, taillés dans les diamants les plus purs ; les plus beaux bijoux du monde brilleraient à nouveau. Le premier visage que la belle avait vu en rouvrant les yeux fut celui d'Hadrian qui s'était endormi à son chevet. Elle se souvient, elle avait cligné des paupières devant la clarté de la pièce, bien que le jour soit à peine levé. Mais tout ce blanc lui était devenu comme inconnu, une couleur qu'elle avait oublié.

Pendant qu'elle dormait, elle se souvient parfaitement avoir fait un rêve, un délicieux rêve dont jamais elle n'aurait souhaité la fin. Il n'y avait qu'elle et Chuck. Tous deux marchaient main dans la main, sur une plage déserte. La brise marine soulevait délicatement leurs cheveux, les mèches de Lilian passaient devant ses grands yeux bleus, les vagues se brisaient sur le sable et les rochers sur le côté de la plage. Mais ce qui l'avait particulièrement marquée, c'était ce coucher de soleil qui semblait éternel : le ciel se tintait de l'or le plus pur et le peu de nuages qui le zébraient se coloraient de noir ou de gris foncé. La mer, or liquide se reposait et scintillait sous les rayons dorés du soleil couchant. A cet instant, Chuck et Lilian s'assirent sur la plage, la jeune fille serrée contre le jeune homme. Ni l'un ni l'autre ne sut combien de temps ils restèrent assis là, à regarder le soleil qui ne semblait pas vouloir disparaître de l'autre côté de l'horizon. Mais au final, comme mal à l'aise de devoir soutenir le regard magnifique de la Sirène et ne pas exaucer son souhait, il disparut laissant la place à sa sœur qui ne tarda pas à effacer l'or de son frère pour le remplacer par son velours sombre et ses perles blanches. Cliché peut-être, la pleine lune se reflétait dans l'onde calme de la mer et éclairait d'une lueur apaisante Chuck et Lilian, toujours serrés l'un contre l'autre. Celle-ci entoura alors le torse du jeune homme de ses bras et posa sa tête juste en-dessous de son cou et sur laquelle Chuck reposa son menton tout en enserrant sa taille fine de son bras, la rapprochant ainsi de lui. Tous deux s'endormirent sur la plage, sans se soucier d'être ou non dans un lit ou sur un transat, d'avoir une couverture ou non ; ce qu'ils vivaient leur suffisait amplement.

Mais la réalité était toute autre. Pas de plage, pas de soleil couchant que des murs et des Mangemorts avides de pouvoir et tortures. Charmant programme. Les muscles endoloris de Lilian lui criaient à chaque mouvement quelle souffrance elle avait subi et sa cicatrice sur sa joue lui rappelait que ce souvenir ne s'effacerait pas aussi vite qu'elle ne le voulait. Cependant, avec l'aide de Chuck et des autres otages, Haruhi, Taylord, Daniel, Megane, Katie et Heather, elle savait qu'elle pouvait compter sur eux pour se remettre, même si la page serait dure à tourner. Mais le point noir restait l'histoire Felton qui ne cessait de mettre à mal la jeune fille.


- C'est quoi ces conneries? Comment tu sais qu'il dit la vérité? Et puis, de toute façon, tu ne sais pas où il est non?

Lilian savait qu'il réagirait de cette façon, ce qu'elle comprenait parfaitement. Voulant la protéger, Chuck serait capable de bien des choses, y compris les plus idiotes mais cela n'était en rien blâmable. En signe d'acquiescement elle hocha la tête pour répondre à sa dernière question et s'essuya de la paume une arme naissante avant de baisser les yeux, comme si elle craignait une réprimande de la part de Chuck. Ses longs doigts s'accrochaient au col de son polo tandis que son autre main fermait son poing délicat sur ses genoux.

- Je te jure que c'est la vérité : comment pourrait-il inventer en deux minutes que mon frère est vivant et qu'il les a aidé dans je ne sais quel plan ? La rouge et or prenait sur elle en inspirant de grand bouffée d'air à la fin de chaque phrase, espérant ne pas verser de larmes à nouveau, elle en avait assez de pleurer.

Bien qu'elle déteste Sacha Winch du plus profond de son être et bien plus encore, Lilian savait qu'il ne mentait pas. Il connaissait Felton sinon il ne serait pas venu la voir alors qu'elle oscillait entre la vie et la mort. Felton devait être pour lui et les autres Mangemorts un sujet qui méritait une attention toute particulière sinon il n'aurait pas fait le déplacement et se serait contenté de faire venir la sœur du problème dans son bureau une fois rétablie. Toutefois, Chuck ne l'entendait pas de cette oreille et semblait prêt à tour pour faire payer Winch de sa venue à l'infirmerie. Même quand il l'embrassa, Lilian ressentit la colère qui l'animait mais celle-ci s'évanouit sitôt que la jeune fille passa ses doigts dans les boucles d'ébène. Elle savait qu'elle ne pouvait pas oublier le goût des lèvres de Chuck : cette pointe de sucre qui lui rappelait du miel, même les litres de sang qu'elle avait pu recracher n'avaient pas suffit à l'effacer. Le baiser terminé, il lui sembla que ses joues lui chauffait, qu'elles retrouvaient petit à petit leurs couleurs et surtout, ses deux grands yeux bleus se mettaient à scintiller à nouveau. Plus faiblement que d’habitude certes mais les diamants qui brillaient au fond de la lagune paradisiaque retrouvaient peu à peu leur éclat légendaire et la belle Lilian n'avait dès lors d'yeux que pour Chuck et ses prunelles noisette qui la faisaient fondre.

Mais ces prunelles n'étaient pas aussi malicieuses qu'à l'ordinaire. Davantage mutines, elles abritaient la colère qui secouait les feuilles d'or d'automne autour de cet iris chocolat, ce qui pinça le cœur de la sirène. Inquiète, elle passa sa main sur sa joue qu'elle commença à caresser de son long index. Les doigts fins furent cependant vite serrés par ceux de Chuck et, douteuse, Lilian baissa un instant le regard sur leurs mains entremêlées.


- Je ne peux pas. J'peux pas rester là sans rien faire. Je vais tous les massacrer.

La jeune fille ouvrit de grands yeux, aussi tristes qu'apeurés. Elle se doutait, impulsif qu'il était, que Chuk céderait à la colère sauf que c'était tout sauf la bonne chose à faire. Sa main délicate toujours emprisonnée dans les siennes qui sentait la colère qui la serrait davantage entre les deux paumes, Lilian devait à tout prix convaincre Chuck de ne pas céder à ses instincts, quand bien même c'était pour son bien. D'autant plus que Lilian se doutait qu'au fond de lui, Chuck savait pertinemment que s'il s'aventurait dans cette voie, il n'en ressortirait guère glorieux mais dans le même état qu'elle voire pire. Et elle refusait de le voir souffrant comme elle l'avait été. Amoureuse inquiète, elle posa sa main droite sur la joue de Chuck, les yeux à nouveau brillants de larmes.

- Chuck non je t'en prie, ne fais pas ça ! Tu sais tout autant que moi que ce n'est pas la solution ; ils sont beaucoup trop puissants pour nous quand nous sommes seuls. Les sanglots faisaient trembler sa voix cristalline rongée par l'inquiétude. La belle baissa un instant les yeux sur leurs mains et peut-être que deux larmes coulèrent sur ses joues blanches et meurtries. Je t'en supplie, ne m'impose pas la vision de toi torturé par Winch ou dans un lit de l'infirmerie. Lilian, tout en disant ces paroles sur un ton qu'elle s'était efforcée de garder le plus calme possible et qui laissait poindre un soupçon de gravité, avait planté son regard dans celui de Chuck.

Délicatement, tout doucement, la jeune fille retira sa main de l'étreinte de celle de Chuck et s'écarta de lui un instant. Son visage angélique se tourna vers le lac, toujours aussi paisible qui brillait sous les rayons du soleil qui réchauffait sa peau de lys. Bien sûr elle avait peur de l'avenir. Bien sûr elle avait peur pour Chuck. Bien sûr elle avait peur pour Hadrian et elle. Lilian déplia ses longues jambes et se retourna vers Chuck. Les lagunes langoureuses tentaient de calmer la peur qui l'habitait, d'effacer ses peines et ses chagrins et la lionne se rapprocha de Chuck avant de s'asseoir sur ses genoux. Les mains aux doigts de fée encadrèrent le visage du jeune qu'elle connaissait par cœur, pour l'avoir autant embrassé que caressé et les doigts effilés commencèrent à errer sur les joues, le nez, remontèrent dans les cheveux dans lesquels ils s'emmêlèrent avec les boucles sombres. Une ombre de moue joyeuse voilait les traits fins de la jeune fille qui osa esquisser un semblant de sourire tout en plantant son regard dans les iris de Chuck. Son index descendit de son nez jusqu'à ses lèvres sur lesquels il se posa tout en douceur, montrant ainsi au jeune homme qu'il ne devait pas encore parler.


