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Sara – (Still Life)

 
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 Sara – (Still Life)

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Sara Wayland
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Localisation : Mon bureau est situé touuuut en haut du château, exprès pour que vous ne veniez pas m'embêter trop souvent ! ^^
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MessageSujet: Sara – (Still Life)   Jeu 3 Sep - 0:37

Acte I – Enfance

(Wind)



À la lisière de la forêt – les fleurs de rêves tintent, éclatent, éclairent, – la fille à lèvre d'orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu'ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.
Arthur Rimbaud.





____________




La perfection.

Cela fût et demeure, du plus loin que je me souvienne, le plus vaste sujet de ma vie. Et les questions qui l'accompagnent. Quelle est-elle ? Que peut-on considérer comme parfait, en ce monde ? Où est la limite entre le parfait et le reste ? Plus important encore : comment l'atteindre – pourquoi l'atteindre ? Est-ce important ? Est-ce vital ?

La perfection a toujours été une grande partie de moi. Avant même que je voie le jour, mon monde déjà la respirait, l'exhalait. J'avais la famille idéale, de l'argent, un luxe foisonnant, une vie d'ors et déjà utopique. J'avais une chance incroyable. Indécente.

Je naquis par une chaude journée d'Août ; un de ces jours d'été où l'on suffoque, où l'on transpire, où le ciel est bas et prend une teinte étrange, entre l'ocre et le gris de nuées, comme un plumage d'oiseau. Ma mère, alors jeune et plus belle que jamais, avait senti les premières douleurs le matin même, et depuis, toute la maisonnée attendait anxieusement la venue de l'enfant, dont on connaissait d'ors et déjà le sexe. Ni ma mère ni mon père n'était réputé pour sa patience et c'était d'un accord tacite qu'ils avaient demandé à connaître la nature du premier fruit de leur amour, dès que cela avait été possible.

Et je vins, héritière tant désirée, tant attendue, dont les prénoms avaient été décidés sitôt que ses parents avaient su qu'il s'agissait d'une fille : Sara – un nom de princesse –, et Elizabeth, pour contenter la belle-mère et le reste de la famille – ma mère avait toujours eu l'esprit pratique de la femme d'affaires qui sait ce qu'elle veut et ce qu'elle doit faire pour l'obtenir. Je fus là, deux semaines plus tôt que prévu certes, mais cela faisait l'affaire de tout le monde car si j'étais née en septembre, je serais entrée une année plus tard qu'il ne le fallait à Poudlard, l'école de sorcellerie où j'étais dès ce jour inscrite.

Je vins au moment où le soleil était le plus haut dans le ciel, au moment où l'air était le plus opaque, la chaleur la plus étouffante – et quiconque y vit alors un signe se trompa.

Ma mère me prit dans ses bras et, découvrant enfin mon petit visage de nouveau-né, déclara que j'étais à ce jour la plus jolie chose qui lui ai été donnée lieu de contempler. Pour mon malheur, elle avait parfaitement raison.

_________________
    Et quand, demain ou bien plus tard, je serai poussière, nous serons poussières mêlées, nous ferons poussières communes.
    Et si nous ne sommes que des poussières d'hommes, il n'est de poussière qui ne retourne à la terre.
    Attends moi quelque part... ou même ailleurs.
    Par un matin calme ou une nuit noire,
    un jour de grand soleil
    ou de pluie serrée,
    j'arrive.

    J'arrive.

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Dernière édition par Sara Wayland le Sam 5 Juin - 11:34, édité 1 fois
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Sara Wayland
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MessageSujet: Re: Sara – (Still Life)   Jeu 3 Sep - 0:41

Mon nom est Sara, Elizabeth Barrow. Ma vie n'est pas le conte de fée qu'elle aurait du être, ni celle à laquelle je me préparais. Mais c'est cependant la mienne, et elle mérite d'être narrée à qui voudra l'entendre.

Mon histoire commence le jour où j'ai commencé à vivre. J'ai peu de souvenirs datant d'avant cette fameuse journée. Cette période me semble floue quand j'y repense, comme si je l'avais vécu à travers les yeux de quelqu'un d'autre, ou comme dans un rêve. Mais mon premier souvenir net, celui dont je me souviendrai toujours, remonte à mes cinq ans. À l'époque, je passais encore mes journées à vagabonder dans les jardins autour de la propriété, ou à rêvasser dans ma chambre. Mes parents n'étaient pas là. Ils n'étaient jamais là.

Mr. Barrow était un homme aux multiples facettes. Il pouvait se montrer tantôt dur et sévère, sec et cassant, envers qui l'importunait ; tantôt doux et prévenant, comme un parfait gentleman. Face à la plupart des gens, il affichait en permanence une mine sérieuse, et semblait soucieux et réfléchi dans les moments les plus légers. On voyait en lui un diplomate accompli, un modérateur d'exception – mais s'il pardonnait les erreurs, il n'oubliait jamais. Car Mr Barrow était avant toute chose un homme d'honneur.

