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Un soir de Décembre ( S.W )

 
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 Un soir de Décembre ( S.W )

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Claire Austen
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MessageSujet: Un soir de Décembre ( S.W )   Ven 1 Jan - 15:53

A chaque jour suffit sa peine.

En l’espace de deux jours cette phrase était devenue ma meilleure amie, le plus indéfectible des soutiens, un réconfort latent, présent au plus intime recoin de l’esprit. J’avais choisi de passer le soir du 24 Décembre à Poudlard, trop heureuse de tomber sur une excuse en or. Ce choix était d’autant plus légitime qu’à ma sixième année d’études j’étais en âge de flirter aux bals, considérer d’un autre œil les garçons, et c’était là le souhait le plus cher de Mère. Alors, imaginez, lorsque je lui parlai de louper le traditionnel repas de famille pour fricoter avec un cavalier fictif elle ne consulta même pas Père.

Je quittai une source d’ennui pour une autre, plus pernicieuse encore. Au premier dîner j’en vins à regretter amèrement la solitude feutrée de la bibliothèque alors que je rejoignais ma grande chambre. Les nobles portraits de mes aïeux me saluaient, se frôlaient presque pour ne pas me perdre de vue, moi une Austen, fruit de leur sang, héritière de leur histoire. Cette maison, ou plutôt ce véritable palais agrandit, restauré, modernisé de générations en générations par la magie n’avait été chaleureux que dans mes lointains souvenirs. Rares étaient les pièces vivantes, animées d’un bon feu où j’aimai me posai, et les dîners à l’image de l’ensemble me donnaient la gerbe plus qu’autre chose.

Au bout de six ans passés à Poudlard et une bonne partie de l’année en internat, les défauts de Holly Blood Hall n’en ressortaient qu’avec plus de vivacité et l’absence de chaleur humaine, cette pâle imitation d’un repas de famille m’écœuraient, me donnaient un mal de tête carabiné à leur seule pensée. En fin de compte il n’y avait qu’à Poudlard que je me plaisais le plus. Bien sur habiter une demeure séculaire offrait de nombreux avantages, être entourée, isolée au cœur d’une forêt grouillante de bestioles peu recommandables un paradis en soi, mais Holly Blood Hall n’était pas le doux foyer que s’imaginent les envieux.

En cette nuit de 26 Décembre je poussai donc la porte de ma chambre, ou plutôt de mon antichambre, une large pièce aux murs cachés derrière des bibliothèques bourrées de livres. Un vieux fauteuil et une table pour seul mobilier, les témoins privilégiés de mes pensées les plus livresques. Je tournai une seconde poignée pour cette fois ci entrer dans la pièce principale : ma chambre à coucher. Elle était vaste, en tout cas assez pour contenir un grand lit baldaquin, une belle et vieille pièce séculaire auquel un canapé baroque aux épais coussins bordeaux avait été posé au pied, son propre âtre face au lit et la réserve de bois posée en un petit tas de chaque côté. Le dressing, assemblage harmonieux et quasi méticuleux, formait une pièce à lui seul et se dissimulait derrière une simple porte bordeaux à la poignée d’argent. Il y avait aussi un cabinet de travail et une salle de bain.

Hormis une cuisine il ne me manquait quasiment rien pour vivre en autarcie…

Père s’était absenté dans son propre cabinet de travail, accaparé par ses hautes fonctions au Ministère et Mère, perdue dans ses pensées, les idées noires et soucieuses s’était couchée plus tôt que prévu. J’avais l’ennui pour seule compagnie.

A minuit, lasse de lire je sortis sur mon balcon et me pris d’une fascination pour la lune. Je rêvassai, Poudlard me manquant plus que je ne l’aurai cru, le croissant de lune, à feu et à sang comme les convictions intimes du monde sorcier ignorait mes états d’âme. J’enviai l’astre et me pris à penser que je me sentirai bien mieux à traîner dans les couloirs de Poudlard, les sens excités par tous ces Aurors, les rondes des profs et le risque de se faire prendre.

Cette nuit vagabonder sur mes terres, cette forêt plus vieille encore que mon nom, rare lieu préservé des intérêts du Ministère, ne m’inspirait pas. Je l’observai s’étendre aux portes de la pelouse, reléguée derrière les fontaines et bosquets, sombre et menaçante pour un étranger au sang de ma lignée. Elle s’étendait sur de vastes hectares, encerclait le manoir, d’une beauté sauvage à vous couper le souffle. Je soupirai, un châle de vieille femme sur les épaules, chaud et doux, et observai mon souffle glacé dans l’air de cette nuit.

J’ai alors su en voyant ses sommets onduler sous le vent froid de la nuit. Dans mon dressing je me suis vêtue d’une courte robe noire aux col roulé et aux manches longues, ai chaussé mes hautes cuissardes au talon plat, idéal pour la marche. Le froid mordant me fit choisir une belle cape, noire comme la nuit et chaude. Je passai devant mon miroir et fut frappée par mes cheveux. Je n’avais jamais touché à leur couleur, mais ce soir j’ignorai de quoi serait faîte la nuit. D’un sort leur couleur si caractéristique prit une teinte brune, riche en reflets d’ébène.

Moi… Sans mes cheveux je me sentis fade, presque diminuée.

Je quittai le manoir sans passer par la porte principale en empruntant des passages, traversai le jardin et m’enfonçai dans la forêt. Les lumières du manoir englouties dans l’épaisseur de la végétation, alors seulement je transplanai heureuse d’avoir bénéficié de cours privilégiés. L’affreuse sensation de vomir me laissa hébétée une seconde, haletante dans l’Allée des Embrumes, au bord de la syncope parmi tous ces gens louches. Pourtant je me ressaisis, méconnaissable pensais-je sans ma tignasse rose. Comment, ça ne regarde que moi, je connaissais un bar minable, peu fréquentable, crasseux même mais idéal pour avoir la paix. Le barman, un vieux sorcier à la mine patibulaire m’observa entrer du coin de l’œil, étonné même de voir un visage si jeune et lisse dans son coin sordide. Je commandai une Bierreaubeurre, ce qui ne manqua pas de lui arracher un rictus mauvais, et m’en allai dans le coin le plus sombre, reculé.

Ma Biereaubeurre en face de moi, assise à une table sale d’un bar tordu de l’Allée des Embrumes je me suis alors sentie respirer, de meilleure humeur loin de Holly Blood Hall et son ambiance glaçante.

Ah la nuit… J’ai depuis longtemps oublié d’en trouver les raisons les plus intimes, seul cet amour, cet appel de la nuit comptait.

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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Sam 2 Jan - 15:45

La plupart des gens protègent leur cœur ou leur torse lorsque le danger se fait sentir. Lors d'une chute, lors d'un coup porté, lors d'une situation critique. Pas Sacha. Sacha, lui, protégeait avec une tendresse infinie son avant-bras où s'étalait d'une couleur foncée la Marque des Ténèbres. Une tête de mort ouvrait une bouche dont s'échappait un long serpent qui s'enroulait autour de la tête de mort... Presque amoureusement, Sacha quitta des yeux la marque qu'il redessinait du bout des doigts et rabattit sa manche rapidement. Personne ne pouvait le voir dans ce recoin du bar, mais tout de même. Ce secret devait être fermement gardé. Pour le bien du Maître.

L'homme attrapa son verre de Scotch et le porta nerveusement à ses lèvres. Le Maître était en colère, et Sacha n'aimait pas ça. Il se sentait faible, incapable, impuissant. C'était lui, le chef de cette mission Poudlard, et même si ils savaient pertinemment qu'elle n'aurait rien de facile étant donné la richesse de défenses dont le château était pourvu, il était normal que plusieurs tentatives soient nécessaires. Mais tout de même... Cela faisait plus d'un an qu'un groupe de Mangemorts vivait caché à Pré-au-Lard! Et qu'ils vivaient l'enfer, puisque leurs tentatives échouaient à chaque fois, ce que le Maître jugeait nécessaire mais qui le rendait tout de même dans une rage folle.

Sacha avait toujours été l'un des préférés du Maître - du moins il essayait de s'en convaincre. Mais il est vrai qu'il était dans les favoris, par ses origines nobles et purs, par son intelligence et par sa détermination sans scrupules à servir le Seigneur des Ténèbres. Sa soif de pouvoir était un atout, également, bien que Lord Voldemort s'en méfie... Il serait toujours temps d'écarter Sacha Winch quand celui-ci aurait trop d'influence et d'assurance. Pour l'heure, c'était un fidèle serviteur compétent et entièrement dévoué, et c'était le principal. La famille Winch, qui plus est, était une de ces vieilles familles nobles et de Sang-Pur qui apportait un grand soutien au Seigneur des Ténèbres depuis que Sacha avait été élevé dans les rangs des Mangemorts.

Tout était plutôt à son avantage, mais une ombre flottait au tableau: Poudlard. Poudlard et ses grands murs de pierres. Poudlard et ses professeurs qui maniaient la Magie mieux que quiconque. Poudlard et ses mystérieuses défenses datant de temps très ancien. Bon sang! Sacha faillit taper sur la table mais se retint, il devait toujours faire bonne impression. Les traits déformés par la rage, il se contenta de serrer violemment le poing, faisant blanchir ses articulations. Poudlard tomberait, dussè-t-il y laisser sa vie, mais Poudlard tomberait. Il y mettrait toute ses cellules grises et toute son énergie jusqu'à ce que le château soit à eux.

A eux... Des nouvelles recrues allaient d'ailleurs arriver, le Maître avait enfin jugé nécessaire qu'ils soient plus nombreux. Enfin! Sacha lui en parlait depuis six mois... Il y avait même quelques élèves à l'intérieur prêt à pactiser avec eux, mais Sacha s'en méfiait. Qui disait élève disait enfant, et qui disait enfant disait imprévisible, peureux, ou stupidement téméraire. Mais bon, des informations venues de l'intérieur ne seraient pas superflues.

Un courant d'air se fit soudainement sentir: la porte du bar de l'Allée des Embrumes venait de s'ouvrir. Sacha se redressa, et rejeta ses cheveux noirs en arrière, avant de fixer durement son regard sur les nouveaux arrivants. Un petit groupe de personnes. Ils allèrent avancer vers le coin où se trouvait Sacha quand ils croisèrent son regard et virent son attitude; aussitôt ils changèrent de direction. C'était la réaction des gens, la plupart du temps. Ils avaient peur de Sacha. Ses yeux étaient noirs, ses cheveux aussi, sa peau plutôt mat, il s'habillait toujours de noir, portant des longues capes et des costumes d'une grande valeur. Il aimait étaler ses origines nobles et riches. Alors qu'il se réinstallait confortablement sur sa chaise crasseuse, une nouvelle personne entra. Braquant à nouveaux ses pupilles sur l'entrée de l'établissement, Sacha fronça tout d'abord les sourcils. La silhouette était petite, menue, élégamment vêtue - mais il ne l'avait jamais vue ici.

Il se pencha en avant sur sa table et avala une gorgée de Scotch tout en écoutant la petite personne commander une bièraubeurre. Puis elle vint vers l'endroit où il se trouvait et là, il se contenta de la regarder suspicieusement. Elle s'assit et quand enfin son visage entra dans un faible rayon de lumière, il la reconnut. Ses doigts se crispèrent sur son verre et une ombre passa sur son visage. Elle avait disparu, que faisait-elle ici? Et de toute façon, pourquoi cela l'intriguait-il puisque cette garce ne voulait pas de lui?!


- Chelsea! grogna-t-il, à voix basse mais avec un air mauvais. Oh si jamais cela pouvait être elle...

- Impossible, continua-t-il, Chelsea avait tiré sa révérence avec le Seigneur des Ténèbres et n'était jamais réapparue. Mais alors... Qui êtes-vous? Une Carrington? C'était forcé, quelle ressemblance...


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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Sam 2 Jan - 15:51

Un bar miteux, puant la crasse et les vices humains. C’était l’un de ces endroits où il ne fait pas bon vivre, un pub démodé, en délabrement latent, fréquenté d’hommes et de femmes peu recommandables cachés sous leurs larges et profondes capuches. Un endroit comme je les aimai en somme. La table était salle et les regards méfiants me suivaient mais je n’éprouvai aucune peur si ce n’était celle de salir mes vêtements qui à eux seuls valaient bien plus que l’établissement et son mobilier.

C’était pure folie que traîner dans l’Allée des Embrumes. Le Seigneur des Ténèbres et ses partisans rôdaient, en quête d’un mauvais coup, d’un plan, d’une idée pour prendre d’assaut Poudlard. Sinon pourquoi autant d’Aurors dans les murs même de notre école ? Le Ministère se voilait la face, tentait de rassurer un public craintif, encore marqué par les temps du Lord, et pourtant je savais qu’il était là, quelque part, tapi dans l’ombre et ses serviteurs aux portes du vieux château. Père travaillait à n’en plus finir, ses horaires au bureau se rallongeaient et son rare temps libre il le vouait à d’interminables voyages. Nul besoin de voir le Lord en personne, toute cette agitation était palpable, présente dans l’air.

En venant ici je n’avais qu’une seule crainte : être reconnue. Voilà pourquoi j’avais lancé un sortilège de coloration sur mes cheveux dorénavant bruns. J’aurai pu être rousse mais c’était trop voyant et des mèches blondes n’auraient fait qu’accentuer la ressemblance avec Mère. En y repensant je trouvai son comportement encore plus suspicieux, et bien qu’il m’en coûte de me l’avouer je la sentais tendue, les nerfs à fleur de peau, fragile même.

Dans un recoin sombre je tentai de me rassurer de mon mieux. Après tout la communauté des sorciers en Angleterre était grande, les rares personnes susceptibles de reconnaître une Austen en moi trop loin. Je bus une gorgée de Biereaubeurre qui cela dit en passant ne valait pas celle de Pré-Au-Lard.