- Chuck, j'ai besoin de toi à mes côtés, pas dans dans un lit d'infirmerie.

Amoureuse plus que jamais, elle rapprocha son doux visage et posa un léger baiser sur les lèvres qui lui avaient tant manqué puis elle appuya son front contre celui de Chuck.

- Et puis, si tu te retrouves à l'infirmerie Hadrian n'aura plus personne contre qui râler, chuchota-t-elle en haussant les yeux vers ceux de Chuck, une pointe de malice régnant dans les azurs éternels.

Un léger rire s'envola de sa gorge et sa main droite remonta le long du torse du jeune homme, le cou et sa veine jugulaire avant de caresser de nouveau la joue de son pouce. Un sourire, peut-être le premier qu'elle esquissait depuis qu'elle et Chuck se trouvaient ici au bord du lac, étira ses lèvres roses qui reprenaient goût à la vie et dévoilèrent ses dents blanches avant de se reposer sur les lèvres de Chuck. Dans ce baiser, Lilian mit toute la passion et la prudence dont elle faisait preuve et espérait que cela suffirait à convaincre Chuck de renoncer à ses vengeances meurtrières. Car ce qu'elle souhaitait, c'était pouvoir un jour admirer ce coucher de soleil doré avec lui, sur une plage, les mains entremêlées comme si rien de tout cela avait un jour existé.

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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Lun 26 Sep - 17:34

Ok si tu me lances dans la bo de NP Beach! http://www.youtube.com/watch?v=xFQir_aNGow&feature=related

Révolu le temps où on s'amusait bien tranquillement sur le bateau du père de Lilian et sur la plage alors que le soleil se couchait... J'étais loin d'être sentimental, mais si j'avais eu le choix en cet instant précis, j'aurais tout effacé d'un revers de la main pour me retrouver quelques temps en arrière. Et puis, ce n'était pas comme si on ne s'y était pas attendu. On en parlait depuis des mois des Mangemorts qui rôdaient, des dangers, etc. Alors, quoi, ils étaient si mauvais que ça au Ministère? Et les Aurors, qu'est-ce qu'ils foutaient? A part rater la bataille, comme la Cavalerie, ils n'étaient pas bien occupés. J'avais déjà très peu de tendresse pour l'administration est les institutions publiques, ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer. Poudlard devait se démerder et nous avec - merci bien. Je comprenais bien qu'à présent, assiéger le château ne devait pas être du gâteau, mais putain, ce n'était pas comme si on les avait prévenus! J'étais dégoûté de si peu d'organisation et surtout en colère - encore plus en colère. On nous laissait crever dans notre jus, alors que les profs étaient dépassés, et qu'on avait à nous tous pas la moitié des capacités de nous bourreaux. Comment pouvais-je rester bien tranquillement le cul sur mon siège en cours? C'était inenvisageable.


- Je te jure que c'est la vérité : comment pourrait-il inventer en deux minutes que mon frère est vivant et qu'il les a aidé dans je ne sais quel plan ?

Je n'eus qu'un geste silencieux de la tête, j'avais la mâchoire serrée. Oh, je la croyais. Mais je me demandais ce que ça pouvait apporter à ce fils de chien de Winch. Et puis franchement, il était con ou quoi? Il avait passer une soirée à torturer Lilian, s'il croyait qu'elle ne lui avait pas dit tout ce qu'elle savait... A part pour le plaisir de voir Lilian se décomposer un peu plus parce qu'elle apprenait par la même occasion que son frère avait fait copain-copain avec le côté obscur de la force, je ne voyais pas l'intérêt. C'était peut-être le seul; je ne m'attendais à rien d'autre avec ces crétins de Mangemorts.

Il faisait beau mais pourtant j'eus un léger frisson. Je n'étais pas dans mes baskets. Je resserrai un peu plus mon bras autour de la taille de Lilian, sa main dans la mienne. Puis ma main monta le long de son épaule et vint caresser son cou, puis son visage, et je me mis à jouer avec ses cheveux, pensivement. J'étais là sans être là; et le parc de Poudlard me paraissait faux, l'herbe était trop verte, le lac trop bleu, le soleil trop étincelant, le château derrière nous, trop rassurant, trop imposant. Ces connards de Mangemorts avaient fait de notre maison un lieu d'insécurité, et la seule réponse que je trouvais à leur apporter, c'était mes foutues lamentations! Il y avait trop de rage en moi pour que je la contienne. J'avais toujours agi ainsi, j'avais toujours exorcisé mes humeurs noires par de la colère, dans des batailles, avec mes poings, mais jamais je ne l'avais ravalée. Je ne pouvais pas déroger à la règle alors que c'était sans doute la rage la plus intense que je n'avais jamais ressentie de ma vie. Le simple fait de voir Lilian pleurer dans mes bras, sa peau de satin rougie de cicatrices, ses yeux voilés de larmes... Et puis elle n'était pas la seule; maintenant tout le monde au château marchait les yeux baissés, dans la crainte d'un nouveau sale coup de nos nouveaux dirigeants. Alors, quoi? La guerre était déclarée, non? Et je ne me voyais pas ailleurs que sur le front. Je ne voyais pas d'autres moyen que la vengeance, que la violence, que mes poings dans leurs sales gueules et nos forces unies pour les mettre à terre.

Je ne garantissais en rien nos chances d'y arriver, mais si je n'essayais pas, j'allais en crever. Je ne pouvais juste pas rester là sans rien faire.

Mais je savais en l'avouant à Lilian que c'était stupide, que cela allait l'inquiéter encore plus qu'elle ne l'était déjà - du coup je baissai les yeux après avoir attrapé ses doigts entre les miens. Allait-elle comprendre?


- Chuck non je t'en prie, ne fais pas ça ! Tu sais tout autant que moi que ce n'est pas la solution ; ils sont beaucoup trop puissants pour nous quand nous sommes seuls. Je t'en supplie, ne m'impose pas la vision de toi torturé par Winch ou dans un lit de l'infirmerie.

Sa main sur ma joue était fraîche et déjà je voyais des larmes apparaître dans ses grands yeux bleus. Mais je ne pouvais pas.

Je tiquai; si j'étais loin de vouloir me faire torturer par ces bougres d'imbécile et soucier encore plus Lilian, moi, je l'avais vue ainsi, moi, je l'avais vu se faire quasi-massacrée sous mes yeux sans pouvoir faire autre chose que de gaspiller mes forces à tenter de la sortir de là en vain. Elle ne savait pas ce que cela faisait - elle ne savait pas que cette foutue vision me hantait, que j'avais vu ma copine, tous mes amis, se faire torturer, qu'aujourd'hui encore ils avaient peur, et que moi j'avais la chance d'être bien portant et un tant soit peu épargné et que par respect pour eux, je me devais d'agir. Je n'étais pas un mec de pensée, je n'étais pas un Serdaigle, et je ne ressentais que le besoin d'agir pour les venger, un par un, pour essayer d'épargner, s'il était possible, les prochains sur la liste.

Je regardai Lilian un instant, en silence. Il y avait beaucoup de choses similaires en nous. Elle allait forcément comprendre... Le problème était qu'elle n'était pas n'importe qui et que voulais l'épargner, elle aussi. Je n'étais pas aveugle à ce point : elle avait souffert et j'imaginais bien que de savoir que j'allais me jeter corps et âme dans la bataille n'avait rien de rassurant. Mais je ne pouvais pas me renier moi-même. Elle non plus, et je devinais la crainte sincère qui animait son visage, grave. Elle s'écarta un instant de moi et je la suivis des yeux alors qu'elle tournait la tête. Si elle savait combien j'aurais donné pour être à sa place ce soir-là... Mais encore une fois rien ne se passait comme on l'espérait, et il ne nous restait plus qu'à ramasser les morceaux.