Mrs Barrow était bien moins stricte, mais à sa façon, plus effrayante. Son sourire, son regard étaient les plus chaleureux du monde. À elle également, le cœur importait, ainsi que la noblesse, mais la quête qu'elle menait avec acharnement était d'abord celle du bonheur. C'était une femme vive et passionnée, toujours charmante en public, heureuse et souriante. Parfois, il lui arrivait d'entrer dans de noires colères et dans ces instants, on aurait dit que la maison elle-même tremblait d'être détruite sous le coup de sa fureur. Mais heureusement, ces moments étaient rares car, il faut l'avouer, Mrs Barrow n'avait pas vraiment lieu de se plaindre.

En y songeant, l'un et l'autre se ressemblaient beaucoup, bien qu'on les opposât généralement, en s'appuyant sur la frivolité apparente de Madame et la visible gravité de Monsieur. C'est qu'ils avaient choisi l'un comme l'autre de n'afficher qu'une partie différente de leur personnalité, et que ceux qui parlaient ainsi les connaissaient en vérité très mal. C'étaient des gens très complets, mais pas dans le sens où l'on aurait pu l'entendre.

Monsieur et Madame – c'est ainsi que les appelait tout le monde ici, moi excepté – étaient tous deux ce que l'on appelle des « sang-mêlé.» Loin de nous entraver, dans un monde où les gènes sorciers ne cessaient de se répandre et le sang pur de se disperser, où la guerre froide opposant d'anciennes maisons aux nouvelles faisait rage, ce statut permit à ma famille d'accéder à un rang social que les Malefoy eux-mêmes aurait envié. Nous étions des parvenus, les nouveaux riches à la sauce sorcière, des gens qui avaient réussi dans leur vie non pas grâce au travail de leurs ancêtres mais par celui de leurs seules mains. Ma mère se servait de ses atouts de fille de Vélane, usant et abusant de ses charmes pour rallier à sa cause les plus obtus ; mon père, non moins charismatique bien que plus discret, fréquentait les mages les plus hauts placés et s'assurait leur soutien. On voyait le couple à chaque réunion d'importance, ils étaient de toutes les fêtes.

Mondains ; oui, voilà le terme le plus approprié qu'on aurait pu employer pour décrire mes parents.

Mon père dirigeait une importante société sorcière (ce que les Moldus qualifiaient d'entreprise) responsable du commerce mondial de la plupart des produits et substances magiques, dangereux, rares ou précieux, utilisés en potions ou pour des sortilèges complexes. Œufs de dragons, carapaces de crabe de feu, crins de licorne, venin d'Acromentula, cornes d'Éruptif, plumes de Phœnix, toutes ces marchandises difficiles à obtenir passaient par la Barrow Company. Tous les matins, il se levait à cinq heures trente précises, de façon à n'être jamais en retard à son bureau ; à cinq heures trente-trois, il prenait le café noir, sans sucre ni lait, que lui avait préparé notre Elfe de Maison, Kutya.

Ma mère sortait du lit après l'aube, certes, mais guère plus tard que son époux. À six heures, elle était debout, fraîche et pétillante, et revêtait hâtivement sa tenue de sorcière à la dernière mode. Quelle couleur choisir aujourd'hui ? Du bleu, pour avantager ses yeux azurés ? Ou bien du noir, qui accentuerait la pâleur de son teint et l'or de ses cheveux ? Une fois son choix fait, elle prenait une douche rapide et, de temps en temps, fardait son joli minois. Elle devait toujours apparaître sous son meilleur jour, son métier le lui imposait – peut-être pas autant que sa vanité il est vrai. Originaire de Hongrie, ma Vélane de mère était une fine politicienne qui travaillait au Département de la Coopération magique internationale à maintenir et à approfondir les relations entre les Ministères de la Magie des différents pays du monde.

Ce matin-là, donc, démarra comme tous les autres matins depuis des années. Je m'étais levée à sept heure trente, comme tous les matins, pour saluer mes parents avant qu'ils ne partent pour leur travail. Avant de me quitter, ma mère déposa un léger baiser sur mes cheveux déjà très longs pour mon âge.

– Passe une bonne journée, ma chérie, me sembla-t-il l'entendre murmurer.

J'ignore si, à l'époque, je croyais encore à la sincérité de sa douceur, ou si je m'étais déjà résolue à ne plus souffrir de ces gestes à la tendresse mécanique. Quoi qu’il en soit, mes parents m'abandonnèrent à ma nourrice ainsi que mon petit frère, Caleb, qui avait alors à peine un an.

