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- Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -

 
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 - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -

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Elyana Gilmore
Élève de 5ème année



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Particularités: A un tempérament très changeant. Peut être pétillante ou alors terne... Possède un léger don d'empathie. [Batteuse des Phénix dorés]
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MessageSujet: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Dim 1 Mar - 17:55

Bon, après un moment d'hésitation, je me décide enfin à poster cette fiction sur laquelle je travaille en ce moment. Il ne faut pas s'attendre à quelque chose de phénoménal hein ^^ Il y a encore plein de choses qui ne me plaisent pas, que je dois arranger... Bref.

Cette idée vient d'un personnage RPG, à la base. J'ai créé Livà sur un autre forum, et j'ai eu envie de développer sa psychologie, son histoire... Et voilà, ça a donné cette histoire ^^ Je ne met que le premier chapitre pour le moment. N'hésitez pas à critiquer, commenter et donner vos avis, je poste cette fic' justement pour ça. Voilà, bonne lecture ^^



    Ne jamais se fier aux apparences. Jamais...




    « Nous sommes le 17 juillet, je m’appelle Livà Elwein Sianà Jones. J’écris les premières lignes de mon journal. Tant de choses se bousculent dans ma tête, tant de questions ne trouvent pas de réponses. Pourquoi ai-je cette boule au ventre lorsque Andalvè vient me parler ? Pourquoi mes parents ne m’ont jamais parlé de lui ? C’était la moindre des choses quand même, non ? »

    Livà sortit de sa chambre en trombe, une enveloppe à la main. Son visage de porcelaine d’habitude si pâle ressemblait davantage à une sculpture qu’à un visage fait de chair. Mais à ce moment précis, elle ressemblait plus à une furie qu’à une poupée. Ses cheveux blonds scintillaient à la lumière du soleil qui filtrait ses rayons à travers la baie vitrée de la pièce. Ses yeux si bleus, si translucides, étaient transformés par la colère et le chagrin, on pouvait voir clairement la tristesse qui avait pris ses droits sur son regard. Elle se planta sur le seuil de la porte, fixant son regard océan sur son père, qui était installé à son bureau personnel, des lunettes sur le nez et ce dernier plongé dans diverses sortes de bouquins. Lorsqu’elle était plus petite, Livà avait trouvé son idéal masculin : son père. Un nez fin et aquilin, des yeux sombres, avec cet éclat de malice si distinct, ses cheveux filamenteux et bruns… Oui, pour elle, il était le plus bel homme de la Terre entière. Il était aussi gentil, doux et posé. Ou du moins, c’est comme ça qu’elle le voyait à l’époque. A présent, il paraissait être l’homme le plus manipulateur qu’elle n’ait jamais connu.

    Kostos leva les yeux vers sa fille, l’air un peu hagard. Il avait toujours était fier d’elle, malgré son caractère un peu inflammable et sa tendance à rêvasser. Mais elle était sa petite fille, sa petite Sianà. Retirant ses lunettes, il repoussa les livres jonchant son bureau en bois vernissé et prit la parole, avec ce fameux accent grec :

    - Sianà, qu’est-ce qu’il ne va pas ?

    Il voyait toujours que quelque chose la tracassait. Elle ne s’en rendait peut-être pas compte, mais lorsqu’elle était fâchée ou frustrée, son front se plissait et une petite ride d’inquiétude venait s’installer entre ses deux sourcils. La jeune fille avança d’un pas rapide et sûr, et posa ses deux mains à plat sur la table. Son regard bleu ciel vrilla le regard sombre de son père, ne lâchant pas la tension qui émanait de son visage rosé. Son père avait beau user et abuser de son timbre de voix chaud et de sa poigne d’homme, il ne lui faisait pas peur. Et en ce moment précis, elle était en colère. Agrippant l’enveloppe qu’elle tenait toujours dans sa main droite, elle l’agita sous le nez fin de Kostos. Ce dernier fronça à peine les sourcils, un sourire perlant à ses lèvres. Visiblement, il ne partageait pas le point de vue de sa fille, sinon il n’arborerait pas une mine aussi réjouie. La voix de Livà retentit dans le silence de la pièce exigüe, alors qu’elle continuait de fixer son père du regard :

    - Ne m’appelle pas Sianà, tu veux ? Et tu sais très bien ce qui ne va pas. Je ne veux plus voir cet imbécile d’Andalvè, est-ce bien clair ?

    Elle articulait les mots avec force et conviction, ne laissant pas Kostos prendre la parole. Celui-ci ne comprenait jamais rien de toute façon… Elle n’était pas un objet, elle n’était pas non plus un instrument qu’on utilise pour des projets ! Cela lui faisait mal, bien plus que nécessaire. Pourquoi fallait-il toujours que tout soit plus compliqué, plus difficile à admettre ? Son regard s’embua, les larmes n’étaient plus très loin à présent. Une perle transparente glissa le long de sa joue, pour s’écraser sur le papier blanc de la lettre. Sur celle-ci, on pouvait voir écrit « Mlle Jones » d’une calligraphie appliquée. Le timbre de voix de velours de son père retentit à son tour, d’un ton posé et rassurant :

    - Écoutes moi, Andalvè est un homme bien. Il ne te veut aucun mal, tu comprends ? Quand ta mère et moi l’avons rencontré pour la première fois, nous avons su qu’il était celui qu’il te fallait. Et tu n’était qu’un bébé.

    - C’est bien ça le problème ! Quand allez vous comprendre que ma vie ne vous appartient pas ? Non mais on n’a jamais vu ça ! Être fiancée à la naissance, non mais on se croirait au Moyen-âge !

    Livà s’exprimait difficilement à présent et son ton était monté. Les sanglots brisaient sa voix, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être furieuse. Depuis maintenant plus d’un an, ses parents lui avait annoncé qu’elle était promise à un homme, qui avait le double de son âge. Il se prénommait Andalvè. Elle n’était pas encore majeure pour décider de sa propre vie, elle le savait pertinemment. Mais l’échéance se raccourcissait tout les jours un peu plus, le jour où elle atteindrait ses dix-huit ans. Pourtant, au fond d’elle, Livà savait que même en étant majeure, elle serait obligée de se plier aux volontés de son père. Il voulait qu’elle se marie, elle devrait le faire. Et même si ça lui coûtait, même si ça ne lui plaisait pas. Ses larmes redoublèrent d’intensité, à mesure qu’elle prenait conscience de tout cela.

    Sa vie jusque là avait été paisible, elle n’avait jamais cherché à comprendre le monde qui l’entourait. Les adultes la trouvaient étrange, la qualifiant d’enfant exceptionnel ou attardé, ça dépendait des points de vue. Cette bouille d’ange et ce caractère versatile ne faisait pas bon ménage, et Livà n’avait pas toujours été la petite fille qu’on adulait. Il lui arrivait bien souvent de se perdre dans ses propres rêveries, rien qu’une tâche sur une tapisserie pouvait la captiver pendant de longues minutes. Et ça ne plaisait guère aux personnes qu’elle avait rencontrée, à l’époque. Elle était distraite, silencieuse, renfermée sur elle-même et par-dessus tout, extrêmement difficile à cerner. En grandissant, elle s’était améliorée, mais il n’empêchait qu’elle retrouvait parfois ses vieilles habitudes. Sa mère, Carla, était là pour la reprendre quand ça lui semblait utile. Depuis toute petite, Livà était persuadée que sa mère ne l’aimait pas. Et à bien y réfléchir, c’était normal non ? Elle était si étrange, si mystérieuse… aucune femme ne pourrait jamais aimer une fille comme elle. Carla lui avait imposé un rythme de vie bien défini, ponctué par les leçons de piano et les matières que lui enseignaient son précepteur. Lors de leurs rares discussions tardives, sa mère lui avait parlé de l’Amérique, des États-Unis. Elle y avait vécu là-bas durant toute son enfance et son adolescence. Et c’est là-bas qu’elle avait rencontré Kostos, qui lui était originaire de Grèce. Ils avaient vécus un moment là-bas, le temps que leur fille naisse et fasses ses premiers pas. Mais bien rapidement, ils avaient emménagés ici, dans ce pays toujours illuminé par le soleil, avec ses olives et ses murs blancs. C’était beau, très beau même. Mais Livà et son esprit vagabond aurait adoré explorer le monde, visiter les différentes capitales des différents pays, découvrir de nouvelles civilisations et cultures… Pour bien montrer son agacement, elle avait prit pour habitude de s’exprimer exclusivement en anglais. Certes, il y avait toujours ce petit accent grec qui la poursuivait, mais sinon elle se débrouillait plutôt pas mal. Retournant à l’instant présent, elle se rendit compte que son père remuait les lèvres, et donc qu’il lui parlait.

    -…bien compliqué. Tu m’écoutes Sianà ?

    Non, elle ne l’écoutait pas. Et elle n’était pas prête de l’écouter. Tout en pinçant les lèvres, elle abandonna l’enveloppe, les larmes et les mots rageurs pour regagner sa chambre. Elle n’eut pas même un dernier regard vers son père. Rien ne serait plus jamais comme avant, rien n’était déjà plus comme avant. Fini la gentille petite Livà insouciante, qui pouvait passer des heures à admirer le paysage de La Caldera. Pour le moment, elle en avait juste par-dessus la tête et il fallait qu’elle s’aère l’esprit, vite. Filant à toute vitesse dans les escaliers, elle s’empressa d’entrer dans son espace personnel. Il n’y avait qu’ici qu’elle se sentait réellement chez elle. Son père étant un homme d’affaire, sa famille vivait dans le luxe constant. Elle-même ne possédait pas simplement une chambre, mais un quartier pour elle seule. Refermant doucement la porte, elle inspira l’air chargé de fragrances diverses : olives, peinture, orchidées… Au centre de la pièce se tenait un canapé blanc, et juste en face une petite table ronde en marbre rose. Sur celle-ci était posé un vase rempli de ses fleurs favorites. Livà avança doucement, comme si elle avait peur de briser le silence paisible de l’endroit. Le mur en face d’elle n’en était pas un, mais une baie vitrée, comme dans quasiment toutes les autres pièces de la maison. D’ici, elle pouvait voir d’autres habitations blanchies par la chaux, ainsi que le soleil éclatant. Détachant son regard de cette beauté naturelle, elle ouvrit une seconde porte, celle qui la menait vers sa chambre. Cette pièce là était beaucoup moins lumineuse, certainement dû aux fenêtres qui étaient bien plus petites. C’était son cocon, son lieu à elle, où elle pouvait se ressourcer en toute tranquillité. La pièce était peu meublée, mis à part un lit à baldaquin et une commode. Malgré ça, la chambre n’était aucunement vide, au contraire. Un peu partout, il y avait toutes sortes de toiles, ainsi que des tubes de peinture, un chevalet et tout son matériel de dessin. Beaucoup de ses dessins étaient inachevés, par manque d’inspiration et par manque de volonté.

