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Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]

 
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 Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Mer 8 Juin - 13:30

Whatever happens, I'll leave it all to chance
Another heartache - another failed romance
On and on
Does anybody know what we are living for?
I guess i'm learning
I must be warmer now
I'll soon be turning round the corner now
Outside the dawn is breaking
But inside in the dark I'm aching to be free

*******

Tout avait basculé autour de moi mais je restais debout, axe d'une toupie qui tournait sans cesse à une vitesse infernale. J'avais suivi les évènements de loin, comme un petit chaton apeuré caché derrière la fourrure de sa mère; seulement cette mère nouvelle ce n'était plus la même, c'était ma nouvelle folie dans laquelle je m'immergeais totalement, c'était la Forêt Interdite qui était le théâtre principal de mes actions, c'était ma liberté et mon insolence pour seules compatriotes. Petit à petit je me détachais de la vie qui m'entourait pour me créer la mienne, seul maître à bord, et je m'imaginais bien, dans quelques temps, faire corps avec la forêt et disparaître peu à peu parmi la mousse et les ronces comme un élément du décor, et plus jamais personne n'entendrait parler de Lizlor Wayland...

Je n'avais jamais autant fréquenté ma mère, Sara Wayland, que ces derniers jours. Depuis que les Mangemorts étaient arrivés au château, je m'étais senti l'âme d'une lionne et j'avais compris que ma mission était de la protéger, du mieux que je pouvais. Pour Conrad, pour Papa, il fallait que je m'assure que rien ne lui arrive, et je n'avais pas peur de ces sales Mangemorts car je savais que ma rage et mes griffes étaient des armes redoutables. Je n'avais rien à perdre, pourquoi aurais-je craint de m'opposer à une force bien supérieure à la mienne? Corps et âme je n'avais qu'à me jeter contre ce mur ennemi et le griffer jusqu'au sang, l'issue je n'en avais que faire du moment que je réussissais à saigner à blanc mon adversaire. Je ne comprenais pas trop la présence des Mangemorts ici, mais Maman semblait trop occupée et inquiète pour que je lui demande. Dans ces moments-là elle s'énervait facilement et je n'avais pas envie de subir ses foudres en plus de tout alors que je sentais qu'il y avait déjà bien trop d'électricité dans l'air. J'avais renoncé à me demander comment Conrad aurait réagi à ma place parce que javais enfin compris - je n'étais pas Conrad. Jamais je ne serais comme lui, je ne lui arrivais pas à la cheville, alors autant assumer ma médiocrité jusqu'au bout. Je m'étais contentée de rester silencieuse, d'observer, d’acquiescer, de promettre que oui, Maman, je n'allais pas faire d'actes stupides, que j'allais rester sage, que je ne chercherais pas à me rebeller, à désobéir aux Mangemorts, c'était promis. Mais combien Liz riait sous cape alors, car elle savait mieux que quiconque qu'une fois que ma mère aurait le dos tourné, j'allais filer vers ma propre destinée, et que ce que m'imposait le château, Mangemorts ou pas, je m'en contre-fichais. La Forêt m'attendait, dehors, j'avais encore tant à explorer, et qui plus est je ne voulais rien avoir à faire avec les gens dont je me désolidarisais peu à peu. Je me sentais électron libre, étrangère à tout cela, et cette guerre je ne voulais pas y prendre part, je voulais les observer s'entretuer depuis mon perchoir et rire ensuite sur leurs dépouilles quand je serai la seule et unique survivante de cette mise à mort.

Cependant les liens de la chair, hélas, m'obligeaient à garder une once d'humanité en moi et je m'étais juré de veiller sur ma mère pour mon père et mon frère. Très souvent, je venais fureter du côté des chambres des professeurs, où ma mère avait déménagé. Je restais là, dans l'ombre, tapie dans le noir, j'entendais les bruits sourds qui indiquaient qu'elle allait bien, derrière la lourde porte de bois, et je disparaissais à nouveau.

De dire que je n'avais pas peur serait faux - depuis toujours, j'avais peur. La peur me serrait les entrailles et la gorge, quoi qu'il arrive, et j'avais commencé à comprendre que c'était elle qui me rendait invincible, car elle décuplait mes forces et mon instinct et me portait vers des sommets que les autres n'atteignaient pas. La peur me servait de moteur. Je vivais avec elle, c'était ainsi, et je n'avais pas le choix. Mon petit cœur palpitait toujours à un rythme effréné mais c'était bon de le sentir s'affoler car cela montrait combien j'étais en vie - combien j'avais réussi mon saut dans le vide, mon grand pas en avant. Dire adieu à mon passé ne m'avait pas tué, au contraire, cela m'avait même rendue plus forte. Liz était plus puissante que Lizlor.

Seule ombre au tableau, cette stupide baguette que j'avais cassé en tombant d'une branche, et qui m'avait également valu une cheville foulée et quelques jours de repos... Megane Parry, une fille que don mon esprit de petite enfant un peu perdue j'associai à l'idée de mère aimante, comme Katie, m'avait aidé pour je ne sais quelles raisons - elle était devenue mon ange-gardien dans ce vaste terrain qu'était la vie. Elle m'avait trouvé une baguette et me l'avait prêtée, ce qui je devais bien l'avouer me sauvait d'une terrible punition maternelle, car jamais elle n'aurait supporté que j'ai bêtement cassé ma propre baguette magique. Mais cette nouvelle baguette était trop lourde, trop longue, j'étais gauche avec, et je n'arrivais à rien. Elle n'était pas faite pour moi, je ne la possédais pas, je ne la maîtrisais pas. Je n'étais nullement patiente et cette impuissance me mettait dans une colère noire. Ce soir-là j'avais décidé de rentrer dans ma salle commune, après avoir passé la nuit dernière dans la Forêt, à somnoler sur une branche en hauteur dans la douceur de l'air du printemps. Mais je sentais que le sommeil me faisait défaut et qu'il me fallait un repas et une nuit réparatrice. Aussi j'étais allée manger avec les autres, dans mon coin, jetant des regards farouches à mes voisins de tablée, et puis j'avais filé sans demander mon reste. Ma visite secrète et habituelle jusqu'à la chambre de ma mère puis j'avais filé dans une salle vide et désertés, bien à l'abri des regards indiscrets, dans un seul but : m'entraîner. J'avais même, c'était dire ma motivation à vaincre cette satané baguette, dégoté un livre sur l'utilisation des baguettes et potassé le tout pour essayer de m'y prendre un peu mieux. Je le posai, ouvert, sur une table, allai à l'autre bout de la pièce et déposai sur une table un morceau de pain rassi. "On ne joue pas avec la nourriture", m'aurait réprimandé ma mère, mais c'était bien là le cadet de mes soucis. Je retournai à l'autre bout de la pièce.

"Pensez à votre geste, pensez aux mots que vous prononcez", précisait le livre. "Agissez lentement et laissez la magie couler le long de votre bras". Je m'éxécutai, avec la parfaite impression que j'avais l'air idiote, et mon sang bouillonnait déjà d'énervement, parce que j'étais certain que ce livre débile ne m'aiderait pas.


- Accio pain!
m'exclamai-je, et le bout de pain s'envola non pas vers moi mais sur le côté et s'écrasa contre le mur. Je grommelai, me concentrai, réitérai le geste : Accio pain!

Cette fois il partit de l'autre côté, mais toujours pas vers moi.

- Wingardium Leviosa?

Mais il ne bougea pas.

- Imbécile de truc! m'exclamai-je, et je lançai un regard féroce à la baguette serrée entre mes doigts. J'étais nulle, nulle, nulle, et je fulminais. Je finis par crier de plus en plus fort, tout en pointant ma baguette sur le bout de pain avec un air accusateur:

- Wingardium Leviosa! Ascendio! Accio Pain! ACCIO PAIN!

Le morceau décolla à la vitesse de l'éclair, vint droit sur moi et j'eus juste le temps de me baisser avant qu'il ne s'écrase violemment sur le mur derrière moi, à la hauteur de ma tête, et se réduise en miettes. J'avais les larmes aux yeux, de rage de et de colère. Au même moment, un petit bruit me fit me retourner brusquement, un petit "miaaaaw" apeuré qui venait de la porte entrouverte...

- Toi?!... murmurai-je doucement et sous le coup de la surprise, devant ce petit chat au pelage hirsute, ce petit chat que je connaissais bien et donc j'avais le maître en horreur... Oh non, marmonnai-je, car si chat il y avait, Stephen Fray ne devait pas être loin. Je me tournai vers la porte, le regard enflammé, la bouche crispée dans un rictus peu aimable, le poing serré autour de ma fichue baguette inutile.

_________________

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Dernière édition par Lizlor Wayland le Jeu 8 Sep - 14:49, édité 1 fois
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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Jeu 9 Juin - 18:37

On ne rigole pas tous les jours à Poudlard, surtout quand on est à Serdaigle (où les élèves vous donneront toujours la racine latine avant la définition du mot « humour »). Ces derniers jours, on rigolait encore moins. En fait, on ne rigolait plus du tout depuis que les Mangemorts avaient débarqué dans la Grande Salle et vaincu toute résistance éventuelle par la torture. Evidemment, ça jette un froid.

On nous avait expliqué – bien que je me demande
vraiment quel crétin avait besoin d'explications supplémentaires, la situation étant toute à fait claire à mon sens… (Bien que mes sens soient, comme nous le savons, « aiguisés tels… » je vous épargne la suite.) Où en étais-je ? Ah oui, les explications : que nous n'avions rien à craindre, que les Mangemorts n'étaient pas venus tuer chaque être au sang impur piégé entre les murs de Poudlard, chats et hiboux compris, et que du moment qu'on ne les énervait pas, tout se passerait bien. Inutile donc d'être un grand génie pour en déduire que, s'ils n'étaient pas en mission d'épuration, c'est qu'ils avaient d'autres chats à fouetter. Poudlard étant l'un des lieux magiques les plus vieux de Grande-Bretagne, regorgeant de secrets et de mystères, ils devaient donc être à la recherche de quelque chose. Quelque chose qui servirait à leur Maître, dont je ne citerai pas le nom mais si je dis Vous-Savez-Qui tout le monde voit de qui je parle ? Bien.

Tout cela était follement excitant.

… FAUX ! Erreur ! Tout cela était furieusement effrayant, dramatique, catastrophique, franchement, un total capharnaüm étalé en plein sur le tapis de l'entrée. Parce que même si j'étais curieux de savoir ce qui intéressaient tant les Mangemorts, même si j'aurais été ravi de trouver ce « quelque chose », quoique ce fût, avant eux, je ne m'y serais risquer pour rien au monde, pas même pour un chaudron entier de Felix Felicis. Comme si on pouvait se permettre d'attirer l'attention de ces gars qui n'hésitaient pas à vous tuer au moindre regard de travers. Lutter contre eux avec mes formidables aptitudes ? Oui, mais non, merci. Leur présence au château ne me plaisait pas, d'accord. Je les aurais bien renvoyer chez leur mère avec un coup de pied dans le derrière, assurément. J'oserais même dire que j'y aurais pris beaucoup de plaisir. Seulement, pour l'instant, il n'y avait tout simplement rien que je puisse faire. C'était une situation franchement gênante parce qu'elle m'empêchait de poursuivre mes expériences. Mes horaires avaient toujours défié le couvre-feu, mais jusqu'à présent, ce conflit ne m'avait jamais mis en danger de mort. Du coup mes moyens de trouver une solution étaient de plus en plus limités, et ça ne s'arrangerait pas si je me faisais surprendre à manigancer quelque chose dans une salle vide ou à la bibliothèque.

Voilà pourquoi il fallait rester discret. Contrairement à ces petits groupuscules d'élèves qui commençaient à former un squelette de résistance. Pour ce qui était de la discrétion, ils auraient tout aussi bien pu se peindre en bleu et se balader nus dans le parc avec un clavecin jouant « les plans discrets sont de retour ! » Ce n'était pas leur faute. On attire plus l'attention quand on est plus nombreux, c'est tout. Raisonnement mathématique, un plus un égale deux. Le deux est plus dangereux que le un car associé à un autre deux, on obtient quatre, six, huit, et bientôt les chiffres sont incontrôlables. Avec un, on a de la marge.