C'était une froide journée d'avril, un jeudi. Je me rappellerai toujours de cette journée : comme le vent soufflait dans les bois autour de la villa ; comme les nuages s'amoncelaient au-dessus de ma tête, comme je les regardais avancer lentement, se fondre les uns dans les autres puis se dissoudre en un étrange ballet de blancs, de gris et de bleus, toujours à ce même rythme lent et régulier. Et la balançoire vide à côté de moi se balançait seule dans la tourmente, tout comme les arbres gémissants, et elle chuchotait de sa voix grinçante. Et Natália chantait pour mon frère une comptine d'antan, qui parlait de brume et de fées, une complainte de sorcière. Tout était calme, tout était bien.

Caleb se mit à pleurer. Natália le prit dans ses bras, et commença à le bercer, tendrement, comme ma mère le faisait au début. Les cris du bébé se calmèrent tandis qu'elle lui chuchotait des mots de réconfort, des mots doux, des mots de maman. Je la regardais et je frissonnais, sans savoir pourquoi.

– Tu as froid ? demanda ma nourrice à peine cette pensée se fût-elle formée dans mon esprit.

Me voyant trembler, elle n'attendit pas la réponse et reposa Caleb dans son “landau d'extérieur”, comme l'appelait ma mère, dans l'intention d'aller me chercher un pull. Je restai seule avec Caleb, qui recommença à pleurnicher.

Au bout d'un moment, agacée par ses gémissements, je me levai, abandonnant ma balançoire. Il ne faisait pas vraiment froid, mais je ne portais en tout et pour tout qu'une petite robe d'été, un fin gilet et des sandales. M'éloignant de mon frère pour ne plus l'entendre pleurer, je marchai en direction des bois, tout en me frictionnant les bras pour me réchauffer. Je m'arrêtai à la lisière de la forêt, n'osant d'abord pas m'aventurer plus en avant. Je n'étais jamais allée si loin toute seule. Les arbres semblaient murmurer, et je me sentis soudain irrévocablement attirée par leurs appels langoureux. J'avançai parmi eux, franchissant la ligne interdite.

Contrairement à ce que j'aurais pensé, ce n'était pas effrayant. Juste extraordinairement paisible. J'avais l'impression d'être protégée, à l'abri du monde, comme si quelque chose veillait sur moi sans que je le sache. C'était extrêmement reposant.

Je marchai ainsi sans me presser, lentement, redécouvrant une fois encore les joies de la solitude sous un jour nouveau, pendant quelques minutes. Enfin, j'arrivai à une sorte de ravin ; le sol descendait abruptement, comme si je m'étais trouvée au sommet d'une colline. Je faillis glisser sur les feuilles mortes et parvins à me rattraper à temps. Je jetai un œil en contrebas. Et c'est alors que je le vis.

Ça ressemblait à un agneau – ç'avait dû en être un, mais plus maintenant. De la créature qui avait un jour gambadé dans un champ et brouté l'herbe tendre, il ne restait qu'une enveloppe, carcasse éventrée, déchiquetée, la chair à vif. La chose gisait au fond du trou, pitoyable et minuscule. Pétrifiée, incapable de détourner le regard, je restai ainsi à la contempler, jusqu'à ce que derrière moi résonnent les appels de Natália qui s'inquiétait de ma disparition. Je ne bougeai pas, ni ne répondis au son de sa voix. Finalement, elle apparut dans mon dos, portant Caleb dans ses bras, anxieuse.

– Sara, qu'est-ce que… Úristen ! s'exclama-t-elle, avec son accent qui roulait, comme la mer roule ses vagues destructrices.

Ce cri me ramena à la réalité, tandis qu'elle se dépêchait de plaquer une main devant mes yeux écarquillés en me recommandant, trop tard :

– Ne regarde pas, Sara drágám.

Elle m'obligea à me détourner et me soutint en me reconduisant vers la maison. Je me rendis compte que je tremblais de tous mes membres.

Finalement, Natália me laissa ainsi que mon frère dans nos chambres respectives pour préparer le déjeuner. Je restai prostrée sur mon lit, l'esprit vide, et lorsqu'elle m'appela, je rejoignis la petite salle à manger comme un automate.

– Je t'ai fait du bifteck, me dit-elle tendrement.

Mes parents auraient trouvé un nom plus sophistiqué pour ce qu'elle appelait innocemment « du bifteck, » mais moi je trouvais ça très bien. Pourtant, à la vue de la viande rouge dégoulinante de sang, je sentis mon estomac se retourner. Avant d'avoir eut le temps de comprendre ce qui m'arrivait, je vomis toutes mes tripes sur la sublime table en marbre blanc veiné de bleu, d'or et de rose.