Lilian revint vers moi et je la laissai s'installer sur mes genoux et entourai sa taille de mes bras. Je soutins son regard alors qu'elle baladait ses mains sur mon torse et mon visage. Elle était trop belle pour qu'on lui inflige cela, mais elle était aussi trop belle pour que je laisse couler sans rien faire. D'autant plus que le chagrin dans ses yeux ne me laissait pas de marbre et attisait encore plus ma haine envers ces abrutis.


- Chuck, j'ai besoin de toi à mes côtés, pas dans dans un lit d'infirmerie. Et puis, si tu te retrouves à l'infirmerie Hadrian n'aura plus personne contre qui râler.

Je lui rendis son baiser après un petit sourire, mais le cœur n'y était pas vraiment. Elle avait peur pour moi et voulait me protéger, mais qui le pouvait, puisque même moi je n'avais pas pu la protéger, elle? Je puisai dans son baiser tout le réconfort et la tendresse qu'elle m'offrait. Quand elle s'écarta de moi, je la pris par la nuque et calai doucement sa tête contre mon épaule avant de la serrer dans le creux de mes bras.

- Je ne vais pas faire n'importe quoi, commençai-je, dans l'optique de la rassurer. Mais à vrai dire je ne savais pas vraiment ce que j'entendais par "n'importe quoi". Elle n'était juste pas sensée le savoir. Mais il n'y a personne pour nous aider, les Aurors ne se bougent même pas, je ne peux juste pas attendre... Et puis, il y avait cette rumeur qui commençait à grossir et qui parlait d'une résistance organisée parmi les élèves. C'était un début. Ils t'ont fait du mal, ils ont fait du mal à mes amis... Tu sais bien que je ne peux pas laisser passer ça. Je ne vais pas me rebeller connement, je sais bien que c'est autre chose qu'un règlement de compte entre deux bandes rivales, mais si je peux leur mettre des bâtons dans les roues, je ne vais pas me gêner. Je laissai un instant passer. Tout cela n'avait rien de rassurant. Merde. Ils ne peuvent pas nous tuer, de toute façon, repris-je, sinon ils vont déclencher une vraie guerre civile et je crois qu'ils ont d'autres projets. Oh, merveilleux, encore plus rassurant. Je te promets que je ferais attention, Lilian, dis-je avec aplomb après un instant de réflexion.Qu'est ce que je pouvais lui offrir d'autre?

Je fis glisser ma main le long de sa taille et m'arrêtai sur sa cuisse. Le soleil avait chauffé nos corps et nos habits mais je ne sentais qu'une colère glacée en moi.

- Et puis, c'est de toi qu'il faut prendre soin, pour l'instant, rajoutai-je avec un petit sourire et en piquant ses cheveux d'un baiser. Une manière comme une autre de lui faire comprendre que je ne reviendrais pas sur ma décision mais qu'elle pouvait toujours compter sur moi pour la soutenir du mieux que je pouvais.


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CHUCK CARLTON
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Lilian Easter
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Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Dim 9 Oct - 22:30

Ah tu veux jouer à ça ?
http://www.youtube.com/watch?v=ZOiDfY3i8Ac

Oublier, Lilian ne savait pas si elle en serait capable. Oui, elle voulait oublier, tout oublier. Oublier cette affreuse nuit où elle avait bien cru ne jamais rouvrir les yeux, ses magnifiques yeux bleus. Dans quel état aurait été Chuck s'il avait assisté à cette horrible scène, assister impuissant à la clôture éternelle des azurs langoureux, les diamants qui s'éteignent pour toujours, la mer paradisiaque devenant sombre à jamais. Non, tout ce qu'elle voulait pour l'instant, c'était certes mettre de côté ce passage qui désormais faisait partie de sa vie, qu'elle le veuille ou non et profiter de la présence et du réconfort de Chuck. Aujourd'hui, elle voulait être sur la plage de son rêve, sentir le sable fin et chaud sous ses pieds nus, offrir son cou et son visage à la brise tiède qui soulevait ses mèches soyeuses, sentir ses lèvres s'étirer en un sourire ravi et surtout, serrer la main de Chuck dans la sienne. Puis le rapprocher d'elle, jouer avec sa patience en le titillant, chatouillant ses lèvres, entortillant ses longs doigts dans ses boucles brunes puis achever son calvaire en l'embrassant, pleine de passion et de tendresse. Car c'était ce qu'elle voulait : s'échapper du malheur et de la souffrance pour rejoindre la tendresse et la joie.

Oui bien sûr qu'il y avait ce sortilèges d'Oubliettes qui effacerait totalement sa mémoire, tous les souvenirs relatant cette nuit mais elle n'était pas sûre également de pouvoir vivre avec un tel vide. Lilian voulait apprendre à vivre avec, surmonter ses drames personnels comme elle n'avait jamais été capable de le faire en ce qui concerne Felton. Et puis, ce serait oublier le pourquoi de ce rendez-vous au lac : pourquoi Chuck était venu la chercher, pourquoi il la serrait contre elle, pourquoi il séchait ses larmes sur ses joues meurtries. Et la belle ne voulait pas oublier cette marque de tendresse amoureuse. De plus, oublier serait se voiler la face quant à aux intentions des Mangemorts : pourquoi elle ? Elle qui semblait irréprochable. Aujourd'hui, et aux yeux de biens des Pro-Mangemorts, l'ange n'était plus si parfait qu'il semblait l'avoir été. Son visage et son corps tout entier portaient encore les marques, les cicatrices et surtout l'insulte de Winch sur la joue gauche et son sang contenait en ses veines des gènes mêlés, pas un sang totalement pur. Et pour ses convictions, pour sa mère moldue, pour son orgueil de lionne, sa fierté de sirène et pour le crachat sur le visage de Winch, Lilian refusait d'oublier. Peut-être pour Felton aussi, qu'elle espérait revoir un jour suite à l'interrogatoire de Winch à son sujet.

Cependant, la belle qui souhaitait tout de même se battre contre ces démons, ne voulait pas le faire de la même façon que Chuck. C'était surtout encore trop tôt pour elle qui se remettait à peine de ses blessures. Mais pour Chuck, lui qui avait sûrement tourné tel un lion en cage autour de son lit à surveiller le moindre mouvement de doigt, le moindre battement de paupières qui prouverait que la sublime jeune fille vivait toujours, pour lui il ne devait pas être trop tôt. Cela pourrait même commencer à tarder si cela continuait de la sorte. Tout en le mettant en garde contre les dangers que sa conduite présentait, Lilian avait l'impression de retenir prisonnier de ses mains un oiseau qui désirait s'envoler plus que tout. Il tapait du bec contre les barreaux dorés de sa cage, battait des ailes quitte à se cogner contre les parois, il voulait s'échapper mais la cage résistait. Mais arriverait l'inévitable moment où un des barreaux, où le verrou lâcherait face aux tentatives incessantes de Chuck. Et là, il entrerait, déboulerait dans l'arène, se transformant en gladiateur près à affronter l'empereur Winch. Celui-là même qui avait pouvoir de vie et de mort sur lui, même s'il sortait vainqueur de tous les combats qui s'opposaient à lui. Winch qui céderait aux menaces que le jeune homme lui lancerait et ce, par pur amusement. Pourquoi ? Parce que Winch était sûr et certain de gagner contre Chuck Carlton. Et Chuck bien sûr évincerait tous les problèmes qui se dressaient devant lui, éliminant les fauves affamés, terrassant les autres gladiateurs et souhaitait en faire de même avec Sacha le Mangemort pour venger Lilian et tous les autres otages.

Toutefois, la belle savait qu'elle avait beau dire, beau le mettre en garde, Chuck céderait à cet appel de la vengeance, ce qu'elle comprenait au fond d'elle. Elle savait qu'il avait souffert lui aussi durant cette nuit, la voyant elle se faire torturer, presque assassiner sous ses yeux et peiner à revivre pendant une semaine. Le silence s'établissait entre eux deux et devant lequel Lilian ne put se retenir de se pincer la lèvre inférieure, presque gênée et peut-être également pour retenir d'autres larmes à venir. Elle voyait le combat intérieur auquel se livrait Chuck et en un sens, elle regrettait de l'y avoir emmené mais aucunement et pour rien au monde elle ne voulait qu'il lui arrive quelque chose. Tout était si simple auparavant, pourquoi tout devenait compliqué ? Pourquoi les Mangemorts étaient-ils arrivés ? Pourquoi était-ce elle que Winch avait torturé et pas une autre? Pourquoi n'étaient-ils pas restés aux États-Unis ? Ils auraient terminé leurs études dans une grande école de sorcellerie américaine, seraient peut-être partis dans un autre état, peut-être la Californie pour découvrir l'autre versant de l'Amérique et peut-être le fameux Comté d'Orange qui faisait tant rêver Lilian et peut-être, qui sait, deviendraient-ils les heureux propriétaires d'une immense villa avec piscine et vue sur la mer ainsi que les nouvelles célébrités de Newport. Avec leur comportement et leur fortune, rien de plus simple.

