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Abjection & Infamie. (PV M.H)

 
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 Abjection & Infamie. (PV M.H)

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Traice Swily
Élève de 4ème année



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Nombre de messages : 415
Date d'inscription : 13/08/2010

Feuille de personnage
Particularités: Etre sans particularités dans ce château est une particularité ! Mais puisqu'il faut... Ex-autiste ?
Ami(e)s: Une gauffreuse habitant Bruxelles ? Une alcoolique dans le chaudron baveur.
Âme soeur: Pfffff... Sans commentaires.

MessageSujet: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Sam 21 Mai - 16:03


Le château était en pleine effervescence, depuis quelques temps. Les gens chuchotaient dans les couloirs, mais s'arrêtaient aussitôt qu'un regard se faisait trop indiscret, les professeurs étaient tellement inquiets qu'ils en oubliaient de nous distribuer les habituels devoirs, et les différentes maisons étaient plus hostiles que jamais les unes envers les autres. Les salles communes regorgeaient de ragots et de racontars, ce qui n'était pas vraiment atypique, mais ces rumeurs étaient plus sombres que jamais. On les contaient à voix basse, en précipitant les mots et ouvrant les yeux d'un air grave et entendu.
Les soupçons se répandaient comme la pire des vermines, s'infiltrant entre les pierres de ce château, se glissant entre les amitiées les plus liées, et pénétrant les consciences les plus pures. Poudlard était devenu un champ de bataille silencieux.
On se regardait en chien de faïence, à l'affut de la moindre preuve d'une appartenance quelconque. On dénonçait à tord, on lynchait sans raison. L'ambiance était maussade et terne, rares étaient encore les éclats de rire en cette fin de mois de mai. Le ciel était gris, comme en accord avec l'atmoshpère morose qui hantait les murs du château.

Je détestais ça. Quand j'étais arrivée à Poudlard, j'étais une fille timide, à tel point qu'on m'avait à une époque surnomée d'autiste. Mais on m'avait acceuillie, on m'avait acceptée. Ce château regorgeait de valeurs oubliées à l'extérieur de ces murs, des valeurs comme l'amitié, la sagesse, la persevérance, le courage, la fraternité, l'harmonie. Poudlard représentait le monde des sorciers tel qu'il devrait l'être chaques jours, et partout. Mais comme dans le monde des sorciers, rien n'était parfait. L'abjection et l'infamie s'infiltraient partout, répandant sa bouillasse sans se préoccuper des victimes qu'elles embourbaient.
Je savais que je faisais peut-être partie du cliché des gryffondors, loyale et ne supportant pas l'injustice, mais je ne pouvais croire qu'on puisse vouloir tant de mal à d'autres. Peut-être était-ce par naïveté, par besoin d'illusions. Mais ces querelles qui prenaient tant d'ampleur me paraissaient tellement dérisoires. Voilà peut-être la raison que me tenait éloignée d'elle et de toutes ces médisances.
Mais vint un moment ou on ne peut plus se cacher du pire. On parlera encore sûrement des siècles et des siècles de ce qui se passa dans la Grande Salle, de ses répercutions. Si on vous demandait de décrire l'horreur, pourriez-vous mettre des mots dessus ? Abomination, effroi, épouvante, panique, terreur, atrocité, crime, infamie.

Je venais d'arriver dans la Grande Salle, que j'en fus aussitôt éjectée. Un flot incessent d'élève se déversait des portes principales, et je ne savais toujours pas si à ce moment-là, tout finissait, ou si le trouble venait seulement de commencer. Dans la panique, une garçon de quelques années de plus que moi m'envoya un coup de coude au dessus de l'oeil, ce qui me sonna un peu. Il ne se retourna même pas, continuant d'essayer de beugler ordres et indications, tentant de sauver le plus d'élèves qu'il pourrait.
Je suivis le mouvement, et rejoignai ma salle commune. Les filles et les garçons de tout âge pleuraient, d'autres étaient simplement assis, les yeux dans le vague, et les vêtements sales. Personne n'osaient prononcer les noms des gens qui n'étaient pas encore présents, qui étaient encore dans la Grande Salle ou qui n'étaient plus tout court. Je faisais partie de ceux qui ne bougeaient pas. Oh, il fallait pas croire que je faisais preuve de courage, de stoïcisme ou que je retenais mes larmes. Je ne parvenais pas encore bien à réaliser l'ampleur de ce qui c'était passé, ni de ce à quoi j'avais échappé. Le calme se répandit, sans que je fasse réellement attention à quoi que ce soit. Des gens arrivaient encore, des poufsouffles, des serdaigles, même des serpentards, pour venir de faire soignés dans notre salle commune. Nous étions tous réunis dans l'incompréhension.

Je ne savais pas si on nous avait autorisés à sortir, mais je ne pouvais plus supporter la vue et l'odeur du sang. Les cris me perçaient les tympans, alors que j'avais besoin de calme pour parvenir à mettre des mots sur les images troubles de ma mémoire. Je marchai dans les couloirs désert, observant ce château comme s'il était mort. Même les pierres semblaient plus pâles.
J'arrivai devant les toilettes des filles, un peu par hasard, et je me dis que Mimi Geignarde ne pouvait être pire qu'une centaine de blessés. Mais l'odeur de sang m'avait suivie, et je me rendis compte que mon arcade sourcillère avait explosée sous le coup de coude... Rien de grave, cela saignait beaucoup pour peu. Je m'approchai d'un des miroirs surplombant un évier, et me dévisageai longuement, cherchant à apercevoir le choc des évènements récents. Seules les traînées de sang me rappelaient le cauchemards des masques entre aperçus et des cris de douleurs plus atroces que jamais.

Je déchirai un bout de tissus de mon pull aux couleurs rouge et or, et l'humidifiai un peu, pour tamponner ma blessure presque indolore.
Un bruit rententit soudain dans mon dos. L'adrenaline des dernières heures ne m'avaient pas encore quittées, et je me rendis soudain compte de l'inconscience de mon éloignement. Je saisis ma baguette et me retournai. Le visage toujours couvert de sang, mais aussi impavide que du marbre.

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Maryweather Hargreaves
Élève de 5ème année



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Localisation : Dans les cachots, sur le pont, ou en train de fayoter avec un prof... ou dans la tour d'Astronomie, qui sait...
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Particularités: Petite peste. Adore l'Arithmancie (et puis les cours en général)
Ami(e)s: Ambre Serana, James Lornay, Millicent Winter et quelques autres connaissances (Jay ♥). Les Silver Dragons ♥
Âme soeur: James Lornay (mais il a pas l'air d'être au courant)

MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Sam 21 Mai - 22:08

A Poudlard depuis quelques mois, rien n’était plus comme avant. Les chuchotis des élèves dans les couloirs étaient plus pressants, plus stressés, des tas de rumeurs circulaient, certaines étaient vraies, les mangemorts étaient de retour et avec eux leur destruction légendaire, d’autres totalement fausses, la patronne des trois balais était morte, mais la plupart d’entre elles avaient un soupçon de vérité.



Mary, qui était dans sa troisième année, était en contact avec les purgateurs. Elle n’avait pas encore eu l’occasion d’agir pour eux, mais son amie Ambre était une meneuse, et la tenait plus au moins au courant de ce qui risquait de se passer. Comme le fait que les mangemorts attaqueraient le château dès qu’ils le pourraient. Aussi lorsqu’au moment du repas, un grand bruit se fit entendre, Mary leva la tête avec un regard à peine étonné.

Ambre Serana lui fit un signe de tête entendu, et parti de son côté agir selon le plan de Purgateurs. Mary savait que son rôle à elle, était de ne pas agir, de ne strictement rien faire même si un élève se faisait torturer par les mangemorts devant elle, elle se devait de rester impassible. Bien sûr elle connaissait quelques sorts de base à renvoyer à ceux qui l’approcheraient d’un peu trop près, mais elle savait par avance que les mangemorts ne la toucheraient pas.

Sa famille était connue parmi leurs rangs, et Mary était quasiment certaine que don père faisait partie des hommes et femmes masqués qui avaient fait irruption dans la grande salle. Les sorts fusaient de toute part, et Mary se faisait discrète, les doigts crispés sur sa baguette bien cachée dans un plis de sa robe, elle observait de ses yeux perçant la bataille qui faisait rage. Une élève tentait de bloquer la sortie, c’était Austen si la Serpentard ne se méprenait pas, mais de si loin difficile de l’affirmer sans risquer de se tromper.



Mary jugea que les choses commençaient un peu à sentir le roussi, aussi, elle s’éloigna discrètement et passa derrière la table des professeurs, désormais vide. Ils étaient tous occupés à essayer de faire s’échapper les plus jeunes, et à les défendre contre les sorts des mangemorts. Quelques rares élèves avaient eu la même idée que Mary semblait-il, à savoir passer par la petite porte qui donnait sur une antichambre, qui elle-même donnait sur le parc de Poudlard.

Passant devant des tableaux la harcelant de question sur l’origine du raffut dans la grande salle, Mary se contenta de les ignorer et de sortir à l’extérieur. L’air frais du soir la frappa au visage. Dehors tout était beaucoup plus calme, un peu trop calme même. Elle choisit de faire le tour du château, elle avait besoin de se rafraichir un peu, et le moins risqué était d’utiliser un des passages secrets qui se trouvait derrière les serres pour rejoindre directement le cinquième étage, juste en face des toilettes.

Depuis les escaliers étroits du passage secret, les bruits de la bataille semblaient assourdis, comme très lointains, et irréels. Malgré tout, Mary tenait fermement sa baguette. Elle n’avait aucune illusion quand au fait que si elle tombait sur un élève plus âgé qu’elle, elle ne tiendrait pas une seule seconde, mais a priori, personne n’avait de raison de l’attaquer, elle n’avait rien fait. C’était certes un peu lâche de penser ainsi, mais ce soir là, Mary était trop jeune pour ne pas l’être.