- Chelsea !

Je frémis en entendant ce prénom, alarmée par le grognement de cet homme à côté de moi. Je ne l’avais pas vu, mais il était assez près et m’observait d’un drôle d’air. Il n’était pas effrayant, même plutôt beau gosse, mais ses yeux sombres ne me disaient rien qui vaille, et comme un animal qui hume la menace dans l’air je me tins sur mes gardes, ma main sur ma baguette.

L’effet de surprise passé, je fus frappée par ce prénom et toute sa signification. Ce ne pouvait être une coïncidence. Il n’y avait qu’une Chelsea qui puisse cadrer avec le lieu et le bonhomme, mais elle avait disparu depuis longtemps, avec la chute du Lord en fait, et ne laissait depuis dans les mémoires que douleur et crainte.


- Impossible, Muette, je n’osai dire un mot, prostrée dans l’attente, la crainte d’une part d’être démasquée et celle plus sournoise, terrifiante d’être tombée sur une de ses victimes directe ou indirecte. Pourtant je sentais chez cet homme une chaleur, un lien dont la sensation, aussi légère soit-elle me laissait dans de bonnes grâces.

- Qui êtes vous ? Une Carrington ? Si j’avais douté alors il n’y avait plus de raison. Je lançai de furtifs regards autour de moi, rassurée de ne voir aucune tête se tourner en ma direction. Ce n’était pas de la peur, non, mais de l’appréhension mêlée à une excitation.

D’une manière ou d’une autre cet homme avait connu Chelsea Carrington, ma tante et Mangemort bien connue des Aurors. Faisant fonctionner mes méninges à vive allure, je sautai d’une hypothèse à une autre, et de fil en aiguille en vint à la conclusion qu’il n’était pas un enfant de chœur. Peut-être aurais-je du avoir peur, mais peu de gens parlaient encore d’elle tant son nom avait été synonyme de malheur.


- Pourquoi je vous répondrai ? Dans mes souvenirs Chelsea avait une voix grave, profonde et dure mais d’une tendresse telle qu’elle glissait comme une caresse, roulait des mots doux à mes oreilles, or la mienne était plus sucrée, plus fraîche et acidulée.

- Et d’abord qui êtes vous ? , Ce n’était pas la peur que trahissait mon ton orgueilleux, ni un manque de confiance là où il n’y avait que méfiance mais ce que j’étais, l’éducation, mes idées, cette pensée souveraine de supériorité. Même dans un bar miteux je n’étais rien de plus ni de moins qu’une Sang-Pur, et cet homme sur qui j’avais braqué ma baguette en douce, dissimulée sous la table m’intriguait.

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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Sam 2 Jan - 16:25

La petite était mignonne, aussi envoûtante que Chelsea, mais en la détaillant quelques secondes Sacha mesura son erreur. C'était une belle copie de Chelsea, mais ce n'était pas elle. Le nez, les pommettes, la courbe de la bouche, tout ressemblait à la jeune femme en ayant tout de même une petite touche personnelle. Instantanément, Sacha se détendit et sentit son assurance revenir à la vitesse de l'éclair. Bon Dieu, c'était fou l'impact de ce prénom sur son esprit - tous les souvenirs lui étaient revenus, déversés à grands flots, sans qu'il puisse les balayer d'un revers de main. Chelsea Carrington. Une sacrée garce. Mais dont l'odeur, la voix, l'image, hantaient Sacha depuis des années...

Curieux, à présent, et vraiment désireux de connaître l'inconnue, il se cala dans son fauteuil en sirotant une nouvelle gorgée de whisky. Sans décrocher son regard des prunelles de la jeune fille, il sourit en ricanant:


- Baisse ta baguette, ma belle. Je ne te veux pas de mal - pour l'instant - et si tu m'attaquais, je ne donnerais pas cher de ta jolie peau...

L'entraînement des Mangemorts est tel qu'un duel qui peut se montrer dangereux pour le commun des sorciers est un jeu d'enfant pour les serviteurs du Maître. Qui plus est, les mages noirs savent détecter les menaces dans n'importe quelle situation et Sacha avait tout de suite remarqué la tension qui avait émanée de la jeune fille tandis que sa main restait sous la table. C'était un geste naturel mais Sacha le décryptait aisément, qui plus est il sentait dans sa propre baguette une électricité qui lui prouvait que quelqu'un était sur la défense tout près de lui.

Son attitude avait changé en quelques secondes, et il fut soulagé de voir qu'il reprenait si bien ses airs d'homme sûr de lui, quoi qu'il arrive. Même s'il essayait de se convaincre du contraire, Chelsea était encore trop présente dans son esprit pour qu'elle le laisse indifférent. Et elle ne le laissait pas ainsi, au contraire, elle le rendait sombre, triste parfois, vexé, morose, et surtout le faisait douter de lui, chose qu'il haïssait plus que tout au monde. Elle n'avait pas le droit de lui infliger tout cela. Il était un homme puissant, intelligent, très intelligent, tellement que le Seigneur des Ténèbres lui accordait une grande confiance et lui confiait des missions des plus importantes. Que Chelsea soit maudite!

- Pourquoi je vous répondrai ?

Sacha la fixa un instant puis sourit, avant de s'avancer et de poser ses mains sur la table, joignant un à un ses doigts. C'était une Carrington. Elle avait le chic et l'assurance d'une grande famille.

- Parce que tu sais que j'ai raison. Et aussi parce que tu te demandes qui je suis, comment cela se fait que je connaisse tes origines, et que tu essayes de gagner du temps pour faire fonctionner ton esprit. C'est une question presque rhétorique.

Satisfait, il laissa planer un silence un court instant. Son verre était fini. D'un geste vif de la main, il fit signe au barman de renouveler sa commande - ainsi que celle de sa nouvelle voisine. Puis il se réinstalla en arrière en croisant ses mains derrière sa tête. Il avait tout l'air d'un homme qui a une aisance parfaite et sait par avance quelle tournure vont prendre les évènements.


- Et d’abord qui êtes vous ?


La voix était plus jeune que celle de Chelsea, plus aigüe, plus enfantine, mais plus acide aussi. Ce n'était pas le timbre envoûtant, sensuel, de la jeune femme, mais un ton plus piquant, plus sucré. Sacha ne la quittait pas des yeux.

- Je reconnais que j'ai manqué à certaines règles de la bienséance. Mais je vais me rattraper: j'appartiens à la grande famille des Winch, et je me prénomme Sacha. Quel lien as-tu avec Chelsea? Je... l'ai bien connue.

Une Carrington connaissait forcément les Winch - toutes les nobles familles de Sang-Pur se connaissaient forcément de nom. Heureusement qu'ils étaient dans un bar de l'Allée des Embrumes car une telle conversation ne pouvait pas rester anodine pour beaucoup de sorciers. Le barman apporta les consommations et Sacha se tut jusqu'à ce qu'il reparte. Puis, levant son verre à nouveau, il eut un petit signe de tête à la jeune fille et avala une gorgée.

- Tu es plus jeune qu'elle, affirma-t-il. Elle avait l'air d'une adolescente. Se pouvait-il que... Faisait-elle partie des élèves choisis par le maître pour faciliter l'accès à Poudlard? Interdit, Sacha se frotta la joue pensivement. Si c'était le cas, elle connaîtrait le nom de Sacha Winch. Il préféra la laisser s'exprimer avant de continuer.



Dernière édition par Sacha Winch le Dim 10 Jan - 18:22, édité 1 fois
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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Sam 2 Jan - 20:06

L'homme m'intriguait.

Sa voix masculine, l'odeur ambrée qui s'échappait de ses lèvres, l'élégance de ses vêtements et cette assurance, cette intimité presque indécente que je sentais s'installer laissaient déjà planer de belles promesses. Ma baguette ne m'était d'aucune utilité. Je le savais, mais plus qu'un courage aveugle, stupide et fougueux, seule la prudence me gouvernait.

Mon esprit s'employait à trouver un lien, recréer un passé commun à cet inconnu et ma tante, mais plus je puisai au fond de ma mémoire les esquisses de vieilles photographies plus le néant creusait son nid. Pourtant la méfiance n'était jamais bien loin, chevillée à mon être, chatouillée par sa présence.

J'avais reconnu en lui une aristocratie certaine, ou s'il n'était qu'un Sang-Mêlé, et même pire, c'était là la plus parfaite imitation qu'il m'avait été donné d'admirer! C'était un homme racé, fin et distingué dont l'élégance m'était familière. Je cherchai dans ses yeux sombres une lumière, dans sa voix une résonance, ses mains une sensation, sa bouche un rictus.

Sous la froideur apparente de mon visage une curiosité bouillonnante troublait l'ennui dans lequel mes pensées avaient jusque là baigné.


- Baisse ta baguette, ma belle. Je ne te veux pas de mal - pour l'instant - et si tu m'attaquais, je ne donnerais pas cher de ta jolie peau...

Je lui souris, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, d'un sourire en coin malicieux. Bizarrement j'étais rassurée par l'aisance déconcertante avec laquelle il avait découvert mon petit stratagème, et au lieu de l'envoyer promener je me décidai à la poser sur la table, ravie d'être en si bonne compagnie.

- Parce que tu sais que j'ai raison. Et aussi parce que tu te demandes qui je suis, comment cela se fait que je connaisse tes origines, et que tu essayes de gagner du temps pour faire fonctionner ton esprit. C'est une question presque rhétorique.

Comme une enfant curieuse je me délectai de son timbre de voix et le laissai s'exprimer à loisir. Malheureusement ce son, cette signature vocale m'était inconnue. L'instinct soufflait le chaud sur ma mémoire froide afin de la réchauffer, mais c'était peine perdue. Certainement trop âgé pour m'avoir été présenté pensai-je rapidement, déçue d'ignorer son identité.

Ma position n'en était que plus inconfortable.

Ses mains sur la table, je sentis un frisson courir sur la pulpe de mes doigts, le désir d'effleurer de ma peau la sienne, rechercher dans ce contact furtif l'éclair d'un souvenir. Je n'osai, à la fois attentive à ses paroles et drapée de mon orgueil.


- Je reconnais que j'ai manqué à certaines règles de la bienséance. Mais je vais me rattraper: j'appartiens à la grande famille des Winch, et je me prénomme Sacha. Quel lien as-tu avec Chelsea? Je... l'ai bien connue.

Ah... Winch.

Le nom des Winch m'était familier. Je me détendis aussitôt bien que toujours méfiante. Être Sang-Pur ne m'empêchait pas d'être souvent exaspérée par les miens, et je ne doutai pas qu'il ai été présent à une réception de Chanel ou Elizabeth, mais mon allergie était telle qu'il me sembla tout à coup logique qu'il me soit inconnu.

J'ignorai tout du fils Winch ravie de faire sa connaissance de façon si originale. Un petit bonheur en entraînant un autre je me sentis disposée à converser un bout de temps, trop heureuse de côtoyer un sorcier de sa trempe ayant connu ma tante.


- Tu es plus jeune qu'elle

Évidemment! Je buvais la Bierreaubeurre qu'il m'avait commandé, son goût étant toujours aussi mauvais, et songea un instant à lui mentir pour mieux me raviser la seconde suivante. Qui aurait été assez stupide pour gober Britney Spears ?!

Je considérai Sacha Winch sans détours, mes pupilles électriques caressant son avant bras un sourire narquois aux lèvres. Il l'était. Sans réserves.


- Sacha Winch... C'est un joli prénom , répondis-je de ma voix sucrée. Je lançai un regard dédaigneux à la Bierreaubeurre décidément dégueulasse dans ce pub. Un Whisky-Pur-Feu me tentait bien mieux...

- Et ça explique aussi votre galanterie innée. Je marquai particulièrement cette phrase d'un ton que je voulais moqueur au bord d'un léger rire, étrangement frais en ce lieu si noir. Je me présentai comme seul un membre de grande famille peut le faire, avec l'arrogance si particulière, naturelle des nôtres. - Claire Austen.

J'avançai à mon tour mes mains aux doigts fins vers les siennes pour me saisir de son verre que je jugeai plus consommable.

- Chelsea Carrington est effectivement de ma famille, mais vous semblez mieux la connaître que moi , dis-je en buvant dans son verre.

C'était déjà bien mieux.

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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Lun 4 Jan - 12:12

Le fait d'appartenir à une grande famille de Sang-Purs n'assurait théoriquement rien, si ce n'était la pureté du sang qui encore pouvait être contestable, mais Sacha accordait d'emblée une attention beaucoup plus prononcée à toute personne issue du même milieu que lui. L'orgueil y était pour beaucoup - il ne lui était pas envisageable par exemple d'entretenir une relation poussée avec quelqu'un si il n'était pas de "l'élite". Pratique quelque peu restrictive certes mais qui lui donnait la satisfaction de compter à ses côtés uniquement des sorciers dignes de ce nom. Cela flattait l'apparence et Dieu seul savait combien Sacha Winch chérissait son apparence...

En parlant d'apparence, une fois passé la troublante ressemblance avec Chelsea Carrington, la jeune fille qui faisait face à Sacha était des plus agréable à regarder. Parfois une soirée commençait mal et finissait par un petit coup du sort de la manière la plus convenable... Certes elle avait l'air jeune, mais l'assurance de ses gestes et de sa petite voix ainsi que sa tenue des plus flatteuses la vieillissait. Si bien que le jeune homme était incapable de lui donner un âge exact, et il essayait mentalement d'au moins la situer: 16 ans grand minimum, 24 ans maximum. Ce qui laissait une bonne marge. En espérant qu'elle penche plus vers les 24 que les 16, pensa Sacha qui ne pouvait s'empêcher de penser qu'une Carrington est une personne parfaite en tout point et que si la jeune fille était majeure, certaines choses en seraient facilitées...