____________





Mon père et ma mère furent mis au courant dans l'heure ; étant tous deux en réunion de la plus haute importance, ils ne purent se déplacer avant six heures du soir. Entre-temps, ils avaient chargé ma nourrice de faire venir un guérisseur de toute urgence. Celui-ci m'examina rapidement et déclara qu'il ne voyait rien d'anormal.

– Mais elle a rendu son petit-déjeuner tout à l'heure ! protesta Natália.
– Elle a probablement mal réagi au choc provoqué par la vision de cet animal, répliqua le guérisseur, mis au courant de toute l'affaire. Cette enfant est en parfaite santé.

Peu convaincue, ma nourrice me couva le reste de la journée, jusqu'à l'arrivée de mes parents à qui elle relata les faits.

– Ma pauvre chérie ! s'exclama ma mère, me serrant brièvement contre elle.

Au dîner, on me présenta du magret de canard laqué, met dont, ordinairement, je raffolais ; je fus malade une fois de plus. Comme le guérisseur m'avait simplement jugée « en état de choc,» mes parents décidèrent de recourir aux services d'un psychomage. L'homme débarqua à la villa le lendemain matin à la première heure (ma famille obtenait toujours ce qu'elle voulait dans les plus brefs délais) ; il me posa de nombreuses questions, me laissant dans un état de confusion totale. Il confirma à mes parents que j'avais subi un “traumatisme” et qu'il était possible que je refuse de manger de la viande pendant quelque temps.

Et en effet, il fallut encore près d'une semaine pour la seule vision de bœuf rôti, de sauté de veau ou d'un simple jambon cessât de me rendre malade. On tenta de m'en faire avaler : peine perdue. J'étais tout simplement incapable de planter ma fourchette dans un morceau de chair cuite. Moi-même, j'ignorais pourquoi je réagissais de cette façon. Désormais, chaque fois qu'un plat de viande se présentait à moi, l'image d'un animal dépecé, mutilé, écorché s'imposait à mon esprit. J'imaginais – mieux, je ressentais, comme si elle avait été mienne, la souffrance de la pauvre créature que l'on avait tuée pour que je puisse la dévorer. Cette seule pensée suffisait à me couper l'appétit.

Ce fut là l'un des très rares, si ce n'est le seul caprice de mon enfance et de mon adolescence. Je n'acceptais plus que les œufs et certains poissons. Mes parents prirent la chose plutôt bien – ma mère suivait elle-même ce genre de régime.

C'est ainsi qu'à l'âge de cinq ans, je devins végétarienne.

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MessageSujet: Re: Sara – (Still Life)   Jeu 3 Sep - 12:33

Pour la majorité des personnes de mon entourage, mon nouveau statut ne suscita finalement que peu d'intérêt, et encore moins d'inquiétude. Ma mère allait même jusqu'à s'en réjouir : elle répétait à qui voulait l'entendre que sa ravissante fille suivait ses traces. C'était d'ailleurs, selon l'avis général, la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Bien sûr, j'étais trop jeune pour m'interroger plus amplement sur ce point ; cependant, il me semblait que, pour le peu que je la connaissais (je la voyais si rarement), ma mère et moi ne nous ressemblions pas tellement.

Seule Natália trouvait malsain de se priver de viande à mon âge ; issue d'un milieu pauvre, elle peinait à comprendre ce qu'elle qualifiait de mignardises bourgeoises, et s'insurgeait qu'une fillette puisse en être l'innocente victime. Mon cas cependant était différent : je n'avais pas choisi d'être végétarienne. Cela m'avait été imposé, je ne pouvais rien y faire ; et ma nourrice du s'adapter à mes nouvelles exigences.

Le cours de mon existence n'en fût pas perturbé pour autant (du moins, pour un œil extérieur). Si le contenu de mon assiette avait changé, le reste était ce qu'il avait toujours été : immuable et éternel. Quand on a cinq ans, la vie a un goût d'infini. Mes jours étaient des années, mes mois, des siècles. Et le temps s'écoulait ainsi, lentement, si lentement qu'il semblait figé à tout jamais – mais il filait, malgré tout.

J'en pris conscience quand, l'année suivante, mes parents m'annoncèrent qu'ils avaient engagé une préceptrice pour m'inculquer les bases d'arithmétique et d'anglais. Évidemment, ces matières n'étaient pas enseignées à Poudlard, il fallait donc m'éduquer dès mon plus jeune âge, avant que je fus trop loin de la demeure familiale. Je reçus la nouvelle avec un certain manque d'enthousiasme. Ce n'était pas tant les leçons qui me décourageaient (j'avais beau dire, je m'ennuyais ferme dans mon petit paradis), mais la préceptrice elle-même : les visages inconnus me faisaient peur.