Trop Sang-pur et pro-mangemort pour aider ceux qui partageaient ses salles de classe, mais trop jeune et inculte pour lutter contre ceux qui s’opposaient à ses idéaux. Ainsi même si elle tentait de se persuader qu’elle avait besoin de se passer de l’eau sur le visage, la vérité était que Mary fuyait la bataille. Intérieurement elle tremblait pour les élèves plus âgés qu’elle connaissait, comme Ambre ou James. Elle ne désirait pas qu’il leur arrive du mal.



Elle fit irruption dans les toilettes d’une manière très peu discrète, d’un coup de pied dans la porte. Cela ne lui était jamais arrivé, mais il fallait un début à tout. Personne, c’était parfait. Mary fonça vers les robinets et se passa de l’eau sur le visage. Elle en profita pour laisser couler quelques larmes tout en vérifiant bien que ses yeux n’aient pas l’air rougis. L’eau fraiche sur son visage lui faisait du bien et l’apaisait.

C’était étrange d’avoir cette pensée alors qu’elle n’avait pas du tout eu l’impression de paniquer. Mais il fallait croire que malgré son apparence très calme et sa facilité à rassembler ses esprits, une bataille dans Poudlard avait quelque chose d’assez angoissant. Elle se regarda dans la glace. Son visage fin et blanc luisait légèrement là où restait un peu d’eau. Elle la sécha à l’aide de ses manches et se regarda elle-même droit dans les yeux.

A cet instant même, il lui arrivait quelque chose qu’elle n’avait jamais vraiment ressentis. Mary se sentais seule, terriblement seule. Son serpent était caché dans le coffre qui était au bout de son lit, verrouillé par un double sortilège qu’Ambre lui avait appris et qu’elle avait maitrisé plutôt facilement. Soudain, quelque chose dans le miroir attira son attention.


Comme au ralentit, elle vit la poignée de la porte, ou plutôt son reflet, bouger comme si quelqu’un l’actionnait de l’extérieur. Mary eut alors le reflexe de sa vie, elle se jeta sur le côté, attrapant sa baguette qu’elle avait posé sur le bord du lavabo au passage, et silencieusement se tapit derrière la porte.

Une élève entra, elle devait avoir entre 12 et 13 ans, soit un tout petit peu plus jeune que Mary, et être à Gryffondor si on en croyait les couleurs de son pull. Maryweather tendit sa baguette, même si à son humble avis, la jeune fille ne pourrait pas lui faire grand mal il valait mieux prévenir que guérir. Elle observa son vis-à-vis au biais du reflet dans le miroir. Elle avait dû se prendre un coup assez violent, car son arcade sourcilière saignait.

En l’observant un peu plus, alors qu’elle déchirait un morceau de son pull et l’humidifiait pour s’en tamponner le visage – Mary pensa que c’était exactement pour cette raison qu’elle-même avait toujours un mouchoir dans sa poche – la jeune Serpentard reconnu Traice Swily, en deuxième année à Gryffondor, à ses traits asiatiques. Cela faisait deux ans qu’elles chauffaient les mêmes bancs, depuis que Mary était en deuxième année, mais elles ne s’étaient jamais vraiment parlé, sauf peut-être pour s’envoyer une pique ou un truc du genre en classe. Néanmoins elles se connaissaient toutes les deux de vue.



La porte des toilettes qui pendant tout ce temps se fermait lentement et sans bruit claqua violemment et fortement, comme si le bruit était magiquement amplifié, faisant sursauter les deux jeunes filles. Traice se retourna aussitôt, saisissant sa baguette et la pointant vers Mary, celle-ci fit de même, se redressant de toute sa hauteur. Elle dominait la Gryffondor d’au moins une tête. Elle n’avait pas pu nettoyer tout le sang qui maculait son visage, ce qui donnait une impression de pâleur à son visage. Ou peut-être étaient-ce simplement les derniers événements qui donnaient aux deux élèves des airs de fantômes.

Les deux se regardaient sans rien dire. Elles savaient qu’elles étaient rivales, voire même ennemies. Mais elles savaient également qu’elles étaient très jeunes, trop pour se mêler de choses qui ne les regardaient pas, trop pour se jeter la tête la première dans la douleur, la peine et la mort. Des filles de leurs âge ne devraient que penser à quel serait le prochain garçon qui les accompagnerait au bal ou bien comment résoudre le dernier exercice d’Arithmancie. Pas à quelque chose comme « Qu’est-ce que je fais si elle me lance un sort ? »

Pourtant c’était exactement la pensée que la jeune Serpentard avait en elle. Fuir n’était pas une solution, elle faisait dos à l’unique porte de la pièce, et il lui faudrait baisser sa garde pour pouvoir s’échapper, ce qui était inconcevable. Même s’il était probable que les sorts d’une deuxième année ne fassent pas bien mal, Mary pensait qu’il vallait mieux éviter les ennuis autant que possible. Elle s’efforçait de garder un visage impassible, avec succès selon son reflet qu’elle pouvait apercevoir dans le miroir. Au bout de quelques minutes de silence, elle finit par souffler :


« Pourquoi tu n’es pas dans ton dortoir avec les autres, Traice ? »


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Dernière édition par Maryweather Hargreaves le Sam 12 Nov - 11:58, édité 1 fois
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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Dim 22 Mai - 23:28


Un fracas retentit dans mon dos avec une telle puissance que je fis un bond en arrière. La porte venait de claquer violemment, et durant un instant je fus légèremment déboussolée. Une ombre bougea, venant d'un recoins des toilettes, et je vis un jeune fille dont le visage était loin de m'être inconnu s'avancer vers moi, sa main blanche tenant une baguette semblant faire reflet à la mienne. Je dégluttis.
Je ne savais pas à quel point cette bataille avait fait de dégats, ou encore à quel point Poudlard avait pu changé. Peut-être que les mangemorts avaient pris le dessus. Peut-être que tout le monde était mort. Peut-être que les professeurs s'étaient enfuis. J'avais été stupide, et inconsciente de m'isolée à ce point de la seule protection encore plus ou moins efficace de ce château. Mais une ambiance de fin du monde reignait entre ces murs, et j'avais le sentiment étrange que plus rien n'avait vraiment d'importance.

Je tins avec plus de fermeté ma baguette, les jointures de mes mains devenant plus blanche que jamais. La scène me paraissait totalemment irréelle, incroyablement absurde. On nous avait appris à nous battre en duel, mais jamais à maîtriser nos émotions durant celui-ci... Comment regarder la personne qui vous menaçait dans les yeux. Comment se dire que cette personne souhaitait peut-être votre mort et pourrait vous attaquer d'un instant à l'autre.

Prunelles bleues contre prunelles noires. Les toilettes avaient disparues, les éviers, les miroirs, et même le sol me paraissaient disparaître devant ces deux lacs azurés me fixant intensément. Son regard n'était pas vraiment hostile. Peut-être que si j'avais lu la haine dans son regard je me serais sentie mieux, j'aurais moi aussi pu détester cette personne face à moi, cette personne qui comme tant d'autres qui se trouvaient auparavant dans le hall souhaitait la destruction et la mort. Car je connaissais cette élève. Sa réputation avait fait son chemin jusqu'à mes oreilles et j'avais vite fais de mettre une étiquette sur le dos de cette fille d'apparence pourtant innofensive.
Elle faisait partie de la haute société sorcière. Cette expression m'avait toujours faite beaucoup rire. Par ce terme on désignait la plupart du temps des familles vieilles de plusieurs siècles, mais surtout celles dont déclencher l'affront engendrait incessement la mort. La réputation de sa famille et son allégeance l'avait suivie jusqu'à Poudlard, et elle n'avait pas vraiment tenté de la contredire. D'après ce qui m'était parvenu, c'était même tout le contraire.

Mais je connaissais cette élève. Je l'avais vue rire avec ses amies, accumuler les bonnes notes, je l'avais aperçue et entreaperçue au détours des couloir, lançant ces tirades acerbes si particulières aux serpentards. Elle n'était pas si différente de moi. Ni si différente des mangemorts qui distribuaient horreur et cruauté à quelques étages de nous. Je regardais cette fille, cette jeune fille même si elle me dépassait en taille et en année. Elle était mince, presque maigre, et avait des cheveux blonds. Peut-être même un air d'ange, derrière sa paleur.

Qu'est ce qui pouvait la pousser à adhérer à cette mascarade, à ce bal costumé de la mort ? Je n'en savais rien, et j'avais encore moins envie de lui trouver des excuses. Je dévorais son visage de mes yeux noirs, fièvreux, tentant de chercher une réponse, un remord, j'essayais désespérement d'y trouver non pas de la peur mais de l'inquiétude, peut-être de la lassitude face à tout cela. Mais son masque restait celle d'une bonne petite serpentarde, haïssant par principe. Si elle pouvait détester par tradition et laisser tuer par la même raison, pourquoi ne serait-elle pas capable de m'attaquer pour les mêmes raisons ?
Je n'avais rien à faire ici. C'était la première fois de ma vie que je brandissais ma baguette pour autre chose que pour lancer un sort sur un crapaud. Mais les élèves pétrifiées, blessés, torturés dans la Grande salle n'avaient rien demandés non plus. En était-elle consciente ? Pourquoi n'était-elle pas avec ses amis mangemorts, pourquoi n'affrontait-elle pas elle aussi la mort comme le faisaient ses pantins masqués ?


Je continuais de la regarder, diverses émotions traversant mes yeux ébènes et ricochant jusqu'aux siens. En chiens de faïences, je ne baissais pas ma baguette. Je ne doutais pas qu'elle me battrait si un duel s'engageait, mais j'étais désespérée. Pour moi, pour elle, et pour Poudlard. Pour tout ce que nous avions perdus, et pour tout ce que nous perdions en cet instant même.

- Pourquoi tu n’es pas dans ton dortoir avec les autres, Traice ?

Elle avait chuchotée cette phrase dans un souffle, tandis que le mien se faisait de plus en plus court. Je lui en voulais. Je lui avais peut-être adressé deux fois la parole dans ma vie, mais je me rendis compte que je lui en voulais. Parce qu'en une phrase, une phrase seulement, elle venait de m'ouvrir les yeux sur les évènements tragiques de ces dernières heures. J'avais l'impression de ne plus avoir parler ni avoir tenu une conversation depuis des jours, et c'est d'une voix rauque que je répondis, les yeux toujours rivés aux siens :

-Par les autres, tu veux dire ceux qui n'ont pas été torturés jusqu'à la démence ?