Il s'efforca de chasser toutes les pensées susceptibles de lui faire perdre pieds et regarda une nouvelle fois la nouvelle. Leurs yeux se cherchaient et Sacha constata avec ravissement qu'elle était curieuse et qu'il l'intriguait, l'attirait peut-être. Elle le cachait bien mais son regard était un peut trop brillant par moment.


- Sacha Winch... C'est un joli prénom


Il eut un petit signe de tête en guise de remerciements, sans réussir à se débarrasser d'un petit sourire en coin qu'il avait depuis l'instant où il avait laissé libre cours à ses pensées.


- Et ça explique aussi votre galanterie innée.

Le ton était moqueur, quel message voulait-elle donc faire passer? Sacha fronça un instant les sourcils en la regardant intensément, tout en faisant jouer son doigt sur le bord du verre humide. Elle avait cette arrogance des grandes familles mais semblaient en même temps s'en amuser. Pourquoi pas. Même si le fait d'en rire étonnait un peu Sacha, qui considérait leurs nobles origines comme la plus sérieuses du monde.

- Claire Austen.

Austen... Ils étaient donc reliés avec les Carrington. Sacha essaya de visualiser de quelle sorte, mais il n'avait que des idées passablement floues. Alors qu'il s'accorda un temps de réflexion, il vit la petite main claire de la jeune fille passer devant lui pour saisir son verre et y tremper ses lèvres tandis qu'elle continuait:


- Chelsea Carrington est effectivement de ma famille, mais vous semblez mieux la connaître que moi


Diantre, c'était une femme digne de ce nom, et comme on n'en fait plus! Sacha posa un doigt sur sa tempe en contemplant Claire Austen d'un air amusé mais empreint d'un respect nouveau. Il en aurait presque mis sa main à couper qu'elle devinait sa vraie nature, à savoir son appartenance au camp du Seigneur des Ténèbres, mais ne se gênait pas pour autant pour jouer avec lui et boire dans son propre verre...


- Vous me voyez enchanté, miss Austen, dit-il sans masquer son amusement et en saisissant la petite main dans la sienne. Leur peau était de couleur radicalement différente: celle d'Austen était blanche et délicate tandis que celle de Winch était mat, dorée, avec des doigts puissants. Il se pencha et lui fit le baise-main, après quoi il récupéra son verre en la défiant du regard. Il héla le barman une nouvelle fois et le somma d'apporter un nouveau verre de Pur-Feu. Le barman lut sur les traits de Sacha une autorité qui n'était pas défiable et cavala du bar à la table, puis se retira en silence.

Claire Austen faisait durer le suspens, et cela fonctionnait, car Sacha mourrait d'envie de savoir à quel degré les deux jeunes femmes étaient reliées, mais il ne pouvait pas poser une nouvelle fois la question, craignant que la jeune fille se demande pourquoi un tel intérêt envers Chelsea.


- Je l'ai bien connue effectivement, dit-il pour relancer le sujet sans s'y tremper vraiment. Mais sa disparition m'a coupé d'elle, en tout point. Sa famille avait-elle des relations avec elle? Ou Chelsea était morte, vraiment morte? L'histoire avait été si étrange que Sacha ne savait sur quel pied danser - la pleurer ou la maudire.

Puis il repensa au rôle qu'elle tenait près du Lord, et sa mission lui revient à l'esprit. Entre 16 et 24 ans, il y avait bien quelques années où la jeune fille aurait pu être à Poudlard, non?

- Et que fait une noble jeune fille comme toi dans un lieu si...sinistre? Non pas que je m'en plaigne, la laideur du bar te sied à merveille: ta beauté n'en est qu'avantagée.


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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Lun 4 Jan - 13:59

Je me jetai de toute la force de ma jeunesse dans cette nuit, cette conversation qui me fascinait, cet homme aux pensées si intrigantes. L'ennui m'avait quitté, les heures sombres de Holly Blood Hall loin derrière moi, seul restait la délicieuse sensation de nager dans un océan de noirceur et d'ombres. La peur m'ignorait et je m'en félicitai, grisée par les éclairs qui couraient sur ma peau. La curiosité m'agitait, me secouait l'âme dans tous les sens et mes esprits, jusque là engourdis, amollis d'ennui, s'éveillaient avec une vigueur nouvelle, s'ouvraient la joie à l'âme au printemps de son souffle.

Le tableau était parfait, la scène digne de mes plus fiévreux espoirs.

J'ignorai de quoi serait fait le lendemain, ce n'était à mon jeune âge qu'une vague préoccupation, mais je sentis pour la première fois un bouleversement intérieur, une délicieuse tension. L'instinct trompe rarement, le mien m'était fidèle et fiable, et en cette nuit une étrange sensation, floue et aérienne m'élevait, changeait la donne.

Quelque chose d'inéluctable était en marche, je ne savais quoi, mais son attente m'emplissait d'une excitation juvénile débordante.

Un Winch, un homme digne de mon rang, un homme fréquentable. J'ignorai où il résidait, mais j'étais certaine de le dénicher, peu importe le temps que cela prendrait, je savais qu'il avait beaucoup à m'apprendre. Il l'était, la proximité avec le danger n'avait jamais été aussi proche, aussi séduisante et la certitude de m'y perdre enivrante. Sacha Winch... Il l'avait vu, il lui avait parlé; j'en étais jalouse et tremblait d'envie de l'entendre m'en parler.


- Vous me voyez enchanté, miss Austen

Enchantée, oui, je l'étais. Ses mots me laissaient rêveuse, amusée de ma propre sensibilité, cette ridicule impression de flotter sur un petit nuage. Il avait de grandes mains et sa peau sur la mienne, neigeuse et veloutée, je me sentis comme baignée par un rayon de soleil, caressée par sa douceur, assoupie, lovée dans la plus pure délicieuse sensation de sommeil. Un frisson affinait mon sens du toucher, ma peau agitée de mille petits éclairs, j'eus un bref mouvement, une esquisse de surprise à la seule pensée qu'il l'avait peut-être effleuré. Mon ongle griffa légèrement la paume de sa main.

Le baise-main me laissa étrangère, indifférente même à ce contact tant j'étais obnubilée, dévorée d'une curiosité pour son avant bras. Je le savais, quoiqu'il dise ou fasse.


- Je l'ai bien connue effectivement, Mais sa disparition m'a coupé d'elle, en tout point.

Qui de nous deux était le chat ou la souris ? Il fuyait, détournait la conversation sans pour autant la perdre de vue. Qu'avait-il à cacher, quel secret intime à sa mémoire causait un tel détour dans ses objectifs ? J'eus la bonté de le laisser en paix, saisie par l'intensité de ce regard.

Il était autoritaire, sa seule manière de mener au doigt et à l'oeil le barman le révélait et moi même, pourtant si réfractaire à l'emprise, je sentis agréable, doux de se laisser commander.

Sa disparition. Vague terme pour parler de ce mystère à part entier. Je n'ai jamais su ce qu'il est advenu de Chelsea Carrington. Du jour au lendemain elle s'est évaporée je ne sais où, comme par enchantement, ce qui dans son cas était à mon sens d'une ironie à faire sourire. En fin de compte, et malgré tous les efforts déployés par le Ministère pour la retrouver et l'envoyer croupir à Azkaban, je soupçonnai Elizabeth Carrington aidée d'intimes de l'avoir dissimulée.

Grand-mère l'aimait trop pour la laisser mourir.


- Et que fait une noble jeune fille comme toi dans un lieu si...sinistre? Non pas que je m'en plaigne, la laideur du bar te sied à merveille: ta beauté n'en est qu'avantagée.

A nouveau je souris, flattée et ravie de ses attentions. Il ne faisait que renforcer le désir pressant de le revoir, ce dont je le soupçonnais d'avoir deviné. Tant mieux pensais-je, cela me facilitera les choses. Je bus une gorgée de Whisky-Pur-Feu, la sensation chaleureuse du liquide brûlant qui suit son chemin dans mon corps, les paupières closes.

- Je fais le mur! J'avais dit cela de si bon cœur, comme une évidence espiègle, pleine d'une malice piquante, que ça en ressemblait presque à un demi mensonge. Vous avez un rendez vous ou seul le bon plaisir de boire un verre dans un lieu louche vous attire ?

De savoir, être convaincue dans sa chair même de ce qu'il était ou en jouer avec tant de désinvolture, je ne saurais dire ce qui était le plus grisant, mais ça me plaisait de provoquer le danger.

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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Mar 5 Jan - 18:09

Imperturbable, Sacha plongea son regard d'ébène dans les prunelles de la jeune Austen. Après s'être penché sur sa main, il la garda un instant prisonnière de ses doigts, pour goûter un peu plus au contact électrique de leurs peaux. Plus troublé qu'il ne le paraissait, il ressentit avec violence une passion s'enflammer en lui et il eut l'avide envie de garder captive la fine main et d'y poser ses lèvres avec force, comme si elle était sa nouvelle propriété. La bienséance le retint et il laissa la jeune fille récupérer son bien, en savourant avec un plaisir fiévreux la dernière caresse de leurs doigts qui glissaient les uns contre les autres. Ses muscles se crispèrent légèrement lorsqu'il sentit l'ongle lui passer sur la peau mais s'il ne fit aucune remarque, il en fut encore plus amusé. Claire Austen dégageait une aura qu'il désirait avoir pour lui seul.

Il plaisait aux femmes et le savait - il finissait bien souvent ses soirées esseulées dans des endroits mal famés en compagnie d'une jolie créature à qui il débitait quelques jolies phrases pour qu'elle lui mange dans la main. Il avait donc l'art et la manière de faire; cependant si les cas se succédaient, ils ne se ressemblaient pas. Ce soir là, alors que la colère du Lord l'avait préoccupé toute le journée, ses idées noires avaient laissé place à une attention frémissante tout particulière envers la jeune personne qui partageait son Pur-Feu. C'était une de ces femmes qui n'étaient pas comparables aux autres. Carrington avant tout, elle restait liée à Chelsea dans l'esprit de Sacha bien qu'il lui prête des caractères tout à faits différents. Il ne savait quoi exactement, mais son petit air supérieur et teinté d'insolence l'enveloppait d'un mystère des plus délicieux. Il ne se laissait pas paraître subjugué pour autant, et s'efforcait de garder un recul amusé, octroyant seulement son esprit à quelques vagabondages. Seule une flamme plus vive qu'à l'accoutumée brillait dans ses prunelles noires.

Son avant-bras le chauffa soudain: le Maître était en colère. Un rictus déforma ses traits sans qu'il ne porte la main sur sa manche, là où le brûlait la marque des ténèbres. Il avait l'habitude. Une ombre passa sur son visage. Il voulait que le Maître obtienne ce qu'il voulait. Et il voulait être l'homme qui lui apportait. La mission dont il était le chef devait aboutir, il le fallait. Il supportait la rage de Lord Voldemort sans broncher car elle était légitime mais il ne supporterait pas de voir déchus les espoirs que le Maître avaient placés en lui...


- Je fais le mur! Vous avez un rendez vous ou seul le bon plaisir de boire un verre dans un lieu louche vous attire ?

La voix de sa jolie compagne le ramena à la réalité. Feignant de n'avoir rien ressenti de particulier, il reprit de sa superbe avant de lui lancer un petit coup d'oeil complice. "Faire le mur"... Cela impliquait, comme il l'avait pressenti, qu'elle était relativement jeune. Chose qui ne déplaisait pas à Sacha, loin de là. Prenant un temps calculé pour s'exprimer, il lui répondit d'une voix plus basse, toujours aussi veloutée:

- Je n'ai pas de rendez-vous mais c'est plutôt une bonne nouvelle... Je suis libre d'agir comme bon me semble. Pour tout te dire je traîne dans ce genre d'endroit "louche" depuis quelques temps... Depuis presque un an. J'attends... J'attends des circonstances particulières, qui ne devraient tarder.

Évasif, il s'accorda une nouvelle gorgée du liquide ambré en espérant bien que l'heure était proche - pour lui, pour le maître. Le Maître. Rien que le fait de prononcer ce nom le remplissait d'un respect et d'une admiration hors du commun. Cet homme, ce mentor, il voulait non seulement le servir du mieux qu'il pouvait mais aussi lui apporter ce qu'il désirait de la meilleure façon et dans les plus brefs délais. Hélas, pour l'instant, la mission patinait et Sacha rongeait son frein, tout en maudissant la situation. La confiance que le Lord lui portait était grande mais elle était à chaque instant menacée, et Sacha le savait.

Brusquement passionné, il saisit l'avant-bras de Claire Austen et le serra fort tout en rapprochant son visage du sien. Proches, il sentait l'haleine fraîche de la jeune fille. Ses sourcils étaient plus claires que sa chevelure et Sacha nota ce détail sans pour autant s'y attarder. Une seule chose comptait: il voulait savoir. Il voulait savoir si Claire Austen était mue par les mêmes féroces dévotions que lui.


- Les choses vont changer, je peux t'en assurer... Nous ne serons plus longtemps bafoués, toi, moi et tous ceux de notre race! Des jours éclatants nous attendent...

Fébrile, il déserra son étreinte et fit glisser sa main dans le creux de l'avant-bars de la jeune fille, comme si elle dessinait quelque chose. Puis il la relâcha, aussi vivement qu'il s'en était emparé. Enivré de ce brusque rapprochement, de son parfum délicat, il se redressa et respira presque avidement, comme si il tentait de revenir à la raison. Pour le Lord, pour les sorciers dignes de ce nom, et pour les beaux yeux de cette petite, il allait tout mettre en œuvre pour arriver à son dessein.