Mais non, ils étaient tous les deux là, assis dans le parc, une semaine après une nuit atroce l'un comme pour l'autre, dans une école gouvernée par les Mangemorts et nullement près d'une plage de Californie. Ils n'étaient pas allongés sur une plage, à siroter des cocktails ou faire une virée tous les deux sur la jetée. Non, rien de tout cela. Tous deux se livraient à de délicates confidences et ne parlaient pas des belles vagues qui venaient s'écraser sur le sable ni de surf. Même dans leur baiser, Lilian sentit que Chuck n'était pas serein, que quelque chose le travaillait. Et ce quelque chose, la sirène savait pertinemment ce que c'était. L'oiseau enfermé tapait de plus en plus fort contre sa cage et elle aurait beau se voiler les yeux, à un moment ou un autre elle devrait se rendre à l'évidence : il céderait à la vengeance, d'une manière ou d'une autre.

Quand il l'attira à elle, serrant sa nuque de sa main et elle posant sa tête sur son épaule, elle sentit le battement de son cœur, plus bas contre son oreille et Lilian n'imaginait que trop bien les battements endiablés qu'il avait dû subir pendant la nuit de la prise d'otages et sa semaine à l'infirmerie.


- Je ne vais pas faire n'importe quoi. Mais il n'y a personne pour nous aider, les Aurors ne se bougent même pas, je ne peux juste pas attendre... Ils t'ont fait du mal, ils ont fait du mal à mes amis... Tu sais bien que je ne peux pas laisser passer ça. Je ne vais pas me rebeller connement, je sais bien que c'est autre chose qu'un règlement de compte entre deux bandes rivales, mais si je peux leur mettre des bâtons dans les roues, je ne vais pas me gêner. Ils ne peuvent pas nous tuer, de toute façon, sinon ils vont déclencher une vraie guerre civile et je crois qu'ils ont d'autres projets. Je te promets que je ferais attention, Lilian.

Chuck enserra alors sa taille et elle se blottit davantage contre lui, passant son bras gauche derrière derrière sa nuque et croisa ses mains aux longs doigts devant son cou. La tête angélique nichée au creux du cou, la peau à la portée des lèvres tendres et des dents délicates, elle aurait pu céder à la tentation de lui croquer gentiment cette partie sensible mais non, pour l'instant elle était trop bien de la sorte, ils étaient trop bien tous les deux.

- Je sais que tu feras attention, mais mets-toi à ma place : j'ai suffisamment souffert pour voir encore d'autres personnes innocentes souffrir. Commença-t-elle, sans relever la tête, les yeux fixés sur leurs jambes qui s'entrecroisaient. Bien souvent durant leur été aux États-Unis ils s'étaient retrouvés dans cette même position, mais pas pour les mêmes raisons. Je sais qu'ils ne peuvent pas nous tuer, mais crois-moi, je pense qu'à côté de ce qu'ils peuvent t'infliger, la mort est parfois une chose préférable.

A peine ces mots prononcés, Lilian resserra ses lèvres fines avant de se les pincer. Comment avait-elle pu dire une chose pareille ? Effrayée par ses propres dires, la jeune fille se redressa sur les genoux de Chuck, l'étreinte de ses mains se serrant un peu plus autour de son cou et elle le regarda d'un air affolé.

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Chuck je suis désolée...

Telle une enfant consciente de sa bêtise, la belle enfouit de nouveau sa tête dans le cou de Chuck, espérant ainsi aux réprimandes qu'il lui ferait. Après des secondes qui lui parurent éternellement longues, elle releva la tête étant donné que Chuck ne réagissait pas. Enfin, ne réagissait pas face à ses paroles.


- Et puis, c'est de toi qu'il faut prendre soin, pour l'instant,

Un tendre sourire étira ses lèvres et Lilian se redressa. La tête au même niveau que celle de Chuck, elle lui lança un franc sourire, le premier depuis longtemps. Sa main aux doigts effilés se détacha de l'autre pour remettre ainsi une mèche de soie bronze derrière son oreille avant de refermer sa prise.

- Tu le fais déjà en ce moment même.

Tendrement d'abord elle apposa ses lèvres contre celles de Chuck avant de lui donner un baiser passionné, le plus passionné depuis le début de cette après-midi. C'est à cet instant qu'elle réalisa à quel point il lui avait manqué, à quelle point elle tenait à lui et que jamais elle ne pourrait surmonter tout cela sans lui. Lilian comprit également qu'il fallait maintenant qu'elle libère l'oiseau de sa cage, le laisse s'envoler car il reviendrait toujours vers elle. Un jour, tout cela se terminerait et Chuck et elle pourraient à nouveau s'allonger ensemble sur une plage, ou près du lac, pour oublier ces événements sombres et penser à d'autres plus lumineux. Comme cette plage californienne et cette villa de rêve.

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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Lun 17 Oct - 14:56

Moi aussi, je rêvais de bien d'autres choses. Moi aussi je repensais souvent à notre été aux States, moi aussi j'avais envie qu'on y soit là maintenant, et pas au bord d'un lac pourri au fin fond de l’Écosse. Moi aussi je voulais sentir le soleil de la East Coast et ne me soucier de rien de plus que de savoir où on allait passer la soirée et où on allait bronzer le lendemain. On dit qu'on désire le plus ce qu'on ne peut pas avoir. J'étais loin d'être aussi fataliste, mais en tout cas, je confirmais que dans le cas présent, ce qu'on désirait était impossible. Poudlard était bien moins glamour qu'un yacht ou qu'une île déserte, et il y avait bien moins d'ambiance depuis que les Mangemorts étaient arrivés. Je ne pouvais pas prendre le rêve pour de la réalité. C'était comme si j'étais attendu quelque part et que je ne pouvais pas prendre un autre chemin. J'en avais envie, mais je ne pouvais pas.

Donc Felton était vivant et avait magouillé avec ces sales abrutis avant de prendre la poudre d'escampette. Et de s'engager chez les Aurors. Voilà qui n'avait rien de rassurant pour sa sœur qui n'avait pas de nouvelles de lui depuis des lustres. Je n'avais pas envie de juger ce frère que je ne connaissais pas, mais comment dire... Il était Auror maintenant, ok. Mais, euh, pardon?! Il avait fricoté avec les Mangemorts? C'était quoi ce délire? Il s'était sans doute racheté depuis, mais j'avais soudain la nette envie de lui mettre mon poing dans la gueule. C'était bizarre de retourner sa veste comme ça. Surtout qu'en ce moment le terme "fricoter avec les Mangemorts" était un peu un point sensible chez moi. Mais bon, je me gardais bien de faire part de mes conclusions auprès de Lilian et ravalai mes questions.


- Tu l'as dit à tes parents, pour Felton? demandai-je, un peu trop brusquement peut-être.

Bah, quand j'évoquais les miens j'étais toujours un peu énervé, alors elle allait mettre ça sur ce compte-là, sans doute. Mes parents, tiens : parlons-en. On aurait pu croire que, même s'ils étaient parfaitement inutiles dans leur fonction, ils se seraient inquiétés un minimum. Ça faisait une semaine maintenant que les Mangemorts avaient débarqué. Je savais que la Gazette en avait parlé car mon petit frère était au courant. Il lisait la Gazette tous les jours - ce qui me faisait un peu peur, ça avait un petit côté Serdaigle que je n'aimais pas trop, mais bon. Donc, si Coop savait, non seulement il l'avait dit à mes parents, mais en plus, ils devaient être au courant - ma mère, au moins. Pourtant : pas de nouvelles. Oh, je m'en foutais complètement, il y avait bien longtemps que je ne les considérais plus comme des gens importants de ma vie. D'ailleurs, ils n'avaient jamais agi comme des parents pour moi. Mais merde, tout de même! Il me voyait une fois par an, j'étais leur fils sur le papier, et ils ne s'inquiétaient même pas! Si ça se trouve je m'étais fait dépecer vivant par un Mangemort, et ils n'en avaient strictement rien à carrer! C'était même pas comme si ils allaient hériter à me mort - en général c'était plutôt l'inverse. Non, c'était juste qu'ils s'en foutaient. Purement et simplement. Mon père, sa vie, c'était son whisky, ma mère, c'était sa télé. La maladie de Coop avait déjà perturbé suffisamment leur train-train pour qu'ils s'inquiètent en plus pour leur aîné. Message reçu.