J'avais peut-être tord de la provoquée. Mais plus rien n'avait d'importance. J'avais vu trop de choses, entendu trop de cris suppliants pour m'excuser et partir alors que j'avais face à moi une personne qui détenait peut-être les réponses à des centaines de questions, qui se résumaient en une : Pourquoi ?

- Je pourrais d'ailleurs te retourner la question. Maryweather Hargreaves.

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Maryweather Hargreaves
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Jeu 26 Mai - 11:19

L'asiatique et la franco-anglaise se regardaient fixement, pendant des minutes qui semblaient des heures, le regard sautant d'un œil à l'autre tant il était impossible de regarder les deux vraiment en même temps. Les yeux bleu profond de Mary dévisageaient la Gryffondor aux yeux noirs. Son rythme cardiaque était soutenu, même si en apparence elle semblait très calme, une qualité qu'elle adorait vraiment, et qui lui permettait de rester digne de toute situation. Mais rester de marbre et se fixer sans savoir ce qu'il allait se passer pendant trop longtemps n'était pas du goût de Mary, aussi elle décida de prendre les devants :

« Pourquoi tu n’es pas dans ton dortoir avec les autres, Traice ? »


Le souffle de Traice Swily devenait de plus en plus court. Elle avait peur cela se voyait, mais en même temps qui ne l’aurait pas eut en étant à sa place. En deuxième année, le château attaqué, des élèves torturés, isolée, avec une serpentard dont la famille avait mauvaise réputation chez les rouges et ors, visée par une baguette magique. Une baguette de 33 centimètres exactement, le nombre de l’âge maudit, celui de la mort de Jésus selon les faits établis dans les cours d’histoires de la magie, bien que seul un court paragraphe y soit consacré, en bois de hêtre, dense et dur, de couleur rougeâtre, proche du sang, mais très lisse et contenant la pureté et l’innocence d’un crin de licorne.

Aux yeux de Mary c’était la baguette parfait et elle ne lui avait jamais fait défaut. Elle en prenait particulièrement soin, la polissait doucement avant d’aller se coucher et prenait garde à ce qu’il n’y ait jamais de tâches d’encre ou autre choses dégoutantes sur son manche. D’autant plus que si on y réfléchissait, elle était exactement comme elle, même si elle avait du mal à l’avouer aux autres, une apparence démoniaque mais belle, lisse et parfaite, avec un cœur pur, quoi qu’on puisse en dire, et innocent, mais que personne ne verrait jamais jusqu’à ce qu’elle se casse ou devienne très vieille.

La voix de Traice s’éleva dans la petite salle qui résonnait beaucoup. Elle était rauque, comme si cela faisait un temps qu’elle n’avait pas parlé. Elle n’avait pas quitté Mary des yeux, et il était certain que la première qui ferait un geste brusque se prendrait un sort de la part de l’autre tellement elles étaient tendues :

« Par les autres, tu veux dire ceux qui n'ont pas été torturés jusqu'à la démence ? »


Indirectement, elle l’accusait clairement d’avoir organisé l’attaque, de faire partie du groupe des purgateurs, ce qui n’était pas – pas encore du moins – vrai du tout, meêm si elle était très proche d’Ambre qu’elle savait leader, d’être responsable des élèves qui se faisaient torturer dans la grande salle. Sa peur-panique lui faisait mettre le poids, sans vraiment en être consciente, de tous les malheurs qui arrivaient sur une fille d’à peine plus de 13 ans qui, bien qu’elle fut détestable par moment il fallait bien l’avouer, n’avait à priori rien à se reprocher. Il était vrai que fuir pour elle était la meilleur solution, ne pas prendre parti.

S’opposer aux professeurs et à Poudlard, et donc à son frère par la même occasion, s’opposer à ses parents et toute sa famille, elle ne pouvait décemment pas faire de choix, elle avait à perdre des deux côtés, contrairement à son frère qui avait été renié par les Sang-purs, bien qu’il en soi un, depuis sa naissance est était considéré comme traitre à son sang sans vraiment l’avoir voulu. Elle détestait cette fille qui lui faisait se sentir coupable de n’avoir pas pu rester, de n’avoir pas pu choisir un camp.

Elle la détestait d’autant plus qu’elle choisissait à sa place le camp qu’elle devait avoir aux yeux des autres, et ça même si elle le faisait aux yeux de sa famille, elle exécrait. Ne pas être maitre de son propre destin et laisser choisir les autres à sa place. Elle avait envie de lui cracher à la figure, de l’injurier de lui tirer les cheveux, mais tout ça aurait été indigne de son rang, et de sa réputation. Néanmoins elle nota que malgré son appartenance à ces courageux Gryffondor, Traice fuyait la question de Mary par une autre question, puis finissait pas lui renvoyer la balle sans avoir répondu à la question initiale. Plus fourbe qu’une Serpentard, le choixpeau avait du hésiter lors de la répartition. Elles savaient pertinemment toutes les deux qu’elles ne devaient pas être là :

« Je pourrais d'ailleurs te retourner la question. Maryweather Hargreaves. »


Elle pouvait sentir toute la haine dans ses mots, mais aussi une sorte d’espoir, ou d’envie qu’elle lui réponde. Elle désirait vraiment avoir la réponse, elle voulait connaitre la raison, non seulement du fait que Mary ne soit ni dans la grande salle, ni dans son dortoir, mais plus largement la raison de l’attaque. Pour cette deuxième partie Mary n’en savait rien. La raison la plus logique était que ce soit pour appuyer leur retour et terroriser les gens afin que la simple évocation de mangemorts fasse frissonner comme pas le passé. Mais elle n’en était pas sûre, et Mary détestait se tromper et avoir tort, et préférait passer pour une ignorante que pour une prétentieuse inculte. Ainsi lorsqu’elle n’était pas sûre ou n’avait pas compris quelque chose, elle ne disait rien.

« Tu ne penses quand même pas que je vais te répondre alors que ça ne te regarde pas, et que toi-même tu as évité ma question ? »


Un sourire naquis sur la bouche de Mary, dévoilant des dents très blanches avec de petites canines légèrement proéminentes, mais beaucoup moins que lorsqu’elle était petite et que ses dents de lait n’étaient pas encore tombée pour laisser place à ses dents définitives. A cette époque elle avait fait croire à des petites filles naïves qui trainaient avec elle qu’elle était demi-vampire, mais cela faisait longtemps que ce genre de blague ne l’amusait plus. En revanche elle se servait toujours de son sourire qui lorsqu’elle le voulait mettait les gens mal à l’aise.

« Néanmoins, quoi que je te réponde tu ne me croiras pas. Car tu sais que je mens, et même si je te dis la vérité, tu n’y croiras pas non plus, parce que tu te diras que je mens, pour rester fidèle à ma famille, mon sang et ma maison. Et ce même si je te dis ce que tu veux entendre. Vois le ridicule de la situation. »

Elle marqua une pause calculée, puis reprit assez rapidement, de manière à ce que son adversaire improvisée ne puisse pas placer une réplique acerbe avant qu’elle n’eut finit sa conclusion.

« Je me lavais les mains du sang des autres élèves que j’ai reçu en les torturant avec mes amis mangemorts, je peux te lister les morts si tu veux, il y a même une prof qui est morte, tuée par Austen je crois, dommage que ce ne soit pas Ram-Jam, je ne le supporte pas. »

Elle inventait les faits au fur et à mesure, et c’était tellement gros qu’il y avait très peu de chance que Trace ne la croie, et si jamais elle le faisait, Mary se foutrait bien de sa gueule, avec la classe dont elle était digne. Elle resta tout de même sur ses gardes et redressa bien sa baguette, au cas où une crise de folie vienne frapper la Gryffondor et qu’elle ne se jette sur elle en lui balançant tous les sorts qu’elle connaissait à la figure.

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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Dim 29 Mai - 17:08


Il est vrai que plus rien ne serait comme avant. Il ne me servait plus à rien de m'inquiéter de mes points en métamorphoses ou en potions, il ne servait plus à rien de savoir quelle pseudo amie avait dit telle chose sur moi ou sur une autre. Ce genre de petites stupidités qui prenaient des ampleurs énormes dans des vies vides de drames étaient tellement nombreuses. Et elles prenaient une claque de lucidité lorsque la mort et la tragédie venaient frapper à leur porte. Je m'en contre foutais de savoir si mes affaires étaient toujours bien rangées dans mon dortoir transformé en infirmerie de secours (comme toutes les pièces éloignées de la Grande Salle d'ailleurs), ou si elles étaient ravagées par le sang d'un blessé. C'était trop grand, trop grave pour que mes pensées effleurent encore ces petits maux du quotidien.
Des gens étaient peut-être morts. Des gens étaient peut-être morts. Des gens étaient peut-être morts.
Des gens avaient tellement souffert que leurs cris rauques d'avoir trop bramer se perdaient en pleurs de désespoirs.
Et je ne pouvais penser à rien d'autre. Parce que ça aurait pu être moi. Ca aurait pu être elle. Oh, bien sûr, les mangemorts ne l'auraient pas touchée. Mais dans une autre vie, dans d'autre circonstances. Ca aurait pu être elle, à supplier, les genoux écrasés au sol, les yeux implorant de faire arrêter ce feux dévorant chair et âme, même si cette interruption signifiait la mort. Je les avais entendu, et je ne pouvais qu'imaginer. Juste imaginer, et découvrir l'immensité d'une haine sans fondement, sans passé, et inévitablement sans future.
Mais à quoi bon tourner et retourner ça cent fois dans ma tête et dans mes pensées, cela ne nous fera pas remonter dans le temps, ni effacer les traces ardentes de cette journée dans nos mémoires. Car que cela soit mangemorts, élèves ou professeurs, nous avions tous perdus quelque chose aujourd'hui.

