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Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]

 

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 Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]

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Claire Austen
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MessageSujet: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Ven 18 Fév - 23:01

Une cuillère lourde de porridge et de mélasse à la main, j'en étais à ce stade de la journée, revêtue de mon uniforme, les cheveux noués en une sage queue de cheval et les yeux encore fatigués d'un réveil de dernière minute. Je n'étais pas en avance mais depuis longtemps je n'étais pas encore en retard ce qui, pour un cancre est une belle avancée! Les idées aussi fluides que le porridge, mon regard endormi fixait d'un air absent mon petit-déjeuner. Le garçon en face de moi, en septième année pour ce que j'en savais, se retenait d'étaler sur son visage anguleux un mince sourire. Pour ma part je l'ignorai, purement et simplement, trop occupée à ne penser à rien, ce qui n'était pas très compliqué. Soudain le bruit familier de dizaines de battements d'ailes emplit la grande salle, la salve des hululements et des bruits perçants éclata. D'un seul mouvement les têtes se retournèrent et les regards cherchèrent parmi cette entrée bruyante de rapaces le sien. Je n'eus pas besoin de me fatiguer. Un hibou grand-duc fondit sur la table des serpentards, ses larges et belles ailes beiges déployées, il vint se poser en douceur à côté de moi. Je me permis un sourire moqueur lorsqu'un hibou de petite taille, surexcité et sautillant dans le bol de porridge du garçon en face de moi piailla si fort que quelques têtes se tournèrent vers lui.

Il me tendit sa patte à laquelle était attaché un fin parchemin. En une fraction de seconde je reconnus l'écriture distinguée de mon cousin Peter. Je détachai mon courrier et remerciai le rapace de sa mission par une douce caresse. Chronos, le hibou grand-duc de Peter trempa son bec dans le gobelet de jus de citrouille que je lui tendis et après un morceau de biscuit il reprit son envol. La scène aurait pu être banale si dans la seconde qui suivit l'envol de Chronos un autre hibou, moins fringant cette fois-ci ne s'était posé à ma table. Accessoirement des dizaines d'autres volatiles, tout aussi gracieux remplirent leur mission, à savoir distribuer aux abonnés la Gazette du Sorcier. Dans la minute qui suivit ce fut le silence qui me noua les tripes. Tout à coup non seulement je n'avais plus faim mais en plus, et c'était peut-être ça le plus écœurant dans l'histoire, j'étais au bord de la nausée. Je vis le garçon face à moi blêmir, j'entendis le murmure gronder, monter et enfin des bribes de paroles vriller mes tympans.


Citation :
Sachez, chers concitoyens, que vous n'êtes pas seuls. Le ministère de la magie est en étroite collaboration avec les ministères des autres nations. Nous ne laisserons pas les plus sombres et honteuses heures de l'Histoire se répéter. C'est unis, main dans la main et non pas baguettes contre baguettes que nous tous, sorciers et sorcières de tous horizons feront dignement face à notre destin. Le glaive de la justice ne connaîtra pas de frontières, les criminels seront traqués et châtiés pour leurs offenses à la communauté magique. Il est primordial, vital même de conserver, renforcer les liens noués hier et aujourd'hui. C'est par la solidarité, la tolérance et la fraternité que nous repousserons les ombres qui nous guettent. Seule la lumière de nos baguettes unies chassera les ténèbres.

Desmond I. Austen, Directeur du Département de la coopération magique internationale.

A la table des serpentards les plus jeunes conservaient le nez dans leur assiette, sage décision par ailleurs, et seuls les plus âgés, certains de pouvoir endurer quelques secondes ma fureur osèrent se pencher légèrement et guetter sur mon visage pâle, spectral les signes avant-coureurs de la rage. Livide de rage, le regard si familier et honni en cet instant de mon père, Desmond Austen, chef du département de la coopération internationale me toisait, défiait mon ardeur, mes beaux projets. Je reconnais bien sa prose, ce mélange solennel et terre à terre, cette manière bien à lui d'épaissir la fumée noire de vos peurs et la dissiper de son regard rassurant. Pourtant mon père avait changé. Il ne souriait pas, le regard dur, sévère, sa lèvre inférieure frémissait d'une rage contenue et son regard glacé n'exprimait aucune compassion. Honteuse comme jamais, je sentais sur ma peau la brûlure de tous ces regards avides et amusés, leurs murmures me blessaient, ravivaient une plaie encore trop fraîche. D'un bond je me levai, les traits aussi durs et froids que ceux de Desmond Austen et à cet instant, bien malgré moi, la ressemblance avec cet homme dont je ne me glorifiais plus était évidente. Furieuse, la rage crispait mes traits et à ma place, là où quelques minutes plus tard le porridge était dans le bol il s'étalait à présent sur la table, crème et or, un relief sur le bois âgé.

En quittant la grande salle mon regard étincelant de fureur croisa celui plus lisse, froid et noir de Woodley ma directrice. D'une main elle tenait la Gazette du Sorcier, comme si de rien n'était et m'observait de ses yeux noirs et pénétrants, creusait derrière l'iris jusqu'à mon cerveau, là où les envies de meurtre fluorisaient. Je compris rapidement le message. Sans un mot, silencieuse et brûlante d'une colère contenue, je quittai la grande salle, la tête haute mais la démarche raide. Je me foutais royalement d'être collée pour avoir défoncé le crâne d'un abruti à coups de gobelet mais par dignité et orgueil aussi je préférais ne pas m'abaisser à cela. L'esprit survolté, je n'entendis ni ne compris rien aux cours qui suivirent.

Cette scène humiliante datait de deux jours. Et en deux jours j'avais eu tout le temps de bénéficier des railleries de mes camarades. Les Gryffodor ne s'en privaient pas et le pire était qu'ils appréciant le discours de mon paternel. Les Serpentards quant à eux n'osaient, du moins en ma présence, commenter l'affaire. En revanche, dès que j'avais le dos tourné ils s'en donnaient à cœur joie, trop heureux de pouvoir laisser cours à leur lâcheté. Très rapidement je m'étais débrouillée pour dissiper le malentendu au sein de ma maison. Un garçon de deuxième année était encore coincé à l'infirmerie suite à un maléfice mystérieux...

Pourtant cette nuit-là j'étais détendue. La tempête sévissait toujours, il ne fallait pas rêver, ce n'était pas en deux jours que j'obtiendrais la paix mais ma rapide mise au point suffit à calmer les esprits enhardis. Dans la cheminée ronflait le feu, calme et régulier, il dispensait sa chaleur et chassait l'humidité naturelle des cachots. Le ronron des flammes, le crépitement sec du bois qui craque sous les caresses brûlantes des langues de feu me plaisait bien. A mon aise, sereine malgré la lettre que je m'empressais de rédiger à l'adresse de Peter, mes oreilles guettaient le moindre bruit car pour l'instant, hormis les voix basses et jeunes de deux élèves en grande conversation, la salle commune était à peu près vide. Or il était impératif qu'il n'y ai pas âme qui vive en dehors de moi. Pourtant je ne bronchai pas, ma plume courait toujours sur le parchemin griffonnant d'un bord à l'autre une réponse, l'expression sincère de ma pensée. Là encore je préférais me tenir éloignée de regards indiscrets car la teneur de mon courrier en disait long sur mes intentions.


« Tu as certainement lu cet immonde article dans la Gazette du Sorcier. C'était si humiliant! J'ai gardé la tête haute mais ce n'était pas l'envie de partir en courant qui me manquait. Ses propos étaient ridicules Peter, ridicules! Comment peut-il sincèrement penser ce qu'il a dit ? N'a-t-il donc pas d'honneur, a-t-il oublié de quelle lignée il est issu ? C'est répugnant, c'est un tas d'immondices. A part ça je me porte bien. Physiquement. Ne t'inquiètes pas, je sais ce que je fais, je ne serais pas à la rue à la fin des cours. J'ai des projets et pour le mener à bien votre expérience me sera utile. Je vous embrasse.
P.S : Est-ce que ça tient toujours pour la Bulgarie ? »


Ma lettre terminée, je me mis à penser à nos beaux projets... Tous les étés j'étais autorisée à partager quelques jours, parfois quelques semaines avec mes cousins Peter et Edmund. Père, trop occupé par ses fonctions trouvait rarement un peu de temps à me consacrer, et mère, pour des raisons plus futiles se félicitait de mon départ. Sa fille en moins dans les parages elle pouvait pavaner dans le beau monde à son aise sans craindre un scandale. Pourtant cette année je n'étais plus aussi certaine de mes vacances d'été. Déshéritée, quasiment à la rue et définitivement brouillée avec ma famille j'éprouvais de l'anxiété à l'idée de me rendre en Bulgarie comme si de rien n'était, partager les rires de mes cousins et leurs amis et surtout croiser le regard de mon oncle, le frère aîné de mon père. Nul besoin de lire sa lettre pour m'imprégner de sa vérité, chaque mot, chaque virgule se détachait soigneusement, je pouvais entendre son rire fort vibrer dans sa gorge, ses yeux bleus pétiller... Malheureusement ces souvenirs là ne se prêtaient pas à sa missive, tranchante et crue. Selon lui j'étais la seule à me voiler la face...

Un livre se referma d'un bruit sec, les voix se firent plus aiguës et colériques et tout à coup il n'y eût plus aucun bruit hormis le ronron félin du feux dansant. Je fis mine de ne rien remarquer, pliais le parchemin pour le ranger dans la poche de mon pyjama et entrepris de jouer avec ma baguette. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, lorsqu'ils virent ma baguette se lever et exécuter des mouvements souples mais secs ils préférèrent couper court à toute dispute. Une minute plus tard la salle commune était vide. J'attendis une minute de plus pour monter à mon tour dans mon dortoir, sur la pointe des pieds, féline et silencieuse, ma baguette le long de ma cuisse, prête à lancer des éclairs. Silencieuse, mes lèvres remuèrent et de petites étincelles dorées jaillirent de ma baguette pour former un serpent qui ondula sur le sol de pierre sans un bruit. Lentement, la faible lumière qui émanait de ce corps immatériel se faufila, serpentine et discrète pour remonter jusqu'au lit d'Olivia Balsey, se glisser sous ses draps et lui chatouiller les orteils. J'attendis une dizaine de secondes puis j'ouvris tout aussi discrètement une autre porte, celle du dortoir des filles de cinquième année. A nouveau le serpent fila, terne boule de lumière qui s'en alla chatouiller Ambre Serana.

Je l'ignorai encore mais Aurore, la cousine d'Ambre, cette si peu chère Miss Serpentard faisait partie des leaders. Olivia ne m'avait pas donné son nom, tout ce que j'avais à faire c'était leur donner le signal, à elle et Ambre. Satisfaite de mon plan je redescendis dans la salle commune, vêtue de mon pyjama bordeaux, pris place sur le fauteuil que je fis pivoter d'un coup de baguette. Ma baguette en main, les orteils tendus vers le feu j'attendis patiemment que descendent les trois filles, toutes trois membres des Purgateurs. Cette nuit inaugurait une ère nouvelle pour Poudlard.

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Olivia Balsey
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Mer 23 Fév - 13:36

J'étais là quand c'était arrivé.