    Se sentant vidée, Livà s’affala peu délicatement sur son lit, sur le dos. Elle ne comprenait pas bien son accès de fureur. Certes, ses parents exagéraient, et Andalvè ne lui plaisait pas. Mais au fond… était-ce si grave ? Ne passait-elle pas pour une jeune fille capricieuse ? Elle avait tout pour être heureuse, elle vivait dans le confort le plus absolu, elle avait un physique avantageux… Que lui manquait-il ? De l’affection certainement. Elle aurait tant aimé troquer cette vie de princesse pour une marque d’attention à son égard. Sa mère voulait la rendre parfaite, la façonner de telle sorte qu’elle devienne une jeune femme équilibrée. Son père, lui, ne jurait que par son mariage futur. Ce n’était pas ce qu’elle appelait une vie bercée par l’amour et la tendresse… Ses pensées vagabondèrent un moment, s’éparpillèrent pour ensuite se fixer sur un détail. La lettre qu’Andalvè lui avait laissé. C’était une invitation à une soirée dansante au bord de la mer, pour la semaine suivante. Bien entendu, elle ne voulait pas y aller. Mais vu l’expression de son père, elle était prête à parier qu’elle serait obligée d’accepter. La jeune fille soupira, puis se tourna sur le côté. Elle ne savait pas quoi penser, elle n’était plus sûre de rien. Après quelques minutes de réflexion, ses paupières devinrent trop lourdes et elle s’assoupit.

    ____________


    Andalvè avança d’une démarche assurée, fixant les bateaux qui tanguaient doucement. Le port était un endroit bien étrange pour réfléchir. Il avait tant l’habitude de venir ici, juste pour s’imaginer le futur, proche ou lointain. Cette jeune femme, celle à qui il serait bientôt lié, la hantait jour et nuit. Il avait cependant la sensation qu’elle ne partageait pas les même sentiments à son égard et ça le perturbait grandement. Il la voulait, elle allait bientôt lui appartenir… Et plus jamais il ne la laisserait s’échapper, elle serait son épouse, sa moitié. Il avait pourtant tout essayé avec elle. La douceur, la tendresse, la séduction… Rien ne fonctionnait sur elle. Il pouvait presque la voir devant lui, avec sa peau laiteuse, ses cheveux d’or, ses yeux si bleus qu’on aurait pu croire qu’elle avait volé deux morceaux d’un ciel d’été pour colorer ses iris. Son parfum si particulier, la douceur de sa voix… Inconsciemment, il avait fermé les yeux, imaginant celle qui voulait avoir, pour l’éternité. Il venait d’entendre des pas, près de lui et s’empressa de rouvrir les yeux, découvrant deux prunelles d’un vert intense. Kostos se tenait à présent à côté de lui, visiblement plongé dans ses pensées. Andalvè passa une main dans sa chevelure châtain, avant de murmurer :

    - Bonjour, Mr Jones. Que me vaut le plaisir de vous voir ?

    Il avait toujours trouvé étrange que le nom de famille de cet homme soit à consonance américaine. Mais après avoir apprit que le père de Kostos était de cette origine, cela lui semblait presque naturel. Presque, parce qu’il vivait en Grèce, alors qu’il aurait très bien pu rester aux États-Unis. Mais il avait préféré retrouver ses origines maternelles en venant vivre ici, avec sa femme et son enfant. Kostos bougea imperceptiblement, de sorte qu’Andalvè cru pendant un moment qu’il ne l’avait pas entendu. Au bout de quelques secondes, il finit par répondre.

    - Vous devriez le savoir, depuis le temps. Sianà, encore et toujours. Son caractère devient vraiment dur à gérer.

    Andalvè fronça légèrement les sourcils. Il ne s’était donc pas trompé… Elle ne voulait pas de lui, ni maintenant, ni jamais. Une brusque colère l’envahit, mais il ne laissa rien paraître sur son visage impassible.


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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Dim 1 Mar - 17:57

    Elle serait à lui, coûte que coûte. Même si cela semblait impossible, il était prêt à relever ce défi. Plongeant son regard émeraude dans les iris sombres de Kostos, il répondit, toujours en murmurant :

    - J’aurais du m’en douter. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une question de temps.

    - Nous n’avons plus le temps, contredit le père de Livà, elle devient incontrôlable. Ce mariage doit se faire et au plus vite. Ainsi elle n’aura plus le choix.

    Andalvè plissa les yeux, soudainement intéressé par les propos de l’homme. Il commençait à bien le connaître, et il était quasiment certain que Kostos avait une idée derrière la tête. Quoi ? Il n’en savait rien, mais il sentait que la victoire était proche. Qui de mieux qu’un père pour connaître sa fille ? Il ne fit cependant aucun commentaire, attendant simplement la suite des événements. Mr Jones fouilla rapidement dans ses poches, avant d’en sortir un objet étranger à Andalvè. Ce dernier resta muet, comme s’il n’avait rien vu de spécial. Kostos rangea bien vite ce qu’il avait sorti, et s’exprima de nouveau.

    - Venez à mon bureau ce soir. J’ai quelque chose à vous montrer.

    Andalvè se contenta d’hocher la tête, avant de regarder le père de Livà s’éloigner. Il allait attendre le coucher du soleil avec beaucoup d’impatience…

    ________


    La température avait baissé considérablement depuis que la jeune fille s’était endormie. La lumière faiblissait de plus en plus, à mesure que le soleil partait rejoindre l’autre côté de la Terre. La chambre était à présent presque plongée dans la pénombre et Livà se réveilla dans un état d’égarement. Elle mit un certain temps avant de se souvenir de ce qui s’était passé, puis elle soupira. Elle porta l’une de ses mains à son front, sentant venir un mal de tête. Après quelques minutes, elle glissa de son lit et partit s’installer sur son propre canapé. D’où elle était, elle pouvait admirer les derniers rayons du soleil, la lumière rougeoyante qui transformait tout sur son passage. Si Carla l’avait vu comme ça, elle aurait encore piqué une crise. Elle avait beau faire attention de se comporter normalement, elle était toujours la même. Celle qui pouvait rester des heures durant devant une image, devant une fissure dans un mur, devant un vol d’oiseau… Pendant qu’elle restait figée devant la baie vitrée, ses pensées s’entremêlaient, s’entrechoquèrent. En étant dans cette pièce, elle aurait pu facilement croire que la maison était vide. Mais elle savait bien que non. Leur lieu de vie était bien trop spacieux pour trois personnes. Sa mère n’était presque jamais là, elle vadrouillait à droite et à gauche, enchaînant cours de stretching et cours de poterie. Son père était parfois en déplacement, mais il passait le plus clair de son temps enfermé dans son bureau. Et elle… que faisait-elle ? Rien, à part s’énerver après son père, ou s’endormir lorsqu’elle était trop fatiguée. Ses études lui manquaient presque à ce moment précis. Elle n’avait même plus envie de dessiner et pourtant ça lui aurait été utile. Elle était tellement absorbée par ses pensées qu’elle se rendit finalement compte que le soleil avait totalement disparu. Et qu’elle n’était pas seule. Son regard s’étant habitué à l’obscurité, Livà n’eut pas trop de mal à voir qui était l’intrus. Elle ne déplia pas ses jambes, ne bougea pas d’un pouce. Elle se contenta de dire, d’une voix froide :

    - Bonsoir.

    Elle n’était pas prête à lui adresser plus de trois mots en une seule fois. Si c’était la solution pour qu’il comprenne enfin, elle en était capable. Elle sentait bien que son père avançait vers elle, mais elle fit comme si de rien n’était. Elle se contenta de resserrer ses bras autour de ses jambes. Avec un peu de chance, il finirait par s’en aller. Mais il était entêté, visiblement…

    - Sianà… il voudrait te voir.

    Il ne lui en fallut pas plus pour retrouver l’état de colère dans laquelle elle se trouvait un peu plus tôt dans la journée. De la même voix froide, elle lui ordonna :

    - Sors d’ici.

    Elle faisait des économies de paroles ce soir. Comme ça, elle ne risquait pas d’en dire plus qu’elle ne voudrait. Elle entendit vaguement que son père soupirait, avant que celui-ci retourne d’où il était venu. Elle savait qu’il ne la lâcherait pas aussi facilement.


    _________


    Kostos descendit rapidement les marches de l’escalier et trouva Andalvè en bas de ceux-ci. D’un geste de la main, il lui désigna son bureau, l’invitant à y entrer. Il était frustré, agacé et pire que tout, pressé. Sa fille ne voulait pas coopérer, ce n’était qu’une question de temps. Mais il n’avait plus le temps d’attendre ! Il faisait de son possible pour ne pas montrer cette facette de sa personnalité, mais lorsque Sianà lui parlait de cette manière… c’était d’autant plus dur. Le visage fermé et les poings serrés, il devait dégager quelque chose de peu accueillant, à en voir l’expression d’Andalvè. Kostos se pinça l’arête du nez, avant de passer à son bureau. Prenant son temps pour s’installer, il ignorait monumentalement l’homme qui était avec lui dans la même pièce. En vérité, il mettait surtout de l’ordre dans ses pensées. Par où commencer ? Ils ne pouvaient décemment pas abandonner maintenant. Cette union allait se faire, et peu importe le temps que ça mettrait. Il ne fallait pas non plus qu’Andalvè pense qu’il était en train de douter de lui-même… Il se reprit donc, affichant une mine neutre. D’un second geste de la main, il invita l’homme à s’asseoir en face de lui. Quand il fut certain que celui-ci était apte à l’écouter, il dit :

    - Sianà n’a pas l’air de vouloir se montrer d’une grande aide. J’ai pensé demander de l’aide à sa mère, elle l’écoutera peut-être. Mais mieux que ça… je pense qu’il faut attendre. Je la connais bien et je sais qu’elle va finir par culpabiliser. Elle a beau avoir un fichu caractère, elle n’est pas méchante. Je suis sûr qu’elle va accepter votre invitation. Et nous pourrons commencer.