Pas question de m'allier avec quelqu'un. J'étais – j'avais toujours été, et rien ne m'avait jamais convaincu d'agir autrement que –
Seul.

Enfin, presque seul, si l'on tenait compte de la créature que je tenais fermement dans les bras.

Cette créature était un chat, mon chat. A vrai dire, c'était même Le Chat, Le Chat était son nom, faute de mieux. Les noms et moi, vous savez. Pas du genre à prendre une bière ensemble. Je crois que ma sœur Candy lui avait donné pour titre complet « Le Chat du Comté de Chester », bien qu'il fût comme nous Londonien, en hommage à Lewis Carroll. Elle avait toujours aimé la duplicité du personnage. Pour ne rien vous cacher, la bête était sans grand intérêt : taille moyenne, poids moyen, poils gris d'une longueur légèrement supérieure à la moyenne, yeux jaunes et souvent vitreux. Les diverses potions que je lui administrais régulièrement l'avaient un peu rendu cinglé, mais à part ça, il pétait la forme !

Ce soir il pétait tellement la forme qu'il parvint sans prévenir à me glisser des mains. Nous étions dans le couloir du sixième étage, soit presque arrivés à la salle commune des Serdaigle qui se trouvait dans l'aile ouest. La bête profita de ma surprise pour filer entre mes jambes et s'enfuir sans demander son reste.

– Stupide bestiole ! Reviens ici tout de suite ! criai-je en lui courant aussitôt après.

Je dépassai deux petits Gryffondor qui, voyant passer d'abord le chat, puis moi, furent pris de rire… un tout petit rire faiblard qui s'éteignit très vite, parce que plus personne n'avait le cœur à ça, vraiment.

Ce que ce crétin de chat ignorait c'était que les Mangemorts n'auraient aucun scrupule à tuer une bête pouilleuse et trouillarde comme lui, et… je n'avais pas envie qu'il meurt, voilà. J'en avais besoin, et je m'y étais attaché. Il avait bien failli m'échapper une fois, ça oui : deux ans auparavant, la fille de Madame Wayland en personne avait menacé de me voler mon chat si je ne le traitais pas mieux que ça. Voyez-vous donc, ces Gryffondor, toujours partant pour sauver le monde.

Je ne laisserais pas ça se reproduire.

Je le vis s'engouffrer dans une salle à la vitesse de l'éclair. J'espérais de tout cœur qu'il serait coincé. Je répugnais vraiment à l'idée de l'abandonner une nuit entière dans le château désert. La porte n'était plus qu'à quelques mètres. En l'atteignant, je ralentis et la poussai en criant :

– Je te…

Ma voix s'étrangla quand je découvris ce qui m'attendait dans la salle. Le chat était là, oui. Il ne fuyait plus. Il n'était pas en sécurité pour autant. Loin de là.

– … Tiens.

Gloups. Lizlor Wayland se tenait devant moi. Toute en cheveux ébouriffés et en regard électrique, baguette la main. Mode combat : ON.

– Wayland… Génial, il ne manquait plus que ça… soupirai-je en levant les yeux au ciel. Il faut toujours que tu ailles te cacher derrière elle, hein ? ajoutai-je à l'adresse du chat. Tu l'as prise pour qui, ta mère ?

Pour toute réponse, la bête feula dans ma direction.

– Oh, je vois, maintenant tu es juste grossier.

J'observai Wayland. Toujours aussi blonde, toujours aussi mince, une vraie beauté. Je l'avais pensé le premier jour où elle avait débarqué pour brûler mon matériel de potions et essayer de me voler mon chat, mais évidemment, ce n'était pas ce que j'avais retenu en priorité. Depuis, nous n'avions pas vraiment communiqué elle et moi. La plupart du temps, nous nous ignorions superbement, mais je l'avais déjà surprise une ou deux fois à me jeter des regards meurtriers quand elle me voyait avec Le Chat.

Oh, ça sentait les embrouilles. Ça sentait vraiment, vraiment la merde.

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we both knew it, right away


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Dernière édition par Stephen Fray le Mar 14 Juin - 14:12, édité 1 fois
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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Jeu 9 Juin - 23:01

De tous les visages que je n'avais pas envie de voir, celui de Stephen Fray figurait très certainement en tête, surtout avec mon humeur massacrante qui ne faisait qu'empirer, au fur et à mesure que je comptais mentalement les petites miettes du pain rangées en en demi-cercle presque parfait au pied du mur sur lequel le quignon s'était lamentablement explosé. Qu'allais-je bien pouvoir faire avec une telle baguette, une baguette avec laquelle je n'étais même pas fichue d'éxécuter un malheureux Accio?! Je commençais vraiment à avoir peur, car dans le monde dans lequel je vivais à présent, je n'avais que mes seules capacités comme arme, et j'étais réduite à bien peu de choses sans cet ustensile qui me servait à faire de la magie. La Forêt Interdite grouillait de bien trop de bestioles et de plantes dangereuses pour que je m'y débrouille sans encombres sans baguette; qui plus est je me sentais considérablement affaiblie sans elle, ce n'était pas pour rien que le fameux soir où elle s'était rompu, j'avais traversé l'une des plus grands tragédies de ma vie. J'avais même songé à demander des conseils à Fray pour remettre bout à bout les deux morceaux de ma baguette, c'est pour dire à quel point j'étais désespérée... Mais aujourd'hui je me félicitais de ne pas l'avoir fait, car je préférais mille fois mon propre échec que de lire dans ses yeux prétentieux la satisfaction de me rendre un service et de m'écraser mentalement dans son esprit qu'il croyait tant supérieur. Même quand je le croisais dans le couloir et qu'il ne faisait rien de spécial, il m'énervait. Le pire était en cours lorsqu'il répondait - une vraie tête à claques.

Donc, quand on parle du chat, on en voit la queue; à peine eus-je le temps de me pencher vers le mignon petit animal pour le rassurer que la tête de Stephen apparu dans l'encadrure de la porte. Fidèle à lui-même, il avait cet air supérieur et ce petit sourire méprisant. Je l'aurais bien fracassé contre le mur comme feu mon quignon de pain.

– Wayland… Génial, il ne manquait plus que ça…

Je l'assassinai du regard alors qu'il levait les yeux au ciel. Dieu que je haïssais ce genre de personne. J'avais envie de lui hurler dessus qu'il n'était rien, rien de tout ce qu'il prétendait, qu'il n'avait rien compris à la vie et que je rêvais de le voir crever étouffé par sa propre fierté; qu'être uniquement intelligent ne suffisait pas, et que pire encore il n'avait aucun cœur et qu'il n'y avait vraiment pas de quoi rire. Quand je le voyais maltraiter son chat mon sang ne faisait qu'un tour et je sentais mon instinct reprendre le dessus, mes pulsions sauvages qui s'éveillaient dans la forêt guider de force mes pas et mes gestes; combien j'avais envie de le lacérer de mes griffes moi aussi et de lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu'il n'était qu'un idiot inutile !

Il y avait un détail que Fray ignorait à propos de moi. Je n'étais plus la petite écervelée loufoque et colérique de notre première rencontre. Je n'avais plus cette gêne, cette peur tangible de la confrontation lorsque je m'opposai à quelqu'un. J'étais passée de l'autre côté, j'avais franchi le premier cercle concentrique et inévitablement je me rapprochais du centre, noyau de ma déraison, et j'escaladai les cercles de plus en plus petits avec une vigueur inaltérable. J'allais, un jour ou l'autre, rentrer en collision avec moi-même et l'explosion, j'en étais certaine, ne produirait pas de simples étincelles et engendrerait de nombreux dommages collatéraux. Je rêvais avec une satisfaction presque malsaine que Fray en fasse partie. Qu'était-il advenu de Lizlor, la petite Lizlor des débuts, celle à la frontière du chagrin et de la haine? Elle s'était perdue dans la brume, et je revoyais encore vaguement sa frêle silhouette s'effacer peu à peu. Elle était imprimée dans la rétine de mes souvenirs, mais pour combien de temps encore?... Moi de cette fillette un peu perdue je n'en voulais plus, parce que Liz était là à présent, et qu'elle avait sa place dans ma nouvelle vie. Je voulais que tout aille vite, je voulais tout envoyer promener, ma mère, ma vie d'avant, mes souvenirs, ma sensation d'être une parfaite étrangère, je voulais vivre, juste vivre, exister, et le reste, tant pis. Je ne me sentais plus une élève à part entière - une partie de moi avait fait son deuil d'une adolescence normale et je trouvais dans la forêt et dans ma vie en solitaire une énergie nouvelle. Mais toujours pas ce sens à ma vie que je jugeais absconse. Bref, toujours était-il que Fray avait tort de se conduire ainsi : la nouvelle moi, Liz, s'était ajournée de tous scrupules, et je frapperais sans hésiter, je le briserais s'il fallait, s'il me cherchait trop.


- Dégage, Fray, grognai-je simplement. Je lui lançai un regard incendiaire et fis un pas vers lui, entre li et le chat à vrai dire. Ma vie de sauvage influait sur mon comportement, et je me réduisais aux simples fonctions primaires. Là, l'équation était simple : sa présence ici m'ennuyait, son chat non mais lui oui, et je détestais sa façon de se comporter avec le pauvre animal. Qu'il dégage. Qui plus est, mon échec quelques minutes auparavant n'avait vraiment rien pour arranger mon amabilité.

- Il faut toujours que tu ailles te cacher derrière elle, hein ? Tu l'as prise pour qui, ta mère ? Oh, je vois, maintenant tu es juste grossier.

Pourquoi avais-je des soudaines envies de me comporter comme un chat en colère quand je croisais le chemin du Serdaigle? Lorsque le chat feula, je ressentis une intense autant qu'étrange sensation de gémellité. Oui, il ne méritait que ça, ce mec insupportable, qu'on lui crache dessus en courbant l'échine. J'avais tout sauf envie de me lancer dans un monologue sur la défense des animaux et surtout des plus démunis, je savais que c'était peine perdue avec un tel énergumène, mais je n'avais plus trop le contrôle de mes nerfs et je m'entendis lui crier dessus d'une voix suraigüe :

- Peut-être que si tu te comportais convenablement avec lui il ne me prendrait pas pour sa mère! Peut-être qu'il ne t'aurait pas échappé, que tu n'aurais pas eu besoin de lui courir après, que tu n'aurais pas débarqué dans MA salle et que tu ne serais pas là à me faire CHIER, Fray!!! Et je suis grossière si je veux moi aussi, MERDE ! ajoutai-je après une respiration, coupant court à une quelconque intervention de sa part.

C'en était trop pour mes nerfs trop souvent simulés en si peu de temps. Cette baguette inutile, mes échecs consécutifs, l'air courroucé de ma mère tout à l'heure, la présence des Mangemorts, mon manque de sommeil, ce petit chat dont le poil terne trahissait l'inattention de son maître, et Stephen comme cerise sur le gâteau... J'aurais aimé que Conrad arrive tout d'un coup, qu'il démonte Stephen, que je récupère le chat et que je le rende heureux, et que Conrad me ramène en balai à Portland où nous jouerions sur la plage gorgée de soleil comme tous les étés, comme si rien ne s'était passé, et Poudlard ne serait qu'un mauvais souvenir que j'apprendrais à effacer avec le temps. Mais non. Tout cela était des rêves à la Lizlor auxquels je ne croyais plus, plus du tout. La vie était là, dans cette Écosse bouseuse, avec Papa à la maison qui n'allait pas très bien, avec ma Maman que je rendais plus honteuse de jour en jour, avec les Mangemorts maintenant qui envahissaient le château, voilà pourquoi j'avais franchi le pas et dit adieu à mon ancienne moi. Tout cela m'aurait fait trop de mal pour que j'y survive en un seul morceau. Maintenant, plus j'allais souffrir, plus l'enjeu était dangereux, plus le geste était insensé, et plus je vibrais.

