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Le temps n'a rien fait, mais on le tue souvent[pv]

 
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 Le temps n'a rien fait, mais on le tue souvent[pv]

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Alexandra Richards
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MessageSujet: Le temps n'a rien fait, mais on le tue souvent[pv]   Dim 31 Oct - 21:44

J'appelais ça le syndrome du bon élève. Vous savez, cette fâcheuse tendance des jeunes de nos jours à vouloir mettre leur grain de sel partout, et dans la plus grande naïveté penser encore qu'il soit possible que les idées qu'ils défendent n'intéressent n'était-ce qu'une quelconque personne présente dans la salle. Car cette intervention, il fallait avouer qu'elle ne faisait qu'effleurer de très près les oreilles distraites d'un cours de Sortilège, qui étaient bien plus concentrées sur le retentissement de la sonnerie que par l'intérêt d'un propos qui en était indubitablement vidé. A vrai dire ce genre de personnalités m'exaspéraient plus qu'elles ne m'ennuyaient, car pour tout avouer je trouvais fort amusant de constater la débilité de l'un pour la comparer à celle de l'autre. C'était une occupation de plus qui venait s'ajouter à toutes les autres, à savoir: s'épiler les poils des jambes sous la table, faire tourner ma plume au bout de mes doigts, envoyer des boulettes de papier à mon voisin d'en face (qui avait d'ailleurs changé de place depuis), regarder l'heure, examiner les élèves un par un avant d'en avoir marre, enlever mes chaussures et les remettre, apprendre à écrire de la main gauche... j'étais presque une gamine intelligente, je savais m'occuper toute seule.

Mais pour en revenir aux lécheurs de bottes, je ne savais pas vraiment si leurs propos dotés d'une inutilité incalculable étaient intentionnés, ou s'ils relevaient seulement de la frustration de ne pas avoir la parole aussi souvent qu'ils l'auraient voulu. Dans tous les cas, leur but était très certainement de prouver au monde, que eux aussi, en savaient des choses. Le problème c'est que le monde s'en foutait comme de l'an quarante. Le poids de ma tête ne tenant que sur l'appui de ma main gauche, je laissai mon regard désabusé se balader dans la salle. C'était la dernière heure de cours de la journée, et surtout la dernière avant les vacances de la Toussaint. Je balançai diligemment une boule de papier sur mon camarade d'en face, qui avait autant d'entrain qu'une larve à lever la tête pour regarder ce qui se passait dans le "vrai monde". La sonnerie tant attendue retentit enfin, coupant dans son discours l'unique élève qui avait l'air de suivre (bien qu'il parlât du sortilège Expulso, alors que le sujet du cours était en fait l'Expelliarmus, mais on s'en fout, ça avait sonné).

A la seconde même où le son atteignit leurs oreilles, les élèves autour de moi s'empressèrent de sortir de la salle, si vite qu'il en était étonnant, compte tenu de la torpeur dans laquelle ils étaient plongés quelques minutes auparavant. Tous étaient pressés de retrouver les dortoirs pour boucler les valises et revenir chez eux, revoir leur famille. Mais tout le monde ne le voyait pas de cette manière. En ce qui mes concernait, j'allais passer mes vacances à Poudlard et je n'étais pas plus pressée que d'habitude -même si un peu quand même, je n'avais pas non plus envie de passer des heures dans ce cours de Sortilèges. La mort de mon oncle quelques semaines plus tôt était la première préoccupation de la famille en ce moment, et mes parents avaient préféré me laisser là où j'étais pour ne pas avoir à m'infliger cette "ambiance tendue". Evidemment, j'aurais été un problème de plus à gérer dans leur vie débordée. D'ailleurs, il en était mieux ainsi. Je sortis dans le couloir en rangeant mon livre de sortilèges dans mon sac. Un écho bruyant de paroles, de cris de joie, d'exclamations ricochait contre les murs qui s'élevaient au dessus de ma tête, pour ne pas changer de l'accoutumée. Mais je savais que le soir venu, rien de plus que le silence du vide dominerait les salles et corridors de l'école, qui se videraient d'une grande partie de sa population. Je me rendais compte que deux mois entiers me séparaient de ma venue dans le château, un bon bout de temps en somme, pour m'habituer aux us et coutumes de l'établissement. Et ce commençant par le bruit ambiant et allant jusqu'à la tasse de thé qui me brûlait la langue tous les matins.

Le soleil ne tarda pas à se coucher, et le temps d'un bon bain fit tourner l'heure sans même que je la vois passer. J'étais assise en tailleur sur mon lit, les cheveux relevés sur le haut de ma tête, et lisais un bouquin entre mes jambes. J'avais une sacrée pêche ce soir-là. L'heure de tourner la dernière page annonçait celle du coucher. Et pourtant, je n'avais aucunement envie de dormir. Enfilant le gros pull de Gryffondor, je descendis au rez de chaussée. Il n'y avait pas autant de surveillance que d'habitude le soir des vacances. J'avais une idée en tête. C'était bientôt Halloween, et j'avais besoin de fêter l'occasion. En fait, peu importe ce que je fêtais, le plus important était bien sur de me distraire. J'arrivai enfin à l'endroit voulu, à savoir devant une grande porte en bois que je m'empressais d'ouvrir.