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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Mer 6 Jan - 12:09

A seize ans la vie s'offre à soi comme un beau matin de printemps, baignée d'une lumière gaie et juvénile, enveloppée d'un air aux senteurs gourmandes et toujours cette vivacité, cet élan de l'âme qui se grise d'un plaisir avide, débordant. La vue est dégagée comme ce ciel bleu qui nous sourit, le chemin fleurit de bonnes intentions et les soucis disparus, fondus avec la neige. Rien ne semble pouvoir nous arrêter tant notre fougue, la jeunesse nous emporte au galop dans de grands éclats de rire vers un destin dont nous ignorons tout mais que nous savons, voulons coloré.

Il n'y avait ni ciel, oiseaux, fleurs et chantants fleuves sur mon chemin mais de petits cailloux, autant de contrariétés et vexations qui blessaient mes pieds. Je ne souhaitais pas être l'une de ces femmes bien, être ce qu'était Mère depuis son mariage tout comme je n'aspirais pas à croupir dans un Ministère étouffé de bons sentiments, la place qui me revenait de droit donnée à l'un de ces misérables Sang-de-Bourbe. J'avais de l'ambition, de la force et ce désir, besoin vital d'être toujours en danger, sur la brèche pour me sentir vivante.

Non, je n'étais pas faîte pour être fonctionnaire.

En une soirée, en un regard, un timbre de voix je l'avais compris, et tous ces désirs informulés, toutes ces hypothèses marmonnées j'étais aujourd'hui prête à les affirmer.

Plus que Sacha Winch, je désirais avec une violence indéite tout ce qu'il représentait, ses qualités comme ses défauts, son rang, sa prestance, ses connaissances, sa force, sa rapidité, son ascendant. Tout; je voulais tout de Sacha Winch. Au fond la pomme n'était pas tombée bien loin. Chanel Carrington, cette femme dont j'étais née, n'était qu'une faible, une hésitante fière de la pureté de son sang mais trop matérialiste, trop peureuse pour défendre ses droits, et Chelsea que j'aimais, admirais, je m'en sentais plus proche.

Son sourire se tordit, je n'y prêtai guère attention et bus une gorgée de whisky, les yeux brillants. La chaleur du whisky répondait à l'indignation, cette flamme de reproches que je nourrissais depuis longtemps envers Mère.


- Je n'ai pas de rendez-vous mais c'est plutôt une bonne nouvelle... Je suis libre d'agir comme bon me semble. Pour tout te dire je traîne dans ce genre d'endroit "louche" depuis quelques temps... Depuis presque un an. J'attends... J'attends des circonstances particulières, qui ne devraient tarder.

Les rumeurs. La Gazette du Sorcier. Les vaines tentatives du Ministère. Les aurors à Poudlard...

Poudlard. J'aimais ce lieu; oui, je l'aimais au point de ne le céder à personne, mais tous ces Sang-de-Bourbe, ces enseignants complaisants avaient achevé de m'écœurer en même temps que les aurors mettaient à rude épreuve mes nerfs. Il guettait, se heurtait à une ancienne magie qui vous force le respect.

Le hasard avait placé Sacha Winch sur mon chemin, à moins que ce ne soit moi qui ai croisé la première le sien; qu'importe! Je pouvais lui être utile, au Seigneur des Ténèbres aussi. Oh bien sur rien de bien extravagant, j'avais conscience de mes faiblesses, mais ils tournaient en rond, se heurtaient chaque jour aux solides défenses du château, à l'ingéniosité des enseignants.


- Les choses vont changer, je peux t'en assurer... Nous ne serons plus longtemps bafoués, toi, moi et tous ceux de notre race! Des jours éclatants nous attendent...

La sensation désagréable me saisit brusquement, inattendue tandis que je me forçai à réprimer un faible cri de douleur, les yeux brillants de rancœur. Mon avant bras, fin et délicat comparé au sien souffrait dans sa chair de cette fièvre soudaine. Winch était dangereux, sa poigne forte et ma propre faiblesse, mon incapacité à me défendre me terrorisait.

Oui, depuis longtemps je goûtais à nouveau à la peur, brûlée par la force de ce regard, par ce Mangemort qui rappelait à ma chair sa mortalité, sa faiblesse, toute mon inexpérience et le ridicule de mes prétentions. Je n'essayai même pas de me cacher derrière la froideur ou l'insolence, démasquée, je me résignai dans l'espoir d'une amélioration, d'un jour où moi aussi par mon seul regard j'insufflerai la peur.

Et puis vint l'autre sensation, celle plus intime, plus délicieuse qui jeta mon corps dans un écho de frissons lorsque je sentis ses doigts, sa peau si chaude au creux de mon coude, hasardeux et pourtant si surs d'eux. La peur s'était évaporée, noyée dans un océan de plaisirs, j'entrevoyais de mes paupières mi closes son corps onduler sur le mien, sa chair glisser sur ma peau et sa puissance se lover au creux de ma nuque dans des sifflements aimants. Sa langue rose, fourchue qui effleurerait en un rythme reptilien mes pores, la blancheur d'ivoire de ma peau et ses mots, ses mots qui sifflent, glissent dans mon oreille pour onduler sur mon corps entier, se répandre en armée de frissons.

Un plaisir secret, intime se répandait en moi sous la caresse de ses doigts, cette esquisse que je connaissais trop bien. A mi voix, comme un souffle tiède et vaporeux, la rumeur lointaine et apaisée d'un ruisseau, j'osai enfin le lui demander, incertaine de sa réponse :


- Me laisseriez vous un jour la voir ? Mes yeux clairs, de ce bleu si électrique effleuraient du regard son avant bras, ce mystère entier dont j'avais tant entendu parler mais peu eu de preuves.

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Sacha Winch
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Dim 17 Jan - 15:42

Winch lut sans peine dans les yeux brillants d'Austen la terreur qu'il y faisait naître, en s'étant rapprochant si avidement et avec tant de fièvre. Mais il ne recula pas pour autant, tout passionné qu'il était à l'idée de servir le Lord... Pas avant non plus d'avoir profité d'un contact plus rapproché avec la jeune fille, d'avoir respiré son odeur et d'avoir presque senti les battements plus affolés de son cœur par l'intermédiaire de son bras gracile qu'il serrait d'une poigne de fer. Un instant, le visage de son maître s'éclipsa, totalement effacé par un petit visage aux yeux azurs incroyablement captivants, à la peau claire et à la bouche délicieuse. Sacha sut à cet instant qu'il la désirait - et qu'il ferait tout pour arriver sa fin. Il avait envie de la tenir dans ses bras et qu'elle ne regarde que lui, comme en cet instant, avec envie et crainte mêlées dans son regard. Il avait envie de choses qui n'étaient pas forcément réalisables dans l'endroit publique où ils se trouvaient, et qui plus est, il n'était pas rustre à ce point pour estimer que la divine demoiselle ne méritait pas mieux qu'un bar sombre et glauque. Des images suggestives flottaient à présent dans son esprit, avec pour fond sa grande chambre au noble manoir des Winch...

Mais il avait fini par reculer, sans vraiment savoir pourquoi. Pourquoi, puisqu'il en avait envie, n'avait-il pas profité de ce moment pour poser ses lèvres sur celles d'Austen? Incapable de comprendre, il fronça les sourcils, étonné de cette retenue qui ne lui ressemblait pas. Peut-être était-ce l'âge de la jeune fille qui l'obligeait à se freiner... ou peut-être plutôt l'étrange sensation qu'il avait qu'elle était spéciale - qu'elle n'était pas à considérer comme n'importe laquelle des jolies femmes qui croisaient son chemin.


- Me laisseriez vous un jour la voir ?


La voix chuchoté, fiévreuse, presque tendre, suffit à Sacha pour comprendre combien elle admirait, elle aussi, le Seigneur des Ténèbres. Une profonde satisfaction l'envahit alors, et un chemin s'éclaira soudain dans ses pensées, droit et clair. Il savait quoi faire, il savait comment s'y prendre. Surtout qu'une telle personne pouvait être un atout pour la mission - et cela constituait une belle excuse pour qu'ils aient à se revoir à nouveau.

L'ai parfaitement calme d'un homme qui n'a rien à se reprocher, Sacha balaya la salle du regard, fixa un instant le barman, qui s'affairait mollement derrière le comptoir. Il leur jetait des petits regards à la dérobée, comme s'il attendait avec une avidité crasse que Sacha et Claire s'embrassent pour divertir un peu sa morne soirée, qui ressemblait à toutes les soirées de sa morne existence. Furieux, Sacha planta son regard noir et enflammé sur l'homme jusqu'à ce qu'il le remarque; le barman parut alors gêné et baissa le regard puis finit par changer de place, s'effaçant du champ de vision de Sacha. Plus personne ne pouvait les voir à présent.

Sacha but lentement une gorgée de whisky, reposa son verre de la même manière, et fit ensuite glisser son bras sous la table, entre lui et Austen. Beaucoup plus doucement, cette fois, il saisit la petite main blanche avec un respect proche de l'adoration et s'attarda un instant sur les doigts fins. Puis il les plaqua sur l'extrémité de son avant-bras et entraîna la main de la jeune fille vers le haut de son bras, relevant ainsi la manche pull noir. La marque des ténèbres, d'un noir d'encre, encore chaude de la crise de colère du Lord quelques instants plus tôt, apparu, se détachant sur la peau mate de Sacha. Il riva alors ses yeux sur Claire, tandis qu'il entraînait ses doigts suivre le dessin de la marque, glisser le long du serpent qui s'enroulait autour de la tête de mort à la bouche béante...

Pour la première fois de sa vie, ce fut un plaisir sensuel qui envahit Sacha tandis qu'il obligeait la jeune fille à caresser la marque des Mangemorts. Il dut fermer les yeux un instant pour s'empêcher de sombrer totalement vers des pensées qui le feraient bien trop perdre la maîtrise de soi. Il s'efforça de ne regarder que Claire, car il voulait lire sur ses traits sa réaction quand elle effleurerait la marque...

A voix basse, il lui dit alors:


- Si tu acceptes, tu pourrais être utile au Maître... Je te formerais; nous ferions de grandes choses ensemble... Mais cet endroit n'est pas assez sûr; quand pouvons-nous nous retrouver?
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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Dim 17 Jan - 17:00

Winch m'échappait, glissait entre les filets invisibles de mon esprit, mais plus que tout possédait ce feu en moi toujours présent, brûlant d'une rage endormie, ressuscitée avec le Lord. Sa peau sur la mienne, insupportable brûlure de désir, d'espoirs naissants et anciens rêves. Les années Poudlard, mes colères froides, le dégoûts inspiré par ces êtres inférieurs, les injustices répétées et ma souillure, notre perte à tous. Je lisais dans son regard les sentiments qui m'agitaient depuis longtemps, dans sa force la volonté de s'en débarrasser.

J'étais jeune, beaucoup trop jeune pour mourir, étouffée par une vie faîte d'ennui, ma fougue noyée dans un quotidien décidé pour moi et contre moi. Oui, j'étais trop jeune pour le suicide programmé, mon corps trop souple et robuste pour s'épuiser dans l'absence, mon esprit trop vaillant pour s'enrhumer, mon être tout entier trop explosif pour frissonner sous la peur, les regrets, la honte et ma jeunesse passée.

Très tôt j'ai pris conscience du caractère unique, précieux et rare de nos existences, du prix élevé de cette jouissance, la pureté sainte de mon sang et la menace, lourde et écœurante de tous ces immondices, ces Sang-de-Bourbe, ces Sang-Mêlés qui n'aspirent qu'à croupir dans la vase sanglante de leurs origines honteuses. Dans mon ventre grandissait l'espoir, la semence pure, encore vierge de toute salissure, le renouveau de tout un monde, un printemps à éclore.

Le Seigneur des Ténèbres était ce printemps, ce dieu vivant, cette figure à suivre.

Le désir physique me jetait dans un trouble, une jouissance nouvelle, inexpérimentée qui courait dans mes veines, se réfugiait dans les creux de mon cœur, électrifiait ma colonne vertébrale. Les papillons naissaient dans mon ventre, se multipliaient comme croissait notre destin, mon destin, inéluctable, beau et destructeur.

La peur de l'inconnu n'était pas loin, tapie dans l'ombre de mes rêves fous, mais son regard sombre m'enveloppait, se déposait sur ma peau nue, une chaleur indécente comme des bras se refermant sur moi. Je pensais à Ishtar, à ce lien unique qui nous rassemblait, au plaisir secret de ce don unique détenu par Salazar lui même, à la sensation froide de ses écailles douces sur ma peau, à sa langue fourchue, aux sifflements de mon fidèle compagnon, à Mère et sa triste vie, son cœur toujours souffrant et ses regrets vieillissants, à Elizabeth et cette haine viscérale pour une femme brutale, sauvage même et Père...

Papa... Cet homme que j'aimais par-dessus tout, de tout mon être, Père. Je le décevais dans mes choix, mes opinions, mon désir grandissant de briller, rendre justice à la gloire passée des Sang-Pur. Nous nous éloignions chaque jour un peu plus l'un de l'autre, en un sens j'honorai sa volonté, le désir souverain qu'il chérissait depuis ma naissance de me voir un jour libérée d'une vie bousillée par les regrets, mais jamais, je le savais, au grand jamais il ne voulait d'une fille Mangemort.

J'étais tétanisée, figée dans un plaisir physique quasi mystique, ivre de l'impatience qui me déchirait le cœur tandis que nos mains sous la table je sentais ses doigts sur les miens. Un soleil nouveau se déversait à grands flots sur mon esprit, les rayons, chauds et puissants comme ses doigts glissaient dans ma nuque, se perdaient dans l'étrange jungle de ma chevelure, allaient et venaient sur mes jambes blanches, s'attardaient sur mes hanches, chatouillaient le creux de mon ventre. Un sourire malicieux flottait sur mes lèvres.