Du coup je me demandais un peu comment réagissaient les autres parents. Je veux dire, ça ne devait pas être facile de savoir son gosse entre les mains de gros barges. Et méchants en plus. Mais bon, je n'avais pas les réponses à mes questions. Et puis, demander aux autres, c'était risquer qu'ils vous retournent la question, et c'était le dernier sujet dont j'avais envie de parler. A la limite, Taylord était la seule avec qui j'aurais pu évoquer vaguement le sujet, mais manque de pot, je ne pouvais décemment pas lui demander "hey, comment ont réagi tes parents?" pour la simple et bonne raison qu'elle n'en avait plus. Fail.

Le truc c'est que je n'avais pas envie d'évoquer ça avec Lilian. Sa famille, je l'avais connue aux States, et mis à part Hadrian qui n'avait pas tant que ça de différence avec mon propre petit frère si ce n'est qu'il me lançait toujours des regards ennemis, sa famille était dans la norme, et je n'avais pas envie de passer pour le vilain petit canard. Mes parents ne faisaient pas partie de ma vie, point barre. Cela ne m'avait jamais posé de problème. Il y avait juste des moments, comme en ce moment, où ça faisait un peu bizarre, mais je n'allais pas en mourir. J'avais juste envie de leur dire un gros fuck, une bonne fois pour toute.

Je sentais son souffle dans mon cou, j'étais bien en la serrant contre moi, mais je n'arrivais pas à m'abandonner complètement. Il y avait quelque chose d'anormal : cette rage au fond de moi, qui m'empêchait d'agir normalement.


- Je sais que tu feras attention, mais mets-toi à ma place : j'ai suffisamment souffert pour voir encore d'autres personnes innocentes souffrir.

Hélas, je le savais bien, et là était tout le problème. J'avais envie de lui promettre qu'elle n'allait plus souffrir. Mais comment j'aurais pu dire un truc pareil alors que je mourrais d'envie de me jeter corps et âme dans la bataille, ce qui immanquablement ne la laisserait pas de marbre? J'embrassai ses cheveux, respirant leur odeur. Je me sentais bizarre, comme un peu... grandi.

- Je sais qu'ils ne peuvent pas nous tuer, mais crois-moi, je pense qu'à côté de ce qu'ils peuvent t'infliger, la mort est parfois une chose préférable.

Je plissai les yeux, le temps d'enregistrer ce qu'elle avait dit. Ce qu'elle avait vraiment dit. Elle était sérieuse?! Très bien, donc elle ne pouvait pas me faire de reproches si je voulais aller casser la gueule de cette bande de bouffons, si elle me disait des trucs pareils!... Je ravalai la phrase peu sympathique qui me venait au fond de la gorge pendant qu'elle me regardait d'un air un peu effrayé. Elle se rattrapa tant bien que mal, visiblement aussi surprise que moi par ce qu'elle avait dit :

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Chuck je suis désolée...

Hmmgfrfr. Ouais. Elle enfouit son visage contre moi.

- C'est bien la première fois qu'on me qualifie d'innocent, dis-je après un silence, parce ce qu'elle avait dit plus tôt m'avait amusé. Mais j'étais encore un peu sur le cul de ce qu'elle avait dit ensuite. Je dis alors d'un ton bien plus sérieux : Par contre si tu pouvais éviter de me dire que tu as eu envie de mourir, ça m'éviterait d'avoir encore plus envie de les buter sans plus tarder.

Non mais c'est vrai quoi, après il ne fallait pas s'étonner que je prenne des risques inconsidérés... Enfin, ce n'était sûrement pas ce qu'elle avait voulu dire. De toute façon, je ne lui en voulais pas; c'était eux que j'avais envie de massacrer comme du bétail.


- Tu le fais déjà en ce moment même, répondit-elle plus doucement à mon désir de prendre soin d'elle.

Je la laissai m'embrasser. Nos baisers aussi semblaient avoir grandi; ils étaient plus intenses, plus approfondis, sûrement parce qu'on avait compris tous les deux que tout aurait pu s'arrêter ce soir-là. Je glissai sur le dos et m'allongeai par terre, l'obligeant à me suivre. Si quelques petits première année étaient passés par là à ce moment, ils auraient sûrement été choqués de notre position peu catholique, étant donné que Lilian était sur moi et que je maintenais son visage contre le mien, mais il y avait bien longtemps que j'avais envoyé valser la bienséance et tout ce qui pouvait s'y apparenter. Je roulai sur le côté et me retrouvai au-dessus d'elle, l'embrassant à mon tour, laissant ma main parcourir son corps. Puis je me laissai retomber sur le dos et la calai contre moi. Je sentais l'odeur de l'herbe, je ne voyais que le ciel bleu éblouissant et j'avais Lilian contre moi : tout était un peu comme si rien de tout ça nous était arrivé. Quelques secondes à ne penser à rien n'allait pas nous faire de mal. Mais j'avais beau me forcer, je n'arrivais pas à me croire sur notre petite plage privée, le soir où nous avions passé la nuit tous seuls, face à ce beau de coucher de soleil.

Je caressai son visage de la main. Les cicatrices mettaient du temps à ne plus laisser de traces. Et celles qui ne se voyaient pas? Celles qui marquaient nos chairs? Je me demandais si j'arriverai un jour à les effacer.

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Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Jeu 27 Oct - 18:22

Était-ce cela vivre ? Se faire torturer par des êtres sans nom, à la cruauté inimaginable pour s'en sortir finalement, plus faible que jamais (l'ascension du Mont Everest était une franche partie de rigolade à côté de ce que Lilian et tous les autres otages venaient de vivre), au début presque plus mort que vivant mais se rappeler que le seuil fatidique n'a pas été franchi. Fin, se rappeler, s'en rendre compte à cause de notre corps qui souffre le martyr, des muscles qui hurlent à la mort au moindre mouvement et aux cicatrices qui meurtrissent la peau. Et c'est à ce moment là que l'on se rend que l'on est toujours du côté des vivants parce que dans l'autre monde, toute cette souffrance, toute cette douleur n'existerait pas, n'existerait plus. Bien sûr que Lilian avait douté à son réveil, bien sûr que dans son rêve, pour elle, la question ne se posait même pas : le paysage était si paradisiaque, si irréel que sa mort allait de soit. Jamais elle n'avait imaginé que cela puisse être un simple rêve et qu'elle se réveillerait dans un lit blanc de l'infirmerie. Cependant, ce qui lui avait mis la puce à l'oreille fut la présence de Chuck dans son autre monde : elle ne savait pas qu'il avait préféré mettre fin à ses jours pour la retrouver. Mais non, la Sirène s'était révélée bien vivante, le corps meurtri, blessé et endolori certes, mais vivante. Peut-être que pour elle, elle était morte deux jours puis ressuscitée par la grâce de sa mère Aphrodite qui ne se remettait pas de sa mort qui avait supplié Zeus de faire de nouveau jaillir le souffle de vie à travers les lèvres de rose de sa fille angélique. Sa volonté fut exaucée : rouvrant les deux magnifiques miroirs des îles, la première chose que vit Lilian fut son frère endormi à son chevet, sa main sur la sienne.

A la question qu'elle se posait, la belle répondit non. Non, ce n'était pas cela vivre. Pour elle, vivre c'était rire, jouer, pleurer, profiter, courir dans l'eau, tomber sous la pluie, attraper froid, aimer, embrasser mais sûrement pas ce qu'elle avait vécu. Vivre c'était parfois être égoïste et ne penser qu'à soi mais c'était aussi tout donner aux autres et si cela avait permis la fuite des Mangemorts, Lilian n'aurait pas hésité à y laisser sa vie. Vivre, c'était avoir une famille entière, pas une famille qui se montre entière mais qui en réalité ne l'est pas, simplement parce que l'un de ses membres a disparu dans des circonstances obscures que personne n'a jamais éclairé et dont les autres membres traînent le deuil avec au fond d'eux, cet espoir de le revoir un jour. Non, si vivre était cela, Lilian ne vivait pas. Elle errait entre la vie et la mort, espérant revoir son frère Felton un de ces jours comme on dit. Pourtant, dans toute la démence dont il faisait preuve, Sacha Winch, inconsciemment, avait allumé en elle une lueur d'espoir en lui avouant que son frère était vivant. Certes la rouge et or craignait de retrouver son aîné et de le voir se faire tuer sous ses propres yeux par cet être abominable mais elle se consolait quelque peu que si tel était le cas, au moins, elle l'aurait revu une dernière fois avant qu'il ne la quitte. Définitivement cette fois.