Je rentrai dans une immense salle dont le plafond s'élevait si haut au dessus de ma tête que j'avais du mal à en voir le bout. J'avançai lentement vers le centre de la pièce, où se trouvait un magnétophone poussiéreux (qui ne datait certainement pas de la fin du XXeme siècle). J'enclenchai l'engin, et m'assis par terre en profitant du son.

A moi les vacances...

_________________
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MessageSujet: Re: Le temps n'a rien fait, mais on le tue souvent[pv]   Dim 7 Nov - 18:19

J'ai toujours trouvé fascinante cette capacité qu'a le temps à ralentir ou accélérer selon mon humeur. C'est flatteur aussi, de se dire que le rythme des secondes égrenées obéit à votre état d'esprit. Même si, il semble prendre un malin plaisir à toujours aller à l'encontre de vos désirs. Comme pour rappeler qu'il est tout puissant.
Un rêve. Se faire obéir du temps. Tellement rigide comme concept, le temps. Y'a pas plus stone, pas plus régulier, pas plus prévisible. J'étais persuadée dans mon ignorance d'enfant que rien au monde ne pouvait se soustraire à son immuable logique. Jusqu'à ce que la mention de l'existence de retourneurs de temps parvienne à mes oreilles avides. Dès lors, je ne rêvais que d'en posséder un, pour juste une fois distorde ce temps trop ordonné selon mes désirs. Aller faire un petit tour dans le passé, jouer avec le cours des choses, mais surtout, mettre en échec cette puissante entité apparemment inébranlable. Cependant, ce qui me bottait plus encore que la perspective d'un retour dans le passé, ce que je croyais, du moins espérait possible : un saut en avant. Je m'étais persuadée que des artefacts capables de provoquer une telle chose existaient, quelque part, au sein du ministère sans doute, sous le sceau du secret. J'avais fait de nombreuses recherches là-dessus, toutes infructueuses. En parallèle du véritable harcèlement que j'infligeais à mes parents, je ne demandais pas la lune, seulement un malheureux petit retourneur de temps pour mon usage.

J'étais jeune et naïve, et tout m'était permis, y compris rêver.
Néanmoins, malgré mes cajoleries, mes promesses, mes supplications, mon caprice resta vain. J'étais condamnée à subir en silence et avec la plus extrême soumission la loi toute puissante du temps.
Tout ça pour vous dire qu'en ce moment même, mon désir d'être en mesure d'avancer dans le futur revenait en force. C'est fou comme cette dernière heure en particulier, la toute dernière avant la liberté, passait lentement. Chaque seconde semblait en compter dix. La pendule désespérément statique me narguait de son immobilité, semblant s'amuser de mon impatience qui se changeait au fil des secondes à rallonges en ensomeillement. Regard rivé sur le cadran, ma vue commençait à se brouiller et j'en étais presque à piquer du nez. A tel point que quand la grande aiguille daigna enfin sauter d'un chiffre à l'autre, je sursautais presque. Plus que huit petites minutes. Je peux le faire. Dans un regain de courage je me redressais sur ma chaise inconfortable et tentait de prêter attention aux blabla de la professeur de Métamorphose. Matière fort intéressante au demeurant, mais que voulez-vous, aucune matière n'est assez captivante pour vous tenir en haleine pendant cette heure fatidique qu'est la dernière avant des vacances bien méritées.
Ma tête me semblait bien lourde d'un seul coup. Mes deux mains, coudes appuyés sur la table, n'étaient pas de trop pour la soutenir. Et juste au moment où je perdais après une lutte pas si acharnée que ça la bataille contre l'inattention, la sonnerie retentit avec fracas dans les oreilles de chaque élève présent et agit comme un électrochoc sur nos carcasses avachies. Soudain bien plus alertes, en peu de temps il ne subsistait plus dans la salle à présent vide que les échos des bavardages des élèves s'éloignant dans le couloir.

Pourtant, je n'avais pas de raison de me réjouir de ces vacances que j'allais passer à Poudlard, ce qui était justement ce pourquoi je goûtais bien moins que je n'aurais du à ces prochains jours de répit. J'en étais toujours à me demander comment ils avaient pu me faire ça. Ce vieux château me fichait la migraine. J'étais tombée à la renverse quand j'avais lu la dernière lettre de mon père qui m'informait sous des allures très formelles que je ne rentrerais pas en France pour ces premières vacances de l'année. La déception me laissait encore un goût d'amertume sur la langue. J'avais tant attendu ce répit dans mon pays préféré. Mais mieux encore, plutôt que de couler quelques jours peinarde chez ma grand-mère à Cardiff, j'étais condamnée, c'était le mot juste, à moisir entre ces murs. Autant dire que si j'avais eu alors mon père en face de moi, la nouvelle ne serait pas passée sans bruit. Mais la lettre indignée que j'avais envoyé en désespoir de cause n'avait pas eu d'autres effets que d'obtenir de plus amples justifications de la part de ma maternelle. Voyez vous, ces chers et tendres estimaient que passer ces jours libres parmi mes amis me ferait le plus grand bien. Je n'avais pas jugé utile de répliquer que depuis mon arrivée au château, je ne m'en étais fait aucun, d'ami.