    Il marqua une pause, laissant les mots s’insinuer dans la pièce étroite, laissant l’impact se produire dans l’esprit d’Andalvè. Croisant ses deux mains, il conclut :

    - Ne vous faites donc aucun souci. Nous allons la laisser réfléchir, et ça marchera croyez moi.

    D’un signe de tête, il lui signifia que l’entretien prenait fin. Depuis toutes ces années, ils avaient fini par adopter un langage muet, qui pouvait leur être d’une grande utilité lorsque Livà était dans les parages. Mais même sans sa présence, c’était devenu une habitude. Andalvè se leva, alors que Kostos ne bougeait pas, réfléchissant sans doute sans s’en rendre véritablement compte. Alors qu’il allait ouvrir la porte et s’évanouir dans l’obscurité du dehors, Kostos se leva à son tour et arrêta son futur gendre. Lui prenant la main, il lui confia le même objet qu’il avait sorti cet après-midi, à la lumière du jour. Andalvè eut un regard soupçonneux, se demandant très certainement ce dont il s’agissait. Rapidement, le père de la jeune fille lui murmura quelque chose à l’oreille, avant d’ajouter :

    - Cela pourra vous être utile le moment venu.

    _____________


[Désolé pour ce double-post, j'ai dépassé la limite autorisée ^^]

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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Dim 1 Mar - 18:14

J'aime beaucoup ton texte!! Tu écris très bien dit donc! J'aime aussi beaucoup ou se situe ton histoire, il donne presque envie de voyager... Parce que j'aime beaucoup les paysages de soleil, la chaleur du sud... Bref on et pas la pour parler de moi!

J'adhère aussi parce que tu nous laisse dans un flou otal concernant cette union que ton personnage ne veut pas, quel est donc l'objet que Kostos donne a Andalvè? Et pourquoi vouloir marier sa fille aussi vite? Laisser le lecteur dans l'ignorance le force évidement à commettre l'inévitable tentation qui est de lire, lire et encore lire pour savoir le dénoument de cet histoire... Ce qui fait que le lendemain on se réveille avec une tête de choux et les yeux gonfler... ^^ xD

Mettras tu la suite en ligne? Parce que je veut la lire! Sa me donne envie maintenant! Hereusement que c'est pas un bouquin parce que demain je me leverai avec une de c'est tête!...

Alors bravo et continue ! =)
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Dim 1 Mar - 18:27

.Ma femme d'affaiiiiiiiiiiiiire ! (.Façon de parler xD) A ce que je vois, tu est parvenue à poster quand même !
.Effectivement, tu ne m'avais pas mentie, tu aime les prénoms bizarres ... ^^ Mais Marie.Galante c'est comme même plus "normal" que Andlavè ou Kostos ! xD Mais c'est chouette, ça au moins. -_-' xD (.Andlavè ou Kostos, s'entend ^^)

.Bon, bon ... Pour tout te dire, je suis toujours aussi submergé par la splendeur de ton écriture ! (.Bhen oui, je 'ne perd pas le Nord comme même ^^) C'est subliiiime !

. Mais j'ai honte: Je dois t'avouer que je n'ai fait que survoler, alors je vais le relire plus attentivement dès que mon emploi du temps d'y prêtera. (.Femme d'affaire, hmm ? xD) En tout cas, tu as toutes les qualités pour devenir écrvaine ! (.Et moi compositrice ? )
.Sérieusement, je te trouve extraordinaire. Les répliques phares, les émotions des personnages que tu parviens à nous insufler ... J'adore. Le mystère qui englobe l'hisoire, les personnages ...

.A quand la suite ? (.Je vois large, je sais, mais après tout, je suis promue à un grand avenir, soyons ambitieux, donc. :ptdr: )
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Kathleen Taylor
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mar 3 Mar - 19:05

Roh,Elyana.Je suis soufflée.

.Tu viens de nous prouver une fois de plus l'immense étendue de ton talent,les émotions sont parfaitement ressenties,les répliques géniales,les personnages profonds:d'ailleurs,je m'identifie un peu à Livà,quej'adore déjà.Bon,je suis loin d'être aussi bien qu'elle mais bon...Elle est intelligente,elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et elle ose se rebeller.Enfin,pas sûr que ça marche^^

.J'adore l'endroit où ça se passe,un peu mystérieux mais dans une blle maison blanche,où le soleil règne et où les plus belles fleurs et plantes poussent.Cela fait voyager,s'évader.Moi,je dis bravo.

.Le mystère,c'est super bien fait aussi,j'ai vraiment envie de lire la suite(même si j'ai une petite idée sur la question)Quel est l'objet que Kostos donne à Andalvè,à quoi cela va t-il sevir?Pourquoi veut-il marier sa fille?Pourqui Livà(ou Sianà)n'aime pas trop sa mère?J'ai vraiment hâte.

Une chose:Bravo,Elyana,ce que tu écris est merveilleux.

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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 10:21

Et bien ne t'inquiète pas Elyana, je peux t'assurer que tu écris remarquablement bien !

L'histoire est simple certes mais c'est ce qui fait justement son charme. Tu décris assez bien la psychologie des personnages et l'acharnement de chacun.
Mais c'est aussi original car le lieu, la Grece, c'est la première fois que je lis ca dans une fic ^^

Et puis honnêtement, je n'ai vu quasiment aucune faute...

Voilà, bonne continuation !
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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 15:13

Réponse aux commentaires :

Songô : Merci pour tous ces compliments, ça me touche véritablement ^^ Je suis ravie de constater que le mystère que j’ai installé n’est pas trop lourd, ni trop encombrant. C’était un peu mon appréhension, en fait ^^ Pour l’objet, je n’ai pas prévu de dire exactement ce que ça sera, pour le moment. Vers le chapitre quatre ou cinq, vous devriez avoir plus d’informations ^^ Pareil pour e mariage, tout sera révélé petit à petit, en espérant que je vais réussir à être suffisamment claire.

Encore merci pour ton commentaire, j’espère sincèrement que ce chapitre te plaira tout autant. Bisous !

Gaby : ma femme d’affaiiiiire xD Je t’avais dit que les prénoms seraient étranges ^^ C’est sûr que Marie-Galante est beaucoup plus… normal si je puis dire. On change pas ses vieilles habitudes, à ce que je vois , tu as l’air d’oublier mes chevilles xD En ce qui concerne le métier d’écrivaine, ne t’enflamme pas trop hein ^^ Il faut quand même pas exagérer <__<

Bref, tout ça pour dire que je te remercie pour ce message et j’espère que ce nouveau chapitre te conviendra ^^ Gros bisous !

Kathleen : Kathouuuuu dans mes bras ! Ton message est adorable, je suis contente que le lieu où se passe ma fiction te plaise à toi aussi ^^ Je te répondrais un peu la même chose qu’à Songô, pour l’objet et le mariage, tout sera révélé en temps voulu. Je vais quand même faire en sorte de bien doser le mystère, histoire que vous ne vous lassiez pas à force ^^

Encore merci pour tout ce que tu m’as dit . Bisous ^^

Naoko : Wow, très sincèrement, je pense que c’est ton commentaire qui m’a le plus surprise mais qui me donne aussi envie de continuer à écrire ^^ (c’est pas que je m’en fiche des autres, non non au contraire !) mais avoir un avis d’une aussi bonne rôliste que toi, et qui écris une fiction tout aussi géniale, c’est vraiment un honneur pour tout te dire.

Je suis ravie que le lieu te plaise aussi, et te remercie pour ces compliments. En espérant que ce chapitre nous vous déçoive pas toutes xD

Bisous !

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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 15:14



    « Nous sommes le 24 juillet, je m’appelle Livà Elwein Sianà Jones. Et aujourd’hui, je viens d’apprendre quelque chose : je suis une adolescente pourrie gâtée. Je suis tellement égoïste et peu soucieuse des autres que je ne vois pas la peine de mes parents. Et j’ai pris une décision : je vais changer. »

    Elle enchaînait nuit blanche sur nuit blanche. Tantôt elle s’inquiétait pour son futur, tantôt elle culpabilisait vis-à-vis de ses parents. Ce matin-là, elle n’avait pas eu le courage de sortir de son lit, elle restait immobile, à fixer le mur. Que faire ? que dire ? que penser ? N’importe quelle personne aurait pensé qu’elle était déséquilibrée mentalement. Et si c’était vrai ? Livà tentait d’être réaliste. Elle vivait dans une maison immense, avec un quartier pour elle toute seule. Alors que pendant ce temps-là, des milliers d’enfants dans le monde mourrait de faim chaque jours. Elle avait un père, une mère et un précepteur. Alors qu’il existait tant d’orphelins sur Terre… Elle vivait dans un pays magnifique, toujours baigné de soleil. Alors que certaines personnes vivaient au Sri Lanka ou en Sibérie. Et malgré tout, elle se plaignait. Elle n’était qu’une égoïste, rien de plus. Beaucoup de monde pouvaient l’envier et tout ce qu’elle faisait, c’était se lamenter sur son sort. Elle n’avait pas le droit de faire ça, c’était ignoble… Bizarrement, toute sa colère, son agacement et sa frustration n’étaient qu’un souvenir, balayé par sa détermination. Même ses arguments ne tenaient plus la route à ses yeux. Avant, elle aurait dit qu’Andalvè était une personne intéressée et malsaine. Mais à cet instant, elle était aveuglée par cette révélation sur elle-même. Elle n’était pas digne de posséder tout ça, elle n’était digne de rien du tout.