Je me baissai vers le petit chat gris. Son regard humide me fendait le cœur. Je lui présentai ma main, le laissai me sentir, puis lui caressai doucement le haut de la tête. Il se calma un peu et cessa de faire le dos rond, en gage d'amitié envers moi, aussi je le caressai un peu plus. Il était tout doux, malgré l'aspect un peu sale de son poil. Alors, parce que j'en mourrais d'envie et aussi parce que je me faisais un plaisir d'embêter Stephen, je pris le petit chat dans mes bras et le serrai contre ma poitrine, instantanément touchée par la chaleur qui émanait de son petit corps. Oh! J'en voulais tellement un moi aussi; je voulais un petit animal qui n'appartienne qu'à moi et me suive partout, il serait mon seul véritable compagnon et partagerait mes infortunes et mes misères, mais il serait là, tout le temps, avec moi, et je me sentirais moins seule, et je l'aimerais et il m'aimerait aussi. Pourquoi ce méchant garçon avait le droit à ça, et pas moi! Je me demandais comment ma mère avait pu commettre une telle injustice.

Ce que je détestais doublement chez Fray c'est qu'il avait la faculté de me faire me sentir nulle, avec ses haussements d'yeux et d'épaules désabusés, ses attitudes nonchalantes, et le plaisir incommensurable qu'il avait à étaler sa science. Or aujourd'hui, je me sentais déjà suffisamment nulle pour qu'il en rajoute une couche. Je reculai d'un pas, le chat toujours dans mes bras. Il ronronnait, sans bouger. Je me contorsionnai pour attraper mon fichu bouquin qui n'avait servi à rien et le calai tant bien que mal dans la poche délavée de mon jean; puis je lançai un regard animal à Fray. Cela faisait trop de fois qu'il maltraitait son chat sous mes yeux. Une fois de trop. Je lui fis face sans ciller, en lui faisant clairement sentir que la guerre était déclarée et qu'il pouvait toujours courir pour espérer que je lui cède. Mais avant que j'ai le temps d'ouvrir la bouche pour lui lancer une phrase bien sentie qui aurait certainement hérissé les poils de ma mère pour tant de vulgarités proférées...

... Un bruit sourd retentit, puis plusieurs, réguliers, puis des voix, inconnues mais que j'identifiais rapidement; les rouages de mon cerveau s'accélérèrent au même rythme que les battements de mon coeur. Je ne me trompais pas, deux mangemorts, un homme et une femme, arrivait dans notre direction, dans quel but je ne sais pas, mais tout ce que je savais c'était que notre avenir risquait fort de ne pas être rose s'ils nous trouvaient ici bien après le couvre-feu...

Mais j'eus un déclic, très certainement lié à mon état d'esprit instable depuis quelques temps. Ah oui, nous violions les règles? Autant le faire bien, alors. Changeant d'avis, je sortis lentement le livre de ma poche, puis je jetai un regard provoquant à Stephen, le narguant au passage d'un petit sourire. Le coeur du chat battait très fort contre mon bras. Et puis, avec force, j'envoyai balader le livre dans les airs; il s'ouvrit en vol, dans un bruit de feuilles, puis retomba sur le sol avec fracas.

J'avais hâte de voir la réaction de Stephen face aux mangemorts qui allaient très certainement nous punir d'une manière peu sympathique. J'avais hâte de le voir fait comme un rat - rien ne m'aurait plus fait plaisir. Et j'étais heureuse également de montrer au mangemorts que les élèves de Poudlard n'avaient pas peur de braver les règles, même des plus méchants.



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Stephen Fray
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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Mar 14 Juin - 0:23

Le problème avec cette fille vous voyez c'était… comment dire… qu'elle existait, voilà. Attention, pas la petite existence moyenne, format classique, la bonne vieille existence de base, non non, elle existait – elle E-X-I-S-T-A-I-T, quoi. Avec des majuscules. Son être, sa personne transpirait la majuscule – tiens, elle parlait presque exclusivement en majuscules, par exemple. Et alors il fallait que tout le monde sache bien, hein, qu'elle était là, bien là, vivante, existante. Surtout les chauves-souris.

« PEUT-ÊTRE QUE SI TU TE COMPORTAIS…!!! PEUT-ÊTRE QUE SI PEUT-ÊTRE TUUARRAAGHH MA SALLE TU FAIS CHIIIIER ARGHHH FRAAAAYYYYY MERRDE !!! »

Voilà, quand Wayland parlait, ça donnait à peu près ça.


– ET PEUT-ÊTRE QUE TU DEVRAIS PARLER ENCORE PLUS FORT PARCE QUE JE PENSE QU'A LONDRES ON NE T'A PAS BIEN ENTENDUE !! criai-je à mon tour, usant de mes mains comme porte-voix, comme si elle s'était trouvée à l'autre bout d'un stade de foot. Ça, par exemple. Pas étonnant que tu attires les chats, avec tes cris de poissonnière !

Notez bien, au passage, que mes potions et divers sortilèges expérimentaux avaient dû rendre Le Chat avec une majuscule vraiment débile, parce que malgré les vociférations de l'infante Wayland, celui-ci restait sans bouger, aussi calme qu'un requin après un bon repas, ronronnant même quand elle se baissa pour le caresser. Il devait y avoir quelque chose chez cette fille, un genre d'hormone qui aurait pu servir d'ingrédient dans une potion zen (ooho, à creuser, ça !). Ou alors, Le Chat la prenait vraiment pour sa mère. Ce qui m'aurait étonné à moitié, parce qu'avec ses écorchures un peu partout, ses cheveux en bataille, ses yeux étincelants et ses grognements, la gamine osseuse que j'avais en face de moi avait quelque chose de… oserais-je le dire, oui, quelque chose de félin.

Comme la première fois que je l'avais vu, elle portait une espèce de short grossier en jean qui dévoilait ses guiboles trop maigres, couvertes d'égratignures, avec, au-dessus de la ceinture, un débardeur sans manches. Je me souvenais de ses T-shirt informes, trop grands pour elle (avec des slogans débiles du genre « WHY BE NORMAL ? »).


– Tu portes des vêtements à ta taille maintenant ? C'est d'un chic ! ironisai-je.

Bon, c'était un peu mesquin. Mais elle m'avait abîmé les tympans. Encore.


– Pour la dernière fois, Wayland, ajoutai-je, beaucoup moins amusé, en la voyant prendre Le Chat dans ses bras et se redresser en le serrant contre elle. Le Chat est MON chat alors tu seras gentille de le…

Je m'interrompis soudain. Etait-ce bien des bruits de pas que j'entendais ? Un regard à Wayland me confirma que je n'étais pas fou : visiblement, elle aussi avait perçu quelque chose, peut-être un demi-seconde après moi, parce qu'elle venait à son tour de retenir les mots qui devaient lui brûler la gorge (je devinais assez facilement quel genre de mots c'était).

Deux personnes marchaient sur nous. Un homme et une femme. Mangemorts, sans aucun doute, ils se déplaçaient avec la confiance des gens qui se savent maîtres des lieux. L'homme, c'était Nottingham : difficile de ne pas le reconnaître, même de loin – j'avais trop entendu sa voix, même s'il avait désormais abandonné cet accent bonhomme qu'il nous servait quand il se faisait passer pour le gentil concierge de l'école. Quant à la femme, c'était déjà un autre challenge, mais à en juger par la longueur des pas, j'aurais dit Brook, celle qui parlait moins que les autres. Ça, c'était les faits. Voilà ce qui nous attendait, sachant que ma montre indiquait vingt heures quarante-six minutes : une punition. Oui, une punition de pédagogue à la solde du Seigneur des Ténèbres. Autrement dit, le Doloris, ni plus, ni moins.

Ça n'était pas dans mes plans pour ce soir. Regardant de tous côtés, je cherchais en vain une issue de secours ; malheureusement il s'agissait d'une banale salle de métamorphoses, et il n'y avait qu'une porte, celle par laquelle Le Chat et moi étions passés. Je collais mon oreille contre le battant – non, ils n'étaient pas encore dans le couloir, mais ils arrivaient. Si on se dépêchait, on avait une chance d'atteindre le bout du couloir sans qu'ils nous voient, ensuite…


– C'est maintenant ou jamais Wayland… commençai-je en ouvrant la porte.

Me tournant vers elle, j'aperçu son regard et réagit instantanément en levant ma baguette, menaçant.


– Oh non, pas ce soir, madame la rebelle ! Je sais ce que tu as en tête. Tu as envie de te faire torturer ? Très bien, mais ÇA, c'est MON chat, alors si tu y tiens tu vas devoir me suivre, parce qu'il n'est pas question qu'il se fasse tuer à cause de ta stupidité !!

Sur ce je l'empoignai par le bras, sans ménagement, comme au bon vieux temps, avant de la traîner dans le couloir à ma suite. L'embranchement était tout près, il suffisait de courir. Au moment où nous quittions le corridor, les Mangemorts s'y engagèrent. Sans nous voir ni nous entendre, heureusement, car alors, c'en eut été fini de nous. Ils auraient réveillé tous les élèves et les professeurs juste pour voir qui manquait à l'appel dans les dortoirs, rien que pour le plaisir de donner un exemple public de ce qui arrive à ceux qui ne respectent pas les règles. Sauf que si ce crétin de chat ne m'avait pas échappé, en ce moment même, je serais où ? BINGO, bonne réponse, dix points pour la demoiselle au fond de la salle : dans mon DORTOIR ! Respectant les règles, à la lettre ! J'étais né pour respecter les règles, d'ailleurs, Respect des règles était mon deuxième prénom. Pourquoi MERLIN fallait-il que Le Chat soit attiré par Wayland comme une mouche par un bout de viande ??

J'avais plaqué ma main sur la bouche de Wayland pour l'empêcher d'alerter les Mangemorts de notre présence – elle en aurait été capable, vous pensez –, et ce n'était pas simple parce qu'elle se débattait tout en essayant de retenir Le Chat dans ses bras alors que celui-ci paniqué tentait de s'échapper lui aussi. Je parvins à nous diriger tant bien que mal dans un couloir, puis un petit escalier (et là j'entendis les Mangemorts qui gagnaient du terrain sur nous), avant de nous pousser derrière une porte qui était celle d'un placard à balai de taille assez réduite. Je verrouillai la porte à l'aide d'un « Collaporta » silencieux, et concentrai tout ce qu'il me restait d'énergie à empêcher Wayland de sonner l'alerte. Le Chat avait sauter de ses bras et se tenait à présent recroquevillé dans un coin de la « pièce ». Nous étions tellement à l'étroit que je n'eus aucun problème à coincer la Gryffondor contre le mur du fond pour la maîtriser.

Mais même elle arrêta de se débattre lorsque les voix des Mangemorts se mirent à résonner derrière la porte qui nous garantissait pour le moment une sécurité précaire. Car il n'y avait pas deux, mais au moins quatre voix. Pire que tout, l'une d'elle était celle de Winch. Si je pouvais encore faire confiance à mes oreilles, malgré tout ce que Wayland leur avait fait subir, j'aurais juré qu'il s'agissait d'une petite réunion. Oh, pas le genre très important, en tous cas, pas suffisamment important pour qu'ils jugent nécessaire de n'en parler que dans un endroit plus sûr qu'un couloir du cinquième étage – mais il y avait autre chose que le café en jeu, ça, c'était clair.


– Ne sois pas idiote, soufflai-je à Wayland. S'ils nous trouvent ici maintenant ils vont nous tuer.