Le frisson secoua avec une violence inédite mon corps, les paupières closes, aveuglée par la chair encore chaude lorsque mes doigts touchèrent pour la première fois son avant bras. Sa peau était incroyablement lisse, veloutée même pensais-je, abandonnée à ce délice. Il allait et venait, remontait, dirigeait, gouvernait mes plaisirs pendant que mon cœur se laissait aller à un sommeil léthargique, engourdie de désir. Les images défilaient à une vitesse incroyable, se superposaient au toucher, je mordillais mes lèvres en souriant doucement mes yeux fermés, clos aux siens, seule sur mon îlot, dans ma bulle.

J'aurai voulu qu'il ne s'arrête jamais, qu'il laisse ma main dans la sienne, mes doigts sur son avant bras, cet instant suspendu dans l'espace temps, gravé à jamais dans ma mémoire. Lorsqu'il rompit ce contact je m'éveillais, le regard perdu dans le sien, les pensées trop vagues et assommées. Je ne pouvais plus penser, ni aligner un mot et il me fallut du temps avant de saisir toute l'ampleur de ses paroles.

Entre deux eaux, ballotée entre ce passé que je laissais derrière moi et l'existence nouvelle qui se dessinait dans ce bar, je me raccrochai à ce contact physique, ma main toujours dans la sienne, incapable de m'en détacher. Je le savais, un jour ou l'autre cela devait arriver mais la peur me saisit si brusquement que je m'en défiais, étrangère à cet aspect de ma personnalité.


- Oui. Abasourdie par la force de ce simple mot, le bouleversement imminent de mon existence, je mis un peu de temps avant de poursuivre. - Une réception sera donnée le 30 au soir au manoir des Austen, Holly Blood Hall, débrouillez vous pour vous faire inviter. Plus espiègle je rajoutai dans un sourire en enlevant brusquement ma main de la sienne, - Et n'oubliez pas mon cadeau d'anniversaire Winch!

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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Lun 18 Jan - 16:10

Les expressions dessinées sur les traits de la jeune demoiselle transportèrent Sacha d'émotions plus intenses les unes que les autres. Incroyablement surpris, il goûtait à ces sensations avec un plaisir nouveau. Cela ne ressemblait en rien à ce qu'il avait pu connaître: plus intense, plus puissant, plus délicat, et par-dessus tout il était envahi d'une retenue nouvelle tant il jugeait que la créature qui lui faisait face était à considérer avec un traitement de faveur qu'il n'avait jamais accordé à personne d'autre. Les yeux rivés sur les traits d'Austen, il lisait sa passion, sa stupeur, son envie et son admiration. Il crut mourir quand il vit ses petites blanches mordiller doucement les lèvres roses tandis que, les yeux clos, elle semblait elle aussi en proie à un contentement inégalé. Il eut la brusque envie de se jeter avidement sur elle et recouvrir ses lèvres des siennes, et qu'elle morde ses lèvres à lui, avec toute la délicatesse et la fièvre qu'elle employait. Mais, encore une fois, quelque chose l'arrêta, et, vaincu, il ne fit rien, rien de plus que profiter de la caresse de la main de Claire sur son bras. Il eut un sursaut de colère - depuis quand une femme avait une telle emprise? Il pensa instantanément à Chelsea, parce qu'elle avait bénéficié également d'une considération toute particulière du jeune homme. Mais il la balaya de son esprit; Chelsea était loin à présent, et son souvenir s'estompait grâce au gracieux petit visage mutin qui lui faisait face.

- Oui.

Une vague de triomphe envahit Sacha. Bien qu'il n'avait pas douté un instant qu'elle accepte, ce oui nettement prononcé scellait leur accord et il en était absolument ravi. Il avait tant de projets, et ne parvenait presque pas à les classer dans sa tête, chose rare. Organisé, Sacha était un homme d'action certes mais parce qu'il prévoyait tout avec une longueur d'avance. Et ce qu'il prévoyait pour la petite Austen était grandiose... dans tous les domaines envisagés.

- Une réception sera donnée le 30 au soir au manoir des Austen, Holly Blood Hall, débrouillez vous pour vous faire inviter.

Il tenait sa main prisonnière à présent, et la serrait avec une vigueur presque folle, comme si il allait la tuer si elle osait enlever sa main. Leurs regards entremêlés augmentait le contact fiévreux de leur deux peaux. En homme assuré qu'il était, il répondit d'une voix parfaitement calme et posée, qui contrastait grandement avec son attitude, à cette invitation:

- J'y serais sans conteste. Je pense que mon simple nom suffira à m'ouvrir les portes de la demeure des Austen... J'attends ce jour avec impatience, en tout cas.


Le 30... Calculant rapidement, il jugea le temps plus que nécessaire pour mettre au point les quelques réglages qui s'imposaient. Comme évoquer le nom de Claire Austen au Lord, par exemple. Le Maître avait bien précisé qu'il ne voulait pas plus d'élèves impliqués dans la mission, mais Sacha avait un discours tout prévu pour lui démontrer qu'Austen serait bien plus qu'une simple élève à leur service. Il sentait en elle de grandes ambitions et ne pouvait pas lui confier une aussi simple mission... Grâce à son aide, elle allait rapidement se montrer nécessaire.

- Et n'oubliez pas mon cadeau d'anniversaire Winch!

Il étouffa un grognement; la jeune fille avait retiré sa main de la sienne d'un geste sec et le regardait à présent, le regard pétillant de malice. Il se sentit violemment frustré et ne put s'empêcher de poser sur elle un regard brûlant de colère avant de se reprendre. Il l'aurait, tôt ou tard.

- Je t'offrirai le plus beau de tous les présents... lui répondit-il, le regard flamboyant. Il était temps de partir, et d'ailleurs le barman avait repris sa place de petit espion pervers, ce qui acheva de faire sortir Sacha de ses gonds. Attrapant sa baguette d'un geste si vif qu'il ne se remarqua même pas, il la pointa sur l'homme qui rangeait mollement une bouteille d'alcool sur une étagère à la hauteur de sa tête. La bouteille explosa et le liquide jaillit dans ses yeux, et il se mit à hurler en se plaquant les mains sur le visage.

Profitant de l'agitation momentanée dans la partie avant du bar, Sacha se leva à la suite de la jeune fille et, décidant qu'il avait bien droit à un petit avant-goût de la suite de l'histoire, la devança d'un pas et la coinça entre le mur et lui. La passion soudaine qui l'habitait le rendait très impressionnant, effrayant, même. Il posa sa main sur le mur et, les yeux plantés dans le bleu de ceux d'Austen, plaqua son corps contre le sien tandis que de son autre main, il enserrait délicatement le cou de la jeune fille. Respirant son odeur, il rapprocha son visage de manière à faire glisser son nez de la tempe au bas de la mâchoire de Claire et, lentement, rapprocha ses lèvres entrouvertes des petites lèvres roses. Il s'arrêta, tout près, afin de profiter pleinement de son haleine fraîche et la respira, transporté ensuite dans une délicieuse transe. Puis, avec fougue, il saisit les lèvres d'Austen entre les siennes, les goûtant avec délice tandis que son cœur s'accélérait. Mais il rompit rapidement le contact, voulant faire naître chez le jeune fille une frustration, une envie d'en avoir plus, comme lui le désirait. Il relâcha la pression de ses mains et s'écarta, enivré de ce court baiser, mais un sourire aux lèvres. Content de lui, il lui fit un signe de tête et l'invita à passer devant lui afin de quitter le bar. Devant le barman, il ne tourna même pas la tête, à des lieues de se préoccuper du gros bonhomme. Des images délicieusement plaisantes flottaient dans son esprit tandis qu'il pensait avec avidité à la soirée du 30...
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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Lun 18 Jan - 23:41

C'était fait. De la familiarité naissante, de l'appréhension qui déjà se faisait une place en passant par l'excitation envahissante ou encore le délicieux sentiment de supériorité, je ne sais ce qui faisait le plus pétiller, briller de bonheur mes yeux clairs. Ma propre audace me laissait béate, surprise par tant d'impulsion car ce n'était certainement pas dans mes habitudes d'inviter aussi facilement des inconnus, ou plutôt un homme rencontré dans un bar crasseux à une réception mondaine. L'invitation aussitôt lancée le besoin urgent, vital de quitter les lieux, partir au plus vite, m'éclipser dans la nuit et retrouver la vieille bâtisse chaleureuse à sa manière et surtout familière, nue dans ses moindres recoins. Le confort luxueux de ma chambre me faisait cruellement défaut, c'était un vide là où un canapé moelleux aurait naturellement accueillit sa propriétaire, j'imaginai déjà la tasse de thé brûlante et odorante, les petits gâteaux et le son joyeux d'un bon feu.

Une émotion plus intense encore que tout ce que j'avais connu, plus vibrante que mon premier vrai baiser, au-delà de toutes les menues satisfactions, plaisirs et bonheurs éprouvés au cours de mon existence. Je ne savais sur quel pied danser, comment accueillir cette immense joie, mes premiers pas sur un chemin inconnu et pourtant si attrayant. Et je n'avais pas le mode d'emploi, l'ignorance me coupait l'herbe sous les pieds, incapable et surprise comme une enfant.


- J'y serais sans conteste. Je pense que mon simple nom suffira à m'ouvrir les portes de la demeure des Austen... J'attends ce jour avec impatience, en tout cas. Je me retins de pouffer de rire à la seule pensée de Père et sa tête lorsqu'il verrait Winch, mon regard facétieux aussi vif et pétillant que le champagne qui coulerait à flot. Flattée par tant de fougue, je parvins cependant à maîtriser une rougeur naissante. Holly Blood Hall n'était pas simple d'accès pour ne pas dire reclus. A vrai dire le manoir, encerclé, protégé du monde extérieur par une épaisse et sauvage forêt effrayait même par sa masse imposante, ancienne.

Un voile colérique flétrit son regard si doux à sa manière lorsque nos peaux se séparèrent. Winch l'ignorait certainement, mais c'était là un bien doux plaisir qu'il me faisait. J'aimais la violence soudaine qui l'anima mais s'estompa rapidement, le pouvoir secret, intime et charnel que j'exerçai déjà sur lui comme son regard brûlant n'était que douce caresse ensoleillée. Je voulais Winch, sa voix impérieuse, son odeur mêlée à la mienne, son souffle chaud sur mon corps, sa peau mat dorer mon échine autant que d'éphémères caprices, jeux de pouvoir et chutes.


- Je t'offrirai le plus beau de tous les présents... C'était tellement simple et facile, si prétentieux et ambitieux d'oser concevoir le plus merveilleux des présents. Je m'abstins de répliquer ce qui me passa sur le moment par la tête car j'étais trop curieuse de ce fameux cadeau pour blesser Winch dans son orgueil. Son regard lumineux me promettait une agréable surprise, j'y croyais, espérai même le ravissement suprême mais par pure malice je me contentai d'un maigre sourire ironique.

Mon attention avait jusqu'à présent si captivée par mon drôle de compagnon que j'en avais oublié le lieu sordide et ses cafards. Certainement le barman nous guettait-il bien avant l'incident, mais avant même de percevoir le moindre geste le bruit caractéristique d'un verre qui explose en mille morceaux parvint à mes oreilles et me fit sursauter. Le cri qui suivit attira l'attention sur notre table. C'était le moment de déguerpir. Je me levai, capuche rabattue mais ne fis pas plus d'un pas. Profitant de l'agitation Winch exerçait déjà son emprise physique, son magnétisme naturel me laissait sans voix.

Impuissante, dominée physiquement je me laissais faire sans opposer de résistance. Son regard dissuasif exprimait une force effrayante, un désir humain violent qui explosait contre ce mur. Winch était un Mangemort, un Mangemort séduisant certes, mais c'était bel et bien la peur qui me pétrifiait, hachait mon souffle et le rendait plus bruyant. Mon imagination s'affolait comme ma poitrine, le cœur à l'étroit dans ma cache thoracique tandis que je goûtais dans un plaisir indicible à son corps contre le mien. Je retins à moitié un gémissement de plaisir lorsque ma tête heurta le mur, son corps chaud contre le mien m'était un plaisir frustrant, ses vêtements une barrière qui séparait ma peau de la sienne. J'avais envie de lui, maintenant, étouffer mes cris dans sa nuque, laisser sur ses muscles les traces éphémères d'une nuit. Paupières closes, je goûtais au plaisir délicat de son nez glissant sur mon visage, son souffle tiède comme une brise d'été se perdant jusque dans ma nuque, ses lèvres si proches que je percevais leur contact imminent sur ma peau. J'en avais la chair de poule. Ce contact prolongé, ces sages préliminaires irritaient ma patience tant j'avais envie de l'embrasser, coller mes lèvres aux siennes puis lentement, la violence passée laisser ma langue se promener sur ses lèvres et mes dents taquiner gentiment sa nuque. J'accueillis comme une délivrance son baiser, transportée d'une impulsion soudaine, l'envie de l'embrasser jusqu'à laisser sur sa bouche si tentante ma marque pour ressentir l'instant d'après une frustration amère. Contrariée d'être arrêtée en si bel élan je boudai son sourire et sortis sans un mot.

Une fois dehors je pris mes distances avec la ferme intention de me venger. Frustrée d'avoir été privée d'un plaisir si bon, irritée par le froid mordant et encore loin de mesurer toute l'ampleur des évènements, je lui dis sèchement :


- Je ne vous ai pas autorisé Winch. Sans une explication sur ce revirement brutal je lui laissai pour dernière image un sourire moqueur sur mon visage facétieux avant de disparaître dans la nuit, engloutie dans les ténèbres.