Il faut dire pour ma défense que je n'avais pas été élevée dans l'optique de faire de moi une fille sociable. Puisque sous le joug d'une mère surprotectrice, les seuls de mon âge que je fréquentais un tant soit peu durant mon enfance furent des cousins. Car cette même mère jugeant que ma petite personne si pure ne devait en aucun cas subir la moindre influence néfaste, plutôt que d'être envoyée dans une école privée en attendant d'avoir l'âge d'aller à Poudlard, mon éducation me fut dispensée à domicile par les meilleurs professeurs triés sur le volet et qui ne m'apprenaient que le strict nécessaire. Pas d'idées farfelues ni de théories non fondées, que des faits, une éducation plate et rectiligne qui m'apprendrait les bases sans m'entrainer à poser ne serait-ce qu'un orteil en dehors du droit chemin, en dehors des limites établies par ceux qui savaient ce qui était bien pour moi.

Je m'étais faite à ma prison dorée. Bien que les années passant, j'eus de plus en plus de difficulté à tromper l'ennui. Mais quand était venu le temps de grandir, de quitter la France où j'avais passé la majorité de mon temps d'enfant pour aller vivre chez ma grand-mère veuve à Cardiff, au Pays de Galle, je me sentis perdue, abandonnée. Que dire alors de ce château inconnu dans lequel je n'avais aucun repère, ne connaissait personne et qui devait être ma demeure pendant les sept années que durerait mon apprentissage de la sorcellerie... Sept ans. Une éternité.

Désœuvrée, je n'avais rien d'autre à faire que de rester immobile, allongée sur mon lit et fixant le plafond d'un regard vague. Bientôt l'heure du couvre feu sonnerait, et je me glisserais sous les couvertures, implorant le sommeil de me soustraire à mon ennui. Je continuais de ressasser avec une amertume grandissante l'injustice dont j'étais victime. Je n'avais rien fait pour mériter ça. J'avais toujours été parfaite, conforme à ce que l'on attendait de moi. Ma famille m'adorait. Mais pourtant, on aurait dit qu'ils ne voulait plus de moi en me laissant passer mes vacances ici, eux qui savaient si bien que je ne m'y plaisait pas. Ils s'entêtaient à penser qu'il fallait seulement me laisser le temps de m'adapter, que bientôt j'aurais tellement d'amis ici que je m'agripperais de moi même à la vieille pierre du château pour ne pas rentrer chez moi le temps des vacances venu. Douce illusion. Ces deux premiers mois étaient passés au ralenti, me conduisant avec l'entrain d'une limace vers une délivrance qui n'était pas venue, se transformant en déception. Je haïssais mes parents. Et j'étais bien décidée à leur donner tort, jamais je ne me plairais ici.

Je ne mesurais pas encore quelle était ma chance d'échapper au joug de ma famille, et loin d'eux pouvoir enfin faire ce qui ma plaisait. Pour l'instant la peur de l'inconnu et ce tenace sentiment d'abandon m'empêchaient encore de voir au delà. Mais déjà le besoin de distraction se faisait douloureusement ressentir. Je menais une bataille perdue d'avance. M'interdisant de penser à ce que j'allais faire, je décidais d'agir, pour la beauté du verbe. Me dépêtrant de mes draps je mettais pied à terre et filais comme une ombre vers l'inconnu.

En trois petits tours de montres j'en arrivais à errer dans les couloirs déserts et obscurs. Je n'avais pas de but, je marchais au hasard, et des frissons d'excitation me parcouraient l'échine de temps à autre, quand je croyais au détour d'un couloir apercevoir une silhouette fuyante ou quand mes oreilles croyaient entendre des bruits de pas se répercutant dans le vide des couloirs. Mais rien de tout cela n'était réel, et aucun rôdeur à l'affut ne vint gâcher mes envies d'évasions et de délinquance puisque, j'en avait bien conscience et ô joie, je violais le règlement. J'aurais toujours pu me faire passer pour somnambule si j'avais été prise. Une lettre à ma mère et elle corroborait mes dires plutôt que sa chère petite soit mise en retenue.
Enfin, nul besoin d'en venir à ce point puisque je finis par me trouver devant deux immenses battants de portes entrebâilles, qui laissaient filtrer une vieille ritournelle entêtante. Je crus être arrivée à destination. Curieuse de voir d'où provenait la mélodie, je me faufilais pour déboucher dans une salle aux dimensions impressionnantes. Tombant sous mon regard, une fille se trouvait assise en tailleur au milieu de tout ce vide, un vieux magnétophone posé devant elle égrenant ses notes de musiques d'un autre siècle. Le tout plantait un décor qui me paraissait irréel. Stoppant mes pas non loin de l'autre présence, je profitais le temps de quelques battements de cœur de ces instants suspendus avant que ma voix s'élève et interfère avec la musique languissante.


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