Tout ce qu'il y avait de plus banal, un petit déjeuner dans la Grande Salle. Comme chaque matin, j'étais présente, le fidèle jus de citrouille que je consommais chaque jour avant d'entamer une ou deux tartines de confiture, devant ma place habituelle. Le bruit était incessant, grâce aux rumeurs des conversations qui l'alimentait ne présageant ainsi donc rien de nouveau à l'horizon. Cela se révélait être un début de journée comme les autres, avec tout ce qui s'en suivait, des cours, le déjeuner, encore des cours, un peu de repos dans la salle commune et enfin le repas du soir. Ensuite, c'était direction les dortoirs pour donner naissance à une nouvelle journée identique et tout à fait monotone. Je n'étais pas une très grande fan de la routine, trop fadasse à mon goût, il fallait une trame de départ; c'était ensuite aux élèves de la modifier comme bon leur semblait. Et bien non, ils se contentaient de la suivre bêtement, comme tout les idiots qu'ils étaient. Ils étaient heureux comme ca et ne demandaient rien de plus, leurs exigences satisfaites, que demander de plus alors ? Je ne les comprenais pas. Répéter les même paroles, les même gestes, aller dans la même direction... J'étais plutôt du genre à avancer à contre courant, pas dans le but d'être dans le feux des projecteurs, ce que certains essayaient malgré tout de faire sans succès (ce qui au final les rendait ridicules), mais surtout parce que cela avait plus de sens pour moi de tracer ma propre route. Bien sûr nous étions plusieurs personnes à emprunter ce même chemin, mais qu'importait puisque comme moi, ils avaient compris que rester dans ce moule qui tentait de nous forger à l'image de la société actuelle était une cause perdue d'avance.

Heureusement pour moi ce souhait allait être exaucé ce matin.

S'il convenait de nommer ca de la chance, pour d'autre personnes, ca changeait tout et au contraire, j'étais à peu près certaine que la principale concernée aurait sûrement voulu être ailleurs en cet instant plutôt qu'ici, en compagnie de cette population Poudlarienne qui dès à présent, alors qu'ils lisaient la Gazette du Sorcier ne considéraient plus la dite Claire Austen comme une potentielle menace pour leur petite personne dans les couloirs de l'école. A leur place, toutefois, je trouvais plus sage d'éviter toute parole mal placée qui pourrait leur causer du tort, je savais que la sentence serait alors terrible. La Serpentard n'avait pas cette réputation pour rien, même si elle venait d'être entachée par les propos que tenaient son père dans le journal.
J'avais négligemment déplié la Gazette d'un geste sec de la main (apportée pour une chouette hulotte) alors que je buvais le contenu de mon verre, sans encore connaître la cause de ce silence, pâle comme la mort qui venait de s'installer. Est-ce qu'on annonçait le meurtre d'une famille de sorciers célèbres, ou alors l'assassinat de traitres à leur sang ? A moins que la cause ne soit qu'un misérable « accident » qui n'en était pas réellement un comme tout le monde le savait ici, qui avait causé la fin de quelques moldus... Rien de tout ca pourtant, alors que mes yeux parcouraient rapidement ce qui attiraient apparemment l'attention de tout les élèves présents dans la Grande Salle à cette heure ci. Ici était rapporté les paroles de Desmond Austen, Directeur du Département de la coopération magique internationale, mais également le père de Claire, et c'était là que ca devenait plus intéressant. Tout le monde connaissait plus ou moins le point de vue de la vert et argent quant à la situation dans laquelle nous vivions tous actuellement, et forcément, ca allait jaser. Ce n'était pas tant la réaction sa réaction qui m'inquiétait car je ne doutais pas qu'elle saurait clouer le bec aux plus bavards, mais c'était surtout comment justement les autres élèves allaient se comporter dès à présent. Ils étaient tous plus ou moins stupides, mièvres et niais. Je voyais déjà le regard réjoui des Gryffondor.

Tellement bas tout ca.

Il leur en fallait peu pour être heureux, à mon avis, ce n'était pas la peine d'en faire tout un foin pour si peu, car je connaissais plus ou moins ce cas de figure. Je ne pouvais pas considérer mes parents comme des traitres à leur sang, parce qu'après tout, j'avais passé si peu de temps en leu compagnie, le plus longtemps étant certainement celui que j'avais passé dans le ventre de ma mère, donc de là à vouloir prétendre connaître leur position, c'était vraiment prétentieux de ma part. Toutefois, je n'étais pas sans savoir qu'ils ne suivaient pas les idées du Maitre des Ténèbres, mais qu'ils n'allaient rien faire non plus pour les contrer et ne rejoignaient pas l'avis général de la population. C'étaient des égoïstes qui ne pensaient qu'à eux; tant qu'ils étaient les plus célèbres possible, tant qu'ils avaient le plus d'argent possible, cela leur convenait tout à fait, alors pourquoi s'encombrer du reste ? Ils partaient certainement du principe que les plus forts l'emporteraient et à cet instant, et seulement là, ils les rejoindraient pour qu'on leur foute la paix. Ca s'arrêtait là. Mais ils n'avaient pas compris que cela pouvait également causer leur perte de n'être que des opportunistes idiots et j'étais également à peu près sûre qu'ils ignoraient également ma position vis à vis de tout ca. De toute façon, il y avait bien longtemps que je ne leur demandais plus leur avis pour faire quoi que ce soit et comme en plus de ca je doutais que mon entreprise leur plaise, au moins, c'était réglé. Ils ne voulaient sûrement rien a voir là dedans, et je leur facilitais la chose en ne leur formulant aucune requête. Chacun de notre côté, ca nous convenait, donc je n'avais pas à me plaindre.

Comme prévu, cet article avait suffit pour que de nouvelles discussion naissent dans les salles communes, les dortoirs, les couloirs, les salles de cours, le parc... Bref, partout où il était possible de pouvoir en parler à sa guise, tant qu'Austen ne se trouvait pas dans le coin, car c'était le cas de le dire, ses yeux lançaient vraiment des éclairs lorsqu'elle croisait le regard moqueur d'un cinquième année qui passait dans le coin. Pour ma part donc je savais qu'il ne servait à rien de la mettre dans le même panier que son père. Mais bon, c'était certainement plus simple pour les autres de penser ca, et au moins ca avait de quoi les occuper quelques jours... Aussi simple que de donner un morceau de viande bien fraîche à un lion pour le calmer...

Ils n'avaient pas encore réalisé.

Je n'allais pas m'en lamenter ca, c'était sûr. Même dans les mauvais côtés d'une chose, il fallait essayer d'entrevoir ce qui pouvait paraître utile et peut être que la potentielle honte de Claire pouvait être perçue comme un fardeau, je pensais ce serait plutôt le contraire. Je n'allais pas exprimer mon point de vue toutefois, s'ils n'étaient pas capable d'y penser par eux même, alors je ne voyais pas pourquoi d'autres devraient se charger de leur expliquer au lieu de comprendre tout seuls, comme des grands. C'était toujours les plus malins, les plus rusés, les plus roublards qui s'en sortaient, alors, tant pis pour les autres. Bien entendu, je n'aurais pas non plus aimé être dans les baskets de la fille aux cheveux roses en ce moment, mais ca aussi, ce n'est pas le gendre de truc qu'on à le loisir de pouvoir choisir.

Quelques jours avaient passé donc, et je n'avais pas oublié ce qu'il devait normalement arriver ce soir. Faisant comme n'importe quel élève, j'avais pris mon dîner, particulièrement bon ce soir là, il fallait l'admettre, et j'étais retournée dans la salle commune des Serpentard. Là, j'avais lu pendant quelques temps un livre qui n'était pas d'un grand intérêt et alors que les autres filles commençaient à aller se coucher, je faisais de même. A la différence près que je n'allais sans doute pas m'endormir tout de suite. J'avais pourtant fait tout comme il faut et rien ne laissait présager que j'allais ressortir de mon lit quelques heures plus tard. Une fois le pyjama bleu nuit satiné revêtu, je m'étais glissée entre les draps et caché mon visage par mon épaisse tignasse. Est-ce que mes camarades avaient des doutes sur quoi que ce soit ? Bien sûr que non; elles étaient tellement peu futés celles là que même si un éléphant venait à détruire l'école, cela ne les réveillerait pas. Je n'avais aucun souci à me faire et même si elles se couchèrent plus tardivement que d'habitude jacassant une nouvelle fois sur des sujets totalement futiles, elles finirent quand même par éteindre la lumière principale. Pensant certainement que je dormais déjà à poings fermés, elles ne n'imaginaient pas qu'au contraire, j'avais les yeux bien ouverts sous la couette et que je n'attendais qu'on ne dise le mot « action » pour pouvoir agir.

Mais les sorciers ne faisaient pas de films.

Le temps passa t-il lentement, rapidement, ca restait impossible à définir, mais il s'écoula suffisamment longtemps pour que je ne sois guère étonnée d'entendre la porte de la chambre s'entrouvrir légèrement. Pourtant, ca ne voulait rien dire, et, patiente, je restais immobile, feignant le sommeil. Après tout, ca pouvait être n'importe qui, n'importe quoi et je n'étais pas assez bête pour me laisser prendre au piège si rapidement sachant tout les coups bas que les élèves étaient capables de se faire entre eux. Toutefois, j'apercevais une lumière du coin de mes yeux entrouverts et bientôt je sentais quelque chose de chaud venir se blottir contre mes pieds. Entendant la porte se refermer tout aussi doucement que précédemment, je me retournai enfin et découvrais un petit serpent doré qui déjà disparaissait progressivement dans l'obscurité comme s'il n'avait jamais été rien d'autre que de la poussière.

C'était le bon moment.

Je prenais ma robe de chambre, semblable à mon pyjama, abandonnée au bout de mon lit et je m'en enveloppais, tout en cachant ma baguette magique dans l'une des poches. Les respirations régulières des autres filles laissaient présager, qu'elles par contre, dormaient complètement et plaçant mes pieds dans mes pantoufles, sans un bruit, je prenais la direction des escaliers qui menaient à la salle commune. Ce soir pouvait devenir un grand soir.

Tout n'était qu'une question de temps.

Une fois en bas, j'étais seule. Ou presque, parce que je repérai rapidement grâce au feu qui grondait faiblement dans l'âtre, une tignasse rose qui ne pouvait être que celle de la camarade qui était à l'origine de la création du petit serpent d'or. Si tout se déroulait comme prévu, Ambre Serana ne devrait pas tarder non plus ainsi qu'Aurore Mereadda que la première devait à son tour se charger de prévenir. Sans un mot, je venais à mon tour m'installer dans le grand canapé aux couleurs de Serpentard.

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Ambre a écrit:
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Ambre Serana
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Mer 23 Fév - 16:21

Alors que le bruit des feuilles qu'on tourne dans tous les sens envahissaient petit à petit la belle bibliothèque de Poudlard, que des bruits de pas se rapprochaient de plus en plus et que la température de la pièce augmentait dangereusement je choisis de sortir de cette pièce qui n'allait pas tarder à devenir très inconfortable si ça continuait comme ça. Je pris au passage, le livre sur lequel j'étais entrain de travailler en me disant qu'il pourrait toujours servir dans un autre endroit. Sait-on jamais. J'avais entendu, de mon ancienne place, des brides de conversation d'un groupe d'élèves et, même si je n'ai pas l'habitude d'écouter ce que disent les autres quand ils ne m'adressent pas la parole quelque chose marqua mon attention. Ces élèves venaient de rire en parlant d'une élève de Poudlard à cause d'un article dans la Gazette du Sorcier. Jusque là rien de bien intéressant, c'était la routine de Poudlard, tout se savait. C'est d'ailleurs pourquoi il fallait rester le plus discret possible. C'est lorsqu'ils ont annoncé la gros du problème que les choses m'avaient semblé plus intéressantes. Il était question d'une annonce de quelqu'un d'assez haut placé, du ministère de la magie qui avait fait un discours allant contre les idées que pouvaient avoir sa famille et donc ladite élève dont le nom n'avait toujours pas été prononcé. Je n'aurais aimé ça pour rien au monde. Ma famille était mon soutien depuis longtemps et je les voyais mal se mettre à clamer l'unité dans le monde sorcier. En tout cas, il était clair que je le prendrais mal. Très mal. Mais enfin, ce n'était pas mon cas pour le moment et c'était tant mieux.