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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Mar 19 Jan - 3:55

HOLLY BLOOD HALL, Manoir Austen.
30 Décembre : Réception donnée en l'honneur des 17 ans de Claire Austen



Transplaner m'était insupportable mais bien nécessaire. Ce n'était plus l'Allée des Embrumes et son tapis neigeux mais la vision inchangée de ma chambre. Il y faisait plus froid qu'à mon départ car le feu se résumait à de tristes crépitements, un faible rougeoiement qui ne luttait en rien contre ce rigoureux hiver. Un poids m'était ôté des épaules à la vue de mon cher canapé, mais si j'appréciais ce bien être je ne pouvais en dire autant de la subite fatigue qui s'abattit. Ôtant prestement ma cape, je la jetai négligemment sur mon lit avant de m'avachir sur les épais coussins moelleux. Poussant un soupir sonore, je fermai un instant les yeux afin de m'abandonner à cet épuisement pour mieux rebondir en songeant paresseusement qu'il m'était impossible de faire appel à l'elfe de maison. Il me faudrait justifier de ma tenue et après tant d'émotions je n'aspirais qu'à la solitude la plus complète.

Après un laps de temps qui me parût interminable je fis enfin l'effort suprême de bouger de mon canapé pour me défaire de mes bottes, et c'est pieds nus, une courte nuisette de satin sur le corps que je rallumai de mes propres mains le feu. Sa chaleur me réconfortait, détendait mes muscles crispés, engourdis et frissonnants. J'emplis d'eau une lourde théière que je posai sur les bûches dévorées par de jolies flammes. Au bout de quelques minutes un épais filet de vapeur s'échappa du bec, je sortis la théière des flammes à l'aide d'un tissu et me préparai une tasse.

Cette nuit là je sombrai dans un profond sommeil, lourd et sans rêves qui me laissa épuisée au réveil. Le feu était mort, mes biscuits trop secs pour être mangés et le thé imbuvable. Lorsque Père tira les rideaux le jour se déversa dans ma chambre à gros bouillons, lumière blanche trop vive et gaie pour être supportée par mes yeux fragiles et mon humeur bougonne. Les mots, ruisseaux de miel coulaient lentement à mes oreilles, leur source patiente et attentionnée passait ses grandes mains dans mes cheveux. Peu à peu je consentis à ouvrir un premier œil puis un second, et lorsqu'enfin je marmonnai un " Bonjour " la bonne odeur des crumpets chatouillait déjà mon estomac.
C'était l'un de ces petits déjeuners que j'aimais, simples et si doux, un réveil sans violence, mille petites attentions et toujours ses lèvres sur mon front, ce baiser qui signifiait le début de sa journée et la mienne.

Les jours défilèrent à une vitesse bien trop lente à mon goût ponctués par les fréquentes paniques de Mère, sa volonté quasi névrotique d'embellir la manoir et en particulier la salle de bal et l'indifférence glaçante, ironique de Père. Bizarrement il n'y eu pas de disputes, ou si peu entre Mère et moi que j'en fus la première étonnée. A vrai dire Sacha Winch habitait jour et nuit mes pensées, souvent je passais de longues heures à savourer son baiser à l'écart dans la véranda de style victorien. Je ne savais plus quoi penser, emportée par l'énergie épuisante de Mère je me laissais mesurer sous toutes les coutures, approuvai aisément ses choix sans plus qu'une touche de malice.

Vint le fameux soir! J'étais en proie à un tel bouillonnement interne qu'il était risqué d'émettre le moindre frein à mes caprices. Je consacrai la journée à me détendre, du moins essayai. L'eau chaude apaisait mon corps nerveux, je languis longtemps dans mon bain, les délicates et sanglantes pétales de roses flottaient à la surface, voile floral dérobant ma nudité aux murs, la camomille m'apaisait déjà. Sereine, je sortis de ma baignoire à regrets l'odeur légère et relaxante des plantes m'accompagnait dans mon sillage, discrète et légère. Sur mon lit avait été déposée ma tenue de soirée dont le tissu brillait d'une pâleur distinguée, sur un meuble posée en évidence un coffret à bijoux.

Bien des secondes plus tard j'étais fin prête, ce fût cet instant que choisis Mère pour faire irruption dans ma chambre. Chanel Carrington était une femme dont la noble beauté était habilement mise en valeur par une élégante robe azurée, ses yeux bleus ainsi rehausses par la richesse du tissu.


- Tu es parfaite.
- La robe est très belle.
- Voici ton cadeau , dit-elle dans un sourire en déposant sur mon lit une belle boîte que je jugeai digne d'un maître gobelin. Lorsqu'elle l'ouvrit mes yeux s'écarquillèrent de surprise face au chatoiement des pierres, la délicatesse de l'ouvrage et la beauté glacée des pierres.
- Diamant et quartz rose...
- Elles te vont à merveille.

Le collier, mélange d'or blanc, de diamants et quartz rose enserrait mon cou d'ivoire, le paraît d'une lumière blanche, pure et parfaite comme les perles de diamant dont l'éclat trop vif était atténué par la candeur rose du quartz. Le bijou se terminait en une unique pierre de quartz rose taillée en forme de poire, pâle et gracile dont la douce lumière caressait l'œil, glissait pierres après pierres jusqu'à la naissance de ma poitrine en une douce rivière. Un fin bracelet de minuscules diamants s'ajoutait à la parure ainsi qu'une paire de boucles d'oreilles pendantes se terminant par une unique perle de quartz d'un rose pâle, presque blanc.

Le travail du gobelin, sa précision, la maîtrise des pierres et leur placement, tout respirait l'orfèvre accomplit pensais-je amoureusement en sentant les pierres froides couler en une rivière scintillante sur mon cou. Ma robe était longue, d'une pâleur lunaire, argentée comme l'astre, à la fois légère, aérienne comme une traînée de poudre tant le tissu semblait flotter mais jamais loin de mon corps, au plus près de mes formes à les flatter généreusement. Les fines bretelles reposaient sur mes épaules, mettaient en valeur le noble bijou, œuvre maîtresse de la parure tandis qu'un décolleté suggérait sagement les trésors charnels sous le superflu. Ma chevelure rose maîtrisée, quelques mèches étudiées encadraient mon visage, la masse soyeuse retenue par un système de pinces reconnaissables aux petites perles blanches noyées dans tout cet étrange rose.

Enfin prête, stable sur quelques centimètres de talons, ultime concession, j'osai me présenter à toute la petite assemblée.

Ah l'ennui... Les visages laissaient place à d'autres traits, les timbres de voix se succédaient mais toujours aussi mielleux, désincarnés. Winch n'était pas encore présent pensais-je amèrement à chaque illustre personnage dont la vie m'intéressait en rien. Lorsqu'enfin je pus m'échapper de cette torture organisée, je trouvais mon cousin Edmund en proie à un fou rire avec son frère Peter aussi blond qu'étais brun son jumeau. Cependant tous deux partageaient ce même regard bleu pétillant de malice.


- Tu es bien habillée pour un enterrement cousine, dit Edmund le premier en déposant sur ma joue un baiser.
- Tu es très élégante ce soir , ajouta Peter en lançant un regard ennuyé à son frère. N'écoutes pas cet imbécile.
- J'espère pour toi Ed que ton cadeau est exceptionnel sinon je ne donne pas cher de ta peau! répondis-je d'un ton féroce excédée par toutes ces politesses et de plus en plus agacée par le retard flagrant de Winch. Certes la soirée ne faisait que commencer, mais c'était amplement suffisant pour me contrarier.
- Je suis exceptionnel, n'est-ce pas suffisant ?
- Le silence est parfois d'or Edmund.

- Merci Peter , ajoutais-je en lançant un regard plein de gratitude à mon cousin dont les bonnes paroles m'aidaient souvent à ne pas devenir folle. Alors, lequel de vous deux me suppliera de lui accorder la première danse ? dis-je d'un ton suffisant en prenant ce petit air roublard, l'œil brillant d'espièglerie qui nous était si familier.

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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Mer 20 Jan - 19:32


[ Alors je tiens à dire à mon ordi qui m'a perdu tout mon post un gros FUCK . Du coup désolée c'est pas aussi bien =( ]


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30 Décembre
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Un bruit rythmé et sec résonnait sur les pavés humides de l'allée des Embrumes, tandis que dans l'obscurité de la soirée naissante, le dos légèrement voûté sous le froid et l'humidité qui flottait dans l'air, un homme marchait d'un pas résolu. Le regard rivé en avant, les mâchoires serrées, il faisait claquer les talons de ses bottines avec une hargne non dissimulée, et quiconque l'aurait croisé aurait été effrayé, et aurait certainement tout fait pour se pousser de son chemin. Des cheveux noirs lui tombaient presque sur le nuque, encadrant un visage aux traits certes déformés par la colère mais que l'on devinaient virils et beaux, tandis que telles deux diamants d'un noir d'encre, brillaient deux yeux en amande qui semblaient vouloir assassiner le moindre être vivant qui leur ferait face.

Sacha Winch était plein d'une rage qui se distillait comme un poison, lentement mais irrévocablement, dans ses veines. Elle se répandait dans tous son corps, lui laissant une sensation de meurtrissure, de brûlure, là où tout le sang s'écoulait. Il était ivre de cette hargne, qu'il ressentait en premier lieu à l'égard des autres,, mais de lui-même aussi. Et cette colère qui brûlait comme le salpêtre dans ses artères lui donnait des envies de meurtre. La violence exorcisait toujours ses trop fortes émotions. Aussi, il avait sa baguette serrée entre ses doigts puissants, prêt à la lever contre le premier gêneur venu et à se divertir de ses souffrances - comme si la mort agissait à la manière d'un serpent qui déverserait par ses crocs aiguisés la haine, comme un venin, dans le corps d'un autre.

Il était en retard - et ce de bien des manières. Le maître était dans une atroce colère et l'avait sermonné pendant de longues heures. Sacha était un des favoris du Lord et il le savait, mais il savait également combien cette relation était fragile. Car quand le Seigneur des Ténèbres place sa confiance en quelqu'un, il ne le fait pas comme l'entend le commun des mortels. Tout d'abord, ce sont pour des raisons pratiques et techniques: être le bras droit de Lords Voldemort ne s'improvise pas. Il faut être en possession d'un talent aigu, d'une intelligence vive et d'une soumission absolue envers lui. Mais aussi, et Sacha en avait pertinemment conscience, cette confiance n'était qu'une infime poussière dans l'univers. Une respiration de travers, un geste ou une parole déplacés, et tout pouvait s'arrêter. ce que Winch voulait éviter à tout prix.

Hélas... depuis près d'un an, l'épée de Damoclès était accrochée au dessus de sa tête. Oscillant de plus en plus fortement, se rapprochant de plus en plus, elle le menaçait sans qu'il puisse l'oublier un seul instant. La mission patinait - un contre-temps était survenu puisque leur taupe à l'intérieur eu château avait quelques problèmes à dompter les résistances de Poudlard - et le Seigneur des Ténèbres était parvenu au bout de sa patience. Mais Sacha était le chef de cette mission, et il allait la réussir, non seulement parce qu'il réussissait toujours ce qu'il entreprenait, mais aussi parce que jamais au grand jamais il ne décevrait son Maître et tomberait dans Sa disgrâce. Il y allait de son honneur et de sa vie, toute dédiée au plus grand Mage de tous les temps.

Non seulement il savait avoir déçu le Maître ce soir, mais en plus il était en retard à une réception des plus importantes. Jetant un coup d'oeil à sa montre, il grogna: l'heure à laquelle il devait être parti était déjà dépassée.

Arrivant devant une petite auberge, accompagné du bruit de ses pas qui résonnaient entre les murs de la petite ruelle, il poussa la porte. Sans un regard au réceptionniste, il s'engouffra dans les escaliers, gravit les marches et pénétra dans la vaste mais simple pièce qui lui servait de chambre. Jetant sa cape de voyage sur le lit, toujours crispé et agacé, il s'accorda le luxe d'une douche. c'est avec un plaisir incommensurable qu'il sentit l'eau brûlante lui ruisseler sur le visage et le corps, constellant sa peau mate de petites sphères brillantes et claires.

Propre, sec, c'est un tout autre homme qui s'habillait dans la chambre. Ragaillardi, il avait retrouvé toute sa confiance en soi et sa suffisance, et était persuadé - comme il l'avait toujours été - que cette mission, sa mission, aboutirait avec succès, pour la gloire du Maître. Tout en boutonnant les manches de sa chemise blanc cassé, qu'il laissa déboutonnée au col, il s'examina dans le miroir. Le pantalon noir d'un velours élégant mettait en valeur sa taille athlétique tandis que la fine chemise sculptait ses muscles et contrastait avec sa peau brune, tout en lui donnant une classe certaine. Il enfila une veste noire puis saisit sa cape d'hiver doublée de satin gris. Il se coiffa en passant plusieurs fois, d'un geste lent, la main dans ses cheveux. le tout l'avantageait fortement même si sa tenue n'avait rien de conventionnelle - il sourit à son reflet en y pensant. Mais depuis quand Sacha Winch était-il conventionnel?!

Il s'engagea brusquement dans la vaste cheminée après avoir jeté sa cape sur ses épaules et rabattu le capuchon sur sa tête. Lançant vivement uen poignée de poudre à ses pieds, selon le rituel, il murmura d'une voix rauque ce nom qui éveillait en lui de sourdes passions que trop retenues:


- Holly Blood Cottage.

Le voyage éclair passé, il sortit prudemment d'une cheminée différente en regardant attentivement autour de lui. Il était dans un simple petit cottage à l'apparence presque misérable, et la nature s'étalait au dehors, dans l'obscurité de la nuit. Une petite voix jaillit de près du sol:

- Monsieur est attendu, si Monsieur veut bien me suivre, Monsieur...