    Comme dirigée par autre chose que sa conscience, Livà bondit hors de son lit et s’empressa de fouiller dans les tiroirs de sa commode et dans son dressing. Elle allait accepter. Peut-être que comme ça, elle se sentirait mieux, peut-être qu’ainsi elle arriverait à se sentir moins privilégiée. Elle fit défiler plusieurs de ses habits sous ses yeux, sans qu’elle n’y prête vraiment attention. Elle était plus plongée dans ses pensées, dans ce qui s’était passé ces derniers jours. Après avoir reçu cette invitation, son père n’avait pas insisté davantage. Le peu de fois où elle l’avait croisé, il paraissait terne et déçu. A cause d’elle, c’était certain à présent. Sa mère n’avait rien compris à la tension entre eux deux, elle s’était contentée de faire comme d’habitude : jouer la femme fantôme. Elle aurait pu aisément se marier avec Casper… Livà sortit une robe noire, classique et des escarpins assortis. Une soirée dansante au bord de la mer… Retournant à sa commode, elle sortit sa boîte à bijoux et dénicha le fameux collier en perle que sa mère lui avait offert. Elle déposa le tout sur son lit, la tête dans les nuages. Son père avait un comportement étrange, à y réfléchir de plus près. Il était plus têtu que cela en temps normal. Avait-il décidé de changer lui aussi ? A ce moment, la jeune fille sentit une main sur son épaule et sursauta.

    - Nena ce n’est que moi voyons. Tu t’es enfin décidé à accepter l’invitation de ce pauvre Andalvè ?

    Livà ne put laisser échapper un rire. Sa mère lui ressemblait un peu, quand on y prêtait attention. Rien que physiquement, Carla ne ressemblait en rien à une femme Grecque. Sa peau trop blanche, trop sensible au soleil… Ses yeux bleus pâles, ses cheveux clairs… Oui, on pouvait facilement voir que Livà était sa fille. Et même sans s’arrêter à son apparence, elle avait parfois le même comportement. Elle était un peu fofolle, toujours en quête de nouvelles expériences. Là, à en juger par ses paroles, elle venait de commencer les cours d’espagnol. Elle était vraiment étrange…

    - Ne te fais pas d’illusions. Ce n’est qu’une soirée dansante, rien de plus. Je vais juste prendre un peu de bon temps.

    Mais elle savait à l’expression de sa mère que celle-ci ne la croyait pas du tout. Et au fond, elle devait avoir raison. En fait, elle n’en savait rien… Le futur lui paraissait si loin et pourtant si proche qu’elle avait tendance à s’y perdre. D’ailleurs, Carla secoua la tête, visiblement amusée par tout cela. Elle tapota la tête de sa fille affectueusement, et conclut :

    - Bonne chance pour cette fête, Elwein.

    Livà soupira, commençant à en avoir ras-le-bol que ses parents l’appellent tous les deux différemment. A sa naissance, ils s’étaient entêté à lui donner trois prénoms, tous plus bizarres les uns que les autres d’ailleurs, et depuis qu’elle était petite, ils n’avaient jamais été d’accord. Son père l’appelait donc Sianà et sa mère l’appelait Elwein. Lorsqu’elle était fâchée après elle, Carla l’appelait « Mlle Jones » ce qui avait eu le don de la perturber étant petite. Une gamine haute comme trois pommes et qui n’entendait jamais le même prénom, c’était plutôt déstabilisant… Pourtant, la logique des choses auraient voulu qu’elle se prénomme Livà, puisque c’était le premier de la liste. Mais non. Et elle n’appréciait pas qu’on l’appelle autrement.

    _________


    - Entrez !

    Dans le bureau de Mr Jones, l’ambiance était morne, toujours triste. La décoration n’était pas son fort et il n’avait jamais songé à repeindre cette pièce. Elle avait du charme pourtant, mais il n’avait jamais le temps de se consacrer à des détails aussi futiles. Laissant son regard sombre gambader, il ne s’aperçut pas tout de suite que la porte s’était ouverte. Dans l’encadrement de celle-ci se tenait Carla, qui paraissait encore plus fragile que d’ordinaire. Kostos leva un sourcil interrogateur, attendant de voir si son épouse allait poursuivre dans ce qu’elle était venue faire ici. Sa femme se tordit les poignets nerveusement, avant de parler :

    - Kostos, notre fille n’a pas l’air enthousiaste par tout ça, tu sais…

    La mâchoire dudit Kostos se crispa. Il détestait lorsque Carla se mêlait de cette histoire. Elle était pourtant d’accord à l’époque non ? Ce mariage, elle avait voulu qui se réalise, ou pas ? Ce n’était donc pas le moment de flancher, sous prétexte que leur fille avait un penchant pour les caprices. Mais bien entendu, Carla n’était pas au courant de tout. Et c’était tant mieux. A tout les coups, elle lui aurait mis des bâtons dans les roues. Inspirant de l’air par le nez, il recouvra peu à peu son calme.

    - Depuis quand te préoccupes-tu des envies de Sianà ? Tu as toujours dit que tu aurais préféré avoir une enfant moins difficile.

    Carla se rembrunit légèrement. Elle n’aimait pas qu’on lui rappelle ses erreurs, et Kostos le savait. C’était elle qui avait insisté pour que leur fille prenne des cours de piano, pas lui. C’était aussi elle qui avait insisté pour qu’elle reçoive une éducation digne de ce nom. Aurait-elle brutalement dévié de trajectoire ? Ce n’était pas bon pour ses plans, pas bon du tout…

    - Je me demande si on ne fait pas une erreur. Elle paraissait désemparée quand je suis allée la voir.

    Kostos ne répondit rien à cela et se contenta de lui montrer la porte, pour qu’elle le laisse tranquille. Une fois son épouse sortie, il composa un numéro de téléphone, le visage toujours aussi sévère. Il attendit pendant quatre longues tonalités, avant d’entendre une voix grave à l’autre bout du fil.

    - Oui, bonjour, Mr Jones à l’appareil.

    L’homme répondit quelque chose, et Kostos hocha la tête. Son interlocuteur semblait se rappeler de lui, et c’était assez rassurant. Ainsi il n’aurait pas à lui raconter plus en détail. L’homme arrêta son flot de paroles et Kostos put en placer une :

    - Je pense que j’aurais besoin de vos services. Ce n’est pas encore certain mais ça me semble urgent. Restez à proximité, je vous rappellerais.

    Son interlocuteur répondit de nouveau et la conversation prit fin. Kostos nota quelque chose sur son carnet et reposa brutalement le combiné. Gagner sa confiance ou l’éliminer à la vue et à la connaissance de tous…

    ________


    - J’arrive !

    Livà descendit les escaliers comme une flèche. Son amie devait venir la chercher cet après-midi et elle aurait parié n’importe quoi que c’était elle. Sa mère était dans la salle à manger et remettait la nappe en place sur la table. Elle ne vit même pas sa fille courir comme une folle vers la porte d’entrée. Livà s’était habillée de manière simple et légèrement excentrique, avec une salopette, un tee-shirt pour la protéger des coups de soleil ravageurs et un bandana pour retenir ses cheveux. Se jetant à moitié sur la porte, elle accueillit à bras ouverts son amie.

    - Agathe !!

    Celle-ci se jeta dans les bras de Livà, comme si elles ne s’étaient pas revues depuis des années. Alors qu’en fait, elles se voyaient tout les jours. Mais à chaque fois, c’était des effusions de joie et des étreintes à n’en plus finir. Agathe était un peu plus grande en taille que Livà, mais son visage faisait plus enfantin. Ses yeux chocolats étaient assortis à sa chevelure bouclée et brune et à elle toute seule, elle arrivait à s’attirer les regards de n’importe qui. Même quand Livà était avec elle, les garçons ne pouvaient pas résister aux grands yeux de biche d’Agathe. La jeune fille blonde paraissait bien fade à côté d’elle, malgré ses magnifiques yeux bleus et sa peau semblable à de la porcelaine.

    - Alors ? Tu es prête ? Tu n’as pas oublié notre sortie j’espère ? demanda la jeune fille brune.

    - Pas du tout ! Je n’attendais que ça ! fit-elle en riant.

    Lorsqu’elles étaient ensemble, elles redevenaient comme lorsqu’elles était gamines. Elles trépignaient d’impatience, chahutaient, se taquinaient… Elles s’adoraient, tout simplement. On aurait pu croire qu’elles étaient sœurs, si on mettait à part leurs physiques opposés. Agathe prit la main de son amie dans la sienne et l’attira à l’extérieur. Elles avaient prévu d’aller se balader près du port, il y avait toujours plein de mouettes là-bas. Et comme toujours, Livà savait que la brune se ferait siffler par les marins, ou encore qu’un d’eux lui donnerait son numéro ou l’inviterait à dîner. C’était toujours difficile d’être tranquilles lorsqu’elle était en présence d’Agathe. Mais elle l’adorait.

    ________


    Mr Jones l’avait appelé tôt dans la matinée et depuis quelques heures, son interlocuteur réfléchissait. Sa voix avait dégagé une certaine tension, un énervement sous-jacent. Il avait dit qu’il avait besoin de ses services… Quelle problème méritait une urgence pareille ? La dernière fois que Kostos avait fait appel à lui c’était… il y a vingt ans. Il y avait eu tellement de problèmes à cette époque qu’ils avaient été obligés de prendre les mesures nécessaires. Il ne lui avait pas précisé sur quoi porterait cette affaire, mais ça semblait lui tenir vraiment à cœur. Il devait vraiment être dans une situation problématique… Il le connaissait bien, depuis toutes ces années et il savait que Kostos avait une très grande maîtrise de lui-même. Ce n’était pas dans ses habitudes de perdre son sang froid comme il l’avait fait. C’est ce qui le poussait à croire qu’il y avait anguille sous roche. Et il avait l’étrange sensation qu’il ne se trompait pas.