Ma première remarque laissa le visage de la jeune serpentard lisse. Comme toutes les autres filles de sa maison, elle avait appris à retenir ses émotions et ses pensées dans sa prison d'azur, et ses yeux étaient indéchiffrables. Bien. Mais ce jour serait différent, pour elle comme pour moi. Je n'avais jamais été forte, et je m'étais toujours demandé, pourquoi Gryffondor ? Encore aujourd'hui, j'avais fuis. Même si je savais pertinemment que je ne serais d'aucunes utilités. Mais j'avais égalemment fuis mon dortoir, ou j'aurais pu aider mes camarades.
Mais maintenant je serais forte. Cette fille représentait tout ce qui me restait pour échapper à l'effondrement. Elle n'était certes pas un mangemort, et ne faisait peut-être même pas partie des purgateurs, mais elle était la seule personne contre qui je pouvais me mesurer. La seule qui était là, et qui comme moi, avait échappé au sinistre convoi. Et si aujourd'hui, je serai forte, elle, elle devra se livrer. Je l'exigeai. Je voulais tout savoir de ce visage pâle et fin, à la beauté étrange et presque surnaturelle.


- Tu ne penses quand même pas que je vais te répondre alors que ça ne te regarde pas, et que toi-même tu as évité ma question ?

Je ne pus empêcher un sourire triste de venir butiner mes lèvres. Avions-nous vraiment besoin de répéter les même scènes, années après années ? Gryffondor, Serpentards, remarques acides et regards mortels. Nous savions que les raisons qui nous avaient menées ici étaient diverses, et n'étaient sûrement pas le splus importantes. La répartie ne me venait pas, je n'en avais pas envie. Je la regardai, simplement. Je voulais quelque chose d'elle, il fallait que je reçoive un mot, une parole, qui me dédomagerait, moi, et tous les blessés, moi et tous les morts. Je savais que ce n'était ni raisonnable, ni même sensé. Mais je n'étais plus raisonnable, ni sensé. J'étais décousue et absurde. Mais il me fallait ça, et je l'obtiendrai. Une nouvelle lueur de détermination brilla dans mes yeux, tandis que je la laissai continuer.

- Néanmoins, quoi que je te réponde tu ne me croiras pas. Car tu sais que je mens, et même si je te dis la vérité, tu n’y croiras pas non plus, parce que tu te diras que je mens, pour rester fidèle à ma famille, mon sang et ma maison. Et ce même si je te dis ce que tu veux entendre. Vois le ridicule de la situation.

Elle avait peut-être raison, et cela me donna envie de pleurer. Non pas pour m'appitoyer sur mon sort, comme à l'accoutumée, mais bien parce qu'elle était aussi démunie que moi face à cette conversation, même si cela lui était égal. J'attendais d'elle quelque chose que je ne pouvais recevoir. Je voulais la vérité, et j'étais incapable de l'admettre. Mais pourquoi me disait-elle cela ? Pourquoi se donnait-elle la peine de me dire qu'elle dirait peut-être la vérité ? Et en quoi cette vérité pourrait-elle me paraître meilleur ? Je n'attendais pas une bonne ou une mauvaise réponse. Juste la vérité. Mais cela signifiait que pour elle, il n'y avait pas qu'une réalité. Je ne voyais pour elle pourtant que ce chemin. Les purgateurs, les mangemorts, et une famille au service du plus grand mage noir de tous les temps, répandant mort et dévastations.

-Je me lavais les mains du sang des autres élèves que j’ai reçu en les torturant avec mes amis mangemorts, je peux te lister les morts si tu veux, il y a même une prof qui est morte, tuée par Austen je crois, dommage que ce ne soit pas Ram-Jam, je ne le supporte pas.

Les larmes me montèrent franchement aux yeux. Pas parce que je pensais sincèrement qu'elle ai pu faire une chose pareille, mais parce que cette phrase était insupportable d'insensibilité. Même si le sarcasme y était plus que présent.

- Arrêtes. Des amis à toi étaient aussi dans cette salle, Maryweather. Tu le sais. Tu ne voudrais pas savoir comment ils vont ?

C'était dans les drames que l'on se découvrait, et je me découvrais pleinement. Ce fut d'un ton étonnament doux que je lui répondis cette fois.

- Peut-être que je ne te croirai pas. Mais qu'est-ce que cela changerait pour toi ? Je ne suis qu'une Gryffondor, mon opinion ne doit pas t'apporter beaucoup d'intêret..

Alors, pourquoi se donnerait-elle la peine de me répondre ? Elle avait largement le temps de m'envoyer un sort, et de s'éclipser discrètement. Mais elle ne bougeait pas. Et cela malgré nos baguettes tendues.

- Je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas encore désillusionnée par les gens qui m'entourent. Je veux encore croire que la bonté existe. Tu vois, je suis encore naïve... Peut-être te croirais-je, finalemment...

J'avais de moins en moins envie de tenir cette baguette. Ma rage était toujours là, mais elle s'était muée en sentiment d'incompréhension qui avait besoin d'être assouvis. Je voulais comprendre, et si je ne parvenais pas à comprendre Lord Voldemort en personne, je pouvais au moins essayer avec la jeune fille en face de moi. Je baissai ma baguette de quelques millimètre. Pas vraiemtn en signe de paix. Pas vraiment pour lui faire croire que j'en avais fini. D'ailleurs, elle pouvait difficilement se trompé sur mes intentions. Mes yeux la fixaient toujours, insensibles au reste, fouillant son visage à la recherche de la moindre faille.

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Maryweather Hargreaves
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Jeu 2 Juin - 17:43

Sa tirade on ne pouvait plus sarcastique avait embué de larmes les jolis yeux noirs de Traice. Elle semblait vraiment blessée et désemparée. Elle n’avait pas du être éduquée comme Mary à résister à la souffrance et ne pas montrer ses faiblesses. Elle n’arrivait pas à cacher sa détresse, ou peut-être ne le voulait-elle seulement pas ?

« Arrêtes. Des amis à toi étaient aussi dans cette salle, Maryweather. Tu le sais. Tu ne voudrais pas savoir comment ils vont ? »


Je n’ai pas d’amis. C’est ce qu’elle avait voulu lui répondre directement. Et elle l’aurait fait si instantanément une remarque acerbe ne lui était venue à l’esprit. On ne se vantait pas de ne pas avoir d’amis. Au contraire. Même si Mary considérait qu’elle vivait très bien le fait de ne confier ses états d’âme à personne, elle ne voulait pas aller jusque là. Peu importe la personne à qui elle s’adressait, cette phrase était mal vue. Un sang-pur voyait les amis comme un moyen de réussir donc plus on en avait mieux c’était. Les autres partaient dans des Poufsouffleries sur la loyauté, mais ça semblait également une chose très importante à leur yeux.

Mais dans les deux cas ami ne signifiait pas la même chose. Pour les premiers, Mary avait vraiment beaucoup d’amis, elle était sociable, bien que souvent seule, et savait tenir une discussion en s’adaptant au niveau de langage de son interlocuteur. Elle était douée pour le relationnelle, obtenir des informations à l’insu des autres et mettre en confiance les gens. Même ceux des autres maisons. Souvent ils lui disaient qu’elle n’était pas comme les autres Serpentards, qu’elle était plus gentille, moins cruelle, moins raciste. En vérité elle cachait juste très bien son jeu. Trop bien à tel point qu’il lui arrivait de l’oublier et de partir à rire franchement avec un Sang-mêlé. Mais à l’origine, il y avait toujours un intérêt pour elle. Réviser, apprendre, obtenir quelque chose, ou quelqu’un qu’elle désire. De véritables amis en revanche, elle n’en avait pas. James Lornay, et Ambre Serana faisaient partie des gens avec qui elle discutait souvent, ainsi que sa chère cousine au trente-sixième degré Millicent Winter. Mais de là à leur vouer une confiance aveugle, à risquer leur vie pour eux ?

Certainement pas. Quoi qu’à la réflexion, elle n’arrivait pas à imaginer sa réaction si l’un des trois était en danger. Cela devait dépendre le danger en vérité. Si une bande de moldu voulait du mal à Milli ou Ambre, elle deviendrait probablement folle de rage et les mettrais au tapis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Les mangemorts n’embêteraient jamais les deux Serpentard, issues de familles de Sang-pur et respectables. Elle n’arrivait simplement pas à les imaginer en situation de faiblesse. James… Lui c’était une autre histoire, il était de Sang-Pur mais traînait avec des Sang-mêlés ou des Nés-moldus. Il était potentiellement en danger. Mary se mordit la lèvre, elle ne voulait pas y penser.


« Peut-être que je ne te croirai pas. Mais qu'est-ce que cela changerait pour toi ? Je ne suis qu'une Gryffondor, mon opinion ne doit pas t'apporter beaucoup d'intérêt… »

Elle n’avait pas totalement tort. Ça ne changerait rien pour Mary, absolument rien. Les gens étaient comme ça la connaissant de loin ils ne croyaient aucun de ses mots, mensonges ou vérités, et la côtoyant un peu plus ils mangeaient ses paroles comme du pain béni. Elle en avait l’habitude et elle jouait de cela. Finalement mettre les gens en confiance, c’était assez simple, il suffisait de faire semblant de les croire et de les écouter. Et Mary savait très bien faire ça.

« Je n’ai rien de particulier contre les Gryffondor tu sais… Toute opinion est bonne à prendre même si la plupart des gens est pourrie jusqu’au trognon. »

Il y avait des bons et des mauvais de tous les côtés, mais plus de mauvais que de bons hélas. Comment définir le bien du mal, selon Mary c’était simple. Quelqu’un qui agissait selon ses idéaux agissait bien. S’il y avait bien une personne au monde qu’il ne fallait pas tromper c’était soi-même. A partir du moment où on s’oubliait c’était fini. Vivre pour les autres, c’était une calomnie. Profiter des autres tant qu’ils sont là, leur rendre le plaisir qu’ils vous donnent, là est le secret du bonheur. S’apitoyer sur la mort c’était assez pathétique. Bien sûr on ne pouvait connaitre ses propres réactions qu’une fois véritablement confronté à la faucheuse. Ce n’avait pas été le cas pour Mary, les seules personnes qu’elle avait connu et qui n’étaient plus, n’étaient pas si proche d’elle.