C'était une femme charmante, cependant, et je tentai de lui plaire dès les premiers cours, en m'appliquant dans mon travail et ma bonne conduite. J'étais une élève modèle. Mes parents en étaient enchantés et ne manquaient jamais de me féliciter pour mes résultats. Rien ne me procurait plus de joie que de sentir, à travers leurs compliments, la tendresse que je leur réclamais. Je savais au fond de moi qu'il ne s'agissait que de fierté, d'orgueil déguisé sous des masques de douceur souriants. Mais cet amour superficiel était mieux que rien et je m'en contentais.

Je voyais désormais moins Natália, qui s'occupait essentiellement de mon frère. Cette séparation m'était pénible et me valait parfois d'ignobles crises d'angoisse. Je n'étais pas une enfant dégourdie, loin s'en fallait ; j'avais besoin de soutien, de réconfort, sans arrêt. J'étais terrifiée à l'idée d'être abandonnée. En mon for intérieur, j'étais convaincue que si l'on me laissait seule, je finirais comme l'agneau, déchirée par les loups qui peuplaient ma propre existence.

Je grandissais. Au début, les cours de la préceptrice me parurent intéressants ; très rapidement (et sans que personne ne le soupçonnât pourtant, car j'étais toujours aussi sérieuse et appliquée), je m'en lassai. Je n'avais de préférence pour aucun des deux enseignements qui m'étaient donnés : l'un comme l'autre m'était enseigné de manière très scolaire, pour ne pas dire rébarbative, et je m'ennuyais à mourir.

Poudlard ! Poudlard me faisait rêver. Ce n'était pas la magie en elle-même qui m'excitait (je baignais dans la magie depuis ma naissance), mais ses légendes, ses mystères, ses secrets. À l'âge de huit ans, je demandai à mon père s'il lui était possible de m'acheter L'Histoire de Poudlard ; un peu étonné mais satisfait de voir naître chez sa fille un tel intérêt pour la culture sorcière, il m'offrit généreusement le livre que je réclamais. À compter de ce jour, je le dévorai chaque soir, page après page, avec un mélange indicible de désir et de peur – peur de me retrouver seule, sans mes parents, sans Natália, à la merci d'autres enfants qui ne m'aimeraient pas forcément. D'horribles et délicieux frissons me parcouraient l'échine à ces pensées.

Nous n'avions aucun cousin, du moins au Royaume-Uni (la famille de ma mère vivait toujours en Hongrie), mais mes parents avaient beaucoup d'amis, pour la plupart plus vieux qu'eux et bien installés dans la communauté sorcière. Chaque mois, mes parents nous amenaient, mon frère et moi, à l'une des nombreuses réceptions auxquelles ils étaient régulièrement conviés. Je m'y ennuyais souvent car en règle général, il n'y avait aucun enfant de mon âge avec lequel je puisse sympathiser.

Parmi nos voisins et amis les plus proches, il y avait les Trebilcock. Mr et Mrs Trebilcock avaient trois fils : Justin, l'aîné, avait quatre ans de plus que moi, allait à Poudlard, et n'était jamais chez lui, même pendant les vacances qu'il passait chez ses camarades ; Keven, le cadet, avait l'âge de mon frère ; et enfin, Lucian, le petit dernier, n'était encore qu'un nourrisson. Caleb et Keven jouaient toujours ensemble à la première occasion. Moi, je n'avais personne, pas même une amie Moldue, car nous ne les côtoyions jamais.



____________




J'allais sur mes neuf ans quand ma mère, de nouveau enceinte, accoucha d'un deuxième fils. Mon frère Jason naquit en mars, apportant avec lui un enthousiasme phénoménal. Il aurait été faux de dire que mes parents en faisaient trop – mes parents agissaient toujours de la manière qu'ils savaient la plus parfaite aux yeux de tous. Quant à moi, j'étais moins heureuse qu'intriguée et pensive. En dépit de nos liens familiaux, je n'étais pas proche de Caleb et ne savais finalement que peu de choses à son sujet, si ce n'était qu'il était mon frère. À présent, j'avais deux frères. Mes rapports avec le second seraient-ils différents de ceux que j'entretenais avec le premier ?

Il m'apparut soudain que Caleb était une personne réelle, et non un simple élément du décor de ma vie. À partir de ce moment, je m'intéressais de plus en plus à lui, négligeant le nourrisson qui se contentait de brailler pour réclamer toujours plus d'attention. J'appris à connaître Caleb. C'était un enfant bien plus joyeux et turbulent que moi ; beaucoup plus indépendant aussi. Ses bêtises, il les réalisait non pas pour attirer l'attention de mes parents ou de Natália, mais par pure curiosité : il adorait enchaîner les expériences et l'interdit ne l'effrayait pas, comme moi, mais au contraire le captivait.