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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 15:15

    - Comment tu me trouves ? Ça ne me boudine pas trop…? Tu m’écoutes Livà ?

    Apparemment non, puisqu’elle ne voyait pas du tout de quoi elle parlait. Agathe avait visiblement besoin de son avis, mais elle en était bien incapable. Ça faisait bientôt deux heures qu’elles vadrouillaient à droite et à gauche, en quête d’une robe pour son amie. Parce que, bien évidemment, un beau jeune homme l’avait invitée à cette fameuse soirée dansante. A croire que toute la Grèce allait se retrouver au point de rendez-vous, ce soir, au bord de la mer. Ça en devenait lassant, exaspérant même. Non mais c’est vrai, elle qui croyait pouvoir passer une petite soirée tranquille, à l’écart de tous le monde, elle allait devoir modifier ses plans pour accompagner sa sulfureuse amie et faire bonne figure. Et lorsqu’on était en compagnie d’Agathe, vous pouviez être certain de passer une soirée mouvementée. Le repos n’existait pas dans sa vie, il n’existait d’ailleurs même pas dans son vocabulaire… Livà replia ses jambes contre sa poitrine, et posa son menton sur ses genoux. Elle ne voulait pas faire bonne figure, c’était déjà assez décourageant d’y aller en compagnie d’Andalvè, ce n’était pas pour en rajouter une couche.

    - Pff Livà, tu es désespérante, tu le sais ça ?

    Oui, elle le savait pour l’avoir entendu un bon millier de fois dans la bouche de la brunette. Cette dernière avait beau être sa meilleure amie, elle avait beau être la personne la plus intelligente et la plus drôle qu’elle ait jamais rencontré, il n’empêche qu’elle avait parfois envie d’être seule, vraiment toute seule. Et non pas sifflée de partout juste parce que Livà Jones avait le malheur de se promener avec Agathe Petridis. Elles ne pouvaient pas être seules. Jamais. Sauf lorsqu’elles étaient enfermées quelque part, dans leurs maisons ou dans une boutique. Et encore, dans ce dernier cas, il arrivait que des garçons les regardent avec insistance. Et Livà ne savait jamais où se mettre. Les deux adolescentes étaient aussi opposées que le jour et la nuit, que la lune et le soleil. Agathe aimait s’attirer les regards de tous le monde, elle aimait être sous le feu des projecteurs. Livà aimait la solitude, le silence et était discrète. Elle était du genre à devenir plus rouge qu’une pivoine lorsqu’on lui adressait un compliment. La première aimait prendre soin d’elle, la seconde ne regardait même pas quels vêtements elle prenait le matin. Agathe, la brune au physique de déesse, était le soleil, qui dardait ses rayons sur n’importe quel spécimen mâle. Livà, la blonde aux grands yeux bleus, et à la peau fragile, était la lune. Comme elle, la jeune fille était bienveillante, douce et rêveuse. Et en aucun cas elle voulait qu’on la remarque.

    Parfois, elle se demandait comment Agathe faisait pour être aussi insouciante, aussi volage. Elle pouvait passer d’un garçon à un autre, sans même avoir le cœur brisé. Non, d’ailleurs c’était le plus souvent elle qui détruisait les pauvres cœurs des garçons naïfs qui s’étaient laissé prendre au piège. Elle s’amusait un temps, sortait deux trois fois avec un, puis le laissait tomber en prétextant un rhume (comment pouvait-on gober un mensonge pareil ? On ne pouvait pas tomber malade avec le climat de Grèce… si ?) et c’était comme ça tout le temps. Agathe avait la réputation d’être une vraie dragueuse, et c’était totalement vrai. Elle attirait, piégeait et larguait. C’était pas plus simple que ça. Mais au fond, elle ne connaissait jamais le véritable bonheur, l’amour parfait. Voilà pourquoi Livà ne partageait pas la passion de son amie pour les flirts. Ça faisait beaucoup rire Agathe, qui trouvait la jeune fille blonde bien trop romantique et fleur bleue. Mais Livà, elle, n’attendait que ça : le grand amour. La vie était belle, mais elle était persuadée qu’elle l’était encore plus lorsqu’on avait trouvé sa moitié, son âme sœur. Et c’était la grande différence qui séparaient les deux jeunes filles.

    - Bon, tu te décides à me donner ton avis ou je me débrouille toute seule ?

    Agathe continuait de pester après elle, mais Livà s’en fichait comme de sa première chaussette. Levant son regard bleu ciel vers son amie, elle la contempla un instant. Elle avait choisi une robe blanche, qui rehaussait son teint hâlé. Elle lui descendait au niveau des mollets et soulignait avec finesse les courbes de son corps mince et svelte. La tenue ne comportait pas de bretelles et avait donc un bustier, qui épousait à merveille la poitrine d’Agathe, la mettant en valeur sans en faire trop. Cette robe avait été conçue pour elle, le hasard avait décidément bien fait les choses. Livà souffla, éberluée :

    - Tu es ravissante. On dirait qu’elle a été faite pour toi.

    Cela sembla convenir à la jeune fille brune, qui retourna s’observer dans le miroir, sous toutes les coutures. Livà détourna les yeux, pour s’adonner à son passe-temps favori. Sa tête était appuyée contre la vitrine de la boutique et son regard suivait les mouvements du dehors. Sortant d’une boutique de vêtements, une femme plutôt âgée se hâta de rejoindre une adorable petite fille rousse, qui tenait une glace dans sa main. Sûrement sa petite fille. Elles paraissaient heureuses de vivre, ça se voyait sur leurs visages. La vieille dame sortit quelque chose de son sac et le montra à la rouquine, qui la serra fort dans ses bras, visiblement touchée par le cadeau. Livà soupira. C’était ça, une vraie famille. Le bonheur, la tendresse, l’amour… Tant de choses qu’elle ne connaissait pas mais qu’elle aurait adoré avoir, juste l’espace d’une journée. Elle s’attarda sur un écriteau, dans un restaurant un peu plus loin. Et là, une personne en sortit, justement celle qu’elle ne voulait pas voir. Livà bondit de sa chaise et fila dans une cabine d’essayage. Elle souffla à Agathe, l’air apeurée :

    - Surtout, fais comme si je n’étais pas là !

    La jeune fille aux boucles brunes haussa un sourcil, avant de demander :

    - Tu as enfin décidé à t’acheter quelque chose ?

    - Non, non pas du tout ! Il y a Andalvè qui va arriver d’une minute à l’autre, ne lui dis surtout pas que je suis là, d’accord ?

    Agathe soupira, mais hocha la tête, se demandant certainement ce qui lui faisait si peur chez cet homme à l’apparence charmante. Et si elle le lui avait demandé, Livà aurait dit qu’elle n’avait pas peur mais qu’elle n’avait juste pas envie de le voir maintenant. La jeune fille blonde inspira un peu d’air et fit de son possible pour calmer son cœur qui battait la chamade. Elle priait intérieurement pour qu’il ne l’ai pas vu, de là où il était. Elle entendit la clochette de la porte d’entrée tinter joyeusement, et la voix si reconnaissable d’Andalvè retentir :

    - Bonjour Agathe ! Tu n’es pas avec Livà ?

    Ladite Livà compta jusqu’à trois dans sa tête, le temps qu’il fallait pour que son amie use de ses talents de séductrice. La voix cristalline d’Agathe répondit, d’un air léger :

    - Oh, vous savez, nous ne sommes pas toujours ensemble. Et vous, que venez-vous faire ici ? Vous la cherchiez peut-être ?

    Livà pouvait presque l’imaginer battre des cils, comme elle savait si bien le faire. Son regard sombre ourlé de cils faisait tomber tous les garçons sur son passage. Mais elle aurait parié n’importe quoi que ça ne marcherait pas sur cette glue d’Andalvè. Elle n’avait jamais vu quelqu’un comme lui, il la suivait comme un toutou… N’avait-il rien de mieux à faire, comme aller se noyer dans la baie de la Caldera, par exemple ? Non, ça c’était méchant. Mais quand on savait qui il était en réalité, ce n’était pas joli-joli.

    Commençons par le commencement. Il y a environ un an, Kostos avait révélé à son unique fille qu’elle était promise à un homme. Celui-ci s’appelait Andalvè, jusque là, rien de bien nouveau. Livà avait piqué une crise, avant de se sentir coupable et d’accepter de le rencontrer. La première fois, il avait été très poli, très gentleman. Puis, plus les rendez-vous s’enchaînaient, plus il montrait d’autres facettes de sa personnalité. Il se permettait de nouvelles choses, comme la prendre par la main, sans qu’elle ne lui ait donné préalablement son accord. Il avait tenté à plusieurs reprises de l’embrasser, et pas toujours d’une manière tendre. Cela avait éveillé la méfiance déjà naturelle de Livà et celle-ci ne faisait pas confiance à son soi-disant futur époux. Et le voir venir jusqu’ici ne lui disait rien de bon. Il la cherchait, c’était sûr et certain.

    - Oui, je voulais la voir. Son père m’a dit qu’elle était sortie. Visiblement, il va falloir que je partes à sa recherche.

    - Vous ne voulez pas plutôt attendre, elle va peut-être venir ici, qu’en pensez vous ?

    Non, non ! Comment osait-elle lui proposer un truc pareil ? Avec sa malchance habituelle, il allait accepter, comme un gentil garçon. Quel ne fut pas son soulagement lorsqu’il ajouta, d’une voix posée :

    - Non, je vais sûrement rentrer chez moi. Si vous la voyez, dites-lui que je viens bien la chercher chez elle, à vingt heures précises.

    Agathe ne répondit rien, visiblement sous le choc. Elle n’avait pas l’habitude de se voir refuser une invitation ou une simple discussion en tête-à-tête. Andalvè n’avait parlé que de son amie et avait fini par s’en aller. Livà aurait peut-être du s’en réjouir, mais ça ne faisait qu’empirer son énervement. Écartant le rideau qui fermait la cabine d’essayage, elle sortit et dit sur un ton boudeur :

    - Rappelles moi de t’étrangler la prochaine fois.