Bien, j'avais emmagasiné l'information maintenant je pouvais à autre chose. Du moins je l'espérais. C'était d'ailleurs aussi pour cela que j'étais entrain de me diriger vers la salle commune, un peu de tranquillité ne faisait de mal à personne. Seulement, comme si cette fameuse nouvelle était l'évènement de l'année, la première chose qui me tomba sur le nez en entrant fut la Gazette du Sorcier ouvert, sur l'article concernant ce fonctionnaire qui avait donné haut et fort son avis en dépit de toutes les convenances. Desmond Austen. Le père de Claire. Je ne pouvais pas dire que je n'étais pas étonnée, je n'imaginais pas cette grande famille faire ce genre de déclaration, pas du tout, mais, si l'information était toujours bonne à savoir et assez importante pour qu'on en parle dans tout Poudlard, ce n'était pas cela qui allait changer ma vie. J'avais remarqué, tout au long de la journée, les regards moqueurs des Gryffondors et l'air tendus de certains Serpentard sans en comprendre la raison, maintenant je savais pourquoi. Il faut dire que Claire était assez réputée pour que tout le monde sache en moins d'un jour tout ce qui la concernait. Je l'aurais moi-même appris bien plus tôt si j'avais pris la peine de prendre mon petit-déjeuner ou de discuter ne serait-ce qu'une seconde avec un autre élève. Chose que je n'avais pas fait. La journée m'avait semblé trop courte pour cela. Il était inutile de dire que les quatre cinquième des élèves pensaient que Claire Austen allait se faire oublier et qu'elle se transformerait grâce à cette nouvelle information en une fille qui ne causerait de tort à personne. Je n'y croyais pas une seule seconde. Claire Austen n'avait pas acquis sa réputation en claquant des doigts et elle ne la perdrait pas comme ça. De plus, cette fille que je n'appréciais gère n'était pas le genre de personne à se laisser abattre par la moindre petite nouvelle, aussi importante soit-elle. Du moins, je l'espérais. On avait besoin d'elle et pas d'une personne qui perdait tous ses moyens en face des autres. Il y a d'ailleurs quelques jours, tout le monde aurait dit que c'était tout bonnement impossible, qu'elle les perde. Sauf qu'aujourd'hui plus personne n'y croyait, sauf quelques rares personnes dont moi.

Enfin, aussi importante que soit la nouvelle ce n'était pas une raison pour que je loupe mon diner, mon ventre n'avait pas été satisfait par le maigre repas que j'avais pris à midi. Je descendis donc dans la grande salle au milieu d'une foule d'élève qui se goinfraient comme si ils n'avaient pas mangé depuis plusieurs jours. Faites un petit retour en arrière, vous verrez qu'ils ont autant mangé ce midi. Lamentable. Heureusement, rares étaient les personnes comme celles-ci qui se trouvaient à la table de Serpentard. Il y en avait partout, bien malheureusement, mais au moins il n'y avait pas que de ça. Après avoir pris mon diner qui n'était pas vraiment plus consistant que mon repas de midi -mais c'était toujours mieux que rien- je pris la peine de faire un petit tour dans Poudlard. Je n'étais pas prête à dormir je le savais, ma soirée n'avait même pas encore commencé. Dans les couloirs tous les élèves parlaient de Claire, je dus croiser deux groupes d'élèves qui n'étaient pas entrain de parler de la Gazette du Sorcier, je leur en aurais presque était reconnaissante. Curieusement c'était des Serpentards, à croire qu'ils n'y croyaient qu'à moitié et qu'ils avaient peur des représailles, ils n'étaient donc pas totalement fous.

Je passais de couloir en couloir, d'étage en étage sans faire la moindre chose ayant un quelconque intérêt. De toute façon, à part attendre je ne voyais pas ce que j'aurais pu faire d'autres. Et puis, les autres élèves avaient l'habitude que je m'échappe après manger. Malheureusement je finissais toujours par revenir avant de suivre les autres dans le dortoir et, si ce soir je m'en serais bien passée c'était impossible. Les apparences, encore et toujours les apparences. Les quelques élèves de mon dortoir n'étaient pas très curieuses et cela m'arrangeait bien, aucune n'allait me demander où j'étais allée me promener ou bien ce que je pensais de l'histoire de Claire. Elles faisaient bien. J'enfilais en vitesse mon pyjama marron foncé avant de disparaître sous une masse importante de couvertures. J'entendais les autres filles se préparaient en demandant aux autres si elles n'avaient pas vu je ne sais quoi parce qu'elle venait de le perdre. Personne n'avait jamais rien vu, c'était bien connu pourtant. Enfin, comme on dit, l'espoir fait vivre. Elles devaient sans doute espérer qu'une de nous s'était amusée à cacher un de leurs objets fétiches et que, si c'était le cas ce qui ne risquait pas d'arriver, on allait gentiment tout lui avouer. C'est beau l'innocence mais c'est aussi très vite énervant. Au bout d'un moment les bruits s'arrêtèrent, on entendait plus que le bruit des corps qui bougeaient sans cesse dans leur lit en espérant sans doute trouver une place plus agréable. Ensuite, vint le silence complet. Un des moments les plus attendus de cette journée. Le calme envahissait la pièce ne laissant aucun autre bruit dérangerait sa souveraineté. Il était là en maître et c'était beaucoup mieux que le bruit des bardages que l'on pouvait entendre dans les couloirs de Poudlard et, pire, dans la grande salle lors des repas.

Le calme me rendait calme. Pas que je sois plus excitée qu'habituellement; je ne frémis jamais d'impatience de toute façon, mais c'était apaisant. Le problème c'est que ça me donnait plutôt envie de plonger dans un long sommeil or ce n'était pas franchement la chose à faire. Alors je me mis à faire ce que me permettait toujours de lutter contre le sommeil : réfléchir. Mais pas comme quand on pense à une question de cours ou un petit exercice simple comme bonjour qui ne tient éveillé une demi-seconde. Déjà, il me fallait un sujet, quelque chose qui me passionne, qui puisse me tenir éveiller tout en restant allongée sur un lit en faisant semblant de dormir. Difficile. Trop difficile, conclus-je d'ailleurs après quelques minutes de réflexion. Il ne me restait plus qu'à espérait que le signal ne vienne pas dans trois heures sinon il y avait des risques pour que je le loupe. Le temps passa, ni vite ni lentement puisque je n'avais pas conscience de l'heure qu'il était; tout ce que je pouvais dire c'est qu'il passait. C'était déjà ça. Puis, après un certain temps alors que mes paupières menaçaient très fortement de se fermer la porte du dortoir s'ouvrit légèrement. Allongée, dans mon lit, dos à la porte je ne voyais pas ce qui se passait, seul les bruits me donnaient des indications, or, c'était calme.

Je faillis sauter du lit en sentant quelque chose me chatouiller les pieds. C'était le signal, pas très agréable mais au moins il avait le mérite de m'avoir réveillé. J'attendis que la porte se referme pour respirer normalement et pour me glisser hors du lit. J'attrapais ma robe de chambre et ma baguette magique que je fis disparaître dans mes vêtements avant de me glisser hors du dortoir. Avant de descendre en bas, où devait déjà se trouver Claire et peut-être Olivia il fallait que j'aille réveiller ma cousine. Je rentrais donc dans un autre dortoir, celui des troisième années avant de me diriger vers le lit d'Aurore. Je mis ma main pour son épaule avant de la secouer légèrement et de ressortir de se dortoir sans prendre la peine de voir si elle était réveillée. Je n'allais pas prendre le risque de réveiller tout le monde.

Arrivée en bas, où se trouvait déjà Olivia et Claire assise respectivement sur le canapé et un fauteuil de la salle commune. Bien. Sans dire un mot puisque la silence avait l'air d'avoir envahi la pièce, je pris place sur le canapé où se trouvait Olivia.

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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Dim 6 Mar - 13:24

On a beau dire ce qu'on veut, au fond, quand on creuse un peu sous la couche de faux-semblants on est là où on mérite de l'être et pas ailleurs. Pour certains c'est un drame et pour d'autres une bénédiction. Quoiqu'il en soit, et ce peu importe de quel côté de la ligne on se trouve, c'est une fatalité à laquelle on n'échappe pas. L'expérience n'est pas la même pour tous, les voies du destin sont bien souvent impénétrables et les évènements s'enchaînent un par un, en toute fluidité, comme si de rien n'était et nous construisent un avenir, une vie. Certains appellent ça de la fatalité, d'autres le destin et il y a aussi ceux qui croient dur comme à dame fortune, bonne ou mauvaise. Ce genre de raisonnements qui ne laissent aucune place à l'imagination, à l'imprévu et aux revirements brutaux de situation avaient le don de m'exaspérer. J'étais d'accord avec le principe du mérite, on n'a rien sans rien et pour réaliser ses ambitions il faut accepter de faire des sacrifices, mais je refusais tout simplement de considérer mon avenir comme tout tracé. Parce que non, il ne suffisait pas qu'une sorcière comme Trelewney roule des yeux, agite sa boule dans tous les sens, prenne une voix rauque et me prédise une mort imminente pour décider de ma vie. Ce serait trop simple et bien trop triste.

Les choix, peu importe leur nature, me revenaient de droit, c'était à moi de choisir mon camp, mes valeurs, mes alliés, mes ennemis et mes actes. J'avais conscience, du moins je l'espérais, de la portée de mon engagement car c'en était bel et bien un, et j'estimais non farfelu d'être en droit d'espérer une récompense en compensation de mes services. Les médailles m'importaient peu, tout comme l'argent, les biens matériels et les titres honorifiques car la seule récompense qui comptait, la seule que je voulais et non souhaitais seul Sacha Winch pouvait me l'apporter. Sans lui il m'était impossible d'approcher le Seigneur des Ténèbres et lui prouver mon utilité dans ses rangs. Être des leurs, je ne voulais que ça.

Poudlard, mon second foyer, et peut-être au jour d'aujourd'hui l'unique lieu où je me sentais réellement à ma place. Ici, et non pas ailleurs devait se lever l'Histoire. Nous étions tous la relève, cette nouvelle génération pleine de bonne volonté, désireuse de briller aux yeux de son maître et cet honneur, ce devoir nous étions malheureusement encore trop peu nombreux pour s'en acquitter. Cela me désolait et m'énervait aussi mais j'étais là pour faire avancer nos pions, en ce sens j'étais déjà utile à ma manière, la contribution était certes modeste mais c'était mieux que rien. Pas une seconde je ne doutais du bien fondé de mes activités. C'était pour notre bien à tous, reprendre ce qui nous a toujours appartenu, être aux yeux de cette vermine de moldus les dieux qu'ils ont su aduler à juste titre; voilà notre nature, ce que nous étions en ce bas monde.

Les flammes orangées chatouillaient agréablement mes orteils, réchauffaient le sang qui circulait dans tout mon corps, irriguait et nourrissait les muscles. Confortablement installée dans ce canapé de la salle commune, dos aux escaliers mais tournée vers le feu source de confort, j'attendais calmement les autres filles. De de la pointe de ma baguette en bois de chêne de faibles étincelles apparaissaient, un crépitement à peine plus audible que le craquement des bûches cernées par les flammes, de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel j'observais d'un air vague cet acte de magie. C'était assez curieux de penser qu'à la tête de ce mouvement il n'y avait pas un seul homme. Enfin homme n'était pas vraiment qualifié pour l'âge des élèves, jeune homme l'était mieux. Ambre Serana et Olivia Balsey ainsi qu'une troisième, la miss mystère, constituaient à elle seules les Purgateurs, le cercle très restreint et élitiste des têtes pensantes. Et les autres, les simples suiveurs, tout aussi inconnus à ma connaissance agissaient tapis dans l'ombre. En un sens la stratégie n'était pas mauvaise. Lorsqu'on est en nombre inférieur à l'adversaire mieux vaut lui faire croire le contraire et ruser. Cela dit dans une bataille le nombre n'est pas toujours un avantage.