Un jour où nous avions réussi à échapper à la surveillance de Natália – ce qui croyez-moi n'était pas une chose aisée –, Caleb eut l'idée de monter au sommet de l'un des arbres à la lisière du bois. De cette façon, disait-il, nous pourrions voir ce qu'il y avait de l'autre côté. C'était la grande question de notre enfance : qu'y avait-il, dissimulé derrière cette forêt où nous n'avions pas le droit de nous aventurer ? Bien sûr, nous n'étions pas exactement prisonniers de la villa (nous allions parfois faire un tour sur le Chemin de Traverse ou rendre visite à des amis avec nos parents) ; mais jamais nous ne nous déplacions à pied, de sorte que nous ne savions pas vraiment où nous nous trouvions.

Caleb avait déjà escaladé les premières branches, du haut de ses cinq ans, et moi j'étais toujours au pied de l'arbre, à l'appeler d'une voix tremblante.

– Viens ! riait-il. Allez, viens ! T'es qu'une trouillarde !

Au prix d'un effort colossal, je combattis ma peur et entrepris de le rejoindre. C'était dur, c'était effrayant, mais je m'accrochais, et chaque pas était plus simple à effectuer, chaque branche, plus facile à atteindre. Peu à peu, la terreur du vide fut remplacée par l'adrénaline, et l'allégresse que me procurait l'escalade. Enfin, je gagnai la cime de l'arbre, et contemplai avec Caleb le paysage grandiose qui s'étalait à nos pieds.

Perdue à l'horizon, derrière les bois noirs et frissonnants sous la brise estivale, si lointaine que l'on ne pouvait l'entendre se déchaîner contre les falaises abruptes qui s'avançaient comme pour entrer en elle ; de l'autre côté, il y avait la mer.

J'aurais pu rester là jusqu'à la fin de mes jours. Même si celle-ci ne devait jamais arriver. Il m'aurait plu de passer l'éternité ici, au sommet de cet arbre qui m'avait fait découvrir le monde. Je regardais Caleb, je voyais l'émerveillement dans ses yeux, et je savais qu'il lisait le même dans les miens.

Et puis, en redescendant, l'euphorie était peu à peu retombée, ainsi qu'elle m'avait prise au fur et à mesure que j'escaladais les branches. Elle disparut seulement tout à fait quand, dans une tentative pour sauter de la branche la plus basse, Caleb se brisa le poignet en atteignant le sol.

Natália nous réprimanda sévèrement pour nous être échappés. Nos parents se contentèrent d'un vague sermon à l'égard de Caleb. Ni lui ni moi ne racontâmes que nous étions montés jusqu'en haut de l'arbre – c'était notre secret, et les adultes n'avaient pas besoin de savoir ce que nous avions découvert de l'autre côté.

Le caractère explosif de mon frère ne dérangeait pas mes parents, au contraire. Ils étaient si peu souvent là pour nous que, bien souvent, ils trouvaient ses bêtises plus attendrissantes que pénibles. Je voyais dans les caresses qu'ils lui offraient, la joie d'avoir enfin un fils turbulent, joueur, ingénieux. Oui, enfin. Car je n'étais pas l'enfant qu'ils désiraient.

Au fond, je savais qu'ils n'éprouvaient pas plus d'intérêt pour mon frère que pour moi. Les parents idéaux ne font pas de favoritisme. Sachant cela, je m'empêchais d'être jalouse de Caleb.

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MessageSujet: Re: Sara – (Still Life)   Jeu 3 Sep - 13:37

De temps en temps, ainsi que je l'ai dit, mes parents profitaient d'une de leur journée de libre pour nous emmener sur le Chemin de Traverse, à Londres. C'était pour nous l'occasion rêver de contempler le reste du monde. Comme Jason n'était encore qu'un bébé, nous dûmes attendre qu'il ait un peu grandi pour renouveler nos excursions.

Ainsi, un matin d'août (je venais tout juste de fêter mon dixième anniversaire), je descendis comme tous les matins prendre mon petit-déjeuner avec mes frères et Natália, et découvris avec surprise mes parents en grande discussion avec ma nourrice.

– Ma chérie ! s'exclama ma mère. Tu as bien dormi ?

Je répondis que oui. Que dire d'autre ? Elle ne m'écoutait déjà plus.

J'appris le programme de la journée : Londres et le Chemin de Traverse nous attendait. Étrangement, je n'avais pas très envie d'y aller ; la présence d'adultes m'ôtait le sentiment de liberté qui s'emparait de moi lorsque je m'aventurais plus loin que les frontières habituelles de mon domaine.