Un horrible elfe était courbé à ses pieds, frottant son groin contre le sol de pierres. Sans un regard, Sacha prit la direction indiquée, tout en frottant d'un revers de main la cendre accumulée sur les pans de sa cape. Pas étonné un seul instant que le voyage soit en plusieurs étapes, il ne fut pas surpris de se trouver face à une diligence d'un bordeaux sombre, qui l'attendait sagement. Sans plus attendre, il sauta sur le marche-pied et s'installa sur la banquette de velours en se murant dans un silence et une immobilité parfaite. Le véhicule tressauta et démarra, et Sacha laissa ses pensées défiler de la même manière que les ombres des arbres au dehors. Malgré la pénombre épaisse, il devinait qu'il traversait là une forêt, qui devait sûrement border la demeure des Austen. Quelques temps plus tard, un son différent d'alors lui parvint aux oreilles - les sabots des chevaux cliquetaient d'une manière plus sonore et plus aiguë. Devinant qu'ils devaient fouler un passage en pierre, il écouta plus attentivement, et crut percevoir le bruit de l'eau qui ruisselait. Encore quelques instants plus tard et la diligence stoppa: Sacha s'arracha de la chaleur de l'habitacle et bondit au dehors. Les yeux brillants de hâte et d'envie, il emprunta le chemin qu'on lui indiquait à nouveau. Des graviers crissaient sous ses pieds tandis qu'il avançait le long d'une splendide allée. Levant les yeux, il admira le petit château qui lui faisait face: il avait la stature noble et imposante, comme un manoir digne d'une famille de Sang-Pur. Des buissons bien taillés mais dépourvus de feuille bordaient l'allée. Sacha songea combien le passage devait être splendide avec les beaux jours; les feuilles bien vertes et les fleurs gorgées de leur suc, tournées vers le soleil. Il reconnut là des rosiers, et une sensation d'une passion presque charnelle l'envahit brusquement. Il s'imaginait un beau rosier portant fièrement ses fleurs et imaginait toucher un des ses roses pourpres du bout des doigts: la sensation lui donna des frissons. La rose n'était qu'à moitié éclose, les pétales extérieurs s'étiraient voluptueusement et gracieusement, tandis que ceux du milieu étaient encore étroitement entremêlées, gardant leur beauté secrète. L'image de Claire Austen s'était immédiatement superposée à cette rose s'ouvrant au jour... Sacha voulait à nouveau respirer à plein poumons son parfum délicat et il pressa le pas, tandis que ses tripes se serraient dans un douloureux élan.

Les portes de Holly Blood Hall s'ouvrirent devant lui et une multitude d'elfes vinrent à lui pour lui apporter tout ce qu'il pouvait désirer. Il leur laissa sa cape et en suivit un, qui, tout en ne cessant de lui faire des courbettes, le mena jusqu'à la gigantesque salle de réception.

Elle était immense et richement décorée - avec goût. Le mangemort ne dissimula pas son plaisir en s'engageant dans la foule, scrutant attentivement tout ce qui l'entourait. Des visages familiers se découpaient sur les décorations étincelantes, une douce musique flottait dans l'air et les elfes papillonnaient en tous sens en apportant boissons et amuse-gueules. Des bribes de conversation fusaient d'un peu partout et bon nombre de personnes saluèrent Winch qui ne s'attarda pas pour autant avec elles. Il avait un tout autre but en tête et ressentait un besoin presque maladif d'être enfin face à la demoiselle qui, il devait bien l'avouer, peuplait ses rêves les plus intenses et les plus osés depuis cette fameuse soirée à l'Allée des Embrumes.

Tout d'un coup, une voix sucrée retentit non loin de lui - c'était elle. Hors de sa vue, il s'accorda un moment afin de savourer toute la satisfaction que lui procurait ces retrouvailles. Mais d'abord, il voulait l'observer - la dévorer des yeux. Il étouffa une exclamation quand ses yeux la parcoururent avidement - la sublime robe d'un blanc argenté, chatoyant à la lumière des bougies, serrant son buste d'une telle manière que Sacha en suffoquait presque. Sur son coup étincelaient des bijoux d'une élégance rare, dans les tons roses pâles, parfaitement accordés à... sa chevelure. C'était bien la jeune Austen, sauf que sa ravissante tête était entourée de cheveux fins et joliment coiffés et...roses. Deux petits yeux malins brillaient au milieu d'un visage buté mais parfait. Un sourire intense s'afficha sur les lèvres de Winch, qui s'il avait été choqué au premier abord des cheveux de la jeune fille, trouvait qu'elle en était encore plus sublime, attirante... alléchante.

Elle parlait avec deux jeunes hommes et Sacha s'approcha d'un pas assuré afin de poster juste devant la jeune femme, brûlant d'envie de plonger ses mains dans ses cheveux, de poser ses lèvres sur les siennes et de descendre lentement le long du collier de perles.


- ...Alors, lequel de vous deux me suppliera de lui accorder la première danse ?

Il répondit d'une voix posée, rauque et chaude, en s'inclinant légèrement devant Claire sans toutefois la quitter de son regard sombre et étincelant.


- Je réclame cet honneur à la reine de la soirée..
Il s'inclina également brièvement vers les deux jeunes hommes pour le saluer et tandis une main à la jeune fille tout en plaçant l'autre dans le bas de son dos - elle ne pouvait pas refuser.

L'entraînant à lui, vers lui, contre son corps, il leur fraya un chemin vers le bord de la piste de danse.


- Tu es absolument sublime, lui murmura-t-il à l'oreille, avant de jeter un regard amusé sur ses cheveux roses bonbons. Encore plus parfaite que la première fois où je t'ai vue!

Avec maîtrise, il commença doucement à se laisser bercer par la musique, se mouvant avec grâce.

- Votre manoir est magnifique... J'ai aperçu tes parents et bons nombres de personnes qui me sont bien familières.

Dansant avec plus de fougue, il la fit tournoyer avant de la plaquer à nouveau contre lui, humant avec délice l'arôme qui émanait d'elle et qui l'avait obnubilé depuis la fois où ils s'étaient quittés. Des vagues sourdes grondaient en lui: il la désirait avec force et passion, comme rarement il avait désiré une femme. Et le fait qu'il soit obligé d'y aller par des chemins plus ou moins détournés et avec tout le respect qu'elle lui imposait l'excitait encore plus...

- Je Lui ai parlé de toi... lui murmura-t-il dans le creux de l'oreille qu'il titilla ensuite doucement avec ses dents, un court instant, pour ne pas être vu.
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Claire Austen
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Jeu 21 Jan - 0:23

La salle de bal avait été soigneusement embellie, nettoyée du sol au plafond par nos elfes de maison, ces serviles créatures au physique disgracieux qui nous évitent bien des tracasseries. Holly Blood Hall respirait, inspirait à ses convives un profond sentiment de noblesse, le goût omniprésent d’un riche passé exposé dans ses moindres recoins, toute l’importance d’une lignée dont les portraits rappelaient aux vivants la pureté des nôtres. Autant de visages, corps et tenues de soirée brillaient dans les lustres, se répandaient en flaques chamarrées sur un sol impeccable. Mère, en parfaite maîtresse de maison régissait d’une poigne de fer le plus insignifiant objet entrant ou sortant de cette salle, le plus petit détail examiné par ses yeux perçants répondait à des critères bien définis. Pièce maîtresse de son œuvre, j’éprouvais la désagréable sensation de n’être qu’un miroir, le reflet maîtrisé de ses ambitions limitées, piètres volontés matérielles dont elle s’était faîte l’impératrice.

Nul invité n’éveillait ma curiosité, tous me portaient le même intérêt calculateur, parfois envieux et bien que la réception donnée soit tout à mon honneur, pas l’un d’eux, hormis quelques rares parents ne songeaient réellement à égayer mon triste anniversaire. Ma seule joie, l’unique élan sincère de mon cœur allait vers Edmund et Peter dont la présence réussissait à me tirer de mes sombres pensées. Leur tenue, élégante et désinvolte pour Edmund, distingué et tiré à quatre épingles quant à Peter livrait quelques indices sur leurs personnalités respectives. Une fois de plus je constatai non sans un certain plaisir les changements physiques opérés depuis notre séparation, Ed avait gagné en masse musculaire ce qui lui conférait une allure robuste, Peter semblait encore plus réfléchi comme en proie à un perpétuel raisonnement interne. Chacun à leur manière ils étaient heureux, jouissaient d’un plaisir tranquille à se faire une place auprès de la société.

Inquiète de son retard, un doute glaçant me poussait à nerveusement passer en revue les invités présents, mais seuls les visages rieurs de Père et Oncle Andrew me furent familiers. Une chaleur réconfortante atténua mon impatience, ce qui dans un premier temps me sembla être de l’amusement se révéla du soulagement. Père paraissait si heureux, l’image douloureuse de ses mauvais jours s’estompait pour laisser place à un homme nouveau au visage encore jeune et rassurant. Plus loin Mère conversait avec un groupe de femmes, je soupçonnai la petite assemblée de s’extasier bêtement sur la coûteuse décoration.

La soirée traînait en longueur à mon goût, l’ennui par un étrange procédé me laissait rêveuse, nostalgique même de jours perdus seulement vivants dans ma mémoire. Je regrettai ces soirées au cours desquelles les enfants, jugés trop turbulents et immatures se retrouvaient écartés, livrés à leurs jeux secrets. Hantée de mes souvenirs, Holly Blood Hall me pinçait le cœur.

Edmund, agacé du calme cinglant de son frère affichait une moue presque indifférente à sa remarque, mais sous cette neutralité apparente je devinais la menue vexation de se faire si poliment envoyer sur les roses. Il n'était pas rare que nous enterrions nos conversations agitées par une explosion de violence, mais Peter, d'un calme à toute épreuve n'intervenait que rarement, et ce soir, fidèle à lui même il avait clos le débat par une phrase remarquablement courte. Je ne m'en sentais que plus taquine, une envie grandissante de le narguer me chatouillait la langue.

Ce que je pris pour un enfantillage de la part d'Edmund à nouveau désinvolte et suffisant me sembla la seconde suivante un mauvais signe en admirant la remarquable capacité de Peter déjà peu expressif à se glacer de politesse. Dans leur regard clair une hostilité franche pour l'un et plus diluée, distillée dans son absence d'expressions pour l'autre chatouilla ma curiosité. Piquée au vif, je cherchais encore dans la foule la raison d'une si mauvaise grâce quand une voix familière, trop me plongea dans un tel état de panique que je me sentis l'espace d'un instant les regards inquisiteurs de mes cousins. Mes bonnes manières me sauvèrent la mise lorsque je me retournai lentement vers Winch dont la mise attirait plus d'un regard.


- Je réclame cet honneur à la reine de la soirée..

S'il s'était jusqu'à présent retenu d'exprimer sa mauvaise humeur, Edmund ne fit aucun effort, du moins si peu, pour masquer l'hostilité farouche qui dansait dans ses pupilles assombries face à Winch. Possessif jusqu'à l'exaspération, je me permis un regard narquois en sentant sa jalousie affluer, il enrageait en silence et je triomphais sans pitié :

- Honneur accordé dis-je dans un sourire en me laissant aller à sa volonté, sa main empressée dans mon dos m'attirant à ses bras. J'avais hâte de ressentir cette chaleur, humer l'odeur gourmande émanant de sa peau dorée.

- Tu es absolument sublime , je souris à son compliment, ravie qu'il apprécie ma tenue, encore amusée des réactions contradictoires de mes cousins. Malgré moi je sentais les regards traversés d'émotions diverses m'observer aux bras de Winch, mais bien vite, corps contre corps je les oubliais pour me laisser emporter, guider par ses pas. Encore plus parfaite que la première fois où je t'ai vue!

Cette fois je m'autorisai un rire frais, bref mais taquin :

- Félicitations Winch, vos compliments sont bien maîtrisés.

- Votre manoir est magnifique... J'ai aperçu tes parents et bons nombres de personnes qui me sont bien familières. Un subtil changement, si discret et naturel de rythme s'opéra sans bien m'en rendre compte, il me semblait bouger avec plus de grâce, une fluidité nouvelle animait l'ensemble de mon corps, habilement guidée par mon cavalier. J'accueillis sa remarque au sujet de la demeure par l'indifférence, nul besoin pensais-je d'un homme pour le savoir, Holly Blood Hall était une fierté parmi tant d'autres. - Le contraire serait étonnant.

Je ressentais avec une accuité nouvelle, un flair plus vif une violence attrayante en Winch, un désir sans cesse nourrit pendant ces quelques jours écoulés depuis notre rencontre et leur résurgeance, l'envie brûlante qui agaçait ses sens. A la seconde même où mon corps retrouva le sien, je mordis ma lèvre de plaisir, tournoyer sur la piste m'avait tourné la tête. Alors que le tournis me faisait perdre l'équilibre, je me sentis légère, si fragile qu'un courant d'air suffirait à me donner des ailes, un sentiment d'euphorie éphémère me saisit, j'entendais comme dans un rêve mon rire gai s'élever.

- Je Lui ai parlé de toi... Des myriades de frisson couraient sur mon corps à sa simple évocation. Alors que je m'apprêtai à lui répondre un autre frisson, plus troublant encore me donna la chair de poule, ma main, si petite fine entre la sienne, serra de surprise ses doigts tandis que je détournai légèrement la tête pour me soustraire à ses dents. Occultant momentanément l'information principale, je sermonnai mollement Winch, plus amusée de son audace que choquée :

- Je vous rappelle que c'est une salle de bal Winch, qui plus est je doute qu'autant de familiarité ne soit du goût de mes chers parents... Vous apprécieriez bien mieux le charme de pièces autres que les oubliettes ou les cachots.