J'en étais à ces réflexions, la baguette source d'étincelles multicolores lorsqu'un bruit de pas, étouffé, attira mon attention. Je cessais immédiatement tout jeu et attendis, tassée dans le fauteuil sans dire un mot ni même tourner la tête. La réponse ne tarda pas à se matérialiser d'elle même. Tout aussi silencieuse et muette, un pyjama satiné, bleu comme une nuit étoilée vint prendre place sur le canapé. Olivia Balsey n'ouvrit pas la bouche. Bien, si elle souhaitait partir sur ce modèle de stratégie pourquoi pas, en matière de communication et de gaieté j'avais connu mieux mais c'était Balsey et je n'avais pas du tout l'intention de la changer. Économe, si ce n'est avare de salive, la serpentarde était du genre à ne pas beaucoup se servir de sa langue hormis pour vous asséner des remarques bien senties. En soi c'était toujours assez divertissant de voir son prochain ridiculisé, puéril comme réaction mais naturelle mais nous n'étions pas ici pour faire un concours de vanes et puisqu'elle ne souhaitait pas parler... Alea jacta est!

Faire la conversation, très peu pour moi, de toute façon je n'avais aucun don pour cela mais lorsqu'une seconde protagoniste fit son entrée, à savoir Miss Serana en personne, prit place sur le canapé à côté d'Olivia et demeura aussi mutique je commençais sérieusement à douter de notre efficacité. Sans communication nous n'irions pas très loin. J'avoue avoir souhaité que l'une d'elle consente à nous faire cette grâce, car hormis « Bonsoir » ou « Salut » mon introduction ne résisterait pas plus longtemps à un examen poussé. Il ne s'agissait pas d'apporter le thé et les biscuits et encore moins de gaspiller notre salive bêtement, mais si j'avais su je n'aurai pas oublié d'apporter un bouquin histoire de tuer le temps. Après le moulin à parole, les regards en chiens de faïence constituaient l'une de ces petites choses qui me donnaient neuf fois sur dix très envie d'être n'importe où sauf à l'endroit où j'étais. A peu de choses près c'est ce que j'éprouvais et j'espérais sincèrement que la miss mystère allait se dépêcher d'arriver.

Remarque ça me convenait tout aussi bien, enfin, avec un livre ça aurait été parfait mais que voulez-vous, on ne peut pas toujours tout avoir. Résignée, j'attendis patiemment qu'arrive Aurore sans pour autant connaître son identité mais les secondes, puis les minutes passant j'en vins à cette conclusion : soit elle était subitement morte dans son lit ou alors, et c'était la solution la plus probable, les hasards du dortoir jouaient en sa défaveur. Être en pensionnat comporte des inconvénients, notre petite réunion en subissait déjà les aléas. Cinq minutes après l'arrivée d'Ambre à notre cercle amical, et après ce vœu de silence collectif, je me décidais à rompre la glace parce que non seulement ça commençait à bien faire mais depuis le temps j'étais bien placée pour savoir qu'on pouvait poireauter encore longtemps comme ça.


- Apparemment elle a un léger imprévu dis-je d'une voix basse mais audible pour Ambre et Olivia. Bien, dit comme ça, mes paroles laissaient présager une réunion pas du tout folichonne. C'était comme ça et pas autrement. Nous n'étions ni amies ni ennemies, quoique je n'aurai pas pris de gros risques en pariant qu'Ambre ne m'appréciait absolument pas, mais la quatrième demoiselle ne pointait toujours pas le bout de son nez et j'étais, d'une certaine manière, assez impatiente.

- Vous êtes combien ? Au moins ça avait le mérite d'être clair. Aller droit au but, sans s'encombrer de fioritures me semblait la meilleure méthode. Là encore, même si le nombre ne fait pas tout un peu de bon sens ne fait pas de mal. Il faut bien admettre que deux personnes, aussi motivées soient-elles ont peu de chances d'inverser la vapeur face à dix personnes. Malheureusement pour nous le nombre de personnes tièdes et contre nous était bien plus nombreux que les partisans de nos idées.

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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Jeu 10 Mar - 14:04

Il y avait les défaitistes et ceux qui savaient prendre les choses en main, lorsqu'ils jugeaient bon d'agir sérieusement. Je n'étais pas du genre à regarder que ca se passe sans rien faire, en me disant seulement que de toute façon, rien ne pourrait y changer, que c'était comme ca et pas autrement. De nombreuses fois aussi on m'avait dit que même avec de nobles pensées, ca ne suffisait pas pour changer le monde, ce qui était fait était fait, ce qui était déjà le resterait, tout le monde était content de comment ca se passait, du ministère de la magie et de la bonne parole qu'il prononçait un peu partout dans le monde des sorciers pour rassurer les gens. La population aimait à se voiler la face, ignorer le danger imminent qui les surveillait de près -ce qui ferait un jour où l'autre leur perte- trop content de pouvoir poursuivre leur petite routine habituelle sans craintes, parce qu'on leur avait dit de ne pas s'inquiéter. Alors ils choisissaient l'option de la facilité parce que c'était encore la solution la moins compliqué.

Tant pis, ils en subiraient les conséquences.

Parce que dans l'ombre, comme ils s'en doutaient inconsciemment, il se passait des choses, pas mal de choses qu'il ne valait mieux pas évoquer parce que pas très catholiques et personne n'aimait se balader dans les ruelles noires où se tramaient des échanges pour le moins douteux. Alors, autant les éviter pendant qu'il en était encore temps, seulement, c'était un moment qu'à force de repousser sans cesse, on ne pouvait plus ignorer. La petite braise était devenue une petite flamme, puis un énorme feu qui brulait toute la maison. Il n'y avait plus d'autres choix; fuir, ou mourir dedans. C'était de leur faute si les logements étaient réduits en cendres les uns après les autres; car s'ils avaient correctement arrêté la prise dès le départ, il n'y aurait pas eu de conséquences aussi lourdes. Au final, ils ne pouvaient s'en prendre qu'à eux même. Et bien là ils auraient une drôle de surprise quand les grands bouleversements de ce monde opéreraient enfin.

Ce soir par exemple alors que le reste de l'école dormait paisiblement, personne ne se doutait de ce qu'il se passait dans la salle commune des Serpentard. Un petit lots d'élèves qui voulait contribuer à ce changement, quand on y regardait de plus près, ce n'était pas très dangereux, alors si ca leur faisait plaisir de ruminer plans en tout genre pour alimenter leur imagination, pourquoi pas ? La chose à laquelle ils n'avaient pas songé néanmoins, c'était qu'ils allaient s'en mordre les doigts et ce, avant d'avoir eu le temps de cligner des paupières, signe du réveil. Si ca faisait leur malheur, de notre côté, ca nous arrangeait plutôt, alors autant rire de leur bêtise, mais sans leur montrer ouvertement; bien que pas très futés, si on leur mettait sous leur yeux, ils finiraient par comprendre, parce que malgré tout, ils n'étaient pas si idiots que ca. S'ils courraient eux même à leur perte, ce n'était pas la peine de faire la même chose dans notre sens.

Il valait mieux réfléchir avant d'agir, même si du coup, notre entreprise prenait plus de temps que prévu. Heureusement pour moi, j'étais d'un naturel très patient, et lorsqu'il m'arrivait de penser que nous n'avions fait qu'une petite avancée et que finalement c'était plus agaçant qu'autre chose, d'un autre côté, je me disais que ce n'était peut être pas plus mal après tout et que ca nous avait sûrement évité de faire des erreurs. Même si nous avions déjà eu l'intelligence de comprendre que ce n'était pas en suivant ceux qui nous dirigeaient qu'on allait s'en sortir, nous n'étions pas forcément plus intelligents qu'un autre; personne n'était à l'abri d'une faute, ce que je voulais éviter le plus possible. Si je devait m'en remettre à plusieurs personne pour poursuivre mon but, je voulais que ce soit fait correctement, il fallait donc tout vérifier au millimètre près, ne rien laisser s'échapper; sinon c'était mal barré avant même d'avoir eu le temps de commencer.

Alors que nous n'avions pas de temps à perdre.

Assise dans le canapé, je ne pipais mot. De loin, la situation pouvait peut être sembler ridicule, car après tout, cette discussion avec Claire, je l'avais attendu. Mais ce qu'on pouvait nommer mes mauvaises habitudes avaient repris le dessus; je n'avais pas envie de papoter pour rien en attendant Ambre et Aurore, surtout avec des conversations qui seraient aussi futiles que la prévention de comment serait le temps au lever du jour. Je préférais donc encore me taire et au moins cela m'éviterait de répéter ce que j'avais déjà dit quand les deux filles restantes arriveraient à leur tour. Et comme c'était quelque chose que je détestais singulièrement, je n'avais pas envie de discuter pour rien.

Il ne restait qu'à attendre.

Le temps d'attente ne fut pas très long, car bien que très discret, des bruits se faisaient entendre du bas des escaliers des dortoirs. Il y aurait eu un tant soit peu plus de bruit dans la noble salle commune des Serpentard que nous n'aurions rien entendu; mais dans le silence, presque effrayant pour certains, de la nuit, tout était immédiatement plus perceptible et prenait une toute autre dimension. Mais là, ce n'était qu'un bruissement et il fallait malgré tout tendre bien l'oreille pour le repérer. Ambre Serana était passée maître en la matière, quand il s'agissait de ne pas attirer l'attention et j'esquissai à peine un mouvement de tête en sa direction alors qu'elle s'installait à mes côtés. Semblable à une poupée de cire, je regardais fixement devant moi; seul le déluge aurait réussi à me faire bouger.

Mais ce n'était pas le but de cette soirée et j'espérais qu'Aurore arrive rapidement à présent; ca ne se voyait pas, mais j'avais envie de commencer, de savoir, d'avoir de nouveaux projets. Mais si elle n'arrivait pas, nous n'allions pas l'attendre jusqu'à ce que le soleil se lève enfin, soit elle ne venait pas, soit elle débarquait en retard et prendrait la discussion en cours de route, après tout, même si nous avions tout notre temps, il ne fallait pas non plus jouer avec; on ne savait jamais, nous n'étions pas à l'abri d'un élève qui aurait, pour une raison quelconque, envie de sortir hors de sa couchette au beau milieu de la nuit.

- Apparemment elle a un léger imprévu

Austen avait lu dans mes pensées. Comme si on avait actionné le bouton marche de mon corps, je m'éveillait enfin; mes yeux se firent vifs, prête à mettre les pieds dans le plat, tourner autour du pot n'était pas mon point fort.

- Nous ferons sans elle pour le moment
. Si l'absente manquait le début, ce n'était pas très grave car elle connaissait déjà tout ce qu'il y avait à connaître, mais il valait mieux qu'elle ne traîne pas trop non plus. Je lui faisais toutefois confiance; si elle avait eu un problème de dernière minute, je ne doutais pas qu'elle trouverait un moyen de s'en débarrasser, et ce, rapidement.

- Vous êtes combien ?

Pas assez, voilà la première chose qui me traversait l'esprit. La plupart des Serpentard avaient sali le nom de Salazar, parce que ce n'était qu'une bande de mauviettes au demeurant et j'aurai été curieuse de savoir comment ils avaient réussi à intégrer la maison. Quand on y réfléchissait, peu de personnes avaient les mêmes idées que les nôtres, ou alors, ils étaient trop lâches pour se l'avouer.

Au choix.

- Moins d'une dizaine..
. poursuivais-je dans un murmure assez clair toutefois pour être entendue après un rapide calcul.

Il ne fallait pas se leurrer, une dizaine de personnes contre tout Poudlard, pas compliqué de savoir qui ressortirait vainqueur de la bataille. Mais je n'étais pas fataliste. Il existait toujours l'effet boule de neige.