Chuck était quelque peu au courant de cette histoire ; juste que Felton était parti, laissant un trou béant dans sa famille et encore plus dans le cœur de sa sœur mais rien de plus. Lilian ne s’épanchait jamais sur le sujet, même quand elle versait toutes les larmes de son corps car le simple fait de penser à Felton lui faisait terriblement mal.


- Tu l'as dit à tes parents, pour Felton?

Baissant son regard encore embué de larmes, Lilian hocha la tête en signe de négation. Non, elle n'avait rien dit à personne, pas même Hadrian. Seul Chuck était au courant. La belle releva la tête et plongea un instant ses yeux dans ceux du jeune homme.

- Non, à part toi personne n'est au courant qu'il est vivant. Oh, je pense qu'ils savent que Poudlard a été envahie par les Mangemorts, peut-être se doutent-ils qu'un de leurs enfants a été pris en otage mais sinon mes parents ne savent rien. Et je ne sais pas si je devrais leur dire.

La sublime rouge et or avait promené son regard sur la surface lisse et tranquille du lac. Pourquoi ne voulait-elle pas leur dire ? Parce qu'elle craignait que par la suite, les Mangemorts puissent s'en prendre à eux et aussi, cela elle ne l'avait jamais dit à Chuck, parce que durant les dernières vacances d'hiver, c'était l'espoir de retrouver leur fils aîné qu'ils avaient enterré dans un cercueil au cimetière de Little Hangleton. Si, elle devait lui dire, après tout il avait le droit de savoir. La sirène inspira une nouvelle fois avant de reprendre.

- En fait, si je ne veux pas leur dire c'est parce que l'hiver dernier, pendant les vacances [/b]– une deuxième fois elle inspira une grande bouffée d'air et fixa le lac d'un air attristé – [b]mes parents ont décidé de considérer Felton comme mort et on l'a donc « enterré » à Little Hangleton.

La belle prenait sur elle afin de ne pas fondre en larmes à nouveau et c'est pourquoi elle fixait le sol de ses grands yeux tristes plutôt que ceux réconfortant de Chuck. Oui, elle avait peur qu'il la traite de lâche et c'était son droit : elle ne s'était pas battue cette nuit là, elle n'avait pas fait honneur à sa maison et encore moins à sa réputation elle-même. Non, elle ne s'était même pas battue pour elle, elle ne s'était pas fait honneur. Et elle continuait en avouant à Chuck qu'elle n'avait rien dit ni à ses parents ni à son frère. Parce qu'elle craignait qu'ils leur arrive mal, elle ne voulait pas que ses parents remuent ciel et terre pour la faire revenir, elle et son frère dans leur manoir, jugeant qu'ils seraient plus en sécurité là-bas plutôt qu'ici à Poudlard. Cependant, même avec ces monstres au pouvoir, Lilian savait qu'elle était plus en sécurité ici que chez elle. Ici, elle était libre d'aller à peu près où bon lui semblait, alors que chez elle, elle devrait rester confinée chez elle, telle une princesse fragile qu'il faut à tout prix protéger du monde extérieure. Elle en avait assez d'être lâche depuis un moment, elle ne voulait plus l'être. Pourquoi ? Parce que c'était contraire à tout ce qu'elle défendait, tout ce qu'elle prônait mais cette nuit avait été pour elle une véritable épreuve, un véritable calvaire qui ne cessait de la remettre en cause. La sirène en venait donc à déblatérer des paroles insensées que jamais elle n'aurait imaginé prononcer un jour. Et Chuck le savait très bien.


- C'est bien la première fois qu'on me qualifie d'innocent. Par contre si tu pouvais éviter de me dire que tu as eu envie de mourir, ça m'éviterait d'avoir encore plus envie de les buter sans plus tarder.

Si les mots du jeune homme lui arrachèrent d'abord un mince sourire, le reste le fit disparaître quasi immédiatement et la belle sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux et troubler les lagunes redevenues paisibles. Elle lança un regard désolé et empli de détresse à Chuck avant de nouveau se blottir contre son torse.

- Je suis désolée Chuck, mais cette nuit a vraiment été horrible. Derechef, elle essuya une larme sur sa joue. Winch a raison, je suis une idiote, je suis lâche ! La colère faisait trembler sa voix et rouler les larmes sur ses joues. Elle faisait directement référence à l'insulte gravée sur sa peau de lys et qui la narguait tous les jours. J'en ai marre Chuck, j'en ai marre d'avoir mal...

La sirène succomba de nouveaux sous les flots des larmes salées mais pour un temps minime cependant. Mais Chuck savait comment s'y prendre pour la réconforter. A peine l'avait-elle embrassé tendrement, il l'allongea sur le dos afin de se retrouver au-dessus d'elle. Bien sûr qu'elle savait qu'il prenait et prendrait soin d'elle et l'inverse était réciproque. Ce fut à son tour de s'allonger sur le dos et la jeune fille se retrouva serrée contre lui, la tête sur son épaule et sa main posée sur son torse. Cette nuit là, elle avait bien cru que jamais elle ne pourrait à nouveau sentir la main de Chuck sur sa peau, caresser son corps. Elle ne savait pas non plus si elle aurait pu l'embrasser encore, mordre ses lèvres, le taquiner comme elle savait si bien le faire.

Mais maintenant qu'elle l'avait retrouvé, elle se sentait mieux et savait que sa convalescence serait moins longue. Elle pouvait tout lui dire, il comprendrait ou alors lui conseillerait la meilleure conduite à adopter, l'embrasserait quand elle n'irait pas bien, rirait avec elle quand elle viendrait à faire une bêtise espiègle ou sa fausse ingénue qu'elle n'était plus, la serrerait contre lui quand elle pleurerait ou aurait peur de l'avenir, peut-être l'admirerait-elle comme au premier jour.


- Tu verras, quand tout sera fini, on retournera sur notre plage privée. Je te le promets.

La belle Lilian avait parlé en posant son menton sur le dos de sa main, obligeant Chuck à se noyer dans le bleu éternel de ses magnifiques yeux avant de déposer un baiser au coin de ses lèvres. Oui, elle savait qu'avec Chuck elle revivrait ou vivrait tout simplement et pouvait espérer retourner un jour sur cette plage privée et apprécier ce le coucher de soleil de son rêve. Car avec lui, c'était ça : vivre et cette plage serait leur paradis.

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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Lun 31 Oct - 19:34

Que nos familles soient aussi différentes me rassurait, en fait. Pas moyen de comparaison possible, on n'en parlait pas, et basta. J'avais toujours été mes propres parents en quelque sorte, parce que les miens ne m'avaient rien apporté, mais plus le temps passait, et plus je leur en voulais. C'était une évolution bizarre et qui me dérangeait, mais c'était plus fort que moi. Je pensais que le plus dur était fait puisque depuis tout petit j'avais décrété que je me débrouillais très bien sans eux. Logiquement quand on grandit, les trucs de ce genre s'arrangent, non? Apparemment non, c'était l'effet inverse, et le fait qu'ils ne montrent pas une espèce d'intérêt alors que Poudlard partait en vrille, ça me donnait envie de transplaner chez moi et de les engueuler comme du poisson pourri, ça me donnait envie de prendre Coop avec moi et de m'en occuper tout seul, parce qu'ils étaient incapables de s'occuper de leurs foutus gosses. J'avais de plus en plus peur qu'ils oublient les médocs de Coop, ou des trucs du genre, et je ressentais une haine contre eux bien plus forte qu'avant. L'indifférence avait muté en colère. De toute façon, en ce moment, tout me mettait en colère.