Nous nous fîmes silencieux, attentifs à ce qui se disait à quelques mètres de nous.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Ven 17 Juin - 0:58

Je n'avais pourtant rien demandé à personne. Alors, pourquoi? Pourquoi fallait-il que je sois incapable d'être une bonne fille, par exemple, comme toutes les autres, qui fait plaisir à sa mère en rapportant des bonnes notes de l'école, qui chante bien ou danse bien, qui aide à mettre le couvert, et d'autres choses encore. Moi j'étais un cancre, et mon bulletin resplendissait des remarques des professeurs "insolence", "manque de concentration", "Lizlor a-t-elle compris le principe d'une salle de classe?!". Je ne dansais ni ne chantais, je ne me déguisais pas en princesse, je n'aimais pas trop les robes, les trucs de fille. J'aimais jouer dehors, j'aimais les après-midi sur la plage à construire des forts ou bien à crier dans les vagues, j'aimais les cache-cache avec Conrad dans le jardin qui se finissait souvent en combat sur la pelouse, et le soir je revenais toute crottée mais les joues roses du grand air et d'excitation. Et le soir quand on me demandait de mettre la table, soit je rechignais à la tâche ce qui agaçait ma mère au plus haut point, soit je le faisais tant de mauvaise grâce que je cassais une assiette par maladresse... Le résultat était toujours le même. Je me détestais. Ce soir-là, l'histoire se répétait, encore une fois. Je n'avais rien demandé à personne. Je voulais juste manger, m'entraîner, dormir dans mon lit après une journée entière dans la forêt, loin des autres. Et voilà que Fray arrivait, ce garçon insupportable qui m'était diamétralement opposé... Ce garçon qui en plus avait en apparence tout ce que je désirais le plus sur cette Terre : sa sœur à ses côtés, un chat, un tout petit chat dont je rêvais depuis que ma mère m'en avait interdit. Stephen à qui, de surcroît, je devais à moitié quelque chose, car il m'avait aidé à me libérer du pacte de Terrence lorsque je n'étais qu'en première année. Je haïssais cette idée de lui être redevable, mais j'avais été rassurée par son attitude distante, qui montrait bien qu'il n'en avait rien à faire de moi et de cette histoire passée, et c'était tant mieux. J'aimais la solitude, et j'aimais encore plus être loin de Fray.

– ET PEUT-ÊTRE QUE TU DEVRAIS PARLER ENCORE PLUS FORT PARCE QUE JE PENSE QU'A LONDRES ON NE T'A PAS BIEN ENTENDUE !! Ça, par exemple. Pas étonnant que tu attires les chats, avec tes cris de poissonnière !

Répugnant personnage. Et puis je détestais sa façon de tourner tout en dérision. Non, ça ne me faisait pas rire. Il maltraitait son chat - il le maltraitait vraiment, il lui faisait boire des potions de son invention, ce genre de trucs, et personne ne lui disait rien! Cela ne me dérangeait absolument pas d'endosser l'abri de la fille fanatique, il y avait bien longtemps que j'avais tout envoyer valser et je n'écoutais que mes envies brutes et ma volonté première, qu'importe le reste. Les sorciers se croyaient déjà supérieurs - Fray en était un exemple parfait - et je ne supportais pas qu'on mette tout en bas de l'échelle les créatures magiques, les animaux, tout le reste des êtres vivants qui avaient eu le malheur de se retrouver dotés d'une intelligence différente de la nôtre. Pour moi elle n'était pas moins évoluée, juste autre, et je ne supportais pas toutes les expérimentations animales, la façon dont on traitait les créatures magiques, etc. Fray me donnait envie de vomir. Il se glissait dans le moule d'un être foncièrement dégueulasse.

J'eus une moue pleine de dégoût pour simple réponse, et j'avais le souffle un peu court d'avoir jeté toute ma hargne dans ces mots balancés au lance-pierre.

– Tu portes des vêtements à ta taille maintenant ? C'est d'un chic !

- Tu m'excuseras de ne pas vouloir faire comme tout le monde, oh mais ça bien sûr, tu ne le comprends pas, toi qui est si rationnel, si normal...

J'appuyai bien sur les derniers adjectifs, du mépris plein la voix, pour lui faire comprendre que je n'avais absolument pas une haute idée de sa petite personne. C'était ça, aussi, ce que je n'aimais pas chez lui, ce conformisme qui se voulait original mais qui reflétait en fait tout ce que je ne supportais pas. Comme j'étais lasse, énervée, à bouts, fatiguée, ma voix partait dans les aigus et des larmes me montaient aux yeux mais je les ravalai, bien trop attachée à mon honneur. Le chat contre moi ne bougeait plus, et son petit cœur tambourinait contre ma peau, popom, popom. Ce mouvement saccadé mais régulier avait quelque chose d'apaisant, et je m'y rattachai mentalement, comme soutenue par sa présence tout contre moi.

"Le Chat", rien que ce surnom montrait combien l'esprit de Stephen était vilain. J'avais envie de sortir mes griffes, de hurler, de l'attaquer, et de m'enfuir dans la forêt avec le petit chat, rejoindre les miens. Tout d'un coup, toute cette pierre était de trop, j'étouffais dans cet environnement minéral, sombre, froid; j'avais comme un besoin oppressant de retrouver la nature, la verdure, de me perdre sous les arbres pour me retrouver. J'étais comme Volverine, mes griffes d'acier ne supportaient pas d'être bien sages sous ma peau, tandis que j'étais mal à l'aise, pas à ma place dans cette société où on m'avait placée. J'allais peut-être devenir une x-men, une mutante, pour qui l'espèce humaine ne serait qu'un vague souvenir. (hj: obsédée, moi? Du touuut)


- Il est mieux avec moi, sifflai-je dans un murmure, alors que l'arrivée des Mangemorts nous avait figés tous les deux. Mais jamais au grand jamais j'abandonnerai le petit chat une nouvelle fois. Je lui en faisais le serment. Son poil était encore plus miteux que la première fois où nous avions déjà eu ce genre de différents, avec Fray.


– C'est maintenant ou jamais Wayland… Oh non, pas ce soir, madame la rebelle ! Je sais ce que tu as en tête. Tu as envie de te faire torturer ? Très bien, mais ÇA, c'est MON chat, alors si tu y tiens tu vas devoir me suivre, parce qu'il n'est pas question qu'il se fasse tuer à cause de ta stupidité !!

Mais c'était trop tard, mon livre s'était déjà éclaté sur le mur dans un "plof" sourd, tandis que je m'apprêtai à passer à la vitesse supérieure, à faire tomber une chaise peut-être, et soudain mon sang frémissait d'excitation et mon regard brillait, je franchissai la limite du raisonnable encore une fois, et j'en jubilai, je courais à notre perte, à ma propre perte et j'avais envie d'en rire à gorge déployée, d'en rire! Ma main se tendit vers la chaise, et mon coeur battait fort, si fort...

... Mais un coup sec m'arrêta et je me sentis tirée en arrière, j'émis un grognement, et puis tout se passa très vite. Je n'eus pas la force de me débattre des l'emprise du Serdaigle qui m'immobilisa avec une puissance qui me surprit, car il était plutôt fin. Sa main sur mon visage m'empêcha tout cri et je ne pus que lui jeter un regard chargé d'électricité, tandis que je courrais cahin-caha, forcée, à ses côtés, et que je tentais de rester sur mes pieds. Après ça ma deuxième inquiétude était de ne pas faire tomber le chat qui, à cause de la course, avait planté ses griffes profondément dans ma chair pour assurer sa prise. La douleur me hérissa les poils, mais je n'ouvris pas la bouche pour autant.

Je ne savais plus où étaient les Mangemorts - dès l'instant où j'avais senti que l'étreinte de Stephen était trop forte pour moi, j'avais mentalement quitté la scène, me laissant traîner comme un boulet vers une issue de sortie, j'imagine. Sitôt arrivée, sitôt qu'il me lâcherait un tant soit peu, j'allais lui tirer un coup de pied et détaler, sans toutefois lui rendre son animal. Mais je n'en eus pas l'occasion : subitement il nous jeta dans un petit cagibi, et alors que je retrouvais ma liberté et que donc j'entrepris de me débattre comme une furie, il scella la porte, faisant de moi sa captive.

J'eus un tout petit cri plaintif quand le petit chat sauta de mes bras, gêné par ma position. Au même moment, pour m'empêcher tout mouvement, Stephen s'était collé contre moi. La taille de l'espèce de placard à balai ne nous laissait pas trop le choix, d'ailleurs, mais j'eus alors comme un haut le coeur. Je sentais son corps, tout contre moi, en appui, son ventre conte le mien, ses jambes qui bloquaient les miennes, son souffle sur mon épaule - j'avais tourné la tête et fermé les yeux. C'était intolérable. Tout mon être hurlait mais j'étais muette - une seule plainte sourde jaillit de ma gorge, mais le dégoût m'empêchait autre chose. Instinctivement j'avais posé mes deux mains à plat sur son torse et je le poussai de toutes mes forces, pression à laquelle il répondait, et qui accentuait celle de son corps sur le mien, ah, quelle horreur! Ce n'était pas lui à proprement parler c'était le fait qu'il soit un autre, le fait qu'il soit si proche de moi, moi qui étais une véritable sauvageonne à présent. Je me sentais violée dans mon intimité et j'avais la respiration courte, tandis qu'une vague de panique enflait en moi.


– Ne sois pas idiote. S'ils nous trouvent ici maintenant ils vont nous tuer.

Je me tus par instinct de survie, mais la raison pour laquelle il croyait que je me débattais était loin de tout ce qu'il pouvait imaginer. Je ne supportais plus aucun contact physique. Je me mordis les lèvres pour ne pas céder à cette crise de panique imminente et je sentis le sang inonder ma bouche. Je venais de m'ouvrir la lèvre, mais je n'en ressentais aucune douleur.

Les voix des Mangemorts se faisaient plus proches. Je me demandais juste comment ils n'entendaient pas les battements de mon cœur qui me déchiraient les tympans.


- Le sixième étage a été fouillé de fond en comble, Winch, dit une voix féminine. De toute manière je persiste à penser que c'est vers les sous-sols...
- Vers les sous-sols peut-être, mais pas pour tous les objets que nous recherchons, vous le savez bien,
coupa une voix agacée, masculine celle-là.
- Mais vous n'avez pas entendu du bruit, dans le couloir? demanda soudain une autre voix. J'en suis sûr...

Des pas, vers nous, puis s'en éloignant.

- Tu as rêvé... Les élèves ont bien trop peur de nous...
- Je ne suis pas fou!Tu veux qu'on vérifie?
- On a d'autres choses à faire...

Le sang bourdonnait tant à mes tempes que j'en avais la nausée, le goût de rouille dans me douche, en plus de la présence bien trop écrasante de Stephen. J'étais toujours arc-boutée contre lui, m'efforçant de respirer pour ne pas me mettre à trembler. C'était la première fois que j'étais en proie - ou presque - à une telle crise de panique.

C'est alors que, et je le vis en plissant les yeux dans la pénombre, grâce à l'unique rai de lumière qui émanait de la porte, le petit chat s'approcha de la jointure des deux portes en bois. Doucement il se leva sur ses pattes arrière, posa une patte avant sur la porte, se rassit, tourna la tête et nous regarda. J'eus l'impression brusque de voir l'avenir, un avenir tout proche, dans les secondes qui suivraient : le petit chat allait le plus simplement du monde émettre un long miaulement pour signifier qu'il avait envie de sortir. Horrifiée je dis un "Non!" silencieux et, comme s'il m'avait entendu le petit chat me regarda. Dans un geste totalement dénué de logique je posai mon doigt sur ma bouche, l'intimant au silence, car je n'avais soudain plus envie d'être punie par les Mangemorts, tant je me sentais faible et au bord de la crise de nerfs. Contre toutes attentes, le chat s'écarta et fit quelques pas en arrière, avant de se coucher docilement par terre. J'eus un soupir de soulagement, la tête toujours résolument tournée de manière à ne pas regarder Fray dont le corps m'étouffait.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Ven 24 Juin - 0:53

N'importe quel Auror aurait envié notre position. Nous étions là, dissimulés derrière cette porte, qui me semblait un bien faible obstacle entre nous et une correction… exemplaire. Oui, les Mangemorts n'hésiteraient pas à faire de notre cas un exemple, j'en étais convaincu : Winch se lèverait, interrompant le petit-déjeuner, et par la même occasion les rares bavardages qui montaient encore des quatre tables. On apporterait alors nos corps, ou ce qu'il en resterait, et Winch dirait : « Voici ce qui arrive à ceux qui enfreignent les règles. » Après ça, il y aurait déjà nettement moins de résistance parmi les élèves. Mais pour l'instant, aucun Mangemort ne se doutait de notre présence, aucun n'imaginait que nous buvions chacune de leurs paroles. Parce que, résistant ou pas, l'être humain est ce qu'il est : vilain défaut ou non, la curiosité fait parti de chacun d'entre nous. En l'occurrence, elle parvint à me mettre pour un temps d'accord avec Wayland. La Gryffondor avait en effet cessé de se débattre (quoique je la sentis toujours tendue à l'extrême) pour écouter ce qui se disait à quelques centimètres de nous.