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Ambre Serana
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Dim 20 Mar - 16:24

L'attente. Elle arrivait toujours au pire moment, sans aucune pitié. Alors qu'une suite d'évènements devaient se produire elle s'interposait au début, au milieu, à la fin ou à plusieurs moments en nous laissant un goût amer dans la bouche surtout lorsqu'elle arrivait lorsque cette suite d'actions était sur le point de se finir. On y était presque et puis, d'un coup, tout s'arrêtait, c'était comme si on avait reculé. Une horrible sensation, elle avait d'ailleurs aussi tendance à nous mettre mal à l'aise. Situation typique, dans une conversation, l'un des locuteur posait une question et, là, suivait une attente interminable parce que son interlocuteur s'était mis à réfléchir. Tout le monde s'est déjà retrouvé dans une scène similaire. Lorsque l'on a l'impression que tout commence à nous échapper, que rien ne se passe comme prévu, que le silence devient trop présent. Ce qui est malheureux c'est qu'on ne fait rien, jamais rien. On pourrait poursuivre le conversation, tousser doucement pour se faire remarquer mais non, on est comme figé par l'angoisse de ne pas connaître à l'avance la réponse qui va être prononcé, de ne pas savoir quand est-ce qu'elle va être dite. Certaines personnes disent que ça ne les touche pas, que, cette attente, ils la savourent. Je n'y crois qu'à moitié. Il y a des attentes qui ne sont pas désagréables, d'autres qui ne le sont pas tout de suite et pour finir il y a celle qui nous énervent dès la première seconde. C'est ces dernières qui, malheureusement arrivent le plus souvent, on peut essayer de s'y habituer, de se familiariser avec elles mais on n'y arrivera jamais complètement. Le seul point positif de chaque attente, qu'elle soit bonne ou mauvaise, c'est qu'elle a au moins le mérite de nous surprendre. On ne s'y attend pas puisqu'à la base, ce n'est pas prévu.

Les imprévus, c'est toujours ce qui rend la vie un peu plus intéressante, ce qui la pimente. Que serait la vie sans ça? Rien. Sans eux, pas exemple, les Purgateurs n'existeraient pas, parce qu'à la base, leur création n'était pas vraiment prévu, les élèves n'avaient rien vu venir, moi non plus d'ailleurs, les professeurs eux-même avaient du être surpris par l'annonce de leur arrivé dans la salle commune des Serpentard. Cela avait été l'évènement le moins attendu de l'année puisqu'il n'était pas prévu et pourtant, c'était sans aucun doute celui qui avait fait le plus de bruit. C'était d'ailleurs logique, ce qui était prévu de faisait jamais beaucoup d'échos dans une école comme Poudlard. Ce que les élèves attendaient avec impatience c'était justement, les imprévus. La routine, on finissait par la connaître par cœur, c'était comme si tout était écrit sur notre emploi du temps et pas seulement les cours, vraiment tout. Ça avait quelque chose de frustrant. Évidement, on pouvait s'en soustraire en multipliant les interdits et en les testant pour savoir lesquels provoquaient le plus de plaisir, essayer de ne pas se plier aux règles de Poudlard mais c'était difficile et surtout dangereux. Un élève ne respectant aucune règle aurait eu vite fait de se faire expulsé, chose qui n'arrivait pas souvent certes mais qui arrivait tout de même. Or, il fallait mieux la routine dans Poudlard que les imprévus en dehors de Poudlard, du moins, de mon point de vue. Je me voyais mal toute seule chez moi à ne pas avoir le droit de faire de magie. S'abstenir d'en faire durant deux mois lors des vacances d'été ce n'était déjà pas une partie de plaisir alors toute l'année entière je ne préférais même pas imaginer. Enfin, de toute façon, je ne comptais pas me faire expulser et ça n'arriverait d'ailleurs surement pas à moins que l'on découvre ma participation aux Purgateurs.

Les Purgateurs, c'était la raison de ma présence ici à cette heure tardive. La raison de cette attente qui venait d'arriver était le retard d'une des quatre participantes. Aurore. Je l'avais réveillé sans vraiment vérifié si elle était bien sortie du sommeil mais je savais que ça n'était pas la peine. Ce n'était pas la première fois que je le faisais et je la connaissais assez bien pour savoir comment la faire émerger du sommeil dans lequel elle se trouvait. Pourtant, en dépit de tout cela, elle n'était pas encore là. Contre-temps? Ou goûtait-elle aux imprévus qui n'avaient pour seul effet que de nous énerver? Quoi qu'il en soit, on ne l'attendrait pas indéfiniment, je ne connaissais pas le degrés de patience de mes interlocutrices mais je doutais qu'elles attendent encore pendant longtemps Aurore, moi aussi d'ailleurs, j'avais hâte qu'elle arrive et ou que cela commence.

Personne ne parlait, ce silence commençait à devenir lourd, après tout, on était là justement pour parler. D'un autre côté, Aurore n'étant toujours pas arrivée, il était logique que la conversation portant sur les Purgateurs n'était pas encore en route. Je n'avais aucune idée de ce que pensaient Claire et Olivia sur le retard de ma cousine et pour dire, ce n'était pas plus mal. Si l'une d'entre elles était énervée par cette absence non programmée et qu'elle arrivait à le garder pour soi c'était toujours mieux que si elle nous le faisait savoir. Mais enfin, une absence de quelques minutes ce n'était pas non plus énorme. Nous étions toutes capables de surmonter ça, encore heureux. Être impatient être une chose mais ne pas pouvoir attendre du tout en était une autre. Je comprenais qu'on puisse ne pas avoir beaucoup de patience mais pas du tout était quelque chose d'impossible. Il ne fallait pas non plus exagérer.


-Apparemment elle a un léger imprévu.

Claire Austen venait de prendre la parole en résumant le sentiment collectif. En même temps elle donnait le signal de départ à ce pourquoi nous étions là. D'ailleurs, Claire savait-elle qu'Aurore faisait aussi partie des leadeurs des Purgateurs ou savait-elle juste que nous attendions une autre personne? Je n'en savais rien. Pour ma part je ne lui avais pas donné son nom mais Olivia aurait pu l'avoir fait.

-Nous ferons sans elle pour le moment.

Olivia Balsey, la deuxième à prendre la parole ce soir.

Il était logique que nous commencions sans elle pour l'instant après tout si elle avait vraiment eu un imprévu ça pouvait prendre encore longtemps et j'avais assez attendu pour l'instant bien que ça ne soit pas du tout insurmontable. Je me contentais de hocher la tête pour signifier que j'étais d'accord avec elle lorsque Claire repris la parole rentrant par la même occasion dans le vif du sujet.


-Vous êtes combien?

C'était de loin la question qui annonçait le plus de mauvaises nouvelles. Combien on était? Trop peu, pas assez. C'était la réponse qui me venait immédiatement à l'esprit. D'un autre côté il fallait se dire qu'en ce moment on comptait pas mal de nouveaux arrivants dans nos rangs ce qui n'était pas quelque chose à oublier. Évidement tout cela pouvait s'arrêter d'un coup aussi vite que c'était venu mais cela pouvait aussi augmenter avec le temps ce qui n'aurait pas été du luxe.

-Moins d'une dizaine.

J'aurais dit la même chose sans calculer, chose que Olivia elle avait fait mais ce n'était pas important. Elle avait dit le bon nombre le reste je m'en foutais. Il n'empêche que, entendre dire qu'on était si peu -bien que j'étais déjà largement au courant- ce n'était pas agréable. Moins d'une dizaine, l'entendre c'était dur, c'était presque comme annoncer un echec ce qui n'était pas le cas d'ailleurs étant donné que le nombre finissait toujours par augmenter.

-Le nombre commence à augmenter, ajoutais-je en prenant soin de faire comprendre à mes interlocutrices que c'était quelque chose qui n'arrivait pas souvent et qui pouvait très bien continuer.


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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Ven 1 Avr - 13:53

En presque six années passées à étudier, vivre et grandir dans ce merveilleux château qu'est Poudlard j'ai passé de nombreuses soirées au coin du feu, recroquevillée, jambes repliées et tête sur les genoux ou encore allongée de tout mon long sur le canapé et à chaque fois, comme par magie, rien n'était identique. Les scènes se succédaient, les protagonistes, les figurants et parfois même le décor mais toujours ces murs humides sur lesquels des reflets verts, mystiques et dansant se prélassaient, lascifs et familiers. Sur ces intérieurs de pierre se collaient mes pensées, les réflexions les plus intimes et secrètes projetées contre la paroi suintante et insensible, centenaire. Cette même salle commune qui en avait vu tant, cette pièce abritait tant de secrets et le nombre d'illustres sorciers à s'y être reposés m'étourdissait d'orgueil. Mais ce soir, même après tout ce temps, je m'étonnais des lueurs mystérieuses qui dansaient au plafond, ondulaient sous la caresse d'une brise imaginaire tant ces instants seraient exceptionnels. De toutes les soirées au coin du feu celle-ci tirait son épingle du jeu, solennelle mais aussi informelle, secrète et annonciatrice d'une ère nouvelle, il me semblait partager un peu de la gloire de tous ces grands noms, mettre mes pas dans les leurs.

Nous n'étions que trois élèves pour l'instant, la quatrième n'étant pas arrivée, et en nous observant je ne pouvais m'empêcher de penser à quel point nous étions jeunes, inexpérimentée et trop peu nombreuses. C'en était presque risible mais je m'en abstins car après tout je faisais partie de ce cercle même si mon intégration n'était pas encore concrétisée. La lucidité ne serait pas un luxe pensais-je, tout comme ma présence d'ailleurs car de nous trois je faisais figure d'aînée, la plus âgée, celle qui en connaît plus long en sortilèges et autres maléfices... Enfin, ça, c'était sans compter mes résultats scolaires catastrophiques et le malin plaisir avec lequel je m'étais employée toutes ces années durant à saborder mon propre avenir scolaire et par conséquent professionnel. Non pas qu'épouser un sorcier au sortir de Poudlard soit mon ambition, j'étais trop bien placée pour assister au délabrement progressif d'une femme inactive et dépendante de son époux, mais un sursaut de lucidité me poussait à me battre contre mes propres démons.

Bien installée dans le fauteuil, mon visage serein n'exprimait rien de particulier, aussi lisse et serein que la surface argentée du grand serpent aquatique qui s'étirait paisiblement entre les flancs des reliefs montagneux de l'Écosse, seul l'éclat particulier de mon regard d'un bleu si limpide, glacial et indifférent trahissait ma curiosité. Car oui, la curiosité me chatouillait bel et bien la pointe de la langue et mes tympans, impatients d'entendre la vérité, affinaient leur sensibilité.


- Nous ferons sans elle pour le moment. La brunette Olivia, avec sa cascade de cheveux bruns et son regard de biche calculatrice répondit la première, le regard tourné dans sa direction, j'acquiesçai discrètement en hochant la tête puis remis une mèche rose, candide et étrange derrière mon oreille. L'instant était trop crucial, mon excitation et ma curiosité mêlées trop fébriles pour parler et entraîner une réponse inutile. Je connaissais très peu Olivia Balsey, pour ne pas dire pas du tout, et en dépit de son jeune âge, cette fille au teint clair et aux lèvres roses et sensuelles ne me laissait pas insensible. La serpentarde parlait peu mais je la sentais observatrice, tapie dans l'ombre, son œil sombre analysant le moindre détail et lorsqu'elle daignait ouvrir la bouche il n'en ressortait rien de futile.

- Moins d'une dizaine... En cet instant précis j'ignorai si je devais rire ou pleurer et ma réaction, cela dit en passant plutôt expressive pour l'image d'indifférence glacée qui me collait à la peau, reflétait bien ce duel primaire. C'est à peine si Balsey avait haussé la voix, non, c'était plutôt un murmure aux effets improbables...

Aussi improbable que le grand éclat de rire froid et nerveux qui me secoua. La réaction n'était certainement pas la plus appropriée et j'imaginai sans peine l'idée singulière que pouvaient se faire de moi la brune Olivia et la blonde Ambre, mais sur le coup cette approximation était si dérisoire, si ridiculement faible... Mon rire sec emplissait la salle et se transforma bien vite en un ricanement nerveux, l'expression flagrante de ces deux tendances à se partager la vedette rendait mes yeux humides de larmes rieuses.