« Je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas encore désillusionnée par les gens qui m'entourent. Je veux encore croire que la bonté existe. Tu vois, je suis encore naïve... Peut-être te croirais-je, finalement... »

Elle était vraiment mignonne. Oui mignonne mais dans le sens péjoratif du terme. Elle ressemblait à un petit animal sans défense, qu’un seul coup sec sur la nuque aurait tué la plongeant dans une beauté à son paroxysme. Mary avait bien envie de le faire elle-même, sortir une tirade qui l’achèverait, pire qu’un sort dont elle ne se remettrait pas. Mais une petite voix, quelque chose, certains diront l’instinct, lui soufflait de ne rien en faire. Même si le regard que lui jetait la Gryffondor ne lui laissait pas le loisir de croire qu’elles pourraient pactiser, elle pensait qu’il était possible qu’elle tire la situation à son avantage en étant moins agressive.

« La bonté désintéressée n’existe pas chérie. Désolée de te décevoir. On a tous notre petit côté sombre, même s’il est plus grand chez certains que d’autres, mais rien n’est tout noir ou tout blanc. Celui qui se vante être pure bonté est probablement celui qu’il faut éviter de fréquenter. »

Mary baissa sensiblement sa baguette, elle n’était plus en position d’attaque, mais restait sur ses gardes pour parer un éventuel sort. Elle n’avait pas vraiment envie de se battre mais ne désirait pas non plus finir en carpaccio de Serpentard si la Gryffondor venait à mal interpréter un de ses gestes ou une de ses paroles. Cependant, même en passant de la position d’attaque défensive à la position de défense pure, elle gardait la tête bien droite et digne. Pas question pour elle de baisser les yeux, il se pourrait même qu’elle n’ait pas cillé depuis le début de leur joute verbale.

« Toi-même il a dû t’arriver de détester une personne, pour une raison ou une autre, alors qu’elle ne l’avait pas spécialement mérité. Parce que tu écoutes les rumeurs, ou bien que tu t’es forgé un avis sur une action, un regard, une parole, et non la personne en elle-même. C’est de défaut de tous les humains, il faut vivre avec, n’est-ce pas ? »

La jeune Hargreaves se tut un instant. Elle observait son vis-à-vis, elle n’arrivait pas vraiment à se décider sur ses réactions futures. Dans son regard on pouvait lire de la haine, de l’incompréhension, une envie de tout abandonner, de partir, de se réveiller de ce cauchemar. Des sentiments complexes qui dansaient dans ses yeux comme les reflets des flammes magiques accrochées en haut des murs. Mary les regarda quelques instant, du vert un peu doré sur le noir d’encre de ses pupilles. L’ambiance des toilettes n’était pas très chaleureuse, c’était le moins qu’on puisse dire.

« Je suis partie. Discrètement, personne ne m’a remarquée. Les mangemorts ne m’auraient pas touchée, je suis d’une famille de Sang pur, alors pourquoi risquer ma peau pour des gens qui ne cessent de me cracher dessus à longueur de temps, parce que je suis à Serpentard, parce que je suis une bonne élève et que j’aime participer aux cours et apprendre, parce que ma famille est connue pour son allégeance aux idées de Tu-Sais-Qui. Risquer ma peau pour des gens qui ne me considèrent pas, non merci. Mais ma famille n’est pas moi, et parfois c’est lourd d’y être rattachée même si ça a ses avantages. »


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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Lun 6 Juin - 21:56

Elle comprenait. Je pouvais le voir sur son visage, elle comprenait entièrement ce que je pouvais ressentir, pourquoi je ne m'étais pas ecore encourue, pourquoi je la questionnais, pourquoi je la détaillais du regard. Et même si elle ne ressentait pas la panique et la tristesse de mon coeur, elle la comprenait. Et c'était un début... Un début à quoi ? L'avenir nous le dira...

- Je n’ai rien de particulier contre les Gryffondor tu sais… Toute opinion est bonne à prendre même si la plupart des gens est pourrie jusqu’au trognon.

Je haussai un sourcil dubitatif. Sa réputation la poursuivait peut-être, mais il me semblait tout de même qu'elle exagèrait un peu. Tout comme moi j'avais des apriori sur les serpentards, elle devait en avoir une tonne sur les gryffondor. Si notre maison était opposée à la leurs depuis des dizaine d'années, ce n'était pas pour rien. Je la regardai maintenant avec un brin de suspition. Elle devait en voir défiler sur mon visage, des émotions. Le fait était que je ne parvenais pas à me faire une opinion sur cette fille, qui finalement n'assouvissait pas mes désirs de vengeance et de compréhension. Elle ne suivait pas le modèle des serpentards haïssant et détestable, même lorsqu'elle me prenait de haut, je percevais un je-ne-sais-quoi qui continuait de me mettre mal à l'aise. Pourquoi était-elle soudain si conciliante ? Elle avait beau ne pas être aussi peste qu'elle en avait l'air, je doutais qu'elle se soit soudainement découverte une passion pour la bonté et le don de soi. La fin de sa phrase ma rassura un peu, mais m'attrista aussi. Je ne connaissais pas l'histoire de cette jeune fille, mais je savais grâce à quelques "on-dit", que l'éducation des familles illustres et de sang purs qui le revendiquait n'était pas des plus tendre. Quoi d'étonnant à ce que ces enfants deviennent insensibles et incapables de toute compassion. Chez les moldu, la même chose c'était déroulé durant une de leur guerre, et ils avaient retenu la leçon pour des millénaires encore. A croire que nous avions plus à apprendre deux qu'inversément.

-La bonté désintéressée n’existe pas chérie. Désolée de te décevoir. On a tous notre petit côté sombre, même s’il est plus grand chez certains que d’autres, mais rien n’est tout noir ou tout blanc. Celui qui se vante être pure bonté est probablement celui qu’il faut éviter de fréquenter.

Je fronçai les sourcils, peu convaincue. Si elle avait envie de croire que le sgens étaient pourris jusqu'au trognon, pourquoi ne pourrais-je pas à mon tour faire preuve d'un peu de surréalisme ? Tout comme la bonté désinteressée n'existait pas, la méchanceté purement gratuite n'avait pas plus de raison d'être. Quand on y réfléchissait quelques minutes, toutes actions négatives avaient une cause, et souvent, ceux qui paraissaient les plus sombres et les plus enclin à la méchanceté étaient ceux qui avaient eu à la subir.
Ma baguette se mit à trembler dans ma main. Cela faisait bien une dizaine de minutes que nous nous tenions en chiens de faïences, et je n'avais jamais eu à tenir sur une aussi longue période en position de duel. Mon bras criait au relachement, et mes jambes me tiraient. Ma respiration se faisait plus forte, tandis que l'effort se faisait sentir dans chacuns de mes muscles, dont certains que je découvrais à peine. Je n'avais jamais fais preuve d'une grande condition physique, mon corps était maigre et je n'avais jamais vraiment fais d'effort pour l'entretenir...

Maryweather, quant à elle, semblait gérer parfaitement la situation, ce qui me fit me sentir un peu dépitée. Je me doutais qu'elle pourrait encore sans doute tenir des dizaines de minutes comme ça. Malgré tout, comme en réponse à mon découragement, elle baissa sa baguette, tout en restant vigilante et attentive. Il était presque clair maintenant que cette rencontre inopinée dans les toilettes ne finirait pas en duel sanglant et mortel. Même si en y réfléchissant, dès le départ, le dialogue avait été entamé. Peut-on encore vraiment attaqué quelqu'un qui discute posément avec vous ?


- Toi-même il a dû t’arriver de détester une personne, pour une raison ou une autre, alors qu’elle ne l’avait pas spécialement mérité. Parce que tu écoutes les rumeurs, ou bien que tu t’es forgé un avis sur une action, un regard, une parole, et non la personne en elle-même. C’est le défaut de tous les humains, il faut vivre avec, n’est-ce pas ?

Elle n'avait pas tord. Des souvenirs d'une certaine cousine prénomée Lyah me revenait en pleine figure... Cette jeune fille qui me ressemblait, et qui partageait la même lignée que la mienne et qui pourtant m'était apparue comme excécrable et que depuis je ne pouvais m'empêcher de détester.

- Bien sûr, dis-je, presque à voix basse. Mais nous ne sommes pas mauvais pour autant mauvais par définition...

Je baissai ma baguette, laissant pendre mon bras le long de mon corps. Ce fut un geste assez difficile, il n'était pas dans ma nature de me jeter dans la gueule du loup... Mais que je sache, les loups ne faisaient pas de philosophie dans des toilettes.
J'en avais encore eu la preuve aujourd'hui, dans la Grande Salle.


- As-tu vu le nombre de personnes qui se sont précipitées pour protéger leurs amis dans la Grande Salle ? Ils n'étaient pourtant pas à l'abri des endoloris.

Par ailleurs, je n'avais pas gardé mes oreilles dans ma poche durant les heures que j'avais passé dans ma salle commune, après l'attaque. Si ce que tout le monde craignait, et que les mangemorts prenaient vraiment contrôle du château, s'avérait deveni une réalité, certaines choses se mettaient déjà en place. Les élèves ne resteraient pas innactifs devant l'injustice et la douleur de leur camarade. Et si cela n'était pas une preuve que l'Humanité n'était pas que mensonges et fourberie, alors rien ne le serait. Car ils ne gagnaient rien à chuchoter d'un air encore terrifié, à parler de rebellion de plans et je ne sais quels risques encore... Je compris en cet instant, que là était notre salut. Oublier n'était pas possible, faire comme s'il ne s'était rien passé non plus... Il ne nous restait plus qu'à combattre, avec les moyens du bord.

- Je suis partie. Discrètement, personne ne m’a remarquée. Les mangemorts ne m’auraient pas touchée, je suis d’une famille de Sang pur, alors pourquoi risquer ma peau pour des gens qui ne cessent de me cracher dessus à longueur de temps, parce que je suis à Serpentard, parce que je suis une bonne élève et que j’aime participer aux cours et apprendre, parce que ma famille est connue pour son allégeance aux idées de Tu-Sais-Qui. Risquer ma peau pour des gens qui ne me considèrent pas, non merci. Mais ma famille n’est pas moi, et parfois c’est lourd d’y être rattachée même si ça a ses avantages.