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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 15:52

Hellow ^^

J'ai également beaucoup aimé ce chapitre. Tu as un style agréable, on en mangerait comme des petits pains XD

Quand même, ce Kostos... Il a l'air bizarre... Remarque tout les hommes là dedans, ils ont l'air louches X3... !

Et bien je dois te dire que c'est un plaisir ^^ et que tes compliments me vont également droit au coeur.

J'te fais pleins de gros bisous !!
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Mer 4 Mar - 20:50

Adorable?mais tu le mérites,chère Elyana.Alors,mon avis sur le chapitre...
Tout simplement génial!J'ai l'intuition que chaque chapitre sera mieux que le précédent et ça me ravit.Ton style est génial,mais je remarque,enfin pour moi,que ce n'est pas exactement le même style que dans le RP.Comme dit Naoko,ton style,on ne s'en lasse jamais,c'est fluide,agréable,pas trop difficile à lire.C'est sublime.

Je n'aime pas du tout cet Andalvè,pourquoi il ose toucher à Livà,cette fille si douce,si gentille?Je pense que ça cache quelque chose cet intéressement pour Sianà(ou Elwein,comme tuveux,les prénoms sont vraiment étranges).Et Kostos,qu'a-t-il?Pourquoi ce coup de fil?D'ailleurs le téléphone,ça m'a vraiment étonné,je m'imaginais un peu dans un endroit ancien et le coup du téléphone,ça m'a fait quelque chose^^Et j'adore Agathe,elle et super marrante,c'est un personnage très agréable,je l'aime beaucoup et j'espère qu'on voira bientôt Agathe.Encore Agathe,encore Agathe!Mais je préfère tout de même Livà,j'adore son caractère.

J'attends avec impatience le prochain chapitre,j'ai déjà
hâte!A bientôt pour le chapitre suivant...

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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Sam 7 Mar - 16:50

Elyanaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!! J’adoooooooooore!!!

Oh, c’est vraiment bien écrit! Vraiment vraiment vraiment!!!

Hmmmm, Kostos, la Grèce… Ca me rappelle 4 filles est un jean! XD

J’espère que tu comptes poster la suite? J’aime la psychologie des personnages, le fait que chacun ait sa propre personnalité… (Et puis en plus, tu ne fais presque pas de fautes d’orthographe!!!)
Je suis intriguée… Un père peut forcer sa fille à se marier contre son gré?! O_O’’ L’angoisse!!!

Je te souhaite une très bonne continuation Elyana et beaucoup de courage! Je serai frustrée de ne pas avoir la fin maintenant que je suis rentrée dans l’histoire!
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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Sam 23 Mai - 21:37

Me voici me voilà, après... plus de 2 mois sans réponse. Désolée xD J'espère sincèrement que vous prendrez autant de plaisir à lire ce qui va suivre.

Réponses aux commentaires :

Naoko : à part merci, je ne sais trop quoi te dire ^^" Kostos est bizarre oui... c'est un peu l'effet recherché xD J'espère que tu vas continuer d'apprécier ce que j'écris, avec ce chapitre plus sombre. Bisouus !!

Kathleen : ah, je n'ai peut-être pas été suffisamment claire... pourtant l'histoire se passe à notre époque ^^ Donc le téléphone est d'usage, oui. le style diffère de mes RP, c'est vrai, je m'en rend moi-même compte. Mais je pense que c'est normal, on ne peut pas écrire de la même façon pour ces deux choses là. Et contente qu'Agathe te plaise ^^ Bisous Kath' !

Alexia : oh, c'est tellement dommage que tu ai supprimé ton compte.. Je répond tout de même à ton message. Oui, tu as tout juste, le prénom de Kostos vient bien de Quatre filles et un jean :p La suite je la poste oui, malgré un silence radio XD Quant au mariage forcé... et bien son père le peut oui. Mais je n'en dis pas plus ^^ Encore merci pour tout tes compliments


Merci beaucoup à vous toutes ! Place au chapitre 3 ^^

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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Sam 23 Mai - 21:38



    « Nous sommes le 24 juillet, il est vingt-deux heures trente. Je m’appelle Livà Elwein Sianà Jones et je suis en train de me poser une question : pourquoi ai-je toujours l’impression d’être différente des autres ? Lorsque je vois tout ce beau petit monde s’amuser, ça me déprime. Suis-je normale ? »

    Livà était installée au bar et écrivait dans son journal intime. C’était la seule occupation qu’elle s’était trouvée dans cette soirée. Certes, ça devait paraître bizarre qu’une aussi jolie jeune fille comme elle puisse rester assise sur une chaise inconfortable, alors que la fête battait son plein. Il y avait peut-être une raison à son isolement… Tout d’abord, la soirée avait très mal débuté, à commencer par l’arrivée d’Andalvè chez elle. Il avait été exaspérant, à faire comme s’il était l’homme parfait, avec son sourire parfait et ses manières parfaites. Il avait raconté des blagues en grec et elle avait fait comme si elle ne comprenait pas. Après tout, elle parlait tout le temps en anglais, comment pouvait-il savoir qu’elle comprenait parfaitement ce qu’ils se disaient ? Il l’avait complimenté sur sa tenue, elle l’avait remercié platement. Et il l’avait dévoré des yeux, tellement que ça en était devenu gênant. Un regard comme celui-là était déplacé en ces circonstances, un vrai gentleman se serait cantonné aux compliments… Il avait un peu discuté avec son père, pendant qu’elle était en train d’échafauder des plans, tous plus dingues les uns que les autres. Lorsqu’elle en était arrivé à s’imaginer balancer Andalvè dans la mer, elle avait arrêté son flot de pensées tumultueux.

    Après quelques mondanités superflues, ils avaient pris place dans la voiture du jeune homme. Elle s’attendait presque à ce qu’il se comporte comme d’habitude, voire même pire. Il avait été tout à fait correct. Livà continuait d’être étonnée de cela d’ailleurs. Il n’avait pas profité de l’occasion pour tenter de l’embrasser, il n’avait pas eu de gestes douteux. Non il avait été… parfait. C’était sûrement pire. Elle le connaissait, et savait pertinemment qu’il n’était pas comme il prétendait l’être. Alors pourquoi continuer à faire semblant ? Pourquoi jouer à l’homme idéal ? Il lui avait simplement posé des questions, comme par exemple : avait-elle froid ? (Oui, elle était frigorifiée… N’importe quoi, ils vivaient en Grèce quand même, pas au Pôle Nord !), était-elle anxieuse pour la fête ? (Non non, elle était très calme, surtout en sa compagnie… Ça se voyait non ? Son pied qui tapait nerveusement la portière, ce n’était pas un signe d’anxiété peut-être ?) et tant d’autres questions inutiles, des interrogations qu’il aurait pu résoudre de lui-même, s’il prenait le temps de la comprendre. Ce qu’il ne faisait visiblement pas.

    La trajet avait été rapide et elle avait été heureuse de sortir de l’habitacle. Elle était tendue, et le manque d’air du véhicule n’avait pas arrangé les choses. Elle aurait prié tout les Dieux pour ça, pour l’air pur qui clarifiait ses pensées, qui libérait son esprit. Andalvè avait fermé les portières à clé et lui avait proposé son bras, comme un cavalier digne de ce nom. Un peu étonnée, elle avait posé sa main sur ce bras, et ils avaient fait le tour, pour saluer toutes leurs connaissances et même ceux qu’ils ne connaissaient pas. Livà, de son côté, avait profité de la conversation animée pour s’éclipser discrètement et avait fini par atterrir ici, sur cette chaise qui commençait à lui scier le dos. Elle avait une folle envie de dormir, et s’ennuyait ferme, sans qu’elle ose se l’avouer. Parce que si elle l’admettait, elle se rendrait compte que c’était de sa faute. Il lui suffirait d’aller parler à n’importe qui et c’était réglé. Or, elle était en train de lutter contre cette fête, qui avait pourtant tout pour être réussie… Mais, elle ne le sentait pas, c’était trop beau pour être réel. Il allait se passer quelque chose, c’était certain. Elle s’attendait presque à se recevoir une météorite en pleine tête… mais ça n’arriva pas. Cette drôle d’appréhension ne voulait pas s’évanouir, elle insistait, comme pour lui dire d’ouvrir les yeux, de regarder la scène d’un autre œil. Elle devait être aveugle dans ce cas, parce qu’elle ne voyait strictement rien…

    En soupirant, elle referma son carnet et posa son stylo à côté de celui-ci. De là où elle était, elle voyait Agathe qui jouait le grand jeu de séduction, sa robe blanche ressortant parmi toute cette palette de couleur sombre. Il fallait toujours qu’elle se fasses remarquer… Apparemment, elle l’avait vu aussi, car elle s’empressa de venir jusqu’à Livà, accompagné d’un beau jeune homme brun. Ce dernier tenait la taille d’Agathe d’une main et tenait une coupe de vin de l’autre. Il lui tendit d’ailleurs le verre, proposant à Livà d’en boire.

    - Non merci, je n’ai pas encore l’âge pour ça, refusa-t-elle avec un sourire léger aux lèvres.

    - Livà, je te présente Loukas, Loukas, je te présente Livà, ma meilleure amie, fit Agathe.

    La jeune fille blonde hocha distraitement la tête, riant intérieurement. Seul son sourire en coin pouvait trahir son amusement et connaissant son amie, cette dernière comprendrait parfaitement ce qui lui traversait l’esprit. Elle avait cependant un élan de compassion pour ce pauvre garçon qui allait avoir le cœur détruit. Étaient-ils bêtes ? Ils ne savaient donc pas qu’Agathe était pire qu’une mante religieuse ? Ou alors, ils aimaient se faire jeter comme de vieilles chaussettes… C’était leur problème après tout, elle n’allait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas. La jeune fille à la chevelure brune jeta un œil perplexe au carnet posé sur la table, avant de dire :

    - Euh, Livà ? Ne me dis pas que tu étais en train d’écrire ? Non mais parce que…

    Elle s’interrompit en plein milieu de sa phrase, sans que la jeune fille blonde ne comprenne pourquoi. De toute manière, elle était à moitié endormie sur la table, elle n’avait donc pas vraiment l’envie et la force de s’attarder sur le comportement étrange de son amie. Elle posa sa joue contre sa paume, avant de répondre, sur un ton las :

    - Si, j’écrivais. Je ne vois pas ce que je pourrais bien faire d’autre.