Nous passâmes la journée à faire les boutiques. Ma mère tenait absolument à s'acheter une nouvelle robe (elle avait une réunion dans deux jours avec le Comité des Oubliators). Caleb supplia mon père de lui offrir un balai. Exténuée, je demandai à mes parents de m'autoriser à aller faire un tour chez Fleury & Bott, la librairie, pendant que le reste de la famille allait voir les nouveautés au magasin de Quidditch. Ils acceptèrent, après m'avoir recommandé de ne parler à personne d'autre qu'au vendeur et de les rejoindre chez le glacier Florian Fortârome.

La librairie était vide, comme d'habitude les jours d'Automne. Tous les élèves de Poudlard avaient été chercher leurs fournitures, dévalisant le rayons des manuels scolaires. Je flânai et m'enfonçai entre les étagères, appréciant la paix et le silence qui régnaient sur les lieux. Je fouillai un moment et finis par dénicher quelque merveille qui secoua les faibles restes de mon pauvre imaginaire – histoire de fées et de dragons, d'épées et de magie, d'amour et d'aventure. Je me plongeai dans cette lecture passionnante et dès lors ne relevai plus la tête.

J'allais entamer le chapitre deux, quand une voix enfantine s'éleva au-dessus de ma tête.

– Des contes pour jeunes sorciers.

Je sursautai et levai les yeux (je m'étais assise contre le mur pour mieux glisser dans le récit), dévisageant mon interlocutrice. C'était une petite fille de mon âge environ : brune, les yeux chocolat, elle avait un physique tout à fait quelconque. Cependant, il y avait quelque chose dans son regard, quelque chose de brûlant, comme une flamme, une lueur de défi qui dansait dans ses prunelles sombres.

Elle m'observait de l'endroit où elle se trouvait – juste à me droite, dissimulée dans un coin d'ombre. D'emblée, avant même qu'elle m'eût donné son nom, je fus intriguée par cette jeune fille. Peut-être était-ce dû au fait que je connaissais si peu d'enfants de mon âge, mais je lui trouvais quelque chose de différent, qui la faisait paraître à la fois sympathique et hostile.

– Oui, dis-je, prudemment.

Ma voix me semblait étrangement déplacée lorsque je m'adressais à elle.

– J'aime beaucoup les contes, les histoires… Pas toi ?

Le regard de la fillette se fit dur. Un mot me vint à l'esprit pour qualifier l'aura qu'elle semblait dégager : sauvage.

– Non, j'aime pas les contes ! rétorqua-t-elle comme si je l'avais insultée. Ils racontent n'importe quoi !

Choquée, je la dévisageais. Comment pouvait-elle dire de telles choses ? Qui pouvait détester les contes ? Personne ne pouvait résister à l'appel irrésistible que représentait un monde différent, inaccessible, et beau à la fois car irréel…

– Est-ce que je peux lire tranquille, s'il te plaît ? demandai-je, courroucée.
– Non.

Si elle avait pu me paraître amicale quelques instants auparavant, c'en était terminé de ces beaux sentiments. Je me levai en fermant définitivement mon livre – je n'avais plus la tête à lire.

– Ici, c'est chez moi, ajouta-t-elle en levant le menton avec fierté. Je fais ce que je veux.
– Comment ça, ici c'est chez toi ? m'étonnai-je.

Elle me semblait bien petite pour posséder une librairie.

– Mr. Bott, c'est mon oncle ! Alors sors de là.
– C'est pas chez toi, alors ! répliquai-je, triomphante.
– Si ! s'entêta la gamine un peu plus petite que moi. Sors d'ici, ou je te jette un sort !

La menace m'effraya bien que je sache qu'elle ne pouvait être prise au sérieux – cette fille était à l'évidence trop jeune pour avoir sa propre baguette magique ou pour savoir s'en servir.

– Je vois bien, reprit-elle, méprisante, tu ne viens pas ici pour acheter… Tu n'as même pas les moyens je parie…

Je me redressai de toute ma hauteur. Cette inconnue commençait à m'énerver franchement, et de plus je ne savais comment répondre à ses provocations. Son agressivité me déstabilisait ; si je n'avais pas été si en colère, je me serais sans doute mis à pleurer.

– Pourquoi tu me laisses pas ? m'écriai-je.
– T'as pas le droit de lire sans acheter ! C'est mal ! Mon oncle, il lui faut l'argent pour vivre, expliqua mon adversaire.

J'étais tellement furieuse, et son ton ne m'incitait pas à la diplomatie… Je ne sais ce qui me prit. Tout à coup, je sortis la bourse de ma poche et la tendis à bout de bras devant moi. Je toisai la petite fille.

– Ah ouais, j'ai pas les moyens ? Et c'est quoi ça alors ? lançai-je d'un air suffisant.