Elle dit tout cela d'une traite. Et moi, les bras tendus le long du corps, je me trouvais plus conne que jamais. J'avais exigé dès le départ de cette conversation, des réponses de cette fille juste parce qu'elle se trouvait sur mon chemin, à ce moment précis. Il était vrai, tout simplement limpide, que les actes et les allègences de sa famille ne faisaient pas d'elle une meurtrière. Elle n'avait pas encore grand chose avoir avec les mangemorts.

- Tu penses vraiment que tu pourrais avoir le choix ?

Sa famille, les purgateurs, les mangemorts... Tout était rassemblé pour qu'elle aussi, se joigne à cette ribambelle de clowns. Mais en avait-elle envie, en réalité ? Pouvait-elle se permettre de risquer ainsi ce qui lui était dû depuis sa naissance ?

- Tu ne peux pas en vouloir aux autres de ne voir de toi que ce que tu veux montrer... dis-je doucement. Ce serait plus difficile pour toi que pour quelqu'un d'autre, c'est évident, mais...

Mais ? Sur quel terrain glissant m'étais-je avancée ? Sans même encore m'en rendre compte, je mettais en péril une organisation qui venait à peine de naître. Une seule pensée occupait à présent mon esprit. Pouvais-je lui faire confiance. Ou me jouait-elle la comédie dès le début de cet entretient. Mais dans quel but ? Cela ne lui apporterait rien, et je doutais qu'elle soit du genre à mentir juste pour son bon plaisir. Et que pourrait-elle apporter à ce mouvement, après tout... Mais je balayai cette pensée au même moment ou elle effleura mon esprit. Tout le monde ignorait ou menerait ce début de résistance, mais son but n'était pas de révolutionner Poudlard, mais bien de se sentir utile, de ne pas avoir l'impression que notre destin s'échappait de nos doigts comme des voluptes de fumées. Et cela s'appliquait aussi à cette élève. Qu'elle soit de serpentard ou encore de la famille royale de l'Angola. Tous le monde pourrait comprendre ça, n'est-ce pas ?

Mais je doutais. Et comme elle l'avait dis, même si elle me disais la vérité, j'aurais tellement du mal à y croire... Plus l'enjeu était important, plus on prenait de précaution.
Je m'approchai d'elle, fixant ses yeux de mes prunelles sombres. Nous n'étions plus qu'à une poignée de main. Ou d'un sort.


- Mais si tu as décidé de ne pas suivre les pas de tortionnaires, je peux peut-être t'aider.

Voilà, Maryweather. J'avais franchis le pas. Qu'allais-tu répondre à ça ?

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Maryweather Hargreaves
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Ven 24 Juin - 15:24

« Toi-même il a dû t’arriver de détester une personne, pour une raison ou une autre, alors qu’elle ne l’avait pas spécialement mérité. Parce que tu écoutes les rumeurs, ou bien que tu t’es forgé un avis sur une action, un regard, une parole, et non la personne en elle-même. C’est le défaut de tous les humains, il faut vivre avec, n’est-ce pas ? »

« Bien sûr. Mais nous ne sommes pas mauvais pour autant mauvais par définition... »


Mauvais ou bon par définition, y avait-il des gens qui l’étaient ? Mary ne le pensait pas, tous avaient des défauts et des qualités, et ne pas être une sainte Nitouche ne signifiait pas pour autant être le diable en personne, loin de là. Elle-même se situait plutôt dans le panier de ceux qui n’avait pas la faiblesse de se sacrifier pour autrui, et pourtant elle était capable d’éprouver des sentiments envers quelqu’un d’autre qu’elle-même. Et ça elle s’en était rendu compte dès sa première année, d’une part avec son cher serpent Arsénius, qui devait siffler comme un beau diable au fond de sa malle à l’heure qu’il était, entendant le raffut du château et ne voyant pas sa maitresse, et puis lorsqu’elle avait connu son demi-frère. Elle ne l’avait pas apprécié uniquement parce qu’ils avaient des liens de sang ou avaient étés élevés ensemble. Il y avait tellement de sorciers avec qui elle pouvait avoir des liens de sang que ça n’avait plus aucune importance pour elle. Non si elle avait continué à voir celui qu’elle appelait son frère, c’était parce qu’il était gentil avec elle, parce qu’ils s’entendaient bien. En somme, s’il n’avait pas été son frère on aurait pu dire qu’ils étaient des amis.

« As-tu vu le nombre de personnes qui se sont précipitées pour protéger leurs amis dans la Grande Salle ? Ils n'étaient pourtant pas à l'abri des endoloris. »

Non elle n’avait pas vu, ou plutôt elle n’avait pas voulu voir. Elle n’avait pas voulu être le témoin d’une mascarade sanglante où elle n’avait aucun pouvoir. Elle était trop jeune pour faire partie d’une quelconque organisation, et ce n’était pas faute d’avoir essayé de faire pencher Ambre de son côté, sans pour autant lui forcer la main. Celle-ci lui avait répondu que tout venait à point à qui savait attendre. Ainsi même si elle lui fournissait certaines informations de manière à ce que Mary ne se trouve pas au mauvais endroit au mauvais moment, elle n’était pas encore prête à lui donner de responsabilité. Et Mary n’était pas du genre à s’en donner elle-même. Si on jugeait qu’elle n’était pas capable de faire une tâche, même si elle savait pertinemment que son action pouvait renverser la balance, elle ne la ferait pas, par fierté et par rancune. Alors quoi ? Autant dire la vérité.


« Je suis partie. Discrètement, personne ne m’a remarquée. Les mangemorts ne m’auraient pas touchée, je suis d’une famille de Sang pur, alors pourquoi risquer ma peau pour des gens qui ne cessent de me cracher dessus à longueur de temps, parce que je suis à Serpentard, parce que je suis une bonne élève et que j’aime participer aux cours et apprendre, parce que ma famille est connue pour son allégeance aux idées de Tu-Sais-Qui. Risquer ma peau pour des gens qui ne me considèrent pas, non merci. Mais ma famille n’est pas moi, et parfois c’est lourd d’y être rattachée même si ça a ses avantages. »

« Tu penses vraiment que tu pourrais avoir le choix ? »


Le choix, que voulait-elle dire ? Mary n’avait jamais vraiment eu le choix de sa vie. Tout le monde décidait pour elle ce qu’elle allait faire, et elle-même s’en accommodait, soit parce que cette option lui convenait assez pour qu’elle de rechigne pas, comme lorsque sa mère avait décidé de l’inscrire en Arithmancie, ou que son père avait voulu lui apprendre des morceaux sorciers au piano, ou alors parce qu’il était ridicule de trépigner et de contester un choix de quelqu’un qui avait plus de pouvoir que vous. Ambre décidait qu’elle n’était pas prête à rejoindre les purgateurs, soit, ne plus lui parler brisait à cours sûr l’espoir de les rejoindre un jour, alors qu’attendre et se plier à son choix, lui laissait la possibilité qu’elle change d’avis une fois Mary plus âgée. Non Mary pensait qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’avoir le choix. Faire un choix c’était difficile, et ça impliquer de se fermer des portes et de ne pouvoir s’en prendre qu’à soit même.

« Tu ne peux pas en vouloir aux autres de ne voir de toi que ce que tu veux montrer... Ce serait plus difficile pour toi que pour quelqu'un d'autre, c'est évident, mais... »

Elle avait plutôt raison, mais Mary ne pouvait pas tourner le dos à sa famille, pas comme ça. Comment réagirait son père s’il apprenait qu’elle se baladait dans les couloirs en gloussant ? Si elle fraternisait avec des né-moldus ? Et il le saurait, Millicent le dirait à sa famille, sans pour autant vouloir lui faire du mal, quoi que… si elle se mettait à devenir traitre à son sang ça pouvait arriver, et sa famille le répèterait à celle de Mary. Et son père entrerait dans une colère noire, la déshériterait comme il l’avait fait pour son frère. Elle ne pouvait pas se mouiller et montrer en public autre chose que ce que sa famille voulait voir, elle avait trop peu à gagner et beaucoup trop à perdre.

En revanche la dernière phrase de Traice l’intriguait. Existait-il quelque chose qui soit difficile à faire à Mary ? Retourner sa veste, lancer des sorts aux mangemorts à visage découvert. Oui ce serait du suicide, les mangemorts étaient encore plus cruels avec les traitres à leur sang qu’avec les né-moldus, et peut-être même les moldus.


« Mais si tu as décidé de ne pas suivre les pas de tortionnaires, je peux peut-être t'aider. »

Traice s’était rapprochée d’elle maintenant, et il était clair qu’aucun sort ne serait lancé ce soir là dans les toilettes des filles. Si elles devaient avoir un différent, ça se finirait à main nues, elles étaient trop proches l’une de l’autre pour qu’il en soit autrement. Mary la regarda droit dans les yeux, elle ne comprenait pas vraiment où elle venait en venir. Etait-il possible que les quelques phrases que Mary avait prononcé l’aient mis en confiance ? Ainsi il suffisait d’être franche et de dire la vérité et la confiance arrivait encore plus vite qu’en écoutant simplement la personne.

Mary n’aurait jamais juré qu’une Gryffondor qu’elle connaissait à peine puisse lui proposer de l’aider, elle, la Serpentard de sang pur, véritable peste aux yeux des autres. Mais l’aider à quoi ? A tourner le dos à sa famille ? Elle ne le pouvait pas, ce ne devait pas être ça, Traice n’était pas idiote et elle devait bien se douter que Mary ne ferait rien contre sa famille. Alors quoi, s’intégrer aux autres maisons, faire en sorte que les gens ne voient plus uniquement une peste détestable en elle. Étonnamment l’idée ne lui déplaisait pas tant que ça, au contraire.