– Le sixième étage a été fouillé de fond en comble, Winch.

Brook. Tous mes sens étaient en exergue à cet instant : j'étais si concentré sur la conversation que c'en était douloureux. Je pouvais presque entendre les rouages de mon cerveau s'activer à toute allure. Fouillé ? Ils fouillaient le château ? Pour quoi faire ? Que cherchaient-ils ?

– De toute manière, je persiste à penser que c'est vers les sous-sols…
– Vers les sous-sols peut-être, coupa une voix autoritaire, mais pas pour tous les objets que nous recherchons, vous le savez bien.

C'était Winch. Mon sang ne fit qu'un tour. Il y avait peu de personnes dont j'eusse réellement peur. Je fuyais les confrontations avec Wayland ou encore Carlton comme la peste ; pas parce qu'ils m'effrayaient, mais parce qu'ils me dérangeaient, ils interrompaient le fil de mes pensées et interféraient à mes projets, aussi hétéroclites et insensés soient-ils. Ma sœur, en revanche, avait le pouvoir de me faire frissonner – pas toujours, entendons-nous bien. La plupart du temps, je l'évitais pour qu'elle me fiche la paix, mais de temps en temps, au détour d'un couloir, au moment de lui dire bonjour, je surprenais quelque chose dans son regard… Quelque chose qui me donnait envie de reculer et de me tenir le plus éloigné d'elle possible.

C'était ce quelque chose qui hantait le regard de Winch, et qui me frapperait si jamais il croisait le mien, j'en étais persuadé. Je me méfiais des Mangemorts. Mais Winch ? La simple pensée qu'il fût à quelques pas de nous seulement me glaçait d'effroi. Qu'avait-il en lui qui provoquât cette réaction instinctive, le genre que je m'interdisais en général parce qu'elles troublaient mon bon jugement ? Je ne saurais dire. Le reste des Mangemorts était aussi assoiffé de sang et de pouvoir que lui, plus peut-être pour certains ; mais de Winch émanait une intelligence froide, la même que celle que je percevais parfois chez Candy, comme un mécanisme implacable. C'était une machine humaine, une aberration. Pour tuer, il fallait être assez fou pour aimer cela, ou alors cesser de ressentir toute émotion. Lui ressentait tout ce qui arrivait, avec lucidité, j'en étais sûr. Et je savais aussi qu'il ne s'y arrêtait pas.

Comme si le monde, les choses, n'étaient plus que ça, à force : des choses. Et voilà quelle était ma plus grande peur : moi, devenu… ça. Cette machine. Parce que je n'avais aucun contrôle dessus. Ce n'était pas une question de personnalité, ni de morale, ce n'était même pas une question de choix entre bien et mal. Ça m'arriverait un jour, ça me tomberait dessus sans prévenir, sans que je puisse y faire quoique ce soit.

Mais ce n'était pas le moment d'y penser. Ce n'était vraiment pas le moment.


– Mais vous n'avez pas entendu du bruit, dans le couloir ? J'en suis sûr…

J'avais pleinement conscience de l'accélération du rythme cardiaque de Wayland, en accord avec le mien, quand les pas résonnèrent dans notre direction. Pendant une seconde d'horreur totale je crus qu'une main allait se saisir de la poignée et que nous allions être découverts. Je me sentais comme un lapin piégé au fond d'un terrier. Mais les pas s'éloignèrent heureusement aussi soudainement qu'ils étaient venus.

– Tu as rêvé… Brook encore. Les élèves ont bien trop peur de nous…
– Je ne suis pas fou ! riposta l'autre – c'était Nottingham, avec sa voix de fanfaron qui tendait à s'énerver facilement. Tu veux qu'on vérifie ?

Oh non, pas ça, priai-je intérieurement. Un simple Hominum Revelio et adieu notre belle cachette ! Il n'avait que deux mots à dire, un sortilège à prononcer, un mouvement du poignet à faire pour anéantir tous nos espoirs de ne pas nous faire attraper à les espionner. Et tuer. Parce que là, ils en avaient dit beaucoup trop. Je me doutais bien qu'ils cherchaient quelque chose, mais maintenant je savais (et Wayland également) que c'étaient des objets, qu'il y en avait plusieurs, sans doute un au sous-sol. Combien, à quoi servaient-ils ? C'était tout ce qui me manquait pour en savoir autant que les Mangemorts à présent. Mais ça ne m'empêcherait pas de chercher, si je le voulais. Les Mangemorts n'étaient pas tout puissants. Les Mangemorts menaient une quête, et ils étaient loin du terme. Ils pouvaient être battus. Comment espérer qu'ils nous laissent repartir avec cette information ?

– On a d'autres choses à faire…

Oui, mais quoi ? Toute la question était là. J'en grinçai des dents de frustration.

A cet instant, je sentis Lizlor qui commençait à se tendre et à se débattre de plus belle. Bon sang, elle était folle ?? Je la vis s'agiter et regarder quelque chose derrière mon dos. Le Chat, compris-je aussitôt, je l'avais oublié ! Cependant les prières silencieuses de la Rouge et Or eurent un effet incompréhensible sur lui et avant que j'ai eu le temps de paniquer pour de bon, la bête fit quelques pas en arrière, se coucha sur le sol et ne bougea plus. Comme nous, il semblait résolu à faire le mort jusqu'à ce que le danger se soit éloigné.


– Continuez de patrouiller au septième étage, tous les deux, ordonna finalement la voix de Winch. Je veux pouvoir être averti du moindre mouvement en provenance de la tour des Gryffondor. Je les soupçonne de chercher un moyen de nous mettre des bâtons dans les roues…
– J'aimerais qu'ils essaient, ricana la quatrième personne qui se trouvait là – Powell, c'était la première fois qu'on l'entendait depuis le début de l'entretien. Le dernier Gryffondor auquel j'ai été confronté a plutôt mal fini…

Tout le monde sembla se réjouir à ce bon souvenir. Tandis qu'ils riaient, je voyais le visage de Wayland se décomposer d'horreur juste sous mon nez. Je ne savais pas quelle tête je faisais moi-même mais j'avais l'impression que chaque muscle de mon visage s'était atrophié car je ne sentais plus rien.

Seul Nottingham ne paraissait pas trouver la situation amusante.


– Cette raclure ne représente aucun danger pour nous ! La plupart ne sont que de sales Sang-de-Bourbe. Je ne vois pas pourquoi je devrais encore les surveiller !
– Eh bien, répliqua Winch après un silence, la voix doucereuse, tu as si bien veillé sur eux pendant une année, c'est un rôle qui semble t'aller à merveille.
– Tu me traites comme un larbin, persifla Nottingham, tu te fous de ma gueule et ça commence à me faire chier, t'entends Winch ? Je suis pas venu jusqu'ici pour servir de nounou à ces sales mioches !!

Il y eut un bruit sourd et Wayland étouffa un cri de terreur quand le battant de la porte s'enfonça : visiblement, Winch avait envoyé son collègue valser contre elle, avec ou sans magie.

– Méfie-toi, Nottingham. Je suis fatigué de t'entendre remettre mon autorité en question. Ma patience a des limites.

La pression sur la porte de notre refuge disparut et pendant un moment on entendit plus que la respiration sifflante de Nottingham. Puis…

– Septième étage. Tous les deux. Powell et moi avons à faire.

Son ton était sans équivoque. Sans un mot de plus, dans le silence le plus complet, les Mangemorts se séparèrent. Nous attendîmes encore bien un quart d'heure avant de retrouver une respiration normale. Puis je m'aperçu que j'étais toujours dangereusement proche de Wayland – j'avais cessé de la presser contre le mur mais nous n'avions pas bougé de place. Il faut dire que la taille de ce placard était particulièrement réduite. Brusquement, je m'écartai et me collai à la paroi de gauche, tandis qu'elle se déplaçai sur la droite. Quant au Chat, il était toujours allongé à nos pieds, curieusement immobile et attentif à nos faits et gestes, comme un arbitre pendant un match de tennis.

Je levai alors ma baguette en direction de la porte.

– Collaporta.

Avec un bruit sec, le battant fut scellé pour de bon. J'avais gardé mes yeux fixés sur Wayland, laquelle avait un air de défi sur le visage qui n'annonçait rien de bon.

– Désolé, mais je ne peux pas te laisser sortir.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Dim 14 Aoû - 17:39

Le sang inondait ma bouche et m'emplissait la gorge de ce goût si particulier, âpre et un peu sucré; métallique. J'avalai ma salive avec difficulté, alors que mon cœur cognait douloureusement dans ma poitrine. S'il avait fait jour dans le placard, Fray aurait eu l'occasion de voir l'expression de terreur effarouchée qui me déformait le visage. Mon sang coulait si vite dans mes veines que j'en avais le tournis. Les voix des Mangemorts, au dehors, je les entendais de loi, comme au-delà d'un brouillard cotonneux qui m'emplissait les oreilles, la bouche et les yeux. J'étouffais, et ce corps sur le mien augmentait cette pression insupportable qui faisait monter en moi, inévitablement, comme un bouchon dans un siphon, une effroyable sensation de panique à laquelle j'allais céder dans plus tarder. C'était comme la fois où j'avais joué à cache-cache avec Conrad dans une vieille maison en ruines, un soir de vacances où nous avions quartier libre. Je m'étais enfermée dans une armoire miteuse, semblable à celle de maintenant, et j'avais attendu, le coeur battant, les sens en alerte. Je n'étais pas une peureuse - enfin, pour être plus juste, j'avais peur mais je mettais un point d'honneur à ne pas céder. Mais petit à petit, des bruits étranges m'avaient enveloppée, ajoutées à cela les légendes qui couraient sur cette maison qu'on disait hantée... C'était venu du plus profond de moi et ça avait enflé, lentement, et j'avais cédé à une peur panique, j'avais explosé et jailli de l'armoire avant de m'enfuir à toutes jambes.

Aujourd'hui mes vieux cauchemars s'étaient donné le mot, et enfermée dans cet endroit exigu, sous le joûg de Fray, je n'allais pas tarder à exploser une nouvelle fois. Je mourrais d'envie de respirer de l'air, de l'air pur, d'espace, et j'aurais tout donné en cet instat, je me serais battue de toute mon âme et de tout mon corps pour retrouver mon arbre, mon petit royaume dans la forêt interdite, loin de cette agitation nauséabonde, de toute présence humaine bien trop près de moi.

Pour ne pas sombrer, pour ne pas plier face à mes démons, je me raccrochai aux voix des Mangemorts au dehors. Tout mon corps était tendu, mais immobile; comme celui de Fray sur moi. J'avais toujours la tête résolument tournée sur le côté et la respiration hachée, difficile, mais je tendais l'oreille, toute mon énergie concentrée à lutter contre la vague d'angoisse folle qui menaçait de me submerger.

Ils cherchaient quelque chose. Ils cherchaient des choses. Quoi? Nous en savions déjà trop - inutile de tergiverser. A travers mon regard voilé de déraison, je percevais nettement que, même si j'ignorais les desseins des Mangemorts, Fray et moi en avions trop entendu pour sortir de là indemnes. Alors l'adrénaline augmenta encore la rapidité des battements de mon cœur et je commençai à voir des chandelles danser devant mes yeux... Je levai difficilement le regard vers Stephen. Lui aussi avait les traits tirés, lui aussi écoutait attentivement et surtout, lui aussi, avait peur. Je le voyais. Je me sentis alors étrangement rassurée et pendant quelques secondes j'oubliais ce poids sur moi; qu'il ait peur me le rendait plus humain et je me sentais presque comme liée à lui face aux Mangemorts.