Il fallait arrêter avec les "La famille, c'est une chose de totalement merveilleux! Rien ne compte plus que la famille" une minute. Ça, c'était un truc que je ne comprenais pas chez les Américains. Bon, nul n'est parfait hein, ça n'enlevait rien au reste. Mais merde, on ne choisit pas sa famille je rappelle, alors vu le nombre de cons sur Terre, elle est de combien la probabilité d'avoir une famille cool? Pas bien grande, je peux vous le dire. Surtout qu'évidement rien ne peut être simple, et quand une famille paraît parfaite, il suffit de gratter une toute petite couche sur la photo de famille et la vérité crasse apparaît au grand jour. La preuve : la famille Easter. Bien sous tous rapports, riche, des parents aimants, des enfants épanouis, cool. Sauf qu'en fait l'aîné est un mystère, il a disparu on ne sait pas pourquoi, il est mort ou pas, il a taffé pour les Mangemorts, il manque à sa famille mais personne ne parle de lui parce que c'est trop insupportable.

Comme quoi nul n'est parfait.


- Non, à part toi personne n'est au courant qu'il est vivant. Oh, je pense qu'ils savent que Poudlard a été envahi par les Mangemorts, peut-être se doutent-ils qu'un de leurs enfants a été pris en otage mais sinon mes parents ne savent rien. Et je ne sais pas si je devrais leur dire.

Je lançai un regard incrédule à Lilian. Elle n'avait rien dit?! Je ne savais pas trop ce que ça faisait d'avoir des parents inquiets, mais j'imaginais que si il fallait bien parler d'un tel truc, c'était bien à ses parents, non?... Ok peut-être qu'elle ne voulait pas les inquiéter... Peut-être que j'aurais fait pareil... Mais elle m'aurait fait ça à moi, je l'aurais hachée menu à son retour des vacances.

J'ouvris la bouche et la refermai aussitôt :


- En fait, si je ne veux pas leur dire c'est parce que l'hiver dernier, pendant les vacances... mes parents ont décidé de considérer Felton comme mort et on l'a donc « enterré » à Little Hangleton.

...

What. The. Fuck.


- Ah merde, ne pus-je retenir, sur le ton de "ah oui c'est sûr c'est embêtant". Enterré. Non mais au secours. En-te-rré. Comment ça se passe. Je veux bien croire qu'ils l'aient cru mort mais de là à le... A le tuer! Un simple coup d'oeil vers Lilian me dissuada de lui faire remarquer. Je voyais nettement ses traits déjà marqués s'assombrir.

Résumons la situation : Felton était parti laissant le vide dans le coeur de tous les Easter, Felton se faisait - volontairement ou non - passer pour mort, mais Felton fricotait en fait avec les Mangemorts, puis avec les Aurors, avant de se faire fictivement enterrer. Bien.

Conclusion : Felton me faisait chier. Il y avait déjà les Mangemorts à Poudlard, la prise d'otages, Lilian qui avait failli crever, et il fallait EN PLUS que l'autre imbécile de frère Easter - quels cadeaux, ceux-là - en rajouter une couche. Putain! Qu'il ne se pointe pas de si tôt parce que je sentais d'avance que je n'allais pas l'aimer.

Elle me regarda une nouvelle fois avec ce regard plein de chagrin et de détresse à la fois et je sentis une fois de plus mon sang ne faire qu'un tour dans mes veines. Je bouillais. Littéralement. Je ne rêvais que de toutes les façons où j'allais leur arracher leurs yeux et leur faire bouffer à la petite cuillère jusqu'à ce qu'ils chialent et qu'ils avouent leur péchés. On était des gosses, merde, des pauvres gosses qui ne savaient pas aligner plus de quelques sorts. C'était quoi l'intérêt, franchement? Ils n'avaient donc tellement rien à faire pour venir torturer des enfants, des sorciers même pas capables de leur résister? Oh forcément c'était facile, du coup. Mais bon, ça manquait grandement de classe, et honnêtement, les Mangemorts n'avaient jamais été très haut dans mon estime mais alors là ils défiaient les lois de l'attraction terrestre.


- Je suis désolée Chuck, mais cette nuit a vraiment été horrible. Winch a raison, je suis une idiote, je suis lâche ! Elle s'était serrée contre moi et je posai ma main sur sa joue marquée, comme si en appuyant j'aurais pu faire disparaître cette sale cicatrice de merde qui ne faisait rire que l'autre connard de Winch. J'en ai marre Chuck, j'en ai marre d'avoir mal...

- Je sais, fis-je en la serrant un peu plus fort. Tu n'es pas lâche, ne dis pas de conneries. Tu as tenu bon. Et tu n'es pas idiote, ne cède pas à ces connards qui veulent nous détruire.

J'inspirai une grande goulée d'air. Je me sentais tellement impuissant, au fond, à bâtir des plans de vengeance, à tenter de consoler Lilian, alors que finalement, je faisais quoi? Je brassais du vent.

- C'est... C'est peut-être étrange pour ton frère, mais tu n'es pas responsable, tu ne sais pas où il est et tu souffres assez avec ça, alors pour le reste, tu n'y es pour rien.

J'avais beau me dire qu'il ne fallait pas s'emmerder plus qu'on ne l'était déjà, mais c'était un peu comme si tout nous tombait dessus petit à petit sans qu'on puisse rien faire. Putain.


- Tu verras, quand tout sera fini, on retournera sur notre plage privée. Je te le promets.

Je souris alors qu'elle se laissait faire et se calai contre moi après que je me sois couché sur le sol. Son coeur battait tout contre le mien et je me demandais - pour combien de temps encore on allait avoir la paix comme en cet instant? Je n'arrivais pas à garder espoir, et pourtant, je n'avais aucune envie de baisser les bras. Il y avait trop de combats à mener. Repenser à notre été parfait, ça me réchauffait un peu le coeur, mais pas assez, parce que tout était tellement flou pour l'instant que je n'arrivais pas à me laisser emporter complètement. Ma main montait et descendait le long du corps de Lilian et je me réjouissais de constater que son corps était chaud, bien chaud, et que si les Mangemorts avaient déclenché la terreur au château, ils n'étaient venu à bout de personne.

- J'espère bien, murmurai-je en souriant. Surtout que j'ai une revanche à prendre, ajoutai-je sur un ton provocateur, faisant référence à nos jeux, à tous ces souvenirs qui n'appartenaient qu'à nous.

Elle me regardait et son visage était tout près du mien. Je voyais clairement dans ses grands yeux bleus toutes la douleur qu'elle essayait de refouler, mais je voyais aussi, tout au fond, une petite lueur qui montrait qu'elle était toujours là et ne lâchait pas. Je lui en étais reconnaissant d'avoir la foi quand moi je ne l'avais plus trop; ça me donnait le courage de me reprendre. J'embrassai son front, son nez, sa bouche, avant de reposer ma tête dans l'herbe qui me chatouillait les oreilles. Je fermai les yeux. Avec les soleil qui nous chauffait, Lilian tout contre moi, je pouvais presque m'imaginer sur cette fameuse plage, et tout le reste s'effaçait. Presque.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: Now show me something pretty [PV]   Jeu 17 Nov - 19:18

La meilleure pour la fin



Les apparences sont trompeuses. Toujours. Quand on voyait Lilian, on pensait immédiatement à la jeune fille pourrie gâtée, au dressing plein à craquer, aux tenues hors de prix et surtout à sa famille qui était incontestablement parfaite. Un père directeur du département des affaires magiques étrangères au Ministère, une mère qui gagnait plus que correctement sa vie en tant que médecin généraliste, un petit frère dont la cotte de popularité était en hausse grâce à son patronyme, un petit chien bien dressé et obéissant, un manoir gigantesque dans la banlieue de Londres, des voitures toutes plus chères les unes que les autres... Bref, une famille pleine aux as qui vivait dans le luxe aussi bien en Angleterre que de l'autre côté de l'océan Atlantique. Parce que lorsqu'on savait que la famille Easter était originaire des États-Unis et la descendante directe d'une des familles les plus riches du pays et également une des plus anciennes donc dont la réputation n'était plus à faire. Là aussi on s'imaginait aisément le quotidien de la belle héritière : du shopping à faire crever la carte bleue, des amis aussi beaux que riches, une villa à couper le souffle dans un décor de rêve... Bref, aux yeux de bien des gens, Lilian était la jeune fille parfaite avec une famille parfaite qui vivait dans un monde parfait.