« Il m’est impossible de ne pas suivre les pas de ceux que tu appelles les tortionnaires. Ou du moins de ne pas faire semblant de le faire. »


Les doigts de Mary se crispèrent sur sa baguette qui pendait maintenant le long de son corps. Elle ne savait plus vraiment quand est-ce qu’elle l’avait complètement baissée, mais le résultat était là. Pour la première fois depuis le début de leur joute verbale, elle baissa les yeux en signe de faiblesse. Elle ne savait pas quoi penser, tout ce qu’elle dirait à l’instant aurait une influence sur l’avenir, ce n’était pas comme choisir quelle robe mettre à une soirée ou quel aliment donner à un véracrasse. Lorsqu’elle reprit la parole, sa voix n’était pas plus forte qu’un filet, elle chuchotait presque.

« Il y a des personnes que je veux protéger dans les deux camps… »

Maintenant qu’elle y réfléchissait, plein de noms lui venaient en tête. Du côté des mangemorts, ses parents pour commencer, puis Ambre, Millicent et sa famille, probablement le petit Jay selon ce qu’elle avait pu en déduire, et du côté de ceux qui résistaient, James pour commencer, et puis son frère Caïn, la petite Hannah qu’elle avait aidé en cours de Soin Aux Créatures Magiques, une grande partie de son équipe de Quidditch… Elle avait vraiment trop à perdre si les mangemorts se rendaient compte qu’elle choisissait ouvertement le camp adverse, et vice versa. Elle reprit d’une voix plus forte.

« Mais une chose est certaine, même si certaines de leurs idées peuvent ressembler aux miennes, je n’approuve pas les méthodes des mangemorts. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se contentent d’obéir aveuglément à celui qu’ils appellent leur maitre. »


Avoir envie de rejoindre les purgateurs était une chose, être pour les mangemorts en était une autre.




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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Sam 17 Sep - 19:00

Nos baguettes étaient à présent toutes les deux baissées. J'observai une fois de plus la fille qui me faisait face, détaillant chaque traits, chaques mouvements presque imperceptibles de son visage de marbre blanc. Et en la regardant, un sentiment de triomphe et de fierté tel que je n'en avais jamais ressentis envahit mon corps tout entier, me donnant la chair de poule. J'avais réussis. Nous avions réussis.
Une bataille comme Poudlard n'en avait peut-être jamais connu s'était déroulée sous nos pieds, blessant, déchirant, et marquant les mémoires au fer rouge de la mort. Il y aurait toujours un "avant" et un "après" lorsque nous penserons à nos vies. Mais dans ces stupides toilettes dont mimi geignarde avait abandonnée les tuyaux d'évacuation, deux jeunes filles, d'âges différents, de familles différentes, de maisons différentes, d'ideaux différents, avaient réussis à surmonter ce que des centaines, des milliers de gens ne parvenaient pas à faire taire.. Et cela, juste pour parler. Nous nous étions menacées de nos baguettes, nous nous étions fais face en tant qu'ennemies, mais maintenant, qu'étions-nous l'une pour l'autre ? Ce n'était pas une question primordiale, et si le temps nous l'accordait, nous aurions tôt fait de le découvrir.. Mais nous avions réussis à nous comprendre. Elle m'avait entendue, écoutée. Et j'étais parvenue à me mettre à sa place, qui, aux yeux de n'importe qui d'autre, aurait parue infiniment simple.

Mais peut-être étais-je trop jeune, trop naïve. Peut-être que l'intêret qui avait remplacé la méfiance dans les yeux de Maryweather était calculé, peut-être que j'allais faire basculé les derniers espoirs de gens près à tout pour faire regagner à Poudlard sa liberté et son honneur d'autre fois.. Mais..

Mais nous n'étions pas des mangemorts, ou des purgateurs. Nous avions des valeurs d'entraides, nous voulions croire qu'il pouvait y avoir du bon en chacuns de nous. Alors comment pourrais-je regarder cette fille, écouter ses doutes et ses hésitations, sa fausse arrogance effacée, et me dire qu'elle me ment, après tout ce que nous venions de vivre ? Personne ou presque n'était capable de ça. D'être faux à ce point, et de simuler une confusion que l'on sentait presque suinter des murs du château..


« Il m’est impossible de ne pas suivre les pas de ceux que tu appelles les tortionnaires. Ou du moins de ne pas faire semblant de le faire. »

Je m'étais rapprochée d'elle et nous nous fixions toujours avec la même intensité, même si nos regards ne voulaient plus du tout exprimer la haine ou la colère.
Je me rendis compte que cela devait être encore bien plus difficile pour elle que pour moi. Certes, j'étais de sang pur, et, je m'en rendais compte, "traître à mon sang". Je risquais aussi gros si je m'investissais contre ces forces qui se mettaient en place. Mais mes parents m'avaient toujours laissé l'esprit libre de choisir mon camp, mes idéaux et mes préférences, et ne m'en voudraient jamais de ne pas être du même côté qu'eux, s'ils en avaient un, ce qui n'était même pas certain.. Le chemin dans lequel je m'avançais serait peut-être difficile, mais je n'affronterai pas des amis, ni ma famille, je ne décevrai personne, et je me battrai pour des choses que je croyais juste, et pour lesquelles j'étais persuadée qu'il fallait lutter. Mais elle.. Sa famille et ses amis baignaient dans cette culture de sang purs depuis leurs naissances, on leur avait appris à respecter et à aimer ce statut de privilégiés. Et maintenant, elle devrait tourné le dos au monde qu'elle avait connu jusqu'à présent juste parce qu'il devient fou ? On ne pouvait pas tourner la page d'un coup de baguette magique, et j'ignorais même si elle en avait envie. Je comprenais. Entièrement.

Mais la porte que j'avais ouverte en lui disant qu'on avait toujours le choix et que je pouvais peut-être l'aidée, elle ne l'avait pas totalement refermée.. Au contraire, tout comme moi, elle avait fait glissé une petite note d'espoir, qui avait entrebaillé un peu plus la porte.
Ce qu'elle proposait me paraissait néanmoins presque infaisable, si j'avais bien compris où elle venait en venir.. Faire semblant auprès des pro-mangemorts qu'elle était fidèle à leurs valeurs et leurs croyances, et pourtant, se battre à nos côtés pour défendre des gens qu'elle appréciait malgré tout..
Ma tête bourdonnait tellement je m'efforçais de comprendre les conséquences qu'auraient une telle alliance.. Je la fixai à nouveau, mais elle baissa les yeux. J'avais réussis à percer sa carapace, mais elle la laissait fragile et l'air perdu qui était affiché sur son visage me serra le coeur.
Son chuchotement m'obligea à m'approcher plus encore, mais je n'avais plus peur du tout, et sa soudaine honnêté me donnait envie ... de lui faire confiance. Vraiment confiance.


« Il y a des personnes que je veux protéger dans les deux camps...»

Je hochai la tête en signe de compréhension.

« Je peux t'aider à faire ça. C'est ce que nous voulons tous, que personne ne soit blessé. »

Et c'était vrai, pour moi en tout cas et j'insistais sur le mot "personne". Je détestais les mangemorts, mais je ne souhaitais à personne la souffrance qu'avaient vécu les victimes de la Grande Salle. Même pas à leurs bourreaux. Je me refusais à la violence aussi surement qu'aux dogmes stupides que prônaient ces têtes masquées. Car pour moi, user du pouvoir de la violence était tout simplement m'abaisser à leur niveau. Mais j'étais peut-être stupide de penser qu'on pouvait affronter des mages noirs avec de belles paroles.

« Mais une chose est certaine, même si certaines de leurs idées peuvent ressembler aux miennes, je n’approuve pas les méthodes des mangemorts. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se contentent d’obéir aveuglément à celui qu’ils appellent leur maitre. »

Je la regardai d'un air étonné. Sa voix avait repris de l'ampleur, et j'y entendais une nouvelle détermination. Je me demandai si j'avais été à sa place.. Dans sa famille.. Si j'aurais pu faire preuve d'autant de lucidité et de réflexion. Un sourire étira mes lèvres, fatigué, mais admiratif. J'étais contente d'être entrée dans ces toilettes, finalement. Et heureuse de connaître cette partie de la personalité de la silhouette frêle qui se tenait toujours devant moi.

« C'est vrai... Mary, je sais que tu te rends très bien compte des enjeux de tout ça. Mais... »

J'hésitai un instant, de peur de briser cette confiance éphèmère qui s'était glissée à l'improviste entre nous.

«... Si de toute façon rester neutre n'est pas possible pour toi, serais-tu prête à faire face à tous les dangers que cela implique ? »

Après tout... Comme moi, elle n'était encore qu'une gosse jetée dans une cruauté qui ne nous concernait pas encore.

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Maryweather Hargreaves
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Sam 12 Nov - 13:17

Être à ce moment précis dans les toilettes de Poudlard, avec une jeune fille de Gryffondor dont le visage était rendu blafard par la faible luminosité de la pièce, n’était pas forcément une bonne chose pour Mary. Pour sa réputation, ou peut-être même sa vie. D’autant plus qu’elle ne ressentait plus d’animosité envers elle, seulement un peu de méfiance peut-être. Comme elle en aurait toujours. Et elle eut envie de lui faire comprendre, qu’elle n’était pas à mettre dans un panier, qu’elle avait ses propres idées et ses propres idéaux. Alors qu’elle lui promettait une aide que personne d’autre du genre ne lui avait proposé. En effet rare étaient ceux qui aidaient Mary, d’une part parce qu’elle n’avait absolument pas besoin d’aide, et d’autre part même si c’était le cas elle ne le faisait pas savoir et personne ne la lui proposait naturellement. Encore moins quelqu’un de quasi inconnue.