    Agathe la regarda d’un drôle d’air, pendant quelques minutes. Loukas partit chercher un autre verre et c’est le moment qu’elle choisit pour lui confier :

    - Andalvè n’arrête pas de boire depuis tout à l’heure. Et je ne pense pas qu’il va être en état de conduire, tu vois… Je me suis dit que tu pourrais peut-être venir le raisonner…

    Son ton avait petit à petit pris un air d’excuse et Livà ravala la remarque cinglante qu’elle allait lui sortir. Elle n’aimait pas lorsqu’on son amie se faisait du souci, elle préférait de loin lorsqu’elle était dans son état normal, toujours pleine d’entrain et de joie de vivre. Voilà, la soirée tournait mal, elle était certaine que cette perfection n’allait pas durer. En soupirant, elle suivit Agathe qui la précédait. Il ne manquait plus qu’il soit saoul, celui-là…

    __________


    - Je ne veux plus que tu te mêles de ça, plus jamais !

    Kostos était furieux, faisant les cent pas à travers la pièce. Il était si calme, d’habitude… Carla ne l’avait jamais vu dans un état pareil. Après tout, elle n’avait quasiment rien fait, à part un peu de nettoyage. Cette dispute n’avait donc pas lieu d’être… si ? Elle avait à peine touché à ses dossiers, il n’y avait pas de quoi en faire une affaire d’état. Mais il ne partageait visiblement pas son point de vue… Son épouse se tordit les mains nerveusement, cherchant les mots qui pourraient l’apaiser. Elle n’en trouva aucun. Au lieu de ça, elle se posait des questions. S’il l’empêchait de toucher à ses affaires, c’est qu’il cachait certainement quelque chose. C’est donc ces interrogations qu’elle traita en premier :

    - Pourquoi ? Me cacherais-tu des choses ?

    Ce n’était sûrement pas le truc à dire, car Kostos sembla bouillonner de l’intérieur, pire qu’un volcan en éruption. Les veines de son front ressortaient sous sa peau, à mesure que la colère l’envahissait. Carla recula d’un pas, instinctivement. Il commençait à lui faire peur… D’un mouvement vif, son époux avança vers elle et lui prit brutalement le poignet. On aurait dit qu’il la retenait, ce qui était un peu étrange. Ou peut-être que c’était lui qu’il retenait… Levant sa main, il prit le menton fin de Carla entre ses doigts, avant de lui murmurer sur un ton glacial :

    - Ne me tentes pas, Carla.

    _________


    Après cette dispute plus ou moins violente, Kostos était retourné dans son bureau. Il ne laissait quiconque pénétrer dans cet endroit, pas même sa propre femme. Et cette dernière avait profité de son absence pour fouiller ses dossiers à la recherche de… quoi ? Il ne savait même pas ce qui l’avait poussé à venir jusqu’ici. Avait-elle eu vent de ses manigances ? Par quel moyen ? Il ne parlait de cela à personne. Ou peut-être était-elle venue ici par hasard, juste parce qu’elle avait voulu faire le ménage… Elle était si imprévisible que ça en devenait fatiguant. Abattant son poing sur la table, il retenait du mieux qu’il pouvait sa frustration et sa colère. Il passa ses doigts sur son front en sueur et ouvrit le premier tiroir de son bureau. Il en sortit calmement un dossier qui contenait diverses feuilles et photos en tout genre. Il souleva la couverture cartonné tout aussi calmement et étala devant lui tout les papiers qu’il avait collectés, depuis toutes ces années. Sur la première page, on pouvait voir les photocopies du carnet de santé de Carla Jones, la maladie qu’elle avait depuis toute petite. Une maladie extrêmement rare et qui se transmettait génétiquement. Kostos consulta les feuilles suivantes, qui aurait paru pour du chinois à n’importe quelle autre personne. Des calculs, des chiffres, des lettres, rien de vraiment compréhensible. Mais visiblement, ça concernait la maladie de Carla. Cette dernière avait été soignée de cela, un traitement existait pour vaincre son mal. Elle l’avait prit lorsqu’elle était plus jeune et lorsqu’elle habitait encore aux États-Unis. Elle avait vu les plus grands généticiens et cette maladie n’était plus qu’un mauvais souvenir.

    Mais sa propre fille avait hérité de cette particularité dérangeante. Vivant actuellement en Grèce, ils n’avaient pas les médecins les plus expérimentés. Ils avaient juste réussi à « endormir » la maladie. Pour le moment, cela semblait fonctionner. Sianà n’était pas au courant de tout cela, puisqu’ils avaient pris leur précautions quand elle était nourrisson. Carla avait jugé bon de ne pas lui en parler, pour ne pas lui faire peur surtout. Cette maladie était mortelle, peu de personnes atteignait l’âge de trente ans. Kostos n’avait jamais su quel nom ce syndrome portait. Il n’avait peut-être aucune appellation… Il savait beaucoup de choses sur cette anomalie génétique, mais il venait de se rendre compte qu’il ne connaissait même pas son nom… Il ne devait pas en avoir, c’était sûrement ça.

    Personne ne savait véritablement quel métier Mr. Jones exerçait. Il se faisait d’ailleurs un malin plaisir à ne jamais révéler ce qu’il faisait des heures durant dans son bureau. Et il n’était pas prêt à avouer quoique ce soit. Alors qu’il était plongé dans ses pensées, le téléphone sonna. Il referma le dossier, toujours aussi calmement et décrocha :

    - Allo, Mr. Jones à l’appareil.

    Son interlocuteur répondit en donnant son identité et lui rappela brièvement qu’il était dans les parages, attendant ses ordres.

    - Justement, j’allais vous appeler. Venez dans une heure, nous discuterons librement dans notre bureau. Je pense qu’il est utile de mettre au point notre plan avant d’exécuter nos projets.

    La personne au bout du fil répondit à nouveau quelque chose et Kostos raccrocha vivement, sans même prendre la peine de terminer convenablement la discussion. Ouvrant un second tiroir, il sortit deux boites de médicaments, au nom incroyablement compliqué et une seringue vide. Il espérait sincèrement qu’Andalvè avait toujours la sienne sur lui…

    __________


    Quelqu’un sonna à la porte et Carla courut ouvrir, en silence. Elle était dans un état second depuis que Kostos avait failli lever la main sur elle. Elle vit à peine le visage de l’homme qui entra et qui se dirigeait automatiquement vers le bureau de son mari. Elle retourna vaquer à ses occupations, sans plus de cérémonie. Elle était en état de choc.

    __________

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Elyana Gilmore
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Sam 23 Mai - 21:40

    - Bon sang Andalvè, tu pourrais faire un effort !

    Livà commençait à en avoir assez, cet idiot l’ignorait complètement. Il n’était pas véritablement saoul, mais il était un peu hagard. Et depuis qu’elle lui avait retiré le verre qu’il était en train de siroter, il ne voulait plus lui adresser un mot. En temps normal, ça lui aurait fait le plus grand bien, mais là, elle était assez inquiète pour lui. Un comportement comme celui-là n’était pas habituel chez le jeune homme. Lui, qui était d’ordinaire si enthousiaste, sociable… Il était désormais immobile, regardant les gens s’amuser sans prendre part aux festivités. Pour un peu, elle l’aurait pris dans ses bras. Mais elle n’oubliait pas qui il était et elle n’oubliait pas non plus qu’elle était agacée. Soupirant peu discrètement, Livà se retourna vers Agathe qui arborait une mine anxieuse. Loukas était revenu de son expédition champagne et ne savait pas quoi dire d’autre. Après un silence éloquent, la ravissante jeune fille brune se ressaisit :

    - Bon, on devrait rentrer je pense.

    Aussitôt, ces paroles semblèrent trouver un écho dans l’esprit d’Andalvè. Il afficha un air sérieux et détacha son regard du verre qu’il était en train d’examiner, tout en fouillant dans ses poches pour trouver ses clés de voiture. Agathe voulait visiblement ajouter quelque chose, mais elle ressembla davantage à une carpe hors de l’eau, pendant quelques secondes. Le cavalier de la brunette resta muet de stupeur. Il ne restait donc plus que Livà pour réagir.

    - Euh… Andalvè, tu n’espères quand même pas conduire en état d’ébriété ? On va avoir un accident.

    - Rassures-toi, je ne suis pas saoul. Je tiens bien l’alcool, en règle générale.

    Elle voyait bien qu’il mentait, il avait l’air complètement abasourdi. Et qu’est-ce que ça voulait dire « en règle générale » ? C’était vague comme réponse, ça… D’un commun accord, ils avaient décidés de rentrer tous ensemble, avec la même voiture. Maintenant, elle hésitait franchement à suivre Andalvè dans le véhicule. Avis partagé avec Loukas et Agathe, visiblement.

    - Bon, Loukas, tu prend ta voiture, tu me ramène chez moi, fit Agathe, sur le même ton nerveux.