Sauf que c'est lorsqu'on écarte les rideaux que l'on remarque que la fenêtre n'est peut-être pas aussi transparente qu'on n'ose le croire. Et oui, peu de personnes savaient et dont Chuck faisaient désormais partie, mais la famille Esaster-Schoonmaker n'était pas parfaite. Car il est vrai qu'on savait qu'elle comportait un dernier héritier, un cadet aussi délirant qu'attachant mais jamais on n'imaginait qu'Hadrian et Lilian avaient un aîné, une grand sœur ou un grand frère. Non pas une grande sœur parce que cela serait la guerre éternelle entre elle et Lilian mais un grand frère. Non personne ne s'était jamais posé la question. Peut-être parce qu'il n'était pas resté suffisamment à Poudlard pour faire parler de lui. Disparu le lendemain de la répartition de sa sœur, il demeurait introuvable depuis six ans maintenant. Et toute sa famille portait sur ses épaules ce lourd secret en n'en parlant jamais. Certes sur les photos plus anciennes, on pouvait voir Felton avec toute sa famille, lors de la naissance de son frère, sur le quai pour son premier départ à Poudlard, pour le deuxième avec sa petite sœur mais dorénavant, cela faisait six longues années que les photos de la famille Easter se résumaient à seulement quatre membres. Lilian, quand elle ne pleurait pas à chaudes larmes son grand frère taisait ce sujet, avançant avec en réussissant parfois à en faire abstraction.

Mais là, c'était trop dur pour elle de l'oublier. Et puis tout coïncidait même si elle rechignait toujours à l'admettre bien qu'au fond la belle savait que Winch disait la pure vérité, quand bien même il était un envoyé du Lord des Ténèbres. Celui-ci devait avoir de bonnes raisons de s'intéresser d'aussi près à Felton et de vouloir autant sa mort, bien qu'il veuille la mort de nombreuses personnes, même si elles ne représentaient absolument rien pour lui. C'est pour cela que Lilian venait de tout avouer à Chuck qui semblait ne pas réellement s'en remettre. Lui qui connaissait juste la version de « Felton a disparu » il venait d'apprendre en avant-première la fin du dernier épisode de la dernière saison, à savoir celui dans lequel Lilian révèle que son frère est mort et enterré aux yeux de ses parents. La jeune fille jura d'ailleurs voir la mâchoire de son boyfriend se décrocher pour tomber sur le sol. En même temps, cela n'a rien d'anodin.


- Ah merde

Ce « Ah merde » voulait tout dire. Chuck ne s'entendait pas avec Hadrian et si Felton réapparaissait, Lilian n'avait aucun doute quant à ce qu'il en vaille de même pour Felton. Chuck serait capable de lui foutre un pain dans la face simplement pour lui faire comprendre que ce n'était qu'un imbécile qui avait faillit causer la mort de sa propre sœur et que s'il avait été là, s'il était resté à Poudlard, rien de tout cela ne serait arrivé : les Mangemorts n'auraient peut-être jamais envahi Poudlard, Lilian ne serait pas passée à deux doigts de la mort et Hdarian aurait été mieux élevé. En gros : le bonheur parfait dans le meilleur des mondes. Mais non. Oui, il semblerait que les relations entre Chuck et les deux frères de Lilian soient à jamais conflictuelles ou tendues. Cependant, la concernée se rassurait quelque peu en haussant les épaules intérieurement et en se disant que c'était souvent le cas avec la belle-famille même si généralement, il s'agissait plutôt des beaux-parents. Passons.

La sirène essayait d'oublier du mieux qu'elle pouvait en se serrant contre Chuck, cherchant du réconfort. Elle sentait sa main sur sa joue balafrée et lui aussi bien qu'elle savait qu'il ne s'agissait rien d'autre que d'une insulte. Une insulte qui la mettait plus que mal à l'aise et lui posait le doute. Doute que Chuck s'empressa de dissiper aussitôt :


- Je sais. Tu n'es pas lâche, ne dis pas de conneries. Tu as tenu bon. Et tu n'es pas idiote, ne cède pas à ces connards qui veulent nous détruire.

Au fond d'elle, elle savait qu'elle ne croyait pas ce qu'elle venait de dire et que Chuck avait parfaitement raison mais que les événements la bousculaient. Déjà bien serrée contre Chuck, la belle se serra encore plus car elle voulait sentir davantage son corps contre le sien pour se prouver que tout cela ne durerait pas mais que quoi qu'il se passe, Chuck serait là et ferait tout pour elle. Pour l'instant, elle n'avait plus envie de parler ; elle souhaitait seulement entendre le bruit de la respiration de Chuck ainsi que les battement de son cœur tout près de son oreille. Ses grands yeux encore fatigués se fermèrent comme si elle allait de nouveau s'endormir. Elle parvint même à oublier Winch et Felton un instant.

- C'est... C'est peut-être étrange pour ton frère, mais tu n'es pas responsable, tu ne sais pas où il est et tu souffres assez avec ça, alors pour le reste, tu n'y es pour rien.

Encore une fois Chuck avait raison. Felton, elle ne savait même pas s'il était mort ou vivant et c'est là que Lilian compris peut-être pourquoi ses parents avaient cessé d'espérer : c'est fatiguant d'attendre quelqu'un sans savoir s'il est mort ou vivant. Peut-être qu'un jour on retrouverait son corps et là Lilian pourrait peut-être dormir tranquillement car elle savait que toutes les larmes qu'elle avait versée ne couleraient plus. Mais même si Winch lui avait dit que Felton avait rejoint les Aurors, qui lui avait prouvé qu'à ce jour il était vivant. Peut-être s'était-il donné la mort il y a deux jours, deux semaines, deux mois. Peut-être s'était-il fait tuer allez savoir. Encore trop fragile cependant pour se poser ce type de questions, Lilian réussit à les chasser de son esprit pour se reconcentrer sur le souffle calme de Chuck qui devenait pour elle un véritable antidépresseur.

La sublime sirène entrouvrit la bouche mais ne parvenant à associer aucun mot sur ses pensées la referma aussitôt. Là non plus elle n'avait pas envie de parler. Et encore moins quand Chuck l'allongea avant de la serrer contre lui. Elle frissonnait comme avant quand la main de Chuck montait et descendait sur son corps et elle mourrait d'envie de l’assaillir de baisers quand lui embrassait tout son visage. Cela se serait déroulé quelques mois auparavant, ils ne seraient pas gênés pour aller plus loin, quitte à choquer des plus jeunes mais ils en aurait ri car le choc était un jeu auquel ils jouaient constamment et ils étaient devenus imbattables. Mais là, il n'était plus question de choquer personne ; seulement question de se retrouver pendant une brève trêve. Une éclaircie entre deux averses car tous les deux savaient que ce calme ne durerait pas éternellement bien au contraire. Bientôt il y aurait certainement de nouvelles larmes, de nouvelles frayeurs, de nouveaux câlins réconfortant... Tout cela se transformerait en infernale spirale qui ne cesserait que lorsque toute ce cauchemar s'effacerait et que tout redeviendra comme avant. Comme avant, à l'époque où Chuck et Lilian pouvaient s'embrasser voire plus dans les couloirs en se fichant royalement des autres, l'époque où le Daily Poudlard ressassait leur moindre histoire, leur moindre ébat. Cette époque semblait lointaine à Lilian mais pas révolue cependant. Pas encore.


- J'espère bien. Surtout que j'ai une revanche à prendre,

Tous deux se sourirent mutuellement. Une vague de souvenirs américains au parfum salé et au goût alcoolisé remonta à l'esprit de Lilian qui se rappelait de leur soirée chez Simon, des baisers possessifs de Chuck quand elle lui avait présenté ses cinq prétendants, leurs virées en ville, leurs après-midi passés à bronzer sur la plage ou au bord de la piscine, leurs parties de beach-volley, les cours de surf que Chuck donnait à Lilian, leurs baisers dans l'eau, les fruits nappés de chocolat, le costume de marin de la jeune fille... Tous ceux-là et bien plus encore. Le rouge monta aux joues de la belle qui embrassa une dernière fois Chuck.

- Et comme ça tu auras une bonne raison de manger des fruits au chocolat.

La Sirène lui sourit de nouveau, une lueur espiègle traversant ses yeux magnifiques. Puis, elle se cala tout contre lui, son visage au creux de son cou, la peau à la merci de sa bouche tendre et, un bras entourant son torse, Lilian ferma les yeux, calquant sa respiration au rythme de celle de Chuck qui commença alors à la bercer. Dans son rêve, Chuck et elle étaient allongés au bord de l'eau, les vaguelettes venant se briser sur leurs corps bronzés et mouillés. Et le rythme des vagues était exactement celui de la respiration de Chuck. Chuck qui était là à ses côtés et qui le restait.

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