- Le nombre commence à augmenter. C'est à peine si j'entendis Ambre, le rire me dévastait, les yeux plissés, de grosses larmes perlant à mes longs cils pâles, une main sur les côtes, mes joues se piquaient de plaques rouges tandis qu'une aiguille fouissait mes côtes, piquait ci et là la chair tendre des muscles. Au bout d'un moment l'alchimie décalée prit fin, la source salée de mes larmes tarie, je repris un semblant de sérieux, histoire de faire bonne figure. De mes doigts je fis un rempart et par le tissu bordeaux de mon pyjama je m'essuyai le visage en évitant soigneusement de regarder les deux filles. Sait-on jamais quelle réaction loufoque pourrais-je involontairement avoir...

- Alors, fis-je d'une voix tremblotante, presque chétive, un peu gênée par ce rire déplacé, Vous êtes moins d'une dizaine... A nouveau sérieuse, mon regard clair et humide flottant au-dessus de ces jeunes filles, je poursuivis mes réflexions à voix haute, audible pour nous seules, Si je comprends bien vous êtes en infériorité numérique et probablement pas assez expérimentés pour mettre en place des actions d'envergure...

Moins d'une dizaine... C'était si peu! Ridicule pensais-je, si ridicule que ce groupe n'avait aucune chance en dépit de leur bonne volonté de faire bouger les choses. Comment, en étant donc moins d'une dizaine, étaient-ils en mesure de faire face au camp adverse, ce camp qui comptait probablement le double de leur nombre car il était plus facile d'adhérer à leurs idées qu'à celles des Purgateurs. Néanmoins un argument jouait en leur faveur...

- Mais votre anonymat joue en faveur. En cultivant le secret vous laissez croire aux élèves que vous êtes très nombreux, ce qui est très pratique pour développer un climat de méfiance. Un mince sourire au bord des lèvres, jambes croisées et mains jointes, mes orteils blancs remuaient d'aise, chatouillés par la chaleur du feu, je conclus, très calme, Je me trompe ?

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Olivia Balsey
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Lun 4 Avr - 10:03

On m'avait souvent dit que je ne savais pas m'amuser. Pourquoi ? Je n'avais jamais trouvé la réponse à cette question, non pas qu'elle m'ait souvent traversé l'esprit. J'y avais déjà songé toutefois, curieuse de savoir pourquoi on me collait une telle étiquette sur le dos, car après tout c'est bien connu, nous sommes les moins aptes à pouvoir parler de nos qualités tout comme de nos défauts d'une manière objective même si j'essayai de l'être le plus possible vis à vis de moi. A croire que j'avais manqué cette facette de ma personnalité que j'ignorais jusque alors. Mais je n'étais pas tout à fait d'accord avec ces propos; bien qu'il soit vrai que je n'aimais pas perdre mon temps avec des futilités qui plaisaient bien aux autres élèves, avoir des pantins devant moi sur lesquels je pouvais jouer et me défouler était une sensation qui me plaisait drôlement. Alors, ca, ce n'était pas une certaine forme d'amusement ? Pas sur les victimes, certes, mais il faut bien quelqu'un pour endosser ce rôle quand même. J'étais du bon côté, je n'allais pas m'en plaindre.

Je savais que mon point de vue, n'était pas partagé, du moins pas par les gens des autres maisons, et encore, même certains Serpentard venaient à salir les couleurs des verts et argents, essayant vainement de se repentir, prenant sur leurs dos les « fautes » de leurs aînés. S'ils pensaient bien faire, ce n'était pas encore demain qu'ils allaient se faire accepter aussi facilement par des Poufsouffle ou encore ces crétins de chez Gryffondor. A quoi bon ? Alors bien sûr que ce n'était pas évident de recruter du monde dans de pareilles conditions. Je voulais être certaine du mode de pensée des louveteaux dont nous nous chargions et à la limite, je préférais que nous soyons trop peu, mais efficaces, plutôt que quasiment toute la maison, mais de devoir subir les nombreuses fuites à cause des taupes. Dès lors nous aurions du être dans l'obligation de les éliminer, or si nous pouvions éviter pour le moment, ce n'était pas plus mal. Ce n'était pas le moment de se faire virer de l'école à cause d'une impulsion mal placée.

Il y avait eu trop d'échecs ces derniers temps pour pouvoir se permettre de faire des erreurs bêtes, et même lorsqu'il s'agissait de recruter de la bonne graine, celle ci se montrait également récalcitrante, hors, je n'aimais pas que d'éventuels suiveurs me tiennent tête. Cela n'avait rien à voir avec les personnes que je considérais comme mes égaux et dont j'écoutais les arguments avant de poser mon point de vue, mais ce, sans passer aux grands moyens. Mais quand ceux qui ne savaient rien, qui ne comprenaient rien, et qui ne savaient pas réfléchir voulait gagner le bras de fer, ca m'agaçait déjà plus. Non pas que les idées soient mauvaises, mais ils ne savaient pas encore réfléchir convenablement avant d'agir et c'était souvent comme ca que les erreurs arrivaient. Qui étais-je pour me prétendre supérieure à ces gens là ? Personne si ce n'est Olivia Balsey, oui, mais j'avais toujours eu la conviction d'avoir la capacité de savoir analyser pas mal de trucs pour éviter de me planter et cela depuis mon plus jeune âge. La preuve en était telle que je n'étais pas la seule dans ce cas là; tout simplement parce que je n'étais l'unique leadeuse dans le groupe.

En attendant, ce n'était pas la peine de monter sur ses grands chevaux, car voilà où nous en étions ce soir, en train de converser avec Claire Austen qui avait elle aussi son propre avis sur la question et qu'essayer de lui faire rejoindre notre façon de penser n'était pas envisageable ou du moins pas d'une manière brutale. Il fallait y aller plus finement, parce qu'au fond, je savais que si nous divergions plus ou moins sur certains points -j'avais pris le soin de me renseigner avant cette fameuse rencontre- au final, les chemins finissaient par se croiser à nouveau et c'était ce centre qu'il allait falloir exploiter. Je savais que ce ne serait pas facile, alors je ne me faisais pas d'illusions quant à la suite des événements. Mais au moins, cela nous permettrait à Ambre, Aurore et moi de faire le point sur cette discussion à l'issue de cette soirée.

Enfin, si Aurore pointait enfin le bout de son nez.

Bon, au moins, elle connaissait l'essentiel, et si elle prenait la conversation en cours de route, elle comprendrait rapidement de quoi il retournait et dans le pire de cas, même si ce n'était pas ce qui m'enchantait le plus, nous prendrions le temps de résumer la situation. Il ne fallait pas se leurrer, à plusieurs, on était quand même plus efficaces que lorsqu'il s'agissait de songer à un plan d'action tout seul. Mais là encore toute la difficulté résidait dans le fait de trouver les bonnes personnes.

Au moins, l'absente ne ratait pas grand chose pour le moment. Impassible au rictus d'Austen, j'attendais qu'elle calme ce ricanement mal venu. Ce n'était pas le moment d'avancer contre elle en répliquant sèchement, même si ca ne me plaisait pas de la voir réagir ainsi, la grande envie de la mettre au défi de faire mieux me brulant la langue. Mais c'aurait été un comportement puéril de ma part, ce songe m'invitant à rester calme et prendre mon mal en patience me laissant ainsi l'occasion de savourer pleinement cette cuisante défaite qui était le nôtre en ce qui concernait les Purgateurs. Mais je restais confiante quant à l'avenir et ce n'était pas un rire qui allait me mettre mal à l'aise ou alors me faire renoncer. Ca me donnait juste un avis supplémentaire sur mon interlocutrice que je sondais, puisque je ne la connaissais pas tant que ca. Ou pour faire plus court, à qui je n'avais pas adressé la parole auparavant. Jugement non favorable de ma part en sa faveur certes, mais c'était un comportement humain qu'elle avait là et je passais au dessus. Pas le temps de s'arrêter sur des broutilles comme celles ci.

- Le nombre commence à augmenter.

J'acquiesçai d'un air entendu à l'entente des propos d'Ambre alors que la jeune fille aux cheveux roses se calmait progressivement, signe que nous allions enfin pouvoir commencer plus sérieusement. Finalement ce n'était pas plus mal de devoir subir cette scène pour le moment; au moins, cela ne se reproduirait pas plus tard.


- Alors, Vous êtes moins d'une dizaine... Si je comprends bien vous êtes en infériorité numérique et probablement pas assez expérimentés pour mettre en place des actions d'envergure...


Inutile de préciser que nous n'avions pas le niveau de grands mages noirs, mais nous n'étions pas des quiches non plus. Je ne niai pas par contre, que plus nous étions en connaissance de sortilèges utiles, plus cela nous servirait, c'était bien pour ca que j'étais plus attentive aux cours depuis mon retour à l'école.


- Ce n'est pas préoccupant.
Je lui laissai comprendre que ce n'était pas parce que nous n'étions pas tout puissants que nous étions pour autant mal habiles. A chaque problème sa solution, et si elle en avait une à proposer, qu'elle en parle. Ce n'était pas le moment de se narguer mutuellement. Dans d'autres circonstances, je l'aurai fait sans hésiter, mais l'enjeu devenait de plus en plus important dans notre cas de figure.

- Mais votre anonymat joue en faveur. En cultivant le secret vous laissez croire aux élèves que vous êtes très nombreux, ce qui est très pratique pour développer un climat de méfiance. Je me trompe ?

- C'est juste
, mais ca ne va bientôt plus suffire, depuis le temps que ca durait, la crainte s'était plus ou moins effacée chez certains, et au contraire, notre but était d'entretenir cette peur. Sur ce plan, je devais quand même préciser que nous nous débrouillions plutôt bien car on voyait que certains élèves avaient la trouille. Une lueur s'était éclairée au font de mes pupilles, signe que lorsque ma patience porterait enfin ses fruits, je serais comblée. Et toi ? Tu saurais être en mesure de faire la même chose ? Je n'avais pas oublié pourquoi j'étais là, et en lui posant cette interrogation, ce n'était pas pour signifier ma supériorité face à elle; mais plutôt parce que j'étais curieuse de savoir comment cogitait le cerveau sous cette masse de cheveux roses.

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Aurore Mereadda
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Mer 6 Avr - 16:40

[Désolée pour le retard, pour ce post court et décousu. --']

Fatalité, quand tu nous tiens... Je ne crois pas au destin, pourtant je dois avouer qu'il joue parfois des mauvais tours. Je viens d'en faire la fâcheuse expérience. Toute la journée, j'ai attendu, je frémissais d'impatience et j'étais dans un pseudo état de nervosité a chaque fois que quelqu'un s'approchait, espérant que ce serait Ambre. Elle devait me transmettre un signal pour la rejoindre à une réunion en rapport avec les Purgateurs. En vain, mais je ne me faisais pas de souci car aujourd'hui durait jusqu'à minuit. Je dissimulai donc mon impétuosité pour vivre ma journée pareille à une journée de collégienne à Poudlard. Ce que j'étais au final, aux yeux de tout le monde.