    Livà lui lança un regard noir, plein de reproches. Elle allait devoir suivre un imbécile à moitié ivre, dans une voiture suffocante. Merci bien… Son amie s’empressa de suivre sa nouvelle conquête, dans la voiture rutilante qui les attendait un peu plus loin. Il y avait un point qui rassurait la jeune fille blonde : elles habitaient côte à côte, le chemin était donc le même. D’un pas mal assuré, Andalvè lui ouvrit la portière, côté passager et elle s’engouffra à l’intérieur avec un soupir. Il prit place près d’elle et démarra la voiture. Cette dernière émettait un ronronnement agréable, qui permit à Livà de se perdre à nouveau dans ses pensées. La nuit était à présent bien installée, la lune brillait comme un petit soleil. Les étoiles s’allumaient une à une, scintillant doucement, comme pour murmurer un secret aux habitants de l’île de Santorin. Dans le rétroviseur, elle pouvait apercevoir le véhicule de Loukas, qui avait suivi les ordres d’Agathe. Bizarrement, ça la soulageait de savoir que son amie était derrière eux…

    Tout s’enchaîna, sans que Livà ne comprenne grand-chose. Elle vit juste qu’Andalvè avait perdu le contrôle du volant, et que la voiture avait dérapé. Des phares l’aveuglaient dorénavant, en provenance d’un bolide deux fois plus costaud que leur propre voiture. Livà se cramponna à la poignée de la portière, attachant nerveusement sa ceinture, sans grand succès. Andalvè klaxonna deux fois, avant qu’il ne dérape totalement. Un grand fracas, une lumière inconnue. La jeune fille tenta de se rattraper à tout ce qu’elle pouvait, mais elle sentait qu’elle quittait le siège pour se projeter contre le pare-brise. Une douleur fulgurante lui traversa les mains, les doigts, alors qu’elle voyait vaguement qu’elle saignait. Puis, un élancement au niveau du ventre et de la tête, suivi rapidement par le noir le plus total. Elle avait mal, elle se sentait partir. Était-ce la mort qui venait la chercher ? Avait-on si mal lorsqu’on partait vers l’au-delà ? Ses questions tambourinaient dans son crâne, alors que sa conscience la quittait peu à peu.

    ___________


    - Sors, dépêche toi ! Cria Agathe.

    Loukas avait arrêté la voiture après que l’accident se soit déroulé sous ses yeux. Andalvè avait percuté un 4x4, il y avait peu de probabilité pour que son véhicule tienne le coup. Mais pire que ça, ils avaient pu perdre une personne ou deux dans l’histoire. Agathe était au bord des larmes, se débattant pour défaire la ceinture de sécurité. Elle ouvrit violemment la portière et se rua vers la voiture détruite. Il s’empressa de la suivre, courant pour ne pas se faire distancer. Loukas ouvrit la portière côté conducteur, trouvant un Andalvè à l’air encore plus perdu qu’auparavant. Il était sain et sauf, à part quelques égratignures au visage.

    - Non, dis moi que ce n’est pas vrai ! Non, non !

    Mais visiblement, ce n’était pas le même tableau pour Livà. N’osant pas relever les yeux, il s’obligea cependant à faire face à la réalité. Il se précipita de l’autre côté du véhicule, écartant Agathe qui ne bougeait plus. La jeune fille blonde était dans un état désastreux. Son visage si pâle était maculé d’un liquide sombre, qui venait sûrement d’un coup trop fort sur la tête. Ses cheveux étaient dans le même état, ainsi que ses mains qui étaient recouvertes de sang. Agathe continuait de crier, de pleurer, sans prendre réellement conscience de la gravité de la situation. Loukas eut un réflexe intelligent : il prit le poignet inerte de Livà pour prendre son pouls. Son cœur battait encore.

    - Elle est vivante, nous avons encore un peu de temps pour l’emmener à l’hôpital le plus proche.

    Andalvè avait enfin reprit le dessus sur lui-même et secouait faiblement la jeune fille, ne réalisant sans doute pas qu’elle était évanouie, voire même pire. Agathe fila vers lui et le tira de l’habitacle pour le faire asseoir dans la voiture de Loukas, côté passager. Elle revint rapidement vers le jeune homme, qui avait pris Livà dans ses bras. Elle pleurait toujours à chaudes larmes, priant tous les Dieux pour qu’elle ne meure pas. Il l’installa rapidement à l’arrière, suivie aussitôt par Agathe qui voulait soutenir sa meilleure amie. Cette dernière était en train de perdre son sang, ça devenait urgent. Retirant sa veste, il la lança vers la brunette pour qu’elle entoure la tête de Livà avec, dans une tentative de la sauver. Loukas se précipita pour s’installer au volant et démarra en trombe. Et tant pis si la réglementation limitait la vitesse à cinquante kilomètres heure.

    L’enseigne lumineuse de l’hôpital leur faisait à présent face. Le jeune homme prit à nouveau Livà dans ses bras et courut avec elle jusqu’aux urgences. Agathe devait être derrière lui, à entendre ses pleurs incessants. Il fila à l’accueil, expliquant rapidement ce qu’il s’était passé. Des hommes en blouse blanche avec une civière rappliquèrent aussi sec, emmenant Livà avec eux. Les trois jeunes personnes filèrent dans la salle d’attente, pendant que les médecins essayaient de la sauver.

    ____________


    - Vite, au bloc opératoire, elle est en train de se vider de son sang !

    Un homme poussait la civière alors qu’un autre la tirait en avant. Le chirurgien contrôlait le pouls de la jeune femme, et surveillait son état global. Elle était en train de perdre peu à peu ses forces, ils n’avaient plus beaucoup de temps pour agir. Traversant les couloirs lumineux, ils arrivèrent bien vite dans la bonne salle. Le médecin examina le moniteur où était relié la jeune fille, fronçant les sourcils à mesure que les barres rapetissaient. Il enfila ses gants qui claquèrent contre sa peau, et prit les électrodes. Des infirmiers s’occupaient des blessures de Livà, en attendant. Le moniteur émit quelques « bip » peu convaincants et le chirurgien décida que c’était le bon moment.

    - Écartez-vous !

    Il compta jusqu’à trois dans sa tête et posa les deux objets métalliques sur la poitrine de la jeune fille. Celle-ci tressauta légèrement, en réponse aux décharges électriques qu’elle recevait dans le cœur. L’homme frotta les deux électrodes l’un contre l’autre, tout en comptant jusqu’à trois, à voix haute cette fois-ci. Nouvel essai, nouvel échec.

    - Nous sommes en train de la perdre !

    Le moniteur émettait des « bip » de plus en plus longs, signe que le cœur de la jeune femme était en train de la lâcher. Elle avait perdu beaucoup trop de sang mais le médecin ne pouvait se résoudre à abandonner. Il fit plusieurs tentatives mais le cœur s’arrêta définitivement, au rythme du moniteur qui annonçait le décès de Livà. Les infirmiers se regardèrent, perplexes, attendant de voir lequel serait le plus courageux pour dire qu’ils l’avaient bel et bien perdu. Le chirurgien ne perdait cependant pas espoir. Tout en essuyant la sueur qui perlait à son front, il dit d’une voix sûre :

    - On continue.

    ___________


    Le téléphone sonna et Carla s’empressa de décrocher. Sa fille n’était toujours pas rentrée, alors qu’il était bientôt minuit. Elle avait envisagé différents cas de figure, du plus désastreux au moins probable. Son soulagement fut immense lorsqu’elle entendit la voix d’Agathe au bout du fil. Soulagement qui fut de courte durée lorsqu’elle se rendit compte que celle-ci pleurait. Carla tenta de la calmer, voulant comprendre ce qui l’amenait à piquer une telle crise de pleurs au téléphone. Les informations vinrent doucement s’installer dans l’esprit de la jeune femme, au fur et à mesure qu’elle comprenait le problème. Sa fille avait eu un accident et était à présent à l’hôpital. Agathe ajouta qu’ils ne savaient encore rien sur son état de santé et qu’elle pressentait qu’elle n’allait pas survivre. Carla allait venir, c’était la meilleure solution. Mais avant ça, elle avait deux trois trucs à régler avec son mari. Raccrochant brutalement le téléphone, elle ouvrit tout aussi peu délicatement la porte du bureau. Kostos se leva précipitamment et sortit, prenant sa femme par le bras.

    - Je sais que tout est de sa faute ! Andalvè ne sait même pas conduire convenablement ! Notre fille va peut-être mourir ! tempêta Carla.

    Kostos enrageait intérieurement, et ne put s’empêcher de gifler sa femme, chose qu’il avait toujours retenu. Carla porta une main contre sa joue rouge, des larmes perlant aux coins de ses paupières. Elle détourna le visage, honteuse. Retirant son bras de la poigne sévère de Kostos, elle attrapa son manteau et s’apprêta à sortir. Le père de Livà la tint par les épaules et dit, d’une voix forte :

    - Tu restes là. Tu n’iras nulle part.

    Kostos poussa sa femme, de sorte qu’elle se trouve à bonne distance de la porte d’entrée. Il ouvrit celle-ci, et avant de sortir, dit par-dessus son épaule :

    - Elle est à vous. Faites ce que vous avez à faire.

    L’homme qu’il avait eu au téléphone sortit du bureau, une cagoule dissimulant son visage et son identité. Le père de Livà referma la porte d’entrée sur lui, alors qu’il restait à proximité, profitant de l’air frais de la nuit. A travers la cloison, il entendit un cri strident et un coup de feu. C’était fini.


    __________

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Kathleen Taylor
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MessageSujet: Re: - Ne jamais se fier aux apparences. Jamais... -   Sam 23 Mai - 21:55

Oui,un nouveau chapitre!C'est étonnant:chaque nouveau chapitre que tu écris supasse l'ancien.Le vocabulaire est recherché et je me suis amusée à lire à haute voix des phrases de la fiction.Tu es vraiment forte pour réussir à continuer ta fic' sur plusieurs chapitres,sans jamais qu'on s'en lasse.J'aime de plus en plus le lieu de la fic':La Grèce.L'histoire se précise,j'espère vraiment que Livà va être sauvée malgré son soi-disant "décès"Je trouve ce passage triste et plein de regrets.Tout ça,c'est de la faute d'Andalvé.J'ai parfaitement imaginé la scène quand Livà est au bar et celle où elel traverse le pare-brise.Et j'ai hâte d'en svoir plus sur Kostos,l'homme en cagoule et Carla.Et je veux vraiment savoir pourquoi Kostos a giflé sa femme.En plus,j'adore le nouveau perso:Loukas.Mais Sianà reste indéniablement ma préférée.En fait,qui est la fille sur la bannière,je la trouve sublime!En tout cas,continue!J'adora ta fic' et je l'aime de plus en plus.Bravo,ma Sabrina.Tu as vraiment un talent inné d'écriture.Publie vite le nouveau chapitre!J'ai hâte de savoir la suite des aventures de notre Livà nationale

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