– J'aimerais qu'ils essaient. Le dernier Gryffondor auquel j'ai été confronté a plutôt mal fini…

Ils riaient bêtement, séparés de nous par une simple porte en bois. A vrai dire je ne saisissais pas tous les mots qu'ils prononçaient. Tout se mélangeait dans mon esprit, tout s'embrouillait. Leur méchanceté, leur cruauté, les éloignaient encore plus de toute humanité que ce que je pensais possible. Je savais que je n'avais pas une attitude des plus normales, que je me désolidarisais des autres, comme ça, sans vraiment croire que cela me causerait du tort un jour. Chacun suivait sa propre route, non? Mais eux... Mais eux ils avaient pris les pires travers de l'être humain, ils les avaient rendus encore plus vicieux, et ils se vautraient dans toute cette horreur avec un plaisir immense. Leur dessein, leurs voix, leurs rires, leur présence, tout m'était abjecte. Ce n'était pas tant la situation, le fait qu'ils soient là, puisque je ne me sentais pas partie prenante de cette lutte du bien contre le mal - je ne savais pas moi-même à quel côté j'appartenais. Mais c'était eux, ces humains monstrueux, qui me tétanisaient, qui figeaient mon propre sans dans mes veines, qui me donnaient envie de m'enfuir à toutes jambes et de retourner dans mon monde à moi, où rien ni personne ne leur ressemblait. Dans la forêt la loi restait celle du plus fort, mais les plus forts qui tuaient ou blessaient, ce n'était que dans un but précis et vital, à savoir se nourrir et se protéger. Les Mangemorts n'avaient rien de tout ça : eux, c'était une horreur calculée dont ils se servaient, et qui les élevaient au rang de monstres bien plus que le plus méchant des loups-garous...

Et puis un gros "BOUM!" retentit tout près, contre nous. Apparemment deux des Mangemorts avaient un petit différent et l'un avait envoyé valser l'autre. Ce que j'avais envie que tout cela se termine... La peur me fit enfoncer plus profond mes doigts, mes ongles, dans le torse de Stephen. Mais je ne me rendais compte de rien. Le sang envahit ma bouche et la peur mon sang; je n'étais qu'un pauvre petit animal pris en chasse et mes sens étaient décuplés. Attendre dans le silence le plus total était notre lot de misère, et je m'y étais résolue, bien que les battements démesurés de mon coeur et les gémissements que je ne pouvais retenir me paraissaient plus bruyants qu'une armée en marche. Je priais de toutes mes forces que personne n'arrive dans le couloir - un élève, ou pire encore, ma mère - car celui là n'échapperait pas au courroux des bureaux, interrompant une conversation des plus secrètes... Maman, ne viens pas par là, ne viens pas par là, suppliai-je ne sais qui, je ne sais quoi. Enfin, après une autre altercation, le groupe de Mangemorts se sépara et sembla s'éloigner de nous. Ni l'un ni l'autre ne bougea, dans notre planque de fortune. La peur me tétanisait encore mais semblait s’apaiser légèrement, cherchant une voix de sortie comme un typhon subissait une dépression. Le problème était que cette angoisse qui se diffusait laissait place à une autre, à cette atroce sensation de dégoût dont j'avais senti les prémices tout à l'heure, à cet étouffement que m'infligeait la présence trop proche de Stephen. Mes mains appliquaient une pression de plus en plus forte contre lui, pour le pousser, et il finit par se reculer.


– Collaporta.

- Qu'est-ce que tu fais?! chuchotai-je férocement, piquée au vif. Il n'était pas bien ou quoi? Les Mangemorts étaient partis, il fallait attendre quelques minutes et filer de là! Quelle idée avait-il en tête?

– Désolé, mais je ne peux pas te laisser sortir.

Mon regard alla de la porte, qu'un bruit de succion venait de sceller, à Stephen, qui baissait sa baguette et me regardait, au petit chat, par terre, gentiment couché comme s'il attendait la suite des évènements. Je m'essuyai la bouche d'un revers de poignet, et vis dans la pénombre des traces de sang. Je devais avoir l'air d'un vampire apeuré, mais qu'importe. Je n'aimais pas ça, cette proximité, cet enfermement, alors que le danger était passé. Et puis, Fray était censé être clairvoyant, intelligent, non?

- Ouvre cette porte,
ordonnai-je entre mes dents. On en a assez entendu pour se faire écarteler en place publique, ils sont partis et il n'y a plus de bruits, tu attends quoi? Qu'ils fassent demi-tour pour vérifier que personne ne les espionnaient?!...

Mon regard, une nouvelle fois, lui lançait des éclairs. Pourquoi donc ce garçon me hérissait tant le poil et m'agaçait tant, alors qu'au fond, il n'y avait pas particulièrement de raisons fondées, si ce n'est qu'il avait eu le malheur de martyriser son chat devant moi? D'ailleurs, à propos du chat, je me penchai rapidement et le pris dans mes bras. La tête haute, je jaugeai Fray du regard. Pas question qu'il s'en tire comme ça : ce pauvre petit animal ne subirait pas un mauvais coup de plus. Je le prenais avec moi.

- Tu ouvres, Fray, ou je raconte à ma mère que tu as essayé de me peloter dans un placard, lançai-je alors, piquée tout d'un coup d'une envie d'être mauvaise. J'accompagnai mon affirmation d'un sourire mauvais. J'avais hâte de filer loin, loin, dans la nuit, où personne ne viendrait s'immiscer dans la petite bulle que formait mon existence.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Mar 23 Aoû - 23:50

Avez-vous déjà fait ce cauchemar ? Vous allez au cirque, le clown pointe un doigt menaçant sur vous et vous extirpe du public pour vous jeter dans la cage aux lions, vous enferme et avale la clef sous les rires ravis des spectateurs… Personnellement, je me souviens rarement de mes rêves, mais ce que je vivais là était à peu prés équivalent à ce que doit ressentir n'importe quel être humain emprisonné avec une bête sauvage. Je ne parle pas du Chat bien sûr – la créature, terrée dans un coin, n'osait plus bouger une patte. Les aventures de la soirée avaient sans doute achevé de le traumatiser à vie.

Non, Lizlor Wayland est bel et bien la menace dont il était question ici. Pour tout vous dire, être enfermé avec un tigre eût été moins dangereux, selon moi. La peur est une émotion humaine qui a la caractéristique de révéler mieux que nulle autre le véritable visage de chacun : en l'occurrence, le visage de Lizlor était déformé par la colère, lui donnant l'air d'un animal traqué, pris au piège, et d'autant plus redoutable qu'il était désespéré.

Elle attaqua aussitôt. Elle avait dû se mordre la langue et les joues pour ne pas crier car, lorsqu'elle s'essuya rapidement la bouche d'un revers de la main, je vis qu'elle la ramenait tachée de sang – ce qui à mon propre étonnement, m'inspira une bouffée de compassion. Oui, je partageai la terreur qui habitait Wayland, je l'avais ressentie également, bien qu'il ne soit pas dans mes habitudes de réagir dans une telle… démesure. Les dangers d'une potion ou d'un maléfice m'avaient toujours captivé et excité ; les dangers d'un homme étaient différents. Tendu, je devenais aussi froid que je pouvais bouillonner dans un grand moment d'enthousiasme. De même que je répondais du tac au tac aux provocations de Wayland, une véritable fureur est toujours silencieuse.


– Ouvre cette porte, grinça la jeune fille face à moi.

Elle s'était écartée le plus possible depuis que je l'avais lâché et me fixai à présent en se plaquant au mur comme si elle espérait passer au travers.


– On en a assez entendu pour se faire écarteler en place publique, ils sont partis et il n'y a plus de bruits, tu attends quoi ? Qu'ils fassent demi-tour pour vérifier que personne ne les espionnait ?! cracha-t-elle.

Cette pique eut l'effet d'une douche froide : d'un coup, je sortis de ma torpeur et rétorquai sur le même ton :


– Ne t'est-il donc jamais venu à l'esprit que si ton crâne est pourvu de deux oreilles, c'est pour que tu puisses ENTENDRE ce qu'il se passe autour de toi ?!

Je respirai un bon coup, fermai les yeux et tentai de me calmer, conscient qu'il ne fallait pas risquer d'élever la voix dans une situation pareille. Cette fille avait le don de m'irriter au-delà de toute vraisemblance !

– Le fait est, repris-je plus posément, que Winch a ordonné à Nottingham et Brooke de patrouiller au septième étage, et plus précisément, de surveiller la tour de Gryffondor. Pour ta gouverne, l'accès à la tour de Serdaigle se trouve également à ce niveau. Alors j'ai bien peur que, quelque soient tes préférences, tu ne sois forcée de patienter ici jusqu'à ce qu'ils redescendent. D'autant que je ne crois pas que tu sois capable de défaire un de mes sortilèges, me rengorgeai-je avec une pointe de fierté.

C'était toujours la même chose avec Wayland : elle m'agressait, et je devais lui rappeler QUI j'étais et ce dont j'étais capable car elle semblait l'oublier systématiquement. En fait, j'avais carrément l'impression qu'elle n'en avait strictement rien à péter. Et ça m'AGAÇAIT, mais alors ! Prodigieusement, vous ne pouvez pas savoir.

Pour couronner le tout, elle eut l'audace de se pencher et de prendre une fois de plus Le Chat dans ses bras. Trop, c'était trop. J'en avais assez qu'elle me s'acharne à vouloir me l'enlever ! Le sourire qu'elle m'adressa était le plus vicieux que je lui ai jamais vue (il faut dire qu'elle souriait peu, et jamais de plaisir).

– Tu ouvres, Fray, ou je raconte à ma mère que tu as essayé de me peloter dans un placard.

Ce retournement de situation me prit tellement par surprise que, pendant une seconde, je fus incapable de répliquer, complètement ahuri, la bouche légèrement entrouverte sous le choc.

– Quoi-quoi – QUOI ?! finis-je par souffler, médusé. Mais, mais, c'est complètement ridicule ! Absurde ! Et d'abord – d'abord je ne vois pas ce qu'il y aurait à, à peloter comme tu dis ! Tu es maigre comme… comme une carcasse de hyène ! Et je ne pense vraiment pas qu'il soit dans ton intérêt de me menacer, ajoutai-je, regagnant un minimum de self-contrôle.

Mon regard se posa sur Le Chat, tout tremblant dans ses bras, et je sentis que j'allais avoir plus de mal à me retenir de la pousser dans les bras des Mangemorts que ce que j'avais prévu.


– Et veux-tu bien laisser cet animal tranquille à la fin ? C'est MON chat ! J'y suis attaché. J'ai de l'affection pour lui, fis-je, sur la défensive.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Jeu 25 Aoû - 19:24

Le fait qu'il s'éloigne de moi et me laisse un minimum d'espace vital me permit de reprendre un peu mes esprits. Après une apnée dans les profondeurs d'un océan de terreur, je refaisais surface pour quelques instants, réoxygénant mon corps. Mais je ne me connaissais que trop bien pour savoir que je n'allais pas tarder à replonger - que le monde d'en haut n'était pas pour moi et que je devais me cantonner à la pénombre des bas-fonds, là où le soleil n'éclaire plus, là où mes prunelles écarquillées dans la pénombre s'habituaient au monde de la nuit et du silence. La forêt, c'était mon océan à moi, là où l'homme n'allait pas ou peu, là où le faune et la flore avaient encore le contrôle sur la race humaine. Par quel étrange phénomène avais-je ainsi muté, m'étais-je ainsi transformée en une chimère? Car réellement je sentais les pulsions animales; je n'étais pas guidée par la raison, par les facultés de penser propres à l'être humain. Facultés dont Fray était d'ailleurs bien pourvu, et, tout le problème était là, uniquement pourvu. Moi, je ne marchais plus qu'à l'instinct. La traque, la peur, l'instinct de survie, la faim, la soif, l'adrénaline, je ne me fiais qu'à cela. Raisonner entravait qui j'étais réellement. Je n'avais pas besoin de réfléchir comme l'entendait les humains - je sentais les choses. A mon sens, l'instinct était une forme d'intelligence que l'Homme avait bien trop vite abandonné lors de son évolution.