Je me mis donc au lit à la même heure que d'habitude, même petit rituel avec les filles du dortoir. Cependant j’avais des questions plein la tête. Je me demandais notamment quelle serait la nature du signal, car il m'apparaissait évident que venir en personne dans mon dortoir risquait d'être louche et risqué si mes compagnonnes ne dormaient pas profondément, même si elles n'avaient pas un tempérament de fouine ce qui m'arrangeait bien la plupart du temps. C'est pourquoi je m'étonnai, en voyant du coin de l’œil un rai de lumière douce s'infiltrer par la porte, laissant passer par la même occasion une ombre silencieuse. Cette silhouette que je connaissais bien s'approcha de mon lit et me secoua l'épaule. C'était le signal, mais je fus étonnée qu'Ambre n'eut pas trouvé moyen plus approprié pour ce genre de chose, peut-être le temps lui manquait-il. Mais elle m'avait habitué à mieux. L'ombre se faufila de nouveau dans l'ouverture de la porte pour sortir de la pièce cette fois, aussi discrètement que quand elle y était entrée. J'attendis quelques secondes dans le noir et le silence et j'esquissais un geste pour me lever quand un bruit de draps froissés me fit tourner la tête dans sa direction, ce qui ne servait à rien puisqu'il faisait aussi noir que dans un four. Je fus prise de tournis en me rappelant que celle qui avait son lit juste à la droite du mien était sujette à des insomnies. Je retins ma respiration et priais pour qu'elle se retourne et s'endorme, mais ce soir les dieux ne semblaient pas être de mon côté. Une voix empâtée par le sommeil me chuchota:


- Aurore? Tu ne dors pas?

Je fus tentée un instant de ne pas lui répondre, lui sous-entendant ainsi que si, je dormais, mais si elle me parlait c'est qu'elle m'avait vue réveillée, ou pire, Ambre.


- Je n'arrivais pas à dormir, je suis allée faire un tour. J'ai peut-être fait un peu de bruit en revenant.


Accablé par le désespoir et la honte d'arriver en retard à une réunion des Purgateurs, je ne pus retenir un soupir qu'elle du traduire comme de la fatigue car elle me souhaita une « bonne fin de nuit » avant de se lever pour regarder à la fenêtre. Cette fille m'était plutôt sympathique d'habitude, non pas que je la considère comme une amie mais on pouvait se fréquenter et se parler sans hurler et jeter des regards noirs. Pourtant, en ce moment même, si mes yeux avaient le pouvoir de lancer des avada kedavras, je n'aurais pas hésité une seconde. J'avais une furieuse envie d'étriper cette idiote qui m'empêchait de faire ce que je voulais. Je réussis cependant à contenir mes pulsions meurtrières que j'aurais été techniquement incapable de réaliser, pour lui proposer de l'aide à trouver son sommeil. Un bon coup sur la tête lui aurait suffi, mais j'adoptais la manière douce et sortant d'un de mes sacs une boite de somnifères, que j'avais toujours sur moi pour les urgences comme celles-là. Étant fatiguée, ma chère (ou pas) camarade de dortoir accepta la pastille avec joie et moult remerciements. Il ne restait plus qu'à attendre que le médicament agisse.

Les cinq minutes suivantes furent les plus longues de ma vie. Elle me parlait, pour passer le temps, et je lui répondais par des monosyllabes grognées. Je la connaissais moins bavarde. Mais au fur et à mesure, la fréquence de ses bâillements était de plus en plus longue, et sa tête se reposa petit à petit sur l'oreiller, ses yeux se fermant tous seuls et sa bouche émettant un léger ronflement dû à sa position couchée sur le dos. Je guettais le moindre murmure me prouvant le contraire, mais il me semblait bel et bien qu'elle reposait dans les bras de Morphée. J'attendis encore trente, quarante secondes, et n'y tenant plus, je me levai précautionneusement pour enfin me libérer de ce dortoir. Heureusement que les autres avaient le sommeil lourd.

Quand j'arrivais dans la salle commune avec la sombre vision de leurs yeux noirs braqués sur moi, brillants de fureur, je ne m'attendais pas à entendre ce rire profondément scabreux. Apparemment, la bonne humeur était au rendez-vous, l'heure de ma mort n'était donc pas si proche. Je me demandai même à un moment si je ne m'étais pas trompé d'endroit. Mais non. Bien vite j'aperçus une chevelure rose, de dos, l'associant sans réfléchir et à juste titre à Austen. Celle-ci avait beaucoup fait parler d'elle ces derniers temps, avec le discours de son père. Mais je m'étais abstenue de tout commentaire, connaissant Claire seulement par ce qu'on m'en avait dit. Vraisemblablement, j'allais bientôt pouvoir faire connaissance. Elle était elle-même, et ne décidait donc pas des actes de son père. Moi la première je ne pouvais supporter quand on me comparait avec mes parents. Chaque personne avait le droit d'être pleinement soi-même si elle le désirait, sans être jugée sur ses proches. Ça ne rimait à rien.


- Mais votre anonymat joue en faveur. En cultivant le secret vous laissez croire aux élèves que vous êtes très nombreux, ce qui est très pratique pour développer un climat de méfiance. Je me trompe ?


- C'est juste. Et toi ? Tu saurais être en mesure de faire la même chose ?


Ambre et Olivia étaient assises face à Austen. Je connaissait donc une personne sur trois dans cette assemblée, j'étais la plus jeune et une des leadeuse. Cherchez l'erreur. Je n'avais pas l'intention d'être déstabilisée aussi j'étais calme et figée comme à l'habitude. N'étant pas de nature timide je m'approchai sans cérémonie et m'assis sur le seul fauteuil encore vide fermant ainsi le cercle. Maintenant je devais suivre la conversation et accessoirement y participer. Je comprenais que Balsey testait Austen. Entre les deux, je me sentais si jeune, si inexpérimentée... J'étais en quelque sorte la petite dernière et cette image me déplaisait, on ne me ferait jamais confiance ainsi. Mais j'étais décidée à faire mes preuves, et quitte à ne pas agir autant que les « plus grands », j'écoutais avec attention ce qu'il se disait pour agir avec ma ruse, et non pas avec ma force.

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Ambre Serana
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Mer 13 Avr - 17:44

J'imagine que nous n'avions pas le choix. Pas vraiment en tout cas ou alors on l'avait déjà fait, ce choix, et il nous était impossible de revenir en arrière. De toute façon, je ne serais pas revenue en arrière, pour rien au monde. Je ne m'étais pas trompée même si tout n'était pas tout le temps aussi bien que prévu, rien n'était jamais aussi bien que ce l'on voulait mais ce n'était pas une raison de tout laisser tomber. Un petit inconvénient valait-il le coup de gâcher toute une vie? J'estimais que non, il fallait parfois -même souvent- faire preuve de déterminations et ces moments-là en étaient de parfaits exemples. C'était pour ça que j'étais là, assise dans ce canapé à une heure tardive. La détermination. D'ailleurs, ça rimait souvent avec ambition. Si on n'avait pas de but on ne pouvait se lancer à corps perdu dedans. Même si l'on défendait une cause, certaine fois, c'était tout bonnement impossible à moins de perdre une part de notre personnalité. Là, je n'étais plus sûre de savoir si cela valait le coup c'est pourquoi j'espérais fortement ne jamais être devant une telle alternative du moins pas avant d'avoir eu le temps de bien réfléchir à la question. Or, j'avais le pré-sentiment qu'il m'en faudrait du temps pour trouver une réponse qui me convienne. La première qui me viendrait à l'esprit ne serait sans doute pas la bonne, rien n'était aussi simple.

Si il y avait une chose que je détestais c'était quand quelqu'un se moquait ouvertement de moi, ma cause, action ou quelque chose y ressemblait de près ou de loin. Or c'était exactement ce que Claire venait de faire. Elle ne pensait peut-être pas à mal -bien que j'aurais parié qu'en tout cas elle ne pensait pas à bien- mais elle était tout de même fortement vexante. Le rire de Claire Austen a quelque chose...d'angoissant. Ce n'est de loin pas un son joyeux même plutôt froid, de quoi faire peur. Je n'étais pas à l'aise avant même qu'elle ne se mit à rire et je l'étais encore moins surtout qu'elle n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter, pire, son rire se transformait en un ricanement et elle en était presque à pleurer. Malgré tout cela je ne marquais aucun mouvement marquant mon mécontentement. A quoi bon? Austen se foutait de nos états d'âmes, ce n'était pas pour ça que nous étions là. Heureusement d'ailleurs sinon nous n'étions pas prêtes d'arriver à quelque chose. J'attendis donc patiemment qu'elle se reprenne, chose qui, heureusement arriva peu de temps après. Je ne dis pas qu'il n'y avait pas de matière à rire, je comprenais sa réaction même si elle aurait pu se montrer plus polie. Au moins, Austen nous permettait de voir que nos efforts pour cacher notre faible nombre avait bien marché; elle n'aurait sans doute pas réagit comme ça si elle s'y attendait, on pouvait donc le voir d'une façon positive ou du moins pas trop négative.


-Alors, Vous êtes moins d'une dizaine..Si je comprends bien vous êtes en infériorité numérique et probablement pas assez expérimentés pour mettre en place des actions d'envergure...

Tout dépendait ce qu'elle appelait «actions d'envergures». Nous n'étions rien de plus que des élèves de Poudlard, peut-être même pas les meilleurs pour ce que j'en savais mais cela faisait-il de nous forcément des personnes incapables de lancer des sorts qui auraient une quelconque conséquence? Je pensais que non. Ni les plus forts, ni les moins forts, voilà ce que nous étions.

- Ce n'est pas préoccupant.

En effet, ça ne l'était pas et même si c'était le cas nous n'en n'aurions pas parlé. Après son ricanement elle aurait pu éviter ce genre de réflexion mais peut-être que la bienséance lui était inconnue, chose qui aurait été étrange pour une Sang-Pure.

- Mais votre anonymat joue en faveur. En cultivant le secret vous laissez croire aux élèves que vous êtes très nombreux, ce qui est très pratique pour développer un climat de méfiance. Je me trompe ?

Bien sûr que non, elle le savait très bien. C'était notre plus grande force mais il fallait l'entretenir et lorsque l'on était moins dizaine c'était toujours difficile de faire croire pendant de longs mois à beaucoup d'élèves que l'on était beaucoup plus; mais au moins ce n'était pas impossible ce qui était déjà pas mal. De plus, nous étions assez déterminée pour faire en sorte que ça marche. Pour le moment, nos efforts portaient leurs fruits et ils les porteraient encore jusqu'à que l'on découvre le pot-aux-roses. Là, ça serait beaucoup plus problématique.

-C'est juste. Et toi? Tu serais être en mesure de faire la même chose?, déclara Olivia au moment au Aurore nous rejoignait. Je l'avais presque oublié pour tout avouer.

Nous y étions, enfin, c'était pour ça que nous étions là pour parler de son action à elle, à Austen plus que de la nôtre. Je ne doutais d'ailleurs pas de ses capacités pour pouvoir le faire si elle le souhaitait, par contre ce qui nous posait problème était sa motivation. Voulait-elle nous aider? Une chose était maintenant sûre, elle ne tenait pas à n'avoir aucun rôle dans cette histoire sinon, que faisait-elle ici? Que faisions-nous ici? Une des raisons pour lesquelles j'espérais que cette entrevue serve à quelque chose était le fait que, pour moi, se lever en pleine nuit n'était pas très agréable et surtout lorsque cela s'avérait de n'être d'aucun recourt. Pourtant, j'avais confiance en cette petite réunion et aux conséquences qui s'en suivraient.

Quant à Aurore...Sa présence n'avait rien de réconfortant, si ce n'est, qu'au moins, nous étions au complet. Certes, j'aimais sentir qu'Aurore était là, avec moi, mais il y avait quelques temps que nos chemins ne s'étaient plus croisés et sa présence n'avait donc rien d'indispensable. Elle alla se poser dans le fauteuil encore vide qui lui était destiné attendant, avec autant de curiosité que moi, la réponse qu'allait fournir d'Austen à Olivia. Je ne doutais pas que la suite allait être on ne peut plus intéressant.

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@Dray Collins a écrit:
non, je ne tripe pas alone dans mes toilettes en déroulant du papier-cul ..