Sur ses mots, je renversai le contenu de ma bourse sur le sol. Elle contenait une dizaine de gallions d'or et quelques mornilles, ce qui constituait une petite fortune pour une enfant de mon âge. La fillette regarda s'écraser en un fracas métallique les pièces scintillantes, qui roulèrent sous les rayons sans que je cherche à les rattraper.

– Garde la monnaie, lui lançai-je, froidement, mon livre sous le bras.

J'étais si petite que le libraire ne remarqua même pas que je sortais sans payer. En sortant, je vis que mon ennemie m'avait rattrapé : elle me contemplait au travers de la vitrine de la librairie. Je lui adressai un abominable sourire d’enfant gâté, puis m'éloignai d'une démarche aérienne, imitant ma mère à la perfection.

Cette belle assurance devait me quitter dès mon arrivée à la glacerie de Florian Fortârome. Mes parents, Caleb et Jason n'étaient pas encore là. Je n'avais plus d'argent pour me payer une glace, aussi attendis-je à la terrasse sans rien faire d'autres que de scruter les alentours, n'osant toucher à mon nouveau livre que j'avais pourtant payé cher. J'avais très peur à l'idée que mes parents me demandent ce que j'avais fait de tout cet argent. J'avais honte aussi : je savais grâce à Natália que, même si ma famille en possédait énormément, l'argent n'était pas une chose que l'on pouvait se permettre de jeter par les fenêtres. Or, c'était précisément ce que je venais de faire, par pur orgueil.

Lorsque le reste de ma famille arriva, je commençai à paniquer et prétendis avoir acheter des bonbons à un marchand ambulant quand mon père s'étonna qu'il ne me reste pas une noise.

– Il a dû t'escroquer, conclut-il. Il y a vraiment des brigands partout.
– Oser profiter de l'innocence des enfants de cette façon, quelle honte ! renchérit ma mère.

Puis, ils payèrent une glace à Caleb et une autre à Jason, qui en réclamait, et que mon père du finir car le plus jeune de mes frères ne supportait finalement pas la vanille. J'avais pour ma part l'estomac trop noué pour avaler quoique ce fut. Cela n'alarma en rien mes parents (j'avais sûrement mangé trop de bonbons, voilà tout).

En rentrant à la villa, la première chose que je fis fut de monter aux combles pour y dissimuler mon livre, qui représentait la seule preuve de cette rencontre et de mon comportement odieux. La fille de chez Fleury & Bott hanta encore longtemps mon esprit : mais la routine vint bientôt à bout de mes inquiétudes, et je finis même par me demander si cet épisode avait vraiment eu lieu. Puis, comme beaucoup de choses, le souvenir de son visage grave et sérieux s'effaça de ma mémoire.



____________




Dames qui tournoient sur les terrasses voisines de la mer ; enfantes et géantes, superbes noires dans la mousse vert-de-gris, bijoux debout sur le sol gras des bosquets et des jardinets dégelés — jeunes mères et grandes sœurs aux regards pleins de pèlerinages, sultanes, princesses de démarche et de costume tyranniques, petites étrangères et personnes doucement malheureuses.

_________________
    Et quand, demain ou bien plus tard, je serai poussière, nous serons poussières mêlées, nous ferons poussières communes.
    Et si nous ne sommes que des poussières d'hommes, il n'est de poussière qui ne retourne à la terre.
    Attends moi quelque part... ou même ailleurs.
    Par un matin calme ou une nuit noire,
    un jour de grand soleil
    ou de pluie serrée,
    j'arrive.

    J'arrive.

Je t'aime.



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MessageSujet: Re: Sara – (Still Life)   Mer 31 Mar - 15:13

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    Informations supplémentaires.

    Où vivent les Barrow ?




    Mr. & Mrs. Barrow, leurs enfants et leur nourrice Natália habitent à la Villa Barrow. Cette magnifique demeure, bien qu'ayant été construite dans un style ancien à la demande des propriétaires, est en fait très récente. Dans un désir de prouver que l'on peut être riche et puissant sans être pour autant issu d'une famille au sang "pur", les Barrow ont tenu à associer dans leur foyer, le rustique au moderne.
    La villa se situe précisément dans le Comté de Cornouailles, à la pointe ouest de l'Angleterre. Elle n'est pas directement en face de la mer, la côte étant trop souvent visitée (on ne se méfie jamais assez de ces sortilèges Anti-Moldus), mais à environ un kilomètre des falaises. On peut voir l'océan depuis les derniers étages, par-delà le petit bois qui dissimule en partie la villa aux yeux des éventuels curieux.



Bientôt d'autres informations.

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    Et quand, demain ou bien plus tard, je serai poussière, nous serons poussières mêlées, nous ferons poussières communes.
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    Attends moi quelque part... ou même ailleurs.
    Par un matin calme ou une nuit noire,
    un jour de grand soleil
    ou de pluie serrée,
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