Mon coeur palpitait toujours, et je le sentais cogner douloureusement mes côtes, alors que le sang m'avait laissé un goût désagréable dans la bouche. Tous mes sens étaient en alerte. Je ne parvenais pas à comprendre la réaction du Serdaigle. A quoi donc pensait-il, sérieusement? Nous n'étions que des proies, il n'y avait rien de déshonorant à vouloir fuir, au contraire. Je préférais garder mes forces pour les affronts qui en valaient la chandelle. Rester enfermée dans ce cagibi, dans cet air vicié, avec un garçon qui me mettait physiquement mal à l'aise, c'était inenvisageable.

Parfois, pendant de très courts instant, je regrettais la Lizlor d'avant. Je nous revoyais en famille, je revoyais rire avec Conrad, mes parents discuter dans la cuisine. Je me rappelais de l'odeur de nos goûters, du visage détendu de ma mère, qu'elle n'avait pas gardé longtemps. Il y avait toujours du souci au fond de ses yeux, maintenant. Du souci dont je n'étais sûrement pas la seule cause, mais que j'aggravais. Moi ce qu'elle me renvoyait quand je la regardais, c'était de la déception, et je savais pertinemment combien je n'étais pas à la hauteur, combien j'étais mauvaise, surtout après un frère aussi brillant. C'était cette image de moi qui m'avait transformée. Et le regard désapprobateur de ma mère... Ce regard me hantait encore, toutes les nuits.

Pourquoi, Maman?

Mais cette question irrésolue n'avait plus lieu d'être. J'avais fait mon choix, j'avais franchi la barrière. Je n'avais plus de mère. Et c'était tout aussi bien. Je préférais me voir telle que j'étais vraiment - je préférais faire face à mes démons plutôt que de les voir se refléter chez les autres. Ainsi je ne faisais du mal qu'à moi, je ne décevais que moi. J'étais le noyau de ma propre tornade, et elle ne dévastait que moi.

Mon coeur palpitait encore de ce qui venait de se passer; de Fray trop près de moi, de notre folle course, de la discussion des Mangemorts, de cette atmosphère oppressante. Comment-était-ils possible que des êtres pourtant semblables se révèlent aussi... différents? Je voyais entre Fray et moi un fossé infranchissable, sans fond. D'un côté, je sentais une telle répulsion entre nous, que je me fis la réflexion que nous étions les deux mêmes pôles d'un aimant. Impossible de nous rapprocher. Mais en même temps il en découlait une curieuse conclusion : nous étions faits de la même matière. Cela me faisait peur et me dérangeait à la fois, et je serrai un peu plus le chat contre moi, dans l'attente, après ma menace, qu'il ne se fasse pas prier pour me laisser décamper.

– Ne t'est-il donc jamais venu à l'esprit que si ton crâne est pourvu de deux oreilles, c'est pour que tu puisses ENTENDRE ce qu'il se passe autour de toi ?!

Ce ton... Ce ton était tout ce que je détestais chez les humains, ce ton me révulsait, il était plein d'une outrecuidance abominable, de cette formidable capacité qu'avait les gens à vouloir écraser les autres. Moi je ne voulais ni rien ni personne, je voulais m'éloigner de tout ça, sans demander mon reste.

- Change de ton, grognai-je, sur la défensive. J'étais épuisée moralement et physiquement, car mes crises d'angoisse pompaient toute mon énergie et me laissaient énervée au sens propre du terme - c'était comme si mes nerfs avaient été aspergés d'acide et ne supportaient plus qu'on les touche.


– Le fait est que Winch a ordonné à Nottingham et Brooke de patrouiller au septième étage, et plus précisément, de surveiller la tour de Gryffondor. Pour ta gouverne, l'accès à la tour de Serdaigle se trouve également à ce niveau. Alors j'ai bien peur que, quelque soient tes préférences, tu ne sois forcée de patienter ici jusqu'à ce qu'ils redescendent. D'autant que je ne crois pas que tu sois capable de défaire un de mes sortilèges.

J'avais la nausée. J'avais envie, à mon tour, de lui renvoyer le genre d'image que me renvoyait ma mère. Qu'il voit qui il était réellement. Pourquoi ne s'en rendait-il pas compte? Alors, tout au fond de moi, comme un fourmillement brouillon qui prenait petit à petit de l'assurance, je sentis une nouvelle angoisse s'agiter, grouiller, et grandir en moi. Déjà mes jambes tremblaient, et je dus serrer les dents. J'étais trop fragile pour supporter tout cela - j'étais surtout trop en colère contre Fray, aussi. Mes doigts se serraient malgré eux et je sentais, véritablement, une envie bestiale de le réduire en lambeau, de lui arracher la bouche et de lui faire ravaler ses paroles, de le remettre à sa place comme l'aurait fait un lion se battant contre un autre lion dans un ultime combat de règlement de comptes.

- Personne ne me force à quoi que ce soit, et surtout pas toi, repris-je sur le même ton, derrière mes dents serrés, mais un peu plus fort, comme une bête qui rôde autour de sa proie et qui se prépare à l'attaquer, qui teste le terrain.


– Quoi-quoi – QUOI ?! - Je souris : j'avais botté en touche - Mais, mais, c'est complètement ridicule ! Absurde ! Et d'abord – d'abord je ne vois pas ce qu'il y aurait à, à peloter comme tu dis ! Tu es maigre comme… comme une carcasse de hyène ! Et je ne pense vraiment pas qu'il soit dans ton intérêt de me menacer.

Si son effarement était visible, la chute de ses propos me poussa hors de mes retranchements à mon tour. Maigre... Maigre comme une carcasse de hyène? Instinctivement je baissai la tête pour me regarder, interloquée. Pourquoi disait-il cela? Le chat, dérangée par la manière dont je le tenais, eut un petit miaulement et je le laissai descendre pour l'instant. Il s'assit à mes pieds et ne bougea plus, nous regardant alternativement l'un l'autre. Pour la première fois depuis que je connaissais Fray, l'incrédulité, la stupeur, avaient pris le pas sur la colère. Je venais de me prendre en pleine face une chose à laquelle je n'avais jamais songé : ce à quoi je ressemblais. J'étais une fille, songeai-je mentalement. Or, jamais, jamais, je n'avais songé à l'image que je renvoyais, à ce à quoi je pouvais ressembler. Je m'habillais sans jamais rien étudier, je ne me coiffais pas, je ne me maquillais pas. Et je le réalisais seulement maintenant. Etait-ce bizarre? Je n'en savais strictement rien, et surtout, cela ne provoquait chez moi aucune réaction. Pourquoi aurais-je eu envie de plaire aux autres, aux garçons? J'étais ce que j'étais, point barre. Maquillés, bien habillés, mal habillés, sous nos artifices nous étions tous les mêmes. Tout de même, la remarque de Stephen m'avait déstabilisée. Je plaquai mon t-shirt ample et informe contre ma poitrine du plat de mes deux mains.

- C'est pas vrai, constatai-je sur le ton le plus badin du monde. Il ne pouvait pas nier cela : je n'avais pas beaucoup de poitrine, mais j'en avais un peu. C'était normal, je n'étais pas une femme, encore. Et toi, tu crois que t'es épais peut-être?

A vrai dire ce n'était pas une attaque mais une remarque fondée, car il était long et dégingandée, alors je ne voyais pas pourquoi il me faisait remarquer quelque chose qui le caractérisait aussi. Les garçons étaient décidément bien incompréhensibles.


– Et veux-tu bien laisser cet animal tranquille à la fin ? C'est MON chat ! J'y suis attaché. J'ai de l'affection pour lui.

Était-ce son comportement si supérieur que je haïssais temps qui acheva de me sortir de mes gonds, ou le mensonge si énorme alors qu'il parlait sciemment d'un sujet qui me tenait à coeur? Je n'en savais rien, mais le fait était que les vannes s'ouvrirent brusquement à l'intérieur de moi et tout se déversa à flots, peur, hargne, frustration, dégoût, colère. Je cédai pleinement à mes démons qui prirent le contrôle de moi, et dans mes yeux enflammés s'alluma cette petite étincelle que je voyais parfois dans le miroir et qui me faisait peur, tant elle projetait sur mon visage une ombre de démence.

Sans m'en rendre compte je brandis ma baguette - mais je la tenais comme on tient un poignard, le bras levé, pointe vers le bas, prête à exploser.


- Je t'ai dit de me laisser sortir, et tu vas me laisser sortir, sifflai-je entre mes dents, le ton de ma voix devenu sourd, soudain. Je m'en fous si toi tu as peur de sortir d'ici. Je m'en fous si tu as la trouille de te faire punir, ou pire. Je m'en fous de toi, tu comprends? Je veux sortir d'ici et ce n'est pas toi qui va m'arrêter. Les Mangemorts peuvent tout aussi bien repasser par là et nous trouver. Tu veux attendre quoi, combien de temps, avant qu'ils ne circulent plus dans les couloirs?! Mais ils OCCUPENT le château, réfléchis! Laisse-moi sortir! LAISSE-MOI SORTIR! criai-je un peu plus fort.

Je me retournai d'un coup et balançai un coup de pied dans la porte, si fort, qu'il résonna dans mon talon et dans ma colonne et qu'il me fit monter les larmes aux yeux.


- LAISSE-MOI SORTIR! JE VEUX SORTIR!

Ma voix partait défintivement dans les aigus et des larmes perlaient à mes yeux, signe de la rage immense qui jaillissait de moi et brouillait mes sens.

- Je veux sortir MAINTENANT! criai-je alors que le souffle me manquait, face à face avec Fray, séparée de lui par deux minuscules centimètres. Je sentais son souffle sur mon visage et je vrillai mon regard dans le sien, mais je ne voyais presque rien, si ce n'était ma haine, ma peur, ces sentiments intenses et incommensurables que je ne parvenais pas à canaliser et que Fray savait exacerber à la perfection.

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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Jeu 25 Aoû - 23:31

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours aimé la science, et en particulier les sciences physiques. Je leur dois en fait les rares moments de proximité que j'ai pu partagé avec ma mère. Bien que mes parents fussent tous deux sorciers, nous possédions un poste de télévision car ma mère, née Moldue, en avait l'habitude et n'aurait pu s'en passer sous aucun prétexte. Un jour, cette télé était tombée en panne : ma mère avait piqué une crise jusqu'à ce que Candy rentre de ses emplettes (de quoi s'agissait-il ? Mystère). Ma sœur avait du courir lui en chercher une autre aussitôt. Par quel espèce de miracle une petite fille de huit ans avait-elle pu se procurer un poste de télévision à huit heures du soir en plein sud de Londres ? Mais avec Candy, il était inutile de poser ce genre de questions. Quoiqu'il en soit, cet écran empli de couleurs et de formes mouvantes et de bruits, avait peu à peu coupé ma mère, de nous, du reste du monde, et surtout d'elle-même. Candy s'occupait d'elle, un peu comme on s'occupe d'une plante ; elle la nourrissait, la couvrait quand elle s'endormait sur le canapé du séjour. Parfois, elle lui rappelait d'aller aux toilettes. Candy était toujours très calme, très patiente avec mes parents – mais aussi froide, comme une infirmière avec le patient lambda, vous voyez ?