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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Jeu 14 Avr - 19:34

Ah les soirées pyjama entre copines... Quel bonheur! Non sérieusement, manger des sucreries qui vous pourrissent les dents, se défoncer le crâne à coups d'oreillers, refaire le monde, gaspiller des litres de salive pour des mièvreries... Vraiment, quelle joie! C'était exactement ce que nous faisions, ou plutôt ce que nous nous apprêtions à faire au cas où un crétin venait à déranger notre réunion secrète. Certes l'excuse en soi ne brillait pas, en matière de trouvaille j'avais déjà fais mieux mais pour le coup rien d'autre ne me venait à l'esprit car aucune de nous trois n'était réputée pour son esprit amical. En réalité ce n'était même tout le contraire. De nous trois j'étais peut-être la moins fréquentable mais ça ce n'était que pure supposition car au fond qui étais-je pour prétendre connaître Olivia Balsey et Ambre Serana ?

Enfin... Je m'en foutais royalement, du moment que ces gentilles petites pensionnaires ne m'attiraient pas d'ennuis et ne gâchaient pas ma soirée elles pouvaient bien être qui bon leur semblait, ça m'était égal. Cet état d'esprit n'aidait pas vraiment à tendre la main, je me sentais trop supérieure, trop importante à leurs yeux pour m'abaisser à faire des concessions. Moi, Claire Austen, je leur étais utile, et peut-être même nécessaire, sinon pourquoi Serana ravalerait-elle son orgueil ? Ça crevait les yeux que mon attitude l'emmerdait et tant mieux! Aussi puéril et ridicule que cette réaction puisse être il n'était jamais désagréable de pouvoir embêter son petit monde de temps en temps.


- Ce n'est pas préoccupant. Ouais, autant dire que leur mouvement ne partait pas avec les meilleurs cartes et contrairement à Balsey qui n'avait pas l'air de se faire du souci je n'étais pas certaine qu'ils puissent se permettre un tel calme. L'intelligence, la ruse et la stratégie font partie d'un grand tout, il n'y a pas de bataille gagnée sans une bonne organisation pas plus qu'une partie peut être emportée lorsque l'infériorité numérique est trop élevée. La meilleure des volontés ne fait pas tout et parfois c'est une histoire de chiffres.

Je ne partageais pas son avis mais l'envie de m'étaler, me répandre en de longs discours n'était pas présente alors histoire de lui signifier que nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes je fis une moue sceptique avant de jeter un rapide coup d'œil à mes ongles.


- C'est juste. Bien sur que ça l'était! N'importe qui en serait venu à la même analyse, ce n'était pas bien compliqué. Une fois de plus mon regard clair vint se poser sur mes ongles nacrés en attendant la suite. Et toi ? Tu saurais être en mesure de faire la même chose ? Et voilà, nous y étions, la question! Semer le doute, vous pourrir l'ambiance, flanquer la trouille, vous triturer les tripes et vous donner des migraines faisait clairement partie de mes compétences, ma réputation ne s'était pas bâtie en un jour pas plus qu'elle ne reposait sur du vent. Son questionnement me paraissait d'autant plus inutile que je cultivais l'art du secret. Très peu de personnes pouvaient se vanter de me connaître un tant soit peu car je n'aimais pas me livrer, ma vie fleurissait à l'abri des autres, protégée par un jardin secret.

C'est ce moment que choisit notre quatrième protagoniste pour faire son entrée. Ainsi c'était elle... Cette inconnue. Hormis quelques infos basiques, à savoir son lien de parenté avec Serana, je ne savais pas grand chose de cette brunette au nom italien. D'un hochement de tête je la saluai avant de répondre à Balsey par un petit rire désabusé, un rictus ironique au bord des lèvres:


- Je t'en prie, ne m'insultes pas.

Ambre ne réagissait toujours pas et sa cousine, la dénommée Aurore demeurait dans l'ombre, muette et posée telle une image de papier glacé. Les deux jeunes filles ne se ressemblaient guère, cette réflexion s'imposait d'elle même à mon esprit avec toute la force et la simplicité des évidences. Il faudrait être stupide pour prétendre le contraire. L'une blonde, la peau laiteuse, l'œil clair et les traits fins et l'autre brune, la peau dorée, de miel et le regard noisette. C'était assez marrant de les voir réunies, c'eût presque touchant si notre réunion avait un but tout sauf humanitaire, encore que l'éradication de cette vermine serait une purification bienvenue. Mes cousins et moi même partagions certains traits physiques, aucun d'eux n'avait une tignasse rose bonbon mais nos yeux étaient clairs tout comme notre peau et nos caractères s'harmonisaient plutôt bien. Ah la famille... On ne la choisit pas!

La blonde ne desserrait toujours pas ses jolies lèvres roses. Dire que ça m'emmerdait profondément serait exagéré mais ça commençait à bien faire ces silences, n'avait-elle rien à dire ? Peut-être gardait-elle encore en mémoire le souvenir très rafraîchissant de notre rencontre, mais vraiment, était-ce bien nécessaire ce silence ? Il serait faux de croire que tout s'était fait en un claquement de doigts, ma présence au premier abord logique fut laborieuse car je n'étais pas décidée à m'engager aussi facilement. Et puis... Et puis le hasard décida pour moi, ou plutôt un homme trouva les mots pour me convaincre. Lui refuser était impossible alors j'obéis.


- Comment êtes vous organisés ?demandais-je d'une voix neutre. Avant d'en savoir plus comprendre comment ce mouvement fonctionnait, s'organisait pour agir me paraissait essentiel. Sur quels critères choisissez-vous vos meneurs ? Cette question aussi n'était pas anodine, connaître les raisons qui les poussaient à me vouloir dans leur camp m'intriguait. Non pas que je sois stupide, mais Aurore n'avait pas l'air bien âgée, en tout cas pas plus qu'Ambre ou Olivia, et surtout il fallait que les choses soient claires dès le départ.

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Olivia Balsey
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Particularités: Tu veux pas ma pointure de godasse, non plus ?
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MessageSujet: Re: Les secrets nocturnes de Poudlard [ A&A&O ]   Lun 25 Avr - 18:53

S'il y avait bien une chose dont j'étais certaine, c'était que la suite n'allait pas s'avérer être facile. Ce n'était pas comme si cela me déstabilisait puisque je m'y attendais et lorsqu'on se prépare à toutes sortes d'éventualités, c'est beaucoup plus facile de pouvoir réfléchir clairement; tout comme bloquer d'éventuels troubles. Nous n'avions pas le temps pour ca. Du temps... J'avais l'impression que je passais mes journées à courir après sans pour autant arriver à le rattraper. Seulement à défaut de se projeter dans l'avenir il ne fallait pas non plus le perdre bêtement et avec les bâtons dans les roues qu'on pouvait nous mettre, c'était en réalité loin d'être une si mince affaire que ca.

Nos façons d'être étaient différentes sur bien des points et c'était très simple de le constater rien qu'en observant le comportement de chacune d'entre nous, notre manière de parler, notre position dans les fauteuils, et ces silences qui voulaient tout dire. La situation n'était en effet pas aisé parce que malgré tout un même point commun nous réunissait et ce n'était autre que notre fort caractère. Après peut être que c'était plus simple pour moi car j'étais depuis longtemps passer maître en la matière pour ce qui était de tenter de comprendre ceux qui m'entouraient, mon mutisme m'attirant en général plus d'ennemis que le contraire.

Et pourtant c'était moi qui faisait partie des plus bavardes pour le moment, mais nous étions bien obligées de discuter si nous voulions à la fois clarifier les choses mais aussi les faire avancer et ce n'était pas en se regardant dans le blanc des yeux que ca allait marcher. Je n'étais pas télépathe et je n'en aurais eu aucune envie d'ailleurs; entendre les pensées des autres, les comprendre, communiquer avec eux; bref tout ce genre de tralala ne m'intéressait guère. C'aurait été plus un fardeau qu'autre chose.

Même par le défi, Austen était loin d'être aussi conciliante et ses manières, commençaient, c'est vrai, à m'agacer un peu. Inutile de le lui préciser toutefois, cela n'aurait servi à rien, aurait-elle pris cette remarque en compte ? Ce n'était pas en entretenant des rapports antagonistes l'une envers l'autre que j'allais réussir à la rallier à ma cause, je préférais continuer de la jouer plus finement et de céder plus ou moins. J'avais plus d'un tour dans mon sac et ma camarade était loin d'être bête, ca aussi j'en étais sûre. Si nous n'étions pas amies, il y avait toujours un moyen de trouver un terrain d'entente.

En pleine réflexion, le regard à la fois brillant et méfiant, j'attendais que Claire réagisse de quelconque manière et j'entendais à peine Aurore faire finalement irruption dans la salle commune. Bien autant dire qu'elle arrivait au bon moment et même si elle ne soufflait mot, nous poursuivions comme si elle avait toujours été là.

- Je t'en prie, ne m'insultes pas.

Je m'autorisais un sourire un peu provocateur face à cette réponse. Même si ce n'était pas celle que j'espérais, néanmoins elle voulait tout dire. C'était le bon moment pour tailler dans le gras.


- Je ne me permettrais pas.

Ca, ca restait a voir, mais pour l'instant, ce n'était pas le cas. Il n'empêchait que cette conversation stagnait. Je pouvais faire des efforts. Preuve en était. Mais ma patience était plus que limité, et même si c'était dommage, si de son côté elle n'en faisait pas non plus un minimum je n'allais pas chercher midi à quatorze heure et n'hésiterai aller voir ailleurs. Tourner autour du pot était loin d'être mon activité favorite et les réponses vaseuses, très peu pour moi.

- Comment êtes vous organisés ? Sur quels critères choisissez-vous vos meneurs ?

Bien, à croire que sa curiosité devait quand même prendre le dessus et qu'elle était intéressée par les Purgateurs ce qui constituait notre avantage. Autant jouer cartes sur table, je n'oubliais pas l'éventualité qu'un élève pouvait débarquer à n'importe quel instant pour nous surprendre, et issue négative ou non, il fallait savoir si la personne de Claire Austen était un joker qui pourrait nous être utile ou non.

- Pour être efficace, il faut avant tout la jouer simple,
commençai-je à lui expliquer. Il y a au départ une grande épuration en ce qui concerne le groupe, ce qui explique entre autre pourquoi nous sommes si peu nombreux. Nous n'avions pas le droit à l'erreur, nous ne devions pas nous faire prendre, alors il était inutile de garder la mauvaise graine. On agit par groupe de trois ou quatre, voir moins. Pas le peine de se faire trop remarquer. Je croisai mes jambes et me tassai dans le canapé. Les meneurs ? Ce sont ceux qui savent se faire respecter et réfléchir. Qui n'ont pas de remords lorsqu'il s'agit de donner des ordres. Je n'ajoutais pas ce dernier point. Certains n'étaient pas aptes à diriger plusieurs personnes mais étaient efficaces lorsqu'il faire un mauvais coup. Leadeur ou suiveur, on l'avait dans le sang, soit l'un, soit l'autre mais en tout cas pas les deux. Qu'on le pense ou non il fallait une certaine dose de courage pour mener d'autres élèves car s'il y avait un pépin, c'était nous qui prenions les premiers.

Clair, net, et précis comme on dit. En répondant à sa question je remplissais ma part du marché. C'était à son tour maintenant de faire le reste.


- Autant de le demander clairement,
la voix calme et posée, il fallait avant tout la jouer diplomate, mais aussi direct, veux tu participer de quelque manière que ce soit aux actions futures ?

Je ne lui proposais pas de rejoindre les Purgateurs même si je le sou-entendais plus ou moins. Sinon c'était le meilleur moyen pour qu'elle refuse en bloc et ainsi courir à notre perte. Là, je lui laissais le choix. Elle pouvait tout aussi bien faire partie du groupe tout comme nous aider de l'extérieur. Là dessus, tout en restant quand même sur ma réserve je pensais qu'on pouvait lui faire confiance. Il restait encore pas mal de choses à mettre au clair et à expliquer, mais avant de mettre au point une stratégie autant savoir à quoi on s'en tenait en ce qui concernait notre camarade aux cheveux roses.

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Ambre a écrit:
Les sèches mains sont nos plus fidèles compagnons d'infortune.





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