Le danger nous rappelle à quel point nous sommes vivants. Rien n'était plus excitant à mes yeux que jouer avec le feu, or c'était le désir, l'envie physique de l'autre qui dévorait nos esprits. Je voulais Winch à moi seule en d'autres circonstances, je connaissais le manoir comme ma poche, une seconde d'inattention et je pouvais l'entraîner dans des passages dérobés aux regards indiscrets et éprouver à nouveau l'insupportable frustration, le besoin immédiat de sentir sa peau chaude sous mes ongles. Une part de mon esprit s'attelait déjà à trouver le moyen le plus sur de faire faux bond à toute cette petite assemblée. Écartant soigneusement ces pensées dangereuses, je devins plus sérieuse, afin de ne pas être surprise par d'indiscrètes oreilles, j'approchai légèrement mon visage du sien. Ma petite taille m'empêchait d'atteindre ses oreilles, aussi évitais-je de me mettre sur la pointe des pieds.


- Inutile de faire durer le suspens, dîtes moi tout Sacha. L'instant de vérité. Pendue à ses lèvres, je mesurais toute l'importance de Sacha Winch dans ma nouvelle existence. L'attente, anxieuse, m'était insupportable tant l'impatience, ma ferveur se défendait d'une réponse négative.

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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Lun 22 Fév - 17:16

[ Bouh ma Claire tu me manques ]

Ce fut comme une jouissance quand Sacha lut dans les prunelles du jeune homme face à Claire une nette exaspération, une grande frustration, tandis qu'il s'accaparait lui de la belle. Il avait presque envie de rire au nez du garçon, parce que Claire Austen était à lui à présent, parce que lui seul avait le droit de la tenir dans ses bras et de respirer son arôme sucré, et enfin de coller ses lèvres sur les siennes, afin de faire naître à la fois chez lui et chez elle des vagues de passion, déferlant lentement et avec de plus en plus de force dans leurs corps embrasés.

Elle accepta l'invitation, se laissant faire par la main de Winch, qui constata avec un ravissement appuyé combien leurs deux corps se mélangeaient bien; même si Claire était petite, même si elle était frêle, sa silhouette semblait faite pour se coller à celle beaucoup plus musclée et différemment taillée. Sacha dansait avec application, tout en gardant sa nonchalance habituelle qui lui donnait l'air d'un homme qui danse à la perfection, mais sans aucun effort et sans s'en rendre compte. Il profitait pleinement de cet instant où il pouvait tenir la jeune fille contre lui, parce que la danse justifiait qu'ils soient si proches, et que personne ne remarquait dans les mouvements sur la piste si il mettait ses mains peut-être à des endroits un peu trop suspects.


- Félicitations Winch, vos compliments sont bien maîtrisés.

Combien son rire lui avait manqué, surtout lorsqu'il repensait avec fièvre à leur rencontre, et quand il s'imaginait ensuite l'ampleur de l'effet qu'il pouvait avoir sur elle. Plantant seulement sur elle son regard sombre et enflammé, il inclina imperceptiblement la tête dans un signe de respect avant de la rapprocher un peu plus contre elle et de relancer la danse. Son regard balaya la salle quand ils tournoyèrent et il nota encore quelques visages supplémentaires dont les traits lui étaient familiers, rencontrés parfois lors d'une escapade nocturne dans l'Allée des Embrumes - c'était curieux comme on pouvait trouver des gens de bonnes origines dans ce lieu mal famé - ou dans une réunion des plus nobles sorciers, souvent animés de la même volonté et du même dessein: servir le Lord. Et plus le temps avançait, plus l'heure se rapprochait où enfin, le Lord allait éblouir la communauté sorcière, aidée de ses fidèles soldats dont Sacha était fier de faire partie. Car le Lord représentait à lui tout seul la Gloire, la Puissance, la Noblesse et la Réussite et il était celui qui devait régner et reprendre les rênes du peuple sorcier bien trop délaissées à un cocher de basse catégorie.

- Je vous rappelle que c'est une salle de bal Winch, qui plus est je doute qu'autant de familiarité ne soit du goût de mes chers parents... Vous apprécieriez bien mieux le charme de pièces autres que les oubliettes ou les cachots.

Amusé à son tour, il se laissa sermonner, avec l'envie grandissante de faire fi de tout ce qui les entourait. Il voulait Claire Austen entièrement, il voulait qu'elle soit à lui sans condition et sans que les autres aient leur mot à dire... Ses mains dans le bas du dos de la jeune fille, il la sentit frissonner à l'évocation du Seigneur des Ténèbres, et se frisson se propagea jusqu'à lui tant il était animé d'une admiration farouche pour le Lord.

- Inutile de faire durer le suspens, dîtes moi tout Sacha.

Il en profita pour resserrer un peu plus Claire contre lui lorsqu'elle se redressa vers son oreille, après quoi il lui adressa un petit regard mystérieux et tourna la tête sans mot dire. La danse touchait à sa fin et il les dirigea petit à petit vers le bord de la piste. Il avait une idée en tête , d'autant plus qu'il n'avait pas oublié le cadeau pour l'anniversaire de la jeune fille, mais il ne pouvait lui donner qu'en toute intimité. Se séparant d'elle, il lui caressa la joue d'un geste qu'on pouvait prendre comme paternel si on ne voyait pas l'intensité de son regard, comme s'il la remerciait de cette danse. Mais sa main coula le long du bras fin de Claire et agrippa sa petite main blanche, après quoi il murmura d'une voix très basse:


- Il est d'accord pour te confier une mission, qui selon moi, nous aidera beaucoup...


Mais il y avait trop de mondes et de gens susceptibles de vouloir le surveiller pour continuer. Il balaya les alentours du regard, portant altièrement sa tête, avant de revenir vers la petite créature qui hantait à présent chacune de ses pensées. Elle était trop belle, elle était trop pure, elle était trop passionnée, comme lui, pour qu'il puisse passer à côté d'elle! En réponse aux mots murmurés à son oreille tout à l'heure par la demoiselle, il la relança, un coin de sa bouche se relevant en un demi sourire:


- Oserais-je croire que tu connais tous les sous-terrains et cachots de ce terrain? Je suis bien curieux de savoir à quoi ressemble les pièces cachées de Holly Blood Hall...

D'un regard presque pressant, il l'intima de trouver une quelconque raison de s'absenter à sa propre fête. Les foule présente suffirait sans doute à masquer leur départ...
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MessageSujet: Re: Un soir de Décembre ( S.W )   Dim 18 Avr - 14:50

Mon propre anniversaire m'ennuyait, ou plutôt m'exaspérait. Cette réception si mondaine, à des années lumière de cette force vive qui m'animait depuis toujours, n'était qu'une mascarade, un luxe de détails, savamment organisée, maîtrisée à l'extrême. Et je détestais ça, chaque pore de ma peau exécrait ce don évident pour la mise en scène. J'aurai voulu quelque chose de plus fou, une explosion inventive, un souffle chaud et froid à la fois, une myriade de surprises, des envolées lyriques, des lâchers de ballons et nos rires gais, ces souvenirs encore frais de nos journées d'été.

J'aurai aimé cette nuit là être l'enfant joyeuse, ce petit être encore pur, innocent de toutes manigances mu par son énergie débordante, ses désirs brutaux et simples, ses idées parfois farfelues. La femme espiègle dont le rire résonne, hante chaque pièce de ce manoir, une femme dont le reflet apparaît dans un miroir puis disparaît, court à en perdre haleine dans un labyrinthe de couloirs, se perd et joue encore, à l'infini, poussée par l'enfant de jadis.

Éternel n'est pas l'hiver, avec le soleil matinal se réveille en douceur le printemps, l'herbe grasse scintille de rosée et les fleurs parent la terre de leurs couleurs lumineuses. Printanière, j'étais cette fille en fleurs mûre pour un été doux et bon, la peau blanche encore vierge d'un rayon de juin mais en qui les germes du renouveau patientaient. Le Lord réchaufferait ma peau froide comme Winch plantait en moi les graines du désir, notre avènement à tous était si proche, la reconnaissance de notre supériorité si palpable que je ne pouvais qu'être cette jeune fille en fleurs mûre pour une belle saison.


- Il est d'accord pour te confier une mission, qui selon moi, nous aidera beaucoup...

Aurais-je osé rêver d'une telle reconnaissance ? Le monde s'éclipsait dans une explosion soudaine, le cœur prit dans un tourbillon d'émotions je ne sentais plus mon corps, j'avais envie de sauter au cou de Winch, coller mes lèvres sur les siennes, tourner dans ses bras, mon corps frêle contre le sien. L'enfant en moi ressentait dans sa chair un feu urgent, le besoin vital de se laisser aller aux débordements, exprimer sa joie sans peur d'être jugée, crier à en perdre la voix. Pétillant, écarquillés d'un plaisir profond, mes yeux exprimaient bien mieux que les mots la violence de mes sentiments, leur force libre de tout contrôle.

- Oserais-je croire que tu connais tous les sous-terrains et cachots de ce terrain? Je suis bien curieux de savoir à quoi ressemble les pièces cachées de Holly Blood Hall...

C'en était plus qu'il ne fallait...

La femme que j'étais devenue ne s'était jamais séparée de l'enfant espiègle, l'une et l'autre allaient main dans la main, souriantes et rieuses, sérieuse et effrontée, parfois naïve mais jamais dupe. Sacha Winch troublait la femme à peine éclose, l'entraînait hors des sentiers battus, curieuse et dévouée aux délices tourmentés du désir tandis que l'enfant suivait, se glissait dans l'ombre de son aînée, les sens piqués et mutins, à l'affût du moindre troubler.

Holly Blood Hall et ses labyrinthes à n'en plus finir avaient dès l'enfance constitué une source inépuisable de jeux, nourrit mes frayeurs enfantines, peuplé mes rêves de fééries. Je connaissais la plus modeste pierre de ce noble manoir comme le fond de ma poche; Winch n'avait pas idée à quel point, tout homme puissant qu'il était, il me serait aisé de lui faire tourner la tête entre ces murs. Les portes s'ouvraient d'autres portes, les pièces closes, poussiéreuses et inutilisées étaient légion, les murs eux même abritaient des passages secrets, une pierre justement effleurée révélait des escaliers tortueux.

Piquée au vif, la gamine entraînait la femme dans ses folies, et la femme s'inventait des jeux nouveaux, taquins. Prise d'une soudaine légèreté, défiée sur mon propre terrain, je ne pouvais qu'afficher ma supériorité. Légère et espiègle, je saisis d'un mouvement rapide le cristal pur entre mes doigts fins tandis qu'un elfe circulait entre les convives, un plateau remplit de coupes au-dessus de sa tête laide.


- Je pourrai même vous y perdre! répondis-je taquine. Mes ancêtres ont toujours habité ce manoir. Des couloirs secrets ce n'est pas ce qui manque...

Les divers convives semblaient prêter qu'une faible attention à ma petite personne, mais sous leur apparente civilité je devinais certains regards plus insistants que d'autres. Irrité, je percevais corps et âme l'humeur d'Edmund se troubler, son regard suivre ma trace, loyal et jaloux.

- Suivez moi. Les années passaient mais je ne changeais pas, je restais cette tête rose toujours prête à faire une bêtise, incapable de résister aux promesses d'une aventure. Je respirais enfin, heureuse de ce début de soirée. Radieuse, je trépignais d'impatience à m'en mordre les lèvres guettant les invités afin de les éviter, pièges mortels, obstacles à franchir. Lorsqu'enfin la vieille sorcière qui se tenait près de la porte s'éloigna je me faufilai parmi les invités, silencieuse mais encore trop voyante dans ma belle robe. Je savais Winch dans mon sillage, à une distance respectable, dans mes pas.

Le jeu me gagnait, l'excitation montait, comme une bouteille de champagne agitée l'impatience menaçait de me faire sauter dans une explosion de bulles. Et puis soudain apparût ce pan de mur particulier découvert il y a si longtemps. Prise d'une émotion forte, je me remémorai un instant la surprise lorsque Peter et moi basculâmes de l'autre côté, le ravissement d'une découverte. Il fallait être rapide et discrète, aussi lorsque Winch fut à ma hauteur je le poussai vite contre le papier peint, et d'un coup de pied bien administré fit pivoter l'entrée. En un rien nous nous retrouvions entre deux murs, l'espace réduit rapprochait considérablement nos corps.


- Maintenant pas un mot Winch lui chuchotais-je au creux de l'oreille, lovée contre son torse, partagée entre l'agréable sensation et ce désir mutin de semer la zizanie à mon propre anniversaire. Car pour une fois je fêtais mon anniversaire comme bon me semblait! Derrière ces murs se trouvait la salle de bal et ses invités. Plusieurs minutes s'écoulèrent à marcher dans le silence, parfois je pouffais de rire, les souvenirs affluaient, tous ces bons moments à courir entre les murs comme les souris.

Petites souris, nous avancions à pas rapides, parfois je pressais le pas, courais même lorsque l'espace me le permettait et puis par pure espièglerie, sans prévenir, je rejoignais son corps, me collais au sien et le poussai à un endroit précis. Nous pivotions, passions de couloirs en couloirs, mes talons brisaient des ossements de rongeurs, nous apercevions parfois certaines pièces, toute leur richesse, la beauté secrète des lieux. Lorsqu'enfin, à bout de souffle, je m'arrêtai j'entendis avec délice ma respiration altérée, les battements amplifiés de mon cœur. Sure de moi, j'exerçai une pression sur deux pierres en même temps qui libérèrent un passage vers une pièce sombre, froide même.


- Une grande partie des ouvrages de magie écrits par des sorciers britanniques sont dans cette pièce , dis-je alors qu'au-dessus de nos têtes de petites bougies flottaient dans l'air, s'allumaient les unes à la suite des autres. Bien sur les pièces maîtresses de la collection familiale sont ailleurs... C'était une ancienne pièce souterraine, un cachot un peu mieux caché en somme. Un de mes aïeuls y a fait bâtir une bibliothèque cachée il y a longtemps. Pour information je pourrai vous y informer sans qu'on ne trouve votre corps avant des siècles ajoutais-je en riant.

Je disais vrai, il n'y avait pas que des os de rongeurs entre ces murs.

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