Le fait est que ma mère n'était peut-être pas ma mère pour rien… Car je savais qu'avant d'être réduite à cet état de légume humain, elle avait été très active – hyper active, même. Une vraie bombe atomique. Elle avait une carrière naissante de journaliste politique à la Gazette du Sorcier, et un emploi du temps de Ministre – car elle luttait en même temps au sein de diverses associations, pour diverses causes perdues. Et puis, un beau jour, quelque chose s'était produit (mon père, très probablement, bien que je ne parvienne pas à l'envisager sous un angle si… impressionnant, ce qu'il n'était en rien). Depuis, elle s'éteignait. Et parfois, il m'arrivait à moi aussi de me sentir… éteint. Soufflé. Comme si tout activité cessait dans ma tête. Les riches appellent cela le « spleen », mais eux parlent de cocktails mondains. Cette sensation, ce « goût de rien » m'intoxiquait, me rendait malade : je devenais faible, fébrile, j'avais envie que quelque chose arrive, n'importe quoi. Dans ces moments là, la télévision devenait une forme de drogue pour moi et je comprenais ma mère.

Mais contrairement à elle, j'étais encore suffisamment moi-même pour reconnaître les images devant mes yeux. Et c'est en regardant la télévision que j'avais découvert certains principes de la science élémentaire que je n'avais pas eu l'idée d'aller chercher dans les livres qui emplissaient pourtant ma chambre. Ma mère se moquait de ce qu'il y avait à la télévision, du moment que cela soit bruyant, coloré et agité. Mes émissions scientifiques avaient tendance à l'énerver, mais ma présence de tout jeune enfant que j'étais alors, niché tout contre elle dans notre canapé vert hideux, replié sous les couvertures, devait la calmer. Quand j'étais captivé par la télévision, elle l'était un peu moins, et un peu plus par moi.

Il y avait ce type, quand j'avais six ou sept ans, qui avait notamment, sous mes yeux fascinés, expliqué ce qu'était la gravité et le phénomène de magnétisme. Il parlait d'inversion de polarité et je me disais que j'étais ça, voilà : un aimant, à l'envers. Je savais bien sûr que l'inversion requerrait une énorme puissance énergétique ; c'est pourquoi, conclus-je, étais-je hyperactif.

(Bien sûr, il s'agit là d'un résumé de mes pensées d'alors, pour vous permettre de suivre. J'avais développé toute une théorie à l'époque, aah je m'en rappelle comme si c'était hier !… mais, bref.)

Lizlor Wayland était exactement ça. Un aimant repoussoir. C'était la première fois que je considérais une personne autre que moi de cette façon. Et vous savez… j'aime les premières fois.

La première fois que je surpris la Gryffondor, avec mon attaque (peu maîtrisée, je l'admets, mais apparemment efficace) sur son apparence physique, sa réaction me pris moi-même au dépourvu. Jusqu'à présent, mes piques étaient restées sarcastiques, comme je savais si bien l'être dans mes mauvais jours, mais jamais méchantes. Là, j'avais sciemment voulu la blesser parce que je m'étais senti… disons que j'avais senti glisser mon contrôle sur la situation et sur moi-même. Et qu'obtenais-je à présent ? Rien qu'un moment de flottement, et le bizarre sentiment d'avoir dit des choses sans le moindre sens.

Lorsqu'elle plaqua son vêtement sur elle pour vérifier mes propos, visiblement inconsciente de la position dans laquelle elle se mettait, je fus heureux que la pièce fût suffisamment plongée dans l'obscurité pour certaines choses demeurent privées.

– C'est pas vrai. (Ça ne l'était pas en effet, mais je ne l'aurais admis sous aucun prétexte, ce qui était sacrément curieux au passage car il n'était pas dans mes habitudes de nier le réel.) Et toi, tu crois que t'es épais, peut-être ?

Alors ça, c'était bas. Carlton s'était déjà moqué de moi à ce sujet ; je considérais donc cette remarque comme une agression de la pire espèce. Je ne répliquai pas, par pure fierté masculine, mais je n'en pensai pas moins.

Mais Wayland ne pouvait pas rester bien longtemps cette gamine abasourdie que j'avais eu par surprise, bien malgré moi. En une fraction de seconde, elle redevint la bête féroce et blessée qui avait paru faiblir quelques instants plus tôt, épuisée par la tension à laquelle elle avait été soumise durant de longues minutes. Désormais elle était plus enragée que jamais. Avec une réelle stupéfaction, je la vis lever sa baguette.


– Je t'ai dit de me laisser sortir, et tu vas me laisser sortir, menaça-t-elle, sans que je puisse déterminer si elle s'apprêtait à me jeter un sort ou, plus vraisemblablement, à m'enfoncer l'instrument dans un endroit qui ne serait pas déjà perforé de façon naturelle.

Quelque chose dans sa voix me força à la regarder, la regarder vraiment, et je compris soudain. Wayland avait perdu l'esprit. Pas juste comme ça, au sens large, non, elle était vraiment malade. Il y avait en elle, une souffrance telle qu'elle ne pouvait pas la conserver et à cet instant je touchai du bout des doigts à l'idée que cette souffrance puisse être partagée. Que je pouvais, si je lui en laissais l'occasion, la vivre à mon tour.

Jamais un être humain n'avait eu une telle réalité pour moi.


– Tais-toi… S'ils reviennent ils vont t'entendre crier, fis-je, mais je manquai de conviction.
– Je m'en fous si toi tu as peur de sortir d'ici. Je m'en fous si tu as la trouille de te faire punir, ou pire. Je m'en fous de toi, tu comprends ? cracha Wayland. Je veux sortir d'ici et ce n'est pas toi qui va m'arrêter. Les Mangemorts peuvent tout aussi bien repasser par là et nous trouver. Tu veux attendre quoi, combien de temps, avant qu'ils ne circulent plus dans les couloirs ?! Mais ils OCCUPENT le château, réfléchis !
– Le couvre-feu est levé à six heures… Nous ne risquerons plus rien… Il faut simplement attendre… tentai-je, mais c'était inutile car elle ne m'écoutait pas.
– LAISSE-MOI SORTIR ! hurla-t-elle – et elle balança un coup de pied dans la porte.

Je vis les larmes monter immédiatement dans ses yeux. Je le vis parce qu'en se redressant elle s'était fortement rapprochée de moi et que nos visages se trouvaient maintenant à quelques centimètres. Tout se passait très vite.


– Silence !…
– JE VEUX SORTIR ! Je veux sortir MAINTENANT !


On aurait dit qu'elle ne pouvait plus s'arrêter, comme si quelque chose était en elle et que c'était ça qui voulait sortir, et que pour cela elle devait se frapper contre les murs et les portes et les gens qui l'entouraient. Comme moi, elle continuait à tourner dans tous les sens et à chercher des solutions, à essayer, encore et encore, jusqu'à l'épuisement total et indéniable. Ma raison me disait qu'il fallait la faire taire, alors je lui attrapai les poignets et les serrai fort et la secouai brusquement, si brusquement que j'eus l'impression que cela marchait – ou alors peut-être qu'elle ne pouvait tout simplement plus crier parce qu'elle n'avait plus de voix ou plus de souffle ou les deux.

– Tu es folle, soufflai-je, soutenant son regard, tu es complètement folle !

Ses yeux avaient la couleur des ailes de morpho qu'elle avait jeté dans mon chaudron le jour où nous nous étions rencontrés. Juste après, il avait explosé, et maintenant c'était mon tour.

– Tu…

Je fermai les yeux et expirai, lentement. Le temps de les rouvrir, j'étais redevenu moi-même. Calme. Composé. Imperméable.


– Tu ne me laisses pas le choix.

Je la repoussai alors, pas violemment, mais avec suffisamment de fermeté pour mettre le maximum d'espace entre elle et moi. Puis je sortis ma baguette.

– Stupéfix !

Elle n'eut même pas le temps de riposter avant de s'effondrer par terre.

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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]   Jeu 8 Sep - 14:48

– Tu es folle, tu es complètement folle !

Ces mots dansèrent devant mes yeux tandis que Stephen m'avait soudainement immobilisée. J'avais dû me jeter sur lui, car j'avais ma baguette levée, prête à l'attaque, mais tout d'un coup tout vacillait autour de moi, et je voyais par flash, j'entendais des sons très forts et soudain très bas, comme si l'atmosphère avait pris une consistance malléable. J'entendais nettement, en revanche, le sang affluer dans mes temps, la colère faire battre dans mes tempes, et ce rythme régulier renvoyait dans tout mon corps et comme un écho les mots de Fray "Tu es folle... folle... folle... complètement folle!... folle!...". Cette soudaine vérité qu'il me jetait au visage me fit définitivement perdre pied. Car je savais une chose à propos de lui : il comprenait les choses plus rapidement que les autres garçons de son espèce, et je mesurais dans son ton subitement redevenu calme, tranquille, dénué de toute émotion, qu'il avait asséné cette phrase comme une vérité absolue. Le fait était que j'acceptais ma folie, mais que j'étais loin d'accepter que les autres en soient conscients. J'eus un râle de mécontentement, puis -

– Tu ne me laisses pas le choix.

- Il me poussa en arrière, je mis une fraction de seconde à me remettre d'applomb, il sortit sa baguette -

– Stupéfix !

- Le connard, il a osé, eus-je juste le temps de me dire avant de m'effondrer.

_________________________________


Le rai de lumière qui filtrait par la porte entrouverte et se déposait juste sur mon visage me réveilla. Au début, je bougeais doucement, me rendant compte que je n'étais pas confortablement installée. Où étais-je? Mais mes yeux s'ouvrirent sur l'intérieur, plongé dans la pénombre, d'un placard à balais, et sur sa porte ouverte de quelques centimètres qui laissait pénétrer une lumière blanche et claire, qui indiquait clairement que le jour s'était levé.

Je me redressai en sursaut, tous mes sens en alerte. Assise, j'observai mes mains, mes bras, mes jambes. Je n'avais rien. Ma baguette gisait un peu plus loin. J'étais juste pleine de poussière, et je secouai machinalement la tête pour la chasser de mes cheveux, avant d'éternuer à deux reprises. Je me grattai le nez. Idiot de crétin de bouse de dragon de raclure de fosse à purin de vomis de veracrasse de Stephen Fray. Je n'avais pas rêvé, il m'avait bien stupéfixiée avant de me laisser dormir là comme une princesse dans sa haute tour sauf qu'il avait opté pour un vulgaire cagibi - quelle classe. Il avait dû se tirer là dès potron-minet, se gardant bien de me réveiller ou de me porter jusqu'à mon dortoir. En un sens, je préférais. Je ne voulais plus rien avoir à faire à lui, plus jamais. Je l'avais en horreur, et sa sainte adoration pour les choses rationnelles également - j'étais certaine qu'on n'aurait rien risqué à partir tranquillement chacun de nos côtés hier soir. Ce qui m'aurait évité de passer la nuit roulée en boule dans un placard miteux.

La nuit avait tout de même apaisé ma rage et je ne sentais plus cette sensation d’oppression intense de la veille. J'avais envie d'aller prendre l'air, mais mes nerfs n'étaient plus tendus de manière insupportable, et pour l'heure, les gargouillements de mon ventre m'indiquaient clairement qu'il me fallait avant tout avaler quelque chose pour me remettre les idées en place. Je ramassai ma baguette - enfin, cette baguette que j'essayais d’apprivoiser - et la glissai dans ma poche avant de pousser la porte, qui grinça, et de passer mes jambes par l'ouverture. J'étais assise, les jambes hors du placard, et je me frottai le visage et les yeux, encore bouffis de sommeil, m'accordant un instant de répit. Deux élèves passèrent alors dans le couloir devant moi, mais je ne l'accordai aucune espèce d'importance. Leur conversation s'arrêta à ma hauteur, et quelques mètres plus loin, reprit : j'entendis nettement des rires étouffés et un "... Tu crois qu'elle a dormi là?" moqueur. Je levai ma main à leur intention et leur offris mon majeur pour toute réponse, avant de me lever et de partir dans le sens opposé.

J'avais la bouche pâteuse et les idées brouillées. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Ce dont Fray n'avait pas idée, en tout cas, c'était à quel point il allait me payer cet affront.

_________________________________

Fin du topic =)

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Bring back what once was mine - terminé [pv Stephen]
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