« Mais une chose est certaine, même si certaines de leurs idées peuvent ressembler aux miennes, je n’approuve pas les méthodes des mangemorts. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et se contentent d’obéir aveuglément à celui qu’ils appellent leur maitre. »


« C'est vrai... Mary, je sais que tu te rends très bien compte des enjeux de tout ça. Mais... »


Elle se tue un instant, comme si elle hésitait. Etait-ce calculé ou non ? Impossible de le lire dans ses yeux. Mary ressentit comme une sorte d’irritation, évidemment qu’elle se rendait très bien compte de ce qu’elle lui avait proposé, elle n’était pas du genre à lancer des paroles en l’air, loin de là. Alors pourquoi cette pause, Mary voulait savoir ce qu’elle avait à lui proposer, si ça pouvait servir ou non ses intérêts, à savoir protéger du mieux possible le plus de personnes importantes à ses yeux.
Être un agent double ce serait facile pour elle et seul le véritaserum était capable de lui tirer les vers du nez à sa connaissance. Les ailes de son nez palpitèrent à cette pensée, et les secondes qui défilèrent avant que l’asiatique n’ouvre la bouche à nouveau lui parurent une éternité.


«... Si de toute façon rester neutre n'est pas possible pour toi, serais-tu prête à faire face à tous les dangers que cela implique ? »

Faire face à tous les dangers, qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Se montrer à visage découvert, choisir un camp, décevoir la moitié des personnes qu’elle aimait. Non. Elle ne pourrait pas, perdre la moitié de tout ce qui comptait pour elle c’était trop dur. Et à la limite, quitte à choisir, elle savait que des personnes comme Caïn ou James pourraient la pardonner d’avoir fait un choix contraire à leurs idéaux. Pas Ambre, ni ses parents. La forcer ici et maintenant à choisir de quel côté se ranger n’était vraiment pas une bonne idée, pour Traice du moins. Il semblait bien qu’elle ait plus à perdre qu’à gagner.

« Non. »

Il était bref, franche, tranché. Non jamais elle ne ferait face aux dangers qu’un choix impliquerait, son choix était déjà fait, être dans les deux camps ou n’être dans aucun, aucune alternative possible. Elle se tue quelques instants en prenant bien soin de ne pas regarder Traice. Elle imaginait trop bien sa déception sur son visage. Son regard bleuté se perdit un instant dans la flamme vacillante d’un flambeau, puis revint sur le visage pâle de sa camarade.

« Non, je ne pourrais pas faire face à ce qui m’attends si je choisis un seul camp, désolée Traice. Je ne peux pas être uniquement dans le tiens. »

Elle baissa les yeux un instant comme pour chercher ses mots, êtres sûre de ne pas dire de bêtises ou d’énormités ou quoi que ce soit qu’elle puisse regretter.

« Faire face aux dangers, non, les assassiner lâchement dans le dos, peut-être. Je préfère qu’on n’ait pas confiance en moi pour des raisons évidentes, plutôt qu’on me haïsse pour quelque chose que je n’ai pas voulu. »

Elle fit quelques pas vers la porte comme pour signifier que cette conversation était terminée, puis se retourna brusquement.


« Je peux vous aider Traice, je peux infiltrer facilement les purgateurs et savoir ce qu’ils préparent, et vous le dire, cela servirait mes intérêts autant que les vôtres. C’est à toi – à vous – de voir si vous voulez de l’aide d’un serpent. »


Elle venait d’inverser les rôles, ce n’était plus Traice qui proposait son aide à Mary, mais le contraire. Et Mary ne proposait que très rarement son aide à quelqu’un, franchement, comme c’était le cas à ce moment là. Il était certain que la décision finale n’était pas du ressort de Traice, elle n’était encore que très jeune et n’avait aucun poids dans les décisions de Poudlard, la résistance, lui chuchota une voix dans sa tête. Mais elle pouvait être l’actrice de l’avenir de Mary, ce qu’elle dirait ou ne dirait pas pouvait influencer sa vie future.

« Ils ne sont pas tous venimeux tu sais. » Ajouta-elle avec un petit sourire, à la fois triste et joyeux, mais non joué, pour une fois.

Ainsi quelque soit l’issue finale de cette conversation, Mary était certaine d’une chose, elle en était sortie grandie et différente. Maintenant elle se sentait prête, réellement prête, et pas juste pour assouvir les fantasmes d’une petite fille gâtée qui a grandit trop vite, à entrer chez les purgateurs. Elle savait que les mots viendraient tous seuls que ce ne serait pas comme pour la discussion sur le pont avec Ambre. Elle se sentait moins gamine, plus mûre, et surtout elle avait un véritable mobile. Et si son plan se déroulait comme prévu, elle pourrait faire grandir les deux côtés de son âme pour enfin peut-être faire un véritable choix un jour. Un choix qui ne soit motivé ni par la vengeance, ni par la haine, ni par un quelconque sentiment aussi fort soit-il, mais vraiment par ce qu’elle était au fond d’elle-même, et non pas ce qu’elle voulait faire croire aux gens qu’elle était.

Et ce qu’elle était au fond d’elle-même, Mary ne le savait pas – pas encore – les circonstances de son enfance, son éducation, ses relations faisaient qu’elle avait dû cacher son cœur derrière un mur de pierre, à tel point que même elle ne pouvait plus le franchir. Et ce qu’elle désirait le plus au monde, c’était de trouver quelqu’un qui puisse briser ce mur, sans blesser ce qu’il cachait. Et elle espérait que James serait cette personne.


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Traice Swily
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MessageSujet: Re: Abjection & Infamie. (PV M.H)   Dim 20 Nov - 23:06

« Non. »

Au moins, je ne pourrai pas lui reprocher la moindre malhonnêté. J'avais définitivement cessé de penser qu'elle me manipulait, et cela facilitait grandement la fluidité de mes pensées. Je pouvais maintenant vraiment me concentrer sur les enjeux innatendus de cette conversation, même si je n'en avais plus vraiment envie, la fatigue du choc me rattrapait. Face à cette réponse claire, je me devais de l'être aussi. Mais je voulais en entendre plus.

« Non, je ne pourrais pas faire face à ce qui m'attends si je choisis un seul camp, désolée Traice. Je ne peux pas être uniquement dans le tiens. »

Est-ce que je comprennais bien ? Me proposait-elle de n'être qu'à demi dans notre camp ? Je reconnaissais bien là finalement un des aspects de la personnalité si répandu chez les serpentards : ils ne perdaient jamais le nord. Tandis que je m'appitoyais encore sur l'attaque, les blessés et toutes les répercutions irréversibles de cette journée, Mary se tournait déjà vers le future. Peut-être que nombreuses des personnes se trouvant dans la grande salle devrait en faire autant.
J'attendais toujours qu'elle m'en dise plus. Elle ne pouvait se contenter de me dire ce qu'elle ne pouvait pas faire. Elle était entrain de prendre une décision je le voyais dans son regard. Ou plutot, elle savait déjà ce qu'elle voulait. Ce qu'elle voulait tirer de moi, et de cette situation.

Plus que jamais, je voyais là une des qualité des verts et argents, alors qu'auparavant je ne voyais en eux que des êtres méchants désillusionnés et sarcastiques. Mais là, je voyais presque les rouages du cerveau de Mary se mettre à tourner de plus en plus vite. Ici, son ambition la poussait à voir jusqu'à quel point elle pourrait aider ses amis. Ici, son esprit calculateur se transformait en intelligence pure, et je me rendis compte qu'à côté d'elle, je ne faisais pas vraiment le poids.
Plus que notre différence d'âge, je voyais à quel point la dureté de son éducation et du milieu dans lequel elle vivait l'avais endurçie. Alors que je tremblais encore un peu, tentant d'absorber avec attention tout ce qu'elle me disait, elle prenait des décisions, prévoyait. Se mettait en danger. Je me dis que Mary était le genre de personna à faire avancer les choses, et le monde. Pas quelqu'un comme moi, qui se contentait d'avoir de belles idées sans savoir comment aider.

Mary baissa ses yeux claires, avant de reprendre.


« Faire face aux dangers, non, les assassiner lâchement dans le dos, peut-être. Je préfère qu’on n’ait pas confiance en moi pour des raisons évidentes, plutôt qu’on me haïsse pour quelque chose que je n’ai pas voulu. »

Encore une fois, elle ne pouvait être plus sincère. Et pour quelqu'un qui s'apprêtait à jouer un rôle aussi dangereux, c'était sans doute la meilleure chose qu'elle avait à faire. J'hochai la tête, compréhensive. Je ne dis toujours rien. J'avais l'impression d'avoir assez étalé mon ignorance et ma naïveté. Cette rencontre m'aura enrichie et m'aura au moins apprise une chose : parler pour répéter de veines et inutiles choses est stupide. J'avais tergiversé longuement avant de vraiment oser parler à Mary, et finalement elle avait pris les devants. Simplement.

Elle se retourna et fit quelques pas vers la porte. Je faillis l'appeller pour la retenir, mais elle se retourna brusquement et dit :


« Je peux vous aider Traice, je peux infiltrer facilement les purgateurs et savoir ce qu’ils préparent, et vous le dire, cela servirait mes intérêts autant que les vôtres. C’est à toi – à vous – de voir si vous voulez de l’aide d’un serpent. »

C'était dis. Tout était dis, en une phrase, dans des toilettes hantées, dans un château déchiré par la haine et la douleur. Nous avions fais un pas de plus vers la paix et la réconciliation. Mais en voyant son regard dur et décidé, je compris qu'il allait falloir que je devienne un peu comme elle. Pour le bien de Poudlard, et de tous ceux qui ont souffert.

« Ils ne sont pas tous venimeux tu sais. »

Je lui souris doucement, et mon regard s'adoucit. Cette conversation était presque terminée, elle avait dis tout ce qu'elle voulait me transmettre, je le sentais. Tout dépendait de moi, et des mots que je livrerai en rentrant dans ma salle commune. Mais plus que cela, un lien c'était créé, entre deux personnes que tout opposait. Je trouvais ça beau. Maintenant, il fallait aussi que cela serve à quelque chose.

«Je l'ai compris aujourd'hui. Et je ferai tout pour que cela fonctionne Mary. Bonne chance. »

Même si je savais que ce qui allait arriver n'avait rien avoir avec la chance. Sur un dernier regard, tellement différent de celui qui avait entamé cette rencontre, elle se retourna, et quitta la pièce. Juste avant qu'elle passe la porte, j'eus le temps de lui glisser deux derniers mots.

« A bientôt. »

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